dimanche 30 septembre 2007

Pas si simple pour le touriste occidental de se balader au Japon (2)

Débrouillez-vous pour...
faire ce que vous avez à faire sans pourrir vos fringues
et avant d'avoir les cuisses tétanisées.
Bonne chance.

Pas si simple pour le touriste occidental de se balader au Japon

Débrouillez-vous pour... commander à manger.

Les apparences sont parfois trompeuses (2)

Ceci est un ascenseur.

Pincez-moi

C'est dimanche. Je suis debout depuis 6h50. Il est 10h30 et j'ai déjà fait la moitié de ma journée de travail.
...En fait je dois être encore dans mon lit et en train de rêver.

samedi 29 septembre 2007

SOS d'un salarié en détresse

Je reçois à l'instant ce SMS de Hawk, actuellement perdu dans la campagne belge profonde pour une journée de team building:
"Il pleut à verse. Nous avons fait du canoë et du quad dans la boue. Je vais vite m'établir comme indépendant."

Voyage au Japon: le bilan

J’étais très angoissée à la perspective de ce voyage. Peur de la météo catastrophique au Japon avant notre départ, peur d’arriver à Tokyo si crevée que ça me rendrait agressive et imbuvable, peur de me confronter aux souvenirs du séjour précédent… Peur, enfin, d’aller de désillusion en désillusion, de laisser mes vieux démons reprendre le dessus et saboter ma relation avec Hawk.
Mais il a fait soleil pendant quinze jours; le vol aller était direct et le timing idéal; les souvenirs n'ont repointé leur museau que pour pâtir de la comparaison avec ce que je vivais cette fois; les rares moments de tension ont vite été surmontés. Durant deux semaines, nous avons vécu en joyeuse harmonie. Nous étions sur la même longueur d'ondes la plupart du temps. Dans le cas contraire, l'un de nous consentait un petit sacrifice spontanément et sans le faire payer à l'autre de façon détournée.
Tout était si facile, si évident que je n'en reviens toujours pas. Moi qui ai passé mes deux expériences de vie de couple antérieures à me couper sur les arêtes de l'autre et à le rendre dingue avec mes propres aspérités, je fais enfin l'apprentissage de la douceur, du partage, de l'abandon. Et surtout, je ne me suis jamais autant amusée avec un amoureux. "Couples who play together stay together", dit un proverbe anglo-saxon. Je veux bien le croire.
C'était rien moins que le plus beau voyage de ma vie. Chaque journée a contenu son lot d'images marquantes, d'instants inoubliables, de fou-rires à s'en faire mal au ventre, de gestes tendres ou passionnés. Nous n'aurions pu rêver meilleure conclusion à notre première année ensemble, ni meilleur prélude à une vraie vie à deux.

vendredi 28 septembre 2007

Jet lag

Hier j'étais levée à 7h18; aujourd'hui j'ai fini par sortir de mon lit à 6h13 après avoir tourné et retourné sous ma couette pendant trois bon quarts d'heure sans parvenir à me rendormir. A ce train-là, c'est à l'envers que je vais récupérer mon décalage horaire.

jeudi 27 septembre 2007

Les Japonaises de Tokyo

Les Japonaises de Tokyo portent des micro shorts moulants avec des bottes sous le genou, ou de petites robes taille Empire sur des leggings noirs qui se terminent à mi-mollets par une grosse bande de dentelle. Elles déambulent les pieds en dedans, titubant sur de vertigineux talons pour s'approprier par la ruse les centimètres que la nature leur a refusés. Afin de s'occidentaliser, beaucoup teignent leurs magnifiques cheveux noirs en un châtain roux dépourvu de caractère. Mais leur poitrine menue, leurs hanches étroites, leurs membres déliés, leurs doigts fins et leur peau dorée demeurent indiscutablement asiatiques. Dans le métro ou la file d'attente des restaurants, elles pianotent à la vitesse de la lumière sur leur mobile auquel pend toute une grappe de breloques, dont certaines font deux fois la taille de l'appareil lui-même. Leurs sacs se répartissent en quatre catégories: les Vuitton, les cabas assez spacieux pour transporter un cadavre, les fourre-tout pleins de boucles dans le style bling-bling cher à Gucci, et les petites valises à roulettes. Leur visage peu expressif semble délicatement sculpté dans de la cire. Sous un soleil de plomb, elles trouvent encore le moyen de superposer un T-shirt et un gilet à manches longues sans paraître incommodées le moins du monde. Quadra à l'élégance sobre, punkettes androgynes ou Barbie nipponnes griffées de la tête aux pieds, les Japonaises de Tokyo sont un régal pour les yeux. Elles vont beaucoup nous manquer.

