mardi 6 décembre 2016

Un mot pour 2017




Depuis fin 2011, je choisis un mot pour me guider pendant l'année à venir. En 2016, c'était DONNER: résultat, après trois mois d'efforts tiédasses, j'ai passé le reste de l'année complètement focalisée sur mon petit nombril, sans même faire l'effort de soutenir une association ou un projet crowdfundé par mois comme en 2015. Même si j'ai des excuses, on va considérer ça comme un échec complet. Ce qui ne m'empêchera pas de choisir un nouveau mot pour 2017. Ces derniers mois, l'actualité sinistre et les conversations avec mes proches m'ont beaucoup donné à réfléchir sur la personne que je voulais être dans un monde de plus en plus dur et inquiétant, et j'ai déterminé deux grandes lignes d'action.

Je refuserai de m'affoler pour des problèmes imaginaires ou à venir. Je ferai mon possible pour éviter qu'ils ne surviennent, et après ça, je partirai du principe que tout va bien se passer. (Méthode que je surnommerai ici: WWMSD, c'est-à-dire: "What would my sister do?", vu que ma soeur est super forte pour ne pas se prendre la tête à l'avance et qu'elle constitue une excellente source d'inspiration sur ce point.) Si tout ne se passe pas bien, j'aborderai l'adversité avec un esprit d'aventure au lieu de faire comme si le monde s'écroulait. J'accepterai le fait que je ne peux pas tout contrôler et que chaque déviation du plan est une opportunité déguisée, si je veux bien la saisir. Comme quand je me suis rendu compte qu'il m'était impossible de bosser dans le domaine pour lequel je m'étais emmerdée à décrocher un bac +5 et qu'il allait falloir que je recommence à zéro sans diplôme ad hoc: oui, c'était super flippant, mais c'est grâce à ça que je fais un métier que j'aime depuis si longtemps. J'aurai confiance en mes ressources intérieures pour faire face quoi qu'il advienne. Je tenterai de museler l'angoisse pour la remplacer par de la curiosité: que puis-je apprendre de cette situation que je n'ai pas choisie, comment puis-je en tirer parti malgré tout?*

J'agirai immédiatement lorsque je serai prise d'une belle impulsion, sans me laisser arrêter par les petites voix dans ma tête qui me disent que je risque d'avoir l'air ridicule ou d'embarrasser la personne d'en face. Quand j'admirerai quelqu'un, je le lui dirai, et je lui expliquerai pourquoi. Quand quelque chose me touchera, je remercierai sincèrement, et tant pis si ça entame mon image de coeur de pierre. Quand j'aurai envie d'offrir un petit cadeau, d'envoyer une carte "juste comme ça" ou de rendre spontanément service, je le ferai sans me poser de question. Je ne laisserai pas non plus mes bonnes intentions se perdre pour de bêtes raisons matérielles. Quand je voudrai faire un don à une asso méritante, je ne remettrai pas à plus tard par flemme de sortir ma carte bleue. Accessoirement, je m'efforcerai d'avoir toujours de la monnaie sur moi parce que j'en ai marre de passer à côté des gens qui font la manche sans rien donner, non parce que je ne veux pas, mais parce que je n'ai pas été assez prévoyante. Ca me serre le coeur pour le reste de la journée et ça n'en vaut pas la peine.

Inutile de vous dire que je m'attends à ce que la seconde résolution soit beaucoup plus facile à mettre en oeuvre que la première. Mais les deux me tiennent également à coeur, parce que je dois cesser de tourner en rond à l'intérieur de ma carapace. Je ne veux plus me laisser absorber par mes écrans de fumée intérieurs alors qu'il me semble vital de rayonner vers l'extérieur, fût-ce très modestement. Me détacher de l'obscurité du dedans pour tenter d'émettre un peu de lumière vers le dehors. Je ne peux pas changer le monde mais je peux essayer de me changer, moi - de participer plus activement à la vie de ma communauté et d'y apporter une contribution positive. Ce sera déjà pas mal. Pour cette raison, mon mot de 2017 sera LUMIERE.


