mercredi 5 novembre 2008

YES, WE CAN!!!


Nous avons tenu jusqu'à 4h30 du matin, buvant des litres de chocolat pour nous sustenter, nous moquant des présentateurs de France 24 qui se trompaient dans le prénom de leur jeune envoyée spéciale au Kenya ("Elle, elle vient juste d'être embauchée!") ou sortaient des inepties pour meubler ("Mais oui: le ressenti, c'est important!"), hurlant chaque fois qu'ils osaient changer de sujet ("On s'en fout du Congo et des accidents de bus en Allemagne!"), nous demandant pourquoi, sur la carte de la BBC, seul l'Iowa restait désespérément blanc au milieu d'états qui bleuissaient, rougissaient ou grisaient pour indiquer l'annonce imminente des résultats ("Ben qu'est-ce qu'ils foutent, ils se sont endormis sur leurs machines de vote?"), guettant la progression du dépouillement ("C'est serré en Floride et au Texas, mais je pense que la première sera pour Obama et la seconde pour McCain"), nous exclamant chaque fois que de nouveaux grands électeurs tombaient dans l'escarcelle d'un des deux candidats ("La Pennsylvanie! Il a la Pennsylvanie! Merci chers ex-voisins d'avoir fait le bon choix!"). La dernière heure, nous nous avachissions insensiblement sur nos oreillers et glissions de plus en plus loin sous la couette. Quand Obama a été rendu à 207 grands électeurs acquis sur les 270 nécessaires, alors que les résultats de l'ouest n'étaient pas encore connus, nous avons estimé que les 55 de la Californie lui étant presque certainement acquis, il ne pouvait plus perdre. Et nous avons éteint la lumière.

Ce matin, avant même de sortir du lit, les yeux encore collés par le sommeil, nous avons rallumé le MacBook de Chouchou pour avoir la confirmation de ce que nous espérions. Le résultat était sans appel, un vrai raz-de-marée. 52% des votes et 349 grands électeurs pour Obama contre 46% et 162 grands électeurs pour McCain (les résultats du Missouri et de la Caroline du Nord ne sont toujours pas confirmés à l'heure où j'écris ces lignes). Nous avons regardé le discours des deux candidats. McCain s'est montré un perdant très digne. Bien que je ne partage pas ses valeurs, je respecte cet homme courageux et sincère qui s'est toujours efforcé de servir son pays au mieux de ses capacités. Je n'avais rien contre lui personnellement - en revanche, sa co-listière me fichait une trouille de tous les diables. Quant à Obama... Je ne suis peut-être pas très objective, mais je l'ai trouvé parfait. C'est un orateur remarquable: charismatique, convaincant et dénué de l'arrogance haïssable qui caractérise notre présipotent. Je sais qu'il lui sera très difficile d'être à la hauteur des folles espérances qui ont été placées en lui, mais ce matin, je suis un peu plus optimiste quant au devenir de ce monde.

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