lundi 13 novembre 2006

La fatigue physique ne me vaut rien

J'ai pourtant passé un très bon week-end. Vendredi soir je suis allée dîner avec ma vieille copine Fleur. J'avais cessé de l'appeler depuis le premier de l'an où elle m'avait chouiné sur l'épaule une fois de trop - plaquée pour la énième fois par un gars dont elle n'était même pas amoureuse. Je l'ai recroisée totalement par hasard dans un magasin il y a deux semaines, rayonnante, épanouie et enceinte de l'homme de sa vie rencontré il y a six mois. Dans ces conditions-là, je voulais bien retenter un tête-à-tête de quelques heures. Je lui ai donné rendez-vous au resto où j'étais allée déjeuner avec Hawk dimanche dernier. Elle est arrivée un peu après moi; je l'ai attendue dehors, les pieds dans le sable, à regarder les lumières de la presqu'île scintiller au loin et le vent faire frissonner la surface de la mer noire comme de l'encre, en me disant que j'habitais quand même dans une bien belle région où je pouvais encore me balader en T-shirt à manches longues mi-novembre après la tombée de la nuit. La plage était déserte, la jetée aussi. Hawk me manquait.
Le dîner s'est bien passé. Fleur m'a gentiment reproché de ne pas l'avoir appelée après ma rupture avec l'Homme; j'ai répondu que quand j'allais mal, j'étais plutôt du genre à me replier sur moi-même (ou éventuellement à me soûler à la soirée d'aniversaire de la mère d'Autre Moi, mais ceci est une autre histoire que je vais feindre d'avoir oubliée). Elle m'a raconté son histoire avec son copain, l'impression qu'elle n'avait jamais aimé avant. Marrant, je crois me souvenir avoir déjà entendu ça dans sa bouche, plusieurs fois même; mais bon, elle était si heureuse que je ne voulais pas me montrer mesquine. Je lui ai parlé de mon histoire avec Hawk, ai glissé au passage que j'étais bi et que je n'envisageais de me remettre en couple que dans le cadre d'une relation ouverte. Je pensais la choquer, mais en fait pas tellement. On a rigolé du fait qu'elle ne pouvait absolument pas coucher avec quelqu'un sans en être amoureuse, mais qu'elle pouvait être amoureuse de deux personnes en même temps, alors que moi c'est plutôt l'inverse: j'aurais tendance à faire dans la libido polygame et les sentiments monogames. Bref. Je vais tâcher de l'inviter à la maison un soir où sa 8ème merveille du monde sera libre, avant qu'elle devienne trop baleinesque pour monter mes escaliers.
Samedi soir, anniversaire de Framboise dans un resto tahitien situé à l'autre bout de la même plage, et où je n'avais encore jamais mis les pieds. Korrigan a bien fait les choses: elle ne se doute de rien et il a même rameuté ses deux meilleurs potes qui vivent l'un à Marseille, l'autre à Nice. Je trouve ça absolument adorable de sa part. J'ai un peu de mal à me mettre dans le bain au début. On est beaucoup plus nombreux que je ne le pensais; la musique live, très forte, n'arrange pas ma migraine et l'affreux gamin qui braille pas loin de mon oreille droite non plus. Mais la bouffe est délicieuse et Framboise visiblement ravie; bien que n'ayant pas perdu son arrogance habituelle, Astral se montre parfaitement supportable; je suis contente de voir Dav' et de rencontrer sa copine; et l'une des deux danseuses tahitiennes a un profil de reine aztèque qui m'hypnotise totalement - encore plus que les ondulations de ses hanches, c'est dire. Je me maudis d'avoir encore oublié mon appareil photo.
Aujourd'hui, malgré une nuit plus que hachée (dormi de 3 à 6h du matin, puis de 9h à midi), je suis d'une efficacité redoutable dans mon boulot. D'habitude je tâtonne pas mal sur les débuts de bouquin, surtout ceux de la Maudite Série. Là, je pars sur les chapeaux de roue et les phrases coulent toutes seules ou presque. Pourvu que ça dure, parce que j'en ai pour jusqu'à fin janvier... Sur ma lancée, je me décide même à faire un peu de cuisine - pas grand-chose, juste des pâtes avec une sauce tomate aux champignons maison et un crumble aux pommes, mais je n'avais pas encore cuisiné pour moi toute seule depuis que je suis dans cet appart', donc c'est toujours un progrès.
Et puis ce soir, un blanc dans une conversation MSN. "Parle-moi", réclame Hawk. Au lieu de réciter la liste de tout ce que j'ai envie de lui faire - de la bonne pornographie de base qui n'engage pas à grand-chose -, je me surprends à lui avouer que j'ai peur, que j'ai conscience d'être vraisemblablement en train de foncer dans un mur avec lui et que ça ne m'empêchera pas de le faire quand même, mais que je redoute un peu l'impact et surtout l'après. Je ne regarde pas son visage à l'écran; je fixe la nuit dehors et c'est comme si je me parlais à moi-même. Je coupe la connexion tout de suite après, en m'en voulant à mort. Parce que cet instant de faiblesse n'est pas du tout représentatif de mon état d'esprit actuel en général, et aussi parce que je m'étais juré de lui foutre la paix avec ça. Voilà ce qui arrive quand on me répète en boucle "laisse tomber ta putain de carapace", "c'est pas possible d'être aussi insensible", "arrête de jouer les dures", etc. Quand je baisse ma garde, ça ne donne que des moments embarrassants pour tout le monde. C'est bad.

4 commentaires:

Moi a dit…

Rock 'N' roll lol ;) :D

Somebaudy a dit…

Tu as changé ton lay-out ou c'est mon navigateur qui voit plus de noir que de rose tout d'un coup...

mtlm a dit…

aurais-tu sacrifié ta chevelure blonde?

Armalite a dit…

mtlm: ma blonditude intérieure t'emmerde. and make no mistake: it will be back :)