dimanche 27 mai 2007

Conversation dans un avion

Kris: (...) C'est super cher.
Moi: Pas grave j'adore faire des cadeaux aux gens que j'aime.
Kris: Ca tombe bien, j'ai tres envie du Vaio qu'on a vu tout a l'heure dans la pub.
Moi: Rectification: aux gens que j'aime et avec qui je couche.
Kris: On va dormir dans le meme lit pendant plus de trois semaines, tu pourrais au moins m'offrir l'ecran!

vendredi 25 mai 2007

La première gaffe des vacances

Je suis partie traverser les Etats-Unis d'est en ouest au volant d'une Chevrolet Trailblazer. J'ai tout prévu : le petit sac à troutrous pour laver les sous-vêtements sans qu'ils se mélangent à ceux de mes compagnons, le spray anti-moustiques tropicaux pour ne pas me faire bouffer toute crue dans les Everglades, la souris de Blanco pour corriger les fautes dans mon journal de bord au fur et à mesure, les adresses de tous les gens auxquels je dois envoyer des cartes postales, la liste détaillée des produits Origins que je dois racheter parce qu'ils coûtent moitié moins cher sur place, un paréo pour planquer ma cellulite au bord de la piscine, les chargeurs de mon téléphone portable, de mon appareil photo, de mon camescope, de mon iPod et de ma tondeuse à foufoune. Toute fière de moi que j'étais en arrivant gare de Lyon (avec deux heures et demie de retard, mais ceci est une autre histoire qui sera racontée ailleurs plus tard).
- Je crois que c'est la première fois que je n'oublie absolument rien, ai-je annoncé triomphalement à Autre Moi.
- Bien sûr, tu as pensé à ton permis de conduire, m'a-t-elle répliqué comme si c'était une évidence et pas une question.
C'est là que j'ai blêmi.

Ce n'est qu'un au revoir...

This is it, people! I'm leaving. Retour en France le 18 juin. Dans l'intervalle, soyez sages. J'ai laissé les clés du blog de Régis à Hawk, donc il y aura des updates réguliers. En ce qui concerne ce blog-ci et mes carnets de voyage, je tâcherai de publier les commentaires éventuels et de rajouter des petits textes chaque fois que j'aurai accès à internet (toujours ma question numéro un quand on arrive dans un hôtel pour la nuit: y a-t-il une connexion client?)
Bien sûr, Régis part avec moi. Bien sûr, il va poser dans pleins d'endroits magnifiques et de situations délirantes. Bien sûr, en rentrant je ne saurai plus où donner de la tête entre toutes mes photos à publier/scrapper et mon carnet de voyage à mettre en forme. C'est l'jeu ma pauv' Lucette. Je vous embrasse tous (oui, oui, je suis à ce point délirante d'enthousiasme). A très vite.
PS: Ah oui, j'oubliais. Pour le livre que je peinais à terminer... J'AI FINI J'AI FINI J'AI FINI. [Ce cri de victoire de la traductrice en fin de tâche vous a été offert par Armalite.]

Les adieux déchirants (ou pas) d'Armalite et de l'AFKAMTLM

Hawk dit :
je te souhaite un super voyage, tu le mérites bien
Hawk dit :
et va en paix parce que tu es aimée

(Romantique hein? Attendez la suite...)

Hawk dit :
on va se dire bonne nuit
Hawk dit :
et s'aimer fort fort fort pendant la nuit
Armalite dit :
"on" c'est toi et ton oreiller?
Hawk dit :
sotte
Hawk dit:
mais je te pardonne
Armalite dit :
moi j'en ai quatre hé hé hé
Armalite dit :
gang bang de coussins
Armalite dit :
ah mais toi aussi maintenant
Hawk dit :
moi aussi figure-toi, une folle m'en a fait installer deux de plus
Armalite dit :
fuck you ^^
Hawk dit :
anytime ^_^

jeudi 24 mai 2007

Sors de ma tête Paul

J'aime Paul Auster parce que peu d'écrivains savent sonder l'âme humaine aussi bien que lui.
"Une conscience raffinée à l'excès, une prédisposition à se sentir coupable face à ses désirs entraînaient cet homme de bien à des comportements curieusement sournois, qui déniaient ses propres qualités. Tel est, à mon avis, le noeud de la catastrophe. Il acceptait les faiblesses de tout le monde, mais pour lui-même il exigeait la perfection, une rigueur quasi surhumaine jusque dans les actions les plus insignifiantes. Il en résultait une déception, une conscience accablante de son humaine imperfection, qui l'amenaient à plus de rigueur encore dans ce qu'il exigeait de sa conduite, ce qui à son tour donnait lieu à des déceptions encore plus écrasantes. S'il avait appris à s'aimer un peu mieux, il n'aurait pas eu un tel pouvoir de provoquer le malheur autour de lui. Mais Sachs se sentait assoiffé de pénitence, avide d'assumer sa culpabilité comme celle du monde entier et d'en porter les marques dans sa chair."
(extrait de "Léviathan")

mercredi 23 mai 2007

Vacances J-3 : les échanges de textos (suite)

