vendredi 30 novembre 2007

Travailler plus pour gagner plus

Nicolas Sarkozy n'a "pas les moyens de faire des cadeaux de Noël aux Français". Sauf, bien sûr, à ceux qui n'en ont pas besoin - les gens déjà très fortunés qui sont les seuls favorisés par les dispositions d'allègement fiscal prises ces six derniers mois. Les humbles salariés, eux, sont priés de faire des heures sup ou de venir bosser le dimanche s'ils veulent accéder à un pouvoir d'achat décent. Bien sûr, leur vie privée rétrécira comme une peau de chagrin. Mais faut choisir dans la vie: ou tu nourris décemment tes enfants, ou t'as le temps de profiter d'eux. Quant aux chômeurs, ils auront d'autant plus de mal à trouver ou retrouver un emploi que la productivité des travailleurs déjà en place va augmenter. Mais c'est bien fait pour leur gueule: tout le monde sait que les chômeurs sont des sales profiteurs, des parasites qui n'ont aucune envie de bosser et préfèrent vivre grassement aux crochets de la société. Et puis pour les vrais nécessiteux, ceux qui font preuve d'une telle mauvaise volonté qu'ils ne parviennent pas à boucler leurs fins de mois avec un RMI, y'a toujours les Restos du Coeur, hein...
PS: Au passage, on notera que Mr. Sarkozy a, curieusement, trouvé les moyens de s'augmenter de 140% le mois dernier.

jeudi 29 novembre 2007

Le pschiiit de la fin

Depuis le début de la semaine, je me nourris de riz en sachet micro-ondable le midi et de soupe Liebig le soir. Ce midi, je décide de varier un peu et de me préparer du poisson (bon OK, des fish sticks) à la poêle. Je farfouille sous la plaque pour allumer la bouteille de gaz... qui pousse un chuintement pareil à un dernier soupir et se tait.
Elle est vide.
Et si lourde qu'il me faudrait une voiture pour l'emmener dans une station-service afin de la remplir.
Ce que je n'ai pas fait juste avant de vendre ma Twingo le mois dernier en me disant qu'apparemment ça allait, il restait encore du gaz dedans, et d'accord c'était le petit modèle et je m'en servais depuis un an et demi, mais comme je l'utilisais très peu j'avais encore du temps devant moi - surtout que désormais, je n'allais plus passer qu'une semaine sur quatre ou cinq dans cet appart'.
Blonde dedans un jour, blonde dedans toujours.

mercredi 28 novembre 2007

Ticketoblog

Parce que quatre blogs personnels ou partagés avec mon chéri ne me prennent pas déjà assez de temps, je viens de rejoindre l'équipe du Ticketoblog emmenée par le sémillant Phil H (dit "Chou").

Armalite dit :
et tu m'as même déjà rajoutée dans la liste des blogueurs !
Chou dit :
j'suis rapide
Armalite dit :
à moins de deux minutes c'est pas de la rapidité mais de la précocité hein ^^

Le pull doudou

J'avais déjà craqué pour une guêpière Lejaby rose et noire, very Dita Von Teese. Théoriquement, j'aurais dû m'arrêter là pour l'après-midi.
Mais quand j'ai traversé le corner Comptoir des Cotonniers du Printemps, il était là.
Il avait tout pour lui: la bonne couleur (gris perle), la bonne maille (un gros point mousse tout souple), la bonne forme de col (rond avec des côtes), la bonne longueur (juste sous la pointe des hanches), la bonne matière (du cachemire 3 fils) et même - miracle! - des manches. Des vraies, qui s'arrêtent aux poignets et pas à un endroit fantaisiste de l'avant-bras, donnant l'impression d'avoir rétréci au lavage.
Oui, il avait tout pour lui. Tout, sauf son prix. 235 euros. Quand même.
J'ai visualisé mes dépenses prévisionnelles de décembre et légèrement blêmi.
Puis je me suis rappelée l'adage de mes chers magazines féminins, qui ne racontent pas toujours que des conneries: "Mieux vaut un pull à 235 euros qui vous va vraiment bien et vous fera dix saisons si vous l'entretenez correctement, plutôt que dix pulls à 23,50 euros qui ne ressemblent pas à grand-chose et vous tiendront juste un hiver".
Sur le coup, je n'ai pas pensé que les dix pulls à 23,50 euros, ils étaient déjà dans mon armoire.
Je me suis juste dit que si je mourais prématurément, je voulais être enterrée avec celui-là.

