dimanche 18 novembre 2007

Une dédicace chez Brüsel

Ca devait bien faire cinq ans que je n'étais pas allée à une dédicade d'auteurs de BD. J'en avais pourtant accumulé des tonnes pendant ma période nantaise. Ces derniers temps, j'y attachais si peu d'importance que j'ai même revendu, par erreur et à un prix bradé, quatre de mes albums comportant des dessins originaux (les deux premiers Lanfeust de Troy, le tome 3 du Prince de la Nuit et l'Encyclopédie des Lutins de Pierre Dubois). Mais un couple de dessinateurs que nous aimons beaucoup, Hawk et moi, dédicacait chez Brüsel vendredi après-midi, et Hawk n'avait jamais participé à ce genre d'évènement. C'était l'occasion ou jamais.
C'est Hawk qui m'a fait découvrir "Fraise et chocolat", la bédé dans laquelle Aurélia Aurita, une jeune Française de 25 ans, raconte sa vie sexuelle avec un auteur de 20 son aîné dont elle partage la vie au Japon. Le dessin était brouillon mais expressif, l'approche totalement nature et décomplexée, la manière de raconter, tantôt hilarante et tantôt très touchante. J'ai beaucoup aimé. Peu de temps après, j'ai acheté un bouquin appelé "L'apprenti japonais", qui évoquait notamment les frasques sexuelles de son auteur, un certain Frédéric Boilet, au Japon. J'ai vite fait le rapprochement entre les deux.
Or donc, Frédéric Boilet et Aurélia Aurita étaient vendredi après-midi de passage chez Brüsel. J'ai retrouvé le public typique des dédicaces: 90% de nerds à fort taux de pilosité faciale, possédant une connaissance encyclopédique de l'oeuvre des auteurs qu'ils sont venus rencontrer. Pour un peu je me serais crue dans un des clubs de jeux de rôle de mon adolescence, avec tous ces ados boutonneux capables de réciter à l'envers l'immense liste des sorts contenue dans le Player's Handbook d'AD&D. Mais je m'égare.
Nous avions emmené Régis à la dédicace. J'ai demandé à Frédéric Boilet et Aurélia Aurita s'ils voulaient bien poser avec lui. Ils se sont exécutés avec gentillesse. Puis Aurélia Aurita a jeté un coup d'oeil au monstre en peluche que son chéri venait de lui coller entre les pattes et s'est exclamée:
AURELIA AURITA: Oh, c'est un Ugly Doll!
MOI, toute fière: Absolument.
FREDERIC BOILET: Un quoi?
AURELIA AURITA: Un Ugly Doll.
FREDERIC BOILET: Connais pas.
MOI, toujours prête à rendre service: Cherchez pas, c'est un truc de jeune.
FREDERIC BOILET, qui ne fait pas ses 47 ans malgré un hideux jean brodé de fleurs comme il n'est plus acceptable d'en porter depuis les années 70: Ah, ben dans ce cas...
Un peu plus tard, un jeune homme tend à Frédéric Boilet une bédé que je reconnais.
MOI: Oh, c'était de vous, 3615 Alexia? Ouah. C'est super vieux...
FREDERIC BOILET, imperturbable: Oui, ça a dix-sept ans.
MOI, réalisant que je viens de gaffer deux fois en moins de cinq minutes: Hum, si ça ne dérange personne je crois que je vais me taire.
Frédéric Boilet n'est pas rancunier; nous avons discuté un assez long moment avec lui tandis qu'Aurélia Aurita papotait joyeusement avec ses fans (si joyeusement, en fait, qu'il lui fallait un quart d'heure pour chaque dédicace et que mon tour a mis des plombes à venir). Pour une première dédicace, Hawk est vraiment bien tombé.

1 commentaire:

eBry a dit…

Amusant. J'ai donc découvert Boilet avec Alexia 3615, il a 17 ans ! Le temps passe à une vitesse, ma bonne dame...