AUTRE MOI: Quelle heure à Orly vendredi soir?
MOI: Demande à la personne que tu vas chercher. Moi j'arrive gare de Lyon à 17h21.

mardi 22 mai 2007

Vacances J-4 : les échanges de textos

AUTRE MOI: Junior et Autre Moi, môman conseille d'emporter du sirop de pommes reinette.
MOI: Euh, elle a peur qu'il n'y ait pas d'eau potable aux Etats-Unis?
AUTRE MOI: Non, c'est pour que vous alliez aux toilettes :)
MOI: Tu parles de nos problèmes de transit à ta mère. Génial.
***
MOI: Est-ce que l'un d'entre vous a mes billets d'avion?
KRIS: Billets électroniques (nos passeports). On voyage écolo nous madame!
MOI: Et le carburant de l'avion, il est électronique aussi?
KRIS: On t'a pas prévenue? C'est les passagers qui pédalent et courent pour faire tourner les réacteurs. T'as encore de bonnes bases de sport?

lundi 21 mai 2007

Notre nouveau gouvernement

Parce que ça fait au moins dix jours que j'ai pas parlé de politique, je voudrais juste dire que je suis un peu rassurée par la composition du gouvernement Fillon. Bien sûr, les ministères concédés à la gauche au nom de l'ouverture sont ceux dont le domaine d'action appartient traditionnellement au président. Bien sûr, on trouve des Sarkozystes purs et durs (Hortefeux, Bertrand, Dati...) aux ministères-clés du programme avec lequel Sarko s'est fait élire. Mais entre les deux, il y a aussi des gens de droite compétents et modérés comme Borloo, Alliot-Marie ou Bachelot. Espérons que cela suffira à établir un sain équilibre.

Road trip annuel: J-5

Encore un peu sonnée par mon week-end, je me suis remise au travail d'arrache-pied ce matin. Il me restait, à ce moment-là, très exactement 100 pages à traduire et un peu plus à relire avant jeudi soir. A combiner avec les préparatifs d'avant-départ: ma valise est pratiquement bouclée, mais il faudra songer à distribuer clés et instructions aux gardiens de chats, à faire le ménage avant de partir, à régler préventivement tous les problèmes administratifs qui pourraient surgir pendant les quatre semaines suivantes, voire à acheter des dollars qu'aucune banque de mon village ne veut me vendre. Et puis éventuellement à tester mon nouvel appareil photo. Bref la semaine va être bien remplie et je n'aurai pas volé mes vacances. Mes compagnons de voyage semblent également sur les rotules après une année de boulot épuisante. Mais, prédit Junior, "bizarrement, samedi matin, on pètera tous la forme!". Et elle n'a sans doute pas tort :)

Vous voulez vraiment savoir pourquoi je l'aime?

Parce que personne ne m'avait jamais regardée avec ces yeux-là.
Ni répété que j'étais belle avec toute la sincérité du monde alors que je me recroquevillais de dégoût face à mon image.
Personne n'avait encore su vaincre mes résistances les plus tenaces et me faire avouer les faiblesses que je cache depuis toujours.
Ni réussi à me dévoiler les siennes sans que je prenne mes jambes à mon cou.
Personne ne s'était donné à moi aussi complètement ni ne m'avait inspiré la confiance nécessaire pour lui rendre la pareille.
Personne n'avait si bien allié la douceur et la violence, le romantisme le plus pur et le libertinage le plus débridé.
Personne ne s'était jamais autant intéressé à ce que je pense, à ce dont je rêve, à la manière dont je fonctionne et à celle que je suis vraiment sous les apparences dont je me drape.
Personne ne m'avait donné la permission d'être moi, sans la moindre contrainte ni le moindre jugement.
Personne n'avait mis tant d'obstination à faire fonctionner notre histoire, tant de bonne volonté à surmonter les obstacles et à dépasser les accrochages douloureux.
Personne n'avait fait de moi son alpha et son oméga, pas pour combler un vide mais juste parce que d'après lui j'en valais la peine.
Personne n'avait pensé à nous avant de penser à lui.