*Sur ce sujet, je conseille la lecture de "Essential zen habits: Mastering the art of change, briefly" de Leo Babauta, qui a été le déclencheur de ma réflexion (et qui n'est malheureusement pas traduit en français à ce jour), mais aussi de "Comme par magie: Vivre sa créativité sans la craindre" d'Elizabeth Gilbert dont je parlais récemment dans ce billet.

lundi 5 décembre 2016

Les joies de la semaine #48




Lundi: 700 abonnés à mon compte Instagram / cette chouette pub de Noël signée Wes Anderson / l'épisode "Fall" du revival de "Gilmore girls" est une pure merveille

Mardi: mon billet d'hier en petite Une culture sur HelloCoton / mon train est à l'heure et j'attrape le bus de 18h55 / les trois gros paiements que j'attendais depuis un mois sont enfin arrivés

Mercredi: l'infirmière tellement douce que je ne sens même pas quand elle me pique / "non mais vous c'est pas pareil", me dit mon adorable fleuriste quand je proteste qu'une fois de plus, elle ne me fait pas payer tout ce que j'emporte / réserver les billets de Thalys pour ma prochaine journée à Paris

Jeudi: très excitée d'avoir reçu mon Hobonichi Cousin / le petit échange humoristique avec le CM de la douane française sur Twitter / improviser un mini-concours sur la page Facebook du blog

Vendredi: pour fêter la fin d'une semaine chargée, un bain bien chaud à la chandelle

Samedi: avec ce soleil et ce ciel bleu, on n'a vraiment pas l'impression d'être début décembre / descendre le marché sur le Cours Lafayette en pensant à mon père, et arrivée au bout, manger une petite barquette de cade / un pique-nique vegan sur la pelouse à côté du Steampunk Café / une balade très agréable à Mayol puis dans le centre-ville / un thé à l'Opéra, une crêpe au sucre et le dernier roman de Baptiste Beaulieu sur la banquette en velours vert du Chantilly

Dimanche: pas mauvaise du tout, cette pizza aux restes de frigo / après moult péripéties, la victoire du parti écologiste contre l'extrême droite aux présidentielles autrichiennes / presque une heure au téléphone avec ma soeur pour organiser les vacances de Noël

...et sans jour particulier: l'eau de fleur d'oranger de Santa Maria Novella dont je verse quelques gouttes dans mes draps chaque soir / je n'avais pas participé à un Kickstarter depuis longtemps, mais celui-ci est fait pour moi / la chanson de Flo & Joan en "hommage" à l'année 2016 / la soupe fèves-épinards-huile d'olive de Picard / la facilité des formalités administratives en ligne

dimanche 4 décembre 2016

Un atelier de créativité en ligne avec Elizabeth Gilbert




J'adore Elizabeth Gilbert. Pas juste en tant qu'écrivaine, mais presque en tant que gourou. Sur sa page Facebook, elle publie des textes pleins de vulnérabilité, de sagesse et de bienveillance qui me poussent immanquablement à réfléchir et font sans cesse évoluer ma vision des choses humaines. Alors quand j'ai vu que le site d'enseignement en ligne Udemy faisait une grosse promo sur son atelier dédié à la créativité, en le proposant à 29€ au lieu de 100, je me suis précipitée.

Le contenu:
- 12 vidéos (dont 3 sont en fait des lettres adressées à Liz Gilbert se terminant par une question qui sert de prétexte pour développer un concept), pour une durée globale d'environ une heure
- 5 carnets en ligne destinés à approfondir la réflexion des participants et les pousser à mettre en pratique les idées discutées
- L'accès à un forum sur lequel il est possible de discuter avec les autres participants
- Des liens vers des ressources extérieures qui sont essentiellement des publications sur la page Facebook de l'auteure
- Le tout en anglais uniquement, avec possibilité de sous-titres

Les thèmes:
Comment mener une vie animée par la curiosité plutôt que par la peur? Quelle est la différence entre un hobby, un boulot, une carrière et une vocation; quel impact cela devrait-il avoir sur nos objectifs et nos ambitions? Pourquoi ne faut-il pas chercher à supprimer sa peur, mais la respecter sans pour autant la laisser prendre les commandes? En quoi le perfectionnisme est-il l'ennemi de la créativité, et juste une mauvaise excuse soufflée par la peur? Tels sont les thèmes des vidéos que j'ai trouvé les plus intéressantes. Et comme on parle d'Elizabeth Gilbert, intéressantes, elles le sont vraiment. En cinq minutes, cette femme a le don de mettre tous les préjugés sans dessus-dessous et de jeter un éclairage inédit sur des questions qu'on se pose tous. Ce qu'elle raconte décomplexe et donne des ailes. 
Mais... ça recoupe énormément le contenu de son dernier livre "Comme par magie: Vivre sa créativité sans la craindre". Même si j'ai apprécié les vidéos - l'auteure est une excellente oratrice, chaleureuse, amusante et percutante à la fois -, je trouve que le reste des ressources étant en accès libre, une heure de blaba semi-inédit, c'est peu pour 29€ (a fortiori pour plus du triple au tarif normal). C'est dommage, car ce qu'elle raconte pourrait provoquer un déclic chez beaucoup de gens, davantage que son bouquin que j'ai trouvé un peu long et souvent aride. 