mardi 27 novembre 2007

Hype sans le savoir

Quand je m'ennuie chez le coiffeur en attendant le retour de ma coloriste partie chercher sa fille à l'école, je feuillette "Femme en ville", le mensuel distribué gratuitement par Printemps et quelques autres enseignes françaises. Et que vois-je dans le numéro de novembre?
- Page 14, l'article "24 heures à Bruxelles" conseille une de nos adresses favorites, à Hawk et à moi: Lady Paname, la "boutique de l'érotisme chic", en évoquant "la discrétion et les conseils raffinés de la maîtresse des lieux".
- Page 16, la rubrique "sortie en ville" informe les lectrices que l'Hôtel Amour est "le plan le plus glamour du moment" et "l'adresse la plus branchouille de "So-Pi" (sud de Pigalle)". C'est également là que Hawk et moi avons passé un merveilleux week-end coquin en janvier dernier.
- Page 113 enfin, un minuscule encart baptisé "Métissage" est consacré à un trio dont l'album est censé enflammer les fêtes de fin d'année. Bien qu'elle ne mesure pas plus de deux centimètres sur la photo, je reconnais la beauté black de gauche: elle s'appelle Philippa, c'est une ancienne fan des filles (que j'avais rencontrée un jour où nous posions toutes les deux pour le même photographe) et tout le monde lui a toujours prédit qu'elle irait loin.
Serais-je hype sans le savoir?

dimanche 25 novembre 2007

Parfois il me fait peur

Commentaire enthousiaste de Hawk après avoir vu "Micheal Clayton":
- Tilda Swinton transpire merveilleusement bien sous les bras !

Martine

Après son divorce d'avec l'Homme, je l'apercevais souvent de loin, au rayon textile de l'Ikea où elle bossait. Elle avait beaucoup maigri et teint sa somptueuse chevelure en auburn. Elle était toujours aussi pâle, mais plusieurs piercings ornaient désormais son visage: un clou à l'arcade sourcilière, un anneau sur la lèvre inférieure. Je me souvenais de nos affinités réelles et souvent, j'avais envie d'aller lui présenter mes excuses. Consciente de la vanité et de l'égoïsme d'une telle démarche, je me retenais toujours. La dernière fois, j'ai vraiment failli m'approcher pour lui dire que l'Homme m'avait fait exactement la même chose qu'à elle - il me semblait qu'elle méritait de savourer cette minuscule victoire. Et puis je me suis demandé de quel droit j'allais remuer ces souvenirs pénibles tant d'années après.
Au final, la dernière fois où je lui aurai adressé la parole, ça aura été ce jour de juin 2000 où, après avoir renvoyé l'Homme chez eux en le traitant de monstre et en lui disant qu'on devait absolument arrêter de se voir, j'ai téléphoné à Martine pour savoir si ça allait mieux depuis la veille au soir et les confidences larmoyantes qu'elle m'avait faites - ignorant que la femme à qui son mari téléphonait tous les soirs en sortant son vieux caniche pour lequel il s'était subitement pris d'affection, c'était moi. Je me suis rarement sentie aussi minable que ce jour-là. La passion a pourtant été la plus forte; j'ai tenu moins d'une semaine avant de rappeler l'Homme et de reprendre notre liaison adultère. Avec les résultats désastreux que l'on sait.
Hier, j'ai appris par la copine d'un ami d'Etre Exquis, qui bossait elle aussi chez Ikea, que Martine était partie s'installer à Londres, où tout le reste de sa famille résidait déjà depuis quelques années. Elle aura 39 ans en décembre. Pour ce que j'en sais, elle ne s'est pas remariée et n'a pas d'enfants, alors qu'elle en voulait avec l'Homme. J'ai longtemps culpabilisé à l'idée d'avoir gâché tous ses plans et détruit sa vie. Aujourd'hui, je pense plutôt que l'échec de son mariage était inévitable, et que l'Homme aurait de toute façon fini par la tromper - avec moi ou une autre - parce qu'il était incapable de gérer sa forte personnalité et ses goûts marginaux. En découvrant qu'elle était, elle aussi, partie refaire sa vie dans une capitale européenne, j'ai songé que nos histoires auraient été le miroir l'une de l'autre jusqu'au bout.

