vendredi 31 août 2007

Wanted

Un pachorex. Description: poisson qui nage dans les airs et peut se transformer, selon ses besoins, en autruche, en ours ou en lapin. Vu pour la dernière fois: dans mes rêves cette nuit. Verdict: l'alcool (deux vodka-pamplemousse hier soir) est néfaste à la qualité de mon sommeil.

Bons baisers de New York

Apprenant que Soeur Cadette et sa petite famille partaient une semaine à New York, j'ai réclamé une carte postale parce que, chaque fois que je voyage à l'étranger, je me promets de m'en auto-envoyer une en souvenir, et au final je ne le fais jamais. Et puis la dernière carte que Soeur Cadette m'avait envoyée de Barcelone était une superbe mosaïque de détails des oeuvres de Gaudi qui m'avait tant plu que deux ans après, elle trône toujours sous le sous-main transparent de mon bureau. M'en remettant à son bon goût, j'ai donc demandé "quelque chose d'original, hein, pas une vue de la Statue de la Liberté ou de l'Empire State".

Au second jour de sa semaine à New York, Soeur Cadette aperçoit dans la vitrine d'un magasin NBC des cartes postales Heroes avec les personnages de la série dessinés façon comics. Nous avons regardé les trois premiers épisodes ensemble et elle connaît mon affection pour la bande dessinée. "Banco", se dit-elle. C'est le soir, le magasin est fermé. Qu'à cela ne tienne, il lui reste 5 jours pour repasser.

Le quatrième jour de sa semaine à New York, Soeur Cadette revient au magasin NBC. Dont le vigile lui refuse l'entrée. "On ferme." "Mais... vous avez laissé passer les gens juste devant moi!", proteste Soeur Cadette. "On ferme", répète le vigile. "S'il vous plaît, je sais exactement ce que je veux, j'en ai juste pour une minute", plaide Soeur Cadette. "On ferme", s'obstine le vigile. Dépitée, Soeur Cadette fait demi-tour.

Le sixième jour de sa semaine à New York, Soeur Cadette arrive au magasin NBC plus tôt dans la journée. Et apprend que les cartes postales Heroes ne sont pas à vendre, qu'il y en a juste un set dans la vitrine pour la déco.

L'avant-dernier jour de sa semaine à New York, Soeur Cadette m'achète la carte ci-dessus à Seaport Village. A sa décharge, ce n'est effectivement ni la Statue de la Liberté ni l'Empire State.

jeudi 30 août 2007

Parfum d'ambiance

Avant la visite de Soeur Cadette et de sa petite famille, j'avais fait le ménage et pulvérisé du Diptyque à la fleur d'oranger dans tout l'appartement, parce que j'aime bien quand ça sent bon chez moi.
Quatre heures et une douzaine de rafales de pets de Cahouète plus tard, j'ai dû ouvrir toutes les fenêtres pour évacuer la puanteur. Même mes chats sont partis se réfugier sur le balcon.
Deux solutions: soit ses parents lui font bouffer de la Blédine radioactive, soit il connaît lui aussi le truc de la respiration.

Ce que je sais de mon grand-père paternel

Il est mort au printemps 1976.
C'est un infarctus qui l'a tué.
Il venait de prendre sa retraite d'ouvrier de l'arsenal.
Il avait à peine 59 ans.
Il était obèse.

[A cause de ça, mon père est super angoissé par son poids: à 58 kilos, il se trouve "gras comme un cochon", alors que ma mère affiche, pour une taille identique, un bon 75 kilos sur la balance. A cause de ça également, mon père a vu arriver ses 60 ans avec angoisse, comme si la fatalité pouvait lui interdire d'arriver à un âge que son propre père n'avait jamais atteint.]

Peu de temps avant sa mort , il m'avait emmenée au cinéma voir "Blanche-Neige". J'avais été si odieuse que nous étions partis avant la fin.
Il avait constamment une casquette grise vissée sur la tête.
Ma grand-mère était sa seconde épouse.
Il avait divorcé de la première.
Sa mère était, paraît-il, une femme odieuse à qui il témoignait un dévouement aveugle. Elle habitait avec lui et a consciencieusement pourri la vie de ma grand-mère, exigeant par exemple, pendant la guerre, les rations de lait de celle-ci qui était alors enceinte de mon père.
J'ai cru comprendre qu'il était gentil et plutôt mou de caractère.
Que, peut-être, mon oncle n'était pas son fils.

C'est tout.

Mon nom de famille, celui dont j'ai refusé de changer en me mariant même s'il ne sonne pas très bien, me vient de lui. Tout comme le quart du sang qui coule dans mes veines. Pourtant, je ne sais presque rien de cet homme. Avait-il des frères et soeurs? Pourquoi a-t-il divorcé de sa première femme? Qu'aimait-il faire pendant son temps libre? Qu'ai-je hérité de lui?