Voyage au Japon: le carnet de bord

Pour ceux que ça intéresse, j'ai commencé la publication de mes notes de voyage ici.

mercredi 26 septembre 2007

D'un vulgaire passeport comme illustration des différences culturelles entre les USA et le Japon



Autoportrait de couple barbouillé

Les apparences sont parfois trompeuses

Ceci est un tigre à dents de sabre.

Remerciement au dieu des grandes roues

...visiblement beaucoup plus difficile à offenser que celui des renards.

Devinette

Keskecé?

Flash info

Mes trente kilos de poupées Blythe, de magnets sushis, de breloques à téléphone, de peluches Totoro, de chaussettes rigolotes, de papeterie kawaï, de Kit-Kat aux parfums improbables, de T-shirts du Hard Rock Café de Yokohama et moi-même sommes bien rentrés. Attendez-vous à une avalanche de posts dans les jours à venir.

jeudi 20 septembre 2007

La vengeance du dieu renard

Depuis hier matin, mes mollets, le bas de mon dos, mes mains et mes avant-bras sont couverts de piqures d'insectes rouge vif qui me demangent atrocement. Donc je passe mon temps a me gratter et en plus d'etre moches de base, maintenant elles suintent. Je suis au top de ma sexitude.
De son cote, Hawk, a qui j'ai toujours envie la regularite metronomique de son transit intestinal, est afflige d'une mysterieuse et violente diarrhee qui lui donne des sueurs froides a la pensee de ne trouver que des toilettes a la japonaise (sorte de bidet incruste dans le sol, encore plus malcommode d'utilisation que le modele dit "a la turque") au moment de sa prochaine crise.
Bien sur on pourrait blamer les araignees des bois et un plat d'une fraicheur approximative. Mais je pense plutot que l'esprit tutelaire de Fushimi Inari-Taisha s'est offusque de voir deux gaijins faire des galipettes debout contre l'un de ses nombreux autels.

mardi 18 septembre 2007

Les meteorologues c'est rien que des gros menteurs

Depuis notre arrivee au Japon, le thermometre n'est pas descendu en dessous de 30 degres, et nous n'avons essuye une micro averse de trois minutes que hier soir vers huit heures alors que nous cherchions un resto dans Pontocho. Nous prenons au moins deux douches par jour et passons notre temps a suer a grosses gouttes. Nous arborons meme de petits coups de soleil sur la figure et les epaules (enfin, une seule epaule en ce qui me concerne pour cause de sac en bandouliere, ca va etre du plus bel effet sur les photos a poil du love hotel). Qu'on ne vienne surtout pas me dire que la meteorologie est une science exacte.

mardi 11 septembre 2007

Tâchons de voir le verre de la météo comme à moitié plein (plutôt que sur le point de déborder gravement)

C'est non sans une certaine appréhension que je me prépare à m'envoler pour Tokyo avec Hawk. La météo est infecte cette semaine au Japon, et j'ai été pas mal traumatisée par le Grand Désastre Toscan de 2002: une semaine de vacances en amoureux où il a plu sans discontinuer alors que l'Homme et moi étions en moto et logés en pleine cambrousse à des kilomètres de tout. Je me souviens de ma déception, de mon amertume et de la façon dont elles avaient achevé de pourrir l'ambiance déjà joliment plombée. J'aimerais bien ne pas rééditer cet exploit pour mon premier grand voyage avec Hawk.
Histoire de me consoler, je me dis que la météo nous forcera à passer un maximum de temps en intérieur (musées, love hotel, grands magasins - pas nécessairement par ordre de préférence) et limitera nos déambulations dans les jardins zen qui m'ennuient prodigieusement. Je me dis aussi que si j'arrive à ne pas faire ma mauvaise tête, ça peut devenir une aventure épique plutôt qu'une catastrophe totale. Comme je l'ai appris dans les pages d'un bouquin de David Burns en 97, comme Hawk me le rappelait hier soir sur MSN, si certains facteurs extérieurs échappent à notre contrôle, c'est à nous et à nous seuls qu'il appartient de choisir la façon dont nous y réagissons.
Sayonara les amis. Je vous retrouve le 26 si je n'ai pas été emportée par un typhon ou noyée dans la crue de la Sumida.

