mercredi 30 novembre 2005

Je suis colère

Appelé Etre Exquis ce matin pour lui proposer un dîner à deux, car on ne s'est pas vus depuis qu'il s'est remis avec sa nouvelle copine. Réponse gênée de l'intéressé: "Oui mais tu comprends, maintenant, le soir, je rentre à la maison retrouver Bobonne. Par contre si tu veux on peut déjeuner ensemble." Il se trouve que le midi, je bosse - contrairement à lui qui glande la majeure partie de ses journées. Il se trouve également que c'est moi qui lui ai conseillé de passer l'éponge quand Bobonne s'est pointée toute repentante un mois après l'avoir plaqué pour se remettre avec son ex. Il se trouve, enfin, que depuis six ans je me bats pour imposer nos dîners mensuels à l'Homme qui ne saute jamais d'enthousiasme quand je lui annonce que je vais passer la soirée avec mon ex. Il se trouve donc que j'ai poliment raccroché au nez d'Etre Exquis en lui disant que là tout de suite il n'était pas ma personne préférée au monde, et que je préférais qu'on en rediscute plus tard de peur que mes paroles dépassent ma pensée.

mardi 29 novembre 2005

Bain: mode d'emploi

Verser dans la baignoire une bonne rasade de bain moussant à la menthe, celui qu'on a ramené de Florence et qui est méga-galère à trouver en France (du coup on ne prend qu'un bain par an pour l'économiser) (mais les 364 autres jours, on se douche, hein).
Régler le mitigeur sur trois quarts chaud.
Pendant que l'eau monte, appliquer un masque purifiant-nettoyant dont l'odeur de camphre rappelle celle du liniment qu'on se mettait sur les tibias pour minimiser les traces de coups, au temps où on faisait de la boxe thaï.
Se déshabiller. Regretter, en voyant le col de son pull enduit de plâtras blanc, de ne pas avoir inversé cette étape avec la précédente.
Se regarder dans la glace en écarquillant des yeux pleins d'incrédulité et d'effroi à la vue du petit pneu qui commence à faire son apparition, là, juste au-dessus des hanches, alors qu'on n'a jamais eu de ventre de sa vie et que c'était à peu près la seule zone dont on était satisfaite.
Exécuter une longue série d'abdos afin d'éliminer les calories du chocolat chaud + Spritz englouti un quart d'heure auparavant (parce que bon, après une journée de boulot pénible, faut bien s'accorder une petite récompense).
Maudire Sophie Marceau, Monica Bellucci, Nicole Kidman et toutes ces célébrités qui n'ont jamais été aussi belles qu'à l'approche de la quarantaine. Trouver ça parfaitement injuste et décourageant pour Mme Tout-le-Monde (non, pas la femme de Mr Tout-le-Monde: moi). Songer qu'on n'a jamais que 34 ans, et donc encore un peu de temps pour se rendre présentable avant l'échéance fatidique (l'espoir fait vivre).
Enfin - enfin! - s'immerger dans l'eau avec délice. Et lenteur, car finalement elle est un poil trop chaude.
Se mouiller la tête intégralement, sans rouspéter pour une fois, et faire la planche. Constater que même quand on ne mesure qu'un mètre cinquante-quatre et qu'on a une grande baignoire, il y a toujours un petit bout qui dépasse (genoux ou orteils). Trouver ça agaçant.
Flotter béatement pendant... oh, bien quatre minutes dix avant que l'eau commence à refroidir.
A toute vitesse, nettoyer le masque immonde avec un gant; se faire un shampoing et un soin après-shampoing, un gommage visage et un gommage corps. Au dernier moment, penser aussi à se savonner avant de sortir de la baignoire, enveloppée d'effluves de papaye, de noix de coco et d'enzymes de fruits variés. Le mélange n'est pas aussi agréable qu'on pourrait le croire.
Se sécher vigoureusement (ça fera toujours quelques calories de plus en moins).
Se tartiner de crème-soufflé Origins (sorte de produit miraculeux qui ressemble à une caresse fondante en pot de 50 ml. Ca coûte le prix du caviar, mais ça sent nettement meilleur).
Se regarder de nouveau dans la glace. Constater qu'avec le bout des doigts qui ressemble à des pruneaux sous vide, on n'est toujours pas plus belle qu'avant.
Se dire que d'ici l'an prochain, on aura sans doute oublié et que ça ne nous empêchera pas de remettre ça.

lundi 28 novembre 2005

Dernière ligne droite

Si tout va bien, je termine demain soir le maudit bouquin sur lequel je peine depuis presque trois mois. J'aurai pas volé mon chèque, tiens! Après ça, fin de semaine tranquille: mercredi journée off pour montrer les ficelles du scrap à une copine et faire un tour chez l'esthéticienne (même l'Homme qui n'est pas très regardant a fait la grimace l'autre jour en voyant l'état d'embroussaillement de mes mollets); jeudi j'attaque une nouvelle série (pourvu que ce soit pas trop chiant, y'a 5 ou 6 tomes...), et vendredi je file (ou plutôt je vole) à Paris retrouver mes VIP pour le week-end. Ils ont prévu une sortie à Disneyland. Ca tombe bien, j'ai souvent des nausées en ce moment; je suis sûre qu'un petit coup de Space Mountain va me dégager ça vite fait...

