mardi 31 octobre 2006

Halloween solitaire et morose


C'est très bizarre de me retrouver seule chez moi le soir d'Halloween. J'avais pris l'habitude d'avoir, à cette date-là, mon chéri et ma tribu autour de moi. Et puis après le toujours très déprimant passage à l'heure d'hiver ce week-end, le temps s'est brusquement gâté aujourd'hui; on a dû perdre dix degrés d'un coup et il pleut à verse depuis ce matin. Petit coup de mou dans le moral, donc, mais rien qui ne devrait s'arranger vendredi aux alentours de 15h30 :)

Je hais l'administration française

Monpatelin, le 25 octobre 2005
Madame, monsieur,

Je reçois ce jour un avis d’imposition au titre de la taxe professionnelle 2005.
Or en tant que traductrice littéraire affiliée à l’AGESSA et relevant du régime des artistes-auteurs, il se trouve que je suis exemptée du paiement de cet impôt.
J’avais déjà fait valoir ce droit auprès de mon ancien CDI de Lavilledàcôté en 2002, comme en témoigne l’avis de dégrèvement ci-joint.
Merci de le prendre en compte pour les années à venir.
Armalite
***
Monpatelin, le 17 février 2006
Madame, monsieur,

Ci-dessus copie de la lettre que je vous ai envoyée le 25 octobre dernier lorsque vous m’avez réclamé une première fois la taxe professionnelle dont je ne suis pas redevable. Ayant reçu aujourd’hui une lettre de rappel, je vous prie de bien vouloir prendre ma situation en compte afin d’éviter des réclamations supplémentaires.
Cordialement,
Armalite
***
Monpatelin, le 31 octobre 2006
Madame, monsieur,

J’ai reçu aujourd’hui un avis d’imposition au titre de la taxe professionnelle 2006.
Malgré les nombreux courriers que je vous ai déjà envoyés et dont vous trouverez la copie ci-joint, vous continuez à me réclamer une taxe dont je ne suis pas redevable. Je vous saurais gré de prendre les mesures nécessaires pour éviter que cela se reproduise. Si vous avez besoin d’un quelconque justificatif (autre que celui que je vous ai déjà adressé en février de cette année), de grâce, demandez-le-moi et finissons-en une bonne fois pour toutes. Ces vains échanges de courrier sont une perte de temps pour tout le monde.
De moins en moins cordialement,
Armalite

dimanche 29 octobre 2006

Je me lâche aussi au boulot

L'original:
- What have you heard from your dick?
- I don't have a dick. Not even Edward's anymore.
- I believe dick is slang for detective, silly girl.

Ma trad:
- Des nouvelles de ton limier?
- Plus personne ne me lime, tu le sais très bien. Pas même Edward.
- "Limier", c'est de l'argot pour "détective", andouille.

Et ça dans une collection pour midinettes modernes. Je suis curieuse de voir si l'éditeur va laisser passer...

Piercing, the day after

Ma lèvre inférieure a doublé de volume; on dirait celle d'Angelina Jolie. Faut que je me fasse piercer où pour récupérer aussi ses jambes?

samedi 28 octobre 2006

First it was knowledge, then harmony, and now truth

Chose promise à moi-même, chose due.

J'y pensais depuis plusieurs semaines. J'avais envie d'un signe extérieur très visible pour symboliser que j'avais changé, que cette année 2006 avait fait de moi une autre personne. J'avais déjà deux tatouages: une licorne sur mon épaule gauche, faite pour mes 25 ans et censée représenter ma période jeux de rôles/mythologique celtique/mariage avec un Breton intégriste/recherche de connaissance + un kanji sur la hanche droite, fait vers 28 ans et censé représenter ma période arts martiaux/Japon/Pacs avec un self-proclaimed modern samouraï/recherche d'harmonie. Je voulais marquer dans ma chair le début d'une nouvelle ère de ma vie, dont tout ce que je sais pour le moment c'est qu'elle sera consacrée à la recherche de vérité - la mienne et celle des autres.

J'ai un peu repoussé le passage à l'acte sous prétexte de pas le temps. En réalité, je mourais de trouille comme chaque fois que je m'attends à souffrir physiquement. Cet après-midi, enfin, je me suis décidée. J'avais l'estomac noué et tout le corps baigné de sueur froide, même s'il paraît qu'extérieurement je suis restée très calme jusqu'au moment d'entrer dans la cabine avec la pierceuse. Elle était super craquante, un petit air de Shane dans "The L Word" mais en plus féminin et avec une voix très rassurante. N'empêche que. D'abord, elle m'a fait allonger - une position que je déteste car je m'y sens vulnérable. Ensuite, comme je lui demandais de m'expliquer la procédure en détail pour savoir ce qui se passait à défaut de pouvoir le contrôler, elle m'a dit qu'elle allait piercer à la main. Pas avec un pistolet à air comprimé où quand on sent la douleur, c'est déjà fini. Non, elle allait piquer manuellement, sans anesthésie locale of course, et ça prendrait plusieurs secondes. Là, franchement, j'ai été à deux doigts de m'enfuir comme la mauviette que je suis. Mais j'en avais vraiment envie, de ce piercing. Symboliquement et à plus d'un titre. J'ai vidé mes poumons et braqué mon regard sur le plafond. Elle s'est mise à préparer son aiguille en me donnant les consignes d'hygiène de rigueur. J'écoutais d'une oreille plus que distraite quand une bribe de phrase m'est parvenue aux oreilles:

