mercredi 18 janvier 2017

Envies de janvier




un brunch à La Petite Production, qui vient d'ouvrir dans le quartier Flagey
un verre à l'Alice Cocktail Bar
l'expo "D'une Méditerranée l'autre" à l'Hôtel des Arts
le sublime omnibus de Sandman en deux volumes (mais à 150€ pièce, ce serait vraiment une folie)
une doudoune longue, parce que mon petit manteau en laine ne me protège pas assez du froid actuel
un gros cactus pour la salle de bain à Monpatelin
...et un pied d'éléphant pour le salon à Bruxelles
La La Land au cinéma, histoire de m'évader pendant deux heures
...et "A series of unfortunate events" à la télé, pour le côté wesandersonien de sa bande-annonce
un élixir magique pour oublier que Trump est POTUS dans 48h (non, le Xanax ne suffira pas cette fois)
du courage pour tenir mon rythme de travail jusqu'au 1er mars

lundi 16 janvier 2017

Réussir sa vie, ce n'est pas forcément la même chose que réussir dans la vie




Quand j'étais jeune adulte, Jacques Séguéla n'avait pas encore sorti sa connerie sur la Rolex sans laquelle on a paraît-il raté sa vie à 50 ans, mais le message que m'envoyaient ma famille, la société, les médias et surtout l'école dans laquelle j'étudiais était très clair. Réussir dans la vie, c'était avoir un boulot prestigieux, le salaire faramineux qui allait avec, une grande maison, une grosse voiture et, pour les propriétaires d'utérus notamment, deux ou trois marmots vifs d'esprit. 

Moyennant quoi, dès que j'ai été libre de le faire, je me suis mise à mon compte dans une profession que peu de gens prennent au sérieux, qui ne me rendra jamais riche et qui me laisse à la merci des caprices de la conjoncture comme de l'administration. Je me suis obstinée à vivre dans des petits appartements, et je regrette même d'avoir acheté le mien au lieu de rester juste locataire. Je me déplace essentiellement à pied ou en transports en commun. Quant aux marmots de quelque disposition intellectuelle que ce soit, je me suis donné beaucoup de mal pour éviter qu'un seul d'entre eux débarque dans mon existence malgré le choeur général des "Mais avoir des enfants, c'est la plus belle chose dans la vie d'une fââââme!". 

Je sais que mes parents ont toujours considéré que je gâchais ma vie sur à peu près tous les plans, surtout comparée à ma soeur qui elle faisait (et fait toujours) un magnifique carton plein. Le truc, c'est que ma soeur est très heureuse comme ça et s'éclate aussi bien dans sa carrière que dans sa vie privée, alors que ça ne serait pas mon cas du tout. Si j'avais été un peu moins rebelle, un peu moins imperméable à l'avis des autres, un peu moins déterminée à suivre ma propre voie, j'aurais laissé mon entourage me vendre une vie Ikea pas du tout faite pour moi, et je déprimerais sévère. Alors que là, malgré des erreurs multiples et souvent douloureuses, je suis tout aussi heureuse que ma soeur - à ma façon. 

Je fais un métier qui m'apporte une certaine satisfaction créative, pas tous les jours, mais le plus souvent. Qui ne m'oblige pas à forcer mon tempérament asocial. Qui ne me fait pas perdre de temps en trajets maison-boulot chaque matin et chaque soir. J'organise mes journées comme je veux du moment que je respecte mes dates de remise. Je me partage entre deux lieux de vie très différents, aux avantages complémentaires. Je prends mes vacances quand je veux, et c'est moi qui décide de leur durée selon que j'ai plus besoin de sous ou de repos. J'ai un partenaire que j'aime, et la possibilité d'investir toute mon énergie relationnelle dans notre couple. Vivre dans un petit appartement me laisse des ressources financières pour voyager un peu tout en m'évitant d'avoir trop de problèmes matériels à gérer. 

Mon luxe à moi, c'est de me sentir libre et légère. 