mercredi 29 août 2007

Ma famille c'est que des grands malades

Conversation téléphonique n°1:
MOI: Du 11 au 26 septembre, vous ne pourrez pas me joindre parce que je serai au Japon.
PERE (tombant des nues alors que je parle de ce voyage depuis presque un an): Hein? Mais qu'est-ce que tu vas foutre au Japon?
MOI: Ben... Prendre des vacances.
PERE: Mais tu y es déjà allée!
MOI: Euh, je te rappelle que Mère et toi, vous avez dû retourner en Irlande genre une demi-douzaine de fois.
PERE: Oui mais c'est pas pareil, c'était pour pêcher le saumon.
MOI: Evidemment, vu comme ça...
Conversation téléphonique n°2:
MOI: Tu m'appelles de la voiture? Vous êtes en route pour Marseille?
SOEUR CADETTE: Oui, mais parti comme c'est, on n'est pas prêts d'arriver.
MOI: Pourquoi?
SOEUR CADETTE: Figure-toi qu'un camion a pris feu sur l'autoroute ce midi et que depuis, il y a un embouteillage monstre. Donc, nous sommes sortis de l'autoroute, mais comme la moitié des gens ont fait pareil, David n'a pas voulu prendre la nationale de peur que ça bouchonne aussi. Là, on roule en pleine cambrousse. On a déjà dépassé l'entrée suivante de l'autoroute, mais David a décrété qu'il ne le sentait pas et qu'il voulait rester sur la départementale.
MOI: Vous êtes où exactement?
SOEUR CADETTE: A Pézenas, un peu avant Montpellier.
MOI: En effet, vous en avez encore pour un bon moment, surtout si vous ne reprenez pas l'autoroute.
SOEUR CADETTE: Ah, justement, y'a une entrée pas loin. David! David? ...Bon ben, y'avait une entrée. Chéri, pourquoi tu n'as pas repris l'autoroute?
DAVID (voix étouffée mais pleine d'assurance mâle): T'inquiète, je sais ce que je fais.
SOEUR CADETTE (placide): Alors tout va bien.
MOI: Et sinon les vacances à New York c'était comment?
SOEUR CADETTE: Super, on s'est éclatés. (Deux minutes de description de la météo new-yorkaise de la semaine dernière, puis:) Ah tiens, ça y est, on a repris l'autoroute.
MOI: Cool.
SOEUR CADETTE: ...L'autoroute de Clermont-Ferrand. (Sur le ton mi-inquiet mi-prudent qu'on prend pour s'adresser aux foux dangereux:) Chéri, tu n'es pas du tout dans la bonne direction.
DAVID (de plus en plus catégorique): Pas de souci, je gère.
SOEUR CADETTE (à mi-chemin entre résignation et fou-rire): Je suppose qu'on fera demi-tour à la prochaine sortie. Oh, un panneau. "Clermont-Ferrand, 340 kilomètres". Merveilleux. Surveille les infos: si jamais ils annoncent qu'une famille de quatre personnes est morte de faim dans sa voiture sur l'autoroute de Clermont-Ferrand, tu sauras que c'est pas la peine de nous attendre.

mardi 28 août 2007

Season's end

Mes babouches blanches commencent à semer leurs paillettes dans tout l'appartement. Les nectarines jaunes même mûres à point ne m'inspirent plus qu'un soupir de lassitude, tout comme mes sempiternelles salades de tomates, concombre, maïs, avocat, thon, feta, roquette. Mon Carrefour est envahi de familles hystériques en quête d'un protège-cahier mauve qui n'existe pas. Il est de nouveau possible de déjeuner sur la place du village sans avoir réservé une table à l'ombre des platanes et des parasols Casanis. La grosse dame de la Poste qui m'appelle par mon nom et n'est jamais trop regardante sur ce que je fais passer en lettre est rentrée de vacances. Je viens de m'acheter une robe Cop Copine de mi-saison avec un imprimé soucoupe volante sur eBay. J'ai envie de recommencer à porter du maquillage et du parfum, des manches longues et des chaussures fermées.
Pas de doute: même s'il fait encore 40° dehors, l'été touche à sa fin.

lundi 27 août 2007

La conformité à tout prix

D'un côté, il y a ce couple de SDF. Cheveux longs et grisonnants, visage blême, ils pourraient avoir aussi bien 45 ans que 60, tellement la vie dans la rue abîme les gens. Ca fait un an que "chez eux", c'est un matelas posé à même le sol dans le centre d'Argenteuil. Et voilà maintenant que pour les empêcher de squatter des lieux dits publics (et qui de ce fait leur appartiennent autant qu'à n'importe qui d'autre), on les pulvérise avec des produits qui leur bousillent la vue et la gorge. "Comme des cafards", constate l'homme sur un ton trop fatigué pour exprimer la moindre colère. Quelle sera l'étape suivante: gazer tous ceux qui ne veulent pas se conformer - ou qui, tout simplement, ne le peuvent pas? On ne me fera pas croire que la plupart des SDF ont choisi cette existence misérable. De quel crime les accuse-t-on, au juste? De malchance au dernier degré? Que veut-on faire d'eux: les parquer dans des camps pour éclopés de la vie? Supprimer de façon encore plus radicale l'irritation visuelle qu'ils constituent pour les nantis?
De l'autre côté, il y a ce pensionnaire d'un hôpital psychiatrique de Pau qui a réussi à s'évader et tué deux infirmières. Le gouvernement se propose d'abolir la notion d'irresponsabilité mentale afin de pouvoir châtier les gens comme lui - ces salauds qui ont l'audace d'être victimes d'une maladie contre laquelle ils ne peuvent rien. Oui, il est injuste que des criminels parfaitement maîtres de leurs gestes mais très bons comédiens parviennent à échapper aux mailles du filet judiciaire. C'est le système d'expertise psychiatrique qu'il faut remettre en cause, pas l'un des fondements d'une société civilisée, capable de reconnaître et de prendre en charge l'inadaptation de certains de ses membres. Sous Sarkozy 1er, il ne fait décidément pas bon être différent.

Je suis nominée!