samedi 24 novembre 2007

Ca m'apprendra à procrastiner

Hier soir en arrivant à Monpatelin j'ai eu la flemme de ressortir dans la foulée pour faire le plein du frigo avant la fermeture des magasins. Mal m'en a pris. Ce matin, je me suis tapé vingt bonnes minutes de queue aux caisses - avec les surgelés qui se décomposaient lentement dans mon panier. Quand je suis ressortie du Champion, il pleuvait. Bien sûr, je portais mon petit blouson en cuir noir tout neuf que je n'ai pas encore eu le temps d'imperméabliser. Et comme j'avais fait d'autres courses dans le village avant, je n'avais pas emmené mon super chariot girly mais juste un sac recyclable de chez Delhaize (pour la touche d'exotisme). Le kilomètre et demi du retour avec mes dix kilos de bouffe pendus au bout du bras droit m'a paru très, très long.
Enfin voyons le bon côté des choses: je n'ai croisé ni l'Homme, ni sa grognasse.

jeudi 22 novembre 2007

Zen soyons zen

Après mes démêlés avec les différentes administrations françaises, je me suis trouvé un nouvel adversaire à ma mesure: la poste belge.
Ne recevant pas de nouvelles de deux colis expédiés depuis les Etats-Unis, l'un le 19 octobre, l'autre le 6 novembre, je me suis renseignée auprès de l'envoyeur. Celui-ci était le même dans les deux cas: mon principal dealer de fournitures de scrap, j'ai nommé A Cherry On Top. Le service clientèle, irréprochable depuis trois ans et demi que je commande chez eux, m'a été gentiment répondu que d'après le système de suivi, les deux paquets étaient arrivés à Bruxelles et que le destinataire avait été averti. Or, je n'avais jamais reçu le moindre avis de passage. Je me suis donc rendue au bureau de poste de mon quartier avec les numéros d'expédition. Là, un fonctionnaire flamand plein de bonne volonté malgré un français un poil hésitant a cherché en vain pendant dix bonnes minutes. Au final, il m'a dit que mes numéros ne correspondaient à rien de ce qu'il avait dans son ordinateur et que de toute façon, le premier paquet au moins aurait été renvoyé à l'expéditeur depuis le temps.
Une investigation téléphonique menée par Hawk a révélé que mes colis n'avaient, contrairement à tous les autres envois que j'ai reçus des USA depuis mon installation en Belgique, pas été traités par le circuit normal mais par un service parallèle appelé Taxipost. Au terme de multiples coups de fil et d'une attente qui se chiffre en heures, nous avons appris que mon premier colis avait été retourné à l'expéditeur sous prétexte d'adresse incomplète (nous avons fait réciter à notre correspondant l'adresse dont il disposait: elle était parfaitement juste et complète) et que le second moisissait au central après un premier passage et le dépôt d'un avis de présentation. Or, non seulement je suis très rarement absente pendant les heures de passage du facteur, mais je n'ai pas trouvé l'ombre d'un avis de présentation ou de quoi que ce soit qui y ressemble dans ma boîte.
Résultat des courses: A Cherry On Top a récupéré mon premier colis et me demande de repayer les frais de port ($44, quand même!) pour un second envoi. Si je veux me faire rembourser, je dois déposer une plainte auprès de Taxipost. Quant au deuxième colis, j'ai demandé une seconde présentation. On m'a répondu que celle-ci aurait lieu aujourd'hui entre 9h et 19h. Il est 17h et je ne vois toujours rien venir. Zen, soyons zen.
EDIT: Paquet reçu à 17h20, woohoo! Armalite-La Poste Belge, 1 partout.
EDIT 2: Je viens de m'apercevoir que le slogan de Taxipost était "Belgian Post Solutions". Tu parles! "Belgian Post Problems" eût été plus approprié.

