samedi 31 mars 2007

Les hauts et les bas

Les hauts:

Le repas de lundi soir dans un bistrot italien d'Eygalières appelé l'Aubergine. Cuisine délicieuse, patronne charmante, décor chaleureux, convives cosmopolites et discrets, un pur moment de douceur de vivre d'autant plus délectable qu'il était inattendu.

La nuit de mon anniversaire dans une des roulottes gitanes rénovées du Mas du Pastre. Pour l'originalité pittoresque du lieu. Pour les portraits de nous deux fourrés sous les draps, absolument attendrissants. Pour les génériques de dessins animés qu'on a braillé hyper faux dans le noir vers 2 heures du mat'.

Le petit déjeuner maison de mardi matin, pris au calme dans une salle à manger campagnarde déserte. Il était à se mettre à genoux devant. Et encore, je n'ai bu qu'un thé, pas une carafe entière de chocolat chaud fumant comme Hawk. Mais la compote de pommes avait le même goût que celle de mon grand-père.

La vidéo de Régis en train de danser. Les photos de Régis en train de faire l'andouille dans la bagnole, à table ou à la chapelle Saint-Sixte. Je sais, c'est de l'humour de mômes. Mais ça me fait hurler de rire.

La biiiip. Un cadeau hautement inspiré. Dont on a usé et abusé au point que je l'ai unilatéralement proclamée deuxième au top ten des sex toys indispensables, juste après Sébastien le plug.

Les fou-rires le soir au lit ou dans la salle de bain. La balade dans les rues de la ville où j'ai grandi. Le pot avec Etre Exquis qui, bien que malade, a fait bonne impression à Hawk. Les courses à deux chez Carrefour. Le choix d'un parfum pour homme chez Sephora. La séance de gym dans mon club. Cuisiner l'un pour l'autre (miam la tarte tomates-ricotta) et faire la vaisselle chacun son tour. Regarder Pékin Express en mangeant des plats du traiteur chinois. Travailler dos à dos dans une proximité silencieuse mais émulatrice. S'apercevoir que contrairement à ce qu'on craignait, on gère plutôt bien l'aspect matériel du quotidien à deux.

Les bas:

Je n'ai pas été au cinéma depuis mi-octobre. Je pensais rompre cette longue abstinence mercredi soir avec "La vie des autres" - en VO, en plus. Sauf que la dernière séance avait eu lieu la veille, m'a gentiment informée le caissier quand je lui ai réclamé deux tickets pour le film.

Hawk s'est fait cambrioler jeudi matin. Apparemment les dégâts sont limités, mais ce n'est jamais agréable.

Les histoires d'impôts qui ont surgi ce matin alors qu'on essayait de se dépatouiller de la Bérézina de la veille, et qui ont achevé de me flinguer le moral.

Deux ratés deux soirs de suite, c'était beaucoup. Heureusement qu'on s'est rattrapés de manière assez spectaculaire avant le départ à l'aéroport. Mais après la phase idyllique où chacun ne présentait que ses bons côtés et ne produisait qu'un effet positif sur l'autre, il nous faut apprendre à gérer les bagages qu'on trimballe et les réactions apparemment incompréhensibles qu'ils nous inspirent parfois - les doutes, les craintes, les angoisses qui nous poussent à nous fermer d'un coup ou à nous parler avec une dureté injustifiée.

...Et à la fin, il faut toujours se séparer.

vendredi 30 mars 2007

Comme si - 5000 euros ne suffisaient pas à plomber même un moral d'acier

J'ai tellement mal au ventre qu'il me semble que mon stérilet est en train de me perforer une trompe. Et je redoute la deuxième tentative d'extraction dans dix jours.
Hawk vient de repartir à Bruxelles après une semaine pleine de très hauts et de très bas, me laissant complètement sonnée.
Les VIP sont en ce moment à Center Parcs (et m'envoient des vidéos d'eux en train de chanter "Tout de vous" dans la bagnole, ces enfoirés).
J'ai vu l'Homme ce matin - pour nos histoires d'impôts, donc. Comme d'habitude, ça m'a bien secouée en me donnant la désagréable impression d'avoir bifurqué accidentellement sur une réalité qui n'est pas la mienne.
Je ne vois vraiment pas comment je vais finir tout le boulot que j'ai avant de partir en vacances dans deux mois.
Je ne sais pas non plus quand j'aurai le temps de remonter à Toulouse voir ma famille, ni à Paris voir tous mes amis avec lesquels je ne pars pas en vacances.
La gym commence paraît-il à porter ses fruits niveau silhouette, mais je ne vois toujours aucun résultat sur la balance et ça commence à me miner sérieusement. J'ai même pris rendez-vous chez une diététicienne jeudi prochain, c'est dire. Histoire de perdre péniblement deux kilos avant d'en reprendre cinq en un mois passé aux USA.
...Et n'oublions pas que depuis lundi, je suis plus près des 40 ans que des 30.
Ouais, je suis grmlmlml.