Je n'y croyais pas vu le nombre de blogs en lice, mais c'est la bonne surprise de ce matin (en plus du fait que je sois debout à 8h30 à cause des gosses de la voisine qui jouent bruyamment dans le jardin). Allez voter pour moi, de préférence une fois par jour jusqu'à la date de clôture - le 7 septembre. Mon blog figure dans la page 2 sur 3. Merci d'avance!
PS: Félicitations à Baud qui se retrouve nominé dans la même catégorie que moi, et que le meilleur gagne comme on dit :)

La voie est libre

Yves Leterme a démissionné. Je prends mes fonctions de maître du monde belge le 26 octobre. En exclusivité, je vous livre ici mes premiers décrets de loi :
- prolongation des horaires d'ouverture des magasins jusqu'à 19h30 les jours de semaine et 20h le samedi: c'est quoi cette soi-disant capitale de l'Europe où tout ferme à 18h?
- diminution des passages du facteur à un par jour, mais augmentation des passages des éboueurs à un par jour également: parce qu'on peut attendre une lettre douze heures de plus, mais qu'entre le vendredi et le mardi suivant, les mouches ont largement le temps d'envahir les appartements
- rempacement de tous les distributeurs de titres de transports en commun: à l'heure actuelle, pas un seul n'accepte la carte Visa, un comble dans une ville où la proportion d'expatriés est si élevée!
- remodelage de l'aéroport de Zaventem, qu'il faut à peu près vingt minutes pour traverser même en marchant vite sur les tapis roulants (vite et de guingois pour ceux d'entre nous qui se trimballent avec un ordinateur portable à l'épaule), et prolongation du service de trains desservant le centre de Bruxelles jusqu'à l'heure des derniers avions
Il faut également que j'envisage de sévir sur la question du climat. Hier midi, il faisait 18° à tout casser. Mais je crois que la météo fait partie des pouvoirs qu'on n'acquiert qu'à partir du 5ème niveau dans la classe "maître du monde".

dimanche 26 août 2007

La dernière séparation

Aujourd'hui, c'était la dernière fois que je quittais Bruxelles en touriste.
Mon prochain voyage vers la Belgique sera un aller simple. Même si je compte bien revenir faire le plein de soleil de temps en temps dans le Midi. Je vais garder mon appartement: par prudence, par commodité administrative et fiscale, parce que c'est un bon investissement et que je dois pouvoir me le permettre. Parce que rien ne dit que nous ne nous installerons pas en France d'ici quelques années, quand Hawk sera lui aussi travailleur indépendant. Et parce que j'ai toujours rêvé de vivre entre deux pays, deux endroits très différents: d'un côté, le climat radieux et la douceur de vivre d'un village provençal, de l'autre, l'animation et la richesse culturelle d'une capitale européenne.
La transition ne devrait pas être trop brutale. Je me sens déjà chez moi dans cet appartement que Hawk déteste, dans ce quartier si populaire et proche de tout, dans cette ville pleine de charme, de caractère et de gens surprenants. Je fourmille de projets pour nous deux, et aussi pour moi toute seule: la plus grande proximité de Paris me permettra d'entretenir des rapports plus suivis avec les gens de mon boulot, de me remettre à fréquenter les salons et autres conventions, de voir mes amis sans être obligée de le prévoir deux mois à l'avance. Même ma famille sera désormais à deux heures d'avion plutôt qu'à cinq heures de train ou de voiture.
J'ai hâte d'y être. Depuis hier, la date est arrêtée: ce sera le 26 octobre. Presque un an jour pour jour après ma première rencontre avec Hawk.

samedi 25 août 2007

Comment nous avons failli aller voir Hairspray

Jeudi soir, pensant faire des économies sur le prix prohibitif des places de cinéma, je prends à l'UGC Toison d'Or une carte de 5 places valable en semaine uniquement. A 28,40 euros, ça vaut le coup, et puis on a trois mois pour l'utiliser - alors même avec les vacances au milieu et moi qui ne reviens pas avant le 23 octobre, ça devrait aller. Sauf que juste après avoir payé, la caissière me précise avec un grand sourire: "...Et elle est valable jusqu'au 22 octobre." Je m'étais juste trompée d'un mois. Bon.
Histoire d'en profiter quand même ensemble, nous décidons avec Hawk d'aller voir Hairspray ce soir, à la séance de 19h15. Après des courses chez Carrefour pour nous équiper en nécessaire à chats, nous speedons un peu pour finir, moi le traitement de photos en retard sur son Photoshop Elements, lui le repas du soir à mettre au frais pour le trouver tout prêt lorsque nous rentrerons avec des estomacs qui crient famine. Nous partons en retard, en espérant qu'il n'y aura pas trop la queue et que nous ne manquerons que les bandes-annonces.
A mi-hauteur de la Chaussée d'Ixelles, Hawk s'immobilise.
"On est samedi. La carte n'est pas valable aujourd'hui."
Retour au bercail. Ca branche quelqu'un, une soirée Super Mario?

vendredi 24 août 2007

Mission accomplie

...Mais j'y ai passé la journée. Et il reste encore 7 autres mondes.

"Naissance des pieuvres"

Ca commence un peu comme "L'effrontée": une ado gauche, taciturne et physiquement anodine flashe sur la blonde brillante vers laquelle convergent tous les regards. Elle fait tout pour l'approcher et devenir son amie, mais le rapport déséquilibré qui se développe entre elles n'est qu'une forme de servitude.
Puis le véritable sujet du film se précise: la naissance du désir chez trois adolescentes. Marie est fascinée par Floriane à laquelle elle se cramponne en silence et sans trop comprendre ce qu'elle attend d'elle; elle sait juste qu'elle ne supporte pas de la voir avec des garçons. Anne encore gamine dans sa tête est encombrée par un corps malgracieux, avide de faire ses premières expériences et vaguement amoureuse du petit ami de Floriane. Floriane souffre de sa beauté autant qu'elle en joue: toutes les filles hormis Marie la jalousent, tous les garçons ne pensent qu'à coucher avec elle, et elle traîne une réputation de salope alors qu'elle hésite encore à sauter le pas. Chacune à sa façon est encombrée d'elle-même; chacune à sa façon en devient tour à tour pathétique et cruelle.
J'ai rarement vu de film qui dépeigne aussi bien les tourments affectifs et hormonaux de l'adolescence. Les trois jeunes comédiennes livrent une performance à fleur de peau, et le traitement du sujet pourtant casse-gueule est remarquable de sensibilité pudique - ce qui ne m'a pas empêchée de me sentir gênée, comme prise en flagrant délit de voyeurisme pendant certaines scènes. L'ensemble sonne incroyablement juste, à un point presque dérangeant. J'ai retrouvé beaucoup des douleurs de ma propre adolescence à travers les personnages d'Anne et de Floriane, et une fois de plus je me suis réjouie que tout ça soit très loin derrière moi.
Mais le plus chouette dans ce film, c'est que Hawk est venu le voir avec moi et qu'il l'a aimé aussi. Avoir quelqu'un avec qui échanger ce genre d'impressions à la sortie du cinéma, ça n'a pas de prix.