Je n'ai pas réussi dans la vie, mais je réussis ma vie chaque jour. 

dimanche 15 janvier 2017

C'était la semaine où... (#2)




...le deuxième épisode de Sherlock m'a foutue dans une rogne noire; le premier était déjà ennuyeux, celui-ci était grotesque. La série devient une caricature d'elle-même.
...j'ai été épatée par la rapidité toute neuve de mon MacBook, dont j'ai fait doubler la RAM. Et failli pleurer de joie en retrouvant un clavier dont les touches fonctionnent du premier coup.
...je n'ai pas du tout, du tout accroché au dernier Aude Picault alors que j'avais adoré tous ses albums jusqu'ici.
...après deux romans décevants, je me suis plongée avec délice dans le tome 3 des Cazalet chronicles.
...on a toutes dû se dire qu'on voulait que notre chéri(e) nous regarde comme Barack regarde Michelle à la fin de son discours d'adieu à Chicago.
...la propriétaire de Chouchou est passée apporter un nouveau détecteur de fumée et constater la fuite dans le mur de la salle de bain ainsi que le défaut de fonctionnement de la ventilation.
...j'ai osé demander à mon illustratrice préférée si elle pourrait me faire une nouvelle bannière pour le blog, et où bien que débordée, elle a gentiment accepté. Serpentins, confetti.
...légèrement abrutie par le travail, j'ai eu la bonne idée de faire mes comptes prévisionnels pour le premier trimestre 2017, et le résultat m'a immédiatement ragaillardie: mon ravalement de façade devrait être financé les doigts dans le nez.
...inquiète à cause de la tempête dans le nord de la France et des suppressions de train annoncées, j'ai passé une nuit quasi-blanche avant mon départ.
...j'ai eu tort de m'inquiéter, car mon voyage s'est très bien déroulé au final, et m'a même donné l'occasion de m'offrir un déjeuner au Train Bleu.
...je me suis rendu compte que mon pull en cachemire préféré (le gris-bleu avec un col en V) avait un énorme trou irréparable au coude gauche, snif!
...j'ai découvert la Owlcrate Box et désespéré de ne pas pouvoir m'abonner tellement je la trouve - wait for it - chouette (ha ha)
...j'ai failli me casser deux dents sur la fève Barbapapa planquée dans ma brioche des rois individuelle.
...j'ai fait transférer ma ligne mobile chez mon opérateur de téléphonie fixe pour n'avoir plus qu'une seule facture.
...j'ai reçu de mon amie Gaby un dessin de Lord Speculoos le vampire et une carte de voeux Patronus.
...la bande-annonce de "A series of unfortunate events" m'a donné vachement envie de regarder la série télé même si je n'avais pas accroché aux bouquins.
...j'ai découvert qu'on pouvait très bien manger des Petits Suisses périmés depuis un mois sans être malade.
...j'ai appris du compte Twitter Escape Game France que notre salle préférée, la Safe House de Budapest, avait fermé.

samedi 14 janvier 2017

Où je m'emmène déjeuner au Train Bleu




Si affreusement terre-à-terre qu'elle puisse sembler, ma résolution de "dépenser mes sous intentionnellement" en 2017 est sans doute l'une des plus significatives que j'ai prises, et aussi celle que j'ai adoptée avec le plus d'enthousiasme et dont je me félicite déjà le plus au bout de deux semaines. Ne pas tomber dans le piège des soi-disant achats-plaisir qui se servent au final qu'à prendre la poussière sur une étagère (ou une tringle à vêtements) et me culpabiliser. A la place, investir consciemment dans des choses qui m'apportent un vrai plaisir, et si elles sont immatérielles et n'encombrent pas mon espace vital, c'est encore mieux.

Hier, je devais passer la journée dans le train. Jeudi soir, Thalys m'a envoyé un texto pour me prévenir qu'en raison des intempéries prévues dans le nord de la France, l'arrivée de mon train à Paris était prévue avec 60mn de retard. Ce qui me laissait encore tout juste le temps d'attraper ma correspondance; par contre, à partir de 70mn, ça commençait à sentir le moisi. Bien entendu, stressée de la vie comme je suis, je n'en ai quasiment pas dormi de la nuit. Et à 8h du matin le lendemain, Thalys m'a envoyé un nouveau texto pour me prévenir que mon train était carrément supprimé. J'ai téléphoné au service client en m'attendant à ne pas réussir à les joindre, mais surprise! J'y suis parvenue dès mon second appel. Un monsieur très aimable m'a informée qu'exceptionnellement, je bénéficiais d'une "souplesse d'accès" toute la journée, c'est-à-dire que je pouvais prendre n'importe quel autre Thalys circulant sur le même trajet à l'heure de mon choix. Le temps de me préparer, j'ai immédiatement foncé à la gare, et réussi à attraper un train qui partait une heure plus tôt que mon train supprimé. Il y avait des places libres, et Thalys distribuait des boîtes-déjeuner: bravo pour la gestion de crise.

