dimanche 29 avril 2007

samedi 28 avril 2007

31% des Français dormaient en cours d'histoire

Profitant du marasme économique et des tensions sociales qui règnent dans son pays, un petit bonhomme charismatique se fait élire à la tête d’une des premières puissances mondiales en promettant d’employer tous les moyens nécessaires, si radicaux soient-ils, pour redresser la situation et assurer le retour d’une prospérité partagée. Ses méthodes s’annoncent peu recommandables ; quoi qu’il prétende dans ses discours, il est évident que de nombreuses catégories de population ne sont, à ses yeux, pas concernées par la notion de « prospérité partagée ». Bien au contraire, il considère que ce sont elles qui font obstacle à la bonne marche de l’économie nationale, et que c’est en les éliminant d’une façon ou d’une autre que l’on ramènera la croissance et le plein emploi.
Mais l’électeur s’en fiche. Que lui importe le sort des boucs émissaires officieusement désignés par le dictateur en herbe, du moment que leur neutralisation peut améliorer son petit confort personnel ? Que lui importe que, crise économique et sociale ou pas, son sort reste plus enviable que celui des neuf dixièmes de la population de la planète ? Il ne partagera pas son bout de gâteau, et surtout pas avec qui est trop différent de lui par sa race, sa religion ou sa sexualité. Il continuera à veiller jalousement sur ses privilèges et à fermer les yeux sur les brutalités policières, les rafles et les mille autres façons dont on bafouera les droits de l’homme sous son nez.
Nous ne sommes pas en Allemagne un jour de mars 1933, mais en France le 6 mai 2007. Dans le pays où, sur le fronton de toutes les mairies, on peut lire « liberté, égalité, fraternité ». Dans le pays où, aujourd’hui, j’ai honte d’être née.

dimanche 22 avril 2007

A voté

Je sais. Qu'une altermondialiste de coeur finisse par voter à droite (fût-ce au centre-droite), c'est assez affligeant. Mais avant de ricaner ou de me conspuer (selon vos propres tendances politiques), suivez mon raisonnement:

Les derniers sondages donnaient, pour ce premier tour, Sarkozy en tête, suivi par Royal et Bayrou. Il paraît donc vraisemblable que le second tour verra un face-à-face Sarko-Royal ou Sarko-Bayrou. Dans le premier cas, j'imagine que les voix de Bayrou au premier tour se répartiront à peu près également entre Sarko et Royal, et que Sarko l'emportera donc (d'autant qu'il bénéficiera du report des voix de l'extrême-droite, qui sera plus important que celui des voix de l'extrême-gauche pour Royal). Dans le second cas, je pense que Bayrou conservera toutes ses voix du premier tour et récupèrera en plus celles de Royal et de l'extrême-gauche. Ce qui devrait lui permettre de l'emporter. En tout cas, ça lui donnerait de meilleures chances qu'à Royal.

Je souhaite un gouvernement de gauche. Malheureusement, je souhaite davantage NE PAS avoir Sarkozy comme président. La logique m'a donc poussée à donner aujourd'hui ma voix à François Bayrou. Avec un profond écoeurement. Quand on choisit comment voter sur des critères stratégiques plutôt qu'idéologiques, c'est qu'il y a vraiment quelque chose de pourri en république de France.

samedi 21 avril 2007

Présidentielles, J-1

Le premier tour des élections présidentielles a lieu demain et je ne sais toujours pas pour qui voter.
Voter utile - c'est-à-dire, dans mon cas, non POUR Ségolène Royal mais CONTRE Nicolas Sarkozy - c'est participer à maintenir un statu quo immobiliste, entériner l'apathie politique qui est la plaie de notre pays à un moment où les fondements même de notre structure socio-économique ont besoin d'être remis en question de toute urgence.
Voter contestataire - pour Marie-George Buffet ou Olivier Besancenot qui sont les seuls à défendre des idées à peu près similaires aux miennes, même si le modèle de société qu'ils visent me semble totalement irréaliste dans le cadre d'une économie mondialisée -, c'est prendre le risque de voir 2002 se reproduire et qu'il n'y ait même pas un(e) candidat(e) de gauche au second tour. Au vu des derniers sondages, ça revient à donner la victoire sur un plateau à Sarkozy.
Au final, je me demande si je ne vais pas tout simplement m'abstenir. C'est bien la première fois qu'une telle idée me traverse l'esprit. J'ai toujours fait partie de ces gens qui tannent les autres pour les inciter à aller voter, qui assènent des "Si vous exprimez pas votre opinion quand on vous la demande, faudra pas râler après!". Mais je commence à me dire que le droit de vote est une liberté bien illusoire quand on ne nous laisse le choix qu'entre la candidate Peste et le candidat Choléra. Et que quelque part, voter revient à cautionner un système qui me fait gerber.

vendredi 20 avril 2007

[Note à moi-même, re: PLL]