dimanche 9 septembre 2007

Boucle bientôt bouclée

"Entrer enfin dans le mile high club pendant la nuit à bord du Bruxelles-Tokyo. Voir ton regard bouffer le paysage par la vitre du Narita Express. Et l'hébétude sur ta figure en sortant de la gare d'Ikebukuro au milieu des immeubles, des néons et de cette marée de visages tous identiques. Descendre Takeshite dori en photographiant les lolita goth et en essayant des tenues improbables dans les magasins où elles s'habillent. Te traîner à Kiddy Land pour ajouter une (ou deux?) Blythe à ma collection pendant que tu te retiendras de râler que vraiment, je suis une môme. Aller visiter le studio Ghibli comme on va en pèlerinage. Tester les petits restos où les touristes ne vont jamais et où les proprios ne parlent pas un mot d'anglais. Ne pas bouffer un seul truc occidental de tout le séjour. Se prendre les embruns en pleine figure face à la mer dans le port de Yokohama. Se perdre parmi les collines que traversent les 40 000 portiques d'Inari et baiser debout contre un arbre au bord du lac désert. Se laisser hypnotiser par les lanternes écarlates dédiées aux esprits du temple de Gion. Prendre ensemble un bain à la japonaise; assembler nos corps et les salir dans la vapeur qui est censée les purifier. Marcher jusqu'à avoir les jambes en coton; se remplir du Japon par tous les pores."
J'ai envoyé cette liste à Hawk le 12 octobre de l'an dernier. A l'époque, c'était un pur délire: même si on se connaissait par blogs interposés depuis plus de deux ans, on ne s'était encore jamais rencontrés; on ne faisait que parler de cul et du Japon sur MSN. Mais d'ici quinze jours, si tout va bien, on aura réalisé la plupart des choses que j'énumérais alors.
La vie est décidément pleine de surprises. Et dans le lot, y'en a même des bonnes.

samedi 8 septembre 2007

En attendant les résultats de Persoweb

Maintenant que les votes sont clôturés, je peux bien vous le dire: vous n'auriez pas dû voter pour moi.
Ne me prenez pas pour une ingrate. J'ai été touchée par la constance des gens qui me connaissent à cliquer chaque jour sur mon icone Persoweb, et ravie que ce concours dont je n'attendais pas grand-chose m'apporte autant de lecteurs (mes visites journalières ont quasiment doublé depuis ma nomination).
Mais il y avait dans ma catégorie un blog qui enfonçait de loin tous les autres. Au premier abord, il n'est pas spécialement accrocheur: un template tout simple, pas d'avatar, de photos, de vidéos, d'animations ni de liens quelconques, hormis vers un très joli morceau de piano censé lui servir de "générique". Sa forme est extrêmement basique. Ce n'est sûrement pas la faute à la paresse ou à l'ignorance de ses auteurs; j'y vois plutôt une volonté de ne pas dénaturer ni détourner l'attention de son fond.
Le blog de Firmin est l'oeuvre de deux personnes, un grand-père de 85 ans et son petit-fils de 25 ans. Le premier a eu une vie très riche et brûle de transmettre ce qu'il a appris. Le second a eu l'idée de retranscrire leurs longues discussions sous forme de blog. L'idée est intéressante. La réalisation est carrément formidable. Le discours aurait pu être pontifiant et moralisateur, mais il évite ces écueils avec une facilité déconcertante. Tout ce qui en ressort, c'est un humanisme si profond, si ardent qu'il en devient presque militant. A l'heure où les valeurs de notre République sont allègrement bafouées - ou pire, récupérées et corrompues -, à l'heure où l'argent et la célébrité sont devenues des aspirations plus importantes que la justice ou la fraternité, le blog de Firmin devrait être considéré comme une oeuvre d'utilité publique.
Je conçois que mes petites divagations narcissiques puissent amuser ou émouvoir mes lecteurs et leur offrir cinq minutes de distraction quotidiennes. Mais les leçons de Firmin sont de celles que l'on peut, que l'on doit porter en soi toute une vie. Alors j'espère sincèrement que c'est son blog qui gagnera ce concours et recevra la publicité qu'il mérite bien.

