vendredi 29 juillet 2005

"Les seigneurs de Dogtown" (4)

La bonne surprise cinéma de l'été. Ce petit film indépendant, inspiré de personnages réels, raconte l'explosion du phénomène skateboard en Californie dans les années 70. Nous sommes à Venice, dans le quartier de Dogtown. Une poignée d'ados de classe sociale "moyen moins", glandeurs et limite délinquants, adaptent des mouvements de surf sur leur planche à roulettes et créent un style nouveau, beaucoup plus agressif, qui va faire sensation dans les compétitions. Bientôt, les Z-boys se font repérer par des sponsors qui leur déroulent un pont d'or. Les trois plus doués d'entre eux vont quitter leur équipe et sacrifier sur l'autel de la gloire à la fois leur amitié et leurs valeurs.
"Les seigneurs de Dogtown" est tourné à la façon d'un documentaire qu'il est presque, puisque le scénario a été écrit par Stacey Peralta (le gars sérieux qui essaie de gérer sagement sa carrière dans le film). Dans des rôles très attachants, les jeunes acteurs crèvent l'écran - surtout Emile Hirsch qui incarne Jay Adams, le rebelle qui finira par tout plaquer pour revenir aux valeurs de la "tribu". Les (nombreux) passages de glisse sont absolument électrisants; l'atmosphère des années 70 est très bien rendue et la fin douce-amère à souhait. Quant à la bande originale, c'est tout simplement la meilleure que j'aie jamais entendue. Et l'énergie vitale qui se dégage du film est, à mon sens, totalement indescriptible.

jeudi 28 juillet 2005

"Mr and Mrs Smith" (3)

Par ces temps de cagnard, deux heures dans la fraîcheur obscure d'une salle climatisée, ça ne se refuse pas. Et encore moins si ces deux heures sont passées à regarder Brad Pitt et Angelina Jolie rivaliser de sexitude et canarder dans tous les sens. D'accord, "Mr and Mrs Smith" ne vous mettra peut-être pas les neurones en ébullition - mais les hormones, sans aucun doute. La parabole sur le mariage est plutôt bien foutue, et je me suis reconnue dans un paquet de situations (surtout quand monsieur grogne parce qu'il veut dormir pendant que madame s'obstine à lire à la lueur de sa lampe de chevet). C'est rondement mené, pas trop mal ficelé, peut-être un peu long - mais dans l'ensemble, un parfait divertissement estival.

lundi 25 juillet 2005

Rêves et ambitions

- Visiter à peu près tous les pays de l'hémisphère nord
- Ne jamais mettre les pieds dans l'hémisphère sud
- Parler six langues couramment (de préférence celles de l'hémisphère nord, donc); pour l'instant je suis à deux courantes et deux passables, reste donc la moitié du chemin à faire
- Passer le brevet de chute libre et faire des figures aériennes en équipe
- Apprendre à faire du bodyboard (oui, bon, ok, mon film préféré c'est "Point Break")
- Avoir la garde-robe de SJP dans "Sex and the city", le dressing de Jennifer Garner dans "30 ans sinon rien" pour la ranger, et la silhouette de Kate Hudson dans "Presque célèbre" pour la porter!!!
- Ecrire un livre valable. Si possible le faire publier. Si possible en vendre tout plein. Si possible que les critiques disent que je viens de pondre un classique de la littérature moderne. Si possible aller parler de mon bouquin à la télé et qu'on me consacre un article dans Elle parce que ma garde-robe est trop ébouriffante et trop bien portée :)

samedi 23 juillet 2005

"Harry Potter and the Half-Blood Prince" (4)

Je viens juste de terminer le sixième tome des aventures d'Harry Potter, et malgré l'heure tardive (3h30 du matin...) je ne résiste pas à l'envie de rédiger immédiatement mes impressions.

Commençons par la fin. Depuis le premier tome, Rowling essaie de faire passer Snape pour un gentil incompris, et j'étais persuadée que c'était un vrai méchant. Maintenant qu'elle semble avoir prouvé que c'est un vrai méchant, je suis à peu près certaine que c'est un gentil incompris. Voici comment j'interprète la confrontation entre Dumbledore et lui en haut de la Tour d'Astronomie: Dumbledore ne supplie pas Snape de l'épargner - il le supplie de l'achever. Il sait qu'il n'a plus aucune chance de s'en sortir, et il veut 1/éviter à Draco de devenir un assassin 2/préserver la couverture de Snape 3/peut-être même éviter que Snape se sacrifie pour lui, s'il est au courant pour l'Unbreakable Vow. Quant au regard que lui lance Snape avant de le tuer, je pense que la haine qu'il traduit est soit dirigée contre lui-même, soit contre Dumbledore parce que celui-ci le force à faire quelque chose pour lequel il va encore se haïr. La suite me paraît aller dans le sens de cette théorie: quand Harry le rattrape, Snape ne le tue pas - mieux, sous couvert de se moquer de lui, il lui donne des conseils pour livrer un duel contre quelqu'un de plus puissant (utiliser des sorts non-verbaux et apprendre à fermer son esprit).