mercredi 21 novembre 2007

"The L Word" saison 4

Globalement, je suis assez déçue par cette saison. Carmen, que j'aimais beaucoup, a disparu après que Shane l'ait plantée devant l'autel. La crispante Helena Peabody, par contre, est toujours là; déshéritée par sa mère, elle lutte pour survivre dans ce monde hostile. Ca aurait pu être drôle, mais ça tombe à côté de la plaque et je n'ai pas réussi à éprouver la moindre compassion pour elle. Les scénaristes font des efforts pour humaniser Bette, mais je n'accroche toujours pas à son histoire - bien que sa relation avec une artiste sourde soit des plus intéressantes. Tina: je la trouve fade depuis le début, ce n'est pas cette saison qui me fera changer d'avis. Kit a des storylines de plus en plus invraisemblables; on peine à croire qu'avec son physique de quinqua enrobée, elle soit l'objet de la convoitise d'un beau gars hétéro de 35 ans et d'une lesbienne briseuse de coeurs qui pourrait être sa fille. Max/Moira me fait juste de la peine, même si le dernier épisode laisse supposer qu'il/elle se réconcliera peut-être avec le corps que la nature lui a donné. Jenny, à laquelle je m'identifiais pas mal pendant les deux premières saisons, devient une tête-à-claques absolue, égocentrique, manipulatrice et arrogante. Je pensais qu'elle changerait après la révélation de son traumatisme d'enfance, qu'elle deviendrait quelqu'un de plus posé et de plus ouvert aux autres, et c'est exactement l'inverse qui se produit.

Quant aux nouvelles "filles de la bande", aucun ne me plaît vraiment, à part Jodie qui est un personnage original et crédible, au caractère fort. Le cas de Phyllis, qui réalise après 23 ans de mariage et 2 enfants qu'elle est lesbienne, est traité de manière plus burlesque que dramatique. Papi m'agaçait au tout début de la saison, mais j'ai commencé à l'apprécier vers le milieu; il faut voir ce qu'elle deviendra par la suite. Et Tasha me laisse totalement froide. En vérité, mes deux raisons pour continuer à suivre la série sont toujours les mêmes; elles s'appellent Alice et Shane. La première parce qu'elle est rigolote et farfelue; la seconde parce que... le charisme... la gueule... Ca ne s'explique pas, il faut la voir pour comprendre. (Même si je la trouve absolument non-appétissante à poil, et notamment sur les affiches de la campagne Hugo Boss pour laquelle pose en slip). L'histoire avec son petit frère est très chouette et participe bien au développement de son personnage.

Pour le reste... J'ai quand même deux problèmes avec cette série. D'abord, la quantité d'histoires non résolues que les scénaristes abandonnent en chemin sans la moindre explication. Ensuite, la crédibilité d'un milieu lesbien où toutes les filles sont des canons absolus, et où chaque fois qu'elles craquent sur une autre fille hors de leur milieu, la fille en question s'avère immanquablement être lesbienne elle aussi. A croire que les moches et les hétéros sont une espèce en voie de disparition à Los Angeles.

mardi 20 novembre 2007

Le mystère du vomi fantôme

En pleine nuit, je suis réveillée par une série de haut-le-coeur glougloutants, ceux qui annoncent qu'un de mes chats s'apprête à déposer au plus mauvais endroit possible - par exemple, sur mes sandales en cuir blanc toutes neuves - un demi-litre de bile jaunâtre et corrosive dans lequel surnagent encore des croquettes avalées sans mâcher (Copernique est une redoutable goinfre). J'hésite: me lever pour nettoyer ou rester au chaud sous la couette? Bien entendu, la paresse l'emporte.
Au matin, je rassemble tout mon courage avant de m'extraire du futon pour affronter l'apocalypse qui doit m'attendre quelque part dans l'appartement. Mais rien. Pas la plus petite flaque suspecte, ni sur la mezzanine ni au rez-de-chaussée. Si ça se trouve, y'a un lutin du ménage nocturne qui rôde dans mon quartier et j'étais même pas au courant.

