mercredi 28 février 2007

La gitane

Tout à l'heure sur le parking de mon centre commercial, une gitane m'a foncé dessus et débité à toute allure que j'étais une personne bonne, extrêmement franche, que j'allais avoir beaucoup de chance en amour cette année, mais que je devais me méfier parce que ma réussite ferait des jaloux. C'est pas que ce portrait me convienne pas, hein. J'ai juste du mal à imaginer qu'on puisse jeter à la figure de quelqu'un qu'il est méchant, hypocrite, que son couple va se casser la gueule, que tout le monde aura pitié de lui - et espérer qu'il vous donnera des sous pour cette joyeuse prédiction.

Celle qui détestait gâcher la nourriture

Je suis en train de manger une crème brûlée dont la date limite de consommation était le 10 février. Wish me luck.

mardi 27 février 2007

...Ca, c'est dit


Bilan de ma fin de semaine à Bruxelles :
Hawk bossait de 6h à 14h vendredi et samedi. Donc impossible de se coucher trop tard ; je restais seule jusque vers 15h et quand il arrivait, il était trop claqué pour marcher des heures dans les rues comme je l’aurais aimé.
De sombres histoires de retard de paiement par mes éditeurs m’ont empêchée de dévaliser le magasin de chaussures en face du Drug Opera.
La soirée entre blogueurs de samedi a été bien sage. Fatigués pour une raison ou pour une autre, la plupart des convives se sont éclipsés après le resto. Et l’ambiance du Gauguin ne vaut définitivement pas celle du Belgica.
Le festival Anima était caca.
Dimanche après-midi, une remarque prise de travers et le vide intersidéral du rayon sandwiches de Filigranes ont provoqué l’apparition du Moody Monster.
Tout le week-end, il a plu et fait froid. J’ai fini par me balader bonnet enfoncé sur les yeux et col en fausse fourrure relevé, si bien que seules mes lunettes étaient visibles entre les deux.
« Belle de jour » aurait mérité le César du Film Le Plus Chiant De Tous Les Temps.
Et pourtant je suis rentrée chez moi avec une certitude : je veux, un jour, partager une adresse avec Hawk.
…Lui envoyer des textos pour lui dire « Rejoins-moi à l’Amour Fou en sortant du boulot » ; l’attendre en lisant un roman de Paul Auster et en sirotant un thé aux fruits rouges. Se taper un goûter absolument crapuleux en se disant qu’on brûlera tout ça à la gym dans la semaine. Aller faire les courses chez Delhaize et ne même pas trouver que c’est une corvée. Rejoindre des amis le samedi soir pour une petite bouffe ponctuée par les anecdotes tordantes de Sophie. Bruncher le dimanche matin avec Joli Dragon au regard bleu si expressif. Buller au lit quand c’est le week-end et qu’il pleut dehors. Passer des heures à feuilleter des bouquins chez Filigranes ou des bédés chez Brüsel.
…Et puis aussi : bosser l’un en face de l’autre chacun sur son ordi ; porter un regard critique mais bienveillant sur les projets de l’autre pour l’aider à avancer ; se demander le vendredi soir si on va manger vite fait chez Mamma Roma ou au Yamato, ou si on a la flemme de bouger et qu’on se fait livrer par le thaï ; allonger, moi la liste des bouquins qu’il doit absolument lire, lui la liste des films que je dois absolument voir ; décider dans quel pays étranger on veut passer nos prochaines vacances ; faire des photos comme celles du Quick hier absolument partout ; continuer à rentabiliser notre carte de fidélité chez Lady Paname et peut-être devenir des habitués de la Porte des Sens ; finir par baragouiner quelques mots de flamand (pour l’instant je sais juste dire « échantillon » et ça s’annonce pas super simple à caser dans une conversation), voire choper un accent bruxellois.
Je sais que ce n’est pas pour demain. Mais à l’heure actuelle, c’est tout ce dont j’ai envie.

lundi 26 février 2007

Le rituel des retrouvailles

Que nous nous retrouvions dans un aéroport ou sur un quai de gare, la scène se reproduit toujours à l'identique. A peine nous sommes-nous aperçus que nous fonçons l'un vers l'autre tels deux trains lancés sur une trajectoire de collision. Nous ne prenons même pas le temps de détailler la façon dont nous sommes habillés; nous ne nous disons pas bonjour, nous ne nous demandons pas si nous allons bien ou si nous avons fait bon voyage. Simplement, les yeux clos, nous nous enlaçons. Mes bras autour de sa taille, ses bras autour de mes épaules, nous nous embrassons plaqués l'un contre l'autre. Doucement d'abord - les lèvres qui se réapprivoisent, les langues qui se cherchent avec une délicatesse presque timide, les salives qui se mélangent, les mains qui caressent la peau à travers les vêtements. Au bout de quelques minutes, nous faisons mine de nous écarter pour reprendre notre souffle et échanger les saluts d'usage. La première tentative n'est jamais la bonne. A l'instant où nos corps se séparent, un même élan les jette à nouveau l'un contre l'autre, avec plus de fougue cette fois. Les bras serrent à broyer les côtes, les doigts se crispent comme des griffes, les bouches se font avides, les jambes s'intercalent et les bas-ventres se frottent. Le reste du monde cesse d'exister - il n'y a plus que lui, moi et notre chair qui hurle en silence: "Je t'ai attendu si longtemps".

