samedi 31 mai 2008

Message d'intérêt général

MONSIEUR TOUT-LE-MONDE
EST UN ANGE DE LUMIERE
QUI COURT A LA FNAC
UN SAMEDI APRES-MIDI
UN QUART D'HEURE AVANT LA FERMETURE
POUR REPARER LES BOURDES
DE SA DINDE DE COPINE

vendredi 30 mai 2008

Message d'intérêt général

MONSIEUR TOUT-LE-MONDE
EST UN MONSTRE SANS COEUR
QUI ABANDONNE LA LUMIERE DE SA VIE
UN VENDREDI SOIR
POUR ALLER SE TAPER LA CLOCHE
DANS UN RESTO TRES CHER
AVEC SES COPAINS

20 vs. 40: ce qui n'a pas changé

A (presque) 40 ans comme à 20:
J'affectionne le look rock'n'roll: les boots de moto, les jeans fatigués, les blousons en cuir, les gros bijoux et le vernis à ongles noir.
Je suis une fan inconditionnelle des Hard Rock Café.
Je ne porte jamais de montre.
J'écoute la même musique: Marillion période Fish, Sisters of Mercy, Fields of the Nephilim, mais aussi A-Ha et, du côté français, Daho ou Goldman. Peu de nouveaux artistes ont fait leur apparition dans ma CDthèque, et aucun d'eux ne me fait vibrer comme ceux-là.
Je porte mes cheveux longs, avec une frange et teints en roux - même si entre-temps il y a eu quelques détours par le noir, une tentative désastreuse de blondeur et un retour à mon brun naturel le temps de rattraper le coup.
Je suis d'une franchise confinant à la brutalité. L'hypocrisie et le politiquement correct n'ont jamais cessé de me gonfler. Je persiste à penser que la politesse et la bienséance ne sont qu'un moyen commode de lisser tout ce qui dépasse, d'étouffer la moindre originalité chez les individus.
J'achète trop de fringues et de chaussures - mais je les choisis mieux aujourd'hui.
Je reste une lectrice compulsive, boulimique de romans, mais aussi de bédés et même de magazines.
Je pourrais rester des heures dans une belle librairie à respirer des pages de cahier, caresser des couvertures de carnet ou tripoter des crayons de toutes les couleurs.
Ma tendance à archiver ma vie ne fait que se renforcer au fil des ans: après les bêtes journaux intimes et agendas, je suis passée au scrapbooking, aux carnets de voyage et aux blogs.
J'éprouve la même répugnance vis-vis des sports aquatiques et la même attirance pour les sports aériens. Je suis définitivement une bête à plumes plutôt qu'à écailles!
Ma gourmandise n'a pas disparu, hélas. Mes kilos en trop, non plus - forcément. Ils ont même eu tendance à se multiplier tandis que je découvrais des plaisirs culinaires dédaignés dans mon adolescence et mon jeune âge adulte.
Je bois toujours aussi rarement, mais avec beaucoup plus de discernement et par goût des bons alcools au moins autant que pour le plaisir d'une légère ivresse.
Je continue à baigner dans la fantasy, même si c'est devenu un boulot plus qu'un loisir.
Ma technophobie ne m'a pas passé, hélas. Mon allergie aux modes d'emploi, non plus.
Je déteste conduire. Et je suis malade en voiture avec tous les gens qui conduisent un peu brusquement. Par contre, les trous d'air en avion ne me font pas grand effet, et je me demande bien pourquoi.

jeudi 29 mai 2008

20 vs. 40: ce qui a changé

L'autre jour avec Soeur Cadette, on listait les raisons pour lesquelles on se sentait mieux aujourd'hui qu'à 20 ans. Here goes:

