jeudi 10 avril 2008

La belle rencontre du mercredi après-midi

Mes éditeurs m'envoient toujours plusieurs exemplaires des livres que j'ai traduits. Après en avoir mis un de côté pour ma bibliothèque personnelle, filé un à mon père (qui ne les lit pas mais les collectionne) et distribué éventuellement un ou deux de plus aux personnes de mon entourage susceptibles d'être intéressées, il me reste toujours des surnuméraires dont je ne sais pas trop quoi faire - surtout quand il s'agit d'une réédition poche d'un ouvrage déjà paru en grand format. J'avais donc placé une annonce sur un forum littéraire que je fréquente, pour proposer de donner ces bouquins à qui les voudrait. Une association française qui essaie d'intéresser à la fantasy les jeunes des banlieues en difficulté m'a contactée pour que je lui en envoie quelques-uns, ce que j'ai fait lors de mon dernier séjour à Monpatelin. Et la semaine dernière, une Bruxelloise m'a demandé si je voudrais bien faire don des autres pour une vente de charité au profit d'un hôpital guinéen.
Lorsque je me suis présentée hier à l'Ultime Atome où nous nous étions donné rendez-vous pour procéder à la remise, tout ce que je savais d'elle, c'est qu'elle avait "les cheveux gris et une coupe asymétrique", information fournie par ses soins afin que je puisse la repérer dans le café. C'est en discutant avec elle devant un chocolat chaud que les pièces du puzzle ont fini par se mettre en place et que j'ai identifié Adriana, une écrivaine de SF dont tout le monde, sur le forum de son éditeur, avait encensé le premier bouquin (au point que j'avais failli l'acheter alors que je déteste la SF). J'ai découvert, en vrac, qu'elle était italienne mais vivait à Bruxelles depuis la fin de ses études, qu'avant de publier son premier roman elle avait eu une carrière de traductrice technique et d'interprète, qu'elle avait choisi de ne pas faire d'enfants, qu'elle dessinait à ses heures perdues et avait même exposé ses oeuvres une fois, qu'elle adorait les animaux, la bonne bouffe et les voyages, qu'elle s'était également rendue au Japon dont elle parlait un peu la langue et que nous appréciions les mêmes gens sur le forum de son éditeur. Bien sûr, je n'ai pas pu m'empêcher de penser à ma chère Brigitte...
Pendant plus de deux heures, nous avons bavardé à bâtons rompus, échangeant nos adresses de restos sur Bruxelles, nos impressions sur le Japon et nos histoires respectives de chats. Je n'ai pas vu le temps passer, et si elle n'avait pas fini par donner le signal du départ, j'aurais pu y rester la moitié de la soirée. C'était... une sorte de coup de foudre amical comme je n'en ai eu que très peu dans ma vie, moi qui suis plutôt du genre asocial et très difficile quant au choix de mes fréquentations. Au-delà des intérêts que nous partageons, j'ai senti une personnalité forte, ouverte d'esprit, cultivée et généreuse - quelqu'un de droit dans ses bottes et qui ne triche ni avec elle-même ni avec les autres. Je suis très contente qu'elle m'ait proposé de corriger son prochain bouquin; cela nous fera une occasion de nous revoir.

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