lundi 11 août 2008

"Le premier jour du reste de ta vie"

Je dois pouvoir compter sur mes doigts les films qui m'ont fait pleurer. De mémoire, "Breaking the waves" de Lars von Trier et "Meurtre à Alcatraz" (celui avec Kevin Bacon et Christian Slater). "Le premier jour du reste de ta vie" n'est pas aussi tragique que les deux autres, loin s'en faut. C'est juste l'histoire d'une famille comme les autres: Roland, le père chauffeur de taxi, souffre d'être considéré comme un bon à rien par son propre père; Marie-Jeanne, la mère affolée de voir ses grands enfants quitter le nid, retourne à la fac et envisage la chirurgie esthétique pour rester jeune plus longtemps; Albert, le fils aîné brillant étudiant en médecine, épouse une fille peut-être pas faite pour lui; Raphaël, le fils cadet, joue de l'air guitar et traîne son adolescence jusqu'à l'approche de la trentaine; Fleur, la petite dernière perd sa virginité avec un connard et adopte la grunge attitude pour se rebeller contre ses parents. Du quotidien de gens ordinaires présenté à travers cinq dates-clés où des vies basculent sans aucune possibilité de retour en arrière.

Il y a beaucoup de vérité dans ce film, pas mal d'humour et énormément d'émotion. Certaines trouvailles de mise en scène sont particulièrement poignantes: après avoir hésité car elle devine déjà que son copain n'en vaut pas la peine, Fleur entre dans la chambre où elle va pour la première fois faire l'amour avec lui. Sur le seuil, son alter ego de onze ans la regarde, effarée. Elle referme la porte. Une mare de sang s'infiltre dans le couloir, chassant la fillette. Plus tard, Marie-Jeanne inquiète parce que Fleur découche depuis deux jours parcourt son journal intime en quête d'un indice. Les deux images se superposent dans le décor de la chambre d'ado: celle de la mère qui lit et celle de la fille qui écrit, parfois des années auparavant, des choses dont sa mère n'a aucune idée. Le passage à l'âge adulte, l'acquisition de l'indépendance sont très bien décrits. Tout comme les erreurs douloureuses que l'on peut faire en chemin, les clashs entre parents et enfants, les gouffres qui s'ouvrent et qu'on ne sait plus comment refermer avant qu'il soit trop tard. La bande originale (surtout les morceaux de Sinclair et le magistral "Perfect day" de Lou Reed) accompagne admirablement l'action.

Si "Le premier jour du reste de ta vie" m'a autant touchée, c'est sans doute parce qu'il évoque des thèmes qui me sont chers, comme l'incommunicabilité avec les gens qui nous sont les plus proches et les plus chers. Et parce qu'il ramène sur le tapis une question à laquelle je n'ai toujours pas de réponse: comment se fait-il qu'étant autant attachée à la notion de famille, je n'en veuille pas une à moi?

3 commentaires:

Moi a dit…

Vu mercredi dernier.
On se reconnait tous à un moment je pense.
J'ai même reconnu mon look un peu grunge lol

ARMALITE a dit…

Tu veux dire, tes longs cheveux blonds et raides, ton rouge à lèvres écarlate et ton piercing au labret? :P

Moi a dit…

Presque lol