jeudi 22 février 2007

Flap flap

Franchi la porte de l'appart de Hawk à 19h10. Réussi à atteindre la salle de bain pour faire mon pipi "urgent" à 22h15. Tout va bien la tradition est sauve :)

mardi 20 février 2007

The stepmother curse

Dans une vie antérieure, j’ai dû avoir une chiée de fils et torturer mes innombrables brus jusqu’à un âge Jeanne Calment-esque. C’est la seule explication possible à la malédiction qui semble me toucher : celle des Belles-Mères de l’Enfer.
Il y a eu l’ex-soixante-huitarde à l’air shooté en permanence, qui avait offert une voiture à son fils de seize ans alors que le permis se passe à dix-huit en France et que la conduite accompagnée n’existait pas à l’époque.
Il y a eu la veuve dépressive profonde qui s’était mise en ménage avec un ami de son fils et me soupçonnait de vouloir le lui piquer.
Il y a eu l’exubérante fausse blonde qui m’interrogeait sur ma vie sexuelle avec son fils et me racontait la sienne avec son deuxième mari beaucoup plus jeune qu’elle. Accessoirement, elle était prof et la nuit, elle allait piquer des palettes sur les chantiers pour arrondir ses fins de mois. Comme quoi l’éducation ça mène à tout.
Il y a eu la facho qui, bien que médecin, a un jour lancé à table le plus naturellement du monde : « Et oui il a attrapé le Sida c’est bien triste, mais quand on est homosexuel on sait à quoi on s’expose hein ». (Un de mes plus grands regrets à ce jour est de ne pas lui avoir renversé son saladier sur la tronche, mais son fils avait déjà des relations tendues avec elle et je ne voulais pas envenimer la situation.)
Il y a eu la baba cool qui squattait la maison de son fils adulte en attendant de s’installer à la campagne avec son mari. Aux dernières nouvelles, dix ans plus tard, non seulement elle habite toujours chez lui, mais elle a fait venir son vieux papa invalide. Mon ex, par contre, a fui depuis longtemps pour aller vivre chez sa copine du moment.
Il y a eu la bourgeoise snob qui m’a dit, lors de notre premier tête-à-tête et alors que je l’avais gentiment invitée au resto pour la distraire d’une récente rupture : « J’ai été surprise quand je vous ai rencontrée, parce que jusqu’ici, mon fils était toujours sorti avec de très très jolies filles. » Quelques mois plus tard, elle nous faisait la surprise de redécorer la maison en notre absence et sans nous avoir demandé notre avis.
Il y a eu la maman poule qui lavait et repassait encore le linge de son fils plus que trentenaire, et lui donnait chaque week-end des petits plats à congeler pour la semaine. Accessoirement, elle m’a écrit pour me dire à quel point son fils était merveilleux et qu’elle me faisait confiance pour le rendre aussi heureux qu’il le méritait. J’ai rompu dans la semaine.
Et quelque chose me dit que la liste va encore s’allonger. Note à moi-même : La prochaine fois, si prochaine fois il y a, ne sortir qu’avec un enfant de la DDASS.

lundi 19 février 2007

Solidarité avec Sophie

Un week-end sans moi, c'est comme une salade composée sans salade, vient de déclarer Junior.
Sophie est un kiwi. Je suis une laitue. Blonde à l'intérieur, nombreuse et un peu Caliméro sur les bords. Un vrai cadeau du ciel, quoi...

dimanche 18 février 2007

Votre silence

Depuis quelques mois que ce blog a pris une tournure beaucoup plus intime, une constatation s’impose : vous ne commentez jamais les textes vraiment personnels. Mes histoires de blonde intérieure vous font rire ; si je parle d’amour de façon fleur bleue, il se trouve toujours une ou deux personnes pour dire « oooh c’est mignon », et vous voulez bien broder sur mes allusions les plus lestes du moment qu’elles baignent dans un confortable flou artistique. Par contre, dès qu’on commence à toucher à du très intense, à du vraiment personnel qu’il s’agisse de sentiments ou de cul… Un immense silence résonne aux quatre coins de mon url. Et pas seulement de la mienne d’ailleurs ; je constate le même phénomène chez Hawk. Nous en rions ensemble chaque fois que l’un de nous deux poste ce genre de message : « Et maintenant, une plage de silence assourdissant offerte par nos chers lecteurs ».

Ce phénomène est, pour moi, une source de perplexité amusée bien plus que de frustration. J’écris avant tout parce que j’en ai besoin, parce que ça m’aide à mettre de l’ordre dans ma tête ; être lue et que cela me permette d’établir ou d’approfondir des relations avec d’autres gens ne sont que des effets secondaires – agréables et flatteurs, certes, mais nullement indispensables. Je ne cours pas après la reconnaissance d’un public quel qu’il soit, sans quoi, j’ambitionnerais de publier un livre comme nombre de mes camarades blogueurs. Or, j’ai toujours dit et je maintiens que ça ne m’intéresse pas. Tout ce que je fais de créatif doit rester gratuit : un plaisir et non un travail.

