jeudi 7 août 2008

Je suis nulle en géographie, mais je me soigne


Je suis nulle en géographie. Sérieusement. J'ai attendu d'arriver en terminale pour découvrir où se trouvait la Chine (à ma décharge, je n'avais jamais que 15 ans, mais quand j'y pense, je suis encore passablement mortifiée). A 21 ans, je suis sortie avec un type qui ne me plaisait pas vraiment, juste parce qu'il m'avait récité la liste de toutes les capitales du monde. Y'a des filles qui sont impressionnées par les grosses bagnoles ou par les American Express platine, moi, il suffit de me susurrer "Mongolie: Oulan Bator" sur le coup de cinq heures du matin après une nuit blanche pour que je me pâme. Et après ça, on dira que je suis vénale.

Plus récemment, perplexe devant une carte d'Afrique, j'ai demandé à Chouchou: "C'est quoi le gros pays, là, juste à l'ouest de la Tunisie?" "La Lybie", m'a-t-il répondu sans hésiter. J'ai froncé les sourcils: "Tu es sûr? J'aurais plutôt mis ça au Moyen-Orient..." Oui, il était sûr, et oui, c'était bien la Lybie. Je me suis tapé la honte. Mais moins que lorsque, deux semaines plus tard, cherchant le Tajikistan sur une autre carte, j'ai révélé que j'étais incapable de situer précisément l'Irak. Un instant, j'ai senti Chouchou se demander s'il voulait vraiment passer le reste de sa vie avec l'ignare assise à côté de lui.

Je suis nulle en géographie, mais je me soigne. Ou j'essaie. Derrière la porte des WC de mon appartement, il y a une carte magnétique de l'Europe - vous savez, celle qu'on peut commander à Le Gaulois pour afficher les aimants qu'on trouve dans les paquets de cordons bleus. Evidemment, je ne passe que quelques jours par mois dans mon appartement, et quand je suis seule, je ne ferme jamais la porte des toilettes. Je reste donc désespérément nulle en pays de l'Est. (Mais quel besoin l'URSS avait-elle d'imploser? C'était tellement plus simple avant!)

Mais je suis presque sauvée. Depuis deux ans, j'ai un compteur Xiti qui me permet de visualiser sur une carte du monde l'endroit depuis lequel mes lecteurs se connectent. Curieusement, un pays qui abrite au moins une personne d'un goût assez exquis pour apprécier ce blog me paraît tout de suite plus digne d'intérêt. Par ailleurs, depuis début juin, je prête des sous à des micro-entrepreneurs du Tiers-Monde par l'intermédiaire du site Kiva. Je fais exprès de choisir mes bénéficiaires dans des pays que je ne sais pas situer (navrée, vaillants épiciers mexicains!), et aussitôt effectué mon virement Paypal, je file me rencarder sur Wikipédia. Associer une histoire humaine à un pays dope ma curiosité - et ma mémoire, enfin j'espère... Redemandez-moi où se trouve le Togo d'ici l'an prochain. Enfin, depuis tout juste une semaine, je suis inscrite sur le site Postcrossing qui a pour but l'échange de cartes postales entre ses membres et qui, lui aussi, visualise les pays de provenance et de destination sur un planisphère. Je viens d'envoyer une carte à un étudiant estonien, et je crois qu'il est temps pour moi de retourner aux toilettes.

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