lundi 17 novembre 2008

"The L Word" saison 5

Je trouve que cette série a une évolution intéressante. Au début, on sentait qu'elle se prenait pas mal au sérieux, comme si la créatrice Ilene Chaiken s'était donné pour mission de représenter son milieu (celui des lesbiennes californiennes, donc) sous un jour aussi glamour et intense que possible, quitte à oublier la crédibilité des personnages et des situations.

Cinq ans plus tard, "The L Word" est toujours aussi peu réaliste. Il a fallu attendre une scène tournée dans les douches d'une prison pour voir la première lesbienne moche de la série! Et si on en croyait les scénaristes, une lesbienne refoulée se cacherait en pratiquement toute fille dont les yeux se posent sur Shane. Par contre, le sérieux militant a laissé la place à un humour burlesque aussi inattendu que bienvenu. En perdant sa fortune, Helena a révélé tout son potentiel comique. Devenue réalisatrice hollywoodienne, Jenny se la pète tellement qu'on hésite entre lui mettre des claques et la renvoyer jouer à la poupée. Shane, dont la relation avec Paige n'a évidemment pas tenu, attire les filles homos ou hétéros comme le jour de flûte de Hamelin les rats. Et c'est plus fort qu'elle: même quand elle tente de résister, elle ne peut s'empêcher de les sauter toutes.

Côté négatif: Adèle et Dawn. Deux psychopathes qui débarquent en même temps dans la série, ça fait au moins une de trop. Max ne sert toujours à rien, sinon à jouer le transgenre de service. Bette et Tina nous remettent ça pour la Xième fois, façon Ross et Rachel. Elles ne peuvent pas vivre ensemble, et elles ne peuvent pas vivre séparément. Enough already. Papi a disparu de la série sans la moindre explication (à moins que j'aie loupé quelque chose?). Kit est, euh, pathétique et trèèès mal coiffée. Je n'accroche pas avec le personnage de Phyllis, son coming out tardif et enthousiaste, son étroitesse d'esprit quand il s'agit des choix de sa fille. Quant à Alice, je suis toujours partagée à son sujet. D'un côté, j'admire son énergie et sa liberté d'esprit; de l'autre, ce serait bien qu'elle cesse de se mêler de ce qui ne la regarde pas et de prendre des décisions à la place des autres. Les deux seules qui ont un comportement logique et auxquelles on n'a pas tout le temps envie de mettre des baffes sont Jodi et Tasha - du moins, jusqu'à la fin de la saison où elles partent en couille (ce qui est quand même le comble pour des lesbiennes...) comme les autres.

Malgré ses défauts, "The L Word" reste pour moi une série novatrice et intéressante parce qu'unique en son genre. J'attendrai la saison 6 avec impatience.

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