A 20 ans, j'essayais de suivre la mode au mépris de mes limitations financières et de mes défauts physiques. Ainsi me suis-je trimballée un moment avec un perfecto Schott marron qui pesait sept ou huit kilos, donnait l'impression que j'étais aussi large que haute et avait allégé mon compte en banque de 3000 francs (dans les 450 euros de maintenant). Je ne vous parle pas de ma salopette en jean délavé, extrêmement seyante sur silhouette de Barbamama, ni des bottes sudistes à bout carré qui me comprimaient affreusement le pied. J'avais décidé que j'étais une fille rock'n'roll and by Jove, j'allais en arborer toute la panoplie coûte que coûte.
A (presque) 40 ans, j'ai appris qu'il n'y a pas de filles parfaitement foutues: juste des filles qui savent s'habiller. Désormais, je compose avec mes défauts physiques. Oui aux robes et aux jupes longues qui camouflent mes jambes grassouillettes; non aux pantacourts qui les raccourcissent visuellement et accentuent encore la circonférence de mes mollets. Oui aux compensées qui donnent de la hauteur et du galbe; non aux ballerines qui malgré leur mignonnitude me filent l'allure d'un Culbuto. J'ai fait mon deuil d'un certain nombre de choses: les cols en V et les cache-coeurs qui rapetissent encore ma poitrine symbolique, les pantalons à pinces qui pochent sur mes cuisses, les tops droits qui coincent immanquablement au niveau des hanches et blousent dans le dos. Je connais les marques dont les fringues me plaisent et me vont bien, et les boutiques que je ne dois pas approcher à moins de cent mètres sous peine de me faire mal au coeur ou de commettre une grave erreur d'achat.
A 20 ans, je ne supportais pas que mes amis fassent un pas sans moi. Ma phrase fétiche, extraite de "L'invitée" de Simone de Beauvoir, était d'ailleurs: "Ailleurs, quelque chose était en train de vivre sans elle, et il n'y avait que cette chose-là qui comptât". Après une enfance et une adolescence extrêmement solitaires, la moindre peccadille suffisait pour que je me sente rejetée. Les événements auxquels je n'assistais pas prenaient des proportions mythiques dans ma tête, et j'enrageais très longtemps de les avoir ratés.
A (presque) 40 ans, je suis de moins en moins dépendante des autres affectivement. Si j'ai l'occasion de faire une sortie, une soirée ou un voyage avec les gens que j'aime, je m'en réjouis et tente d'en profiter au maximum. Le reste du temps, je n'y pense juste pas. Je sais qu'il y aura d'autres occasions, d'autres moments à partager, et que ceux qui se déroulent sans moi ne sont pas nécessairement pile ceux qu'il aurait fallu ne pas rater!
A 20 ans, je mettais tous mes problèmes sur le dos de mes parents, de l'éducation que j'avais reçue, de la loterie génétique qui ne m'avait pas gâtée, de mes profs incompétents, de mes camarades de classe stupides, de la société pourrie dans laquelle j'étais forcée de vivre, etc etc. Au lieu de chercher des solutions, je ruminais ma rancoeur envers le reste du monde.
A (presque) 40 ans, il y a longtemps que j'ai appris à assumer mes responsabilités. Du temps où je vivais aux USA, j'ai lu un bouquin de David Burns dont j'ai fait mienne la philosophie: en gros, on ne maîtrise pas nécessairement ce qui nous arrive, mais on est seul à décider de la façon dont on va y réagir. Concrètement, on ne peut pas éviter un licenciement économique, mais on peut le traiter comme une opportunité de trouver un boulot plus agréable ou mieux payé au lieu de se poser en victime des circonstances. Depuis, je ne perds plus beaucoup de temps à m'apitoyer sur moi-même: après m'être accordé un peu de temps pour chouiner symboliquement, je m'attaque à la résolution du problème.
A 20 ans, je ne baisais pas pour moi mais pour mon partenaire. Je n'avais encore jamais eu d'orgasme avec personne hormis moi-même, et pas étonnant: tout ce dont je me souciais, c'était de prendre des positions visuellement bandantes et de déployer des trésors de technique pour que le monsieur époustouflé par mon savoir-faire me range aussitôt dans la catégorie des bons coups. Je n'avais par ailleurs pas vraiment identifié les choses capables de me faire jouir, et aurait donc été bien en peine de les indiquer à quelqu'un. Simuler me paraissait beaucoup moins compliqué.
A (presque) 40 ans, je continue à jouer les stars du porno au début d'une relation. Mais très récemment, j'ai aussi appris à me laisser aller, à ne pas me crisper au-delà de tout espoir de grimpette aux rideaux juste parce que mon épilation n'était pas nickel ou que ma dernière douche remontait à plus d'une heure. J'ai découvert qu'entre le missionnaire expédié à la va-vite et la totale Disneyland avec parade et feu d'artifice, il y avait moyen de s'amuser sans prétentions acrobatiques et en toute décontraction. Il était temps...
A 20 ans, j'étais attirée par les bad boys, les mecs entourés par une aura d'indifférence ou de danger. Les gentils garçons m'ennuyaient à mourir. Je pensais que si je ne souffrais pas, ce n'était pas vraiment de l'amour. Les sentiments tiédasses, la relation de petit couple plan-plan, très peu pour moi.
A (presque) 40 ans et après bien des histoires désastreuses avec des hommes pas du tout faits pour moi, j'ai réalisé que les gentils garçons n'étaient pas tous des bonnets de nuit; que se montrer attentionné envers moi n'était pas forcément synonyme d'absence de jugeotte, de culture ou de fantaisie; que se réveiller tous les matins lovée contre son meilleur ami valait quand même mieux que de se faire lentement détruire par son meilleur ennemi; et que l'harmonie au quotidien ne virait pas nécessairement à Waterloo morne plaine.
A 20 ans, je me souciais énormément de l'opinion qu'on pouvait avoir de moi. J'essayais de me conformer aux attentes de mes parents, de mes profs, de mes chefs, de mes amis. Résultat: des études que je n'ai pas choisies et qui ne m'ont servie à rien, un début de vie professionnelle qui m'a poussée au bord du suicide, une tripotée de déceptions affectives contre lesquelles je ne parvenais pas à me blinder, et le sentiment désagréable de ne jamais être à la hauteur.
A (presque) 40 ans, je me moque totalement de l'image que je renvoie. J'essaie de vivre en accord avec ma nature et mes principes. Les gens à qui ça ne convient pas n'ont de toute façon rien à foutre dans mon carnet d'adresses, non parce que ce sont de mauvaises personnes mais parce que nous sommes socialement incompatibles. Ca n'a pas été facile, mais je crois que mes parents ont fini par comprendre que ma vie bizarre me rendait heureuse, et ils m'aiment suffisamment pour l'accepter même si ça les dépasse. Et j'ai la chance d'avoir un métier où, tant que je fais du bon boulot, tout le monde se fout de mon apparence et de ce que je fiche avec ma vie privée.
A 20 ans, j'avais, comme tout le monde, le physique que m'avait accordé Mère Nature. J'étais juste un peu boulotte et très complexée. Dans mes rapports avec les autres, je ne savais pas jouer sur un autre registre que celui de la séduction, et j'en faisais des tonnes pour qu'on me trouve sexy.
A (presque) 40 ans, j'ai, comme tout le monde, le physique que j'ai mérité. Je suis très boulotte et juste un peu complexée. Ma peau blanche m'a obligée à éviter le soleil, si bien que le tour de mes yeux est miraculeusement épargné par les rides. Sous ma teinture, j'ai moins d'une douzaine de cheveux blancs au dernier recensement. J'ai appris à tolérer les défauts de mon corps et à les camoufler le mieux possible, même si j'avoue que certaines photos peu flatteuses ont encore le don de me plonger dans le désespoir - pas au point, néanmoins, de me couper l'appétit plus de quatre heures. J'ai déplacé mes rapports avec les autres sur le terrain de l'authenticité et de la franchise, et désormais, quand je joue de séduction, c'est seulement sur un plan intellectuel.
A 20 ans, j'étais dépensière et endettée. Chaque fois que j'allais mal, j'essayais de me remonter le moral en effectuant une multitude d'achats inutiles. Et j'allais souvent mal.
A (presque) 40 ans, je suis toujours dépensière mais dans la limite de mes moyens, qui ont considérablement augmenté entre-temps. Je suis l'heureuse détentrice d'un crédit immobilier; je cotise dans la tranche maximum pour ma retraite complémentaire obligatoire et j'ai souscrit une retraite facultative que j'alimente tous les mois sans faute. Après, OK, je claque tout ce qui reste. Mais mourir riche ne m'intéresse guère. J'ai plus ou moins cerné les déclencheurs de mes crises de shopping-ite aigues et la plupart du temps, j'arrive à les désamorcer.
A 20 ans, je détestais la noix de coco, la salade verte, le thé et le vin, les ris de veau, les coquilles Saint-Jacques et les crustacés. Je ne savais pas faire la cuisine et me nourrissais essentiellement de soupes chinoises déshydratées.
A (presque) 40 ans, je fourre de la roquette dans tout, bois au moins un litre de sencha par jour, garde un souvenir ému du Haut-Brion 65 dégusté pour le mariage du demi-frère de l'Homme et commande systématiquement les coquilles Saint-Jacques ou les ris de veau quand il y en a sur la carte d'un restaurant. J'adore les cuisines inventives qui utilisent des céréales rares, des épices exotiques, et qui mélangent le salé et le sucré. Je suis capable de préparer quelques spécialités délicieuses et d'improviser un bon petit repas équilibré avec les restes du frigo.
A 20 ans, je ne supportais pas les chats et pensais qu'un animal en appartement, c'était le diable.
A (presque) 40 ans, j'ai eu successivement 7 chats dans ma vie. Ils saccagent mon mobilier et ma moquette en se faisant les griffes dessus, empuantissent la cuisine avec leur litière - quand ils ne déposent pas leurs crottes à côté pour signifier que le bac est insuffisamment propre à leur goût, sèment leurs poils partout sur mon canapé et sur mes fringues, posent problème chaque fois que je veux partir en vacances. Et je ne conçois plus ma vie sans eux.
A 20 ans, je ne voulais pas d'enfants et tout le monde me répétait d'un air entendu: "Tu verras, tu changeras d'avis".
A (presque) 40 ans, j'ai bon espoir qu'on arrête bientôt de me casser les noix avec la question de la maternité. Alors, c'est moi qui pourrai ricaner: "Vous voyez, je n'ai pas changé d'avis".