Le trajet s'étant déroulé sans aucun ralentissement, et le RER D étant toujours aussi rapide pour traverser Paris, je me suis retrouvée gare de Lyon 2h30 avant le départ de mon TGV. Pour tuer le temps, je pouvais me faire un lunch fonctionnel chez Prêt-à-manger puis me balader dans la galerie commerçante où les soldes battaient leur plein et me laisser tenter par deux-trois merdouilles inutiles. Mais j'ai décidé qu'après mon coup de stress, ma nuit presque blanche et ma course du matin, je méritais mieux que ça. Alors, j'ai monté le grand escalier qui mène au restaurant mythique Le Train Bleu, et j'ai réclamé une table pour une personne. J'ai mangé un magret aux cèpes en sirotant un verre de Côtes-de-Provence blanc et conclu par un thé gourmand (des aiguilles d'argent au jasmin accompagnées de quatre gâteaux miniatures). Comme ce n'était pas bondé même s'il y avait pas mal d'animation pour un midi de semaine, j'ai traîné à table avec mon bouquin en cours, jetant de temps à autre un regard admiratif à la ronde. Le personnel a été aux petits soins, et j'ai passé un moment délicieux pour sûrement moins cher que ce que j'aurais bêtement claqué avec ma première option. Bref, hier midi, j'ai dépensé mes sous de la meilleure façon pour moi, et j'entends bien continuer sur cette lancée! 

vendredi 13 janvier 2017

Et si on se donnait la permission d'être nuls (peut-être)?




Je ne suis pas une grande connaisseuse (ni une grande amatrice, d'ailleurs) des jeunes enfants. Mais je trouve qu'ils possèdent une qualité admirable: ils dessinent, chantent et dansent de façon très naturelle, sans craindre que personne ne les juge. Ca leur fait plaisir, donc ils le font, point. Et puis en grandissant, ils acquièrent une conscience d'eux-mêmes au sein d'un cadre social avec ses règles explicites ou tacites, et leur spontanéité s'envole. Même les tenues vestimentaires délicieusement farfelues qu'ils pouvaient avoir envie de porter quand ils étaient petits rentrent dans le rang de ce qui est considéré comme cool ou à la mode. 

Adultes, combien d'entre nous étouffent toute pulsion artistique ou plus généralement créative par honte de ne pas savoir "bien faire"? Par exemple, de ne pas avoir la technique nécessaire pour croquer un chat qui ressemble à un chat, créer une perspective juste ou rendre correctement des ombres? Nous sommes tellement habitués à devoir être performants en tout que si nous n'avons pas de formation spéciale ou estimons ne pas posséder de talent inné, nous n'essayons même pas. Y compris lorsque nous savons très bien que rien ne nous oblige à montrer le résultat à personne si nous n'en sommes pas satisfaits, car à force d'être soumis au jugement des autres et à une pression sociale tous azimuts, nous sommes devenus nos critiques les plus sévères, nos détracteurs les plus exigeants. 

En vérité, l'important, ça n'est pas de pouvoir rivaliser avec Matisse ou gagner sa vie comme graphiste, mais juste de se faire plaisir en gribouillant quelque chose sur un bout de papier volant ou un joli carnet. En écrivant un roman bancal qu'aucun éditeur n'envisagerait jamais de publier. En massacrant avec enthousiasme n'importe quelle symphonie au piano, n'importe quelle chanson de Maxime Le Forestier à la guitare sèche. Il faudrait savourer le processus plutôt que le résultat; profiter du chemin sans trop se focaliser sur la destination. Comme dans beaucoup d'autres domaines, en somme. Surtout que l'avantage, quand on part de loin, c'est qu'on a plein de marge de progression et qu'on ne peut que s'améliorer!