dimanche 20 mai 2007

The shortest week-end ever

Commencé vendredi vers 16h30 à l'aéroport et fini dimanche 11h10 devant la gare. Nous n'avons eu qu'une journée complète à passer ensemble, mais nous avons réussi à y mettre beaucoup de choses.
De longs câlins matinaux, ces moments délicieux où on fait l'amour encore à moitié endormis et qui semblent ne durer que quelques minutes de pure sensualité paresseuse alors que l'horloge égrène bel et bien des heures entières. Un lever tardif, suivi d'une préparation rapide (59,4 kilos dit ma balance, youpi!) et d'une descente à la "bonne boulangerie" du village: croissants, pains au chocolat, tartes aux fraises individuelles pour le midi - et tiens, une livre des premières cerises de la saison chez le marchand de primeurs voisin. Au retour, deux-trois photos à la sauvette sur les rails de chemin de fer. Petit déjeuner sur le balcon avec les chats qui tapent l'incruste, un moment de pur bonheur. Les oiseaux chantent, le ciel est d'un bleu idyllique, la chaleur tempérée par une brise primesautière et "mon" arbre veille sur nous. Table débarrassée, on s'installe dehors avec une rallonge et nos deux portables face à face. L'album de Mika sur iTunes pour les indispensables vitamines musicales du week-end. On surfe ou blogue chacun de son côté, en levant juste les yeux pour se sourire de temps en temps. L'univers file droit.
Déjeuner d'une salade de crudités et de pain aux olives, puis départ en ville pour un petit après-midi de shopping. Je trouve une place de parking gratuite du premier coup pas loin du centre commercial, c'est un signe. Darjeeling, joli ensembe mauve avec de la dentelle blanche. Sephora pour la miraculeuse Advanced Night Repair d'Estée Lauder. Fnac : razzia de bouquins (essentiellement pour préparer le voyage au Japon), et puis tant pis je craque et je le prends ce petit numérique Casio rose bien moins encombrant et bien plus simple que le gros Samsung compliqué que m'avait offert l'Homme. Il n'y a pas grand-monde à la caisse (fait rarissime un samedi), alors Hawk en profite pour faire poser les vendeuses avec Régis. Encore un mug Pirates des Caraïbes au Disney Store et c'est l'heure d'aller manger.
Grosse déception en arrivant sur ma place préférée: elle a été entièrement refaite. Exit le sol inégal, les murets couverts de verdure qui délimitaient les petites terrasses des restaurants et les mûriers centenaires qui formaient une voûte végétale enchanteresse. A la place, des dalles beige rectangulaires, une fontaine aseptisée, deux rangées de jeunes platanes bien alignés avec pas une feuille qui dépasse. L'uniformisation proprette à son pire, celle qui tue le caractère et le charme des choses. Délicieux repas tout de même, mais à l'intérieur du bistrot car je refuse de manger dehors dans ces conditions. Tartines de pain Poilâne divines, et en dessert, une crème brûlée aux Carambar avec deux cuillères.
Retour maison. La soirée prend alors une drôle de tournure, pas celle qu'on imaginait ni qu'on voulait. Mais on parle - longtemps, de choses importantes, et j'aime notre bonne volonté, notre sincérité, notre confiance. Si elles n'effacent pas l'amertume, elles agissent dessus comme un baume apaisant. Le lendemain matin, c'est toujours plus proches que nous nous re-éloignons.

vendredi 18 mai 2007

Encore raté

Ca devait être l'année où j'allais enfin être bien sur mes photos de vacances. Exit l'affreuse coupe et le pseudo-blond de 2005; pour une fois mes cheveux ressemblent à quelque chose. Exit une partie des kilos en trop qui me font systématiquement une tête de grenouille bouffie. J'ai même réussi à dénicher, pour crapahuter dans la nature comme en ville, des pantalons en toile qui ne me donnent pas l'air d'un Culbuto. Plus du "fond de teint spray spécial jambes: unifie comme un bas, transfert résistant, teints clairs/peaux de blonde" (je recopie l'étiquette) pour ne pas ressembler à une endive géante au milieu de mes compagnons de voyage déjà bronzés avant le départ, ces sales tricheurs. J'étais : parée.

C'était sans compter les moustiques des Everglades qui, selon Autre Moi, dévorent les gens tout crus malgré l'application de produits ad hoc pour les repousser. Sachant que dans une pièce contenant vingt personnes, c'est toujours sur moi que le misérable petit moustique européen choisit de festoyer, je vois déjà ma tête d'ici. Défigurée par les piqûres pendant un mois. Cheers.

jeudi 17 mai 2007

En route vers de nouvelles aventures!

La déception professionnelle de 2006, ça avait été l'arrêt de Série Préférée pour manque de rentabilité. La découverte du forum qui lui était consacré (et de toutes les choses adorables que les fans disaient sur mon boulot) ne m'avait qu'assez peu consolée.
La bonne surprise de 2007, c'est qu'un autre éditeur pour lequel je travaille déjà par ailleurs vient d'acheter les droits de la version comics et m'a proposé de faire la trad. Je suis ravie. Bien sûr ce n'est pas avec ça que je vais gagner ma vie, car ça représente un volume de texte très modeste. Mais... Ca fera une compétence de plus sur mon CV, et puis surtout, je devrais m'éclater à bosser dessus, ce qui est devenu assez rare ces dernières années.

lundi 14 mai 2007

Inside my fridge


Je sais bien que personne ne me l'a demandé, mais vu que bloguer des photos de l'intérieur de son frigo est top hype en ce moment, et que pour une fois y'a que des trucs sains dans le mien...