mercredi 28 mai 2008

Nouvelle Star - 9ème prime en direct de Baltard

Tous les candidats ("Can you feel it?"): Rien ne va ensemble, ni leurs voix, ni leurs fringues. Le jury débarque pendant le pont musical. La chemise de Manoeuvre a une rougeole carabinée. Lio est bien foutue pour son âge - pour n'importe quel âge, d'ailleurs - et elle ne laissera personne l'ignorer. Sinclair a dû perdre un pari et se voir condamné à ne plus approcher d'un coiffeur avant la fin de la saison; je ne vois pas d'autre explication crédible à la pousse verticale de ses cheveux. Dédé a enlevé son alliance; y aurait-il du Gaétane là-dessous? La robe de Virginie Efira pourrait bien dissimuler un début de bidon.
Cédric ("Joe le taxi"): Euh il essaie de se suicider artistiquement? On sent bien qu'il est absent depuis quinze jours, mais là, il voudrait se faire virer qu'il ne s'y prendrait pas autrement. Enfin c'est ce que je pense jusqu'à ce qu'il attaque la chanson. Surprise: je trouve sa version vachement bien. Mais c'est davantage dû à l'orchestration qu'à ses performances vocales. D'ailleurs, il se fait descendre par le jury.
Benjamin ("Kiss"): Moui bof. Il bouge toujours comme une saucisse, c'est dommage sur un morceau pareil. Ses chaussures en cuir blanc vernis devraient être excommuniées par l'église catholique. Bien entendu, le jury se pâme.
Duo Amandine/Cédric ("Le soleil de ma vie"): Cédric est très bien, sérieux et nonchalant; face à lui, Amandine a décidé de faire une prestation burlesque. Ca jure un peu. Mais le jury pleure de rire.
Ycare ("Déshabillez-moi"): Pas de doute, c'est un showman. Mais sur ce morceau, je trouve sa voix très difficile à supporter.
Amandine ("Bring me to life"): J'avoue, j'ai un faible pour Evanescence. En secret, je rêve d'être Amy Lee avec son physique de poupée goth, sa voix limpide et son talent de musicienne. Amandine chante le morceau d'une façon assez différente, mais après trois primes à la trouver bof, ça y est, je recommence à croire en elle. Son final est magistral. Par contre, sa maman frôle l'apoplexie; à ce rythme, il va falloir l'évacuer sur une civière avant la fin de l'émission. Lio case "éthymologie" dans son commentaire; c'est vrai qu'après "théatrique" et "deux z'hauteurs", il est urgent pour elle de montrer qu'elle cause bien la France. Dédé s'enflamme et compare la miss à Russell Crowe; à sa place, je le prendrais pas pour un compliment.
Duo Cédric/Benjamin ("Osez Joséphine"): Un hommage à Bashung, dit Virginie Efira qui l'enterre un peu vite sur le coup - même s'il paraît qu'il est en assez mauvais état, le pauvre. Cédric s'en tire mieux que de son "Vertige de l'amour" fadasse. Par contre, je préférais Benjamin susurrant "Madame rêve".
Cédric ("Enjoy the silence"): Cette chanson doit faire partie de mon top 10 absolu de tous les temps. Il n'a pas le droit de la massacrer. Mais je ne vois pas non plus comment il pourrait être à la hauteur de l'original. Haaan, en plus c'est la version Mike Shinoda, ma préférée! Bon, c'est pas un carnage vocal, mais ça serait quand même mieux si Cédric ne bouffait pas la moitié des paroles. Il ne semble pas très à l'aise avec le morceau non plus. Remarque totalement futile: ce garçon est fait pour porter des cols roulés.
Duo Amandine/Ycare ("Je suis un homme"): Nickel. Juste nickel. Ils apportent de l'émotion à une chanson qui en était dépourvue à la base selon moi. Oh, et je veux la nuisette d'Amandine.
Benjamin ("Beat it"): Du reportage qui précède, je retiens que si tu veux voir ta famille qui habite loin de toi, il faut passer à la Nouvelle Star. Dans mon cas, j'ai peur que ce soit pas gagné. Bref. Michael Jackson version jazz, c'est gonflé. Et très trèèès bien fait. Je le dis en toute objectivité, en tant que fille imperméable au soi-disant charme ravageur du jeune homme.
Ycare ("The show must go on"): "Coin coin coin", fait Hawk à côté de moi. Son pantalon vient s'inscrire en bonne place dans la liste des désastres vestimentaires de la saison. Mais je dois reconnaître qu'il se tire honorablement d'un morceau très casse-gueule. A tous les coups, il va faire partie du dernier trio, alors qu'après le théâtre, je le voyais gicler dès le premier prime.
Duo Ycare/Benjamin ("La fille du père Noël"): L'introverti et le déjanté. Le gilet leur va bien. Ils ne violent pas trop la chanson.
Amandine ("Many rivers to cross"): Hawk redescend des toilettes en courant au risque de se casser deux ou trois jambes dans l'escalier. Amandine est bien mais je déteste cette chanson, d'où mon enthousiasme très rentré. Lio met un bleu mais critique; Hawk la fait taire d'un "Ta gueule, Wanda!" impérieux. Face à mon haussement de sourcils interloqué, il lâche: "Ben ouais, j'aime bien l'appeler Wanda" comme si c'était sa copine de bac à sable. Soit.
En bonus ce soir, le nouveau single de Steeve Estatof, gagnant de la saison 2 dont j'avais acheté et beaucoup aimé le premier album. Son relooking est ridicule; il ressemble à un mannequin de cire. Quant à sa chanson... Si les autres sont toutes comme ça, je pense que je vais économiser 15 euros.
Bon, la persévérance finit par payer: pour la première fois depuis l'élimination de Thomas, je ne me suis pas ennuyée ce soir. Je vire Cédric et je laisse Ycare revenir nous faire son numéro une dernière fois la semaine prochaine.
Verdict du public? Cédric est le premier sauvé. Ben voyons. Amandine est la suivante. Ycare se retrouve en ballotage encore une fois, mais ce coup-ci, contre Benjamin, il ne peut pas l'emporter. ...Et de fait, il ne l'emporte pas. C'est pourtant bien la première fois que j'aurais voulu le voir rester.