Donc… L’absence de commentaires sur mes textes les plus personnels ne me vexe pas. Simplement, je m’interroge. J’ai bien conscience de ce que le fait de parler de choses aussi intimes que ma sexualité ou mes sentiments profonds a d’impudique, voire d’exhibitionniste. Mais soyez honnêtes : un lecteur de blog (ou en tout cas, du genre de blog que je tiens) est forcément un peu voyeur. Sous le couvert de la discrétion assurée par internet, il pénètre dans la vie et dans la tête d’autrui sans avoir besoin de se sentir gêné puisque personne ne le voit faire. Et s’il se garde de commenter, il peut toujours prétendre qu’il n’a rien vu, qu’il ne sait rien, qu’il n’a pas été touché ou dérangé par ce qu’il vient de lire. Je suppose que l’explication de votre silence se résume à ça…

Vous vous taisez, soit. C’est votre droit le plus strict. Comme le mien est de chercher à repousser sans cesse les limites de ce que je m’autorise à exprimer. Rester dans ma zone de confort – et la vôtre – ne m’intéresse pas. Faire du consensuel et du politiquement correct ne m’intéresse pas. Choquer gratuitement, non plus. Je voudrais juste dévoiler peu à peu ce qui me tient réellement à cœur et à corps, ce que j’ai toujours réprimé parce que je le considérais comme honteux. Révéler la lumière que recèlent les soi-disant zones d’ombre en chacun de nous, mettre en évidence la force intérieure que l’on peut y puiser.

Parce que la vraie vie, ce n’est pas un tableau dont les teintes pastel n’agressent pas le regard, dont le cadre est défini par l’idéologie dominante et le sujet susceptible de plaire au plus grand nombre. La vraie vie, c’est une collection de Polaroïds d’Araki – un camaïeu de couleurs violentes, une succession de paysages tour à tour magnifiques et désespérants, une mosaïque de détails du quotidien le plus trivial ou des merveilles les plus exotiques de la nature, un méli-mélo de corps nus et sans fard qui expriment tout l’abandon du monde, une juxtaposition de beauté sublime et de désespoir abyssal. Ça palpite, ça gicle, ça crie, ça gémit, ça souffre et ça exulte. Regardez-la avec mes yeux, et continuez à vous taire si ça ne vous touche pas plus que ça.

vendredi 16 février 2007

Les mots

Les blogs par lesquels on s’est découverts, chacun dévoilant juste assez la personnalité de son auteur pour intriguer l’autre et enrobant sa vraie problématique sous suffisamment de non-dits pour lui donner envie d’en découvrir davantage.

Les mails enflammés qu’on échange et qu’on finira par publier dans un blog anonyme, parce que ce serait dommage de laisser perdre tant d’érotisme à la seule fin que nos proches puissent encore nous regarder sans rougir.

Les conversations textes sur MSN qui virent au jeu de rôles pornographique et nous laissent plus frustrés que jamais, mais aussi enivrés et réconfortés par l’harmonie de nos pulsions.

Les conversations vocales sur Skype tard dans la nuit – les chuchotements qui disent notre amour et notre souffrance d’être si loin l’un de l’autre les soirs où l’on n’aspire qu’à dormir peau contre peau.

Les textes que l’on s’inspire mutuellement : ceux qui jaillissent comme des évidences irrépressibles, ceux sur lesquels on peine pendant plusieurs jours sans jamais parvenir au résultat souhaité, ceux qui meurent dans l’œuf parce qu’on ne trouve pas le bon angle pour les aborder ou les mots justes pour les mettre en forme.

L’écriture qui est la seule forme d’art que l’on partage réellement, dont on connaisse tous les deux les affres et les satisfactions malgré des approches assez différentes.

Les discussions à cœur ouvert sur nos blessures, nos angoisses, nos aspirations et nos doutes ; sur les échecs de notre passé, les difficultés de notre présent et nos espoirs pour l’avenir ; sur notre rapport au monde, à la création et aux gens qui nous entourent.

Les mots sont le sang de notre relation.

Perfection

Je n’ai jamais eu, au sujet de Hawk, l’impression de perfection qui me submerge d’ordinaire au début d’une nouvelle relation – cette vision idéalisée de l’autre qui magnifie ses qualités réelles, lui en invente d’autres imaginaires et occulte totalement ses défauts. Parce que je lisais depuis plus de deux ans son blog dans lequel il n’hésitait pas à parler assez durement de lui-même, de ses problèmes physiques et psychologiques, je savais dès le départ où je mettais les pieds. En fait, c’est même le contraire du scénario habituel qui s’est produit : j’ai commencé par ne voir en lui qu’une liste de travers et de faiblesses qui ne le rendaient absolument pas séduisant à mes yeux.
Et puis on s'est mis à parler sur MSN, et très vite s’est installée entre nous une complicité amicale qui m’a fait passer outre le reste. Et puis on s’est rencontrés en vrai, et tout de suite le désir s’est imposé comme une évidence. Et puis alors que ça n’était absolument pas le moment ni pour lui - qui sortait juste assez fort meurtri d’une histoire de neuf ans -, ni pour moi - qui avais juré que l’amour, on ne m’y reprendrait plus -, on s’est surpris à s’ouvrir comme on ne l’avait jamais fait auparavant.
On ne s’est rien épargné : ni les dysfonctionnements de nos personnalités, ni les doutes et les peurs qui nous rongent, ni nos secrets les plus noirs et nos pulsions les plus inavouables. Sans bien comprendre pourquoi, on a développé une confiance absolue qui nous permet de nous donner entièrement l’un à l’autre, sans les masques qu’on avait toujours portés jusque là, sans les barrières qu’on avait toujours dressées entre nous et nos partenaires précédents. Chacun fait ressortir le meilleur chez l’autre, lui donne envie de repousser sans cesse ses propres limites. Quand on se blesse – parce que c’est inévitable pour deux caractères aux reliefs aussi coupants que les nôtres -, c’est par excès de sincérité ou par maladresse et non par manque de respect ou de bonne volonté. Parce qu’on a décidé d’être vrais l’un envers l’autre : que l’intensité de nos rapports, si douloureuse soit-elle parfois, nous semble préférable à la douce mièvrerie d’une relation plus convenue.
Non, il n’est pas parfait et moi non plus – loin de là. Mais on s’aime parfaitement.