It's the final countdown

Je suis totalement abrutie (quel est l'enfoiré qui a dit "Ca change pas beaucoup"?). Depuis mon dernier retour de Bruxelles, je bosse comme une malade: je m'assois à mon bureau dès que je me lève, je ne le quitte que pour aller faire pipi, manger et monter me coucher. Je ne sais pas si mes parents et amis sont morts ou vivants, à l'exception de ceux - rares - qui m'envoient un texto par-ci par-là, et auxquels je ne trouve pas toujours le temps ou l'inspiration pour répondre. J'ai oublié ce que ça faisait de porter des vêtements autres qu'un pyjama et de respirer l'air du dehors. Je crois que mon dernier shampoing remonte à jeudi dernier; je vais bientôt savoir si les dreadlocks me vont ou pas. Je tourne en permanence sur les trois mêmes menus basses calories car en mettre au point un quatrième mobiliserait les quelques neurones que six mois de gym ont épargnés et dont j'ai besoin pour faire mon boulot un tant soit peu correctement. J'ignore totalement ce qui se passe dans le reste du monde, mis à part que notre futur président est en croisière à Malte sur le yacht de Bolloré, que Laure Manaudou, dans un juvénile élan amoureux, a plaqué son entraîneur tête-à-claques pour rejoindre son chéri en Italie, et que Lana a fini par épouser Lex pour protéger Clark, ce qui est vraiment trop inzuste. Mais je commence à entrevoir le bout du tunnel. Dans douze jours, quoi qu'il arrive (ou presque), je suis à Miami. Probablement avec la vivacité intellectuelle d'une écumoire, mais on ne peut pas tout avoir.

jeudi 10 mai 2007

J'arrête

C'est bon, j'en ai ras les couettes. 6 mois à, en moyenne, 2 séances de gym hebdomadaires, ça représente un investissement de plus de 120 heures pendant lesquelles j'ai perdu à peu près 17 grammes, 2 millimètres de tour de cuisses et 42 milliards de neurones morts d'ennui dans d'atroces souffrances. Des heures pendant lesquelles j'en suis arrivée à vomir le contenu intégral de mon iPod. Des heures pendant lesquelles j'aurais pu avancer dans mon boulot, voir mes amis, rattraper mon backlog de scrap, rédiger les textes qui me trottent dans la tête depuis des lunes ou faire diminuer la pile vertigineuse de bouquins qui s'entassent sur ma table de nuit.
Je ne nie pas les vertus potentielles du sport; si ça ne donne rien sur moi, je veux bien croire que c'est parce que je manque d'assiduité, parce que je ne force pas suffisamment ou que je fais les exercices de travers. Mais je déteste vraiment trop ça pour m'obstiner plus longtemps en l'absence de résultat visible. Tant pis. Petite et grassouillette je suis, petite et grassouillette je resterai. On ne peut pas lutter contre son destin.

mercredi 9 mai 2007

NouveauX blogS

J'y pensais depuis un petit moment; voilà, c'est fait! Je viens de créer un blog annexe réservé à mes carnets de voyage. J'y publierai les notes prises durant mes déplacements à l'étranger, des photos et/ou les pages de scrap réalisées avec les photos en question. Comme je viens de mettre ça en place en 5 minutes, c'est très rudimentaire, mais laissez-moi un peu de temps et j'en ferai quelque chose de sympa.
Par ailleurs, désormais, vous pourrez retrouver les aventures de Régis ici. C'est encore en chantier, mais là aussi, ça devrait bouger dans les semaines à venir. Au programme: réédition des anciennes bédé et photos, plus plein d'inédits! Merci encore à l'Ane pour le nom et pour les cartes postales autour du monde :)

mardi 8 mai 2007

C'était il y a un an


Lever 7h30. Le beau-frère d'Autre Moi passe nous chercher chez elle pour nous emmener à l'aéroport. Nous sommes tout contents d'avoir déjà nos places réservées (ensemble, donc) et une seule correspondance. 9h pour Paris-Chicago, 2-3h pour le changement et 2h30 pour Chicago-Denver. Le vol se passe assez agréablement malgré une panne du système vidéo (encore!). Je fais des grilles de sudoku - comme environ la moitié des autres passagers -, dévore "Biographie de la faim" d'Amélie Nothomb qui vient de sortir en poche et attaque "Je l'aimais" d'Anna Gavalda. Premier serrage de coeur avec l'histoire de cette femme qui vient de se faire larguer après des années de mariage sans trop comprendre pourquoi.

Puis le personnel de bord annonce que suite à une panne de générateur (celle-là même qui nous a empêchés d'avoir des vidéos), nous devons nous poser avant Chicago, à Toronto plus exactement. "We're treating this as a serious situation". Autre Moi est livide. Junior fait de son mieux pour la rassurer mais n'en mène pas large non plus. Kris masque son stress en réclamant "à manger et des femmes nues". Moi, ça va. Je suis fataliste. Après une manoeuvre d'approche assez bizarre, nous nous posons à Toronto. Des mécaniciens montent à bord et réparent l'avarie. Pendant ce temps, nous bénéficions enfin de la vidéo et regardons tous les quatre "Nanny McPhee" sur nos écrans individuels.