Je hais l'administrationb française, opus 417

En mai dernier, lorsque nous nous sommes séparés, l'Homme et moi avons consulté le site du gouvernement pour nous renseigner sur les conséquences fiscales de la rupture de notre PACS.
Parce que celle-ci prenait effet au 1er janvier de l'année en cours et que nous payions moins d'impôts à deux que nous n'en aurions payé en tout chacun de son côté, nous avons décidé d'attendre début 2007 - comme l'aurait fait, de manière absolument légale, n'importe quel couple censé à notre place.
Aujourd'hui, nous apprenons que depuis 2005, les couples qui se dépacsent déposent, comme les couples qui divorcent, trois déclarations de revenus l'année de la séparation: une commune jusqu'à la date de la rupture de PACS, et deux séparées ensuite.
Il en résulte qu'avoir attendu sept-huit mois (ou ne pas avoir attendu trois-quatre mois supplémentaires) nous fait perdre, tenez-vous bien, 5000 euros d'impôts. Je le sais, parce que je viens de faire des calculs comparatifs sur le fameux site du gouvernement - celui-là même qui n'est pas à jour d'une mesure prise voici deux ans.
5000 euros, c'est le montant des travaux que je voudrais effectuer dans mon appart (rafraîchir le balcon, faire poser une clim' réversible, changer l'escalier de la mezzanine) et que je ne pourrai pas faire avant 2008 dans le meilleur des cas. C'est deux voyages de près d'un mois aux USA avec les VIP, ou un voyage de quinze jours au Japon avec mon amoureux en lui offrant le billet d'avion et le séjour.
Voys croyez que je peux intenter un procès au gouvernement pour mésinformation du contribuable?
PS: En plus, je me souviens, moi je voulais me dépacser de suite pour ne plus entendre parler de l'Homme. C'est lui qui avait suggéré qu'on attende début 2007 pour que ça me fasse gagner un peu sur les impôts; vu les circonstances de notre séparation, il faisait le maximum pour me rendre service. Je me suis laissée convaincre. Ca aura été ma dernière erreur le concernant, mais elle m'aura coûté trèèèès cher.

jeudi 29 mars 2007

Une nuit mouvementée

D'abord j'ai reçu une facture d'électricité de 770 euros pour le dernier trimestre. Je me suis dit que j'avais déconné de chauffer autant l'appart' et que j'aurais mieux fait de superposer les gros pulls.
Ensuite j'ai supplié la conductrice de la voiture d'accélérer parce que le tueur psychopathe qui terrorisait tout le pays était à nos trousses. Je savais pourtant que c'était inutile, que personne n'avait jamais réussi à le semer, qu'une fois sur la piste de sa proie il ne la lâchait plus avant de l'avoir retrouvée et découpée en morceaux. Du coup, j'espérais que sa proie, c'était la conductrice et pas moi.
Pour finir je me suis retrouvée à la montagne, lourdement draguée par Yves S. que je n'ai jamais pu supporter. Un peu troublée mais bien décidée à le fuir, je suis rentrée dans un magasin pour acheter des patins à glace. Il n'y avait plus de 35, et je suis donc ressortie avec une paire de patins Barbie rose vif en 37 qui n'avaient même pas de tampon en caoutchouc à l'arrière - or je n'ai jamais appris à freiner en chassant. J'ai dévalé le flanc de la montagne en chute libre, avant de finir par percuter le caddie de supermarché dans lequel se trouvait la copine d'Yves S. Ejectée par la violence du choc, elle est restée sans bouger par terre. Je me suis dit que j'étais vraiment immonde de la tuer après lui avoir piqué son copain sans le vouloir.
Les accrochages avec mon amoureux avant de m'endormir ne me valent décidément rien.

dimanche 25 mars 2007

Un art méconnu

Passer quatre heures à nettoyer un appart de 60 m2 de manière à ce qu’il soit presque aussi sale à la fin qu’au début, ça ne s’improvise pas. Il faut s’y être préparé en ayant, pendant toute sa jeunesse, fait la sourde oreille aux conseils maternels en matière de ménage. Il faut savoir acheter les produits qui, maniés par une main peu experte, ne vont pas faire disparaître la crasse mais se contenter de l’étaler artistiquement. Il faut s’assurer le concours de deux chats semeurs de grains de litière et de poils longs, qui soient prêts à sacrifier à la cause l’équivalent d’un oreiller en angora chaque semaine. Il faut, enfin, avoir des cheveux longs qui se laissent choir de votre tête au moindre prétexte mais s’accrochent férocement à toute autre surface avec laquelle ils sont entrés en contact.
…Maintenant, je vais essayer de me laver, moi. Wish me luck.

samedi 24 mars 2007

Les présidentielles me travaillent

Après m'être trompée d'arrêt, je descends enfin du train à la station la plus proche de Central Park. Assis sur un banc face à la sortie, un monsieur moustachu consulte un plan et peste tout bas en français. Je le reconnais: c'est Gérard Schivardi. Je lui dis que je suis fan de son programme (dont je n'ai pas lu une ligne). Tout heureux, il me serre contre lui et accepte de faire avec moi un groupie shot "Baudoin style". Là je m'aperçois que mon maudit appareil photo a aussi un écran de contrôle sur le devant. C'est pratique mais je me demande où est passé l'objectif...
Un des effets gênants des somnifères, c'est qu'ils supprimaient mes rêves bizzaroïdes - ma deuxième vie onirique que j'ai toujours beaucoup affectionnée. J'ai arrêté le Zopiclone depuis plus de deux mois, et je crois que c'est la première fois que je rêve à nouveau, ou du moins que je m'en souviens. C'est idiot mais ça me met de très bonne humeur, même si Gérard Schivardi et la moustache qu'il ne porte pas dans la réalité ne valent pas Patrick Swayze en tenue de foot et l'équipe de fleurs avec laquelle j'avais joué contre lui une nuit.

vendredi 23 mars 2007

Un mythe tombe

Je viens d'entendre PPDA déclarer que "Elle oit" était le présent de l'indicatif du verbe oindre, et dire en parlant d'un criquet "A cause du son qu'il émane". A ce rythme-là, d'ici dix ans, on n'est plus qu'une poignée d'irréductibles traducteurs/correcteurs à parler correctement le français.

