jeudi 30 novembre 2006

"Lily Love Peacock"

"Aujourd'hui, rien n'est plus facile que de passer pour une folle, une originale, une salope, une aventurière, un danger public. Il suffit d'être soi-même, d'être naturelle! Non seulement l'époque ne nous en fait pas voir de toutes les couleurs, mais elle préconise les tons discrets. Le terne pour tous. Et ceux qui détonnent, ceux qui se singularisent sont marqués par le sceau du danger. Comme chez les grenouilles tropicales, les chenilles ou les poissons: couleurs vives = attention poison!"

Comment aurais-je pu ne pas craquer pour une bédé qui commence par ces mots?

[Par contre, en parlant de bédé... Le dernier Thorgal est consternant. Les dessins de Rosinski ne ressemblent plus à rien et Van Hamme se foule de moins en moins pour les scénarios. Ca fait déjà quelques tomes que ça dure - et moi, sentimentale que je suis, je continue à les acheter parce que c'est la série par laquelle je suis vraiment venue à la bédé, et parce que j'étais grave amoureuse du héros à quinze ans. Tss tss.]

mardi 28 novembre 2006

Ma blonde intérieure sème ses affaires aux quatre vents

Laissés volontairement derrière moi à Bruxelles: une robe de vampire rouge et noire, les clés de mon collier à cadenas, quelques emballages de cadeaux et une poignée de Post-It.
Oubliée à Bruxelles: ma brosse à dents.
Oublié à Paris: le reste de ma trousse de toilette. Kicéki va pas pouvoir se maquiller ni se sécher les cheveux pendant les dix prochains jours?

Autre Moi a toujours réponse à tout

Autre Moi: Y'a plein de trucs à faire là-bas: balades, baignades, vélo...
Junior: Pffff, j'aime pas le vélo, ça fait mal au cul.
Armalite: Ouais, et si je dois avoir mal au cul, y'a intérêt à ce que ça soit pour une bonne cause.
Autre Moi: Et ben on t'enlèvera la selle.

Ca s'est passé vendredi soir à Bruxelles

Les protagonistes:
- 1 grand romantique parfaitement attendrissant qui me répète toute la soirée, avec un accent à couper au couteau, "la Belgique t'emmerde". Il ne boit que de l'eau pétillante et refuse qu'on lui serve des glaçons ailleurs que dans son verre. J'aime bien les gens qui sont fidèles à leurs principes, même quand les principes en question me sont totalement étrangers.
- 1 extra-terrestre blonde qui physiquement pourrait être la soeur jumelle de ma meilleure amie, mais qui de caractère ne ressemble à absolument personne (ou en tout cas, personne d'humain). Elle détient, avec son Kamasutra, le prix de l'anecdote la plus hilarante de la soirée, du mois et possiblement de l'année.
- 1 joker entreprenant qui essaie de me soûler avant même d'être sorti du parking de la gare du Midi, et dont la tactique de décapsulage utilisant le mobilier urbain n'est pas sans me rappeler celle d'un ami très cher. Nous n'arriverons jamais au bar où nous devions rejoindre les autres pour prendre un verre avant le resto.
- 1 improbable fiancée au regard qui pétille et au sourire craquant. Comment peut-on être aussi angoissée à l'intérieur et avoir une telle expression de Madone? Faire la queue ensemble dans les toilettes d'un bar gay n'était, je l'espère, que le prélude d'une amitié qui nous verra vivre des situations encore plus délirantes.
- 1 fumeuse insaisissable, la seule vraiment différente de ce que j'imaginais. Liberté de ton et d'esprit, réparties qui font mouche. Peu coûteuse à nourrir, elle se contente d'un quart de pizza et de quelques rondelles d'aubergine en guise de dîner. Mon seul regret de la soirée: que la fatigue et un taux élevé d'alcoolémie me dissuadent de donner suite à l'invitation qu'elle me fait en partant. Ce n'est que partie remise, j'espère.
- 1 arrivant tardif dont je ne dirai rien sinon qu'avec lui, les nuits sont aussi belles que les jours et réciproquement.

Les lieux:
- Le Divino, resto italien sympa/pas cher avec des serveuses bandantes et des toilettes qui se prêteraient bien à consommation immédiate d'amant-qui-vient-juste-d'arriver si d'autres gens ne manifestaient pas l'intention de les utiliser pour leur fonction première. Les gens sont d'un égoïsme...
- Le Belgica, bar hype où les rares hétéros perdus au milieu de la clientèle gay ne sont pas forcément les plus timides.

L'action:
Chaotique et irracontable.