Tomes 3 et 4 même pas encore écrits, mais à mon avis, solution de l'énigme: le corbeau sait tout parce qu'il a trouvé le journal intime d'AD dans les vieilles affaires que MSG a déposé sur le trottoir au début du tome 1. Je penche pour CB et PT, les deux ex-meilleures amies de MV, qui ne font qu'une brève apparition dans la préface du tome 1 et dont on n'entend plus jamais parler ensuite alors que tous les autres jeunes reviennent sans cesse. Elles habitent le bon quartier, elles suivent probablement une partie des mêmes cours que les quatre héroïnes, et le fait qu'elles soient deux expliquerait l'ubiquité apparente du corbeau. On peut supposer qu'elles cherchent à se venger de la clique qui s'est tant moquée d'elles autrefois et du fait que MV les a laissées tomber pour devenir amie avec HM. Dans ce cas, AD n'aurait pas été assassinée, mais se serait tout bêtement tuée en tombant dans la fosse. Cette explication satisferait à un certain nombre de règles du genre: présentation des "coupables" dès le début, envoi sur plusieurs fausses pistes (le meurtre présupposé, le fait que le corbeau soit une seule et même personne). A vérifier quand l'auteur aura pondu la deuxième moitié de la série.

jeudi 19 avril 2007

"And it's taken you so long to find out you were wrong..."

Je n'arrive pas à me sortir son visage de la tête. Le profil à cause duquel je l'avais surnommé Lambert à l'époque de la pub pour la Micra. La cicatrice profonde qui barrait sa joue gauche, celle qui aurait défiguré quelqu'un d'autre et ne faisait que le rendre plus séduisant. Les cheveux qui dès qu'ils dépassaient un demi-centimètre de longueur commençaient à faire des épis indomptables sur le dessus. Le regard brun foncé pas très expressif et si souvent fermé les derniers temps. La bouche volontiers rieuse qui s'ouvrait sur des dents trompeusement bien plantées mais rongées par la plongée sous-marine. Le menton un rien pas assez fort; les sourcils châtain clair à la ligne trop faible, comme un reste d'enfance qui s'attarde sur la figure. Les traits que j'avais vus s'empâter au fil des ans et qui le faisaient ressembler chaque jour un peu plus à son père.
*
Je n'arrive pas à me sortir son visage de la tête. Il m'assaille à tous les détours de mes journées, dans chaque méandre de mes rêves. Il est dans les pages de mes albums photo; il me suprend alors que je passe en revue les clichés que je garde dans la boîte à carreaux bleus et verts, ceux qui n'ont trouvé de place nulle part mais que je ne me résous pas à jeter parce qu'ils racontent quand même une histoire. Il surgit sans crier gare dans les lieux où nous avons vécu ensemble, où la passion flamboyante du début a insensiblement cédé la place à l'ennui et à l'incompréhension. Il continue à me hanter alors que je suis depuis longtemps convaincue qu'on a bien fait de se séparer, que je suis beaucoup plus heureuse sans lui.
*
Je n'arrive pas à me sortir son visage de la tête. Parfois je me demande comment il aurait fallu s'y prendre pour que ça fonctionne, quels efforts supplémentaires j'aurais pu faire - moi qui ai, à tort ou à raison, l'impression de lui avoir déjà tellement donné. Je ne parviens pas à le détester; je le connais trop bien pour ne pas lui trouver des excuses, pour ne pas lui accorder l'indulgence à laquelle je suis naturellement si encline. Je sais tout le mal qu'il y a à savoir sur lui, et mon coeur se tord quand même à la vue de son image. Pas de sa personne physique. L'homme que j'ai (rarement) en face de moi ces jours-ci n'est plus celui que j'ai aimé; un an de vie non partagée l'en sépare, et le gouffre ne cesse de s'agrandir. Depuis ce matin de mai où j'ai dit que je partais et où il n'a rien fait pour me retenir, j'ai pris un autre chemin, un chemin sur lequel je vole plus que je ne marche. Je n'ai aucune envie de revenir en arrière.
*
Pourtant je n'arrive pas à me sortir son visage de la tête. Le visage de quand on s'est rencontrés et que j'étais un des piliers du club d'aïki. Le visage de nos pérégrinations en Corse, en Italie, en Autriche et au Japon. Le visage des dîners entre amis sur la terrasse, enveloppés par le parfum entêtant du jasmin et baignés par la lumière faiblissante du couchant. Le visage de la naissance de sa filleule dont il est fou et qui le vénère. Le visage exultant penché au-dessus de sa dernière création culinaire qui embaumait toute la maison, ou concentré face à l'ordinateur quand il se battait contre Photoshop. Curieusement, je ne revois jamais le visage dur de nos rares disputes, d'une froideur et d'une tristesse infinies, ni le visage indifférent, au regard ailleurs, des derniers mois. Il faut croire que j'ai la mémoire sélective. Et en l'occurrence, ma capacité à ne retenir que les bons souvenirs ne me sert pas vraiment.