dimanche 27 novembre 2005

Document authentique

TRANSCRIPTION D'UNE COMMUNICATION RADIO ENTRE UN BATEAU DE LA US NAVY ET LES AUTORITÉS CANADIENNES AU LARGE DE TERRE-NEUVE, EN 1995

Américains : Veuillez dévier votre route de 15 degrés nord pour éviter une collision. À vous.
Canadiens : Veuillez plutôt dévier VOTRE route de 15 degrés sud pour éviter une collision. À vous.
Américains : Ici le capitaine d'un navire des forces navales américaines. Je répète : veuillez modifier votre course. À vous.
Canadiens : Non, veuillez, VOUS, dévier votre course, je vous prie. À vous.
Américains : ICI C'EST LE PORTE-AVIONS USS LINCOLN, LE SECOND NAVIRE EN IMPORTANCE DE LA FLOTTE NAVALE DES ÉTATS-UNIS D'AMÉRIQUE. NOUS SOMMES ACCOMPAGNÉS PAR TROIS DESTROYERS, TROIS CROISEURS ET UN NOMBRE IMPORTANT DE NAVIRES D'ESCORTE. JE VOUS DEMANDE DE DÉVIER VOTRE ROUTE DE 15 DEGRÉS NORD OU DES MESURES CONTRAIGNANTES VONT ÊTRE PRISES POUR ASSURER LA SÉCURITÉ DE NOTRE NAVIRE. À VOUS.
Canadiens : Ici c'est un phare. À vous.
Américains : ...Silence.

jeudi 24 novembre 2005

Miracle

Cette année, le Goncourt semble avoir été attribué à un bon livre ("Trois jours chez ma mère" de François Weyergans, pour ne pas le nommer).
Comme quoi si on attend assez longtemps, tout finit par arriver.

Pourtant, elle n'était pas blonde...

Entendu hier dans la file d'attente du McDo:
"J'ai pas envie de viande en ce moment; je vais prendre un McChicken."

mercredi 23 novembre 2005

"Palais Royal" (3)

Ce matin il faisait gris, il faisait froid et il pleuvait. J'ai immédiatement décrété la journée chômée et filé sur Allôciné pour voir les horaires des dernières sorties. Trois films me tentaient: "In her shoes" (bouquin bof, mais j'aime bien Toni Collette et Cameron Diaz), "Et si c'était vrai" (bouquin archi-naze, mais j'aime beaucoup Reese Witherspoon), ou "Palais Royal" (suis très mauvais public de films comiques: ça ne me fait jamais rire, mais j'aime bien Valérie Lemercier et Lambert Wilson).

Quand j'arrive au ciné et que je réclame un billet pour "In her shoes", on me répond qu'il n'y a pas de séance l'après-midi (merci pour les infos erronées Mr Allôciné). Je prends donc une place pour "Et si c'était vrai". Et après avoir changé d'avis au dernier moment finis dans la salle de "Palais Royal". Girouette? Qui, moi?

Au final j'ai beaucoup souri et quelquefois ri aux éclats. Valérie Lemercier est terrible en "princesse du peuple" qui se venge en douce de son mari infidèle et de sa belle-mère vacharde. Je retiens le coup du fromage blanc et celui des slips - on sait jamais, ça peut servir :) Seule la fin m'a paru un poil bâclée, mais à part ça j'ai passé un très bon moment.

Damned, la suite

Notre 3ème anniversaire de PACS, c'était hier... Aujourd'hui, c'est juste les 51 ans de ma copine Brigitte à qui j'ai totalement négligé d'envoyer une carte. Oups.
(En même temps des cartes pour mon anniv, moi, j'en reçois jamais, alors je vois vraiment pas pourquoi je me casserais la nénette. Pareil pour les voeux de Noël/nouvel an: d'habitude je prépare amoureusement des cartes faites main à partir de début octobre, et personne ne me renvoie ne serait-ce qu'un vilain bout de bristol coloré estampillé Unicef. Cette année ça sera textos pour tout le monde et basta.)

Pour marquer le coup, j'ai ressorti le faire-part que j'avais envoyé à mes proches fin 2002.

"Armalite et l'Homme ont le plaisir de vous annoncer qu'ils se pacseront dans la joie et la bonne humeur, le 22 novembre 2002. [A l'origine j'avais prévu de coller en face une photo de nous deux en train de nous étrangler en faisant d'affreuses grimaces, mais mon texte était trop long et je n'ai pas eu la place.]
Armalite ne se déguisera pas en meringue gonflée à l'hélium. L'Homme n'investira pas dans un costume qu'il ne remettra jamais. Ils ne demanderont pas à un type en robe, ne possédant personnellement aucune expérience de la vie de couple, de déblatérer sur la profondeur de leur amour pendant que vous essaierez de piquer un roupillon discret derrière le chapeau de votre voisine.
Bien que follement épris l'un de l'autre, ils ne sacrifieront pas sur l'autel du romantisme échevelé, mais sur celui du ras-le-bol de se faire racketter par les impôts.
Ils ne vous invitent pas à partager leur joie au cours d'un dîner interminable, un peu parce qu'ils ne veulent pas entamer leur futur héritage en présentant la note à leurs parents, mais surtout par flemme de tout organiser.
En contrepartie, vous n'êtes pas tenus de gaspiller une demi-journée entière à leur chercher un cadeau ruineux et inutile. Vos voeux de bonheur, par contre, seront les bienvenus.
PS: Nous n'avons pas cherché à critiquer par la présente les gens qui ne partagent pas notre opinion sur le sujet (en particulier ceux qui ont eu la gentillesse de nous inviter à leur mariage), mais juste à annoncer la nouvelle avec un peu d'humour.