Pour le reste... J'ai beaucoup apprécié le retour à une atmosphère moins glauque malgré la menace qui pèse sur Hogwarts pendant toute l'année scolaire. Harry revient à un comportement plus raisonnable vis-à-vis de ses amis, et les relations amoureuses entre les élèves prennent une place prépondérante - ce qui paraît bien normal chez des ados de seize ou dix-sept ans, logiquement gouvernés par leurs hormones. Quelques scènes m'ont fait rire tout haut; Dieu merci on retrouve l'humour qui avait totalement disparu dans "Order of the Phoenix". Et la fin, très prenante, dégage une belle intensité dramatique.

Je n'irai pas jusqu'à dire que j'ai apprécié "Half-Blood Prince" davantage que "Prisonner of Azkaban" et surtout que "Goblet of Fire", mais il n'est vraiment pas loin derrière. Quand je pense qu'il va falloir attendre encore deux ou trois ans pour lire le septième et dernier tome! Je suis très curieuse de savoir si Harry reviendra à Hogwarts ou pas: il a quand même quatre Horcruxes à retrouver; ça fait un peu beaucoup à cumuler avec ses cours. D'un autre côté, je vois mal l'action se dérouler ailleurs qu'à Hogwarts, mais Rowling va peut-être nous surprendre en ne choisissant, là encore, pas la solution la plus évidente.

PS: I love Luna Lovegood - de loin mon personnage secondaire préféré.

mercredi 20 juillet 2005

Si j'avais le courage de mes opinions...

...J'aurais acheté le T-shirt parodique que j'ai vu cet après-midi dans la vitrine d'un magasin (en plus, il étaiit orange!): le grand M de McDonald's avec en dessous le slogan "Masturbation: I'm lovin' it".

mardi 19 juillet 2005

Une semaine de tranquillité

Je viens d'emmener l'Homme à la gare, où il prenait le train pour aller passer une semaine à Bordeaux chez ses parents. Soit une semaine de totale liberté pour moi, hé hé hé. Une semaine à:
- me coucher à des heures indues
- dormir avec la fenêtre fermée et les volets ouverts comme j'aime
- bosser sans la télé en bruit de fond
- regarder le clip de "Move to Memphis" en boucle (et essuyer les flaques de bave après)
- ne pas passer mon temps à ramasser tous les trucs que quelqu'un d'autre sème partout dans la maison
- ne pas chercher les clés de la voiture qui seront systématiquement à leur place
- m'étaler sur la grande table de la salle à manger pour scrapper les photos du Japon (enfin!)
- vendre tranquillement la moitié du contenu de la maison sur eBay
- ...et redépender aussitôt les sous pour acheter d'autres nids à poussière sur eBay
- aller voir "Les seigneurs de Dogtown" au cinéma
- ignorer Casse-Couilla quand elle gratte à la fenêtre pour qu'on lui ouvre
- ne pas ouvrir la bouche de toute la journée si j'en ai envie
Ca va être grand.

vendredi 15 juillet 2005

Etre Exquis a de l'humour

Etre Exquis à sa nouvelle copine de deux mois, jugeant que le niveau de la boîte de préservatifs dans laquelle il a investi ne descend pas assez vite:
- Tu sais que c'est pas pour faire la collection, hein?

Charlie et la chocolaterie (3)

Hier soir j'ai insisté pour traîner l'Homme au ciné à la séance de 22h, bien qu'il se lève à 7h tous les jours en ce moment et qu'il affiche des yeux de lapin myxomatosé passé 21h30. Ca lui apprendra à me laisser bosser toute seule à la maison pendant qu'il va plonger avec de la touriste à gros poumons bien décidée à harponner un joli moniteur avant la fin de l'été, non mais ho.

Bref. J'attendais le dernier Tim Burton avec impatience, depuis des mois, et j'avoue que j'ai été un peu déçue. Pourtant l'adaptation du classique de Roald Dahl est irréprochable, les décors et les costumes somptueusement kitsch, les numéros chantés-dansés des Oompa Loompa, à se tordre de rire (et encore, c'était en VF)... Mais j'ai trouvé que Johnny Depp en faisait vraiment, vraiment trop, et que son Willy Wonka devenait plus ridicule qu'autre chose. Comme je le disais il y a quelques mois à propos de "Neverland" (avec les mêmes Johnny Depp et Freddy Highmore, d'ailleurs), c'est sans doute un film qu'il faut avoir conservé son âme d'enfant pour apprécier à sa juste valeur, et je n'ai jamais été branchée par le côté "féérique" de la magie ou des univers fantastiques.