Au bout de deux heures, l'avion repart pour Chicago. Bien entendu, nous avons loupé notre correspondance. Mais les formalités sont assez vite expédiées, et nous rebookés (en éco+) sur un autre vol qui part à 18h50 au lieu de 16h45. Dans l'aéroport d'O'Hare (celui où Soeur Cadette passe si souvent quand elle est en déplacement pour son boulot), je fais une provision de journaux de fille: Us Weekly (Denise Richards en couv), Red Book, For Me et Elle. Je retire $500 en liquide pour les frais communs et les petites dépenses et avale précipitamment une salade de pâtes. Le Chicago-Denver n'est pas très long. Nous sommes séparés et coincée entre deux inconnus, je me contente de lire.

Lorsque nous atterrissons à Denver, il est déjà 20h30 heure locale, et il fait nuit. Une navette d'Alamo nous emmène au parking du loueur, où un employé bouché me soutient qu'on n'a pas pu régler à l'avance le supplément jeune conducteur pour Junior. Il finit quand même par entendre raison. La Chevrolet Malibu qu'on nous attribue ne plaît pas à Junior, et surtout, le coffre arrive tout juste à accommoder nos quatre sacs (en retirant le hayon). C'est Autre Moi qui s'y colle courageusement pour le premier tour de conduite. Le problème, c'est que notre plan Mapquest part de l'aéroport et pas de chez le loueur, qui se trouve à une bonne distance. Nous nous perdons immédiatement, faisons demi-tour en acquittant deux fois un péage pour rien, demandons notre chemin dans un motel, tournons une bonne demi-heure dans le même quartier désert en quête d'un hôtel qui semble ne pas exister. Nous sommes debout depuis près de 24h, nous ne connaissons pas le code de la route américain et nous n'y voyons absolument rien. Devant un Blockbuster fermé, je finis par alpaguer un Black super sympa qui connaît bien la ville et m'apprend que nous nous trouvons complètement à l'opposé de là où nous voulons aller. Avec son aide, nous parvenons à rejoindre le centre de Denver. Nous apercevons même notre hôtel sur la droite de la route, mais la sortie est loin et nous nous re-paumons en essayant de le rejoindre.

Vers minuit heure locale, enfin, nous nous garons sur le parking du Best Western. Autre Moi est restée admirablement calme alors que je commençais vraiment à angoisser (conduire m'a toujours fait flipper, mais là!). Douche rapide mais extrêmement bienvenue. Mes produits de beauté se sont renversés dans ma trousse de toilette et tout mon sac de voyage empeste CK Summer. Un texto de l'Homme achève de me ratatiner le moral. En réponse à mes messages sur nos déboires aériens et routiers, conclus par un mélodramatique "C'est un cauchemar", il écrit: "Ouais, les Dalton au Nouveau Monde ;) Espérons que la suite sera mieux". Il sort d'où ce smiley clin d'oeil pourri? Il croit que ça y est, on est séparés depuis trois jours et il peut déjà faire comme si on était juste de bons potes?
Argh.
- extrait carnet de voyage, Road Trip USA 2006, lundi 8 mai 2006

lundi 7 mai 2007

Le changement quand même

Il ne reste plus qu'à digérer la déception et voir ce que donnera notre nouveau gouvernement. Je ne suis pas optimiste mais une fois n'est pas coutume, j'espère de tout coeur que j'ai tort. Et c'est la dernière chose que je dirai sur le sujet pour le moment, avant de n'avoir plus un seul ami de droite. (Question: comment une fille aussi branchée politique que moi s'est-elle débrouillée pour avoir un entourage composé à 80% de partisans du camp d'en face? Ca fait partie des grands mystères de la vie.)
De cette élection, je voudrais juste retenir que les Français se sont mobilisés comme jamais auparavant, que des tas de gens qui ne votaient pas jusque là ont développé une conscience citoyenne et fait le nécessaire pour qu'on entende leur voix. Même si cette voix a une tonalité différente de la mienne, je considère que c'est un pas en avant pour la démocratie. Parce qu'un peuple concerné est un peuple qui s'informe, un peuple qui se laisse moins facilement manipuler et qui est davantage en mesure de choisir sa destinée.
D'un point de vue purement personnel, la victoire de Sarko a quand même eu un effet positif immédiat. Elle a été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase du manque, le déclic qui a fini par avoir raison de mes réticences naturelles. Hier soir alors qu'on skypait devant la télé, je me suis entendu dire à Hawk: "Après les vacances au Japon, je viens vivre à Bruxelles." Et ce n'était pas juste par dépit, encore moins pour me conformer à la boutade idiote que j'avais faite dans ce blog il y a quelques semaines - puisqu'on ne trouve de toute façon pas de chocolat Cailler en Belgique ;) Je réalisais simplement que je ne voulais pas être loin de Celui que j'aime quand il se passait quelque chose d'important dans ma vie, quelque chose qui me touchait profondément. Que j'avais envie de tout partager avec lui, le bon comme le mauvais. Que sans lui et pour la première fois de mon existence, moi qui ai toujours été si fière de mon indépendance, je me sentais incomplète, amputée d'une partie essentielle de moi-même. Que j'en avais fini de me protéger par principe et que j'étais prête à conjuguer ma vie à la première personne du pluriel.
Les modalités pratiques, on en discutera cet été, quand mon actuelle charrette boulot sera derrière moi et que je me sentirai requinquée par un mois de vacances avec mes amis-de-droite-que-j'aime-fort-même-si-on-n'est-d'accord-sur-rien (mais alors, rien du tout). Il faudra que je passe aux impôts et que je contacte l'AGESSA pour connaître les conséquences fiscales et administratives d'une résidence principale déclarée en Belgique. Dans tous les cas, je pense garder l'appart du Midi de la France comme résidence secondaire où venir prendre le soleil régulièrement, retrouver mes racines et les quelques amis qui me restent dans la région, m'isoler pour pondre au calme le roman-phare du 21ème siècle, ce genre de choses. Et puis dans quelques années (5, par exemple...), si Hawk parvient à devenir free-lance, on pourra toujours se rapatrier ici.
Entre temps, les chats m'accompagneront à Bruxelles, où nous chercherons un appartement plus grand que l'actuel duplex-pour-un de Hawk, et si possible doté d'une salle de bain avec murs. Avantage supplémentaire: ça m'obligera à revoir sérieusement à la baisse ce que je considère comme le minimum d'affaires indispensable à mon bien-être (car il est hors de question que je déménage un 38 tonnes de bouquins et de fringues). Ce sera une parfaite occasion de m'orienter vers la vie matériellement plus légère à laquelle j'aspire depuis un moment et ne parviens pas à me résoudre pour cause d'encroûtage dans mes vieilles habitudes.
Voilà, je ne sais pas si le 6 mai aura marqué un tournant significatif pour la France, mais symboliquement il restera le jour où j'ai décidé de changer de vie.