mercredi 18 avril 2007

Toutes les femmes de sa vie

Dans la nuit d'avant-hier à hier, avant que mon téléphone me réveille à une heure indue, j'ai rêvé que l'Homme venait me faire des confidences sur sa nouvelle copine: ce qu'il lui trouvait, comment ça avait commencé entre eux, leurs premiers petits problèmes de couple, etc. Moi, j'étais affreusement mal à l'aise. Je me disais que ce n'était plus mon histoire, qu'il devait me laisser tranquille maintenant, que je voulais juste l'effacer de ma vie.
Aussi étrange que ça puisse paraître, dans la réalité aussi, je me moque complètement de savoir qui est sa nouvelle copine et comment ça se passe entre eux. Quand j'ai appris que nos histoires s'étaient chevauchées, je me suis seulement demandé si je la connaissais, si c'était une de mes ex-copines de l'aïkido. A partir du moment où j'ai découvert que non, je me suis totalement désintéressée de la question. Ce n'est même pas une démarche consciente, un effort déployé pour ne pas sombrer dans le masochisme en retournant le couteau dans la plaie. Je n'éprouve tout simplement aucune curiosité vis-à-vis de cette fille.
Vous me direz que c'est très bien comme ça et que vous ne voyez pas ce que ça a d'étrange. Le truc, c'est que les deux hommes qui ont le plus compté dans ma vie jusqu'à présent étaient déjà en couple quand j'ai commencé à sortir avec eux. Et que durant toute la partie illégitime de notre relation, j'ai été totalement obsédée par l'Autre. A quoi ressemblait-elle? Comment parlait-elle, comment bougeait-elle, comment s'habillait-elle, comment lui faisait-elle l'amour? Quels étaient ses goûts? Quels points communs avions-nous, à part d'aimer le même genre de mec?
Aujourd'hui encore, je ne m'explique pas cette fascination. Je voulais peut-être jauger ma rivale pour me donner les meilleures chances de l'"éliminer" et de ne pas reproduire les mêmes erreurs qu'elle. Freud dirait sans doute qu'il faut voir là une expression de mon homosexualité latente, celle qui goûtait secrètement le fait de partager son homme, fût-ce de manière décalée dans le temps - comme si baiser avec lui c'était aussi baiser avec elle par procuration. Troisième hypothèse, c'était une bête pulsion compétitive, un besoin de s'assurer qu'elle n'était pas "mieux" que moi. Allez savoir...
La dernière fois que je suis passée chez Ikea et que j'ai aperçu l'ex-femme de l'Homme au loin (plus mignonne et plus piercée que jamais), j'ai eu envie d'aller la voir et de lui dire "Tu sais quoi? Finalement, il m'est arrivé la même chose qu'à toi". Il me semblait que c'était une petite victoire qu'elle méritait de savourer.
Mais vis-à-vis de sa nouvelle copine, je n'éprouve qu'une indifférence absolue.

Gare aux blondes mal réveillées

Hier matin, 5h50. Un bip tonitruant me tire de mon sommeil le plus profond. Hébétée, j'ouvre un oeil. J'ai reçu un message vidéo sur mon portable. Les VIP sont en voiture, ils me font coucou et me disent qu'il ne reste plus que X jours avant notre départ aux USA.
Première pensée: Non mais quels enfoirés! Ils savent bien qu'à cette heure-ci, je dors!
Deuxième pensée: Euh qu'est-ce qu'ils foutent en bagnole en pleine nuit un jour de semaine?
Troisième pensée: Et pourquoi il a l'air de faire jour dehors? Y'a pas tant de décalage horaire que ça entre Paris et chez moi...
Quatrième pensée: ZzzzzzZzzzzz
En me levant quatre heures plus tard avec encore des idées de vengeance plein la tête, j'ai réalisé que SFR avait tout simplement dû me livrer en retard un message envoyé le week-end, pendant que j'étais en Belgique. Mais l'espace de quelques instants, j'avoue que j'ai haï mes amis assez fort.

mardi 17 avril 2007

Le bal des vampires


Very glop:
- La possibilité de se faire coiffer et maquiller sur place pour une somme modique
- Mon amoureux. Juste trop beau avec sa chemise de pirate, son pantalon en cuir et sa gueule peinte en noir et blanc.
- Les costumes délirants de certains participants (et la gentillesse avec laquelle ils ont accepté de poser avec Régis)
- Le vaste espace de Tour & Taxis qui évitait tout danger de suffocation (ma hantise principale dans ce genre de soirée)
- La musique du DJ qui avait visiblement les mêmes goûts que moi (vieux tubes des 80's, un soupçon de goth et le reste de rock bien lourd; j'ai manqué un old favorite de ma période aixoise, "Body count's in the house", mais c'était pour une bonne cause ^^)
- Le timing impeccable des vigiles qui nous ont aperçus Hawk et moi entre deux remorques vers 4h du matin. "Vous ne pouvez pas rester là" "Justement on s'en allait", ai-je répondu en froissant mon Kleenex.

Not so glop:
- Ma robe de vampire sur laquelle je n'ai pas arrêté de marcher parce qu'elle était trop longue de 15 ou 20 cm. Essayez de pogoter sur "Smells like teen spirit" en tenant une immense jupe d'une main, vous m'en direz des nouvelles.
- Mon maquillage absolument affreux qui me faisait une tête de poisson lune (par contre j'ai beaucoup aimé la coiffure; c'était la première fois qu'on me crêpait les cheveux et ça donnait pas mal du tout)
- Le mal au ventre qui m'a empêché de profiter de toute la première partie de la soirée (la prochaine fois je tâcherai de ne pas oublier mes médicaments)
- L'absence de têtes connues - j'aurais bien aimé voir Phil-que-la-fête-avait-entraîné-à-Lille, Baud en loup-garou, Sophie avec son costume de squelette tout pourri, Poulpy avec un déguisement improvisé pour 14 euros, et maintenant que j'y pense Klopo aurait été impec en Comtesse Bathory

Verdict:
A refaire l'an prochain de manière un peu plus organisée maintenant que je sais à quoi m'attendre.