mercredi 14 février 2007

Se dépacser: ça, c'est fait

Dans le fond, j'aurais adoré raconter une confrontation d'anthologie. Une joute verbale acide-amère devant la greffière et les gens qui attendaient derrière nous - joute dont je serais évidemment sortie vainqueur parce que faut pas déconner, c'est pas avec ses deux mots et demi de vocabulaire et ses torts indiscutables dans cette histoire que l'Homme aurait pu me rabattre le caquet. L'explication orageuse qu'on n'a jamais eue, celle où ça crie, où ça pleure mais qui permet d'aller au fond des choses et de tourner ensuite la page avec le sentiment que tout a été dit. Ou alors la grande scène du 12, l'Homme abattu et hanté par le remords (regard cerné, joues creuses, moral en berne) m'avouant qu'il a fait la plus grosse connerie de sa vie et me suppliant de revenir; moi refusant bien sûr mais trouvant la magnanimité de lui adresser quelques paroles de réconfort avant de le laisser des sanglots dans la gorge sur le parvis du tribunal.
Mais non. Il est arrivé après moi. Plus beau que jamais: aminci, les cheveux coupés de frais, avec un pull que je ne lui connaissais pas, un jean qui moulait son cul parfait et l'air d'avoir dix ans de moins qu'en réalité. On ne s'est pas dit bonjour ni regardés en face une seule fois pendant que la greffière procédait à l'enregistrement de notre rupture de Pacs. La procédure en elle-même n'a pas pris plus d'une minute: vérification de nos pièces d'identité, consultation du numéro d'enregistrement de notre Pacs, tapotage rapide sur un clavier d'ordinateur et archivage de notre demande manuscrite de rupture - le tout debout dans le hall du tribunal, avec quatre-cinq personnes en train d'attendre sur des chaises à même pas un mètre derrière nous. C'était aussi tristement ordinaire que la fin de notre histoire.
On a remercié en même temps, on s'est dirigés vers la sortie, il a fait mine de partir à droite et je suis partie à gauche en lançant "salut". C'est là qu'il m'a rappelé qu'il avait encore quelques affaires à moi dans le coffre de sa voiture. Donc il m'a raccompagnée à la mienne pour m'aider à les transvaser. En chemin on a échangé quelques phrases polies et anodines - les banalités des gens qui se connaissent bien mais n'ont rien à se dire et se foutent royalement l'un de l'autre. Et puis voilà, c'est tout. Il n'a même pas fait de commentaire sur mon piercing ni sur le fait que son ex-femme s'était aussi fait piercer la figure après leur séparation; dommage car j'avais en réserve une réplique bien mordante sur le principe de causalité.
En repartant, je me suis fait rentrer dedans par un djeûn en scooter qui a refusé de remplir un constat au prétexte qu'il ne s'était pas fait mal en tombant, et qui s'est barré avant que je puisse protester. Evidemment, il n'y avait pas de témoins. J'ai un enjoliveur cassé, un pet sur la carrosserie et un petit bout de peinture qui a sauté. Je m'en fous comme de l'an 40. Se dépacser: ça, c'est fait.
PS: Je tiens à remercier, pour le moral d'acier avec lequel je suis arrivée au tribunal tout à l'heure:
- Les Fatals Picards et leur chanson "Goldorak est mort" que j'ai écoutée en boucle à l'aller et qui est le meilleur remède du monde contre la sinistrose.
- L'auteur de deux textos super mignons dont le premier m'a fait chaud au coeur juste avant mon départ et dont le second m'a arraché un sourire en plein tribunal sous le regard en biais de l'Homme qui a dû croire à un message de mon nouvel amoureux. Même pas. Mais c'était tout aussi bon :)

mardi 13 février 2007

Ne pas s'attendrir

Tout à l'heure en classant des papiers, je suis retombée sur des petits mots de l'Homme que j'avais gardés - de ceux qu'il me laissait sur la table de la salle à manger quand il s'en allait avant mon réveil ou mon retour du boulot. De ceux qui commençaient par "ma piuce savante", se terminaient par "bisous je t'aime" et étaient signés Pacsou. De ceux qui doivent dater d'avant fin 2004. J'ai repensé à son regard quand il consentait à tomber ce masque d'insensibilité cool qui me rendait folle, aux grimaces qu'il faisait pour m'arracher un éclat de rire quand je boudais, à la voix de môme qu'il prenait quand il sentait que j'étais fâchée et qu'il se savait en tort. Et j'ai réalisé que... A sa façon, il m'a sans doute aimée. Pas comme il aurait fallu, pas comme je l'aurais voulu, mais comme il a pu. En la matière, il peut peu. Ce n'est pas forcément moi qui y ai perdu le plus.
Moins d'une heure après, il m'a appelée au sujet de notre rendez-vous au tribunal d'après-demain. Comme la semaine dernière, c'était pour me poser des questions dont il connaissait déjà la réponse (ou pouvait la trouver sur internet). Comme la semaine dernière, il avait une voix d'outre-tombe. Comme la semaine dernière, j'ai eu l'impression qu'il attendait que je lui demande ce qui n'allait pas. Comme la semaine dernière, je lui ai répondu poliment, rapidement et j'ai raccroché aussitôt.
Je fanfaronne en disant que je ne lui souhaite plus que du mal et que si un camion le renversait devant moi, je ne me donnerais même pas la peine d'appeler le SAMU. C'est un mensonge. Bien sûr, je lui en veux encore de s'être comporté de manière aussi minable avec moi. Mais pour être honnête, il n'a sans doute pas de plus gros défaut qu'une incapacité à aimer vraiment aggravée par une solide lâcheté. Objectivement, il y a plus grave. Et je le connais trop bien, je l'ai trop aimé pour être devenue complètement indifférente à son sort. C'est pour ça que s'il a un problème, je ne veux pas savoir de quoi il s'agit. Parce que je sais très bien que je serais foutue d'avoir pitié de lui et d'essayer de lui donner un coup de main pour le résoudre. Il faut que je me résigne: en plus d'être blonde à l'intérieur, je suis une conne sentimentale.