jeudi 22 mars 2007

Hawk déteint sur moi

Matinée chargée. En sortant de chez le gynéco à 10h, j'ai dû courir faire le plein de la Twingo, déposer un agrandissement à tirer chez Photo Service, passer à Carrefour pour les courses de la semaine prochaine, aller récupérer un colis à la Poste, rapatrier courses et colis à la maison, repartir chez le dentiste en tenant compte de la difficulté de se garer dans son quartier (l'an dernier j'avais tourné une demi-heure avant de finir partiellement sur un passage clouté).
Miracle, une place immense me tend les bras sur l'avenue. Malgré mon bide en vrac, je débarque triomphalement dans le cabinet avec dix minutes d'avance et claironne:
- Bonjour, j'ai rendez-vous avec le docteur E. à midi.
- Votre nom?
- Mrs Armalite.
- Ah, non. Vous aviez rendez-vous à 11h.
- ...
Au final mon dentiste a terminé ses autres clients de la matinée et m'a prise quand même. Mais j'ai dû faire une croix sur notre habituel bavardage primesautier, et sur le déjeuner que j'avais prévu de partager ensuite avec Etre Exquis. Vu comment j'ai mal au ventre, je vais aussi faire une croix sur la gym, et vu que les photos commandées sur mypix.com ne sont pas encore arrivées, je peux oublier mon projet de soirée scrap. Journée de merde.

Le gore expérimenté par une nullipare

Mon premier rendez-vous médical du matin a été une vraie boucherie. Depuis mon retour chez moi, je suis recroquevillée de douleur autour de mon ventre qui n'en finit plus de saigner. Et tout ça pour rien: mon gynéco n'a pas réussi à retirer mon stérilet; je suis bonne pour y retourner sous sédatif pendant mes prochaines règles. Je n'arrive pas à me défaire de l'impression que mon utérus me fait payer la vacuité à laquelle je le contrains par mon refus d'enfanter. Je sais que c'est idiot, que des tas de femmes qui ont ou veulent des enfants souffrent de la même maladie que moi, mais le symbole est trop fort pour que je me le sorte de la tête.

mercredi 21 mars 2007

Pékin Express: c'est reparti!


Une fois n'est pas coutume, j'ai regardé la télé hier soir. C'était le lancement de la saison 2 de Pékin Express, dont j'avais adoré la saison 1 l'an dernier. C'est vrai qu'on y retrouve les travers de toutes les émissions de télé-réalité: équipes un peu stéréotypées, montage fait pour accentuer la dimension dramatique des rapports entre les candidats, règles permettant à la prod de favoriser qui elle veut (avec les fameuses étapes non-éliminatoires qu'on ne connaît jamais à l'avance). Mais ça reste quand même une vraie, une belle aventure humaine à laquelle j'aurais adoré participer. D'accord, je n'ai jamais fait de stop de ma vie, je supporte mal de devoir sauter des repas et j'aime dormir dans des endroits confortables. Je crois pourtant que j'aurais fait une exception pour ce périple magnifique. Surtout cette année où les candidats vont traverser la Chine, le Népal et l'Inde - le voyage idéal à faire sac au dos, au contact permanent de la population locale et avec l'avantage non négligeable de la sécurité fournie par une équipe de télé. Tant pis, je me contenterai d'être devant mon poste tous les mardi soir pendant les onze prochaines semaines. J'ai déjà mes chouchous (Nathalie et Guillaume qui ne se connaissaient pas avant le début du jeu; Tibert et Nicole le couple de retraités pêchus) et ma tête-à-claques (Cécilie qui mériterait franchement des baffes pour son attitude de petite fille gâtée pourrie). Et une folle envie d'inscrire la Chine sur la liste de mes prochains voyages.

mardi 20 mars 2007

La compta et moi

Un peu en retard sur mon timing habituel, je viens de boucler ma compta de l'an dernier et de remplir ma 2035 (document préalable à l'établissement de ma déclaration de revenus). Je ne suis pas encore passée sur le site des impôts pour voir combien je vais devoir au Trésor Public; de toute façon ce sera toujours trop pour ce que le futur gouvernement fera de mes sous.
Economiser les services d'un comptable, c'est bien la seule chose à laquelle m'aura servi mon passage dans une grande école de commerce. Marrant, parce que j'avais des notes assez lamentables en compta/finances/contrôle de gestion à l'époque. J'avais beau être bonne en maths, ça m'intéressait tellement pas que ça rentrait par une oreille et ressortait aussitôt par l'autre - me traversant le cerveau sans y laisser aucune empreinte, un peu comme quand on m'explique une manip' informatique aujourd'hui. Pendant que mon interlocuteur parle, tout me paraît limpide. Mais s'il me demande de lui répéter ou d'exécuter la manoeuvre cinq secondes après, il n'a droit qu'à un regard bovin et un sourire penaud. Y'a certains trucs que j'imprime juste pas. On peut pas être bon en tout.
Quoi que. Tant que j'étais mariée, mon ex s'occupait de ma compta. (D'ailleurs c'est à peu près le seul truc auquel il m'était utile. Non, je suis de mauvaise foi: il m'a aussi fait découvrir le beurre salé et l'orgasme en couple, deux trucs qui comptent parmi les plus fabuleux en ce bas monde - et les moins évidents à trouver dans mon patelin du Sud-Est de la France entre juin 1999 et mai 2006.) Après mon divorce, il a fallu que j'attaque seule cette tâche qui me donnait des sueurs froides rien que d'y penser. Les premières années, j'en avais chaque fois pour trois jours bien tassés, et j'ai perdu quelques kilomètres de cheveux en me les arrachant devant des erreurs impossibles à localiser.
Maintenant ça y est, je suis rôdée. Je ne me souviens même plus de la dernière fois où un rapprochement bancaire n'est pas tombé juste du premier coup. Et systématiquement, en voyant mes colonnes s'équilibrer au final, je suis envahie par une fierté idiote. La compta était une de mes phobies; en l'attaquant de front, je l'ai changée en simple corvée de routine. Reste plus qu'à faire pareil avec Photoshop/Picasa/les logiciels de graphisme spécial scrap.