Maintenant, la prochaine adaptation d'un classique de la littérature anglo-saxonne que j'attends avec impatience, c'est "Le monde de Narnia". Et d'après la bande-annonce que j'ai vue hier soir pour la première fois, je ne devrais pas être déçue!

mercredi 13 juillet 2005

Volte-face

Tout le chemin que j'ai parcouru l'an dernier pour me rapprocher des VIP, je suis en train de le parcourir à l'envers. Et c'est au Jour de l'An - oh la symbolique de la date, la symétrie du parcours! - que, sans m'en rendre compte, j'ai fait demi-tour. Comme si j'étais allée au bout de mon chemin et que je ne pouvais pas donner plus (ou continuer à donner la même chose) sans risquer de me perdre.

Je suis: monomaniaque en série

Et pas regardante sur le choix de mes addictions. Après une sévère fixation d'une semaine ou dix jours sur a-Ha et son excessivement consommable chanteur Morten Harket, je suis désormais obsédée par e-Bay. Pour dégoter des articles que je ne trouve pas en France, et surtout pour vider mes placards de tous ces trucs très chers sans lesquels je ne pouvais pas vivre (me disais-je en passant à la caisse), et dont je ne me suis au final jamais servie. L'Homme est content bien qu'un peu sceptique sur le fait que mes placards resteront vides longtemps, mais il rigole beaucoup à me voir prendre mes affaires en photo et taper des descriptions enthousiastes.

dimanche 10 juillet 2005

"La guerre des mondes" (3)

Brrrrr. Ca faisait longtemps qu'un film ne m'avait pas autant oppressée. Cinq minutes avant la fin, je me demandais encore comment Tom Cruise et Cie allaient s'en sortir (même en n'ayant pas lu le livre, je me doutais bien qu'ils ne pouvaient pas mourir, parce que bon, c'est des Américains!). L'angoisse monte très vite et continue à grimper pendant près de deux heures; du coup le dénouement paraît limite bâclé. Que dire d'autre, sinon que la petite Dakota Fanning bouffe l'écran et vole littéralement la vedette à son illustre partenaire. Et qu'en sortant du ciné, j'ai prévenu l'Homme: "En cas d'invasion extra-terrestre, il faudra que tu te démerdes tout seul, parce que je me laisserai mourir dès le début." Courir dans tous les sens c'est pas mon truc, je supporte très mal la vue du sang et il aura de bien meilleures chances de s'en tirer sans moi.

vendredi 8 juillet 2005

"Un amour de jeunesse" (4)

Carrie a 23 ans. Elle a toujours habité dans la même petite ville, connaît sa meilleure amie depuis le jardin d'enfants et doit épouser le garçon avec qui elle sort depuis près de dix ans. Et déjà, elle commence à regimber contre ce destin tout tracé...

"Pendant longtemps, j'avais considéré Mike comme nécessaire, j'avais vu en lui le ballast qui me protègerait. A présent, ce ballast me maintenait à ras de terre, me retenait: or j'avais envie de légèreté, de liberté. Je fondis en larmes et il bondit du canapé pour me prendre dans ses bras et, je détestais ça aussi, la facilité du geste, ce faux réconfort. Je ne supportais pas de voir les semaines, les années se déployer avec autant de clarté."

...Lorsqu'à la suite d'un accident, son fiancé devient tétraplégique. Incapable de faire ce que son entourage attend d'elle, Carrie s'enfuit à New York où elle commence une autre vie et noue une liaison avec le mystérieux Kilroy. Elle est en train de devenir une autre personne lorsque survient une nouvelle tragédie qui semble réclamer sa présence à Madison.

"Dans 24 heures, je serais là-bas, couchée dans mon vieux lit au premier étage de chez ma mère. Je serais rentrée de l'aéroport avec elle en empruntant des rues dont je savais déjà que je les trouverais dégagées et d'un calme sinistre. (...) New York me serait devenu un rêve, à peine tangible face à toutes ces choses que je connaissais si bien. Or ce que je voulais, c'était que Madison devienne le rêve et cette chambre, cette soirée, la réalité durable."

Que doit-on à nos proches? Faut-il sacrifier ses propres désirs au nom de l'amour? Vaut-il mieux faire du bien pour de mauvaises raisons (la culpabilité) que du mal pour de bonnes raisons (accomplir son propre destin)? Et jusqu'à quel point notre identité dépend-elle de ce et ceux qui nous entourent? Telle sont les questions qu'Ann Packer pose avec énormément de finesse dans "Un amour de jeunesse".

