vendredi 18 avril 2008

L'Oulette

Mardi soir, en banlieue parisienne. Nous avions convenu que JC me ferait à manger chez lui; comme il était en train de repeindre l'intérieur de sa maison, il a préféré m'emmener au restaurant. "On va aller à l'Oulette; tu connais?" Euh, oui. C'est là que nous avions (très bien) mangé avec B. la dernière fois que nous étions sortis tous les trois, en août 2006. J'étais séparée de l'Homme depuis quelques mois et relativement sereine. Bien sûr, c'était avant d'apprendre à quel point il m'avait trahie et prise pour une truite. Bref. Je gardais un bon souvenir de l'endroit, tant pour la cuisine que pour l'atmosphère, et il n'a pas fallu insister beaucoup pour me convaincre d'y retourner.

Situé non loin de Bercy, l'Oulette fait de la cuisine qualifiée d'"inventive", c'est-à-dire plus originale que la moyenne des restaurants. Après avoir dîné deux ou trois fois aux Magnolias, je trouve ça assez classique - et néanmoins délicieux. Pour l'apéro, JC et moi prenons tous les deux un cocktail maison à base de deux liqueurs de fruits et d'un vin pétillant - ça change un peu de mon éternel kir royal, mais pas tant que ça non plus. J'enchaîne sur une compression de foie gras et de magret de canard avec sa gelée de betterave, absolument divine. Puis, parce que j'adore ça et n'en ai pas mangé depuis une éternité, des ris de veau aux asperges vertes, cuits et assaisonnés à la perfection. Enfin, comme rien ne me tente vraiment dans les desserts (je ne suis pas très sucré), j'opte pour une assiette de fromages succulents avec le pain aux noix et le très bon vin rouge que nous a conseillé le sommelier. Je conclus en réclamant un thé vert et ai la bonne surprise de voir arriver sur la table du Fujiyama Mariage Frères, mon préféré.

Nous passons un chouette moment dans ce resto, entre expérience culinaire comme je n'en partage guère qu'avec JC (personne d'autre, dans mon entourage, n'a à la fois les moyens et le goût de sortir dans ce genre d'endroit) et conversation à bâtons rompus. Après avoir discuté travail pour nous chauffer un peu, nous réussissons à évoquer notre chère absente avec émotion mais sans céder à la facilité des larmes. Nous parlons franchement des aspects les plus douloureux du deuil - et aussi de l'humour noir que l'on peut trouver dans certaines situations. Nous nous comprenons, je crois.

C'est JC qui prend l'addition, donc je ne la vois pas. A vue de nez, je dirais qu'il y en a pour un peu plus de 100 euros par personne. Bien sûr, ça peut paraître cher; mais honnêtement, ça les vaut. Le personnel de l'Oulette est attentif et discret à la fois, la salle conviviale sans être bruyante, la cuisine savoureuse et les portions très bien calculées pour apaiser la faim sans que le client ressorte de table avec l'impression qu'il va exploser. La carte propose aussi bien de la viande que du poisson, et pour les budgets plus modestes il y a un menu à 51 euros vin compris. Si vous avez envie de vous faire un bon resto en amoureux ou de fêter quelque chose, l'Oulette ne devrait pas vous décevoir.

L'Oulette, 15 place Lachambeaudie, 75012 PARIS

2 commentaires:

marie à tout prix a dit…

C'est à deux pas de chez moi. Je me demande souvent si ça vaut le coup.
Maintenant, je sais et je n'ai plus d'excuse pour ne pas pousser la porte de chez eux.

ARMALITE a dit…

Oui franchement je te recomande de l'essayer à l'occasion!