Bon ben ça va j'ai compris le message

Vous vous situez à gauche.
Aucun parti ne correspond exactement à vos opinions.
Cependant, les partis dont vous êtes le plus proche (dans l'ordre) :
1. le Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) de Jean-Pierre Chevènement
mais vous êtes plus ouvert sur les questions liées à l'évolution des moeurs.
Le MRC soutient la candidature de Ségolène Royal.
2. le Parti Radical de Gauche (PRG)
mais vous ne partagez pas toujours les mêmes opinions sur le rôle de l'Etat dans le domaine économique ou social.
Le PRG soutient la candidature de Ségolène Royal.
3. le Parti Socialiste
mais vous ne partagez pas toujours les mêmes opinions sur le rôle de l'Etat dans le domaine économique ou social.
Le Parti Socialiste soutient la candidature de Ségolène Royal.
...Mais je refuse toujours de voter pour Ségolène.

vendredi 16 mars 2007

Lexique franco-belge

De la même façon qu'il existe de subtiles différences entre l'anglais et l'américain, on notera que le belge possède ses propres expressions et un vocabulaire quelque peu remanié par rapport au français.
Ici, je ne suis pas née en mille neuf cent soixante-et-onze mais en mille neuf cent septante-et-un. Malheureusement, ça ne fait pas baisser le nombre des bougies que je soufflerai dans dix jours.
Une serviette de bain est un essui. Une serpillère et un torchon, aussi. Gaffe à ne pas se tromper au sortir de la douche.
Un jus de fruits devient un vulgaire jus, comme aux USA (ou éventuellement un "jus fun" dans le vocabulaire de Hawk, à condition que les fruits soient plusieurs dont un inhabituel; exemple: pomme-kiwi). Tant pis pour moi si ça me fait plutôt penser à du jus de viande ou du jus de chaussettes.
De la même façon, un soutien-gorge devient un simple soutien, charge à lui de décider ce qu'il veut soutenir (tant que c'est pas Sarko aux prochaines élections, moi ça me va). Par contre, un arc se change en arc à flèches, précision toujours utile car on a vite fait de confondre avec un arc à ventouses ou à cuillères à soupe.
Un truc est un brol; une boucle, une crolle; un drôle reste un drôle, et un truc drôle devient un exercice de diction (répéter dix fois très vite).
Les viennoiseries sont des couques. Plus rapide à prononcer, consonnances nettement moins aristocratiques et plus rigolotes: j'adopte volontiers. Du moins sur place, car je doute de pouvoir me faire servir par ma boulangère en employant ce mot-là.
Rayon petit commerce toujours, une laverie s'appelle une wasserette. Mais on peut y faire la même chose qu'en France: nettoyer, sécher et plier son linge, prendre des photos rigolotes, sucer son copain...
Un truc très cher "coûte un pont". Ca aurait pu être "une cathédrale" ou "une autoroute", mais le pont apparaît comme un choix architectural intemporel, judicieux pour assurer la pérennité de l'expression.
Enfin - petite note culinaire - la choucroute se mange avec de la purée. Je vous jure. Pourquoi pas du couscous et du cassoulet pendant qu'on y est? Ils sont gentils mais quand même un peu cinglés, ces Belges.

jeudi 15 mars 2007

On ne mange pas que des frites en Belgique (et heureusement)

Si j'étais du genre à me (re)marier, le risotto aux pleurottes que Hawk m'a préparé hier soir m'aurait incitée à mettre un genou à terre et à lui poser la question. Ouais, c'était bon à ce point.

mercredi 14 mars 2007

Esclandre chez Brüsel (post en stéréo)

Les aventures du chèque baladeur, part II

Le 15 du mois (date limite de ma prolongation d'autorisation de découvert) approchant et mon compte n'étant toujours pas crédité des presque 9000 euros que me doit mon éditeur, je viens d'appeler pour manifester mon mécontentement et découvrir de quoi il retournait. Tenez-vous bien: la fille qui a reçu l'ordre de me faire un virement vendredi dernier parce qu'un chèque serait trop long à encaisser vu mon absence de cette semaine a acquiescé, dit qu'elle s'en occupait de suite et préparé... un chèque qui, cet après-midi encore, attendait la signature de son responsable.
AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAARGH.
L'éditrice a dit qu'elle était désolée et que la fille de la compta allait déposer dès cet après-midi une demande de virement. Qui devra elle aussi attendre d'être signée; après quoi mes sous mettront encore une semaine à arriver sur mon compte. Je suis : verte de rage. Et obligée de négocier une nouvelle fois avec mon banquier, ce qui commence à devenir 1/ ruineux en agios et en coups de fil surtaxés sur mon portable depuis la Belgique, 2/ extrêmement humiliant alors que je n'y suis pour rien. En bruit de fond dans ma tête, j'entends "L'incompétence" de Lynda Lemay.

mardi 13 mars 2007

Rapport du front belge

Après le grand magasin le plus déprimant du monde civilisé, j'ai aujourd'hui eu droit au cheeseburger le plus infâme que j'aie mangé de toute mon existence (ce qui n'est pas une mince affaire sachant que j'ai bossé chez McDo et chez Quick dans ma jeunesse). Pas l'ombre d'un demi-gramme de viande de boeuf dans le steack haché. Pas l'ombre d'un demi-gramme de viande tout court, d'ailleurs - ou alors, d'aucun animal connu de moi. Dans le meilleur des cas, c'était un aggloméré de sciure à l'huile. Et les frites qui allaient avec étaient juste correctes. Heureusement que "Chez Antoine" est censé être la meilleure friterie du pays dont la frite est la spécialité. Ca ne m'a pas empêchée de passer un moment exquis avec Hawk à l'Espérance, le café dans lequel nous nous sommes réfugiés pour manger devant un vrai Coca en bouteille de verre. Mais ça m'inquiète un peu quant à ce qu'il va bien pouvoir inventer demain pour se surpasser.