Les photos:
Drôles et impubliables.

lundi 27 novembre 2006

Bilan partiel du week-end


- Ne pas se tenir la main en public
- Ne pas s'embrasser "juste parce que"
- Ne pas se vautrer sur l'autre pendant le film à la télé
- Refuser de me laisser attacher les mains dans le dos
- Refuser de me laisser baîllonner
- Me trouver systématiquement moche sur les photos
- Ne pas tomber amoureuse avant mes 40 ans
...Ca, c'est mort.

dimanche 26 novembre 2006

Et le septième jour, par la force des choses, il se reposa

Armalite: Je sens plus rien. Je crois que mon clito est mort d'épuisement.
(Eclats de rire)
Armalite: Blogable?
Hawk: Blogable.
Hawk: Heure du décès... 9h51.

jeudi 23 novembre 2006

Piercing, suite et fin



...Pour le moment du moins, car:
- en faisant des courses dans l'unique magasin goth de la région cet aprèm, j'ai trouvé des bijoux absolument délirants, entre autre des pointes bicolores rose/orange ou fuchsia/rose clair, donc il n'est pas dit que je ne finisse pas avec une collection dans laquelle piocher pour assortir à mes tenues
- cette nuit on m'a fait découvrir le pocketing, et j'avoue que le principe me séduit pas mal (même après avoir décuvé de la vodka-pamplemousse qui m'a fait accepter vers 5h du matin de partir me fiancer à Prague avec un quasi-inconnu pour la prochaine St-Valentin)

Après "le Belge est un garçon direct", "le Belge est un garçon culotté" (ou pas, parfois)

Baud dit :
tu as emballé tes pulls et tes non-culottes ?
Armalite dit :
je suis en train
Armalite dit :
mais pour l'instant y'a surtout de la lingerie dans mon sac ^^
Armalite dit :
va falloir que je prenne des trucs pour dessus aussi ^^
Baud dit :
là ça flotte - prends un parapluie
Armalite dit :
mais je veux pas qu'il pleuuuuuuuve
Baud dit :
tu nous faxes les billets de Thalys et on vient tous passer le week-end chez toi
Baud dit :
(sauf s'il va pleuvoir chez toi)
Armalite dit :
non seulement vous me squattez mais en plus faut que je vous paye le voyage? lol
Baud dit :
et que tu fournisses gîte et couvert of course
Armalite dit :
tant qu'à faire...
Baud dit :
on dormira tous dans le même lit (vous essaierez d'être discrets)
Armalite dit :
ah j'ai un canapé lit deux places
Baud dit :
vous y serez très bien

mercredi 22 novembre 2006

[Note to self]

Ne plus jamais regarder la photo 59 de mon dossier "2005-05 Japon". Surtout pas à deux heures du matin quand je suis en train de me demander si j'oserai encore aimer un jour. Tout mon mépris intellectuel, toute ma rancoeur sentimentale, toute ma frustration sexuelle n'y peuvent rien: à sa vue, j'ai toujours l'estomac qui se tord.

dimanche 19 novembre 2006

Une soirée à l'Embobineuse

Parce que c'était organisé par un pote de Framboise et parce que ça avait l'air fun dans le genre alternatif, j'ai pris mon courage à deux mains et suis partie hier soir à Marseille - une ville dans laquelle je n'ai jamais réussi à me repérer, à plus forte raison de nuit. Et j'ai bien fait. Premièrement, parce qu'y en a marre de laisser ma stupide absence de sens de l'orientation m'empêcher de sortir dans un rayon de plus de 15 kilomètres autour de chez moi. Deuxièmement, parce que même si on n'est pas restées très tard (l'allaitement ça fatigue et la fumée de clope, ça tue les yeux), ça valait vraiment le déplacement.
D'abord, le lieu. L'Embobineuse, une espèce de cave comme je n'en avais plus fréquenté depuis ma période aixoise, sert de QG à une association de déjantés comme je les aime: des gens qui dynamitent les préjugés sur l'art et la société.
Ensuite, le film que les Dead Sexy Inc. - un duo d'artistes créatifs tous azimuts, essentiellement musiciens mais pas que - a tourné pendant un road trip Los Angeles-New York juste avant la réélection de Georges Bush. Un constat sur les mentalités américaines mêlant leurs clichés de voyage avec des interviews de Monsieur Tout-Le-Monde (non, pas celui-là) et d'artistes underground. Bien foutu, bien réalisé, très intéressant. Une version plus longue devrait sortir dans le commerce d'ici fin janvier; je la pisterai sûrement. En attendant, ça m'a donné envie d'éditer et de monter le film du voyage de mai dernier, et de faire un truc plus abouti durant le prochain.
http://www.myspace.com/thedeadsexyinc
Après ça on a eu droit à un concert de Jive Biquette, musique un peu répétitive mais probablement assez planante à condition d'être sous influence de substances plus ou moins licites. Et puis un "exhibitionniste international" a commencé un numéro qui m'a laissée assez perplexe, mais comme nous sommes parties avant la fin je n'ai pas pu voir où il voulait en venir. Bilan de la soirée: un peu court, mais vraiment bien pour une (re-) première :)