Pensées du moment

- Il faut vraiment que je change d'appareil numérique; dès que les conditions de lumière ne sont pas idéales, le mien fait des photos affreusement grainées, qui ne donnent rien publiées sur internet et encore moins tirées sur papier. Déjà que je suis constamment frustrée par mes limitations techniques, je ne peux pas en plus être brimée par celles de mon matériel. Ce sera donc mon prochain gros achat.
- En parlant de photos, le blog Moody&Cookie est en train de devenir une contrainte plus qu'un plaisir. Pas facile de produire un cliché par jour alors qu'en semaine, je ne mets quasiment pas les pieds hors de chez moi et que j'ai déjà mitraillé notre décor de vie sous tous les angles. Quand j'avais parlé de ce projet à Hawk, j'avais suggéré une durée d'un an pile à compter de mon emménagement à Bruxelles. Je ne suis pas du tout certaine de tenir à ce rythme jusqu'à fin octobre.
- Avant-hier soir, j'ai scrappé d'un coup la moitié du mini-album sur notre séjour à Paris de mi-mars. Il sera terminé d'ici la fin de la semaine. Ensuite, je devrai attendre de recevoir le CD promis par David pour passer ma commande de photos suivante à Mypix. C'est toujours quand je suis inspirée que je n'ai pas de matière première sous la main... Bien que je ne sois plus aussi folle du style d'Elsie Flannigan qu'au début, son dernier bouquin, "Recipe box", contient un certain nombre de layouts que je lifterais volontiers. Maintenant.
- Après "Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal", j'attends avec impatience le film "Sex & the City" qui malheureusement sort ici une semaine plus tard qu'en France. Oh, et s'il passe à l'UGC près de chez nous, j'irais bien voir "Le journal d'une baby-sitter", un peu à cause de Scarlett Johansson et un peu parce que le bouquin, sous ses allures de chick lit de base, était assez acide.
- Je meurs d'envie de retourner au Japon. Oui, j'aimerais aller à Prague, à Copenhague, à Oslo, à Lisbonne, à Barcelone ou à Rome; oui, je brûle de découvrir la Chine; oui, j'espère pouvoir accompagner Antonia en stage carnet de voyages l'an prochain, au Maroc ou ailleurs. Mais plus que tout, je voudrais continuer à explorer Tokyo, retrouver avec plaisir certains endroits déjà connus, visiter enfin ceux sur lesquels j'ai dû faire l'impasse les deux premières fois par manque de temps, améliorer mon japonais rudimentaire, m'immerger de nouveau dans cette culture qui m'a totalement séduite. En ce moment, ça m'obsède.
- Ca serait bien que les travaux s'achèvent enfin dans notre quartier. Passe encore que les marteaux-piqueurs me réveillent tous les matins de semaine aux environs de 8h. Mais quand je dois me concentrer pour bosser, j'ai vraiment du mal, et comme la tendance actuelle est plutôt à la procrastination... Je dois me faire violence pour tenir mon planning de traduction quotidien.
- La nouvelle éditrice de Maudite Série m'a finalement donné le feu vert pour continuer au tarif habituel. Ma moitié flemmarde est soulagée; ça lui évite de bouleverser toute son organisation à la dernière minute. Ma moitié aventureuse, celle qui aimerait bien passer à autre chose, hulule intérieurement sa déception.
- Le petit coup de mou post week-end en famille se prolonge. Il fait gris dehors et je me sens toute flappie... Je manque de projets concrets en ce moment.

mardi 27 mai 2008

"Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal"

Quatre mois que je me retiens d'empoigner tous les gens que je croise par les revers de leur veste et de les secouer comme des pruniers en leur hurlant à la figure: "Non mais tu te rends compte, Indiana Jones échappe à une explosion nucléaire dans un frigo volant!!!". Maintenant, le monde entier sait.