dimanche 6 mai 2007

Les lendemains qui déchantent

C'était la troisième fois que je votais pour des élections présidentielles. Mon candidat n'a jamais été élu. Et c'est la première fois que ça me touche à ce point. Chirac, je ne l'avais pas choisi, mais il me paraissait relativement inoffensif. Je me disais qu'il ne ferait pas la politique que j'espérais mais que bon, gauche tradi ou droite tradi, ça restait blanc bonnet et bonnet blanc.
Là, en voyant le visage de Sarko s'afficher sur mon écran à vingt heures - et même si le résultat était déjà officieusement connu depuis deux bonnes heures -, j'ai senti les yeux me piquer. On peut bien me dire que ce n'est pas lui qui gouvernera directement, qu'il reste les législatives pour rectifier un peu le tir, je suis juste consternée de voir que les valeurs qui sont les miennes ne signifient rien pour 53% de l'électorat français.
Ségolène Royal, pour qui je n'ai pas d'affection particulière, a fait un beau discours de perdante, digne et positif. Elle affichait le sourire immense des gens très émus qui se retiennent de pleurer. J'avoue qu'elle m'a touchée sur ce coup-là.
Quant au discours de Nicolas Sarkozy... Dans la bouche de quelqu'un d'autre (quelqu'un dont je n'étais pas persuadée qu'il mentait comme un arracheur de dents), le début m'aurait assez bien plu. Et puis il a eu cette phrase (je cite de mémoire): "Je vais redonner la priorité au travail, à l'autorité et à la morale". Et mon sang s'est glacé dans mes veines.
Pour moi le travail n'est pas une valeur: juste un mal nécessaire. Et avec la monstrueuse augmentation de la productivité moyenne due, entre autres, à l'électronique et à l'informatique, il devrait l'être de moins en moins. L'objectif désormais devrait consister à répartir le plus équitablement possible celui qui existe, et non à pousser les malheureux qui se tuent déjà à la tâche à faire encore des heures sup ou à repousser l'âge de la retraite à 70 ans pendant que les capitalistes se tournent les pouces et vivent des produits d'une infâme spéculation.
L'autorité, j'ai rien contre tant qu'elle est juste. C'est-à-dire, la même pour tout le monde. Et qu'elle ne consiste pas d'un côté à "nettoyer les banlieues au Karcher" et de l'autre à fermer les yeux sur les magouilles des élus UMP ou à bâillonner les média qui n'abondent pas dans leur sens. Je suis entièrement pour le fait d'inciter les gens à respecter le code de la route, à ne pas frauder le fisc, à ne pas s'agresser les uns les autres. Par contre, je ne pense pas que toutes les méthodes soient bonnes pour faire régner l'ordre. Je crois plutôt que le désordre est toujours le symptôme d'un problème qu'il vaudrait mieux régler par la prévention que par la répression.
Quant à la morale... Laissez-moi rire. C'est moral de renvoyer chez eux manu militari des gens qui ont fui leur pays d'origine parce qu'ils y crevaient de misère ou y risquaient la mort pour des raisons politiques? C'est moral de faire licencier le patron d'un grand hebdo parce qu'il a osé ne pas être d'accord avec vous? De toute évidence, monsieur Sarkozy et moi ne partageons pas la même définition de ce concept. Pour lui, la moralité consiste sans doute à courber l'échine devant le pouvoir établi et à ne jamais le remettre en cause quelques exactions qu'il puisse commettre. En gros, à être un mouton. De préférence blanc et hétérosexuel. Ouvrez la bouche et dites "bêêêh".
Je l'avais promis, je le fais. D'ici la fin de l'année, j'habiterai Bruxelles.