- ...Et pas de rapport bucco-bucal ni bucco-génital pendant quinze jours.

J'ai sursauté.

- Hein? Je peux ni embrasser ni sucer pendant deux semaines?

Ca l'a fait rire. Tant mieux pour elle; moi, je commençais sérieusement à regretter de m'être embarquée là-dedans. Pendant que j'hésitais, elle a pivoté vers moi avec son aiguille à la main. Trop tard pour reculer. J'ai fait le vide dans ma tête.

Morsure aigue dans la chair tendre à l'intérieur de ma lèvre. Sensation d'un corps étranger qui traverse et peine à ressortir de l'autre côté. Traction de la butée de la tige avant que l'aiguille se dégage en la laissant derrière elle. Brûlure qui se propage pendant que la fille appuie pour visser la boule au bout.

- Ca va?

- Oui, ça va.

Je me suis redressée et regardée dans le miroir. J'ai eu un sourire bêtement fier. Je me suis souvenue d'une citation de Roosevelt que j'avais traduite le matin même: "There is nothing to fear but fear itself". Et je suis sortie de là en me sentant quasiment invincible.

J'ai déjà choisi le bijou définitif par lequel je remplacerai la petite boule dans un mois. Ce sera une pointe en titane noire au message éloquent: keep away from me.

Pan dans la g...

Au détour d'une conversation anodine et rigolote comme j'en ai régulièrement avec Jailbait, cette phrase inattendue que j'ai reçue comme une gifle: "De toute façon, c'est pas possible de tomber amoureux de toi avec ta putain de carapace et la façon dont tu joues les dures tout le temps".

Alors bon, j'ai pas spécialement envie que quelqu'un tombe amoureux de moi en ce moment. Mais... Et si c'était la raison pour laquelle mes histoires ont toujours foiré? Parce que je suis incapable de m'ouvrir complètement, de baisser ma garde pour me laisser approcher dans ce que j'ai de plus intime? Parce que je me sens toujours obligée de faire comme si les choses et les gens n'avaient pas le pouvoir de me toucher? Ca fait déjà deux ou trois ans que j'essaie de corriger le tir. Autre Moi, Kris et Junior ont eu droit à un sauf-conduit - ils sont tout près de mon coeur. Comme Jean-Claude et Brigitte. Mais je ne suis pas en couple avec eux. Etre Exquis a aussi eu droit à un sauf-conduit... des années après que je l'aie quitté. Je réalise d'un coup que même mariée, j'ai passé mon temps à me protéger, à ne pas livrer une certaine partie de moi. Et que l'instinct de survie qui m'a toujours permis de si bien rebondir après les coups durs est peut-être la raison même qui les a provoqués.

Une fois de plus, l'éternelle question revient à la charge. Serais-je une autre personne si j'étais partie en vacances avec mes parents le Noël de mes seize ans? Un unique événement, si traumatisant qu'il soit, peut-il être tenu responsable du trait dominant de ma personnalité - cette foutue incapacité à m'engager? Dois-je le laisser déterminer le reste de ma vie ou essayer d'en finir avec lui une bonne fois pour toutes, comme me l'a suggéré Hawk? Je n'ai pas envie d'y penser en ce moment. Ce n'est pas nécessaire puisque je ne veux pas me remettre en couple. Oui mais si je n'avais pas cette peur viscérale de me faire envahir/anéantir par quelqu'un que j'aime, je serais peut-être très contente de tomber amoureuse et de me mettre à pondre des Mini-Moi...

