vendredi 5 décembre 2008

Hier

Hier, je suis entrée contrainte et forcée dans un Photomaton. J'avais besoin de photos pour refaire ma carte d'identité qui expire fin janvier. Avec les nouvelles consignes - poser de face, prendre une expression neutre -, on a vite une gueule de bagnard. Mon reflet dans la vitre était à peu près potable. Mais dès que j'ai mis mes 4€ dans la fente et que l'appareil s'est allumé, il m'a renvoyé l'image effrayante d'un visage bouffi et blafard, parsemé de quelques plaques rouges pour la bonne mesure. Je me suis dit que c'était une déformation de l'écran, que les photos n'allaient pas ressembler à ça. Ben si. Et renseignements pris, elles ne sont pas valables parce que j'ai oublié d'écarter ma frange. Heureusement que j'ai un passeport valide jusqu'en 2015...

Hier, pour la première fois depuis des mois, mon esthéticienne ne m'a pas bassinée avec son petit jeune (qui est parti bosser à Londres et ne lui a plus jamais donné de nouvelles). Sans doute parce que sa fille de six ans était malade et à l'affût de notre moindre parole. Je m'en réjouirais si du coup, elle ne s'était pas intéressée à ma santé. Rien ne me met plus mal à l'aise que de discuter de choses auxquelles je ne veux pas penser avec de vagues connaissances. Oui, je me rends bien compte que je raconte ici ma vie à de parfaits inconnus, mais par ordinateur interposé, ce n'est pas du tout la même chose. J'ai coupé court au papotage post-épilation en arguant que j'avais des courses de Noël à faire. Pour moi. Mais bon, ça compte quand même, non?

Hier à la Fnac, dépitée de ne trouver nulle par mon Acer Aspire One dans la couleur et le système d'exploitation voulus, j'ai fini par acheter un Eee-PC noir encore plus cher. Et un nouvel ordinateur portable parce que le modèle qui me faisait craquer était une série limitée, en promo de surcroît, et que j'avais peur de ne pas en retrouver un qui me plaise autant d'ici le printemps prochain. Et une housse pour chacun des deux appareils. Et deux CD, un coffret DVD, un livre de photos et deux BD. Je suis ressortie du centre commercial chargée comme une mule, avec le carton de l'ordi qui raclait le bitume au bout de mon bras gauche et la trouille de me faire dévaliser entre la Fnac et l'arrêt de bus.

Hier chez Kiki, un copain de son fils de 14 ans a dû se plier en deux pour me faire la bise. Non, je ne me suis pas du tout sentie microscopique. Choupie, qui s'est cassé le poignet en début de mois, arborait fièrement une orthèse toute neuve - l'occasion pour moi d'apprendre un mot que je ne connaissais pas - et refusait de jeter la vieille qu'elle avait apparemment l'intention de conserver tel un trophée. Elle m'a offert une adorable bestiole rayée rouge et blanc ainsi qu'un dessin de Noël que, honte à moi, j'ai oublié en partant. (A ma décharge, plusieurs de ses oeuvres ornent déjà les murs de mon appartement.) Pour le dîner, Tof avait préparé des paupiettes dans une sauce aux champignons, et c'était délicieux. J'aime les hommes qui cuisinent; je trouve ça très séduisant. En dessert, nous avons mangé des crêpes avec de la chantilly et un truc merveilleux qui s'appelle le Confipure. J'essaierai d'en trouver à Bruxelles, mais c'est pas gagné. Bref, avec tout ça, aucune chance que je perde ne fut-ce que 100 grammes avant les vacances de Noël.

2 commentaires:

Marine a dit…

Y'en a qui claquent des doigts et ont (presque) ce qu'ils veulent et y'a ceux qui bavent devant ce qu'ils n'auront jamais.
Moi, devant l'Eee-PC, je ressemble un peu à un chien tout fou avec la bave dégoulinante des babines. Classe quoi !

ARMALITE a dit…

Quand j'étais étudiante, moi aussi je devais me contenter de baver... Il faut bien que le fait de vieillir ait quelques avantages ;)