Pas de miracle dominical

Poulpy dit :
je ne sais pas si ton homme t'a prévenu
Poulpy dit :
mais Sarko est bel et bien passé
Poulpy dit :
53% apparemment
Armalite dit :
aaaaaaaaaaaaargh
Armalite dit :
putain putain putain
Poulpy dit :
voila quoi
Poulpy dit :
tu peux déménager maintenant
Armalite dit :
excuse-moi une minute je vais me suicider
Poulpy dit :
fais je t'en prie

vendredi 4 mai 2007

Lendemain de changement de programme

...J'ai du mal à boire mon thé. J'aurais jamais cru que c'était si lourd, une tasse pleine. Ni que l'évier de la cuisine était à une distance aussi considérable de ma chaise de bureau. Je suis : à moitié paralysée par mes crampes.

jeudi 3 mai 2007

Caliméro comes and goes

La soirée d'hier a été plus que morose.
Je n'ai pas pu regarder le débat Ségo-Sarko parce que je n'avais pas fini mon boulot de la journée. Mais je ne suis pas optimiste: sauf miracle, on va se taper le micro-despote pendant les 5 prochaines années.
A peine un kilo et demi de perdu en six mois de sport et un mois de régime: à quoi ça sert que Ducros il se décarcasse, mmh? Mon abonnement au club de gym se termine dans dix jours, je suis assez peu motivée pour le renouveler; quant au régime il risque de joliment me pourrir les vacances.
Tracassée par le problème du fichu stérilet: encore combien de temps avant qu'on me l'enlève, combien de boîtes de Doliprane vidées juste pour pouvoir fonctionner normalement dix jours par mois? Reprendre la pilule suffira-t-il à régler mon problème d'endométriose? Vais-je enfin trouver quelqu'un pour m'expliquer les tenants et les aboutissants de cette fichue maladie que je traîne depuis des années? (...Vous le saurez en lisant le prochain épisode de la Grande Saga De Mon Stérilet.)
Ici, c'est la Toussaint. Oui oui, en plein mois de mai. Gros orages qui me font peur, pluies diluviennes et moins dix degrés d'un coup au thermomètre. Pendant ce temps, on se croirait en août à Bruxelles. On dirait que le ciel me fait des appels de phare: "Mais qu'est-ce que tu attends pour déménager?"
Hawk me manque. Tout le temps. C'est la première fois de ma vie que j'ai vraiment envie de vivre avec quelqu'un, la première fois que je suis dans un trip totalement fusionnel. Et comme de bien entendu, ce n'est pas possible, ou en tout cas pas dans un avenir proche.
J'avoue : l'espace de quelques heures, je me suis apitoyée sur moi-même.
Mais je suis Wonder Woman oui ou non?
Alors ce matin, je suis allée chez la diététicienne faire un point. Mon alimentation est nickel, m'a-t-elle dit, le problème c'est que je fais de la rétention d'eau. Donc elle m'a prescrit d'arrêter le sel et d'adopter les gélules de pissenlit (chers co-voyageurs aux US, préparez-vous à faire de nooombreux arrêts pipi sur la route). Si ça ne marche pas, il faudra regarder du côté de mon système lymphatique. Bon.
Ensuite j'ai foncé à la gym et, profitant de ce que c'était presque désert à cette heure-là, j'ai topé le coach star de la salle et j'ai réclamé un vrai programme adapté à mon cas. Moi qui commençais à trouver ça trop facile et à m'ennuyer ferme, je suis ressortie deux heures plus tard en nage, avec mal à des muscles dont j'avais quasiment oublié l'existence. Re-bon.
Tertio, après m'être un peu renseignée à droite et à gauche, j'ai pris rendez-vous chez une gynéco qui exerce en clinique et qui pourra, si elle le juge nécessaire, me retirer le Maudit Machin sous anesthésie locale. Je ne la vois que fin juin et il faudra sans doute une deuxième visite pour l'extraction elle-même, mais je crois que je tiens le bon bout (si je puis dire.) Encore plus mieux.
A part ça, il pleut toujours à verse, Sarko se profile toujours à l'horizon dominical et mon chéri est toujours super loin, mais je suis que Wonder Woman, pas encore le maître du monde pour commander au climat, foudroyer les dictateurs en puissance et modifier les lois de la physique. Dommage, vraiment.

