samedi 30 juin 2007

Deux filles dans la ville


Avant de sortir, on se croise dans sa salle de bains pour les dernières retouches maquillage. Je lui vante les mérites de l'Advanced Night Repair d'Estée Lauder; elle remarque que mon parfum vient de chez Guerlain et attrape le flacon pour vérifier ce que c'est exactement; je lui montre mes nouvelles lingettes démaquillantes réutilisables; elle me promet que le gel nettoyant Normaderm de Vichy est la solution à tous mes petits problèmes de peau. Je nous regarde dans la glace et je suis infoutue de dire si un étranger repèrerait tout de suite qu'on est soeurs. Bien sûr, je ne peux pas m'empêcher de nous comparer physiquement. La conclusion est la même qu'il y a six mois, un an, dix ans: j'ai de plus beaux cheveux mais niveau silhouette elle l'emporte haut la main. Je ne suis pas vraiment jalouse, juste un peu envieuse. On ne peut pas lutter contre la génétique.

On prend ma Twingo, plus facile à garer que son paquebot roulant. Je conduis doucement parce que je ne connais pas le chemin. On laisse la voiture au terminus de la ligne A et on finit le trajet en métro jusqu'à Esquirol. On déjeune chez Bapz, le salon de thé où l'on va ensemble à chacun de mes passages sur Toulouse. Il est 13h et on a petit-déjeuné en se levant, mais tant pis: on prend un brunch. Jus de pamplemousse frais, oeufs brouillés et scone, salade, fruits, croque jambon-fromage-tomate. Elle qui répugne à changer ses habitudes tente le thé glacé - et déteste. Moi qui adore goûter des trucs nouveaux, je m'en tiens au Soleil Vert que je connais bien. Je la fais poser avec Régis sur les genoux. Elle râle un peu pour la forme, comme si vraiment je n'étais qu'une gamine puérile avec son doudou, mais finit par se prêter au jeu et noue même une serviette en papier autour de cou de Régis.

Rassasiées, on se dirige vers la rue de Rome et vers la boutique Trait dont on raffole toutes les deux à cause de ses carnets colorés, ses albums photos délirants et sa papeterie ludique. Pour une fois je suis raisonnable et me contente de quelques cartes postales originales à envoyer à mon amoureux. Pendant qu'elle s'attarde dans l'adorable librairie pour enfants/magasin de jouets Milan, je fais une collecte de babioles délicieuses à la Droguerie. "C'est pourquoi faire?" demande-t-elle, quand elle me rejoint, en regardant ma provision toute fraîche de rubans et d'appliques. Je fais un geste vague. "Scraper, customiser mes fringues... Je ne sais pas encore mais je trouverai". "Décidément, tu as pris toute la fibre artistique de la famille", constate-t-elle pour la centième fois.

On passe ensuite aux choses sérieuses: les soldes ont commencé mercredi, et les magasins de fringues nous tendent les bras. En plus, inexplicablement, il n'y a presque personne en ville. Pour faire d'une pierre plusieurs coups, on commence par les Galeries Lafayette. On file droit vers le même rayon; Cop Copine et IKKS sont deux de nos trois marques préférées respectives (sa troisième: Comptoir des Cotonniers; ma troisième: One Step). On fouille les portants, on décroche tout ce qui nous plaît et on fonce vers une cabine libre. Elle essaie d'abord. Je la prends en photo pendant qu'elle se tord le cou pour s'inspecter vue de derrière en râlant, comme toutes les filles du monde, que ce miroir ne l'arrange vraiment pas, et que cette robe portée avec des Converse ne donne rien du tout. Moi je trouve ça super mignon mais il est vrai que si on se sert assez souvent chez les mêmes fournisseurs, on n'a pas franchement le même style. Disons qu'elle fait dans la sobriété de bon goût et moi dans le mélange des genres.

Comme elle n'a presque rien bu ce midi, elle meurt de soif. On s'arrête pour boire un verre dans un café bio qui me fait un peu penser à Exki. Elle prend un Coca light et moi, en souvenir des vacances qui viennent de s'achever, une vraie limonade. On discute de mes amours. Elle demande quand je lui amènerai Hawk. Je la préviens prudemment qu'il est très différent de tous les hommes avec qui j'ai été jusqu'ici. "En même temps, vu les hommes avec qui tu as été jusqu'ici, ça peut être qu'une amélioration", ironise-t-elle. Je sais ce qu'elle reprochait à mon ex et je ne peux que lui donner raison. J'insiste sur le fait que Hawk est quelqu'un d'assez... décalé, comme l'a décrit Framboise qui l'a rencontré le week-end dernier. "Mais j'adore les gens décalés", affirme-t-elle. Connaissant beaucoup de ses amis, je suis un peu sceptique, et néanmoins persuadée qu'elle abordera Hawk avec un esprit ouvert.