dimanche 11 février 2007

J'AI FINI J'AI FINI J'AI FINI!

Plus de trois mois à me battre avec ce maudit bouquin... Mais ayé, je l'ai eu! Et le fait qu'il soit 25% plus long que les tomes précédents me fournit une excuse rêvée pour imposer de ne plus en traduire qu'un seul au lieu de deux par an. Ce qui me libèrera du temps pour faire des trucs plus fun (= tout mais pas de l'heroic fantasy, ni de la SF) et réorienter progressivement mon activité.
Accessoirement, je viens de relire ce que j'ai fait et je n'en suis pas peu fière. Je me suis beaucoup torturée mais au moins, il me semble que le résultat est à la hauteur de mes souffrances mentales.
Sur ce je vous laisse, j'ai un truc urgent à faire.
*part en courant dans tous les sens, en agitant les bras comme une folle et en hurlant "Wooohoooooooo"*

Une journée qui commence bien

Super mal dormi cette nuit. Tirée du lit très, très péniblement à 10h car aujourd'hui, je dois absolument finir le tome 4 de Maudite Série. Or il me reste encore une vingtaine de feuillets à traduire et une centaine à relire - autant dire que vu mon rythme de travail de ces derniers mois, c'est pas gagné.
Les yeux encore embués de sommeil, je démarre mon portable et ouvre mon fichier. Ou du moins, essaie de l'ouvrir, car un message accompagné d'une petite sonnerie crispante m'informe qu'il est endommagé et que ça va pas le faire.
Qu'à cela ne tienne. Je m'envoie chaque soir, par mail, une copie de ma trad en cours à titre de sauvegarde. Je vais donc restaurer celle d'hier soir.
Sauf que non, elle est endommagée aussi.
Sueurs froides. J'ai déjà livré la première moitié de ce foutu bouquin, qui doit être à l'abri chez mon éditeur, mais la seconde représente quand même un mois et demi de travail acharné et huit ou neuf mille euros de facture HT.
Pendant quelques minutes d'angoisse intense, je me bats avec Word pour lui faire réparer mon fichier. Et finis par y arriver, ouf.
Histoire de prévenir toute catastrophe ultérieure du même genre, je décide d'imprimer le texte. Comme ça au pire si mon fichier crashe, j'aurai seulement à ressaisir ma trad au lieu de la refaire.
..."Cartouche d'encre épuisée", m'annonce mon imprimante au bout de deux ou trois cents feuillets (sur plus de mille).
Aaaaaaaaargh.
Et c'est dimanche, et les magasins sont fermés dans le coin.
Accessoirement, c'est le premier jour de mes règles et je crève de mal.
Vivement minuit.

samedi 10 février 2007

Le blasphème du jour

Armalite dit :
et le dimanche, au lieu de se reposer
Armalite dit :
il l'emmena voir des photos de cul
Hawk dit :
et se fit sucer dans le train
Armalite dit :
et tous deux dirent "cela est bon"
Armalite dit :
(keskonékon)
Hawk dit :
(oui mais keskecébon)

Parle-nous de lui

Les gens de mon entourage commencent à m'interroger sur mon nouvel amour. "Vas-y, parle-nous de lui. Il est comment?" Et je ne sais jamais trop quoi dire. "Il s'appelle Hawk. Il a un an de plus que moi. Il vit à Bruxelles. Il bosse comme informaticien dans une banque, mais sa vraie passion c'est le cinéma. Il fait de la photo en amateur. Il écrit presque autant que moi. Il a une soeur aînée et deux grandes nièces. De physique comme de caractère, il n'a absolument aucun point commun avec mes mecs précédents."
Tout cela est vrai. Et tout cela ne répond en rien à la véritable question de mes proches: "Raconte-nous ce que tu lui trouves, pourquoi tu as craqué pour lui". Mais je ne peux pas débiter les mêmes fadaises qu'à l'époque de l'Homme. "Il est gentil, serviable, solide, sportif, débrouillard." Je ne peux pas réduire Hawk à une liste de platitudes, de qualités génériques et ternes. Je ne peux pas non plus dévoiler les reliefs vertigineux de sa personnalité, le camaïeu hypnotique d'ombre et de lumière qu'il abrite en lui. Je ne peux pas raconter l'évènement fondateur de l'expo Araki - nos émotions jaillissantes, le lien indéfectible qui s'est créé devant ces photos, l'épiphanie dans la salle des Polaroïd, la façon dont cet après-midi a modelé notre destin commun et lui a donné sa direction. Je peux encore moins dévoiler nos jeux nocturnes, la force et la liberté que j'en retire, la confiance absolue qu'ils prouvent et renforcent entre nous. Je n'ai pas de mots pour exprimer notre complicité totale, cette impression troublante d'être le miroir l'un de l'autre, la synergie de nos deux univers intérieurs, l'abolition de tout stéréotype de genre entre nous.
Alors je dis juste: "Il me fait du bien". Et s'il n'explique ni pourquoi ni comment, mon sourire béat ne laisse aucun doute sur la véracité de cette affirmation.