lundi 16 avril 2007

Un long dimanche de fiançailles

Mettre le réveil à 10h même si c'est dimanche, pour ne pas perdre la moitié d'une de ces journées rares et précieuses qu'on passe ensemble. Et puis paresser au lit jusqu'à midi trente en se faisant des câlins; n'en sortir qu'à regret pour remédier aux gargouillis stéréophoniques de nos estomacs. Se croiser dans la salle de bain. Se sourire. Ne pas dire grand-chose - juste apprécier de partager ces petits gestes quotidiens.
Aller bruncher à l'Amour Fou. Hésiter devant le menu: qu'est-ce qui concilie le mieux gourmandise et diététique? Savourer thé, jus de fruits pressés et salade Penjab (lui) ou croque végétarien (moi) avec des soupirs de bien-être. Goûter le calme dominical du lieu et même l'indolence des serveuses. En profiter pour photographier les bêtises de Régis.
Descendre à pied jusque chez Filigranes, dans une chaleur estivale tout à fait incongrue pour l'endroit et la saison. Regretter de ne pas s'être habillés plus légèrement. Respirer à fond; même l'air a le goût du soleil. Penser que ça serait quand même drôle de commencer à bronzer à Bruxelles mi-avril. Se dire que la vie est bien belle parfois.
Passer deux heures à flâner parmi des milliers de livres. Se perdre et se retrouver au détour d'un rayon. Se chuchoter des souvenirs et des mots doux inspirés par les ouvrages qui nous entourent. Pousser des petits cris de joie devant nos trouvailles - un manuel de photo longtemps cherché en vain et récemment réédité, une série d'une mangaka adorée dont on n'espérait plus qu'elle soit traduite en français. Feuilleter des bouquins à une table de l'indoor café en sirotant un jus de fruits, sans rien dire - juste, de temps en temps, lever les yeux et s'adresser un sourire qui signifie "Tu es bien?" "Oui, je suis bien".
Aller finir l'après-midi au Parc du Cinquantenaire. Faire poser Régis parmi les tulipes sous le regard amusé des amoureux allongés non loin de là. S'arrêter quelques minutes pour écouter des musiciens qui font un boeuf près de l'arche. S'assoir sur une pelouse et s'affaler l'un contre l'autre. Essayer de faire des auto-portraits de famille avec Régis et avoir toujours un détail qui cloche sur la photo. Rajouter le Parc du Cinquantenaire sur la liste des endroits où "là, c'est fait".
Rentrer à la maison. Avoir une discussion d'adultes très sages autour d'un repas très sage. Puis jeter la Sagesse aux orties avec ses soeurs la Décence et la Normalité et ne pas voir passer la soirée. S'endormir à regret car demain matin, il faudra se séparer.

samedi 14 avril 2007

14 avril 1997

Je marche dans Manhattan à côté de Shawn. Arrivée de France la veille, je n'ai pas fermé l'oeil de la nuit malgré le décalage horaire. Trop d'angoisse et de fébrilité. Autour de moi, la ville ne dormait pas non plus; à peine était-elle assoupie. Les doubles vitrages de l'hôtel étouffaient les sons de la rue plusieurs dizaines d'étages en contrebas, mais je sentais l'électricité dans l'air, vibration ténue qui m'agaçait les nerfs et ne m'autorisait pas le repos.

Première sortie en plein jour, le choc. C'est le milieu de la matinée et les trottoirs sont toujours plongés dans l'ombre tant les immeubles alentour culminent haut. Même si je suis habituée aux paysages urbains, les avenues rectilignes et interminables créent des perspectives cubistes vertigineuses, entièrement nouvelles pour moi. Je suis frappée par la diversité des visages que je croise: Blacks, Blancs et Latinos semblent mélangés à égales proportions. C'est la première fois que je me balade dans un endroit où le type caucasien n'est pas la norme. Et puis les gens sont si pressés; les femmes en tailleur chic et baskets se hâtent vers leur bureau, le regard rivé droit devant elle, une expression déterminée sur le visage.

Aujourd'hui je vais dévaliser une boutique de comics dans laquelle je raflerai tous les back issues d'une série formidable que j'ai découverte il y a peu de temps, "Strangers in Paradise". Je lirai les premières confessions de David et de Katchoo assise à la terrasse d'une buvette de Central Park, après avoir visité le zoo où j'entendrai parler français au détour de chaque cage. Je me ferai asperger par Marvin le Martien dans le cinéma 3D au dernier étage du Warner Store. J'ouvrirai des yeux d'enfant émerveillée chez FAO Schwartz. Le soir, j'assisterai à une représentation de Cats à Broadway, et bien que transportée par le spectacle, j'aurai du mal à garder les yeux ouverts jusqu'au bout. En sortant, je roulerai encore quatre heures avant d'arriver dans la petite ville de Pennsylvanie où j'habiterai désormais et où je passerai une année mémorable - pas forcément dans le bon sens du terme.