A propos de Ségolène

Ségolène Royal sera donc la candidate officielle du PS aux prochaines élections présidentielles. Outre son absence de programme et ses vues conservatrices sur un certain nombre de sujets qui me tiennent à coeur, ce qui m'embête le plus dans cette histoire, c'est qu'il y a quelques mois, l'Homme m'avait parié qu'elle ne passerait jamais le barrage des éléphants de son parti, que j'avais affirmé le contraire, que j'avais ENCORE raison et que je peux pas faire ma petite danse de la victoire.

samedi 18 novembre 2006

Club de gym, ce que j'avais oublié

- Les filles se matent en douce dans les vestiaires pour vérifier qui a le plus de cellulite
- Les cours collectifs ont des noms ridicules - en l'occurrence: body power, body sculpt, total body conditionning, RPM, aero power, evolu dance, stretch & tone, etc.
- Le coach est systématiquement un bellâtre qui se croit obligé de faire du charme aux clientes, même quand ça crève les yeux qu'il est gay
- Les télés de la salle de muscu sont toujours branchées sur une chaîne câblée qui diffuse des clips de musique djeûne (merci mon Dieu pour l'invention du iPod)
- Les cinq premières minutes de cardio, j'ai l'impression que je vais mourir
- Le nombre de calories brûlées sur chaque machine est absolument ridicule au regard des efforts consentis
- Et malgré tout ça, on se sent vraiment bien à la sortie

vendredi 17 novembre 2006

Aussitôt dit, aussitôt fait

Me voici l'heureuse propriétaire:
- d'un abonnement de six mois dans une salle de fitness
- d'un rendez-vous avec un coach demain à midi pour établir un programme de remise en forme (en forme de fille qui rentre dans du 36, donc)
- d'une grande boîte de Milical au chocolat pour remplacer mes repas du soir - ce qui aura l'avantage de faire moins de cuisine et moins de vaisselle.
Kilos surnuméraires, vos heures sont comptées.

Objectif: BMI 22

J'ai arrêté le sport au printemps 2001. Le médecin appelé en urgence la nuit de Noël précédente, vers 5h du matin, pour cause de lumbago aigu, m'avait dit sévèrement: "A votre âge, vous croyez pas qu'il serait temps d'arrêter les acrobaties?" Exit donc la danse, et peu de temps après, exit l'aïkido parce que ça devenait une source de friction constante (pas du genre que j'aime) entre l'Homme et moi. Depuis... rien à part deux mois de tentatives pathétiques pour courir début 2005. De toute façon, je vivais avec quelqu'un qui ne me regardait pas et d'après mes analyses sanguines, j'étais en parfaite santé, alors pourquoi me contraindre à faire quelque chose dont je ne tirais aucun plaisir? Je savais m'habiller de manière à planquer les zones à problème, et il n'y avait pas de glace en pied chez l'Homme, donc aucun moyen de constater l'ampleur du désastre réel.

Sauf que l'ampleur du désastre réel, je viens juste de me la prendre dans la gueule avec les photos du week-end d'il y a deux semaines. Call me Ms. Moby Dick. C'est simple: on dirait que je suis deux, et cette fois ce n'est pas une allusion à ma personnalité changeante. Or, il se trouve qu'avoir des complexes physiques risque de compromettre assez fort mon, euh, style de vie prévisionnel pour les mois à venir. L'heure d'agir est venue. Ce matin en me levant (si tant est que midi passé soit encore le matin...), la première chose que j'ai faite, c'est appeler la salle-de-sport-du-centre-commercial-à-côté-de-chez-moi pour m'enquérir des horaires. J'y passerai en fin d'après-midi pour m'inscrire et préparer mon programme d'entraînement. Y'a dix kilos de gélatine blanche qui doivent virer d'ici mon prochain anniversaire.