Curieusement, l'Homme n'a jamais voulu que j'en envoie à sa famille et à ses proches. Z'ont pas d'humour, ces Bordelais.

Damned

Le 18 (ou le 17?), ça a fait six ans que l'Homme et moi on est ensemble. Et aujourd'hui, ça fait trois ans qu'on est pacsés.
D'habitude on va au resto ou on se prépare une bonne petite bouffe à la maison pour fêter ça.
Mais là, j'ai complètement zappé. Me suis souvenue du double évènement qu'hier soir vers minuit. Shame on me.
En même temps, l'Homme arrive déjà pas à se rappeler quel âge il a, alors c'est pas lui qui risque de me le reprocher, hein...

lundi 21 novembre 2005

Le mail surprise du week-end

C'est bien la première fois que quelqu'un de mon entourage fait son coming out par mail. J'ai trouvé ça touchant, le côté "faut absolument que je vous le dise parce que ça fait partie de moi et que j'assume ce que je suis, mais en même temps je sais pas du tout comment amener ça dans la conversation parce que j'ai quand même un peu peur de vos réactions, hein".
Pourtant, il ne me semble pas très dur d'informer les gens sans en faire tout un plat. Mes amis savent pour la plupart que je suis bi; je n'ai pas fait de grande annonce publique mais je n'ai pas non plus honte d'évoquer mes histoires avec d'autres filles ou de faire des commentaires sans ambiguïté sur la plastique d'Angelina Jolie (au hasard, lol). Pour moi c'est un non-sujet. Ca ne me dérange pas d'en discuter si l'occasion se présente; cela dit je ne vais pas non plus raconter ma vie sexuelle en détail à des gens que ça n'intéresse pas forcément.

Néanmoins... Je ne sais pas si l'emploi du terme "bi" est exact me concernant. "Sexuellement non-discrimante mais affectivement incapable d'entrenir une relation amoureuse avec une autre fille" serait plus correct - bien qu'un peu délicat à caser dans une conversation.
D'un point de vue purement physique, je n'ai pas de préférence. Le corps de l'homme et celui de la femme ont chacun leur beauté propre, et en bonne hédoniste j'apprécie les deux. (Ici suppression d'un passage sans doute trop graphique pour les gens qui me connaissent.)
D'un point de vue psychologique, par contre, je ne supporte pas d'être en couple avec une autre nana. Ca m'est trop facile de deviner ce qu'elle pense et comment elle va réagir dans une situation donnée. J'ai besoin que l'autre conserve une part de mystère, qu'il reste un peu inaccessible - sinon, je me lasse trop vite. Même parmi les mecs, je ne peux pas m'entendre avec n'importe qui. Il me faut quelqu'un qui soit mon contraire, sans quoi j'ai envie de l'étrangler au bout de deux mois.

Un gars qui a tout compris à l'amour

Extrait d'une interview de Samuel Benchetrit (ex-compagnon de Marie Trintignant) dans le Marie-Claire de décembre:

"J'aime pour toujours, même si les histoires s'arrêtent au bout d'un moment. Il ne faut pas compter sur la durée. Ce n'est pas navrant de se dire ça, c'est beau. On garde toujours en soi les personnes que l'on a aimées. On est la somme de ce qu'on a été. Quand on rencontre quelqu'un, on rencontre une addition. C'est peut-être un peu cynique, mais je ne comprends pas la jalousie du passé, parce que le passé, c'est ce qui a fait la personne que l'on a en face de soi. Quand je vois François Cluzet, je l'aime beaucoup parce que je vois Marie en lui, je sais quelle part de Marie il est, ce qu'il lui a apporté et ce qu'elle lui a apporté."

My point exactly.

dimanche 20 novembre 2005

"Going postal" (3)

Au bout de vingt-neuf tomes, le Disque-Monde n’a plus aucun secret pour ses lecteurs. Le style efficace de Pratchett, ses héros farfelus, sa satire à peine voilée de notre société, pas davantage. Mais pour aussi prévisibles qu’elles soient désormais, ses histoires n’en demeurent pas moins savoureuses.
Dans « Going postal », par exemple, il reprend très exactement l’idée de base de « The truth », se contenant de substituer la résurrection de la poste à la création d’un journal. Et ça marche quand même - parce que son sens de l’humour est toujours aussi féroce, et surtout parce qu’il a su créer un univers extraordinairement cohérent où l’on prend plaisir à voir réapparaître de loin en loin des personnages récurrents.
Je n’ai qu’un regret : les sorcières de Lancre me manquent beaucoup depuis leur dernière apparition dans « Maskerade ».

“I wonder if it’s like this for mountain climbers, he thought. You climb bigger and bigger mountains and you know that one day one of them is going to be just that bit too steep. But you go on doing it, because it’s so-o good when you breathe the air up there. And you know you’ll die falling.”