jeudi 8 février 2007

Par amour

Par amour, je me suis mariée alors que j'étais contre le mariage. J'ai supporté une belle-famille catho de droite limite facho. J'ai vécu quatre ans à Nantes dont le climat me déprimait à longueur d'année, à mille kilomètres de ma famille et de mes amis. J'ai entretenu, pendant le même laps de temps, un Breton qui ne trouvait aucun boulot assez bien pour lui. J'ai subi de monstrueux accès de colère parce que je ne cadrais pas avec son idée de la parfaite épouse féminine et docile. Je me suis fait traiter de pute parce que j'avais osé me faire un tatouage sans son consentement. Et j'ai pris la seule décision possible qui était celle de divorcer avant qu'on s'entre-détruise - assumant l'entière responsabilité matérielle de notre séparation et passant pour la salope aux yeux de tout notre entourage.
Par amour, je suis partie m'installer aux Etats-Unis - pas à New York, à San Francisco ou dans un endroit fun, mais dans une petite bourgade de Pennsylvanie en plein pays amish. Encore plus loin de mes proches, dans un climat encore pire qu'à Nantes, sans aucune garantie d'être autorisée à rester d'un trimestre sur l'autre par des services d'immigration très peu conciliants.
Par amour, j'ai enfreint tous mes principes en ayant une liaison avec un homme marié. J'ai perdu douze kilos. Je me suis fait tatouer un kanji comme une façon de le porter dans ma chair. J'ai passé mon brevet de plongée pour partager sa passion alors que j'ai une trouille bleue de l'eau. J'ai attendu qu'il quitte sa femme - et c'est finalement sa femme qui l'a quitté. Pour fêter ça, je me suis ruinée pour lui offrir la montre de ses rêves (une Omega Seamaster). Je suis allée m'installer chez lui, en pleine campagne alors que je n'aime que la ville, dans une maison trop petite pour nous deux mais qu'il refusait de quitter. Quand il a pris sa retraite de la marine pour se consacrer à une seconde passion très peu lucrative, j'ai assuré seule nos dépenses communes pour lui éviter de se gâcher la vie avec un boulot alimentaire. Je me suis pliée à son rythme de vie. Ses amis sont devenus les miens. Je me suis perdue de vue pendant sept longues années. Je n'ai pas eu d'autres orgasmes qu'en solitaire pendant le même laps de temps. Et quand il s'est lassé de moi, je suis partie en lui laissant tout ce qui m'appartenait dans la maison de peur qu'il ait du mal à s'en sortir seul financièrement.
Je ne suis pas en train de pleurer sur mon sort. Personne ne m'a forcée à faire toutes ces choses et je suis aussi partiellement responsable de l'échec de mes couples successifs. Mais aujourd'hui, j'aime quelqu'un de tout mon coeur, de tout mon corps, de toute mon âme. Quelqu'un qui vaut vraiment les sentiments que je lui porte, et peut-être même davantage. Quelqu'un qui me rend plus heureuse que je ne l'ai jamais été. Quelqu'un avec qui j'ai une relation totalement hors du commun, aussi intense et déjantée qu'on peut l'être tous les deux.
Et je ne sais pas ce qu'il me reste à lui donner.

mercredi 7 février 2007

Présidentielles 2007

Les présidentielles approchent, et contrairement à Autre Moi qui m'a envoyé un texto hier pour me dire que ça y est, elle avait trouvé!, je ne sais toujours pas pour qui voter au premier tour. D'un côté, Ségolène Royal m'exaspère. Je ne pense pas qu'elle ait la stature d'un chef d'état, et surtout elle a des positions conservatrices à mille lieues des miennes sur beaucoup de sujets de société. D'un autre côté, je ne vois pas tellement d'alternatives valables. Aucun candidat n'a de programme qui m'emballe vraiment, d'idées que j'aie envie de soutenir. Mon coeur serait plutôt chez les Verts tendance altermondialiste, mais j'ai peur, en votant pour un candidat qui n'a aucune chance de se retrouver au second tour, de reproduire la division de la gauche qui avait permis à Le Pen d'accéder au second tour en 2002. En même temps, à l'heure où j'écris, il me semble qu'il n'a toujours pas ses 500 signatures, donc tous les espoirs sont permis. S'il ne peut pas se présenter, comme j'imagine mal un second tour Sarko-Bayrou, je pourrais même me laisser aller à voter pour Olivier Besancenot en signe de protestation contre les partis traditionnels qui ne proposent jamais rien de nouveau, et dont les élus se contentent de maintenir le statu quo pour préserver leur position.

mardi 6 février 2007

Duplex pour 1

Sophie veut s'acheter un appartement. Son post (que je ne linkerai pas ici parce que, blonde que je suis, j'ignore comment faire) ravive en moi le mélange d'émotions très contradictoires que je nourris actuellement envers le mien.
Après avoir été locataire d'une dizaine d'endroits différents en l'espace de douze ans, et alors que je cohabitais avec l'Homme depuis quelque temps déjà, j'ai décidé de faire moi aussi le grand saut. La maison de l'Homme était trop petite pour le volume considérable de mes affaires (essentiellement bouquins et fringues), et surtout, j'avais besoin d'un endroit où m'isoler pour travailler, rêvasser et laisser libre cours à mes penchants un peu space pour la déco.