Je ne suis pas particulièrement fan de films d'aventure, mais j'aime beaucoup Harrison Ford et Cate Blanchett. Je gardais en outre un excellent souvenir de "La dernière croisade", en grande partie à cause de la relation père-fils grinçante entre les deux héros. Pour être honnête, je ne sautais néanmoins pas de joie à l'idée de passer deux heures devant un film dont je connaissais le scénario et les dialogues par coeur. Mais ça faisait des semaines que Hawk bondissait dans tous les sens tel le Marsupilami à l'idée d'aller le voir. Je l'ai donc charitablement accompagné à la séance de 20h30 ce soir.

Que penser d'"Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal"? Je ne suis sûrement pas la personne la mieux placée pour répondre à cette question. J'ai passé toute la séance à comparer le film avec le bouquin, notant mentalement les scènes rajoutées par James et déplorant leur absence à l'écran: elles avaient le mérite de donner une certaine profondeur psychologique aux personnages et d'éviter la résolution trop abrupte d'un grand nombre de scènes d'action.

A défaut d'avis sur l'histoire, je me contenterai d'en donner un sur la prestation des comédiens. Harrison Ford fait bien son boulot même s'il bouge beaucoup moins que dans les opus précédents - il a son âge, pauvre biquet. Karen Allen hérite d'un rôle réduit au minimum syndical, et au final pas très intéressant. Shia LaBeouf campe un honorable James Dean wannabe et hérite des cascades que son paternel de cinéma ne peut plus assurer. Mais soyons honnêtes, la star du film, c'est Cate Blanchett. Cette fille peut tout jouer, absolument tout. Elle est aussi époustouflante en Galadriel qu'en Elizabeth 1ère, en Bob Dylan qu'en colonel russe ravagée du ciboulot. Ici, elle n'a rien d'autre à faire qu'aboyer des ordres, et ça ne l'empêche pas de crever l'écran. Je pense qu'elle ne pourrait pas être médiocre même si elle le voulait.

lundi 26 mai 2008

Comme quoi, on change...

Mon blues du dimanche après-midi se prolonge en ce début de semaine pourtant assez chargée - même si la description des journées de Soeur Cadette me fait facilement passer pour une limace neurasthénique en comparaison. C'est toujours comme ça quand je viens de voir les miens: je mets un peu de temps à m'en remettre, non pas parce que ça s'est mal passé, mais au contraire parce que je suis triste de les quitter.
Comme quoi, on change. Je me souviens qu'à treize ans, je détestais tous les membres de ma famille immédiate sans exception. Je tenais mes parents pour des ratés: des gens médiocres, sans ambition, enfermés dans une routine désolante de conformisme et de petitesse d'esprit. Ce que je ne me gênais pas pour leur faire sentir. Je pourrais arguer que je souffrais beaucoup à cette époque et que je manquais du recul nécessaire pour leur pardonner tout ce qu'ils ne voyaient pas, tout ce contre quoi ils ne parvenaient pas à me protéger. J'étais trop jeune pour me rendre compte que les enfants ne sont pas livrés avec un mode d'emploi et que les parents ne sont pas des demi-dieux infaillibles: juste des êtres humains qui, pour la plupart, s'efforcent de faire au mieux avec les moyens dont ils disposent. Il m'a fallu devenir adulte et commettre mes propres erreurs en toute bonne foi pour me rendre compte que mes parents avaient toujours été de bonne volonté, et que je ne pouvais décemment pas leur en vouloir de s'être trompés sur ce qui était bon pour moi. N'empêche que mes traumatismes d'enfance sont certainement responsables pour une très grande part de mon refus de me reproduire à mon tour.
Quant à Soeur Cadette, aujourd'hui la prunelle de mes yeux, je lui en ai très longtemps voulu d'être plus jolie que moi, plus sociable et plus douée pour à peu près tout. J'étais blanche et boulotte, avec une face de poisson-lune perpétuellement maussade; elle était mince, bronzée et souriait toujours sur les photos de classe. Je n'avais aucun ami et passais mes récréations à lire dans un coin de la cour; dès la maternelle, elle avait une cote de popularité en béton et était invitée partout. Un rien m'effrayait et me réduisait aux larmes ; c'était une casse-cou qui finissait à l'hôpital si souvent qu'un des urgentistes l'avait surnommée "ma petite abonnée". Nous avons fréquenté le même collège, et elle est devenue la chouchoute du prof de maths qui me terrorisait quelques années plus tôt. J'ai voulu suivre des cours de danse, ma première grande passion après la lecture; elle s'est inscrite aussi, et c'est à elle qu'on a fini par proposer une place dans une compagnie professionnelle quand elle était ado. Un jour, j'ai commis l'erreur de l'emmener dans mon club de jeu de rôles, le seul endroit où j'avais réussi à me faire une petite place (en tant que fille et hors du contexte scolaire, ça avait été assez facile). Le mec qui me plaisait à l'époque a flashé sur elle; après ça, quand mes potes partaient en virée et qu'il ne restait plus qu'une place dans la voiture, c'est elle qu'ils emmenaient. Nous sommes diplômées de la même grande école de commerce; j'ai vomi les trois ans que j'y ai passé et n'en conserve que de mauvais souvenirs; elle y est devenue intervenante extérieure et y donne des cours deux ou trois fois par an. J'ai mis plusieurs années à me trouver professionnellement, avant d'opter pour une occupation que mes parents ne considéraient même pas comme "un vrai métier"; elle a tout de suite décroché un boulot de cadre respectable et occupe aujourd'hui un poste avec un titre ronflant et un salaire assorti. Ma vie sentimentale a longtemps été un désastre; David a craqué pour elle en 5ème et lui a fait une cour assidue avant qu'elle daigne sortir avec lui quatre ans plus tard.
A côté de Soeur Cadette, je me sentais toujours le vilain petit canard. Le pire, c'est que je voyais bien qu'elle n'y mettait aucune malice. Elle ne cherchait absolument pas à me faire de mal; elle avait juste cette aura inexplicable qui faisait que les gens gravitaient naturellement vers elle. J'en étais malade de jalousie. Puis il y a eu ce Noël où je me trouvais à Nantes, à mille kilomètres de ma famille. Je m'étais fait avorter le matin du 24 et, comme je ne connaissais quasiment personne dans cette ville où on m'avait mutée quatre mois plus tôt, je m'apprêtais à passer le réveillon seule dans mon petit appart pendant que le père potentiel festoyait à La Baule avec sa famille et sa petite amie officielle. Soeur Cadette vivait encore chez mes parents à l'époque; après qu'ils soient partis se coucher, elle était restée longtemps au téléphone avec moi, chuchotant pour ne pas les réveiller (bien entendu, je ne les avais pas mis au courant). Je crois que c'est ce soir-là que la balance de mes sentiments pour elle a commencé à pencher de l'autre côté. Depuis, malgré des divergences certaines de point de vue et de style de vie, elle a toujours été là pour moi. J'aimerais pouvoir dire que la réciproque est vraie, mais je ne me souviens pas d'une seule occasion où elle ait eu besoin de moi.
Tout ça pour dire qu'aujourd'hui j'ai des relations apaisées avec ma famille. J'ai accepté que mes parents n'étaient pas parfaits et moi non plus. On se chamaille encore parfois; on s'exaspère occasionnellement et on ne se comprend pas toujours, mais il est admis qu'on s'aime et qu'on n'est pas trop fâchés de se savoir liés les uns aux autres jusqu'à ce que la mort nous sépare. Quant à Soeur Cadette, j'ai accepté qu'elle était apparemment parfaite et que je ne pouvais juste pas lutter contre ça. Et je suis contente d'avoir réussi à surmonter ma jalousie pour profiter pleinement de sa présence dans ma vie.