Almost famous

Mon éditrice ne plaisantait pas quand elle m’a dit que de gros moyens marketing avaient été mobilisés pour lancer « ma » nouvelle série. Jeudi, j’ai eu la surprise de recevoir un T-shirt noir à manches longues avec le titre et la silhouette du héros en doré sur le devant. Même pas moche. Juste un truc : je ne comprends pas comment une personne qui m’a rencontrée en live peut avoir eu l’idée de m’envoyer du XL. Grosso modo, ça m’arrive aux genoux et je peux balayer le carrelage avec les manches. Tant pis, ça finira sur le dos de l’Homme.

a-Ha en concert au Grand Rex (tournée "Analogue")

J’ai un peu hésité à y aller, à ce concert. Si les derniers albums studio sont tous excellents et d’une étonnante diversité musicale, les prestations scéniques du groupe, depuis leur come back en 2001, ne faisaient pas vraiment envie. On ne sentait aucune complicité entre les trois garçons ; on avait plutôt l’impression qu’en professionnels blasés, ils étaient là uniquement pour faire leur boulot, toucher leur chèque et se casser. Morten ne bougeait pas et ne souriait jamais : toujours le regard perdu dans le vide, une main plaquée sur son oreillette, la voix plus vraiment comme avant et une fâcheuse tendance à se planter dans les paroles. Et puis les airs intello qu’il se donnait dans les interviews, son attitude arrogante de beau gosse trop gâté par la nature… Argh.

Mais bon, je me suis dit que ça serait sympa de se plonger vingt ans en arrière et de ré-entendre en live des titres qui m’ont marquée. Et puis tous les prétextes me sont bons pour faire un saut sur Paris :)

Lundi après-midi, donc, j’arrive direct de la gare de Lyon et passe poser mes affaires à l’hôtel, puis me rend au « Merci Charlie », en face du Grand Rex, où les modérateurs du site «The sun always shines on a-ha » avaient organisé une rencontre de fans. Je ne suis pas là depuis cinq minutes que par la baie vitrée du premier étage, nous voyons arriver un Espace gris métallisé qui se gare devant la salle. Et Morten qui en sort, un gros sac de sport jaune sur l’épaule. Piaillements excités de la plupart des filles présentes tandis qu’il fait deux-trois aller-retour sur le trottoir, visiblement incapable de localiser l’entrée des artistes. « Décidément, il plane toujours autant », me dis-je en levant intérieurement les yeux au ciel.

Le meeting est plutôt sympa ; moi qui ne suis pas très sociable d’ordinaire, je me surprends à parler très aimablement avec des gens que je ne connaissais pas la veille. Décidément, mes nouveaux amis ont une influence déplorable sur moi :)

Puis vient l’heure du concert. Je suis au 9ème ou au 10ème rang de l’orchestre, d’où je vois très bien la scène et d’où j’aurais pu prendre de magnifiques photos avec le nouvel appareil numérique que l’Homme m’a offert il y a 2 semaines… si je n’avais pas craint de me le faire confisquer à l’entrée de la salle. Conclusion : je l’ai laissé à l’hôtel, et c’est à peine si un vigile a jeté un vague coup d’œil dans mon fourre-tout. Je râle si fort que ça me gâche presque la première moitié du spectacle. Je vois les garçons, je les entends, je chante les morceaux que je connais par cœur… Mais je n’arrive pas vraiment à me concentrer sur le présent. J’ai conscience de laisser filer des instants précieux – rien à faire, je suis absente à moi-même, comme très souvent ces derniers temps. J’ai trop pris l’habitude de vivre dans ma tête, j’imagine.

Pendant « Manhattan Skyline », j’ai enfin le déclic. Je rentre complètement dedans, et bien sûr, la suite passe beaucoup trop vite. D’autant que le concert est d’une qualité exceptionnelle. Les garçons semblent plus proches que jamais depuis qu’ils ont reformé le groupe. Magne passe son temps à faire des blagues à Morten et se donne la peine de parler (parfois même en français) entre les chansons. Des trois, c’est lui qui est le plus à l’aise physiquement. Paul a le sourire rare, comme d’habitude, mais on sent qu’il est à fond dans sa musique, et il a fait d’énormes progrès en guitare depuis les débuts du groupe. Quant à Morten… OK, vestimentairement il ne s’est pas foulé. OK, il bouge toujours comme un môme de seize ans encombré par son corps (on dirait qu’il a su danser une seule fois dans sa vie, pendant le tournage du clip de « Move to Memphis »). OK, il fait un faux départ sur « Living a boy’s adventure tale » et se plante dans les paroles de plusieurs morceaux (dont « Take on me », qu’il a dû interpréter genre un million de fois ces 20 dernières années… Les gens qui étaient en mezzanine ou balcon ont dit que les textes étaient scotchés par terre autour de lui, la honte !). OK, la musique trop forte couvre parfois sa voix. Mais sa voix, justement – sa voix ! Je retire tout ce que j’ai dit. Elle est encore mieux qu’au premier jour. Puissante, vibrante, elle part dans d’immenses envolées qui filent des frissons partout. Et le monsieur a l’air sincèrement content d’être là. Il sourit beaucoup, joue avec le public et semble prendre un vrai plaisir à faire son boulot.

Pour le reste, je suis enchantée par la setlist qui fait la part belle à mes morceaux préférés comme « Scoundrel days » ou « The weight of the wind », mais aussi aux petits nouveaux que je viens de découvrir et adore déjà : « Celice », « Cozy prisons » et « Analogue ». Les « vieux » titres ont été réorchestrés ; ils ont un son plus moderne et beaucoup plus rock dont je suis totalement fan !

