vendredi 10 novembre 2006

Aftermath

Première nuit sans somnifère depuis des mois. J’étais si fatiguée que je pensais m’endormir assez vite. C’était sans compter les images et les émotions qui se succédaient dans ma tête, le texte qui s’écrivait tout seul et réclamait à être couché sur papier. Je l’ai ignoré. Ses implications me faisaient peur. J’ai eu beaucoup de mal à trouver le sommeil, et je n’ai cessé de me réveiller tout au long de la nuit avant de finir par me lever vers onze heures du matin, aussi cassée que d’habitude, avec la dernière phrase de ma confession qui tournait en boucle dans mon esprit comme un mantra : « Et nous mettrons le feu au monde ».

Aujourd’hui j’attaque la traduction d’un nouveau bouquin. Etablir le glossaire demande des efforts de réflexion intenses mais brefs. Arrivée au tiers du boulot que je me suis défini pour la journée, je marque une pause. Dans la lumière limpide de ce début d’après-midi, je décide de me lancer. Je ne me sens pas particulièrement inspirée, et c’est sans doute mieux ainsi : ça m’évitera les débordements lyriques, ces exagérations littéraires auxquelles j’ai parfois la faiblesse de succomber et qui, se réverbérant en moi, accentuent encore mon état d’esprit. Je ne veux pas me faire de cinéma, juste regarder la vérité en face. Même si un accord tacite m’interdit de la partager.

Je ne porte pas de traces visibles du cataclysme de ce week-end. Mais ma gorge me fait toujours mal et mon âme est comme marquée au fer rouge.

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