mercredi 23 avril 2008

"Dirt" saison 1

Ca commence par une scène d'exposition ratée, qui enfonce des portes ouvertes de la manière la plus racoleuse et la moins fine possible. Ca se poursuit par deux ou trois épisodes assez méchants et cyniques pour retenir l'intérêt, mais pas assez originaux et fouillés pour susciter un enthousiasme sans bornes. Et puis tout à coup, la saison prend vraiment son envol et s'achève beaucoup trop tôt, laissant le spectateur sonné dans son fauteuil.

Lucy Spiller est rédactrice en chef de "Dirt Now", un magazine people à scandales. Présentée tout d'abord comme la garce ultime, dénuée de scrupules et incapable d'éprouver le moindre sentiment, elle révèle petit à petit des nuances qui l'humanisent quelque peu: son amitié indéfectible (et a priori incompréhensible) pour Don le photographe schizophrène, son attachement vis-à-vis de son frère cadet, et surtout la blessure jamais refermée provoquée par le suicide de son père quand elle avait quinze ans. Oui, Lucy est prête à tout, y compris au chantage et à la manipulation la plus odieuse, pour obtenir une couverture qui fera vendre. Non, elle ne se soucie absolument pas des conséquences dévastatrices de ses actes sur les célébrités qu'elle a prises pour cibles. Mais dans toute la série, c'est le seul personnage qui assume entièrement ses actes, sans jamais se dérober ni se chercher des excuses. Elle fait preuve à cet égard d'un courage et d'une volonté dont les gens qui l'entourent sont tristement dépourvus, si bien qu'elle finit par forcer l'admiration du spectateur à défaut de sa sympathie.
Bien loin de la Monica Geller affreusement complexée qu'elle incarna pendant dix ans dans "Friends", Courteney Cox, qui co-produit la série avec son époux David Arquette, se taille ici un rôle à la mesure de son talent d'actrice et de son physique sublime, à mi-chemin entre sirène et vampire. Elle crève littéralement l'écran.

Mais la véritable bonne surprise de "Dirt", c'est Don Konkey, le photographe incarné par Ian Hart (aperçu auparavant dans "Harry Potter à l'école des sorciers", où il jouait le professeur Quirrel). Don est, comme il le répète au début de chaque épisode en voix-off, un "schizophrène fonctionnel", c'est-à-dire qu'il peut vivre normalement à condition de prendre les médicaments prescrits par son docteur. Ce qu'il ne fait pas toujours, car il déteste leurs effets secondaires. Jamais je n'avais vu la folie montrée à l'écran de façon aussi réaliste, à la fois poignante et effrayante. En plus d'être crédible et très touchant, son personnage apporte à la série une profondeur dont elle manquerait cruellement sans lui. Don est l'ancrage de Lucy, son pendant et son équilibre; il révèle le côté humain de sa rédactrice en chef et amie cependant que lui-même bascule dans une démence hallucinatoire difficile à concevoir pour la plupart des gens.

A côté de ces deux improbables "héros", les autres protagonistes paraissent bien fades et surtout bien faibles de caractère. Les hommes en particulier sont tous méprisables: Brent, l'éditeur distingué qui craque à la moindre pression et vient pleurer dans les jupes de Lucy pour qu'elle lui sauve la mise; Leo, le frère cadet qui commet une vengeance minables puis en rejette lâchement la faute sur sa soeur; Holt, l'acteur en quête de gloire qui se laisse entraîner sans beaucoup de résistance dans une spirale de mensonge aux conséquences désastreuses. Et je ne cite que les personnages récurrents, car chaque épisode contient son lot de minables en tous genres qui ne font que passer.

L'ambiance délétère de Hollywood est, je trouve, particulièrement bien rendue. Les people de la série sont prêts aux pires bassesses pour rester ou revenir sur le devant de la scène - y compris à briser la réputation d'autrui ou à mettre en scène leur propre vie. Leur soif de reconnaissance à tout prix les rend veules et méprisables. La célébrité ne me faisait déjà pas rêver avant de voir "Dirt"; là, je crois que je suis tout à fait vaccinée! Mon seul regret, c'est qu'à cause de la grève des scénaristes, la saison 2 ne compte que 7 épisodes au lieu des 13 prévus. Et qu'elle ne soit pas encore sortie en DVD.

2 commentaires:

Gren a dit…

J'avoue que j'ai décroché au 3ème épisode. A part comme tu le dis Don et Lucy, je trouve les autres personnages assez transparents.

sandradebruxelles a dit…

j'ai failli decrocher apres le 1er episode et c'est Hom qui m'a dit qu'on allait quand meme regarder le 2 et le 3 eme pour voir si ca allait s'améliorer .
du coup on a regarde toute la 1ere saison +- d'une traite ... avec un ah ben ca alors !!!!! au dernier episode et une grande attente de la 2eme saison..