5:55

5:55 AM, c'est très poétique quand c'est chanté par Charlotte Gainsbourg. Mais quand c'est l'heure à laquelle vous êtes réveillée en sursaut par un chat en train de vomir tripes et boyaux sur votre joli canapé Habitat... Not so much.

jeudi 16 novembre 2006

9,5 / 10

Les mots sont sortis de ma bouche tout seuls, sans que j'y aie réfléchi: "Ma vie n'a jamais davantage ressemblé à ce que je voulais qu'elle soit". Mes priorités sont définies depuis un moment déjà: passer du temps avec les gens que j'aime, voyager, créer. Je monte à Paris une fois par mois pour voir mes amis qui vivent là-bas. Je serai à Bruxelles le week-end prochain pour rencontrer des blogueurs avec qui j'ai une amitié virtuelle depuis plus de deux ans. Je passerai Noël à Toulouse avec ma famille, le Nouvel An avec ma bande de globe-trotters. Même dans ma petite ville d'attache, ma vie sociale n'a jamais été aussi animée - "trépidante" serait encore un peu exagéré, mais il y a vraiment du progrès. Les voyages? Un nouveau road trip américain l'an prochain, et peut-être deux semaines au Japon (bonus: avec des gens que j'aime, et en prenant des photos qui seront une occasion de créer - le parfait 3-en-1). J'écris tous les jours. Je brûle de me remettre à scrapper dès que j'aurai mis un peu d'ordre dans ma "to do list". Je remplis des carnets d'idées à concrétiser.
Au-delà de ce que je fais, c'est sans doute la première fois que je me sens vraiment en paix avec ce que je suis, que j'accepte mes paradoxes et ne me sens plus obligée de les dissimuler. J'ai toujours dit que le jugement des autres m'importait peu, et j'ai quand même passé le plus gros de ma vie à brider mes envies par peur d'être rejetée. En partant de chez l'Homme, j'ai l'impression d'avoir laissé derrière moi tous les masques que je m'étais fabriqués, le personnage que je m'étais composé pour essayer de mener une existence dans la norme. Et contrairement à ce que je craignais, mes proches ne sont pas partis en courant. Ils ne comprennent pas forcément ce que je fais, mais ils le respectent et c'est tout ce que je leur demande.
Je suis enfin en accord avec moi-même. Et plus que jamais convaincue que rien ne m'est impossible. Reste maintenant à savoir ce que je veux accomplir. Naviguer à vue, aussi agréable que ce soit, risque de ne pas me satisfaire longtemps. Après 2006 année de la résurrection, 2007 sera sans doute l'année où je me définirai un cap, un grand projet auquel consacrer toute cette belle énergie. Pour l'instant, j'avoue que je suis un peu dans le flou quant à la nature du projet en question. Ecrire un livre? Tentant, mais je n'ai aucun besoin de reconnaissance publique, ce qui risque de me priver d'une motivation capitale. Fonder une famille? Euh on avait dit que j'évitais, pis en plus seule ça risque d'être délicat. Entamer une carrière secondaire parallèlement à mon boulot de traductrice? Idée à creuser - comme l'engagement humanitaire ou l'installation à l'étranger. Pour peu que j'arrive à canaliser mes efforts et à lutter contre ma fâcheuse tendance à la dispersion, rien ne me paraît irréalisable.
Finalement l'Homme m'a rendu un fier service. Mais si je lui envoie des fleurs, il risque de ne pas comprendre... :)

mercredi 15 novembre 2006

Le plan pour le 24 au soir

"Nous disions donc: on va manger des boulettes au fromage nues devant un cuistot chinois chippendale qui cuisine du vomi"

Finalement, je crois que c'est moi qui ai peur :)

mardi 14 novembre 2006

Chronopost saga

Lundi 6: Coup d'interphone vers 9h30. Je ne suis qu'à moitié réveillée et Hawk est en train de me faire un truc assez intéressant. Je grogne "fuck" et ne me lève pas. Plus tard, je trouve dans ma boîte à lettres un avis de passage du facteur m'invitant à venir récupérer un Chrono dans mon bureau de poste habituel. Aujourd'hui, je n'en ai ni le temps ni l'envie. Je verrai plus tard dans la semaine.
Mardi 7: Pas envie de sortir.
Mercredi 8: Idem mardi 7.
Jeudi 9: Pas envie de travailler. J'en profite pour passer à la Poste où, comme raconté dans un message précédent, je vaque à diverses autres occupations et oublie totalement de récupérer le Chrono. Damned.
Vendredi 10: Je suis déjà sortie hier et je remets ça ce soir pour un resto. L'air du dehors, c'est comme toutes les bonnes choses, faut pas en abuser.
Samedi 11: Jour férié. Pas de regret: de toute façon, je me suis levée à midi.
Dimanche 12: Poste fermée.
Lundi 13: Idem mardi 7 et mercredi 8.
Mardi 14: Je déboule triomphante place de la Poste sur le coup de 15h30. Et me retrouve face à un magnifique rideau de fer sur lequel est scotchée une pauvre feuille de papier avec écrit au marqueur noir: "Fermeture exceptionnelle pour cause de grève le 14 novembre".
Quand mon éditrice appellera pour savoir où j'en suis de la relecture des épreuves qu'elle m'a expédiées en urgence il y a près de deux semaines, je devrai donc invoquer comme excuse, au choix: la luxure, la blonditude ou la fainéantise (la mienne et celle des fonctionnaires). J'avoue que dans certaines circonstances, mentir devient une option assez tentante...