mercredi 2 mai 2007

Y'a vraiment des jours où je rêve d'être un homme

Gynéco alternatif n°1: marmonne de façon incompréhensible, me donne des instructions incomplètes, paume mon compte-rendu d'opération, me fait répéter tout mon historique médical à ma seconde visite, ne me suggère de lui-même aucune solution à mon problème (mais admet que celle que je propose en désespoir de cause pourrait convenir), me charcute et quand je hurle, me rabroue : "Je vous ai à peine touchée", ne me laisse pas le temps de lui poser des questions, me facture 48 euros chacune de mes deux visites (soit un dépassement d'honoraires pris en charge par la Sécu de deux fois 25 euros), sans avoir réussi à faire ce pour quoi je suis venue le voir.
Gynéco alternatif n°2: part faire je ne sais quoi en m'abandonnant 5 minutes à poil sur sa table d'examen, me dit que je peux aller faire pipi avant qu'il s'occupe de moi et se ravise une fois que ma vessie est vide parce que du coup on ne voit plus rien à l'écho, me demande d'écarter les genoux au-delà de l'humainement possible pour qui n'est pas contorsionniste. Quand je lâche un "aaah putain!" bien senti parce qu'il est en train de me faire mal, m'ordonne froidement de ne pas jurer au prétexte que ça ne se fait pas et que ça ne diminuera pas ma douleur, puis me menace de tout arrêter si je recommence. Laisse effectivement tomber au cri de douleur suivant alors que je suis prête à tout supporter pour que ce foutu machin sorte enfin de moi. Me passe un savon comme si j'étais une gamine hystérique et me facture 55 euros.
Si j'avais vraiment eu de la présence d'esprit, je lui aurais coupé les couilles avec sa foutue pince et je lui aurais dit que ça ne servait à rien de hurler, ça ne diminuerait pas sa douleur.
Comme je n'ai pas eu de présence d'esprit sur ce coup-là, je suis juste sortie de son cabinet en sanglotant tout ce que je savais et en le traitant de connard devant les patientes qui attendaient leur tour dehors.
Bilan de la journée, mon stérilet est toujours en place et je ne peux pas retourner voir d'autre gynéco avant deux mois vu que mes prochaines règles tomberont pendant mes vacances aux US.
Et dimanche Sarko est président.
Semaine de merde.

Du chat comme obstacle à l'amour

Chaque fois qu’il faut se quitter, c’est un déchirement. Je ne le supporte plus.
Tout le monde nous demande quand l’un d’entre nous va déménager pour se rapprocher de l’autre. La décision n’est pas si évidente à prendre.
Professionnellement, c’est moi qui ai (de loin) le plus de facilité pour bouger, puisque je peux exercer mon activité n’importe où sans avoir de compte à rendre à qui que ce soit ; alors que Hawk est salarié et aurait sans doute du mal à trouver du boulot dans mon coin.
Matériellement, c’est l’inverse : Hawk est locataire d’un appartement qu’il souhaite quitter de toute façon et n’a que très peu d’affaires personnelles – des meubles Ikea dépourvus de valeur sentimentale, quelques caisses de bouquins, de DVD et de fringues. Quant à moi, je suis propriétaire d’un duplex que j’adore et d’une quantité invraisemblable d’objets divers et variés, dont une bibliothèque sur mesure qui était un rêve d’enfant, pèse douze tonnes et demi, doit remplir un camion à elle seule et serait extrêmement difficile à caser ailleurs.
Je n’ai plus vraiment d’attaches sentimentales là où je suis, et j’aime beaucoup Bruxelles même si le climat de la Belgique m’effraie un peu. Hawk a toute sa vie à Bruxelles mais aime suffisamment le midi de la France pour penser qu’il s’y plairait.
Après avoir, pendant 7 ans, tout décidé en fonction de quelqu’un d’autre, j’éprouve une répugnance fondamentale à recommencer même si la situation et la personne impliquée sont très différentes. De son côté, Hawk a encore des problèmes personnels à résoudre avant d’entreprendre un gros chantier comme la mise en place d’une vie commune.
Bref, pour l’instant, c’est le statu quo.
Il existerait bien un moyen de rendre l’attente supportable. Je pourrais facilement me permettre de passer une semaine sur deux à Bruxelles avec lui : une solution intermédiaire qui concilierait harmonieusement les différents paramètres du problème.
A l’exception de mes chats.
Je ne peux pas les laisser seuls quinze jours par mois. Etre Exquis accepte de passer s’occuper d’eux à l’occasion, mais je ne veux pas abuser de sa gentillesse. La voisine à qui je pense les confier pendant mes prochaines vacances est très âgée et commence à sucrer les fraises. Une garderie si souvent serait désagréable pour eux et me coûterait les yeux de la tête. Je pourrais tenter de les faire adopter par quelqu’un d’autre, mais ils se font vieux et ne vont probablement pas tarder à nécessiter des soins vétérinaires réguliers – autant dire que ce serait un cadeau empoisonné. J’ai pensé les confier à mes parents qui habitent désormais la campagne en proposant de régler tous les frais afférents à leur entretien ; hélas, il paraît que des animaux se font écraser tous les jours devant chez eux, et mes chats n’ayant jamais vécu dehors, ils iraient sans doute se jeter sous les roues de la première voiture qui passerait. Il est bien entendu hors de question que je les abandonne sur le bord de la route ou me décharge d’eux dans une association où ils finiraient leur vie au fond d'une cage.
Mais si j’avais su qu’un jour mes chats seraient un pareil obstacle à ma vie amoureuse, je ne suis pas sûre que je les aurais adoptés.