vendredi 27 octobre 2006

Questionnaire débile - ça faisait longtemps

1) Attrapez le livre le plus proche, allez à la page 18 et écrivez la 4ème ligne :
Les fayots de midi, ce sont ses doigts de pied.
2) Sans vérifier, quelle heure est-il ?
20h35
3) Vérifiez :
20h35 (mais j'ai triché car Kaamelott est sur le point de commencer donc il est forcément cette heure-là)
4) Que portez-vous ?
Un Levis délavé moulant, un top tunique violet fermé par plein de boutons minuscules sur le devant, une améthyste en goutte d'eau sur une chaîne en or ras le cou.
5) Avant de répondre à ce questionnaire, que regardiez-vous ?
Les fringues que je viens d'acheter en secouant la tête d'un air incrédule.
6) Quel bruit entendez-vous à part celui de l’ordinateur ?
Les voix des acteurs de Kaamelott. Juste avant, un album de Leonard Cohen dans la voiture.
7) Quand êtes-vous sortie la dernière fois, qu’avez-vous fait ?
Un tour au centre commercial le plus proche pour acheter des bas qui tiennent tout seuls, des sous-vêtements, une jupe ridiculement petite, un pull mignon comme tout, du vin et deux-trois babioles qui manquaient dans mon frigo. Je n'étais pas sortie de chez moi depuis quatre jours.
8) Avez-vous rêvé cette nuit ?
Non. C'est la première fois depuis très longtemps. J'ai dormi onze heures d'affilée d'un sommeil de plomb.
9) Quand avez-vous ri la dernière fois ?
Ce matin sur MSN, mais je ne me rappelle plus pourquoi car pour une fois je n'ai pas enregistré la conversation.
10) Qu’y a t’il sur les murs de la pièce où vous êtes ?
De la peinture beige, une grande aquarelle, une trio de deux petites aquarelles et une petite huile, une étagère murale contenant des fées en bocal et des mini-Blythe, une horloge Ikea.
11) Si vous deveniez multimillionnaire dans la nuit, quelle est la première chose que vous achèteriez ?
Un duplex dans le XIème arrondissement de Paris.
12) Quel est le dernier film que vous ayez vu ?
"Goodbye Lenin" en DVD. J'ai été un peu déçue.
13) Avez-vous vu quelque chose d’étrange aujourd’hui ?
Un mail quasiment poli de mon ex.
14) Que pensez-vous de ce questionnaire ?
Il m'a empêchée de suivre correctement les épisodes de Kaamelott de ce soir, tss tss.
15) Dites-nous quelque chose de vous que ne savons pas encore :
J'ai enregistré un 45 tours quand j'étais en CM2.
16) Quel serait le prénom de votre enfant si c’était une fille ?
Astrid. Ou Alice. Ou Zoé. Ou Eloïse. Ou Tiphaine.
17) Quel serait le prénom de votre enfant si c’était un garçon ?
Matthias. (Ou McGyver vu que j'ai un stérilet et que je baise uniquement avec des capotes.)
18) Avez-vous déjà pensé à vivre à l’étranger ?
J'ai vécu un an en Pennsylvanie. Je passerais bien un an ou deux à San Francisco ou à Tokyo.
19) Que voudriez-vous que Dieu vous dise lorsque vous franchirez les portes du paradis ?
Tu ne t'en es pas si mal tirée finalement.
20) Si vous pouviez changer quelque chose dans le monde en dehors de la culpabilité et la politique, que changeriez-vous ?
Je repeindrais le ciel en rose. J'aime pas le bleu.
21) Aimez-vous danser ?
Yessssssssss.
22) Georges Bush ?
...Me donne des pulsions violentes, moi qui suis normalement une douce agnelle.
23) Quelle est la dernière chose que vous ayez regardée à la télévision ?
Je suis en train de regarder NCIS saison 3 sur M6.
24) Quelles sont les 4 personnes qui doivent prendre le relais sur leur blog ?
Qui veut, je suis pas le chef de vous.

lundi 23 octobre 2006

Tenir et résister

Quatre ans et demi. Il faut juste que je tienne quatre ans et demi sans tomber amoureuse.
C’est pas très long, quatre ans et demi. Il ne s’est pas passé grand-chose dans ma vie depuis mars 2002. J’ai juste acheté un appartement, rencontré les VIP, fait cinq grands voyages, arrêté de fumer et rompu avec le soi-disant homme de ma vie. Une paille.
53 mois. Environ 230 semaines à occuper autrement. En investissant toute mon énergie dans mon boulot et mes activités personnelles. En canalisant mes sentiments vers ma famille et mes amis. Je peux le faire, je peux le faire, je peux le faire.
Les probabilités et mon tempérament passionné jouent contre moi. Je le sais. C’est pourquoi mon règlement intérieur sera scrupuleusement appliqué dans les moindres détails. Oui, j’ai et je continuerai à avoir des aventures – j’ai même l’intention d’en profiter beaucoup plus que je ne l’ai fait jusque là. Mais je créerai et entretiendrai une distance infranchissable entre moi et mes partenaires.
Pour les quatre ans et demi à venir, je ne fais pas l’amour : je baise. Je n’embrasse pas sorti d’un pieu. Je dors seule. Je ne m’attendris pas, et je m’attache encore moins. Personne ne me prend dans ses bras quand je vais mal, et personne ne me donne de petit surnom affectueux. Je n’intègre personne dans mon quotidien. Je suis une île, et je me fous que d’après Donne, aucun homme ne puisse en être une – je ne me sens anatomiquement pas concernée.
Parce que je sais comment je suis quand je m’abaisse à tomber amoureuse. Je reste obsédée pendant trois ans par un garçon avec qui je suis sortie deux mois. Je me marie alors que je suis contre le mariage. Je vais m’installer sur un autre continent pour être avec quelqu’un que je connais à peine. Je me pacse avec un type dont tout le monde a conscience qu’il n’est pas fait pour moi, sauf moi. Et là… Ça me fait mal de l’admettre, mais j’entends comme un léger tic-tac en bruit de fond.
Ne pas commettre l’irréparable. Tenir jusqu’à 40 ans. L’homme que je cherche n’existe pas. Je dois absolument résister à la tentation de le voir là où il n’est pas.