dimanche 18 novembre 2007

Mon Graal d'hiver

Depuis vendredi, il caille sévère à Bruxelles (surtout pour les gens qui se baladent en jean troué). J'ai apporté mes fringues les plus chaudes quand je suis venue m'installer ici, mais à l'allure où le mercure dégringole, elles ne vont pas suffire longtemps. Hier après-midi, j'ai donc entraîné Hawk dans une quête de pulls que je pensais boucler assez rapidement rue Neuve.
Naïve que je suis!
D'abord, j'oubliais que je ne supporte pas le contact de la laine, et que tout ce qui comporte plus de 15% de lambswool, d'angora ou même de cachemire est donc absolument exclus. A même la peau, il me faut du coton ou du synthétique, point. Et si je commence à superposer les couches, je me transforme très vite en Bibendum Michelin. Exit donc 80% des pulls proposés en magasin.
Ensuite, les décideurs de tendance sont de plus en plus sadiques. Ou alors, ils dessinent des fringues pour la Vénus de Milo. Quelqu'un peut me donner une raison valable de fabriquer des pulls sans bras? Si on porte un pull, c'est parce qu'on se gèle. Si on se gèle, on se gèle partout - on n'est pas entouré par une bulle de froid qui s'arrête miraculeusement aux épaules.
De l'épopée shoppingesque d'hier après-midi, il ressort que trouver un pull avec manches et pas en laine, c'est presque aussi difficile que se chausser chez Sacha (à dire plusieurs fois très vite) quand on fait du 35. Finalement, j'ai réussi à dégoter un col roulé beige tout doux en polyamide/acrylique/élasthane chez Etam, plus un col en V tabac (pour les garçons, tabac = sorte de marron) chez Camaïeu. Plus basique que rock'n'roll, mais pour l'instant ma préoccupation première c'est de ne pas mourir de froid.

Une dédicace chez Brüsel

Ca devait bien faire cinq ans que je n'étais pas allée à une dédicade d'auteurs de BD. J'en avais pourtant accumulé des tonnes pendant ma période nantaise. Ces derniers temps, j'y attachais si peu d'importance que j'ai même revendu, par erreur et à un prix bradé, quatre de mes albums comportant des dessins originaux (les deux premiers Lanfeust de Troy, le tome 3 du Prince de la Nuit et l'Encyclopédie des Lutins de Pierre Dubois). Mais un couple de dessinateurs que nous aimons beaucoup, Hawk et moi, dédicacait chez Brüsel vendredi après-midi, et Hawk n'avait jamais participé à ce genre d'évènement. C'était l'occasion ou jamais.
C'est Hawk qui m'a fait découvrir "Fraise et chocolat", la bédé dans laquelle Aurélia Aurita, une jeune Française de 25 ans, raconte sa vie sexuelle avec un auteur de 20 son aîné dont elle partage la vie au Japon. Le dessin était brouillon mais expressif, l'approche totalement nature et décomplexée, la manière de raconter, tantôt hilarante et tantôt très touchante. J'ai beaucoup aimé. Peu de temps après, j'ai acheté un bouquin appelé "L'apprenti japonais", qui évoquait notamment les frasques sexuelles de son auteur, un certain Frédéric Boilet, au Japon. J'ai vite fait le rapprochement entre les deux.
Or donc, Frédéric Boilet et Aurélia Aurita étaient vendredi après-midi de passage chez Brüsel. J'ai retrouvé le public typique des dédicaces: 90% de nerds à fort taux de pilosité faciale, possédant une connaissance encyclopédique de l'oeuvre des auteurs qu'ils sont venus rencontrer. Pour un peu je me serais crue dans un des clubs de jeux de rôle de mon adolescence, avec tous ces ados boutonneux capables de réciter à l'envers l'immense liste des sorts contenue dans le Player's Handbook d'AD&D. Mais je m'égare.
Nous avions emmené Régis à la dédicace. J'ai demandé à Frédéric Boilet et Aurélia Aurita s'ils voulaient bien poser avec lui. Ils se sont exécutés avec gentillesse. Puis Aurélia Aurita a jeté un coup d'oeil au monstre en peluche que son chéri venait de lui coller entre les pattes et s'est exclamée:
AURELIA AURITA: Oh, c'est un Ugly Doll!
MOI, toute fière: Absolument.
FREDERIC BOILET: Un quoi?
AURELIA AURITA: Un Ugly Doll.
FREDERIC BOILET: Connais pas.
MOI, toujours prête à rendre service: Cherchez pas, c'est un truc de jeune.
FREDERIC BOILET, qui ne fait pas ses 47 ans malgré un hideux jean brodé de fleurs comme il n'est plus acceptable d'en porter depuis les années 70: Ah, ben dans ce cas...
Un peu plus tard, un jeune homme tend à Frédéric Boilet une bédé que je reconnais.
MOI: Oh, c'était de vous, 3615 Alexia? Ouah. C'est super vieux...
FREDERIC BOILET, imperturbable: Oui, ça a dix-sept ans.
MOI, réalisant que je viens de gaffer deux fois en moins de cinq minutes: Hum, si ça ne dérange personne je crois que je vais me taire.
Frédéric Boilet n'est pas rancunier; nous avons discuté un assez long moment avec lui tandis qu'Aurélia Aurita papotait joyeusement avec ses fans (si joyeusement, en fait, qu'il lui fallait un quart d'heure pour chaque dédicace et que mon tour a mis des plombes à venir). Pour une première dédicace, Hawk est vraiment bien tombé.