Mais tout ça, je ne le sais pas encore. Le nez en l'air, je me remplis de Manhattan, tellement absorbée par ma contemplation que j'en oublie de prendre la moindre photo malgré l'appareil niché au fond de mon sac. Je suis prête à refaire ma vie dans un pays où je mets les pieds pour la première fois et où je ne connais personne d'autre que mon guide, rencontré "en vrai" la veille seulement. Je pense à Soeur Cadette à qui je ne souhaiterai pas son anniversaire cette année. Je pense à l'homme près duquel j'avais juré de rester jusqu'à ce que la mort nous sépare et que je viens pourtant de laisser derrière moi. Mon avenir s'étend devant moi comme une immense page blanche et je ne sais pas ce qui l'emporte de l'excitation ou de la peur.

jeudi 12 avril 2007

4%, c'est maigre...


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...Mais c'est sûr qu'en retournant toujours dans les mêmes pays je vais avoir du mal à augmenter mon score. Quoi que... Si le projet "VIP in Hong-Kong" se concrétise, il va faire un bond d'un coup!
Piqué chez Volto.

Les disparus de la blogosphère

Je viens de procéder à une nouvelle épuration de ma liste de liens... Exit les blogs dont les auteurs n'ont pas posté depuis deux mois ou plus. Ca me fait toujours bizarre de me séparer ainsi de gens auxquels je m'étais attachée sans les connaître pour de vrai. J'aimerais savoir ce que deviennent Malice, Joraël, Emilie de Chicken Suicide, Poupoule ou Jujuly.
La petite Canadienne ex-droguée, ex-prostituée, ex-dealeuse dont j'ai commencé à lire le blog quand elle avait 17 ans et de gros ennuis dans la rue, que j'ai suivie pendant sa grossesse accidentelle et même encouragée à garder son bébé quand elle ne savait pas encore ce qu'elle allait faire, que j'ai vue déployer des efforts énormes pour essayer de se ranger et de mener une vie normale malgré les démons du passé qui la poursuivaient - j'aimerais savoir qu'elle s'en est sortie, qu'elle a vaincu la fatalité et qu'elle continue à écrire avec la poésie hargneuse qui la caractérisait.
L'ex-jeune cadre dynamique tombeur de filles, que j'aurais sûrement trouvé imbuvable dans la vraie vie mais qui avait une écriture surprenante d'intelligence, de sensibilité, de rage et de cynisme, a cessé de poster après un licenciement assez brutal - depuis, je me demande si cet accident de parcours l'a poussé à se remettre en cause et à privilégier ses tendances artistiques plutôt que l'appât du gain.
Les trois autres, je ne me fais pas de souci pour eux, ce sont des gens bien équilibrés, mais leurs coups de gueule ou de coeur, leur humour et la finesse de leur observation du quotidien me manquent. C'est ça aussi, la blogosphère: s'attacher à la trajectoire de personnes qui peuvent disparaître du jour au lendemain sans laisser d'adresse.

mardi 10 avril 2007

La dernière de Sarko

A quinze jours des élections présidentielles, Sarko ne cesse d'enchaîner les bévues. Voilà maintenant qu'il déclare que la pédophilie serait un comportement inscrit dans les gènes - théorie qu'aucune démonstration scientifique ne vient étayer, et qui d'un point de vue idéologique ouvre la porte à toute sorte de débordements orwelliens. Personnellement, ça m'arrange qu'il s'enfonce tout seul, même si je crains que ça ne l'empêche pas de passer. Mais combien de braves gens mal informés ou manquant d'esprit critique vont prendre ses propos sur ce sujet pour argent comptant?

Les contrarions ont encore frappé

Samedi dernier j'ai eu la flemme de me traîner à la gym. Je me suis dit que c'était pas grave, que je rattraperais cette semaine.
Hier, lundi de Pâques, salle fermée (comme quoi les sportifs peuvent être plus feignasses que les employés de Carrefour qui, lui, était ouvert).
Aujourd'hui, mon genou gauche refuse de plier et proteste douloureusement chaque fois que je monte ou descend un escalier. Tout ça parce qu'hier je l'ai, de manière tout à fait involontaire et néanmoins extrêmement brutale, cogné contre le dossier d'une chaise dont j'ai ensuite copieusement insulté la génitrice pendant deux bonnes minutes.
Et vendredi matin, je prends le train pour Bruxelles.
Quand est-ce que je vais les caser les deux séances de gym hebdo que la diététicienne m'a bien recommandé de maintenir, mmmh? A quoi ça sert que j'essaie de perdre du poids si l'univers a décidé que j'allais les garder, mes 7-8 kilos en trop? Et est-ce qu'on peut danser déguisée en vampire dans un fauteuil roulant sans être ridicule?

lundi 9 avril 2007

Solitude

C'est un magnifique lundi de Pâques. Le fond de l'air est encore un peu frais mais le soleil déjà radieux. Il fait un temps à se promener dans la campagne en donnant la main à son amoureux et en riant de sentir une brise légère rabattre ses cheveux sur sa figure. Un temps à rouler dans une voiture pleine d'amis qui chantent à tue-tête vers un concert pourri dans un endroit improbable. Un temps à déjeuner en famille sur une terrasse et à végéter la moitié de l'après-midi vautré sur son fauteuil en tenant une conversation décousue. Bref, un temps à partager avec ceux qu'on aime.
Moi, ceux que j'aime sont à Bruxelles, à Paris, à Toulouse, et puis aussi à Lyon, à Nantes, à Lille, au Puy-en-Velay, à Besançon... Comme eux, les morceaux de mon coeur se retrouvent éparpillés à travers la France - voire au-delà - pendant que je reste ici. Et que je souffre de leur absence.
Peut-être que j'aime trop de gens. Peut-être que s'ils étaient moins nombreux, j'arriverais à prendre la décision de déménager pour me rapprocher d'eux. Mais là... Me rapprocher de qui? De l'homme dont je suis dingue et sans lequel je ne supporte plus de dormir? Des amis qui sont comme des extensions de moi-même et me manquent tel un membre fantôme quand je ne les ai pas vus depuis trop longtemps ? De ma famille à laquelle je tiens fort fort fort et de sa dernière addition qui est en train de grandir beaucoup trop vite loin de moi?
La vie file à toute allure; elle est infiniment fragile et je suis écartelée entre ceux qui donnent un sens à la mienne.