Victime des contrarions

Ca a commencé dimanche en fin d'après-midi. LaContradiction me contacte gentiment pour me donner sur MSN des adresses d'endroits où Régis aurait pu se réfugier. Pas de chance: tous ceux que j'essaie, soit n'expédient pas vers la France, soit sont en rupture de stock sur ce modèle en particulier.
Je déconnecte pour aller prendre mon avion. Ou pas. Car le vol prévu à 22h est annoncé avec une heure et demie de retard. Il est même possible que l'appareil qui se trouve actuellement à Brest n'ait pas la possibilité d'en partir ce soir - dans ce cas on pourrait nous acheminer en bus vers Marseille pour prendre un autre vol, voire carrément annuler nos réservations - ou arrive trop tard pour pouvoir redécoller - ce qui remettrait notre départ au lendemain à l'aube. J'imagine déjà ma semaine avec Hawk me filer sous le nez. Mais je reste : zen. Je me force à respirer calmement, je lis Eve et She et je papote avec la prof d'anglais assise à côté de moi dans la salle d'attente.
Finalement nous partirons à 23h30 et arriverons à Bruxelles vers 1h10 du matin. Encore mille mercis à Joli Dragon d'être venue me chercher à cette heure indue pour m'emmener chez Hawk.
Lundi matin, bien qu'ayant très peu dormi, je me réveille en forme. Il fait un temps radieux à Bruxelles, faut en profiter, c'est pas tous les jours! Je bosse en attendant le retour de Hawk, puis nous partons en expédition shopping. J'ai beau faire le pitre chez Brüsel, pas de Régis et pas moyen de savoir quand il reviendra ("Sans doute pas avant deux semaines car ça arrive des Etats-Unis"). En sortant, je file des coups de pied dans le mobilier urbain en grommelant: "Méchante ville, méchante".
Je ne connais qu'une chose capable de me consoler: une nouvelle paire de chaussures. Je file chez Sacha. Où on m'informe que les magnifiques escarpins rouges à talon aiguille que je guigne depuis quinze jours commencent au 37 et que là, il ne reste que du 38. Problème: je chausse du 35. A la limite j'aurais pris du 36, j'ai l'habitude de nager dans mes pompes. Du 38, faut même pas y penser.
Ca se présente mal. Les magasins ferment dans une heure et demie (à 18h30 voire 18h; vous trouvez que ça fait sérieux pour la soi-disant capitale européenne?) et mes mains sont toujours vides. Hawk m'entraîne vers la rue Neuve. Bof, bof, bof. Dernier espoir: Inno, "le" grand magasin du coin. Mais avant, il faut nourrir Hawk qui menace de hurler s'il n'a pas son goûter dans les dix minutes. Je crois qu'en matière de (non-)résistance à la faim, j'ai trouvé mon maître. Cela dit ça me donne l'occasion de tester les fast-foods Exki et leurs délicieuses salades de pâtes. Ben oui, en plein après-midi. Mais je suis contrariée, il faut bien ça pour me remonter un peu le moral.
Le grand magasin Inno est un endroit absolument ringard et déprimant. Quand je pense à mon cher Printemps, à mes divines Galeries Lafayette du boulevard Haussman, j'ai presque envie de me mettre à pleurer. Seul bon point: je trouve le grand sac pliage de Longchamp en rouge tomate. Loi de Murphy oblige, il sera probablement à la boutique de l'aéroport ou au Printemps à côté de chez moi 20% moins cher, mais passons. J'aime bien acheter des sacs français à l'étranger et les payer plus cher qu'à la maison (là, si je savais mettre un lien, vous auriez droit à l'histoire du Vuitton japonais, pour les lecteurs qui nous ont rejoints récemment et n'auraient pas encore mesuré l'étendue exacte de ma blonditude).
La fin de journée est sauvée in extremis par l'achat d'une armoire à produits de beauté rose qui ne détonnera pas du tout dans la salle de bains de Hawk et l'obligera seulement à percer quatre trous dans son mur, puis par une petite virée chez Filigranes - cette librairie bénie qui non seulement est ouverte le dimanche mais ne ferme qu'à 20h en semaine. Je suggère que le roi Albert II lui décerne une médaille du mérite ou quelque chose comme ça; à elle seule elle rattrape presque la mauvaise impression faite par le reste des magasins de la ville.
Retour à la casa. Pâtes aux courgettes devant un vieil épisode de Buffy pendant lequel Hawk s'endort au prétexte foireux qu'il a dormi deux heures la nuit dernière; pffff, quelles petites natures ces Belges :) Une fois au lit, par contre, il s'avère très, très réveillé. Décidément ce garçon fait tout à l'envers. Mais ce n'est pas moi qui vais m'en plaindre...

samedi 10 mars 2007

Que le coupable se dénonce!!!

