vendredi 1 août 2008

Moins 17

Dans le TGV Bruxelles-Monpatelin. Je m'ennuie. Le voyage n'est pas très long, mais il ne m'a fallu qu'une heure et demie pour venir à bout des deux Elle (le français et le belge) achetés à la gare. Après avoir boulotté ma salade de pâtes au pesto Food Maker, j'essaie de jouer un peu avec ma DS, mais le Mah-Jong me file vite mal aux yeux, et j'ai mis la barre tellement haut au Tétris qu'à moins d'un miracle, jamais je ne parviendrai à battre mon record. J'ai un Paul Auster dans mon sac, "Dans le scriptorium". Mais il ne fait pas partie de la catégorie "histoires" que j'affectionne chez cet auteur; il se range, au même titre que la "Trilogie New-Yorkaise", dans celle des "expériences littéraires". Je n'accroche pas. En plus, c'est assez difficile de se concentrer quand juste devant vous, quatre petits Flamands blonds âgés de 2 à 4 ans environ (dont des jumelles) braillent en continu depuis le départ du train. Après avoir mis bas une portée pareille en l'espace de vingt-quatre mois, je conçois que la mère soit trop épuisée pour faire la police, mais si on ne peut plus avoir la paix même en 1ère classe, où va-t-on, je vous le demande? D'autant que les mômes ne sont pas les seuls à polluer mon espace auditif: un gros monsieur passe un coup de fil professionnel en anglais, d'une voix très forte et avec un accent épouvantable. Il n'a donc pas vu les autocollants "portables interdits" à l'entrée de la rame? Rha la la. Rien de tel que me retrouver coincée 5 heures et demie d'affilée avec un échantillon représentatif des membres de mon espèce pour que ma misanthropie péniblement maîtrisée revienne à la charge.

Or donc, je m'ennuie. Alors je sors mon portable français et j'entreprends de faire un peu de ménage dans mes contacts. Exit ces trois blogueurs belges dont je suis sans nouvelles depuis des mois - surtout les deux premiers, que je n'ai aucune envie de revoir. Exit l'ex-éditrice de Maudite Série (zut, j'aurais peut-être dû me contenter de remplacer son nom par celui de la personne qui lui a succédé...). Exit cette cousine qui a paumé son téléphone voici fort longtemps et ne m'a jamais communiqué son nouveau numéro. Exit ces trois fans des filles avec lesquels je n'ai plus aucun contact depuis la dissolution du groupe. Exit l'assureur de Twiggy, mon ex-véhicule à 4 roues. Exit le centre médical désormais inaccessible pour moi faute de véhicule à 4 roues. Exit l'institut de beauté puisque maintenant je me fais épiler à domicile. Exit la salle de sport où j'ai sué en vain pendant six mois. Exit le fixe d'Autre Moi qui a résilié sa ligne. Exit ce garçon que je ne rappellerai pas. Exit cette fille ravissante avec qui j'ai refusé de coucher alors qu'on était libres toutes les deux, au prétexte que j'avais l'âge d'être sa mère (mes scrupules vont vraiment se nicher dans des endroits stupides). Exit l'unique spécialiste du sommeil de mon département: j'ai décidé d'arrêter les somnifères peu de temps après que mon généraliste m'ait mise en contact avec elle.

Et... exit Cat, ma grande copine de l'aïkido. Son mec portait le même prénom que l'Homme. Leur histoire avait commencé de la même façon que la nôtre, alors que Monsieur était marié ailleurs. Elle a sombré avant la nôtre parce Monsieur qui avait déjà deux enfants n'en voulait pas de troisième, et aussi parce qu'au lieu de résoudre les problèmes de son nouveau couple, il s'était mis à coucher avec une autre femme, qui avait déjà une petite fille de son côté. Pour se consoler, Cat est partie deux ans au Sénégal (ou à Madagascar, je ne sais plus). Elle en est revenue avec un Jules formidable et a aussitôt fondé la famille dont elle rêvait. Je ne l'ai vue qu'une fois après son retour; elle rayonnait... comme moi aujourd'hui je suppose. La morale de l'histoire, ça pourrait être que même après une déconvenue dont on croit ne jamais se relever, il est encore possible de rencontrer le partenaire idéal, quelqu'un de dix fois mieux que la personne qui nous a tant fait souffrir. Ca pourrait aussi être "bien mal acquis ne profite jamais" - mais quid des représailles karmiques exercées à l'encontre du bien qui s'est laissé acquérir sans opposer beaucoup de résistance? Pour ma part, je préfère cette mise en garde des Anglo-Saxons que Rachel jette à la figure de Ross pendant un épisode de "Friends": "once a cheater, always a cheater".

En tout, j'aurai mis à la poubelle 17 contacts hier après-midi. Et avec eux, des pans entiers de ma vie.

4 commentaires:

JF a dit…

On devrait tous faire cet exercice... Non seulement, ca allege la DB contact, mais ca doit soulager pas mal...

Regardons devant toujours...

poulpy a dit…

est-elle dans la liste se demande-t-elle ...

ARMALITE a dit…

Des gens que j'ai pas envie de revoir? Au contraire! Mais tu es à peu près aussi facile à choper que l'animal dont tu t'es attribué le nom... C'est quand tu veux qu'on se voit!

Poulpy a dit…

Mais euh même pas vrai d'abord, je suis très libre.
D'ailleurs je propose un barbec chez moi
(je suis à la civilisation maintenant mais j'ai une cours)

:D