On reprend notre tournée. Mes parents nous appellent en fin d'après-midi, pendant qu'on est dans la galerie Saint-George: ils nous attendent chez elle depuis un moment et commencent à s'impatienter. Elle leur propose de rester manger et dit qu'on commandera des pizzas. L'idée leur plaît. Evidemment, je vais gaffer pendant le repas et traiter la chemisette rose de mon père d'"immonde". Evidemment, ce sera ma mère qui la lui aura achetée; elle sera vexée comme un pou et ça gâchera quelque peu la soirée. Pas autant cependant que le fait de devoir conduire David aux urgences à minuit. Mais là tout de suite, je suis juste contente que ma soeur ait envie de prolonger un peu cet après-midi shopping ensemble.

mercredi 27 juin 2007

Ce que je me dis

Je me dis qu'il faut encore que je fasse la pression de mes pneus avant de prendre la route demain.
Je me dis que ça serait bien de partir le plus tôt possible pour ne pas arriver en pleine nuit et cumuler le handicap de ma mauvaise vue à celui de mon sens de l'orientation lamentable.
Je me dis qu'il faudrait peut-être que j'achète un GPS (mais pas maintenant car je viens de faire les comptes des vacances et... glups).
Je me dis que la première phrase de mon père, après "bonjour ma fille", sera sûrement pour me faire remarquer que ma Twingo est épouvantablement crade.
Je me dis que je suis contente que Soeur Cadette ne bosse pas vendredi et ait proposé de déplacer son rendez-vous chez le coiffeur pour passer la journée avec moi.
Je me dis que mon nouvel appareil numérique risque de pas mal chauffer ce week-end et que je suis déjà débordée de photos à scrapper mais tant pis.
Je me dis que je risque de ne pas reconnaître Cahouète tellement ça pousse vite à cet âge-là.
Je me dis que six mois sans voir ma famille c'est beaucoup trop long.

"jPod" (Douglas Coupland)

Au début des années 90, j'avais adoré "Generation X" et surtout "Microserfs", dans lesquels Coupland avait su capter à merveille le cynisme résigné des jeunes diplômés dans un marché du travail en crise, la perte de repères, de valeurs et d'idéaux qui les faisait sombrer dans une certaine forme d'apathie et les empêchait de devenir vraiment adultes. Par la suite, j'ai lu à peu près tout ce qu'il avait écrit. Et je n'ai accroché sur aucun autre de ses bouquins, à part "Girlfriend in a coma" dont le postulat science-fictionnesque était traité de manière intéressante. Mais quand j'ai vu sur la 4ème de couv de son petit dernier qu'il s'agissait d'une "suite officieuse à Microserfs", je n'ai pas résisté à l'envie de l'acheter.
Grosse déception. Les héros de "jPod" sont comme les bonshommes en Lego qui les représentent sur la couverture de l'édition américaine, ou ces personnages des jeux vidéo qu'ils créent: une liste de quirks qui ne prend jamais vraiment vie. Impossible de s'attacher à eux. Si le but de l'auteur était de faire ressentir le vide qui les habite, c'est parfaitement réussi. A part ça, histoire rocambolesque (dans la lignée de "All families are psychotic"), exercices de style lourdauds et une fausse bonne idée de Coupland : se mettre en scène lui-même en se montrant sous un jour exécrable. Bref, un bouquin pas du tout indispensable.

Halléluiah

La gynéco n°3 P.R. n'a même pas cherché à me retirer mon stérilet à vif. Après le récit de mes mésaventures, elle m'a directement proposé l'anesthésie générale. J'aurais préféré locale mais il paraît que ça ne suffirait pas. Donc, je me fais opérer le 16 juillet. Ce qui va me foutre en l'air une journée entière de boulot, caramba! Tant pis: je suis motivée pour en finir. Un seul bémol: je dois enlever mon piercing... Ce qui signifie presque à coup sûr qu'il va se reboucher, comme feu mon piercing du nez dont j'avais enlevé le bijou à peine vingt minutes.

lundi 25 juin 2007

Egouttoir de fille de mauvaise vie


Ami lecteur, sauras-tu retrouver l'intrus parmi les objets en train de sécher dans ma cuisine après un week-end de retrouvailles enfiévrées?