jeudi 15 novembre 2007

Scarlett: bulletin de santé

Je viens de recevoir un coup de fil de mon étrange vétérinaire belge. Les analyses révèlent que les transaminases de Scarlett sont presque revenues à la normale grâce au Fumachol; pour plus de sûreté elle me conseille de poursuivre le traitement encore un mois. Quant à l'abcès, s'il n'a pas guéri d'ici quinze jours, il sera possible d'opérer pour enlever la glande infectée, qui n'a apparemment rien d'indispensable. Me voici un peu rassurée. Maintenant il va falloir faire le forcing pour que Scarlett prenne bien ses médicaments (le cirque pour lui faire avaler ses antibiotiques hier soir!) et qu'elle mange afin de retrouver son poids de forme.

mercredi 14 novembre 2007

The weird belgian vet

Le docteur Eliane Dornet d'Alzius du Prélat possède toute la finesse aristocratique que son nom à rallonge laisse supposer. Cheveux châtain mi-longs sobrement tirés en arrière, pâleur anti-fashion que ne vient rehausser aucun maquillage, pull en laine beige, jupe au genou grise, bottes noires et, seule touche de fantaisie dans sa mise, une écharpe rose vif. Son cabinet est situé au rez-de-chaussée d'un immeuble bourgeois dont ses appartements privés occupent sans doute les autres étages, vue la disposition des lieux. En revanche, elle n'a pas de secrétaire. Ni de machine à carte de crédit. Ni de balance pour peser les animaux qu'on lui amène à soigner. Ni de médicaments ou d'aliments à vendre en direct à ses clients, "parce que ça prend trop de place et que ça fait trop de bazar". Elle dit HIV à la place de FIV et ne semble pas prendre très au sérieux le sort de Scarlett. Quand je lui dis que ma pauvre puce ne mange presque plus depuis quelques semaines, elle concède nonchalamment qu'elle la trouve maigre. Mais que c'est peut-être la faute du vilain abcès ouvert que j'ai repéré hier soir sur son arrière-train, et qui doit lui faire un mal de... chien chaque fois qu'elle va à selle (ce qui pourrait la décourager d'ingurgiter quoi que ce soit). En réponse à ma question, elle admet avec une indifférence limite guillerette que oui, ça pourrait être le début d'une longue suite de problèmes de santé sans autre issue probable qu'une euthanasie ou une mort lente et douloureuse. Je suis partagée entre l'ahurissement et l'envie de gifler le docteur Eliane Dornet d'Alzius du Prélat.

mardi 13 novembre 2007

Respirer l'aluminium c'est pas mon truc

Désoeuvrée après une journée de boulot qui m'a un peu lessivé le cerveau (j'ai déjà dit combien je haïssais les scènes de navigation à voile, et plus encore celles d'attaques ou de tempêtes en mer?), je suis retournée faire un tour sur le forum des filles qui va bientôt fermer. De là, je suis passée sur la page MySpace de la Chouchoute. Coïncidence amusante: le nom d'artiste qu'elle s'est choisi est le nom de famille, pas si répandu que ça, d'Etre Exquis. Pour le reste... J'ai écouté les deux titres qu'elle a faits en solo, et je n'aime ni l'un ni l'autre. Le premier a des paroles indigentes et une musique banale; je trouve qu'il est à jeter direct. Le second témoigne d'une plus grande recherche musicale, mais son rythme heurté ne m'a pas convaincue; le texte fait dans le cliché et la rime facile, et la voix de la Chouchoute, que je trouve pourtant magnifique, sonne limite nasillarde par moments. Du coup je n'ai aucun regret d'avoir raté son concert à Ste-Maxime le lendemain de mon départ pour Bruxelles. J'avais toujours eu l'intention de suivre sa carrière solo malgré les disputes intestines du FC; j'étais même impatiente que le groupe se sépare pour l'entendre faire ses preuves toute seule et... Franchement, ses choix professionnels me déçoivent.