"A midi, je l'emmenai faire la connaissance de Mike. Ne sachant pas trop lequel des deux allait impressionner l'autre, je me sentais mal à l'aise, mais le problème ne se situait pas là: je me sentais mal parce que je n'étais pas sûre de réussir à être une seule et même personne face à eux deux."

Ce roman est merveilleusement bien écrit - et pas trop mal traduit pour une fois. Il regorge de détails qui sollicitent les cinq sens et transportent instantanément le lecteur dans les décors où évolue son héroïne. Et surtout, je me suis beaucoup retrouvée dans les interrogations de Carrie - même si je ne suis pas certaine que j'aurais fait le même choix à la fin.

mardi 5 juillet 2005

L'amour inconditionnel

Quand les gens me demandent pourquoi je ne veux pas d'enfant, et que je leur rétorque "pourquoi vous en avez voulu, vous?", une des réponses qui revient le plus souvent, c'est "parce qu'un enfant, c'est la seule personne au monde qui va t'aimer d'un amour inconditionnel". Déjà, ils se fourrent le doigt dans l'oeil - leurs gamins ne jureront peut-être que par eux jusque vers 10 ans, mais ensuite, ils deviendront des ados en crise contre tout ce que représentent leurs parents, puis des adultes estimant (à juste titre ou non) qu'ils sont responsables de tous leurs traumatismes et du ratage éventuel de leur vie. Charmant.

Ensuite et surtout... Je ne comprends pas qu'on considère l'amour inconditionnel comme la Rolls du sentiment. Une chose qu'on ne peut pas perdre possède-t-elle la moindre valeur? Pour moi, l'amour devrait au contraire être très conditionnel - c'est-à-dire se mériter. Si quelqu'un me traite mal et que je continue à tout lui passer, je suis une pauvre pomme. Si je traite mal quelqu'un et qu'il continue à tout me passer, je vais m'en servir comme carpette - bonjour la relation saine. Par contre si je me sens aimée et qu'il y a une raison compréhensible à ça, et bien je me sens "meilleure", puisque digne de susciter un amour qui n'est pas garanti à la base. De la même façon, je n'apprécie pas beaucoup de gens (mais alors, vraiment pas beaucoup du tout), et je suis ravie d'avoir le coeur aussi sélectif: a priori, ça signifie qu'à long terme, il ne reste autour de moi que des gens qui valent vraiment mon investissement affectif - plus ma vieille copine Fleur dont je n'arrive pas à me débarrasser, mais c'est un autre débat.

lundi 4 juillet 2005

Chômage technique

Après le coup de bourre des dernières semaines, et malgré la quantité de boulot faramineuse que je dois abattre avant la fin de l'été, je me retrouve à me croiser les pouces chez moi. Je n'ai pas encore reçu le bouquin sur lequel je devais enchaîner; et le texte du guide télé que je dois faire ensuite est une version non mise en page et probablement incomplète, si bien que je n'ose pas commencer à bosser dessus. Si seulement les soldes avaient débuté aujourd'hui, au moins, je n'aurais pas totalement perdu ma journée... Mais là, le truc le plus productif que j'aurai fait c'est une lessive et ma déclaration de TVA trimestrielle.

dimanche 3 juillet 2005

Comment j'ai raté le train pour la 2ème fois de ma vie

Jeudi soir, l'Homme et moi sommes invités à faire la fête chez des amis qui habitent un peu après Marseille, pour les 18 ans de leur fils. Comme nous apprécions beaucoup toute la famille, enfants y compris, nous acceptons malgré l'heure et demie de route pour y aller. Au moment de partir la soirée bat son plein; les ados sont en train de faire une magnifique démonstration de jonglage avec torches et bolas enflammés, et je n'ai aucune envie de m'en aller. Mais bon, il est déjà plus de minuit. La maîtresse de maison propose de nous héberger. Hélas, j'ai un train à prendre le lendemain matin; nous déclinons donc son invitation.

Vendredi matin. J'ai négligé de mettre le réveil bien que j'aie des tas de trucs à faire avant de partir. J'ouvre un oeil: 10h05. Ouh là, c'est qu'il ne faudrait pas trop traîner... Des fois que mon train ne partirait pas à midi mais à midi dix ou midi vingt, je décide de consulter mon billet.
Et en fait, ce qui part à 11h53, c'est ma correspondance. De Marseille. Parce que de chez moi, c'est à 10h15. Et je suis à poil dans mon salon, à quinze kilomètres de la gare.
"Euh... Chéri d'amour? Tu voudrais pas m'emmener à Marseille en voiture?"

Au final j'ai eu ma correspondance. Mais l'espace d'un instant, mon week-end a failli être gâché, et ça aurait été dommage parce que ce fut un très joli week-end :)