mercredi 22 août 2007

Flying to Brussels

Pour ne pas changer, mon vol avait une heure de retard. Jetairfly est très fort sur les tarifs, pas sur la ponctualité. Dans la salle d'embarquement, il ne devait pas faire plus de quinze degrés; j'étais transie avec mon T-shirt à paillettes. J'ai attendu si longtemps que j'avais déjà fini mes trois magazines au moment de monter à bord. Dans l'avion, je me suis retrouvée assise à côté d'un gros monsieur transpirant dont la masse empiétait sur mon espace vital, et qui lisait un quotidien en menaçant de m'écraser son coude sur le nez chaque fois qu'il tournait une page. Lorsque je lui en fait la remarque, il m'a superbement ignorée. (Question pour nos amis belges: devinez en quelle langue était rédigé son journal?) La batterie de ma DS m'a lâchée alors que j'arrivais péniblement au milieu du tableau 4 du premier monde de New Super Mario. J'ai été prise de mal au ventre et de fringale au beau milieu du vol - mon repas de midi était déjà loin et mes médicaments en soute. Mais tout ça, je m'en fichais: au bout du voyage, il y avait Hawk.

lundi 20 août 2007

What I did last night

J'espère pour elle que la princesse Peach a toujours rêvé d'épouser une tortue avec une crête de punk rouge. Parce que si elle compte sur moi pour réussir à la tirer des griffes de Bowser avant la ménopause, elle risque d'être déçue.

dimanche 19 août 2007

Bruxelles 21-26/08/2007: to-do list

* faire le plein de chocolat et de soupes chinoises
* boucler le programme des vacances au Japon
* retourner au bookstore dont j'ai oublié le nom et acheter un autre set de mots aimantés
* aller voir "Naissance des Pieuvres"
* profiter du Photoshop Elements de Hawk pour finir de traiter mes photos des USA
* s'équiper en nécessaire à chats (caisse, litière, croquettes)
* envoyer une carte d'anniversaire à Choupi
* traduire 30 pages et en relire 60
* éplucher le catalogue Ikea 2008 qui vient juste de sortir, pour se donner des idées
* des câlins plein plein plein
[On notera l'ordre de mes priorités... D'abord la bouffe, puis les vacances. Le travail vient beaucoup, beaucoup plus loin. Et le sexe en dernier, je sais. La faute au Lutényl qui me pourrit la libido :( ]

Ulterior motive

Personne ne s'en doute encore, mais l'une des raisons pour lesquelles je déménage en Belgique à la rentrée, c'est de me faire la main avant de prendre le contrôle de l'univers. Un pays dépourvu de gouvernement depuis 70 jours devrait être un terrain d'entraînement idéal.

samedi 18 août 2007

Apportez-moi la tête du Prince Charmant

Inconsciemment, j'ai passé toute ma vie d'adulte à chercher le Prince Charmant. Il fallait qu'il soit grand, costaud et bronzé, avec le cheveu Loréal et le sourire Pepsodent, doté d'un métier classique ainsi que d'un mental stable et solide. L'humour, l'intelligence, la culture étaient bienvenus mais optionnels. Résultat, j'ai désigné Homme de ma Vie un spécialiste du jeu de mots à deux balles pour qui la règle de trois était un mystère aussi insondable que la concordance des temps. Accessoirement, quelqu'un qui n'était pas tant stable et solide que monolithique dans son mode de pensée ; quelqu'un qui, de ce fait, ne m'a accordé qu'une place très restreinte dans sa vie. Mais son profil et son cul m'hypnotisaient. Son flegme me rassurait. Sa normalité, espérais-je, allait déteindre sur moi. Au final, elle n'a fait que m'éteindre.
J'ai toujours accepté - voire cultivé - mes petites excentricités et mon côté rebelle. Oh rien de bien méchant: j'ai tourné le dos à mes études et opté pour un statut de travailleuse indépendante alors que je viens d'une famille de fonctionnaires, couché à gauche à droite et eu un parcours sentimental chaotique alors que mes proches étaient plutôt du genre à considérer le sexe comme un truc indissociable de l'amour et à se caser avec leur premier partenaire, traîné dans toute sorte d'endroits louches et consommé maintes substances illicites (mais jamais en quantité ni à une fréquence inquiétante). En 95, j'ai même voté Balladur au premier tour. Un moment d'égarement comme j'en ai eu beaucoup d'autres.
Mais à côté de ça, je ne m'entourais que de gens sains et équilibrés, de gens qui savaient où ils allaient dans la vie, de gens qui suivaient les sentiers balisés pendant que je batifolais et m'égarais dans la cambrousse. Résultat, je me sentais constamment inadéquate - une cheville carrée qui s'obstinait à fréquenter des chevilles rondes et s'étonnait de ne pas trouver de trou à ses mesures parmi elles. Je me positionnais contre tout ce dans quoi j'avais été élevée; pourtant j'y revenais toujours d'une façon ou d'une autre, je continuais à l'utiliser comme l'étalon auquel je me jaugeais. Pas étonnant que j'aie passé le plus clair de mon existence à me sentir défectueuse.
L'échec absolu de ma relation avec l'Homme m'a forcée à remettre en cause le choix de mes amours, et même de mes amis. Aujourd'hui, je suis avec quelqu'un que j'aurais jadis considéré comme un crapaud: il n'atteint pas le mètre quatre-vingts, ses cheveux ne sont plus qu'un lointain souvenir, son enfance a été saccagée et son équilibre psychologique conquis de haute lutte, ma carrière est un long fleuve tranquille à côté de la sienne, et ses antécédents sexuels me ravalent au rang d'oie blanche. Mais c'est un crapaud merveilleux qui me fait rire plus que n'importe qui au monde, un crapaud que ses blessures ont doté d'une empathie et d'une tolérance quasiment sans bornes, d'un jugement très sûr sur autrui et d'une immense douceur, un crapaud qui marche à fond dans mes délires au lieu de les observer de loin avec une mine narquoise ou consternée, un crapaud dont le corps s'emboîte parfaitement avec le mien, un crapaud qui sait gérer mes humeurs et me prendre comme je suis sans pour autant se laisser marcher sur les pieds, un crapaud qui a fait de moi sa priorité et qui me le prouve chaque jour. Du coup, j'ai cessé de vouloir être une princesse. Grenouille déjantée, ça me correspond beaucoup mieux.