Régis (se) fait chier

Regisenvoiture

J'aime un optimiste désintéressé

Armalite dit :
à ce rythme-là
Armalite dit :
avant la fin de l'année on a un album entier
Armalite dit :
on le vend à un éditeur
Armalite dit :
il cartonne
Armalite dit :
on se fait des couilles en or
Armalite dit :
on devient plus célèbres que jk rowling
Hawk dit :
puis uglydoll nous fait un procès de violation de copyright et on est sur la paille
Armalite dit :
nan parce que l'éditeur se sera arrangé avec lui au préalable pfff t'es nul
Armalite dit :
et comme on aura contribué au succès de la marque en france
Armalite dit :
on aura des royalties dessus en plus!!!!!
Hawk dit:
ah d'accord
Armalite dit :
mais comme on sera déjà assez riches
Armalite dit :
on en fera don à une asso caritative
Armalite dit :
car on est des artistes à la base, pas des méchants capitalistes
Hawk dit :
ha bon?
Armalite dit :
si si
Armalite dit :
répète après moi
Armalite dit :
"l'argent ne m'intéresse pas"
Armalite dit :
et tâche d'avoir l'air un peu plus convaincant steuplé

La barrière de la langue culture

Armalite dit :
les deux seuls régis que j'ai connus dans ma vie étaient d'affreux bonnets de nuit
Hawk dit :
???
Hawk dit :
tu donnais des noms à tes bonnets de nuit?
Hawk dit :
les godes je comprends, mais les bonnets de nuit...
Armalite dit :
mais nan, ça veut dire des types ennuyeux à mourir

dimanche 8 avril 2007

Le fou-rire du week-end

Astral s'est fait une fracture du pénis. Si si, ça s'appelle comme ça malgré l'absence d'os. Il paraît qu'on a dû l'opérer pour remédier à son hémorragie interne et que depuis, il est tout bleu de la taille aux genoux. Il a dû raconter des bobards à son boulot pour justifier son hospitalisation sans qu'on se foute de sa gueule jusqu'à la fin des temps. C'est sûrement très douloureux, mais... On s'entend pas assez bien lui et moi pour que la compassion l'emporte sur l'hilarité. J'en ris depuis deux jours.

Je veuxxxx...

...Ca. Parce que même si ça ne paye pas forcément de mine, c'est le siège le plus confortable et le plus versatile du monde. Une invention belge (tiens tiens). Et en plus, il existe en rose. Testé vendredi soir chez Korrigan et Framboise. J'aurais voulu ne plus jamais me lever tellement j'étais bien vautrée là-dedans.

"Avant qu'il ne soit trop tard"

Ca commence comme une énième comédie sur la crise de la trentaine. Une bande de vieux potes de fac se réunit pour la dernière fois dans le chalet de montagne d'une des leurs, qui vient de le vendre car elle part s'installer à San Francisco. Au cours d'une mémorable soirée de fête, les langues se délient, les vérités enfouies remontent à la surface et chacun fait le bilan de sa vie jusque là.
Sauf que... Ce film ne joue pas du tout dans le registre de l'humour, mais dans celui des constats qui font mal, des illusions brisées, des sentiments qui blessent. J'avais gardé le souvenir d'Emilie Dequenne apaisant ses douleurs menstruelles avec un sèche-cheveux dans "Rosetta"; elle est ici absolument parfaite en croqueuse d'hommes qui s'assume. Magistrale quand elle assène leur quatre vérités à chacun de ses amis dont la vie sentimentale part en quenouille avant de poursuivre, des larmes dans la voix:
- Ah ils peuvent bien ricaner Greg et Vincent quand on leur parle de notre belle amitié. Ce soir on a tous fait notre show. Avec moi dans le rôle de la super salope. Je suis peut-être pas regardante en ce qui concerne mon cul, mais moi mon coeur je le respecte. Je dis pas "je t'aime, je t'aime plus". Moi je dis "je te baise, je te baise plus". Et mes sentiments, je les ai toujours gardés pour vous. A l'époque on rêvait tous de refaire le monde, et vous voyez pas que c'est le monde qui est en train de nous refaire?"
Frédéric Diefenthal est nickel aussi, décidément un acteur plein de sensibilité quand il ne se commet pas dans "Taxi". J'aurais juste aimé que le film se termine quand il part sur sa moto, plutôt que par un happy end un peu facile qui détonne avec le ton de l'heure et demie précédente. Mais ceci mis à part, "Avant qu'il ne soit trop tard" m'a beaucoup touchée; je ne comprends pas qu'il ait fait aussi peu de bruit au moment de sa sortie en salle. Mention spéciale à la superbe BO de Syd Matters et Archive, mélancolique à souhait.

samedi 7 avril 2007

3 ans déjà...