dimanche 25 mai 2008

Le blues du dimanche après-midi

Voilà, Soeur Cadette et David sont dans l'avion qui les ramène à Toulouse. Et j'ai beau savoir qu'on se revoit dans moins de deux mois, j'ai un peu le blues. Ca me mine gentiment de vivre si loin de ma famille alors que je connais des tas de gens qui habitent tout près de la leur et ne la voient jamais par manque de motivation. Moi j'adore la mienne, et je déteste que nos moments ensemble soient aussi rationnés.
Reste que, comme le fait remarquer Hawk pour me remonter le moral, ce furent quatre jours formidables, pleins de ronflements et de fou-rires, de balades et de shopping dans le centre-ville ou le quartier du Châtelain, de prises de tête parce que le 60 ne passe pas à l'arrêt De Brouckère ou que notre location Cambio a été déplacée à la station Janson, de grimaces concentrées pendant les duels de Guitar Hero et les démolitions de tours à Boom Blox, de files d'attente pour prendre l'ascenseur de l'Atomium, de furetage au Palais des Thés pour trouver de nouveaux mélanges ou dans les rayons de Filigranes à la recherche de cadeaux pour mes neveux, de photos jolies et/ou rigolotes impossibles à rapatrier sur un ordinateur parce que David a oublié le cordon de l'appareil numérique, de fraises au chocolat blanc Godiva, de cheeseburgers au Balmoral, de gaufres chantilly au Drug Opera, de pizzas Mamma Roma et de Poulycroc-frites.
Résultat: malgré les kilomètres de marche en compensées Garrice qui m'ont fait craindre l'amputation du tiers avant de mes deux pieds, la Wii Fit vient de m'annoncer que j'avais pris 1,3 kilo en 4 jours. Glups. Pour me consoler, j'ai boulotté le Cha-Cha que j'avais acheté au Relay de l'aéroport et oublié de donner à Soeur Cadette histoire qu'elle emporte une dernière gourmandise belge dans son sac.

samedi 24 mai 2008

J'aurais dû être libraire

SOEUR CADETTE: Je cherche un truc à lire; des collègues m'ont parlé d'un roman vraiment bien, mais je ne me souviens plus du titre ni du nom de l'auteur. Juste que ça commence par un B, que c'est sorti l'an dernier et que ça a eu un prix littéraire.
MOI: "L'élégance du hérisson", de Muriel Barbery?
SOEUR CADETTE: ...Exactement.

vendredi 23 mai 2008

De l'envie qu'on a parfois d'étrangler les gens qu'on aime avec leurs propres boyaux