dimanche 22 octobre 2006

Playlist 18-22 oct 2006

Pour se réveiller le matin et s'endormir le soir, parce que son mood est pile le mien en ce moment: "First we take Manhattan", de Leonard Cohen.

Pour un dîner qui n'a pas du tout tourné comme prévu et c'est très bien ainsi: "Just good friends" de Fish.

Parce que le titre et la musique de ce morceau correspondent très très exactement au feeling qui m'a portée jeudi de 15h50 jusqu'aux alentours de 23h: "Glorious" d'Andreas Johnson.

Comme bande-son à message d'un repas au resto qui s'éternise quand on ne rêve que d'être ailleurs en train de faire autre chose: "A little less conversation" d'Elvis Presley.

Pour un lit dévasté et mon regard le plus noir dans le miroir: "Beyond my control" de Mylène Farmer.

Pour le meilleur resto du monde, sa carte délicieusement poétique, sa cuisine qui ravit les papilles et les gens exquis avec qui j'y suis allée manger: "Magnolias for ever" de Claude François (à cause du titre et pas de la façon dont l'interprète serait mort en réalité - je te vois venir d'ici Autre Moi!!!)

En guise d'hymne du prochain road trip de notre quatuor de globe-trotters: "This is us" de Mark Knopfler et Emmylou Harris

En musique de fond d'une conversation avec Autre Moi très tard dans la nuit: "Quelqu'un de bien" d'Enzo Enzo.

Pour l'amitié insensée que j'ai pour mes VIP: "Nothing else matters" de Metallica.

Pour le minuscule pincement au coeur dans le TGV du retour quand j'ai réalisé que c'était aujourd'hui que l'Homme fêtait ses 40 ans avec sa nouvelle copine et nos amis communs: "Au charme non plus" de Vanessa Paradis.

Parce que ça fait toujours râler de rencontrer une bonne personne à un mauvais moment: "Ironic" d'Alanis Morrissette.

Pour les photos et la vidéo que je ne veux pas voir: "Paraffin" de Ruby.

Pour résumer cette fin de semaine chamboulante et magnifique: "It's my life" de Bon Jovi.

...Et pour les questions qui se posent maintenant: "Under the gun" de Sisters of Mercy.

samedi 21 octobre 2006

Mes amis me connaissent un peu trop bien

Ma copine Brigitte à son mari qui émerge à peine de la chambre conjugale: Notre petite Armalite a passé une nuit torride!
Jean-Claude, le regard vitreux et l'esprit en pilotage automatique: Avec quoi?

mardi 17 octobre 2006

The Phoenix from the flame

Ma charrette boulot de ces quatre derniers mois n'est plus qu'un (mauvais) souvenir. L'Homme aussi. Et j'ai l'impression de me réveiller après un long coma. Je me sens légère et féroce, animée par une monstrueuse boulimie d'expériences. C'est que j'ai du temps à rattraper: sept années perdues dans une vie qui n'était pas la mienne, à renier ma nature profonde. Ca, c'est terminé. Tout comme la séparation entre mes soi-disant moitiés claire et obscure. Désormais, il n'y aura plus qu'un seul moi entier, assumé et indiscutable. Bien sûr, j'ai toujours peur que ça éloigne mes proches, mais plus au point de me brider pour ça.

Ce que m'aura appris cette putain d'année: Je ne suis pas faite pour la vie de couple. Ni pour la monogamie. L'amour me réduit en esclavage et m'éteint; je n'en veux plus - à moins de trouver quelqu'un qui sache me donner des ailes au lieu de les rogner, mais je ne compte pas trop là-dessus. Personne ne pourra jamais me compléter à part moi-même. Mon coeur pour ma famille et mes amis, mon cul pour les gens qui m'excitent, mon âme sans partage et sans honte dans tout ce que je fais: that's the plan.