lundi 12 novembre 2007

Life in Brussels: the reality check

Je pensais que le climat me déprimerait. D'abord, il fait moins froid et moins pluvieux que je ne m'y attendais: juste un vrai temps d'automne avec un ciel souvent couvert, une température qui avoisine les 10°, de petites averses assez fréquentes mais aussi quelques chouettes éclaircies, comme hier matin pendant que nous brunchions au Balmoral avec Chou et Julie. J'ai pris l'habitude de ne jamais sortir sans mon bonnet rayé, de porter des chaussures qui ne craignent pas les flaques et de marcher tête baissée pour ne pas que mes lunettes soient trempées trop vite.
Je craignais que la promiscuité de la vie dans un appartement sans murs me tape rapidement sur le système. Mais non. Je suis désormais blindée contre tous les bruits de toilettes existants... ou presque (notre amour résistera-t-il à la première gastro de l'hiver?). A part ça, j'adore bosser côte à côte avec Hawk, chacun devant son ordi sur la grande table Markör avec une théière japonaise pleine de Fujiyama entre nous et un chat qui tente plus ou moins subtilement de taper l'incruste. J'adore la facilité avec laquelle on accorde nos rythmes de vie, nos besoins et nos envies. J'adore qu'on ait du plaisir à faire même les trucs les plus bêtes ensemble, au lieu de peiner à trouver des sorties qui ne soient pas un immense sacrifice pour l'un d'entre nous comme c'était le cas avec mon ex.
J'avais peur de me languir de mon appart et du Midi de la France malgré mon affection pour Bruxelles. Même pas. De tout ce que j'ai pu laisser là-bas, très peu de choses me manquent, et j'en rapporterai une bonne partie lors de mon prochain aller-retour en avion. Si me retrouver à mille kilomètres de la plupart de mes possessions matérielles m'affecte, c'est de façon très positive. En l'absence de distractions, je peux enfin me concentrer sur ce que j'ai envie de faire et profiter réellement du peu que j'ai sous la main (même si à l'allure où j'écume les boutiques, ce "peu" risque de ne pas le rester longtemps).
J'appréhendais que notre vie sexuelle soit frappée par ce curieux mal qui semble affecter tous les couples cohabitants: plus on a l'autre sous le nez et sous la... main, moins on en profite. Comme si le désir se nourrissait surtout de l'éloignement et des absences, comme si la trop grande disponibilité d'une chose tuait l'envie qu'elle suscite - ou, plus prosaïquement, comme si les mille et unes exigences d'un quotidien partagé étaient vouées à prendre le pas sur les aspects plus "fun" de la relation. Sur ce point-là, je n'avais pas complètement tort. D'un autre côté, la nature désormais plus spontanée, plus improvisée de nos rapports facilite une détente que je n'avais encore jamais atteinte avec mes partenaires précédents.

dimanche 11 novembre 2007

Ce que l'on risque à s'asseoir à côté de moi quand je meurs de faim et que ma commande tarde à arriver


Dimanche matin...

...Pas mis de réveil, ouvert un oeil à dix heures, rendez-vous pour aller bruncher à onze, grosse difficulté à sortir du lit.
HAWK (avec une détermination feinte mais louable): Bon allez, il faut se lever.
Coup d'oeil réprobateur sous les draps.
HAWK (sévèrement): Non, c'est pas à toi qu'on parle.

mardi 6 novembre 2007

Les Belges c'est rien que des copiteurs, et prétentieux en plus


Fin d'après-midi pluvieux dans le quartier du Châtelain. Alors que Hawk et moi longeons la rue du Bailli en rentrant la tête dans les épaules, la vitrine d'une galerie d'art attire mon attention. Ce format carré décliné en quatre tailles, ces présentoirs individuels par artiste avec toiles classées en ordre de grandeur décroissant, ces cadres en bois naturel ou teinté... Bon sang, mais c'est un Carré d'Artistes bruxellois. Je me tords le cou pour déchiffrer l'enseigne à travers mes lunettes ruisselantes. Ah non, tiens, ça s'appelle Dérapages. Poussée par la curiosité, j'entre et me dirige vers le vendeur - châtain-blond, pas rasé de l'avant-veille, petites lunettes rectangulaires, carrure de haricot vert et look faussement négligé.
MOI: Excusez-moi, juste une question: vous êtes la branche belge de Carré d'Artistes?
HARICOT VERT A LUNETTES: Euh non, en fait on leur a "emprunté" le concept de la galerie. Sauf que nous, on ne fait pas de la déco: on propose les oeuvres de vrais artistes.
Ah ben ça doit être pour ça que chez Carré d'Artistes j'ai toujours envie de repartir avec une demi-douzaine de toiles alors que là y'a pas un seul truc qui m'a plu.