lundi 13 novembre 2006

Non, votre navigateur ne voit pas tout à coup la vie en noir

...Je viens juste de passer une grosse heure à rebidouiller mon layout grâce à la nouvelle version de Blogger. Ca a été laborieux et je n'ai pas réussi à faire sauter les barres roses sur les côtés, mais à part ça je suis assez contente du résultat :)

La fatigue physique ne me vaut rien

J'ai pourtant passé un très bon week-end. Vendredi soir je suis allée dîner avec ma vieille copine Fleur. J'avais cessé de l'appeler depuis le premier de l'an où elle m'avait chouiné sur l'épaule une fois de trop - plaquée pour la énième fois par un gars dont elle n'était même pas amoureuse. Je l'ai recroisée totalement par hasard dans un magasin il y a deux semaines, rayonnante, épanouie et enceinte de l'homme de sa vie rencontré il y a six mois. Dans ces conditions-là, je voulais bien retenter un tête-à-tête de quelques heures. Je lui ai donné rendez-vous au resto où j'étais allée déjeuner avec Hawk dimanche dernier. Elle est arrivée un peu après moi; je l'ai attendue dehors, les pieds dans le sable, à regarder les lumières de la presqu'île scintiller au loin et le vent faire frissonner la surface de la mer noire comme de l'encre, en me disant que j'habitais quand même dans une bien belle région où je pouvais encore me balader en T-shirt à manches longues mi-novembre après la tombée de la nuit. La plage était déserte, la jetée aussi. Hawk me manquait.
Le dîner s'est bien passé. Fleur m'a gentiment reproché de ne pas l'avoir appelée après ma rupture avec l'Homme; j'ai répondu que quand j'allais mal, j'étais plutôt du genre à me replier sur moi-même (ou éventuellement à me soûler à la soirée d'aniversaire de la mère d'Autre Moi, mais ceci est une autre histoire que je vais feindre d'avoir oubliée). Elle m'a raconté son histoire avec son copain, l'impression qu'elle n'avait jamais aimé avant. Marrant, je crois me souvenir avoir déjà entendu ça dans sa bouche, plusieurs fois même; mais bon, elle était si heureuse que je ne voulais pas me montrer mesquine. Je lui ai parlé de mon histoire avec Hawk, ai glissé au passage que j'étais bi et que je n'envisageais de me remettre en couple que dans le cadre d'une relation ouverte. Je pensais la choquer, mais en fait pas tellement. On a rigolé du fait qu'elle ne pouvait absolument pas coucher avec quelqu'un sans en être amoureuse, mais qu'elle pouvait être amoureuse de deux personnes en même temps, alors que moi c'est plutôt l'inverse: j'aurais tendance à faire dans la libido polygame et les sentiments monogames. Bref. Je vais tâcher de l'inviter à la maison un soir où sa 8ème merveille du monde sera libre, avant qu'elle devienne trop baleinesque pour monter mes escaliers.
Samedi soir, anniversaire de Framboise dans un resto tahitien situé à l'autre bout de la même plage, et où je n'avais encore jamais mis les pieds. Korrigan a bien fait les choses: elle ne se doute de rien et il a même rameuté ses deux meilleurs potes qui vivent l'un à Marseille, l'autre à Nice. Je trouve ça absolument adorable de sa part. J'ai un peu de mal à me mettre dans le bain au début. On est beaucoup plus nombreux que je ne le pensais; la musique live, très forte, n'arrange pas ma migraine et l'affreux gamin qui braille pas loin de mon oreille droite non plus. Mais la bouffe est délicieuse et Framboise visiblement ravie; bien que n'ayant pas perdu son arrogance habituelle, Astral se montre parfaitement supportable; je suis contente de voir Dav' et de rencontrer sa copine; et l'une des deux danseuses tahitiennes a un profil de reine aztèque qui m'hypnotise totalement - encore plus que les ondulations de ses hanches, c'est dire. Je me maudis d'avoir encore oublié mon appareil photo.
Aujourd'hui, malgré une nuit plus que hachée (dormi de 3 à 6h du matin, puis de 9h à midi), je suis d'une efficacité redoutable dans mon boulot. D'habitude je tâtonne pas mal sur les débuts de bouquin, surtout ceux de la Maudite Série. Là, je pars sur les chapeaux de roue et les phrases coulent toutes seules ou presque. Pourvu que ça dure, parce que j'en ai pour jusqu'à fin janvier... Sur ma lancée, je me décide même à faire un peu de cuisine - pas grand-chose, juste des pâtes avec une sauce tomate aux champignons maison et un crumble aux pommes, mais je n'avais pas encore cuisiné pour moi toute seule depuis que je suis dans cet appart', donc c'est toujours un progrès.
Et puis ce soir, un blanc dans une conversation MSN. "Parle-moi", réclame Hawk. Au lieu de réciter la liste de tout ce que j'ai envie de lui faire - de la bonne pornographie de base qui n'engage pas à grand-chose -, je me surprends à lui avouer que j'ai peur, que j'ai conscience d'être vraisemblablement en train de foncer dans un mur avec lui et que ça ne m'empêchera pas de le faire quand même, mais que je redoute un peu l'impact et surtout l'après. Je ne regarde pas son visage à l'écran; je fixe la nuit dehors et c'est comme si je me parlais à moi-même. Je coupe la connexion tout de suite après, en m'en voulant à mort. Parce que cet instant de faiblesse n'est pas du tout représentatif de mon état d'esprit actuel en général, et aussi parce que je m'étais juré de lui foutre la paix avec ça. Voilà ce qui arrive quand on me répète en boucle "laisse tomber ta putain de carapace", "c'est pas possible d'être aussi insensible", "arrête de jouer les dures", etc. Quand je baisse ma garde, ça ne donne que des moments embarrassants pour tout le monde. C'est bad.