The Phoenix from the flame
I have learned
I will rise
And you'll see me return
Being what I am...

dimanche 15 octobre 2006

Folle de sexe? Ce n'est pas votre faute.

Des scientifiques israéliens ont en effet démontré qu'il existe une corrélation entre les variations du gène D4 qui détermine notre production de dopamine (le neurotransmetteur qui nous pousse à l'action, nous fait rechercher la nouveauté...) et notre sexualité. Selon leurs découvertes, une certaine variante induirait un effet dépressif sur le sexe, tandis qu'une autre boosterait la libido. Mais ils ont aussi estimé que seuls 30% de la population, hommes et femmes, hériteraient de la variante "dopamine boostée". Ce qui nous fait 70% d'amateurs de sexe pépère...

(G.d.A. Mol Psychiatry, dans le Isa de novembre 2006)

Au rayon des excuses qui tuent, après "c'est pas ma faute si je suis nombreuse", "c'est pas ma faute si j'ai trop de dopamine".

samedi 14 octobre 2006

Planet X

Etre Exquis était désoeuvré et n'avait jamais mis les pieds dans un sex-shop de sa vie; de mon côté, j'avais besoin d'accessoires pour remédier à mon célibat actuel. Nous voici donc partis ensemble chez Planet X. Où je constate que la technologie du vibromasseur a considérablement évolué depuis mon dernier achat (effectué, il est vrai, il y a une douzaine d'années). Etre Exquis s'extasie devant un modèle en plastique transparent constellé de protubérances fuchsia ou violettes: "On dirait du verre de Murano!". Euh j'y suis allée à Murano et j'ai rien vu de plus folichon que des chevaux ou des cygnes en verre filé, mais j'ai peut-être mal regardé. Nous examinons le contenu des vitrines ensemble. Il n'arrête pas de me demander: "Et ça, ça sert à quoi?", ouvre de grands yeux à la vue de certains engins de proportions, il faut bien le dire, assez barbares, part faire un tour dans la section vidéo et en revient légèrement verdâtre. Pourtant il est très très loin d'être innocent, mais il n'a pas le ludik spirit :)
Un modèle en silicone rose translucide incrusté de paillettes me fait de l'oeil. Il a une tête à s'appeler Manolo et je vois bien qu'il meurt d'envie que je l'adopte. D'accord, ça sera lui. Je fais la queue à la caisse derrière un couple de nanas elles aussi venues chercher un substitut anatomique. Le vendeur (qui a l'air d'avoir douze ans - s'il ne bossait pas ici, on ne l'aurait sans doute pas laissé entrer), s'exclame à la vue de leur carte bleue: "Séacchia, c'est votre nom de famille?" "Euh, oui, pourquoi?" "Parce que ça veut dire "lesbienne" en arabe." Eclat de rire général. On dirait pas comme ça, mais on peut apprendre un tas de trucs dans un sex-shop.

Edité le 17/10/06 pour ajouter: La transaction apparaît sur mon relevé de carte bleue sous l'intitulé pudique de "Divertissement". Ah ça, pour être divertie... :)

Moments of blonditude

Depuis que je vis de nouveau seule, j'ai pratiquement arrêté de faire la cuisine parce que la plupart des trucs que j'aime faire se préparent au four et que le four qui était déjà là quand j'ai acheté l'appart (il y a 3 ans et demi) est tout crade. Or, riez si vous voulez, je ne sais pas nettoyer un four.
Lors du dernier passage d'Etre Exquis chez moi, je lui ai demandé s'il avait une idée sur la façon de procéder parce que c'était vraiment sale sale sale et que j'en avais marre de pas pouvoir l'utiliser. Etre Exquis a ouvert le four. Et m'a annoncé très calmement qu'il était flambant neuf - il n'avait pas dû servir une seule fois.
Moi: Alors pourquoi c'est tout noir dedans?
Etre Exquis a conservé son flegme, mais marqué quand même un silence affligé avant de lâcher: Parce que tous les fours sont noirs à l'intérieur.
...
Sinon là tout de suite je viens de télécharger une chanson (oui, oui, celle d'Hélène Ségara!) sur le site de la Fnac. Qui m'a remercié et envoyé un joli reçu pour mes 0,99 euros. Mais la chanson, elle est pas sur mon Windows Media Player, et j'arrive pas à la retélécharger à partir de mon compte Fnac. La prochaine fois, je ferai comme tout le monde, je piraterai. Ca marchera pas non plus, mais au moins à résultat égal ça m'aura rien coûté.

jeudi 12 octobre 2006

Déliquescence

D'abord, je passe cinq jours avec mon neveu de trois semaines greffé sur le bide.
Ensuite, je parle gentiment à ma mère.
Et aujourd'hui, je craque pour la nouvelle chanson d'Hélène Ségara.
Que quelqu'un m'achève avant que je me mette à regarder "Les feux de l'amour". Pitié.