« Dark is the night » arrive beaucoup trop tôt. Je file à l’hôtel récupérer mon fameux appareil photo et reviens sur le trottoir du Grand Rex où une foule compacte - plusieurs centaines de personnes, malgré le froid - se presse déjà autour des bus. Je sais bien qu’avec mon mètre cinquante je n’ai aucune chance de réussir à voir ne serait-ce que le sommet du crâne d’un des trois garçons ; simplement, il est encore tôt et je n’ai aucune envie de rentrer toute seule dans une chambre inconnue. Je préfère profiter encore un peu de l’effervescence générale, essayer de papoter avec les gens du forum.

Puis un type de la sécurité passe devant moi avec une barrière. Je comprends qu’il va ménager un couloir devant l’entrée des artistes pour que les garçons puissent rejoindre leur bus sans se faire agresser. Je lui colle aux basques et me retrouve au premier rang, coincée entre une géante blonde (allemande ou hollandaise) et une jeune fille en fauteuil roulant grâce à laquelle je bénéficie d’une superbe vue sur cinquante centimètres de large. Le malheur des uns, etc. Un temps apparemment interminable s’écoule (en réalité, sans doute pas plus d’une demi-heure). Magne sort le premier. Il commence à signer des autographes de mon côté. Je lui tends mon billet et, dès qu’il me l’a rendu, le cadre à moins d’une longueur de bras dans le super écran de mon super appareil photo. Qui m’affiche « Batterie faible » avant de s’éteindre sans autre forme de procès. Je me giflerais.

Paul passe un quart d’heure après et fonce presque tout droit vers le bus, sans un sourire ni un mot. L’attente continue. Les fans – en majeure partie des filles de mon âge, plus quelques maris à la mine résignée – ne sont pas hystériques, mais ça pousse quand même pas mal et ça devient vite inconfortable. Enfin, Morten fait son apparition. Et me scotche pour la deuxième fois de la soirée. Au lieu de passer à toute allure, il s’arrête pour signer tout ce qu’on lui tend, distribue des sourires un peu las mais très gentils et échange même quelques mots avec les personnes qui lui parlent en anglais. Je me dépêche de sortir mon portable de mon sac et de le flasher trois-quatre fois avec. Il arrive à mon niveau et signe mon billet. Avec un sourire de débile, je lui lance : « Thank you. You did a very good job. » Il me sourit, me regarde dans les yeux, me dit « Thank you very much ». Et l’espace d’une fraction de seconde, j’ai de nouveau quinze ans. Comme quoi l’élixir de jouvence existe : il est planqué en Norvège dans le corps pas-du-tout-dégueu-pour-son-âge d’un chanteur à la voix d’ange.

vendredi 11 novembre 2005

Travailler les jours fériés

...C'est l'une de mes grandes satisfactions dans la vie. Sans déconner. Bien sûr, à tout prendre, je préfère les passer avec mes amis. Mais quand ça n'est pas possible, faire quelque chose de productif vaut mieux que désespérer devant les magasins fermés ou se farcir un des téléfilms débiles dont nous gratifient systématiquement les chaînes hertziennes. Comme ça, le soir venu, je peux en toute bonne conscience m'écrouler sur mon canapé, éteindre la lumière et me passer en boucle... au hasard, "Analogue" de a-Ha, en peaufinant les détails de mon dernier fantasme en date.

jeudi 10 novembre 2005

"Analogue"

Reçu ce matin le dernier album de a-Ha sorti lundi. 4 jours pour apprendre les chansons par coeur avant le concert du Grand Rex le 14, ça va être chaud. Donc, je me fais une première écoute avec les tartines et le thé vert du petit déj.
Impressions à chaud: mes titres préférés sont "Celice" ("It's in the way you hurt me, I know that I'm alive"), "Cozy prisons", "Analogue", "Keeper of the flame", "Make it soon" et "Summers of our youth". Un peu déçue globalement par les paroles qui manquent de mordant à mon goût. Les musiques par contre sont très chiadées, avec des arrangements somptueux et plein de guitares saturées comme j'aime. Les morceaux de Paul ont, de plus en plus, un son beatle-esque. Ceux de Magne (6 sur 13 au total, une grande première), m'ont surprise par leur côté très abouti. Quant à Morten, bah... Heureusement qu'il a une voix divine et un physique pas dégueu, parce que comme auteur-compositeur, il casse vraiment pas des briques.
PS: Par contre j'ai halluciné en découvrant le packaging... C'est pile poil la pochette du dernier album des filles: digipack cartonné avec CD + DVD et design "romantique moderne" à base de fleurs et de feuilles silhouettées. Seule différence, les couleurs: rouge et gris au lieu de rose et violet.

The end?