vendredi 7 septembre 2007

Voyage au Japon: les inquiétudes de dernière minute

Quand Hawk m'a lancé un "chiche qu'on va au Japon tous les deux?" sur MSN, on n'était même pas en couple. Pourtant, j'ai répondu "oui, volontiers", parce que je ne connaissais pas des masses de gens susceptibles de m'accompagner dans ce voyage que j'avais envie de refaire à ma façon.
On a cherché une date potentielle. L'hiver est trop froid au Japon; le printemps est la saison idéale mais j'avais déjà prévu de partir aux USA avec les VIP en mai; l'été il fait une chaleur humide insuportable pour les Occidentaux; l'automne est la saison des typhons. Idéalement, il aurait fallu attendre avril ou mai 2008. Mais je sentais bien qu'échafauder des plans de voyage à dix-huit mois avec un type dont je ne savais pas encore trop bien ce qu'il était pour moi, ça faisait beaucoup trop loin. En un an, déjà, il pouvait se passer mille choses susceptible de foutre nos projets en l'air. Donc j'ai dit banco pour septembre 2007: le plus gros des chaleurs estivales serait passé, et avec un un peu de chance, on tomberait entre deux typhons - il ne devait quand même pas y en avoir tous les jours. Puis si ça se trouvait, d'ici là, nous ne nous parlerions même plus, alors pourquoi nous prendre la tête d'avance sur de bêtes problèmes de météo ?
Un an plus tard, Hawk et moi nous apprêtons à faire notre vie ensemble, le voyage au Japon est organisé dans les moindres détails, les billets d'avion non remboursables sont pris depuis deux mois et un typhon sévit sur Tokyo en ce moment même. Moi j'dis: ça sent le gaz.
La seule chose qui me console de ne pas avoir attendu mai 2008, c'est qu'on aurait eu deux chances sur trois de tomber sur l'Homme, sa nouvelle copine et les fidèles de sa secte sa bande de groupies ses élèves au Kimi Ryokan. Je vois d'ici l'ambiance des vacances. En fait je crois que je préfère le typhon. Et même un petit tremblement de terre par-dessus le marché.

jeudi 6 septembre 2007

Le déclin de la passion

Conversation MSN avec Hawk hier soir:
MOI: hey
LUI: hey
LUI: ava?
MOI: mwi
LUI: ohlà, pitimwi
MOI: je m'ennuie
LUI: je peux danser pour te distraire si tu veux
LUI: *m'envoie un smiley qui se trémousse la bite au vent*
MOI: hum
(Plusieurs minutes s'écoulent.)
MOI: bon ben je vais aller me coucher
LUI: alors bonne nuit
Voilà voilà... Y'a quelques mois, on se parlait au moins deux heures par jour sur Skype. On avait toujours des milliers de trucs à se dire. On essayait d'être raisonnables, mais on finissait systématiquement par se coucher beaucoup plus tard que prévu. Il manquait de sommeil parce que son boulot l'obligeait à se lever super tôt, et de mon côté je passais toute la journée comme dans un brouillard à attendre le moment de le retrouver.
Maintenant Skype c'est un soir sur trois, ça dure grand maximum une heure, il y a de grands blancs dans la conversation et pas parce qu'on se regarde avec des yeux de poissons morts d'amour. Et ce n'est pas le seul domaine dans lequel la passion commence à retomber.
Je sais qu'on ne peut pas rester perpétuellement shooté aux hormones qui vous submergent au début d'une relation amoureuse. Qu'il vient toujours un moment où l'autre cesse d'être votre unique préoccupation, votre alpha et votre oméga. Un moment où vous préférez mater le dernier épisode de "Lost" ou de "Heroes" plutôt que d'écouter le récit de sa journée très ordinaire. Un moment où un bon bouquin vous excite davantage qu'une partie de jambes en l'air car il a l'avantage de la nouveauté. C'est sans doute aussi bien - sinon, les couples passeraient leur vie à se regarder dans le blanc des yeux entre deux étreintes sauvages, et ils n'accompliraient pas grand-chose.
Mais pour moi, c'est toujours un cap difficile à passer: le cap où l'amour cesse d'être une évidence physique et devient quelque chose de plus raisonné. Pas encore une habitude vidée de sens, mais une étape plus avant sur le chemin qui peut mener à la décomposition. J'imagine le jour où je commencerai à chercher des excuses pour ne pas me coucher en même temps que l'autre, le jour où ses blagues ne m'arracheront plus qu'un soupir désolé, le jour où la simple vue d'un tube de dentifrice mal pressé me mettra en rogne contre lui, le jour où sa présence même me fera grincer des dents.
J'ai une vision bien pessimiste de l'amour et de la vie de couple, me direz-vous. C'est que jusqu'ici, mes relations ont toujours fini par se casser la gueule. Contrairement à ce que ce post pourrait laisser croire, je ne m'inquiète pourtant pas beaucoup à propos de ma future cohabitation avec Hawk. Je sais qu'on partage des choses fondamentales, qu'on est hyper complices dans nos délires, que la communication passe bien entre nous, qu'on s'implique tous les deux à fond dans notre histoire. On a des bases solides qui devraient nous permettre de construire un chouette avenir. Mais si puéril que ça puisse paraître, j'ai quand même un peu de mal à faire mon deuil de la passion.