"Méfie-toi des blessures
Que l'on ne guérit pas
De mes mains qui rassurent
Mais ont eu tellement froid
Méfie-toi de ma peau
Elle se souvient de tout
De ce qui est trop beau
Et n'appartient qu'aux fous
Méfie-toi du passé
De sa mémoire immense
De ce qu'on croit caché
Quand la vérité danse
Méfie-toi de mes peurs
Qui reviennent parfois
Méfie-toi du bonheur
Souvent il n'attend pas
Méfie-toi de moi..."

mercredi 11 octobre 2006

Fantasme nippon


Ce soir je rêve... D'une chambre de ryokan dans le quartier de Gion, à Kyoto. Fenêtre ouverte laissant entrer le parfum des cerisiers en fleurs. Crépitement d'une averse printanière sur le bitume de la ruelle. Odeur lourde des okonomiyaki en provenance du boui-boui d'à côté. Lumière d'une lampe sourde qui découpe des ombres chinoises sur les cloisons en papier de riz. Fraîcheur du coton de mon yukata sur ma peau. Légère ivresse du saké dont l'arrière-goût s'attarde dans la gorge. Baiser lentement, dans un silence presque absolu et le visage immobile. Savourer, les perceptions repliées vers l'intérieur, le moindre mouvement de l'autre, la façon dont ses mains collent à mes cuisses moites, le bruit humide qui accompagne ses va-et-vient, le parfum musqué de sa transpiration. Jouir impassiblement, en exhalant juste un léger soupir. Me relever, me rhabiller, sortir dans la nuit illuminée par les lanternes rouges du temple. Marcher seule sous la pluie tiède qui plaque mes cheveux à ma figure et colle mes vêtements à mon corps apaisé. Me sentir à mille lieues de tout, à la fois hors du monde et totalement fondue en lui.

lundi 9 octobre 2006

J'avoue

Depuis mon arrivée à Toulouse, je ne perds pas une occasion de prendre Cahouète dans mes bras - ce que je n'ai jamais fait avec son frère. Avant-hier, j'ai même réclamé à lui donner un biberon. Je me surprends à lui caresser la joue à la moindre occasion, et à penser que je tuerais froidement quiconque essaierait de lui faire du mal. Quand il dort contre moi, je règle mon souffle sur le sien, et ça m'apaise autant que d'entendre mes chats ronronner sur mes genoux.

Parce que j'ai décidé d'être tout à fait honnête avec moi-même, je suis obligée d'admettre que mon instinct protecteur ferait probablement de moi une mère décente, contrairement à ce que je clame depuis toujours. Non, si j'avais un enfant, je ne le rendrais pas nécessairement malheureux; j'aurais même une chance correcte d'en faire un adulte pas trop névrosé.

En vérité, de tous les arguments que j'assène quand on me demande pourquoi je ne veux pas d'enfants, il n'en est guère que deux ou trois qui me bloquent réellement. 1: je suis une grande douillette et la phase "fabrication" me remplit de terreur. 2: jamais je n'aurai suffisamment confiance en un homme pour en faire le co-responsable de l'éducation de mon rejeton. 3: j'ai déjà du mal à concilier mes deux moitiés, s'il faut en plus que je rajoute "mère de famille" dans le mix...

Quoi qu'il en soit, la question est purement rhétorique. J'ai 35 ans et personne dans ma vie. ("C'est pas comme si tu avais du mal à te trouver des mecs", m'a encore répété Père avant-hier soir. Ce à quoi j'ai répliqué: "Bah, un donneur de sperme, je trouverai toujours. Quelqu'un avec qui j'aie envie de partager ce genre de responsabilité, c'est autre chose." "T'as qu'à faire comme dans la chanson de Goldman", s'est empressée de dire Mère, qui feint de s'être résignée à ce que je ne me reproduise pas mais se trahit régulièrement avec ce genre de phrase.) J'ai, surtout, envie d'explorer un mode de vie qui ne laisserait pas de place à un enfant. Mais si je peux me débarrasser de mon aversion épidermique pour les mômes et devenir au moins une chouette tatie pour mes neveux, ça ne sera déjà pas si mal.

dimanche 8 octobre 2006

Soeur cadette

Elle a épousé son premier mec (pour autant que je sache).
J'en suis à quelques dizaines de partenaires, tous sexes confondus, et actuellement célibataire sans aucune intention de me remarier, ni même de faire adresse commune avec quelqu'un.

Elle a deux enfants et en fera peut-être un troisième si mon beau-frère sait se montrer convaincant (il a intérêt: je veux une nièce!).
Je fais un rejet absolu de la maternité.