vendredi 17 août 2007

Mère sucre les fraises

Extrait d'une conversation téléphonique avec ma mère:
ELLE: Tu vas habiter où à Bruxelles?
MOI: Avec mon copain.
ELLE: Mais il a un appartement?
MOI: ...Non, il vit dans la rue.
ELLE: Ben je sais pas, il aurait pu habiter encore chez ses parents.
MOI: A nos âges???

jeudi 16 août 2007

On est des M&M's tout le monde nous aime!


Armalite dit :
rho chui classe avec mon sac quand même
Armalite dit :
mais chauve, très chauve
Kris dit :
mais non, mais non ^^
Armalite dit :
j'ai la permission de poster ça sur mon blog ?
Kris dit :
c'est pour faire ressortir le lustrage de ta cacahuète
Kris dit :
sûr, fais en ce que tu n'en veux ^^
Armalite dit :
le lustrage de ma cacahuète? mdrrr
Kris dit :
c'est open bar
Armalite dit :
mais pas pour lustrer ma cacahouète hein
Armalite dit :
(je vais en rire longtemps de celle-là)
Kris dit :
ça dépend qui veut lustrer la cacahuète de qui... bref on s'égare là ^^
...Vous aussi, devenez un M&M's!
(De gauche à droite: moi, Junior, Autre Moi et Kris, mode vacances on)

mercredi 15 août 2007

Une page de pub pour la bonne cause

Le coton est l'une des industries les plus polluantes pour la planète. Or, la plupart des femmes utilisent facilement 3 ou 4 Demak'Up par jour pour se nettoyer le visage. Imaginez la quantité de coton que ça représente sur toute une vie...
Il existe pourtant un moyen très simple d'y remédier: les lingettes démaquillantes lavables! D'un côté, un tissu à bouclettes qui exfolie doucement; de l'autre, de la laine polaire qui caresse la peau. Après utilisation, on passe en machine à 40° et le tour est joué!
Ca fait plusieurs mois que j'utilise ce produit et je suis totalement conquise. J'en ai acheté deux douzaines parce que je ne fais pas non plus tourner ma machine à laver tous les jours. Ca m'a coûté une vingtaine d'euros, et j'en ai probablement pour des années d'utilisation. Au prix du paquet de Demak'Up, c'est un geste aussi bon pour votre portefeuille que pour la planète! En vente chez Maternature.

Où on reparle de ma vieille copine Fleur

Hier, j'ai reçu le faire-part de naissance de la fille de Fleur. Le prénom pourtant original me disait quelque chose. J'ai mis une bonne minute à le replacer: c'est celui de l'héroïne de "La nuit des temps" de Barjavel. Puis je me suis souvenue que Fleur avait lu et adoré le bouquin quand elle était au collège.
J'avais cessé de l'appeler après le jour de l'an 2006, quand elle se lamentait parce qu'elle s'était fait plaquer par un mec auquel elle ne tenait même pas. Marre de ses déboires amoureux et de passer mon temps à l'écouter gémir. Les gens qui vont toujours mal tendent à me fatiguer assez vite. Et puis en novembre, j'étais tombée par hasard sur elle dans un magasin. On avait dîné ensemble; elle m'avait annoncé qu'elle était enceinte de son nouveau copain, avec qui elle sortait depuis à peine plus de six mois. Elle était radieuse. J'ai vraiment espéré que cette fois serait la bonne pour elle. Son histoire était jolie; elle redonnait de l'espoir à mon coeur meurtri. A l'époque, je commençais tout juste à sortir avec Hawk et bien que déjà mordue, je n'osais pas croire que notre relation puisse évoluer et durer.
Je viens d'appeler Fleur pour prendre de ses nouvelles. La conversation n'a pas duré très longtemps, car Melle Barjavel commençait à manifester sa faim en bruit de fond. Je me disais qu'on pourrait peut-être dîner ensemble un soir, mais Fleur et l'homme de sa vie sont en plein travaux (qu'ils réalisent eux-mêmes) avant déménagement, et Fleur reprend le boulot à la fin du mois. On a convenu d'attendre mon retour de vacances. Je suis plus déçue que je ne l'aurais cru. Sans doute parce que, égoïstement, j'avais envie de me shooter du bonheur de gens qui ont très vite surmonté les obstacles affectifs et matériels que j'abats avec beaucoup plus de lenteur en ce moment. Même si leur plan de vie n'est pas du tout le même que le mien.

lundi 13 août 2007

Je suis inquiète pour mes neveux

Voilà ce que mon beau-frère m'envoie quand il s'ennuie au boulot:

Inquiétant, non?