Hawk dit :
j'ai une mauvaise nouvelle :/
Hawk dit :
le monstre... j'ai voulu le sécuriser... mais a p'us
Armalite dit :
NOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOON
Armalite dit :
JE VEUX MON MOOOOOOOOOOOOOOOOOOONSTRE
Hawk dit :
j'ai fait le tour de tous les magasins (que je connaissais) susceptibles de l'avoir aussi et j'ai pô trouvé
Armalite dit :
NOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOON
Armalite dit :
*se roule par terre en sanglotant*
Hawk dit :
je le trouverai, je te le promets
Armalite dit :
*toute petite voix enrouée de larmes* je veux mon monstre...
Hawk dit :
je fais une liste de magasins: tu auras ton monstre, celui-là, le cyclope
Hawk dit :
dussé-je retourner tout bruxelles et le web
Armalite dit :
*gros chagrin*
Hawk dit :
câlin câlin câlin câlin
Armalite dit :
adieu monde cruel
Armalite dit :
*se perche en équilibre sur le bord de la fenêtre*
Hawk dit :
reeeeeeeeeeeeeeeeeeeeste il existe, je vais le retrouver
Hawk dit :
c'est ma quête, mon graal, mon grand oeuvre
Armalite dit :
je suis triiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiste
Armalite dit :
je pensais dormir avec lundi
Armalite dit :
et commencer à le photographier partout
Armalite dit :
on aurait été heureux lui et moi
Armalite dit :
il m'aurait plus quittée
Armalite dit :
il aurait été l'ombre du chien que j'ai pas
Hawk dit :
il reviendra
Armalite dit :
il est oùùùùùùùùù?
Armalite dit :
je suis sûre que c'est un lecteur de mon blog qui me veut du mal
Armalite dit :
qui est allé le rapter

"Les mensonges de Locke Lamora"


Dans un univers parallèle, Arsène Lupin a nom Locke Lamora. A la tête de sa petite bande de voleurs, les Salauds Gentilshommes, il ourdit des plans audacieux pour soulager la petite noblesse de ses liquidités excédentaires. Ses méfaits ont pour cadre la cité imaginaire de Camorr, sorte de Venise médiévale-fantastique haute en couleurs officiellement dirigée par le Duc Nicovante et sa police secrète, mais officieusement sous la coupe d'un Parrain nommé Capa Barsavi qui contrôle d'innombrables gangs.

Je ne suis qu'à la page 150 de ce bouquin qui en compte 500 dans sa version anglaise, et je peux déjà affirmer que c'est un chef-d'oeuvre qui figurera dans le top 3 des meilleurs romans que j'aurai lus cette année. A cause de la fraternité vacharde mais palpable qui existe entre les Salauds Gentilshommes, à cause des dialogues truculents, à cause de la richesse de l'univers créé par Scott Lynch, à cause des descriptions qui donnent réellement l'impression d'"y être", à cause de l'intrigue bien foutue et rondement menée, à cause de la crédibilité de l'organisation sociale de Camorr (et de la critique sous-jacente qui en est faite), à cause de la cruauté jamais gratuite de certaines scènes, à cause des mille et un détails semés ça et là qui prennent toute leur importance dans la suite du récit. C'est un de ces livres dont je me contrains à ne lire qu'une trentaine de pages par jour pour ne pas arriver au bout trop vite, un de ces livres sur la suite duquel je me précipiterai dès sa sortie en librairie. En plus la version française est somptueuse, avec une couverture de toute beauté. Si vous aimez Maurice Leblanc et Phillip Pullman, vous pouvez vous ruer dessus les yeux fermés.

Un extrait ici:

jeudi 8 mars 2007

...Et pendant ce temps, mon découvert se creuse

Quand on bosse en indépendant, ce n'est pas toujours facile de gérer sa trésorerie. En ce qui me concerne, par exemple, je bosse pour trois éditeurs qui ont chacun une politique de règlement différente: l'un me paie 100 feuillets à la commande et le solde à la remise, l'autre une moitié à la commande et le solde à la remise, et le dernier un tiers à la commande, un tiers à la moitié et le solde à la remise. Ajoutez à ça la longueur variable des bouquins que je traduis et le temps de réaction aléatoire des départements comptables qui émettent les chèques, et vous obtenez un véritable casse-tête. Je suis perpétuellement en train de jongler avec des rentrées d'argent sur lesquelles je ne peux jamais compter à date fixe, et des sorties qui elles tombent comme un couperet à l'échéance prévue - le Trésor Public et la Sécu sont d'une ponctualité exemplaire quand il s'agit de se remplir les poches, mais hélas beaucoup moins rapides quand on leur demande d'effectuer une simple formalité comme, je sais pas moi, un changement d'adresse.
La longueur du tome 4 de Maudite Série ayant été grossièrement sous-estimée à la commande, il se trouve que je n'avais pas de rentrée prévue au mois de janvier mais que je devais toucher un énôôôrme chèque de près de 9000 euros courant février. J'ai donc attendu patiemment en réfrénant mon habituelle shoppingite aiguë (et si mon monstre n'est plus chez Brüsel quand je retournerai le chercher, there's gonna be hell to pay!). Sauf que le Colissimo qui contenait ma facture a mis 14 jours à parvenir à destination - la Poste non plus n'est pas une administration très fiable en France. Mes cartes bleues de février ont été encaissées sans que mon compte ait été crédité du moindre centime. J'ai dû appeler ma banque pour réclamer une extension provisoire de mon découvert autorisé. Qui m'a été accordée jusqu'au 15 mars. Je pensais que ce serait largement suffisant.
Avant-hier, ne voyant toujours rien venir, j'ai contacté l'éditrice concernée, qui a promis de se renseigner auprès de la compta et de me mailer dans la foulée. Aujourd'hui: boîte à lettres toujours vide, boîte mail idem. J'appelle l'éditrice. Et apprends que ma facture a été égarée par la compta, qu'on vient juste de la retrouver et qu'on m'envoie mon chèque sous deux jours maximum. Oui mais je pars à Bruxelles dimanche pour une semaine, ce qui reporte l'encaissement dudit chèque au 20 ou 21 mars, soit bien après la fin de mon extension de découvert autorisé. J'ai demandé si on ne pouvait pas plutôt me faire un virement. L'éditrice "voit avec la compta" et me tient au courant.
Je commence à comprendre pourquoi je n'ai jamais pu obtenir le numéro direct du service comptabilité de cette boîte. Ils n'ont déjà pas l'air super productifs, si en plus ils sont assaillis de coups de fils de traducteurs furieux, aucun d'entre nous ne sera payé pour ses factures en attente avant janvier 2008. Et d'ici là, l'une ou l'autre administration à laquelle nous devons des sous nous aura déjà envoyés en prison pour non règlement de cotisations.