Hier soir avec l'Homme, on a pour la première fois parlé sérieusement de séparation. Enfin j'ai parlé, et en type formidablement zen qu'il est, il m'a répondu que lui était toujours amoureux de moi mais que si je voulais partir il ne chercherait pas à m'en empêcher. Attitude très adulte (si pas forcément flatteuse) qui me met un peu au pied du mur: ma plus grande crainte était de devoir être le témoin de son chagrin. Je me doutais bien que contrairement au Breton, il n'allait pas s'enfermer das la salle de bains et menacer de s'ouvrir les veines. Mais je ne me sentais pas non plus le coeur de briser le sien. Or apparemment il en a assez vu de son côté pour savoir que si je le quitte, il sera triste mais il s'en remettra. Du coup rien ne m'empêche vraiment de m'en aller, sinon peut-être l'apathie ou la peur de faire une connerie.
Reste que matériellement, ça soulève pas mal de questions. Je n'ai qu'une hâte: me barrer de mon village paumé. Mais pour aller où? Je ne supporterai sans doute pas longtemps le climat de Londres. New York ou San Francisco me tenteraient bien, mais les américains m'ont déjà refusé le statut de résident en 1997 et je ne vois pas pourquoi ils auraient changé d'avis entre-temps. Tokyo, j'adorerais - encore faudrait-il dégoter un permis de séjour, ce qui signifie un boulot sur place, et mon japonais est plutôt limité.
L'Homme m'a demandé si j'avais quelqu'un d'autre. D'une certaine façon, ça serait plus simple si tel était le cas: au moins j'aurais une motivation claire. Je culpabiliserais mais je me dirais "Bah, personne ne peut rien contre l'amour". Alors que là, je n'ai aucune raison objective de me barrer. Je ne m'épanouis pas dans la vie de couple. La routine m'étouffe. Et l'Homme et moi avons trop peu de choses en commun. Je vois d'ici l'incompréhension s'inscrire sur le visage de mes proches quand je tenterai de leur expliquer ça.

lundi 7 novembre 2005

Haikus for nerds

The following are haiku based on Wintel error-messages.
(Haiku: a Japanese verse form, rendered in English as three unrhymed
lines of 5, 7 and 5 syllables respectively, often on some subject in
nature)
~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~
Seeing my great fault
Through darkening blue windows
I begin again
- - - - - - - - - - - -
The code was willing,
It considered your request,
But the chips were weak.
- - - - - - - - - - - -
A file that big?
It might be very useful.
But now it is gone.
- - - - - - - - - - - -
Errors have occurred.
We won't tell you where or why.
Lazy programmers.
- - - - - - - - - - - -
Three things are certain:
Death, taxes, and lost data.
Guess which has occurred.
- - - - - - - - - - - -
Everything is gone;
Your life's work has been destroyed.
Squeeze trigger (yes/no)?
- - - - - - - - - - - -
Windows NT crashed.
I am the Blue Screen of Death.
No one hears your screams.
- - - - - - - - - - - -
This site has been moved.
We'd tell you where, but then we'd
have to delete you.
- - - - - - - - - - - -
First snow, then silence.
This thousand dollar screen dies
so beautifully.
- - - - - - - - - - - -
With searching comes loss
and the presence of absence:
"My Novel" not found.
- - - - - - - - - - - -
Yesterday it worked
Today it is not working
Windows is like that
- - - - - - - - - - - -
You step in the stream,
but the water has moved on.
This page is not here.

Je n'ai jamais, je serai toujours

Je n'ai jamais rien volé de ma vie.
[Sauf des pâtes crues échappées du paquet que vers sept-huit ans je ramassais discrètement au supermarché du coin pour en faire une collec, fascinée que j'étais par toutes leurs formes différentes et l'idée de pouvoir les classer en secret. Un jour ma grand-mère s'en est aperçue et elle m'a foutu une sainte trouille en menaçant d'abord de me dénoncer à mes parents, puis à la police. Je me rappelle encore très précisément de la scène, alors que je n'ai quasi aucun souvenir de ma vie avant l'âge de onze ans. Finalement, la justice immanente s'est exercée sous la forme inattendue de ma soeur, trois ou quatre ans à l'époque, qui a trouvé et bouffé toute la collec (crue!) pendant que j'avais le dos tourné. Et on se demande pourquoi j'ai eu des rapports conflictuels avec elle jusqu'à l'âge adulte, pfff.
A part ça, je dois être la seule personne au monde qui exerce une profession libérale et qui n'a jamais fraudé un seul centime au fisc. Je ne goûte même pas les cerises ni le raisin aux étalages de Carrefour, c'est dire.]

Je n'ai jamais physiquement fait de mal à un être humain ou un animal.
[Bon OK un jour j'ai écrasé un minuscule chaton noir que sa mère avait eu le malheur de déposer sur un tapis de la même couleur. Mais j'ai vraiment, vraiment pas fait exprès et j'en ai encore des remords vingt ans après.
Ah sinon y'a aussi la fille qui n'a pas été assez rapide à réagir alors qu'elle travaillait avec moi pendant un stage d'aïkido. Elle a fini à l'hosto avec le nez cassé. Quand on fait des arts martiaux, ce genre de truc arrive parfois.]

En gros, je n'ai jamais rien fait de pire, aux yeux de la loi, que consommer des substances illicites.
[Et bon, quoi qu'en dise le code pénal, j'estime avoir le droit de me bousiller la santé si ça me chante. Pour le reste, je respecte le code de la route et les interdictions de fumer, je ne pratique pas le tapage nocturne, je ne jette même pas mes emballages vides sur la voie publique.
Si je ne termine pas cette liste très bientôt, je vais finir par me trouver épouvantablement rasoir.]

Aux yeux de la morale, je suppose que je suis coupable de beaucoup de choses.