dimanche 12 août 2007

Si quelqu'un a un bon score en TOC c'est le moment de me filer un coup de main

Je ne retrouve plus ma bague celtique. La dernière fois que je l'ai portée, c'était à Bruxelles lors de mon avant-dernier passage. Quand je suis rentrée chez moi, elle n'était pas dans mes bagages, et Hawk me dit qu'il ne l'a pas vue chez lui non plus. Peut-être refera-t-elle surface le jour où je ne m'y attendrai plus - à la faveur d'un déménagement, par exemple.
En attendant, elle me manque. D'abord parce que c'était ma préférée - je l'avais achetée à San Francisco l'an dernier, dans Haight Ashbury. Ensuite parce que désormais, mon pouce ne rencontre que du vide lorsqu'il tente machinalement de faire tourner quelque chose autour de mon majeur gauche. Ca m'avait fait le même coup avec l'annulaire après mon divorce: je continuais à essayer de tripoter une alliance qui n'était plus là.
Pour me consoler, il me reste juste cette photo prise par Hawk fin juin. Heureusement qu'il a l'habitude de mitrailler tous mes petits détails.

samedi 11 août 2007

Le grand ménage

J'aime à dire que les possessions matérielles ne m'intéressent pas, que je préfère dépenser mes sous en expériences plutôt qu'en objets.
Ce n'est que partiellement vrai. Certes, j'ai investi dans un modeste duplex de 60m² alors que j'aurais pu m'offrir une maison avec jardin. Certes, je n'ai pas le goût des voitures de luxe (ni même des voitures tout court), non plus que des gadgets à la mode sur lesquels la plupart de mes contemporains se jettent la bave aux lèvres. Grosso modo, les signes extérieurs de richesse me laissent suprêmement indifférente... A l'exception, sans doute, des chaussures et des sacs griffés - ma plus grande faiblesse.
Pourtant, je me sens encombrée par mes affaires. J'ai depuis toujours deux frayeurs irraisonnées : les incendies et l'amnésie, parce qu'ils détruisent les souvenirs tangibles ou non et qu'il m'a toujours semblé que je n'étais que le produit de mon vécu. Que sans preuves de mon passé, je ne serais personne dans le présent. Mais ça fait longtemps qu'une toute petite partie de moi aspire à voir flamber l'endroit où je vis (en mon absence, ça va de soi) juste pour se sentir libérée de cette montagne de choses qui me paralysent.
Car c'est un fait: les possessions matérielles enchaînent. Il faut les stocker, les entretenir, les déplacer. Bien longtemps après leur acquisition, elles continuent à coûter indirectement de l'argent, du temps et de l'énergie. Et elles restreignent les mouvements. Lorsque j'ai acheté mon appartement, j'ai accepté l'idée de me retrouver plus ou moins prisonnière d'un lieu en contrepartie de la sécurité affective que cela me procurerait: savoir que j'étais enfin chez moi, dans un cocon que je pourrais modeler à ma guise. J'ai, en quelque sorte, choisi de satisfaire mon besoin de stabilité au détriment de mon besoin de liberté.
Beaucoup de choses ont changé dans ma vie depuis. Il y a quinze mois, lorsque je me suis séparée de l'Homme, j'ai envisagé une première fois de me transplanter. Mais il n'y avait pas d'endroit précis où j'aurais aimé m'installer, et surtout je répugnais à quitter mon nid douillet. Parce que je m'y plaisais, et aussi parce que ce Xième déménagement s'annonçait encore plus chiant que les autres: compliqué par la nécessité de revendre un bien immobilier, d'en chercher un autre à acheter et de faire coïncider les deux événements.
J'ai opté pour la solution de facilité. Je suis restée, moitié mécontente de m'encroûter dans une ville où je n'avais plus rien à faire ni personne à aimer, moitié satisfaite de ne pas devoir chambouler mon existence une fois de plus.
Puis Hawk est arrivé dans ma vie. Et au fil des mois, une évidence s'est imposée: ma priorité, c'était d'être près de lui, quoi qu'il puisse m'en coûter. Mon seul foyer, c'était ses bras. Si je devais construire quelque chose, ça ne pourrait être qu'avec lui.
Restait à vaincre des réticences très fortes et à solutionner une foule de problèmes matériels. Se lancer dans une expatriation, que de prises de tête en vue pour une travailleuse indépendante comme moi, qui galérait déjà avec l'administration de son propre pays! Rien que d'y penser, je sentais poindre une migraine tenace, une de celles qui vrillent les tempes et contre lesquelles l'Efferalgan demeure impuissant. Que faire de l'appartement: le garder comme résidence secondaire au mépris du bon sens financier, le mettre en location pour couvrir partiellement le remboursement de mon crédit immobilier ou le revendre pour réinvestir en Belgique? Et mes meubles tous assortis entre eux, notamment la bibliothèque de mes rêves qui aurait beaucoup de mal à trouver sa place ailleurs que dans la pièce pour laquelle elle avait été conçue, sans parler du coût vraisemblablement prohibitif de son déplacement?
Bien sûr, il était possible de temporiser, de prendre une location à Bruxelles avec Hawk sans rien changer à mon statut en France, histoire de voir si je m'habituais à la vie en Belgique et si notre cohabitation se passait bien. Le cas échéant, il aurait tout de même fallu faire le grand saut tôt ou tard, et j'avoue que cette perspective m'angoissait follement.
Je ne me suis pas fixé de plan précis. J'ai laissé s'écouler les semaines en espérant qu'une solution finirait par se présenter à moi.
Et c'est ce qui est en train de se passer. J'ai commencé à envisager des moyens de faciliter la transition (par exemple, m'adresser à un conseil juridique et fiscal pour régler au mieux la partie administrative), à imaginer des réponses concrètes à mes questions matérielles (comme la location de l'appartement meublé en saison pour couvrir mes frais sans me départir de la possibilité de redescendre dans le Midi). Je me rends compte que si j'évite de me mettre la pression, mon aptitude naturelle pour l'organisation et ma capacité à inventer des solutions de vie sur mesure prennent facilement le dessus. Tout n'est pas encore arrêté pour autant, mais les obstacles contre lesquels je butais jusque là sautent un à un.
Parallèlement, une chose assez curieuse est en train de se produire. Je me détache peu à peu de tous ces objets sans lesquels je pensais ne pas pouvoir être heureuse. Je ne relirai ni ne consulterai jamais les deux tiers des livres qui composent ma bibliothèque, alors à quoi bon les garder? Pour épater les gens qui viennent chez moi? Ce serait cher payer quelques instants de fierté mal placée. Ma garde-robe est pleine à craquer de fringues, de chaussures et de sacs dont je ne porte pas le quart. Je n'utilise réellement qu'un dixième des fournitures de scrap que j'entasse sur mes étagères comme un écureuil stockerait des noisettes pour l'hiver. De quoi ai-je peur, que tous les fabricants du monde mettent la clé sous la porte et cessent de produire des nouveautés? Je ne parle même pas des ustensiles de cuisine flambant neufs conservés dans l'hypothèse improbable où je déciderais de me lancer dans la confection de muffins maison - alors qu'on peut en acheter de délicieux déjà tout faits. Et ces souvenirs dont j'ai oublié jusqu'à la provenance, ou qu'il m'est désormais pénible de regarder? Ces disques vinyles de mon adolescence que je ne peux plus écouter faute de platine, ces cassettes vidéo que je ne peux plus regarder faute de magnétoscope?
J'ai entrepris un grand nettoyage. Je suis en train de revendre ma collection de comics US sur eBay, avec une partie de mes bédés, de mes mangas et de mes autres bouquins. Après ça, j'attaquerai les fournitures de scrap, et à la rentrée, je ferai le vide dans ma garde-robe. Je ne veux conserver que des objets utiles ou chers à mon coeur. Tout le reste, comme on dit, doit disparaître. Et quand j'aurai nettoyé mon espace, je ferai de même avec mon budget pour supprimer les dépenses inutiles et voir ce qu'il est possible d'envisager ou non en termes de style de vie.
Chaque jour, je me sens un peu plus libre, un peu plus légère.