Le remontant

Depuis quelques années, j'avais perdu le plaisir de bosser. Marre des histoires de preux chevaliers accablés par le destin, de voleurs roublards au grand coeur, de magiciens névrosés qui traînent une blessure d'enfance secrète, d'elfes hautains, de nains bougons et de damoiselles-pas-tant-en-détresse-que-ça dotées d'une langue hyper bien pendue. Marre des descriptions de villes médiévales qui se ressemblent toutes (des auberges pleines d'autochtones méfiants, un quartier du port où il ne fait pas bon traîner seul après minuit, une place du marché aux étals colorés et odorants, un château à l'architecture improbable). Marre des monstres hideux qui ont immanquablement une haleine méphitique, des crocs acérés et des griffes aiguisées comme des couteaux, et encore plus marre des grandes scènes de bataille finale dont on connaît le déroulement à l'avance (les gentils manquent se faire écraser mais réussissent miraculeusement à retourner la situation en leur faveur au dernier moment). J'exagère à peine. A côté de ça, je faisais bien quelques guides de séries télé, mais trop peu pour me distraire de mon ordinaire.
J'avais donc décidé de me réorienter peu à peu sur un autre créneau, a priori la chick lit (littérature de fifilles à la Bridget Jones et autre Le Diable S'Habille En Prada, pour les non-connaisseurs). Parce que j'avais une ouverture et parce que le genre est assez porteur en ce moment. Le problème c'est qu'il y a quand même beaucoup, beaucoup de daubes dans la publication pléthorique de ces dernières saisons. Probabilités obligent, j'ai donc commencé par quelques romans pour ados qui allaient du "je m'endors sur mon bouquin" au "c'est pas de la grande littérature mais ça se laisse lire". Encore bien contente de sortir un peu de mes univers médiévaux-fantastiques.
Et puis soudain... Le miracle. Depuis le début de la semaine, je bosse sur un roman tellement bien écrit qu'il mériterait d'être classé en littérature générale. Avec une héroïne psychologiquement très atteinte et des personnages secondaires merveilleusement vivants. Je retrouve l'envie de connaître la suite de l'histoire, l'admiration pour la fine sensibilité de l'auteur et l'attention qu'elle porte aux détails, la jubilation de réussir à adapter une référence culturelle un peu pointue ou l'humour d'un jeu de mots sans équivalent français, la satisfaction de me relire et que tout coule de soi, l'excitation à la pensée de distribuer mes SP à des gens qui passeront un bon moment à les lire. Ca faisait longtemps que ça ne m'était pas arrivé, et c'est vraiment bon.

mercredi 7 mars 2007

Dépoussiérage pour l'Eurovision 2007

Incroyable. Mes Fatals Picards que j'M vont représenter la France à l'Eurovision 2007. Ca changera des chansons d'amour nian-nian. Par contre chui pas fan de ce morceau-là précisément; je le trouve mou et ça m'étonnerait que la subtilité des paroles soit bien perçue par les juges. Hum. T'façon j'm'en fous, j'regarde jamais la télé.