Elle est responsable du service d'analyse financière dans une boîte américaine qui fabrique de l'électronique de pointe, et où elle se tape régulièrement des semaines de 60-70 heures.
Je bosse en free-lance comme traductrice de romans fantastiques, et dès que je dépasse les 30 heures par semaine, je hurle à l'esclavage.

Elle habite une grande maison familiale à la campagne.
J'habite un appartement de poupée, une bonbonnière pour fille célibataire.

Elle conduit une Passat noire légèrement moins grande que le Titanic.
J'ai une Twingo vert chelou qui prend à peine une demi place de parking.

Elle a un chien - un vieux berger allemand.
J'ai deux chattes - des Sacrées de Birmanie.

Dans sa garde-robe, il y a du noir, du beige, du blanc, du marron, du gris, du bleu marine et un peu de bleu clair pour la couleur, plus des chaussures plates qui vont avec tout.
Dans ma garde-robe, il y a du rouge, du fuchsia, du turquoise, de l'orange et trois catégories de pompes: bout pointu/talons vertigineux, ballerines de gamine, Doc Martens dans toutes les teintes de l'arc-en-ciel.

Elle trouve le body art débile et racoleur.
J'ai deux tatouages et bientôt un piercing à la figure.

Pourtant, nous avons été élevées peu ou prou de la même façon.
Pourtant, nos voix sont si semblables que les gens nous confondent au téléphone.
Pourtant, nous avons les mêmes mimiques, les mêmes expressions, la même façon de nous emporter pour ce qui nous importe.

Je l'aurais volontiers étripée à mains nues quand nous étions ados. Aujourd'hui, je l'aime tellement que quand elle avait des difficultés à tomber enceinte de son premier enfant, j'ai envisagé, si cela s'avérait la seule solution, de porter un bébé pour elle - moi qui ai une sainte phobie de la grossesse et de l'accouchement.

Je la regarde sur son canapé, en train de bercer son fils de trois semaines. Je la trouve drôlement belle. Je suis fière que le même sang coule dans nos veines.

samedi 7 octobre 2006

Prise en flag' par mon père

La vérité sort de la bouche des enfants

Attila et moi sommes en train de nous bagarrer pour de faux sur le canapé de ses parents - moi avec mon pyj à nounours et lui avec son pyj Tigrou. Mort de rire, il s'allonge sur le dos et fait mine de me lancer ses pieds dans la figure. Je lui attrape les chevilles et, sur le ton ferme de l'adulte responsable, explique qu'on ne vise jamais la tête des gens parce qu'on risque de faire très mal sans le vouloir. Moue boudeuse et soupir d'Attila: "Pffff, t'es pas rock n'roll tatie". J'éclate d'un rire mi-incrédule, mi-atterré. Le verdict ne se fait pas attendre: "Et en plus, t'es gaga".

vendredi 6 octobre 2006

Décisions du jour

En rentrant chez moi...

...Je me fais piercer la lèvre inférieure et mettre une pointe - ça correspondra finalement mieux à mon état d'esprit actuel qu'un troisième tatouage, et je suis sûre qu'une des collègues de Korrigan me fera ça très bien en échange d'une douleur modique. ("Ca va être gênant pour embrasser", m'a fait remarquer David tandis que ma soeur protestait que ça allait surtout être affreux. Moi je dis: on verra bien.)

...Je reprends le tir à l'arme de poing avec Etre Exquis, parce qu'à l'époque où on était ensemble et où j'allais au stand avec lui, je pouvais démonter et remonter son Desert Eagle 357 les yeux fermés, ce qui me paraît une compétence indispensable sur mon nouveau CV de fille re-rock'n'roll.

Octobre commence pas mal du tout en fin de compte

Soirée d'anthologie.
21h. Sur le balcon du Cygne avec Korrigan, un peu de bon Bordeaux rouge dans le sang, nuit noire, petit vent frais, quelques voitures qui passent sur le boulevard en bas, et au loin les lumières sur le flanc de la montagne. On se partage un joint en parlant du chemin qu'on a fait respectivement depuis notre adolescence. Nous sommes, à quatre étages et un bloc près, exactement au même endroit et en train de faire la même chose qu'il y a vingt ans. C'est un moment émouvant.
01h. Chez moi. A moitié défoncée, donc, et sur MSN avec mon probable futur amant. Webcam et musique aidant, une chose en entraîne assez vite une autre. C'est spontané et super fort.
Mon probable futur amant:
c'était parfait, juste parfait
Armalite dit :
cool j'ai trouvé ma vocation
Armalite dit :
actrice de porno
Armalite dit :
c'est mes parents qui vont être ravis ^^
Armalite dit :
eux qui trouvaient que la trad c'était pas un métier sérieux ^^