Avant-hier, ça a fait trois ans que j'ai commencé à bloguer. Trois ans pleins d'amitié intense, de bas et de hauts spectaculaires en amour, de voyages magnifiques, de bouleversements familiaux, de mon premier vrai problème de santé, d'une foultitude de pages de scrap dont je suis assez fière, et surtout d'une profonde évolution personnelle. Trois ans au fil desquels le but de "Le temps n'est rien", puis de "Le rose et le noir" a pas mal évolué. De simple journal extime, mon blog est devenu un moyen partager un peu plus de ma vie avec les gens que j'aime - d'approfondir, maintenir ou recréer des liens avec ceux qui sont tout près de mon coeur mais trop loin de mes yeux. Et le bonus auquel je ne m'attendais absolument pas: il m'a permis de rencontrer Hawk sans qui je n'imagine plus la suite. Merci qui?

Juste merveilleux


vendredi 6 avril 2007

Jusqu'ici tout va bien

...Mais ça irait encore mieux si je n'avais pas passé toute la soirée d'hier à chasser les oeufs de Pâques sur A Cherry On Top au lieu de bosser. Parce que là, j'ai le poignet droit quasi paralysé et une journée et demie de travail à caser dans les deux tiers d'une.

jeudi 5 avril 2007

Au pain (complet) sec et à l'eau


Et voilà, je sors de chez la diététicienne. Verdict de la balance à impédence: 4 kilos de gras et 3 kilos de flotte en trop. Je visais entre moins 6 et moins 8 kilos, donc apparemment j'avais tout bon. Pour le reste, le programme qu'elle m'a fait, c'est très exactement ce qu'on trouve dans tous les magazines féminins qui proposent des régimes à peu près sensés - et ce que je me serais fixé toute seule, à part peut-être que j'aurais été moins précise au niveau des quantités. Néanmoins, faire la démarche d'aller voir une pro, la payer 40 euros la séance et y retourner tous les mois pour un bilan m'incitera à un suivi plus rigoureux.
Ces derniers jours, histoire d'éviter toute tentation, j'avais vidé mon frigo des plats préparés, crèmes au chocolat et autres cochonneries qu'il contenait. En sortant de chez la diététicienne, je suis donc passée chez Carrefour pour faire un plein. Résultat ci-dessus. En plus ça m'a coûté moins cher que mes courses hebdo habituelles. Maintenant, il faut voir l'effet que la privation d'îles flottantes, de chocolat chaud/petits beurres, de tourte australienne et de risotto aux champignons va produire sur mon moral. Et si un mois de vacances aux US ne va pas me couper net dans mon bel élan.

mardi 3 avril 2007

Page tournée, livre fermé

Je viens juste de raccrocher mon téléphone après avoir souhaité une bonne continuation à l'Homme.
Il m'a appelée à 8h30. Evidemment je dormais encore. "T'es une grande malade," m'a-t-il lancé en riant en guise d'entrée en matière. Ca commençait bien. Les lambeaux de mon sommeil interrompu m'ont empêchée de monter immédiatement au créneau. Il m'a dit qu'il venait de trouver mon mail, qu'il était en train de rassembler les affaires que j'avais laissées chez lui et qu'elles seraient devant ma porte cet après-midi. J'ai répondu: "Je te rappelle dans une heure". Et j'ai raccroché.
Dix minutes à me sentir moche, mesquine, radine. Dix minutes à me demander où j'allais bien pouvoir foutre tout ce bordel et ce que j'allais en faire. Dix minutes à m'interroger sur la façon dont je devais réagir. Puis la réponse s'est imposée d'elle-même. J'ai rappelé sans attendre davantage.
Il ne pouvait y avoir qu'une seule issue à notre conversation. Malgré toutes les erreurs que j'ai commises en gérant ma relation avec l'Homme, notre rupture et ses conséquences, je n'ai jamais dévié d'une certaine ligne de conduite. Oui, j'ai caressé des idées de vengeance - vandalisme et dénonciation pour n'en citer que quelques-unes. Mais j'ai toujours su que quelle que soit l'ampleur de ma déception, de mon chagrin, de ma colère, il était des choses auxquelles je ne m'abaisserais pas. Pas par respect pour lui: par respect pour moi. Ca m'aurait peut-être soulagée sur le coup. Mais j'aime assez pouvoir me regarder dans la glace le matin. Me dire que je n'ai pas à rougir de ma conduite, que je n'ai pas laissé mes émotions aussi justifiées soient-elles me faire commettre des actes méprisables. Ne pas traîner de remords irrémédiables, de honte ineffaçable.
J'ai dit à l'Homme: "Ce que je veux vraiment, ce n'est pas récupérer mes affaires. Ce que je veux vraiment, c'est que tu me parles. Que tu m'expliques pourquoi tu t'es conduit comme ça avec moi. Que tu t'excuses de m'avoir traitée sans le minimum de respect dû à quelqu'un avec qui tu avais quand même vécu sept ans. Ca fait presque un an qu'on est séparés et qu'à cause de ton silence, je ne parviens pas à tourner la page."
On est restés au téléphone pendant 50 minutes. Bien sûr il n'est toujours pas très doué pour parler de sentiments, bien sûr il a d'abord cherché à justifier sa conduite en me rappelant mes propres torts qui sont réels. J'ai insisté doucement, en argumentant sans m'énerver. Et il a fini par me dire qu'il était désolé. Que notre histoire avait vraiment compté pour lui. Qu'on avait passé des moments géniaux avant que ça commence à merder. Qu'il avait aussi pas mal souffert pendant les derniers mois avant notre rupture. Qu'il avait laissé traîner parce qu'il n'était pas sûr, qu'il ne savait pas si ça ne pouvait pas redémarrer entre nous. Que pour lui aussi, c'était un échec douloureux.
Et c'était tout ce que j'avais besoin d'entendre pour refermer enfin ce livre-là. Que notre histoire n'avait pas été un mensonge, que je n'avais pas vécu si longtemps à côté d'un parfait étranger, que je n'étais pas si stupide et lui pas si insensible.
J'ai beaucoup pleuré, mais c'était des larmes de soulagement autant que de tristesse. Je faisais enfin le deuil de notre couple défunt depuis presque un an.
Nous avons échangé des nouvelles. Je lui ai dit que j'avais un nouveau copain qui habitait à Bruxelles, que mes parents avaient déménagé à Toulouse, que je m'étais remise au sport, que mon endométriose avait récidivé et que j'angoissais un peu à cause de ça. Il m'a dit qu'il avait été opéré de polypes pré-cancéreux il y a quelques mois, qu'il avait démissionné du poste qu'il occupait à la ligue régionale d'aïkido, qu'il avait (enfin!) pris sa carte d'électeur pour pouvoir voter aux présidentielles.
Nous avons fait la paix. Je suis en paix. J'ai fini par avoir la seule chose que je voulais, la seule chose dont j'avais besoin. Et je l'ai eue sans renier ce que je suis. Le reste, je m'en fous. Ca passera en pertes d'exploitation.