La crise qui faillit être 1/3

Quand j'ai éclaté en sanglots à la vue d'un orque, j'ai bien été obligée d'admettre que quelque chose ne tournait pas rond.
Ca faisait déjà trois semaines que j'écoutais "Erase" en boucle sur mon iPod en regardant le sud des Etats-Unis défiler par la vitre du Highlander. Trois semaines que des regrets aigus venaient parasiter les pensées qui auraient dû être réservées à un autre. J'ai d'abord voulu croire que c'était le contexte qui ravivait de mauvais souvenirs. Et puis ces larmes, immédiates, débordantes. Ces images qui ne me lâchaient plus.
J'avais au moins une certitude à laquelle me raccrocher. Je ne voudrais sous aucun prétexte être encore avec lui. Nous n'étions pas faits l'un pour l'autre; je suis infiniment plus heureuse et épanouie sans lui, ça ne fait pas le moindre doute. Je n'étais pas en train de souhaiter qu'il me revienne.
Alors pourquoi je n'arrêtais pas de penser à lui, et pourquoi c'était comme un coup de couteau dans le coeur à chaque fois?
La fierté humiliée, bien que réelle et toujours vivace, ne suffisait pas à expliquer ça. C'était comme si, à la lumière de sa trahison finale, je revoyais toute notre histoire sous un jour nouveau. Comme si je revivais chacune des occasions où je m'étais donné du mal pour lui faire plaisir, chacun des sacrifices que j'avais consentis - spontanément ou contrainte et forcée - pour être avec lui, chacune de mes vaines tentatives pour l'atteindre. Et comme si je réalisais enfin à quel point j'étais à côté de la plaque, à quel point je vivais mon histoire toute seule dans mon coin, à quel point c'était sans espoir. Je pleurais sur le sort de cette fille aveuglée par ses sentiments, qui était en train de perdre son temps et de gaspiller ses efforts, de sombrer dans la dépression nerveuse quatre mois par an et dans un ennui morose les huit autres pour essayer de s'attacher un homme inaccessible. Un homme qui dormait dans le même lit qu'elle mais restait à jamais hors de sa portée.
Mais ça faisait quand même plus d'un an qu'on était séparés, et après une période où ma douleur semblait s'être tassée, voilà que le fantôme de mon ex revenait inopportunément à la charge. Pourquoi?

samedi 23 juin 2007

La déclaration d'amour du jour

"I'm madly in love with you ma pauv' Lucette".
N'est-ce pas que j'ai une chance folle?

vendredi 22 juin 2007

Epique épique et colégram

Lever 13h39. J'ai plus baisé ces deux derniers jours que les deux dernières années de ma vie commune avec l'Homme. Si vous me croisez aujourd'hui IRL, ne vous demandez pas d'où vient mon sourire béat.

Ma carte postale de la honte

Même en vacances, je n'arrête pas d'écrire. Je griffonne un journal de voyage dans la voiture ou le soir avant de m'endormir. J'inonde mon amoureux de mails et de textos. J'envoie à ma famille et à mes amis des cartes postales soigneusement choisies. Dans ces conditions, je ne pouvais que participer au "concours des cartes postales de la honte" organisé par Manu Larcenet: d'abord ça m'amusait de fouiller les tourniquets des boutiques de souvenirs en quête d'illustrations de mauvais goût, et puis c'était une bonne occasion de dire à cet auteur de bédé toute l'affection que j'ai pour (au moins) deux de ses séries. Le résultat est , dans le blog qu'il a spécialement consacré à ce concours. Je n'en suis pas peu fière, même si je reconnais que la raidorée surpasse de loin tous mes efforts.

mardi 19 juin 2007

Voilàààà c'est finiiii

Contrairement à ce que je craignais, le voyage du retour s'est bien passé. La demoiselle chargée de l'enregistrement des bagages à LAX n'a pas cillé face aux 30 kilos et quelques de mon sac. Les dix heures de vol sont passées assez vite malgré de fortes turbulences au-dessus du Canada, qui ont fait vomir une partie des passagers de l'avion, mon voisin de derrière qui voulait m'interdire de baisser mon fauteuil au prétexte que ça allait lui broyer les jambes (alors que c'était un nain d'1m72) et le fait que comme d'habitude je n'ai pas pu dormir. Le père de Kris et le patron d'Autre Moi nous attendaient à Roissy; le rapatriement à Pétardtown s'est donc fait sans trop de problèmes.
Ce matin, Autre Moi m'a déposée gare de Lyon, où une employée m'a indiqué le quai de mon TGV avant qu'il soit annoncé. J'ai donc pu monter à bord tranquillement. Le trajet de quatre heures m'a paru ridiculement court à côté de nos déplacements de ces trois dernières semaines. A l'arrivée, j'ai pris les ascenseurs de la gare pour éviter les escaliers, puis un taxi qui m'a ramenée chez moi. Au final, je n'ai eu que quelques minutes d'efforts à faire pour gravir deux étages avec mon monstrueux bagage. J'ai retrouvé mes chats en bonne santé et l'appartement très peu saccagé; un coup d'aspirateur et un autre de serpillère et il ne devrait plus rien y paraître.
Voyage suivant: le Japon en septembre avec mon amoureux.