Quand j'étais adolescente, ma famille habitait dans un assez grand appartement disposé tout en long. Mes parents dormaient dans la chambre du fond. Les soirs où je rentrais tard, à peine sortie de l'ascenseur, j'entendais mon père ronfler à travers la porte malgré le battant de 4 cm d'épaisseur et les 20 mètres de distance qui nous séparaient. Je n'ai jamais compris comment ma mère faisait pour dormir à côté de lui.
A 17 ans, j'ai quitté ma province bien décidée à empoigner la vie pour passer les oraux des grandes écoles de commerce à Paris. Mon père m'a accompagnée. Il nous avait retenu une chambre à deux lits jumeaux dans un foyer de la Marine Nationale pour laquelle il travaillait alors. Je n'ai pas fermé l'oeil de toute la semaine. Le matin, quand j'arrivais devant les jurés, j'avais le teint blême et le regard vitreux de la nana qui a sacrifié la moitié de ses nuits sur l'autel de Keynes et de Marx depuis le mois de septembre - moi qui avais passé toute mon année de prépa à glander.
Quand je sortais avec Etre Exquis, nous ne vivions pas ensemble. Comme j'avais déjà de gros problèmes d'endormissement et pas encore commencé les somnifères, il s'assoupissait systématiquement avant moi. Toutes les cinq minutes, je lui donnais un coup de pied ou de coude en sifflant: "Tu ronfles!". Réveillé en sursaut, il geignait: "Hein, quoi? Tu me fais mal!" et se rendormait aussi sec. Dix secondes plus tard, la cacophonie reprenait sans espoir d'arrêt avant le lendemain. Les yeux grands ouverts dans le noir, je serrais les dents en imaginant mille moyens de le tuer dans d'atroces souffrances. Le jour où il m'a dit que non, il ne serait pas prêt à se faire opérer pour régler le problème, j'ai su qu'on ne passerait pas notre vie ensemble.
Soeur Cadette et David sont arrivés hier. Ils sont en train de dormir comme des bienheureux sur la mezzanine. A chacune de ses inspirations, David produit un son légèrement plus tonitruant que celui d'un V8. Nous l'ignorions et n'avions pas prévu de boules Quiès. Il est 5h30. Hawk vient de partir au travail sans avoir dormi du tout, et moi, je me demande si ma soeur m'en voudrait beaucoup de se réveiller veuve.

mercredi 21 mai 2008

Nouvelle Star - 8ème prime en direct de Baltard

Aujourd'hui j'ai raté la première moitié du prime, mais c'était pour une bonne cause: Hawk et moi dînions au resto japonais avec son amie Sophie. Et même si les gyoza du Hama-Shin ne valent pas ceux que nous avons mangés à Tokyo sur le toit du grand magasin Tobu ou à Namjatown, ce fut un fort bon moment.
Lorsque nous allumons la télé, Amandine est en train d'essuyer les remontrances de Sinclair pour son interprétation d'"Allumer le feu". La récap qui suit me permet de constater combien cette critique est justifiée. Malgré sa voix sublime, elle commence vraiment à sombrer dans l'auto-caricature. Même Hawk qui l'adore est obligé de le reconnaître.
Trio Jules/Cédric/Benjamin ("Knocking on heaven's door"): Cette chanson a déjà été reprise 1 236 539 fois, on aurait pu se passer d'une 1 236 540ème. Ou peut-être était-ce juste destiné à nous rappeler que les trois garçons savent jouer de la guitare?
Jules ("Tomber"): Je m'ennuie. Sincair le trouve super-beau. Je suis donc en total désaccord esthétique, non seulement avec l'ensemble des minettes françaises de moins de 16 ans, mais aussi avec les mâles hétérosexuels de mon âge.
Ycare ("Bang bang"): Après un premier couplet vaseux, Ycare devient subitement génial. C'est pas Crazyman que j'aurais dû le surnommer mais Yoyoman. D'un autre côté, ça pète toujours moins que le "Sheila d'extrême-gauche" de Dédé...
Cédric ("La ceinture"): Apparemment, c'est la deuxième fois de la soirée qu'il reprend une chanson de gonzesse. Je ne sais pas comment il était en Kylie Minogue, mais je ne le trouve pas trop mal en Elodie Frégé (gagnante il y a quelques années d'une émission de télé-réalité concurrente, pour ceux qui l'auraient déjà oubliée...).
Duo Amandine/Ycare ("Je suis malade"): Amandine nous fait une voix de petite fille. Pour le coup, ça change. Hawk, qui dort dans le canapé à côté de moi, se réveille juste le temps de scander "Amandiiiiiine!".
Benjamin ("Just the two of us"): La chanson qui lui a permis de se faire remarquer pendant les auditions. Je reconnais qu'elle lui va comme un gant. Prise de risque zéro, mais après tout quand c'est bon, c'est bon.
Amandine ("Beautiful"): Sa petite soeur s'endort dans le public. Je ne suis pas loin d'en faire autant. Elle mange à moitié les paroles, et sur une chanson lente, ça s'entend trop pour ne pas me déranger. Surtout, contrairement à Christina Aguilera, elle n'"habite" absolument pas le morceau.
Tous les candidats ("Message personnel"): Pas vraiment une chanson faite pour être interprétée en groupe... J'ouvre la bouche pour interpeler Amandine et l'informer que le jean bleu délavé, c'est passé de mode depuis genre 20 ans. Mon regard se pose sur le jean bleu délavé qui dépasse sous mon ordinateur portable. Je referme la bouche.
Verdict: en ce qui me concerne, la Nouvelle Star de cette année c'est Virginie Efira. Pour le reste, j'ai passé le stade où je m'en souciais. Le départ de Thomas a brisé quelque chose en moi. Oué, parfaitement: brisé.
C'est quand même toujours émouvant ce moment où les candidats se serrent les uns contre les autres en attendant de savoir lequel d'entre eux sera éliminé. Comme d'habitude, Ycare est dans les deux derniers. Et comme d'habitude, ce n'est pas lui qui s'en va. Les votes des minettes de 16 ans n'auront pas suffi à sauver Jules. Il y a donc une justice en ce bas monde.

mardi 20 mai 2008

"Princesse aime princesse"