vendredi 10 août 2007

Le mystère Harry Potter en français

A la lecture de cet article signalé par Egogramme, je me pose pas mal de questions:
- Comment quelqu'un (à plus forte raison un ado de 16 ans) a-t-il pu traduire un bouquin aussi gros en à peine deux semaines? Il n'est fait mention nulle part de la qualité de son oeuvre, mais quinze jours, c'est le temps qu'il aurait fallu ne serait-ce que pour taper l'intégralité du texte dans un logiciel de traduction automatique!
- Pourquoi tombe-t-il sous le coup d'une violation de la propriété intellectuelle? Le texte est désormais disponible pour le grand public; n'importe quelle personne capable de lire l'anglais peut en prendre connaissance. Alors, à partir du moment où il ne vend pas sa traduction, je ne situe pas bien le problème.
- Comment se fait-il que le traducteur officiel ait eu connaissance du texte en même temps que les lecteurs lambda, alors que la version française doit sortir en octobre et qu'il faut compter un délai de fabrication de deux mois minimum? N'aurait-il pas pu travailler sur épreuves en signant une clause de confidentialité (une pratique sinon courante, du moins existante dans le milieu de l'édition)?
- Et pourquoi, POURQUOI, ce n'est pas moi la traductrice officielle de Harry Potter? A l'origine, les enchères pour les droits français de la série avaient lieu entre Gallimard et un autre éditeur pour lequel je travaillais, et qui avait prévu de me confier le boulot s'il l'emportait. Mais voilà: il n'a pas mis assez de sous sur la table. Je pense que c'est la plus grosse opportunité manquée de ma vie (même si je n'y suis personnellement pour rien).

jeudi 9 août 2007

51, rue M***

Le chauffe-eau est une diva capricieuse; tantôt il refuse de démarrer pour cause de pression insuffisante, tantôt il coupe l'arrivée d'eau chaude au bout de cinq minutes, de préférence quand je suis trempée sous la douche avec la tête pleine de shampoing. L'escalier est si tarabiscoté qu'il faut l'attaquer du pied droit pour ne pas se retrouver obligé de tricoter des pattes à mi-hauteur (et pour hisser une étagère Ikea emballée jusqu'à la mezzanine, je ne vous raconte pas la gymnastique!). Aucun mur ne sépare la chambre de la salle de bains et des toilettes, d'où une promiscuité visuelle, sonore et olfactive assez moyennement glamour. La chasse d'eau fuit, et le bac de douche aussi: dès qu'on éclabousse l'extérieur, ça coule dans la cuisine en dessous. Le lino jaunâtre du salon est tout simplement immonde, et très difficile à camoufler malgré l'achat de deux grands tapis en bambou. Le plancher de la mezzanine craque épouvantablement au milieu, de sorte qu'il est impossible à un informaticien salarié se levant à 5h du mat' de ne pas réveiller sa copine traductrice indépendante qui pioncerait bien tranquillement jusque vers 9h. Le verrou de la porte d'entrée est une blague; il a d'ailleurs déjà été défoncé d'un simple coup de pied et le propriétaire ne s'est toujours pas décidé à le changer. Les fenêtres immenses sont pourvues de rideaux mochissimes mais tellement hors dimensions que ça coûterait un pont de les remplacer, et que les nouveaux ne trouveraient jamais leur place dans un autre appartement. Il n'y a pas de placards, juste deux tringles à vêtements riquiqui dans un coin biscornu.
Cet appartement, c'est tout juste si j'en aurais voulu à l'époque où j'étais étudiante. Pourtant, j'y suis plus heureuse que je ne l'ai jamais été ailleurs.

vendredi 3 août 2007

"Ratatouille"

Juste irrésistible.