lundi 3 septembre 2007

Vanessa, le retour


Tout à l'heure en voulant regarder "Malcolm" je suis tombée sur... un jeu débile présenté par Roland Magdane. Je n'en revenais pas que M6 me sucre la fin de la dernière saison de cette excellentissime série. Dépitée, j'ai zappé pour voir ce qu'il y avait sur les autres chaînes. Et je suis tombée sur le Grand Journal de Canal + avec en invitée d'honneur Vanessa Paradis, dont le dernier album sort aujourd'hui. (Cette fois, j'ai bien pensé à le pré-commander sur Amazon et devrais donc le recevoir après-demain).

Vanessa Paradis n'a pas une grande voix. Le seul de ses albums qui figure encore dans ma CDthèque, c'est le "Variations sur le même t'aime" que lui avait écrit Gainsbourg. Son "Bliss" familial m'avait, à deux chansons près, copieusement gonflée. La moitié de ses films sont des navets. Elle est la première à reconnaître qu'elle n'est pas une intello et qu'elle ne possède aucune culture. Elle s'exprime avec le genre de lenteur hésitante qui tend à m'exaspérer chez d'autres. En plus elle est naturellement blonde aux yeux verts, elle pèse genre douze grammes et elle irradie la béatitude par tous les pores.

Je devrais la détester, mais je l'adore. Parce qu'elle n'a pas la grosse tête malgré sa triple casquette de chanteuse/actrice/modèle pour Chanel, parce qu'on la sent émerveillée par sa chance et pas du tout imbue d'elle-même, parce que malgré des choix professionnels pas toujours judicieux, il y a dans tout ce qu'elle fait une grâce unique, une luminosité qui justifie qu'elle soit devenue une icône malgré sa médiocre production artistique. Si je devais me réincarner dans la peau d'une star, je voudrais être Vanessa.