samedi 11 novembre 2006

Hélas, je crains qu'il ait raison...

Baud dit :
t'es pas encore au resto ?
Armalite dit :
euh il est 18h30
Armalite dit :
on mange pas avec les poules en france ^^
Baud dit :
la belgique t'emmerde !
Baud dit :
on est 10 millions
Baud dit :
je vais faire circuler ta photo
Baud dit :
tu vas voir l'accueil !
Armalite dit :
10 millions de personnes rien que pour moi à la gare du midi?
Armalite dit :
classe ^^
Baud dit :
mailto:all@belgium.be
Baud dit :
10 millions de regards noirs, de commerçants pas aimables, de taxis pas libres, de chambres d'hôtel pourries
Baud dit :
note que si tu viens de france, des commerçants pas aimables, ça va pas te dépayser

Sevrage

Deuxième nuit sans somnifères. Plus ou moins la même chose qu'hier: un temps fou pour m'endormir, plusieurs réveils pendant la nuit, des quintes de toux parce que ma gorge est toujours aussi douloureuse, et ce matin migraine + mal au ventre me signalent l'arrivée imminente de mes règles. Quand je pense que c'est samedi, que c'est la première journée où j'ai absolument rien à foutre depuis des mois et que je voulais en profiter pour aller me balader à Aix pendant qu'il fait encore un peu beau... Au lieu de ça, je vais rester roulée en boule dans mon lit à descendre un Doliprane 1000 toutes les deux heures et à prier le ciel pour une ménopause prématurée. O joie. Et ce soir j'ai encore un resto (le 5ème en dix jours, la semaine prochaine je vais pouvoir me mettre au bouillon clair le soir). Grmlmlmlmlml.

vendredi 10 novembre 2006

Aftermath

Première nuit sans somnifère depuis des mois. J’étais si fatiguée que je pensais m’endormir assez vite. C’était sans compter les images et les émotions qui se succédaient dans ma tête, le texte qui s’écrivait tout seul et réclamait à être couché sur papier. Je l’ai ignoré. Ses implications me faisaient peur. J’ai eu beaucoup de mal à trouver le sommeil, et je n’ai cessé de me réveiller tout au long de la nuit avant de finir par me lever vers onze heures du matin, aussi cassée que d’habitude, avec la dernière phrase de ma confession qui tournait en boucle dans mon esprit comme un mantra : « Et nous mettrons le feu au monde ».

Aujourd’hui j’attaque la traduction d’un nouveau bouquin. Etablir le glossaire demande des efforts de réflexion intenses mais brefs. Arrivée au tiers du boulot que je me suis défini pour la journée, je marque une pause. Dans la lumière limpide de ce début d’après-midi, je décide de me lancer. Je ne me sens pas particulièrement inspirée, et c’est sans doute mieux ainsi : ça m’évitera les débordements lyriques, ces exagérations littéraires auxquelles j’ai parfois la faiblesse de succomber et qui, se réverbérant en moi, accentuent encore mon état d’esprit. Je ne veux pas me faire de cinéma, juste regarder la vérité en face. Même si un accord tacite m’interdit de la partager.