"Un corps parfait"

En avril, je décidai de me mettre au régime pour me délester enfin des kilos qui m'empoisonnaient la vie. J'allai jusqu'à solliciter l'aide d'une diététicienne. Les premières semaines, la perte de poids fut lente mais régulière. J'adoptai une alimentation équilibrée, à mille lieues des régimes spectaculaires qui produisent des résultats ultra-rapides mais éphémères (et au prix de quelles privations!). Et j'eus bientôt le plaisir de revoir un 5 en premier chiffre sur ma balance. Psychologiquement, c'était un cap très important pour moi. Puis il y eut les vacances aux Etats-Unis où je repassai brièvement dans les 6. A mon retour, j'annulai le rendez-vous suivant chez la diététicienne au prétexte que ça ne servait à rien d'aller la voir tant que je n'avais pas repris mon poids pré-voyage.
Depuis... rien. Je ne suis pas retournée voir cette brave dame, et mon poids oscille constamment autour des 59,5 kilos. J'ai trouvé un mode d'alimentation qui me convient, d'une part à cause de ses effets physiques positifs (au-delà de l'aspect pondéral), d'autre part parce qu'il ne me force jamais à m'affamer. Je pourrais sans doute faire quelques efforts supplémentaires mais... Quand je me regarde dans la glace, je n'ai plus jamais envie de dire "beurk". Entendons-nous bien, je n'ai pas non plus envie d'appeler Elite et de m'enquérir de la date du casting pour la prochaine couv' de Cosmo. Mais je me sens pleine d'indulgence envers mon corps. Je vois ses petits défauts, et tout ce qu'ils m'inspirent c'est une tendresse résignée. Je vois aussi ses qualités, et je comprends un peu mieux ce qui peut attirer mon amoureux. Il faut dire que tout ça, c'est grâce à lui. Difficile de continuer à se vomir quand quelqu'un vous regarde avec autant de désir que si Gisele Bundchen était un vulgaire boudin à côté de vous, vous répète sans cesse que vous êtes belle avec des trémolos d'émerveillement dans la voix et vous prouve sa sincérité en passant son temps à vous mitrailler avec son appareil photo.
Il y a plein de filles en surpoids que je trouve magnifiques. Au nom de quel orgueil mal placé refuserais-je d'admettre que ce qui s'applique à elles peut également s'appliquer à moi? Les brindilles à la Kate Moss sont de superbes portemanteaux, mais d'un point de vue physique elles me laissent totalement froide; celles qui m'inspirent des fantasmes interdits aux moins de 18 ans ont toujours des seins, des hanches, un cul rond et un petit ventre moelleux - alors pourquoi Hawk ne pourrait-il pas avoir tout le temps envie de moi même avec 5 kilos de trop? Et surtout, comment une fille intelligente et parfaitement capable de voir au travers de la dictature de la minceur (moi, donc) a-t-elle quand même pu s'y laisser prendre si longtemps? Si tout le temps et l'énergie que nous passons à nous préoccuper de notre poids était consacré à quelque chose de plus utile ou tout simplement de plus agréable, mesdemoiselles, nous aurions déjà trouvé un vaccin contre le Sida, envoyé l'une d'entre nous sur Vénus ou mis au point le tissu révolutionnaire capable de remodeler nos courbes à l'envi.
Je laisse le mot de la fin à Eve Ensler avec un extrait de son dernier livre "Un corps parfait". "Dites aux faiseurs d'images, et aux vendeurs de magazines, et aux chirugiens esthétiques, que vous n'avez pas peur. Que ce qui vous effraie, c'est la mort de l'imagination, de l'originalité, de la métaphore, de la passion. Et soyez téméraires, aimez votre corps, arrêtez d'essayer de le réparer: il n'a jamais été cassé."

jeudi 2 août 2007

Le rituel des courses

Il sait que Delhaize ne vend pas le thé en sachet que j'affectionne. Que pour le matin, il me faut des yaourts bulgares et des fruits - de préférence des fraises, même si elles sont hors de prix en cette fin de saison. Que le midi, j'aime manger des poivrons farcis ou du bami goreng. Que ma boisson de choix, c'est le Coca light, et mon coupe-faim, les Wasa au sésame. Que si je fais un détour au rayon biscuits, c'est pour ravitailler Etre Exquis en speculoos. Que je finis toujours la visite au rayon presse pour embarquer le dernier Gaël et le dernier Lou (quand il n'a pas déjà eu la délicate attention de l'acheter avant mon arrivée et de le poser sur l'étagère des toilettes).

Je sais qu'il prend des briquettes de lait de soja nature ou à la vanille, des Grany ou des petits beurre emballés par trois pour ses petits creux, des jus de fruits mélangés (dits "jus fun"), des yaourts aux fruits 0%, du pain à graines pour faire ses tartines, de la soupe bio quand il veut dîner light. Que mes emplettes de chocolat à ramener en France, stockées provisoirement dans son frigo, menacent de réveiller le Cookie Monster en lui. Que si on décide de se faire une bonne petite bouffe à la maison, il préparera un risotto aux pleurottes et à l'huile de truffe ou des linguine avec du pesto di ricotta et des "râpures" de parmesan dont nous consommons tous deux des quantités inhumaines. Que si, par contre, on se résigne à être sage, ce sera escalopes de poulet et poelée de légumes surgelés au wok.

Je sais que si c'est mon tour de payer, le CKD va mettre une éternité à accepter ma carte Visa parce qu'ici la plupart des gens payent avec BanContact. Que la caissière va me demander si on a la carte de fidélité - et que désormais, je pourrai répondre par l'affirmative. Que les articles s'accumuleront au bout du tapis roulant plus vite que Hawk ne parviendra à les ranger dans sa poussette de mémé. Que sur le chemin du retour, on se sourira bêtement, enchantés par ce petit rituel d'un quotidien qu'on ne partage pas encore. Un jour, peut-être, on se chamaillera pour savoir à qui c'est le tour d'aller faire les courses, et on expédiera ça en solo comme une corvée. Pour l'instant, chaque chaque bribe de vie à deux nous est précieuse.