Certains parmi vous ont-il déjà suivi des cours sur Udemy? Qu'en avez-vous pensé? 

vendredi 2 décembre 2016

Envies de décembre




...travailler en parallèle sur deux traductions pour la première fois
...étudier le portugais un peu chaque jour
...et demander à Chouchou de me photographier en Angel of Freedom
...boire un dernier cocktail de fin d'année entre copines
...télécharger un numéro de Bella Grace Magazine
...voir "Collateral beauty" au cinéma
...faire un tour à l'Ultime Market à Toulouse
...jouer à Takenoko et à Mysterium avec mes neveux
...faire un escape game en famille
...aller goûter chez Bapz avec Nekkonezumi
...rencontrer Jenny
...manger des pomponettes
...terminer 2016 sur une note joyeuse

jeudi 1 décembre 2016

La rage au coeur




Il y a 3 ans, j'écrivais cet article afin d'expliquer pourquoi je me faisais radier des listes électorales. 
Je n'ai pas changé d'avis depuis lors: je maintiens que notre démocratie ne fonctionne plus en l'état et qu'il y a besoin d'un grand chambardement. 
Je sais aussi que le soir du 8 novembre, même si je n'aime pas beaucoup Hillary Clinton parce qu'elle est l'incarnation même de l'establishment, je priais pour qu'un maximum d'Américains aillent voter démocrate afin d'éviter la catastrophe Trump. Pas juste pour leur pomme, mais pour le reste du pays et du monde. 
En mai prochain, ça va être le tour de la France qui risque fort de se retrouver avec à sa tête François Fillon dans le rôle de la Peste ou Marine Le Pen dans le rôle du Choléra. (Si vous pensez que François Fillon sera juste un président de droite conservatrice comme les autres, je vous invite fortement à étudier son programme que Margaret Thatcher n'aurait pas renié - et inutile d'avoir un doctorat d'histoire pour savoir quel mal elle a fait aux classes moyennes et pauvres de Grande-Bretagne.)
Je pourrais camper sur mes positions. Me dire qu'après tout, je ne fais pas partie des gens qui vont morfler en premier. Je suis blanche, baptisée catholique, dans une relation hétérosexuelle, en bonne santé pour le moment. Je n'ai jamais été salariée et n'ai pas l'intention de le devenir, alors la durée hebdomadaire du travail ou la dégressivité des allocations chômage, qu'est-ce que j'en ai à foutre? Je n'ai pas d'enfants, alors que m'importe qu'on massacre le système éducatif ou même l'environnement? Et bien que je sois très loin d'être redevable de l'ISF (à mon grand regret...), vu la tranche d'imposition sur le revenu dans laquelle je tombe pour le moment, si ça se trouve, j'aurais même intérêt à ce que le prochain gouvernement soit de droite. 
Bref, s'il ne s'agissait que de défendre mon propre bifteck, je m'en laverais les mains et j'attendrais bien au chaud que le système se casse la gueule comme je pense qu'il finira forcément par le faire. 
Par contre, ne pas m'exprimer pour tous les moins privilégiés que moi, les plus vulnérables qui se retrouveront dans une situation intenable si Fillon ou Le Pen passent? J'ai beaucoup réfléchi depuis le résultat des primaires de droite, et je ne vais pas y arriver. 
Je suis très, très consciente de la chance que j'ai eue dans la vie. Et intimement convaincue que si je ne fais rien pour que tout le monde puisse avoir la même, alors je ne la mérite pas. Les intellectuels et les privilégiés ont le devoir de se battre afin de rendre le monde meilleur pour tous. Vous pouvez trouver ça naïf si ça vous chante. Je préfère être naïve qu'indifférente, égoïste, profiteuse ou les trois à la fois. 
Lundi matin, donc, je retournerai m'inscrire sur les listes électorales dont je me suis fait radier il y a 3 ans. 
Et en mai 2017, j'irai voter la rage au coeur, mais j'irai.