dimanche 2 septembre 2007

Le look n'importe quoi

Lisant sur le forum de mon éditeur préféré la liste des emplettes qu'un jeunot audacieux du look venait de faire à Londres, je me suis remémoré les tenues les plus improbables avec lesquelles j'étais sortie. Les trois qui me reviennent à l'esprit en premier sont les suivantes; elles ont toutes été portées l'année de ma terminale pour aller au lycée.
- Une chemise vert sapin imprimée de petits cowboys avec un bolo-tie, une mini-jupe en feutrine à peu près du même vert, une chaussette rose fluo, l'autre jaune fluo, et aux mains inverses, une mitaine en dentelle jaune fluo et l'autre rose fluo. Je ne me souviens plus de ce que je portais aux pieds ni si j'avais des collants ou pas, et c'est fort dommage. Nous n'étions pas encore à l'ère du numérique et personne ne m'a prise en photo, c'est encore plus dommage.
- Un long tutu noir à fines bretelles. Sans rien dessus. En plein mois de décembre. On m'a beaucoup regardée ce jour-là. J'ignore si c'était parce qu'on hésitait à m'indiquer la direction de l'opéra de la ville ou à cause de l'effet tétons qui pointent avec le froid.
- Un pyjama à carreaux. Et non, ce n'était pas le jour de Mardi-Gras. J'avais juste décidé que ça me ferait gagner du temps et que de toute façon, un pantalon c'était un pantalon - dehors, dedans, quelles distinctions ridiculement petites-bourgeoises...
J'ajoute qu'à l'époque, j'étais coiffée comme Catherine Ringer dans le clip de Marcia Baila.
Et vous, des erreurs de look si monumentales qu'elles en deviennent drôles rétrospectivement?

La visite manquée

Ce sont les derniers jours du dernier été que je passe ici jusqu'à nouvel ordre. Et au lieu d'en profiter, je suis enfermée chez moi à me dépêcher de finir une trad que je dois rendre avant mon départ pour le Japon. Vendredi, je me suis levée tellement tard que je n'ai pas pu me résoudre à bosser; du coup je me suis préparée à une journée semi-glande semi-corvées diverses. Et puis en appelant Soeur Cadette vers 14h, j'ai appris que sa petite famille et elle étaient à Sanary en train de manger une crêpe et qu'ensuite ils allaient rendre visite à ma grand-mère dont la maison de retraite se trouve juste à côté. J'ai été prise, d'un côté, du regret de n'avoir pas décoincé plus tôt pour les accompagner et profiter d'eux que je vois si rarement, de l'autre, de la culpabilité d'avoir laissé passer cette occasion de rendre enfin visite à ma grand-mère.
En mai 2005, lors de mon premier séjour au Japon, mes parents m'avaient annoncé qu'ils venaient de changer ma grand-mère de maison de retraite. J'avais assez souvent l'occasion de passer à l'ancienne, située à côté d'un grand centre commercial. La nouvelle était beaucoup plus loin, dans un endroit que je ne connaissais pas. Or, j'ai un sens de l'orientation lamentable et une trouille terrible de me perdre en voiture. Mais je savais bien que c'était de fausses excuses pour ne pas y aller. La vérité, c'est que je ne supportais plus ces visites à ma grand-mère. Les maisons de retraite sont des mouroirs aseptisés dont le personnel à la gentillesse convenue et les pauvres efforts de décoration ne parviennent pas à masquer la finalité. Elles me renvoient à ma terreur, non pas de la mort, mais de la vieillesse solitaire qui m'échoiera si un accident ou une affreuse maladie ne m'emporte pas avant. C'était déjà la raison pour laquelle j'avais arrêté de faire du bénévolat chez les Petits Frères des Pauvres. Ma peur me pousse à perpétuer le comportement même que je trouve regrettable chez les adultes bien portants et dont je voudrais tant ne pas être victime plus tard. Stupide, je sais.
Si ma grand-mère était "juste" invalide physiquement, je ne crois pas que ça me poserait de problème. Mais depuis quelques années, elle a sombré dans une forme de douce démence dépressive. Peu m'importe qu'elle répète en boucle les mêmes histoires que je connais par coeur à force. En revanche, je ne supporte pas de la voir se mettre à pleurer, dire qu'elle veut rentrer chez elle, qu'elle ne pense qu'à se suicider pour échapper à tout ça. Comment réagir face à une telle détresse? Du coup, j'ai l'impression que mes visites lui font plus de mal que de bien - en remuant le passé et en lui rappelant qu'il existait une vie à l'extérieur des murs de sa maison de retraite. Mais peut-être est-ce juste une excuse supplémentaire que je me donne pour justifier ma lâcheté.
Je m'étais dit que j'irais lui rendre visite avec Soeur Cadette et sa famille, pour ne pas me retrouver seule face à elle. Et puis (inconsciemment ou pas?), j'ai laissé passer une occasion qui pourrait être la dernière. Dans dix jours je retourne au Japon. J'aurai revu Tokyo avant ma grand-mère.