Par exemple, m'être envoyée en l'air comme si le sexe allait passer de mode et qu'on n'en trouverait bientôt plus dans les magasins.
[Mais toujours par pure envie - le truc qui prend au bas-ventre, là, et qui ne vous lâche plus jusqu'à ce que vous l'ayiez assouvi. Jamais par intérêt ou pour une quelconque autre raison. Encore moins pour de l'argent.]

Ou bien, avoir plaqué d'une manière assez déplorable des gens très amoureux de moi.
[A ma décharge, j'ai fait du mieux que je pouvais sur le coup. Mais allez expliquer à un gars de 19-20 ans que même si vous l'adorez, vous vous trouvez bien trop jeune pour vous caser. Allez expliquer à un Breton avec qui vous vous entre-déchirez depuis quatre ans que vraiment, il vaut mieux arrêter les frais. Allez expliquer à un Etre Exquis que vous êtes tombée raide dingue d'un type qui vient à peine de se marier et que vous avez décidé de vous rendre disponible pour lui malgré la très faible probabilité qu'il soit un jour disponible pour vous.
Ah oui, et avant ça, il m'est arrivé de les tromper. Histoire de pas les quitter pour quelqu'un avec qui j'avais absolument aucune affinité sexuelle - faut pas gâcher.]

Ou encore, avoir proféré quelques mensonges aussi idiots qu'extravagants dans ma jeunesse.
[La honte d'avoir été percée à jour m'a empêchée de recommencer.
Le plus ironique, c'est qu'il m'est ensuite arrivé des trucs pires que tout ce que j'avais pu inventer pour attirer l'attention sur moi. Et de ceux-là, je n'ai rien dit. Je me suis toujours demandé si obscurément, je n'avais pas le sentiment de les avoir provoqués - d'avoir attiré sur moi les foudres d'un Dieu en lequel je ne crois pas, ou de "l'avoir cherché", comme on dit.]

En revanche, je n'ai jamais trahi une amitié.
[Certes, le nombre des amitiés que j'ai pu lier ne représente sans doute pace que qu'on appelle un échantillon statistiquement représentatif. Mais quand même.]
Je n'ai jamais révélé un secret qui ne m'appartenait pas.
[J'ai déjà assez de mal à parler des miens.]
Je ne suis jamais revenue sur un engagement pris de moi-même.
[Et Dieu sait que professionnellement tout au moins, c'est pas l'envie qui m'en manque parfois.]

Ma raison sait que je ne vaux ni plus ni moins que les gens qui m'entourent: comme eux, j'ai des qualités et des défauts - et la plupart du temps, je fais de mon mieux pour être une personne décente, même si je rouspète un maximum au passage.

Mais dans le fond de mon coeur je serai toujours cette fille brisée qui s'est relevée après. Persuadée que ce qui lui arrive est de sa faute et qu'elle ne mérite plus, n'a jamais mérité peut-être, qu'on la traite en être humain.

Flash info

Oui-Oui sera des nôtres pour le jour de l'An. Nous voici donc sept, une troupe de nains au grand complet (dont deux de plus d'1m80, mais c'est un détail).
Qui se dévoue pour venir jouer les Blanche-Neige?

dimanche 6 novembre 2005

Michaël

Michaël a 55 ans. Il vit à Melbourne avec sa chienne, une adorable King Charles Spaniel répondant au nom de Céleste. Après deux divorces, il a renoué avec son ex-premier amour qui vit maintenant à Londres. Autant dire que l'essentiel de son budget passe en billets d'avion et factures de téléphone. D'ailleurs, il aimerait bien venir s'installer en Europe pour se rapprocher de sa "girlfriend". Il parle déjà un français passable, vestige de ses années de lycée. Et il pourrait exercer n'importe où son métier d'homme à tout faire.
Dans les années 70, Michaël a lu Castaneda et tâté du LSD: il cherchait des réponses à ses questions, la preuve de l'existence d'autres réalités et une porte pour y accéder. Il dit qu'il a trouvé tout ça - mais que c'était une voie trop dangereuse. Alors, il en a essayé d'autres. Il s'est mis à l'aïkido, au taichi, au bouddhisme et au zen.
Michaël a beaucoup réfléchi sur la condition humaine, la spiritualité, l'éthique, la religion et autres sujets qui barbent royalement mon entourage habituel. Une fois lancé, il est absolument intarissable. Autant dire qu'on a bavardé très tard dans la nuit hier et avant-hier, tandis qu'à côté de nous l'Homme faisait de son mieux pour étouffer d'immenses bâillements.
J'envie Michaël. J'ai fait les mêmes expériences, exploré les mêmes chemins que lui, mais je n'en ai rien retiré. Tout ce que j'ai pu ressentir sous l'emprise de l'acide, je l'attribue à une réaction chimique de mon corps. Toutes les connections (fugitives) qu'il m'a semblé établir avec l'univers, je les mets sur le compte d'une trop grande imagination.
J'aimerais croire qu'il y a quelque chose au-dessus de nous - vraiment. Je trouverais ça réconfortant de penser que le monde n'est pas que chaos, qu'il y a une raison à tout ce qui arrive et qu'elle dépasse juste notre entendement. Mais quand on est naturellement incrédule, comment se forcer à avoir la foi?