Je n'ai pas cherché longtemps. Le troisième appartement que j'ai visité était un duplex mignon comme tout, avec un chouette balcon d'angle, dans une résidence calme située à un kilomètre à peine de chez l'Homme. Je n'y étais pas entrée depuis cinq minutes que j'ai dit: "Je le prends, pas la peine de me l'emballer c'est pour manger tout de suite". Enfin pas tout à fait, mais vous voyez l'idée. Un coup de foudre immobilier.

Donc... Je me suis joyeusement endettée sur quinze ans, avec des remboursements mensuels de 750 euros (de quoi me filer des sueurs froides à la perspective de manquer de boulot un jour). Pendant plusieurs mois, j'ai passé tous mes week-ends à repeindre les murs, effectuer ou faire effectuer tout un tas de menus travaux, tracer les plans de la bibliothèque sur mesure dont je rêvais depuis ma plus tendre enfance, chercher des meubles et des éléments de déco conformes à mes désirs. Malgré quelques petits détails gênants qui m'avaient échappé au moment de l'achat (le comptoir de la cuisine américaine était bien trop haut pour moi, le carrelage blanc avait été posé par-dessus d'immondes dalles kaki si bien que les portes raclaient par terre ou avaient été rabotées à l'arrache dans le bas), j'étais globalement ravie d'avoir enfin un endroit bien à moi où je venais bosser dans la journée avant de rentrer, le soir, dans la maison froide et impersonnelle de l'Homme.

Je me suis félicitée de mon investissement quand j'ai vu les prix de l'immobilier monter en flèche les trois années suivantes. Je m'en suis encore davantage félicitée quand, ma décision prise de quitter l'Homme, j'ai disposé d'un point de chute tout prêt et déjà presque entièrement aménagé pour le quotidien au lieu de devoir cohabiter encore avec lui le temps de trouver un autre logement.

Dans les mois qui ont suivi, j'ai pansé mes plaies dans cet appart au milieu de mes chats, de mes bouquins, de ma collection de magnets et des murs rose Malabar de ma chambre sous les toits. Par indolence naturelle et tendance au cocooning autant que par manque d'amis et d'activités dans le coin, je sortais très peu - une, deux fois par semaine dans le meilleur des cas, quand il fallait remplir le frigo ou passer à la Poste. Je vivais en quasi-autarcie dans mes 58 mètres carrés, et si je déplorais quelque peu leur situation isolée (moi qui ai toujours été une citadine dans l'âme), je n'envisageais pas d'y changer quoi que ce soit.

Puis je suis tombée amoureuse de quelqu'un qui habite à 1054 kilomètres de chez moi, et qui étant salarié peut très difficilement envisager une relocalisation en l'état actuel des choses. Depuis, je suis confrontée à un impossible dilemme. J'aime profondément cet appart. Il est bien plus qu'un logement - un refuge où je me sens en sécurité, une expression de ma personnalité, une extension de moi. L'argent est la moindre des choses que j'y ai investies. Outre le bazar incroyable que représente, d'un point de vue matériel, un déménagement vers un autre pays (et cette question angoissante: quelle chance y a-t-il pour que je retrouve une pièce dont les dimensions soient exactement celles de ma bibliothèque chérie?), outre la nécessité de réinvestir encore pas mal de sous que je préfèrerais dépenser en voyages pour obtenir quelque chose d'équivalent dans une capitale européenne, je n'ai aucune envie de renoncer à mon joli duplex dans une région où il fait bon vivre. Et ça m'emmerde profondément de penser qu'avec ma mentalité de nomade, j'ai fini par me laisser attacher dans un endroit par le truc le plus bourgeois qui soit: quatre murs et une grosse douzaine de planches.

Cet appart m'a énormément apporté. Il est aussi en train de m'enchaîner. Mais peut-être n'est-ce pas une mauvaise chose. Peut-être va-t-il m'empêcher de commettre une nouvelle fois la bourde que je fais systématiquement quand je tombe amoureuse: chambouler toute ma vie pour être avec quelqu'un qui ne le mérite pas forcément ou du moins, ne serait pas prêt à en faire autant pour moi. Peut-être va-t-il me motiver pour tenir bon jusqu'à l'obtention de ce que je désire réellement: une vie à cheval entre Bruxelles et le midi de la France.

Ou peut-être n'est-il qu'une excuse que j'utilise pour justifier ma frilosité à m'engager.

Suis-je une excentrique qui s'efforce de se bâtir un mode de vie sur mesure, ou juste une grande trouillarde qui ne veut pas se faire aspirer par le tourbillon d'une existence banale?

dimanche 4 février 2007

Week-end en amoureux: les réponses aux questions fondamentales


- Non, il est arrivé pile à l'heure; par contre au retour, son avion avait plus d'une heure de retard, ce qui nous a permis de tester différentes manières de se tripoter ni vu ni connu en plein milieu d'un aéroport avec des gens assis à moins d'un mètre de nous.

- J'avais finalement opté pour une tunique achetée la veille, et prévue pour porter avec un jean dessous. Evidemment, je n'avais mis que des DimUp. Evidemment, les gens qui marchaient derrière moi ne pouvaient manquer de s'en apercevoir pour peu que leur regard dérive un poil vers le bas.

