lundi 12 novembre 2007

Life in Brussels: the reality check

Je pensais que le climat me déprimerait. D'abord, il fait moins froid et moins pluvieux que je ne m'y attendais: juste un vrai temps d'automne avec un ciel souvent couvert, une température qui avoisine les 10°, de petites averses assez fréquentes mais aussi quelques chouettes éclaircies, comme hier matin pendant que nous brunchions au Balmoral avec Chou et Julie. J'ai pris l'habitude de ne jamais sortir sans mon bonnet rayé, de porter des chaussures qui ne craignent pas les flaques et de marcher tête baissée pour ne pas que mes lunettes soient trempées trop vite.
Je craignais que la promiscuité de la vie dans un appartement sans murs me tape rapidement sur le système. Mais non. Je suis désormais blindée contre tous les bruits de toilettes existants... ou presque (notre amour résistera-t-il à la première gastro de l'hiver?). A part ça, j'adore bosser côte à côte avec Hawk, chacun devant son ordi sur la grande table Markör avec une théière japonaise pleine de Fujiyama entre nous et un chat qui tente plus ou moins subtilement de taper l'incruste. J'adore la facilité avec laquelle on accorde nos rythmes de vie, nos besoins et nos envies. J'adore qu'on ait du plaisir à faire même les trucs les plus bêtes ensemble, au lieu de peiner à trouver des sorties qui ne soient pas un immense sacrifice pour l'un d'entre nous comme c'était le cas avec mon ex.
J'avais peur de me languir de mon appart et du Midi de la France malgré mon affection pour Bruxelles. Même pas. De tout ce que j'ai pu laisser là-bas, très peu de choses me manquent, et j'en rapporterai une bonne partie lors de mon prochain aller-retour en avion. Si me retrouver à mille kilomètres de la plupart de mes possessions matérielles m'affecte, c'est de façon très positive. En l'absence de distractions, je peux enfin me concentrer sur ce que j'ai envie de faire et profiter réellement du peu que j'ai sous la main (même si à l'allure où j'écume les boutiques, ce "peu" risque de ne pas le rester longtemps).
J'appréhendais que notre vie sexuelle soit frappée par ce curieux mal qui semble affecter tous les couples cohabitants: plus on a l'autre sous le nez et sous la... main, moins on en profite. Comme si le désir se nourrissait surtout de l'éloignement et des absences, comme si la trop grande disponibilité d'une chose tuait l'envie qu'elle suscite - ou, plus prosaïquement, comme si les mille et unes exigences d'un quotidien partagé étaient vouées à prendre le pas sur les aspects plus "fun" de la relation. Sur ce point-là, je n'avais pas complètement tort. D'un autre côté, la nature désormais plus spontanée, plus improvisée de nos rapports facilite une détente que je n'avais encore jamais atteinte avec mes partenaires précédents.

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