samedi 5 novembre 2005

Redressage de bretelles

Hier soir je me suis fait traiter de têtard. C'est la plus jolie insulte qu'on m'ait jamais balancée.

vendredi 4 novembre 2005

Appelez-moi Caliméro

Quand je suis sortie du boulot, il était 16h. Il faisait déjà presque nuit et il pleuvait - pas assez pour que je remonte chercher un parapluie, juste de quoi achever de me hérisser le poil.
Ce soir l'Homme va me ramener un pote australien qui doit dormir à la maison pendant deux jours. Il va falloir que je lui fasse la conversation. En anglais. Comme si j'avais pas déjà eu ma dose dans la journée. Et comme si j'adorais devoir parler à un inconnu de bon matin quand je me lève la gueule enfarinée.
En plus j'ai fini les Kinder Bueno avant-hier.
En plus y'a rien à la télé et j'ai déjà regardé tous mes DVD.
En plus je suis seule demain. Et sans la voiture.
En plus le week-end c'est le désert sur AIM.
En plus c'est ENCORE l'anniversaire de Legolas et ça me rajeunit fichtrement pas.
Je devrais peut-être écouter l'Homme et recommencer à prendre des vitamines.

jeudi 3 novembre 2005

Stade 4

Piqué cet après-midi une énorme crise de nerfs avec sanglotage éperdu et tremblement de la tête aux pieds pendant une bonne demi-heure. Ce coup-ci je crois que j'ai atteint le point de rupture. Ou je me débrouille pour changer de créneau, ou je me trouve un autre métier. Parce que là, mon allergie à l'heroïc fantasy est entrée dans sa phase finale.

mercredi 2 novembre 2005

"Les noces funèbres" (3)

Bien embêtée pour mettre une note. Encore une grosse déception, sans doute parce que "L'étrange Noël de Monsieur Jack" est l'un de mes films culte et que je tiens Tim Burton pour un génie absolu. Je ne saurais pas dire pourquoi je me suis ennuyée pendant une heure et demie. Peut-être parce que le livret de Danny Elfman n'était - pour une fois - pas sensationnel (ou pas très bien adapté en français). Parce que le héros m'a paru très pâlichon et le méchant assez ridicule comparé à l'inénarrable Boogie-Woogie. Parce qu'à aucun moment je ne me suis laissée prendre par l'atmosphère gothique, ou parce que les tentatives d'humour noir étaient trop rares à mon goût. Je reconnais que l'animation était irréprochable, mais franchement j'attendais quelque chose de beaucoup plus "edgy".*

*Neurones qui pédalent dans la semoule après grosse, grosse journée de travail = difficulté à trouver mes mots ce soir.

mardi 1 novembre 2005

Charade

Ma première est une louve au coeur d'or. Sa férocité vis-à-vis des inconnus n'a d'égale que sa loyauté envers la meute qui s'est créée autour d'elle. Elle lèche ses blessures en secret et ne présente au monde qu'une façade souverainement sauvage; mais pour ceux qu'elle aime, elle traverserait les flammes ou déplacerait des montagnes.
Ma deuxième est l'eau qui dort. On croit voir au travers et on se berce d'illusions. Avec elle les apparences sont toujours trompeuses; sa surface est un miroir déformant qui ne renvoie que les préjugés de celui qui l'observe, et ses profondeurs recèlent des trésors dont elle est la première à ignorer l'existence.
Mon troisième est une lame forgée d'un fragment de soleil, force et rayonnement à double tranchant. Quand il sourit, le monde s'illumine et une douce chaleur vous envahit. Quand il se braque, il brûle tout sur son passage sans réfléchir. C'est avec la même détermination aveugle qu'il protège ou détruit.
Mon tout est l'oasis qui, au mépris de toutes les lois naturelles, grignote peu à peu le désert de mes mauvais choix et de mes désillusions pour ramener de la vie dans ma vie.

Listening to "Script for a jester's tears"

C'est quand même la deuxième fois que je me tape la route aéroport-chez moi avec la vue brouillée alors qu'on est en plein jour et que j'ai mes lunettes sur le nez. Tant qu'il y a du monde autour, ça va, l'agitation et l'orgueil maintiennent les émotions à distance. Mais une fois seule, où serait l'intérêt de tricher? Histoire de sauvegarder un semblant d'amour-propre, dans la voiture, je mets une chanson bien poignante pour justifier le truc mouillé qui coule sur mes joues. J'ai pas le coeur qui déborde par les yeux, je suis juste une créature à la sensibilité artistique hautement exacerbée.

Etre ensemble

Etre ensemble
Ça n´veut pas toujours dire
Qu´on se ressemble
C´est souvent seulement rire
Dormir ensemble
C´est pas forcément vivre
Comme dans les livres ensemble

(...)

Comme on pense, comme on danse
Pour nous pas d´importance
[Leur] enfance, mon enfance
N´ont aucune ressemblance
Comme on penche, comme on flanche
Autant de différences
On n´est pas pas du tout les mêmes
Et je [les] aime

(...)

Comme on pense, comme on danse
Chacun ses apparences
Nos cadences, nos tendances
N´ont aucune ressemblance
Pas d´méfiance, un peu de chance
C´est comme ça qu´on s´balance
On n´a même pas les mêmes problèmes
Et je [les] aime

- Merci Elsa pour la chanson légèrement remaniée!