- Non, les toilettes sont même configurées de façon idéale pour couples désireux de s'offrir un quickie - avec une seule entrée commune pour les hommes et les femmes. Mais les boxes ne m'inspiraient pas, en partie à cause d'une odeur de désinfectant désagréable. Bon en même temps, la Twingo n'avait pas encore été baptisée, et j'avais jamais fait ça sur un parking extérieur en plein jour.

- Direct à l'appart' car pas chaud-chaud malgré le soleil et plage couverte d'une espèce de mousse beurk qui ne donnait absolument pas envie de rouler dessus.

- DVD: on n'a même pas eu l'opportunité de se poser la question; c'est très court deux jours et un petit bout quand il vous faut déjà plus de trois heures pour vous décoller l'un de l'autre et réussir à quitter le lit le matin au réveil.

- Menus: vendredi soir - tarte à la moutarde à l'ancienne et clafoutis d'épinards au chèvre frais; samedi soir risotto au roquefort; dimanche soir australian pie. On n'est pas morts de faim, loin s'en faut, et j'ai des restes pour les trois prochains jours.

- Aix-en-Provence: beau temps bien qu'un peu froid en fin d'après-midi, surtout avec une jupe et des DimUp qui laissent un méchant courant d'air en haut des cuisses; le parking de surface riquiqui que j'affectionnais a été remplacé par un immense parking souterrain dont aucun problème de stationnement; j'ai vu deux magasins plus ou moins goth dans la même petite rue mais n'étais pas dans le mood pour ça et avais déjà fait beaucoup, beaucoup de courses avant l'arrivée de Hawk; j'ai craqué pour un tableau de Marie Montagnat (une huile représentant des danseuses en grand jeté dans des tons de fuchsia et d'orange vif) mais ai réussi à me retenir de l'acheter; la Compagnie Anglaise des Thés n'avait que des théières moches en vitrine et du coup je ne suis même pas rentrée dans la boutique; nous sommes arrivés à 15h et avons donc fini quand même au Pain Quot' car les restos ne servent plus à cette heure-ci.

- Le temps que nous finissions de déjeuner et de nous préparer aujourd'hui, il était déjà 14h, donc la question du brunch ne s'est pas posée. Nous avons été nous balader sur la plage et oui, j'ai enfin réalisé mon fantasme de tailler une pipe au bout de *ma*jetée en plein jour. J'ai même une chouette vidéo pour le prouver, mais faudra me croire sur parole ;) A la place du brunch, nous avons été boire un thé et manger une crêpe dans un des restos du bord de mer. Nutella pour lui et Crème de marron/Chantilly pour moi. Après je m'étonnerai de pas arriver à maigrir...

- Moi top juste samedi soir, mais bien. Bien bien bien bien bien, même :)

- Non, colis pas arrivé. Mais j'avais prévu une tenue de rechange qui a eu l'air de faire son petit effet. Collier en cuir noir à pointes, catsuit manches longues en résille noire stratégiquement ouvert, escarpins fetish vernis noir, plus Jamal dans son Jaguar. Même moi je me suis trouvée bandante, c'est dire.

- Lumière électrique: j'avais besoin des tabourets sur lesquels je pose d'habitude les bougies pour autre chose.

- J'ai ordonné. Il a obéi. Ce qui ne m'a pas empêchée de l'attacher un peu pour la forme.

- Sébastien-Jamal, une combinaison gagnante. Et une vaisselle du lendemain surréaliste de plus...

- Quatre pattes sur le carrelage: même pas essayé. La couette par terre vendredi soir et gardé les talons + surélévation de 12 cm = hauteur parfaite samedi soir.

- OUI.

- L'ai donné après. Et ça l'a rendu tellement fou qu'on a aussitôt recommencé.

- Non. J'admire l'efficacité des médicaments belges à dose de cheval pour éliminer une grippe en trois jours. Surtout quand je pense que j'ai traîné une sinusite plus de deux semaines pendant les vacances de Noël. Du coup, pas de microbes en souvenir.

- ...Pas de marques non plus. Et c'est pourtant pas faute d'avoir essayé. Toute trace même très, très rouge et extrêmement cuisante sur la partie la plus charnue de mon individu disparaît en moins de cinq minutes. Désespérant.

- Oui; il doit être en train de le découvrir en ce moment même...

- La dernière question était purement rhétorique bien sûr. Le temps a la fâcheuse manie de se traîner quand on patauge dans la misère et de s'envoler à tire-d'aile quand on nage dans le bonheur.

vendredi 2 février 2007

Mon nouveau gynéco a de l'humour

Certes, il est arrivé à son cabinet avec vingt minutes de retard alors que j'avais fait exprès de prendre le premier rendez-vous de la matinée pour être sûre de passer à l'heure. Certes, il n'a même pas daigné s'en excuser. Certes, il a le genre de poignée de main molle et fuyante que je déteste. Mais en fin d'examen, il a eu cette répartie qui a presque rattrapé tout le reste:
LUI: Détendez-vous, je vous sens crispée.
MOI (sarcastique): Pensez-vous, j'adore que les mains de gens que je ne connais pas farfouillent à l'intérieur de mon bide de bon matin.
LUI: La prochaine fois si vous préférez, j'irai avec les pieds.
[Sinon, mon endométriose a probablement récidivé. Je suis bonne pour une nouvelle batterie d'examens, essai de traitement médicamenteux, IRM et, en dernier recours, hystérectomie. Ce qui aura au moins le mérite de résoudre tous mes problèmes de règles douloureuses, de contraception et de "quand est-ce que tu nous fais un bébé/mais pourquoi tu veux pas d'enfants?".]