Alpha female + beta male

Il est probablement tombé amoureux d'elle parce qu'elle était brillante et ambitieuse - beaucoup plus que lui. Et puis au bout de quelques années, il s'est mis à percevoir ce qui l'avait d'abord attiré chez elle comme une menace envers sa virilité. Faute de se sentir à la hauteur de cette femme, il a fini par la tromper avec une autre plus quelconque mais en admiration devant lui: une qu'il pouvait éblouir, une qui validait ce qu'il était au lieu de lui filer des complexes sur un plan intellectuel/professionnel/social.
J'extrapôle peut-être sur l'histoire de Ségo et François. J'exagère à peine celle de mon ex et moi. Dieu sait pourtant que je ne la ramenais pas et que j'essayais toujours de le mettre en valeur dans ses accomplissements à lui. Pourquoi les hommes se sentent-ils à ce point en compétition avec nous? Ils doivent avoir une bien piètre opinion d'eux-mêmes pour penser que leur contribution à un couple se réduit à un salaire ou une carte de visite.

mercredi 13 juin 2007

Pour une fois, la blonditude de la journee n'est pas de moi

La scene se passe dans l'apres-midi a Sedona, charmante petite ville touristique situee non loin du Grand Canyon, dans l'Arizona.
Vendeur blond peroxyde (a la vue d'Autre Moi): Ooooh, j'adore votre flamant rose!
Autre Moi: Gni?
Vendeur: Oui, votre tatouage.
Autre Moi: Ah. En fait, c'est un dodo.
Vendeur: Un dodo? Kezako?
Moi: Un oiseau originaire de l'ile de la Reunion, qui n'existe plus aujourd'hui.
Vendeur: Comment ca se fait?
Moi: Ben ils ne volaient plus parce qu'ils etaient trop gras et les gens du coin les ont tous attrapes pour les bouffer.
Vendeur: Affreux affreux affreux. Notez, je mange du poulet. Et donc votre amie en avait un?
Moi: Euh les dodos ont disparu depuis deux siecles. Je sais bien qu'elle fait un peu defraichie, mais quand meme.

mardi 12 juin 2007

Au risque de me faire detester par Hawk...

Cet apres-midi, j'ai fait du cheval dans Monument Valley.
Bon d'accord, au bout de dix minutes de trot, mes genoux endommages par un accident de ski m'ont lachee. Impossible de me dresser dans les etriers pour suivre le mouvement; resultat je me suis tape le cul pendant toute la fin de la balade (une heure et demie, quand meme). De retour au coral, au lieu de descendre elegamment comme je savais le faire jadis, je me suis laissee tomber comme une crepe sur mes pauvres jambes flageollantes qui ont bien failli ceder en touchant le sol, et depuis je marche comme John Wayne. Sexy, isn't it? A mon avis, demain, il faudra me transporter en brancard a roulettes. Mais ca en valait definitivement la peine :)

lundi 11 juin 2007

Je vais bien ne t'en fais pas

Apres plus de 4000 miles en voiture, nous avons juste failli mourir ecrabouilles par un poids lourd quand Kris a grille un feu rouge sur le periph de San Antonio, et tomber en panne d'essence en plein desert (la ou les portables ne fonctionnent pas) un peu avant la frontiere du Nouveau Mexique.
Parce que l'humour noir ne nous fait pas peur, nous avons imagine un film d'horreur a la Hitcher ou nous peririons tous sous les coups d'un serial killer. Nous avons meme choisi les acteurs qui joueraient nos roles. Autre Moi a opte pour Neve Campbell, a qui elle ne ressemble pourtant pas plus que ca, sous pretexte qu'elle s'en sortait generalement a la fin de ce genre de film; Junior a rejete Salma Hayek (trop petite), Penelope Cruz (trop vieille) et Jennifer Lopez (trop pouffe) pour jeter son devolu sur Katie Holmes; il a ete decide a l'unanimite feminine que Kris ne pouvait etre interprete que par Adam Sandler; quant a moi, comme d'habitude, j'ai ecope de Janeane Garofalo, que j'aime beaucoup mais qui n'est pas le summum de la sexitude.
Pour faire un succes au box office, j'ai quand meme peur qu'il nous manque une blonde. J'aurais bien propose Paris Hilton, mais elle est en prison en ce moment, comme toutes les chaines de tele americaines ne cessent de nous le rappeler. Nous suivons ses mesaventures judiciaires avec une fascination melee de degout: n'y a-t-il vraiment pas d'autres sujets plus importants auxquels consacrer des emissions speciales tous les jours depuis une semaine?