mardi 6 mars 2007

Sofia

J’avais 20 ans et c’était la première fois que je flashais sur une fille.
Jusque là je ne m’étais jamais posé la question de mon orientation sexuelle. J’aimais les garçons (ô combien), donc il me semblait que la réponse coulait de source.
Puis j’ai rencontré Sofia.
Parallèlement à la danse que je venais juste de reprendre après quelques années d’interruption dues à mes études, je m’étais inscrite à des cours de yoseikan budo, de boxe thaï et de kickboxing. Sofia était championne de France dans l’une de ces trois disciplines globalement assez peu prisées par les filles. De ce fait, je me battais souvent contre elle. Contrairement aux garçons qui hésitaient à me taper dessus, Sofia ne me ménageait pas. « C’est en prenant des coups que tu apprendras à les éviter », me répétait-elle toujours. Après les entraînements, je rentrais chez moi les jambes couvertes d’énormes ecchymoses pourpres qui m’interdisaient le port de la jupe sous peine de passer pour une femme battue.
Et j’aimais ça. Pire, j’en redemandais.
Sofia me fascinait. 1m70 environ, mince mais musclée. Une cascade de cheveux bruns bouclés hautement féminine qui contrastait avec ses éternels survêtements ou jean-baskets. Des yeux en amande. Une peau dorée. Une bouche à la Angelina Jolie (que personne ne connaissait à l’époque) et des dents proéminentes que beaucoup auraient considérées comme disgracieuses mais sans lesquelles son visage aurait été simplement joli. Je la trouvais renversante.
Nous avions le même âge. Sofia était encore en terminale tandis que mon bac +5 en poche, je venais de commencer à travailler. Ses parents algériens ne lui laissaient, d’après ce que j’ai compris, qu’une liberté de mouvement hyper réduite ; je vivais seule depuis quelques années déjà. Sportive hyper saine que les livres ennuyaient, elle sortait avec un blondinet aux yeux bleus bien propre sur lui ; moi, j’étais un rat de bibliothèque qui fumait trop, buvait rarement mais toujours à s’en rendre malade, se droguait à l’occasion, passait ses nuits en boîte et enchaînait les aventures. Sorties de la salle de gym, nous n’aurions certainement rien eu à nous dire.
Pourtant j’étais transie d’amour face à elle. Incapable de sortir la moindre phrase inspirée malgré mon sens de la répartie habituel. Incapable aussi de réagir correctement quand on faisait du sparring ensemble. Je ne pouvais que la regarder se mouvoir face à moi avec la grâce d’une danseuse et subir ses attaques avec une gratitude éperdue. Il me semblait incroyable que cette déesse consente à perdre son temps avec moi, à dispenser son savoir à des oreilles aussi ineptes que les miennes. Je n’étais pas digne de recevoir les coups d’une précision parfaite qu’elle me portait avec une superbe nonchalance.
J’ai mis un moment à admettre ce que je ressentais pour elle. Non que ça me paraisse honteux ; simplement, l’idée ne m’était jamais venue jusque là que je puisse être attirée par les femmes (malgré l’attention incongrue que je portais à la section lingerie du catalogue de La Redoute depuis ma pré-adolescence).
Je n’ai jamais osé avouer à Sofia que j’avais le béguin pour elle – et il ne s’est bien sûr jamais rien passé entre nous. Par la suite, j’ai eu des histoires plus ou moins mémorables avec d’autres filles. Mais aucune ne m'a marquée aussi profondément.

La fille la plus bandante du monde

(Adults only, of course)

lundi 5 mars 2007

Under your spell


I lived my life in shadow
Never the sun on my face
It didn't seem so sad though
I figured that was my place
Now I’m bathed in light
Something just isn't right

I’m under your spell
How else could it be
Anyone would notice me?
It's magic I can tell
How you set me free
Brought me out so easily

I saw a world enchanted
Spirits and charms in the air
I always took for granted
I was the only one there
But your power shone
Brighter than any I’ve known

I’m under your spell
Nothing I can do
You just took my soul with you
You worked your charm so well
Finally I knew
Everything I dreamed was true
You made me believe

The moon to the tide
I can feel you inside

I’m under your spell
Surging like the sea
Wanting you so helplessly
I break with every swell
Lost in ecstasy
Spread beneath my willow tree
You make me complete
You make me complete
You make me complete
You make me...

dimanche 4 mars 2007

Des crimes contre la moralité

Dans le blog de Volto un peu plus tôt cette semaine, une lectrice traitait de « glauqissime » (sic) le récit pourtant assez touchant de sa première expérience échangiste avec sa copine. Qu’on ne soit pas attiré par ce genre de pratique, je le conçois aisément. Qu’on s’en offusque au nom de je ne sais quelle moralité mal placée, j’ai un peu plus de mal à l’admettre. Y’a des tas de choses que je trouve choquantes, moi. Par exemple, la poursuite de la guerre en Irak au mépris de l’opinion publique et du simple bon sens. Ou les SDF qui dépérissent de plus en plus nombreux sur nos trottoirs d’Occidentaux douillettement logés et grassement nourris (au moins une catégorie de la population qui ne doit pas songer à se plaindre du réchauffement global et de l’hiver exceptionnellement doux que nous venons de passer). Bref, ce genre de choses qui ne suscite plus qu’un très vague émoi chez la plupart des gens. Le 20h terminé ou le coin de la rue franchi, ils se hâtent d’oublier. Mais s’indignent vertueusement que des adultes consentants osent prendre leur plaisir d’une manière pas très conventionnelle. Où est le véritable crime contre la moralité ? Dans l’indifférence honteuse que nous manifestons vis-à-vis des atrocités de ce monde, ou dans des pratiques librement consenties qui ne visent que le bien-être des personnes impliquées ?

samedi 3 mars 2007

Echange de mots doux

[Après un petit accrochage]
De moi à Hawk: Tu me manques, connard.
De Hawk à moi: Je t'aime à en perdre la tête, poufiasse.
Very Nip/Tuck.

vendredi 2 mars 2007

Totoro vs. les Enfoirés

Deuxième année d'affilée que je rate la rediff du concert des Enfoirés alors que c'est l'unique possibilité qui me reste d'apercevoir Goldman depuis qu'il a décidé de faire une pause boulot à durée indéterminée. Et puis OK, les comiques, les acteurs et les mannequins qui viennent pousser la chansonnette me soûlent, mais à côté de ça y'a encore un paquet de gens que j'aime bien. Bénabar. Cabrel. Lavoine. Euh Bénabar j'l'ai déjà dit? Bon d'accord un paquet de 3 c'est maigre mais je dois en oublier. Ca m'apprendra à avoir rompu avec la sacro-sainte tradition familiale en cessant d'acheter Télé 7 Jours au prétexte risible que comme je ne regarde jamais la télé, c'était un peu des sous gaspillés. A la place, ce soir, je me suis fait le DVD de Totoro. Et j'ai été assez déçue. Ca part pas mal, mais ça ne décolle jamais vraiment. Le rythme est lent, le propos bien plus superficiel que dans les Miyazaki suivants. Bref, gentil mais pas inoubliable.

jeudi 1 mars 2007

Le truc dont je retrouvais plus le nom samedi soir à la Bécasse

Si vous avez de ça en Belgique et si Sarko est élu président, je déménage avant la fin de l'été.