lundi 5 novembre 2007

Moody&Cookie

En bons No-Life que nous sommes, Hawk et moi lançons un énième blog. Le principe est simple: le quotidien d'un couple vu à travers les yeux de chacune de ses deux moitiés, sous la forme d'une photo par jour. Les photos peuvent représenter n'importe quoi, même - et surtout! - des détails apparemment insignifiants de notre quotidien; le seul impératif que nous nous sommes fixé est de ne jamais montrer de gens de manière à ce qu'ils soient identifiables. La forme est plus dépouillée que celles de nos blogs/carnets intimes actuels, et pas nécessairement moins révélatrice mais plus difficile à décoder. Quant à la date de départ, c'est celle du début de notre cohabitation bruxelloise, soit le samedi 27 octobre. Venez nous voir et dites-nous ce que vous en pensez!

Je suis bâlâde

Depuis samedi soir, j'ai mal à la gorge et les sinus vaguement pris. Hawk me bourre amoureusement de Sedergine, des comprimés effervescents qui ont un goût affreux. Chaque fois je geins "C'est pas booon" et je bois en faisant un maximum de grimaces à la "Calvin-devant-ses-épinards", mais je dois reconnaître que pendant les heures qui suivent, la douleur disparaît presque... Pour revenir à la charge le soir ou dans la nuit. J'espère que je ne suis pas en train de couver la même saloperie qui m'a mise KO quinze jours l'hiver dernier. Si encore il faisait un froid de canard à Bruxelles, je comprendrais que j'aie attrapé mal, mais là, on a juste un temps d'automne normal, avec ciel couvert et température autour de 10-12 degrés. Enfin, si jamais ça empire, ça me donnera l'occasion de tester ma carte de sécurité sociale européenne Ameli - étant donnée la mauvaise grâce que la CPAM de mon domicile français a mise à me la faire parvenir, autant qu'elle serve à quelque chose.

samedi 3 novembre 2007

Première semaine bruxelloise

Je sais: c'est rare que je reste si longtemps sans poster. Mais cette première semaine à Bruxelles a été aussi chargée que mouvementée. Il a quand même fallu sortir cent cinquante feuillets de traduction d'un bouquin 1/qui se passe en mer et donc regorge de termes techniques sur la navigation à voile 2/dont chaque page compte environ deux ou trois mots tellement archaïques que plus aucun dictionnaire, papier ou en ligne, ne les mentionne. Parfois le sens peut être déduit d'après le contexte, et parfois pas. Il a également fallu surmonter un gros accrochage qui m'a vue prendre la porte de l'appartement et ne rentrer que cinq heures plus tard, après avoir hésité à passer la nuit à l'hôtel. Du coup, il a fallu consacrer toute la soirée suivante à s'expliquer et se réconcilier. Il a fallu ranger les dernières acquisitions et s'organiser au niveau pratique. Et puis il a aussi fallu préparer la mise en ligne d'un futur blog-photo commun [très bientôt sur vos écrans] et se ménager quelques moments de détente comme une fin d'après-midi au bar de Filigranes avec Chou et Julie, la découverte d'un chouette recueil de comics ("The devil's panties" de Jennie Breeden) ou le visionnage du début de la saison 2 de "How I met your mother". Aujourd'hui 17h, ma semaine est enfin terminée, mais Hawk bosse encore jusqu'à 22h. Le week-end sera court, alors que nous avons des millions de choses à faire, notamment tester une partie des bonnes adresses bruxelloises trouvées dans le numéro de novembre de Gael - à mon avis le meilleur féminin belge de très loin. J'aimerais prendre le temps de parler de l'affection grandissante que m'inspire Bruxelles, mais il me reste encore 150 photos du Japon à traiter sur Photoshop. Une autre fois, sûrement.