jeudi 5 octobre 2006

Armalite dit :
ce soir je vais chez des amis qui viennent d'avoir un môme
Armalite dit :
un petit dîner tranquillou
Armalite dit :
et demain je pars chez ma soeur qui vient aussi d'avoir un môme
Armalite dit :
font chier les gens
Jailbait dit :
lol
Jailbait dit :
t'as qu'a faire un gosse on viendra te voir
Armalite dit :
et puis quoi encore?
Armalite dit :
on vient me voir même sans gosse
Armalite:
et même, on me demande d'aller dans les toilettes en scred!
Armalite dit :
alors je vois pas pourquoi je m'embêterais hein
Jailbait dit :
ok ok
Armalite dit :
et puis il est hors de question que j'expulse l'équivalent d'une pastèque par un endroit qui sert d'habitude à me faire plaisir
Jailbait dit :
lol
Armalite dit :
mais non arrête!
Armlite dit :
déjà les photos de fist fucking ça me donne envie de gerber

Ma nouvelle meilleure amie



Rosaline me rend bien des services, mais... Mr Logitech, si tu m'entends, tu pourrais pas lui mettre un clip au lieu d'un pied, pour les gens qui comme moi se connectent depuis un portable? Oh, et un grand angle serait pas de refus. D'avance, merci.

Avis à la population bruxelloise

J'ai la possibilité de faire un aller-retour éclair chez vous dans deux semaines (ce qui ne m'empêchera pas de revenir plus longuement en novembre). Vous seriez libres pour une rencontre le jeudi 19 au soir?

lundi 2 octobre 2006

Le garage fantôme

Je m'étais pourtant fait expliquer le chemin par le monsieur au téléphone.
J'avais même regardé l'emplacement sur Mappy, et je situais très bien: c'était sur l'avenue principale de la zone industrielle où je passe le plus clair de mon temps quand je ne suis pas enfermée chez moi.
Et ben rien à faire. J'ai quadrillé le quartier dans tous les sens sans trouver le plus grand garage Renault de la région.
Un Opel, un Citroën et même un Chrysler, oui. Mais de Renault, point.
Résultat: je suis rentrée chez moi bredouille. Le coffre de Twiggy est toujours coincé en position fermé. Comment je vais faire si je dois transporter un cadavre?

[Note à moi-même: pour Noël, me faire offrir un GPS. Et quelqu'un pour l'installer.]

To do list for Monday

Parce que je dors toujours pas mais que j'ai la flamme de descendre chercher mon agenda, alors que mon ordi portable dort au pied de mon lit, comme un chien (je sais, c'est pathétique).

- D'abord, faire un petit déjeuner avec des vitamines; si pas de vitamines, acheter du Supradyn.
- Finir d'un trait la trad de mon chapitre en cours.
- Courir chez Planet Saturn acheter une webcam. Et un sèche-cheveux.
- En profiter pour passer chez Carrefour faire le plein de vodka-pamplemousse rose fluo.
- ...Et aux containers de recyclage jeter les 38 bouteilles vides que traînent sur le balcon.
- Finir la relecture des livres 3 et 4 et les envoyer à la correctrice.
- Sortir courir ou faire une séance de Pilates à la maison. Je ne peux pas, non, je ne peux pas ressembler à Mme Moby Dick fin novembre.
- Regarder Kaamelott à 20h35, même si la saison IV ne casse pas des briques jusqu'ici.
- Ensuite seulement (très important!) m'attaquer au montage de la webcam. Car si je le fais avant, ma journée de boulot est flinguée. Soit ça marchera pas, et je vais m'énerver dessus pendant des heures. Soit ça marchera, et c'est quelqu'un d'autre que je vais énerver pendant des heures - dans un sens différent du mot, of course.

dimanche 1 octobre 2006

C'est bien la première fois qu'un ex m'inspire de tels sentiments. Je suis restée en bons termes avec tous les gens qui ont compté pour moi, même si certains ont refait leur vie et préféré s'éloigner. Je n'ai rien de méchant à dire sur aucun d'eux. Si ça n'a pas marché entre nous, c'est parce qu'on n'était pas compatibles ou parce que l'amour n'était pas assez fort, point. Et je trouvais ça génial - très adulte, très zen de ma part.
Pendant quelques mois, j'ai cru que j'allais réussir la même chose avec l'Homme malgré mon chagrin de l'avoir perdu.
Et puis non.
On dit que la haine est à la mesure de l'amour qui l'a précédée. Dans mon cas ce serait plutôt du dégoût. Si je suis bien persuadée que ma vie est (ou sera) meilleure sans lui, je n'arrive toujours pas à me défaire de ma colère, de ce putain de sentiment de gâchis pour toutes ces années dont je vois si peu de moments qui méritent d'être préservés.