Je ne porte pas de traces visibles du cataclysme de ce week-end. Mais ma gorge me fait toujours mal et mon âme est comme marquée au fer rouge.

jeudi 9 novembre 2006

La conversation MSN du jour

Armalite dit :
en plus en ce moment je baise international lol
Armalite dit :
ou du moins européen ^^
Anne Onym dit :
lol
Anne Onym dit :
dommage ça t'fait pas apprendre d'autres langues ^^
Armalite dit :
ah nan
Armalite dit :
mais keske ça me fait utiliser la mienne ^^

Y'a des priorités dans la vie

Après avoir bossé comme une malade ces derniers jours pour boucler le livre dont j'aurais dû finir la trad le week-end dernier, j'avais décidé de m'accorder un après-midi off et d'en profiter pour expédier quelques corvées, parmi lesquelles:
- Passer à la Poste chercher le Chrono contenant les épreuves du tome 3 de Maudite Série
- Photocopier (enfin!) l'avis d'imposition 2005 et mettre le double dans la boîte aux lettres de l'Homme
- Faire le plein du frigo à Carrefour

Je suis allée à la Poste. La photocopieuse était en panne. J'ai envoyé les trois paquets, la carte postale et les deux lettres qui devaient partir aujourd'hui. J'ai bavardé avec la gentille guichetière que j'aime bien. Et je suis ressortie en oubliant totalement le Chrono.

Puis j'ai rejoint Etre Exquis et une de ses copines dans l'un de nos deux cafés habituels. Où j'ai bu un Coca light (parce que le Coca normal est bourré de calories) et mangé une crêpe crème de marrons/chantilly (pour prendre des forces pour la suite).

Après je me suis dit que tant qu'à être au centre commercial, je pouvais bien faire un peu de shopping parce que ça faisait longtemps que j'avais pas acheté de fringues. Des vraies, celles qu'on peut porter tous les jours pour vaquer à ses occupations (= pas des minijupes à carreaux écossais larges comme une grosse ceinture). Bon OK, le bustier en dentelle noire sur fond satin crème lacé dans le dos ne correspond peut-être pas tout à fait à cette définition. Mais la petite robe en angora violet ajourée de chez Antik Batik sera parfaite seule avec des collants et des boots ou par-dessus un jean avec une ceinture un peu hippie et un T-shirt noir à manches longues dessous. Le T-shirt noir avec une tête de mort en brillants, retenu sur les épaules par des chaînettes et ouvert sur le dessus des manches jusqu'aux coudes sera pile dans le ton si je retourne à Londres un jour où il fait beau (entre le 12 et le 15 juillet, donc). Accessoirement, il ira super bien avec la microjupe mentionnée ci-dessus. Hum. J'ai peur de pas encore bien maîtriser le concept "pratique". Ah mais si mais si. Le manteau militaire style longue gabardine rouge cerise pètera sur tout. Ou presque tout. La robe en voile et dentelle noire très goth m'est trop grande en 38, bizarre. Depuis ma pesée de la semaine dernière, ça m'étonnerait que j'ai perdu beaucoup de poids - nonobstant l'activité physique inaccoutumée que j'ai déployée ce week-end. Et il ne reste de 36 qu'en gris, que je n'aime pas. Tant pis.

Bon ben c'est pas tout ça mais je commence à être chargée et il se fait tard. Je regagne ma voiture.
Oubliant totalement d'acheter à manger.

mardi 7 novembre 2006

Plaisir d'automne


Tremper le biscuit Brossard dans le chocolat chaud juste assez longtemps pour qu'il soit imprégné à coeur, mais pas assez pour qu'il se désagrège dans la tasse - c'est tout un art que je ne maîtrise pas encore à la perfection à en juger les petites éclaboussures sur mon sous-main. Damned, il va falloir que je m'entraîne tous les jours vers 17h... :)

"I will walk through the fire and let it burn"

Ce qui est marrant dans la vie, c’est que rien ne se passe jamais comme prévu. On échafaude des plans, des stratégies, une ligne de conduite. On se prend pour un démiurge capable de contrôler l’environnement matériel et de prévoir les réactions d’autrui. Alors qu’en réalité, on ne maîtrise même pas les siennes.

Le déni est une méthode qui a souvent fonctionné pour moi. Si je feins d’ignorer l’existence d’une chose, si je fais comme s’il ne s’était rien passé, ma vérité intérieure finit généralement par s’accorder à mes apparences extérieures. Oh bien sûr ce n’est pas parfait ; il se trouve toujours quelque résurgence pour crever la surface dans les circonstances où je m’y attends le moins. Mais globalement, ça me permet d’être une adulte fonctionnelle – mieux : équilibrée. Et d’entretenir l’illusion que je peux modeler toute ma vie à la seule force de ma volonté.