La boulimie d'Angie

J'aime beaucoup Angelina Jolie à la base, mais je viens de lire qu'elle envisage d'adopter un quatrième enfant (ce qui lui en fera donc cinq avec sa fille biologique). Apparemment elle aurait déjà "choisi" une fillette du Soudan et espèrerait la ramener chez elle avant l'été. Même si je ne pense que du bien de son engagement humanitaire et si je trouve très chouette son idée de créer une tribu originaire des quatre coins du monde, j'ai un peu l'impression qu'elle fait l'acquisition de ses mômes comme moi d'une énième robe Cop Copine - vue dans le catalogue et commandée sur un coup de foudre. Si altruistes que soient ses motivations, je trouve ça un peu perturbant.

lundi 2 avril 2007

Trop bonne, trop conne : le proverbe se vérifie une nouvelle fois

Chaque fois que je crois avoir refermé le dossier "l'Homme" - en avoir définitivement fini avec lui et surmonté ma déception -, une nouvelle révélation se charge de me détromper.
Avant-hier, j'ai décidé d'écrire au tribunal d'instance pour expliquer notre cas et, plaidant la mésinformation par un site gouvernemental, demander s'il n'était pas possible d'antidater la rupture de notre PACS ou de prendre toute autre mesure rectificative. Afin d'appuyer ma requête, j'ai envoyé un mail à l'Homme réclamant l'adresse de la page où il avait pêché ses infos erronées. J'ai reçu une réponse curieusement évasive: "Euh je ne me rappelle plus trop mais je vais chercher". Depuis, plus rien.
Gentille et naïve mais pas entubable à l'infini, j'ai procédé à mes propres recherches. Bilan: le site du gouvernement est à jour. Et même s'il ne l'était pas en mai dernier (ce dont je doute), des dizaines d'autres pages web datées de fin 2005 ou début 2006 mentionnent la fameuse mesure qui changeait tout pour nous. Moralité, l'Homme ne s'est même pas donné la peine de se renseigner. C'était la seule chose dont je lui demandais de s'occuper, de manière assez logique puisqu'après tout il était l'instigateur de notre séparation. Et même ça, il n'a pas daigné le faire.
Je viens de lui envoyer un courrier assez froid pour lui demander de quelle façon il comptait me dédommager pour ça et pour toutes les choses que je lui ai laissées par bonté d'âme parce qu'à l'époque, j'ignorais quel enfoiré il était. Je ne me fais pas d'illusions; il va sûrement nier et tenter de me faire croire qu'en réalité tout est ma faute. Mais je veux au moins qu'il sache que je ne suis pas dupe de son petit numéro de type irréprochable et de tous les mensonges qu'il m'a servis.
Je me demande bien quelle est la prochaine surprise qu'il me réserve. Dans six mois ou un an, je vais peut-être apprendre qu'il a eu un enfant caché pendant que nous vivions ensemble, qu'il me trompait avec ma meilleure amie ou qu'il est recherché par le FBI pour escroquerie en série. Allez savoir.
Si quelqu'un d'entre vous a une batte de baseball et une furieuse envie de voir ce qu'elle peut faire à des rotules ou des tibias humains, qu'il m'envoie un mail.

dimanche 1 avril 2007

Régis est un goinfre


[Dans les jours à venir, d'autres aventures de Régis en bédé: "La première sortie en voiture de Régis", "Régis dans un arbre perché" et "Le petit frère de Régis".]