Et puis parfois, l’illusion vole en éclats. Pour un film qui touche un nerf à vif et réveille des pulsions dont je me croyais débarrassée. Pour un geste qui ouvre une porte dont j’ignorais jusqu’à l’existence, et après lequel une étrangère me rend mon regard dans le miroir. Pour une présence face à laquelle je suis comme un papillon devant une flamme : je sais que je vais m’y brûler, mais c’est plus fort que moi – ma nature me pousse à l’immolation.

Le bonheur et la souffrance ne sont jamais que les deux faces d’une même médaille. Je n’existe pas dans la tiédeur médiane, mais dans ces extrêmes dont on dit à juste titre qu’ils finissent toujours par se rejoindre, cette zone où le plaisir et la douleur se confondent et se mettent mutuellement en relief. Je n’ai pas l’intention de lutter, juste de me laisser traverser par le soleil et le vent glacial. Irradiée par l’un, transpercée par l’autre – quelle différence, dans le fond ? C’est toujours une preuve que je suis en vie et debout.

mercredi 1 novembre 2006

T'façon je bois que du thé

Comme d'habitude les jours fériés, Carrefour est blindé de monde. Je choisis une caisse au hasard, en me demandant ce que je vais bien pouvoir faire pour m'occuper pendant l'attente. Envoyer des texto? Commencer à boulotter les chouquettes que je ne suis même pas censée acheter? Mon regard se pose sur un môme de 3 ou 4 ans qui se contorsionne devant mon chariot. Sa mère m'adresse un sourire radieux. A peu près mon âge. Mignonne sans être belle. Cheveux teints au henné, raie au milieu, pas de maquillage, une tunique près du corps avec de jolies broderies sur les manches, un pantalon en toile kaki rentré dans des bottes en daim noir plates. Je jette un coup d'oeil au reste de la famille: une blondinette de 5 ou 6 ans et un type ni très grand ni très costaud, le bas du visage un peu mou, mal rasé et le cheveu en bataille, mais avec l'oeil qui pétille et un chouette sourire. Je les observe en attendant mon tour. Les enfants chahutent sans faire trop de bordel, les parents gardent un oeil dessus tout en bavardant et en riant entre eux. Ils portent tous le même genre de pantalon, avec juste de petites variations dans la couleur ou la distribution des poches. Un clan, c'est le mot qui me vient à l'esprit: ils forment un clan. La version bobo de la famille Ricoré.
Et je les envie.
Bien sûr je sais que leur vie ne ressemble pas toujours à ce tableau idyllique, qu'il doit leur arriver d'être crevés ou juste de mauvais poil, de se disputer et de se faire du mal. Mais par moments je donnerais cher pour éprouver moi aussi ce sentiment d'appartenance. Savoir qu'il y a un homme sur qui je peux m'appuyer quand parfois le chemin devient trop accidenté - des petites personnes que j'ai fabriquées et auxquelles je tente de transmettre ce que j'ai de meilleur - une structure et des enjeux plus grands que moi.
Je suis incapable de construire quoi que ce soit. Incapable de placer cette confiance-là dans quelqu'un, de me lier à lui de manière aussi irréversible. Incapable de prendre la responsabilité d'une ou plusieurs vies que j'aurais créées moi-même. Et en même temps... Ca me fait mal de l'admettre, mais il y a en moi, bien cachée tout au fond, une midinette qui n'espère qu'une chose: l'amour fou qui la fera changer d'avis.
Cette midinette doit mourir. Je la noierai dans l'alcool, je l'overdoserai à la coke, je l'étoufferai avec le foutre de mecs pas faits pour moi. Je la brûlerai, je la transpercerai, je la déchiquetterai. Et jamais elle ne remontera à la surface.

Les jolis graphiques de Quicken

Je viens de prendre mes avant-derniers billets de train de l'année (pour monter à Paris voir deux concerts en décembre*). En 2006, mes déplacements en train ou avion à l'intérieur du pays m'auront coûté pas loin de 2000 euros. A ce tarif-là, ça vaudrait presque le coup de déménager...
Accessoirement, durant la même période j'ai dépensé à peu près trois ou quatre fois cette somme en fringues, chaussures et accessoires divers, tout ça pour passer la plupart de mes journées en pyjama et pieds nus. Cherchez l'erreur.

*A ce propos: Autre Moi, Junior, si vous me lisez - me faire des bisous pour me persuader d'aller voir Christina Aguilera à Bercy avec vous, ça devrait être interdit par la Convention de Genève!!!