Lors de mon avant-dernier passage chez Filigranes, j'avais aperçu, feuilleté et reposé cette bédé: elle paraissait très sympa, mais à 16,50 euros, je répugnais à en faire l'emplette sur une simple impression. Puis Pénélope Jolicoeur en a fait l'éloge dans son blog dimanche matin, et l'après-midi même je craquais.
Je ne l'ai pas regretté. "Princesse aime princesse" est un petit bijou de poésie décalée, à la fois grave et drôle, dans lequel on trouve pêle-mêle: une princesse de la frite aux cheveux roses qui répond au doux nom de Végétaline, une affreuse guerre civile dans un état d'Afrique noire dont seul le nom est fictif, des combinaisons de Power Rangers dotées de pouvoirs délirants, un écosystème où chaque geste sensuel se traduit par l'apparition d'une bestiole aquatique laissant un arc-en-ciel dans son sillage. C'est une histoire de mère abusive, de réfugiés qui peinent à s'adapter à leur nouveau pays, de savants fous et de secrets industriels, mais surtout d'éveil à l'amour et à la sexualité. Le dessin faussement naïf et le scénario déjanté m'ont souvent fait penser au "Bestiaire amoureux" de Joann Sfar, et c'est un grand compliment. Un seul regret: le titre un peu maladroit qui insiste sur le caractère lesbien de la relation entre les deux héroïnes, alors qu'en fait, les sentiments évoqués sont archi-universels.

lundi 19 mai 2008

Une virée chez Ikea

Ma liste des courses à faire chez Ikea avant l'arrivée de Soeur Cadette et David se présente sous cette forme:
- Allume-gaz
- Râpe/zesteur
- Pilon
- Presse-agrumes
- Couverture
- Nappe (pour table 95x190)
- Plaids (x2)
- Valet de douche

Nous arrivons au magasin de Zaventem vers 15h40; il est quasi désert, c'est merveilleux. Malheureusement, nous ne tardons pas à nous apercevoir que ce n'est pas seulement la clientèle qui brille par son absence. Nous avons beau fouiller désespérément le rayon accessoires de cuisine, nous ne trouvons pas l'ombre de la queue d'un allume-gaz. Le seul pilon disponible est en marbre noir; il pèse environ 47 kilos et ressemble à un cercueil pour noix de cajou. Non merci. Quant à l'unique presse-agrumes, c'est un modèle sans réservoir fort peu pratique. Mais comme j'en ai vraiment besoin, je le prends quand même. A sa vue, Hawk éclate de rire. Apparemment, l'objet lui fait penser à un autre style d'accessoire déjà présent chez nous, mais plutôt du côté de la chambre. Hum. Passons et poursuivons notre chemin vers le rayon textile.

Ikea ne semble pas vendre de nappes assez grandes pour une table comme celle de notre salle à manger. Bizarre, nous l'avons pourtant achetée ici. Un peu plus loin, nous embarquons deux petits plaids en polaire beige pour protéger le canapé du salon sans que les poils de chats se voient trop dessus; heureusement qu'ils ne coûtent que 3,99 euros pièce, car Scarlett et Copernique en bousillent un tous les trois mois. Nous passons un long moment à chercher une couverture: après plusieurs jours à 30° durant lesquels nous avons dormi nus sur les draps avec la fenêtre ouverte, la température a de nouveau fraîchi, et cette nuit j'ai dû me lever pour ressortir la couette. Déjà qu'il n'y a pas de murs aux toilettes ni de volets aux fenêtres de notre appart, j'aimerais autant que Soeur Cadette et David n'attrapent pas froid par-dessus leur future occlusion intestinale. Et ben croyez-le ou non, mais les couvertures, ça n'existe plus. Les plaids riquiqui, oui. Les dessus de lit pas beaux, aussi. Sinon, il est entendu que tout le monde est depuis longtemps passé à la couette. Admettons. Je repère un modèle tout léger qui devrait très bien convenir pour cette mi-saison. Evidemment, c'est le seul du rayon qui soit en rupture de stock dans la taille qu'il nous faut.

Je ne vais pas tarder à frôler l'énervement. Le dernier article de la liste est aussi celui qui nous a amenés chez Ikea à la base: ça fait des semaines que nous cherchons un valet de douche pour pouvoir mettre nos produits de lavage à portée de main, et jusqu'ici nous avons fait chou blanc. Un petit tour sur le site internet du géant suédois nous a montré qu'il en vendait... Du moins, en théorie. Car au rayon des accessoires de salle de bain, de valet de douche nous ne voyons point. Une employée finit par nous les indiquer: ils sont suspendus au plafond dans un coin. Ouf, on l'a échappée belle.

De retour sur Bruxelles, un rapide passage chez Casa me permet de compléter mes courses et d'acheter en sus deux autres grands "bols" carrés comme ceux que nous utilisons pour manger la plupart du temps. Plus qu'un ravitaillement chez Delhaize, un petit coup de ménage, et nous serons fin prêts pour recevoir Soeur Cadette et David.

vendredi 16 mai 2008

3 semaines de Wii Fit: le bilan

Nous arrivons en fin de semaine 3 d'utilisation de notre Wii Fit. Pour ma part, j'ai adopté un rythme régulier: des séances de 45 mn six jours par semaine, avec relâche le samedi. Je consacre presque la moitié de ce temps aux exercices d'aérobic; le reste se répartit à peu près également entre les trois autres activités. Pour l'instant, je ne constate pas de perte de poids significative, juste de vagues fluctuations selon ce que j'ai mangé la veille. Je précise que je n'ai rien changé à mon alimentation, mais que c'est à l'étude pour la suite du programme. Sinon, je n'ai pas pris mes mensurations avant de commencer, donc je ne peux pas affirmer chiffres à l'appui que j'ai perdu quelques centimètres de circonférences dans des endroits stratégiques tels que cuisses, mollets ou haut des bras. Mais je me sens plus ferme, plus tonique et plus souple. J'exécute désormais sans problème, et avec des scores presque parfaits, des exercices qui me faisaient perdre l'équilibre ou le souffle il y a trois semaines. Aujourd'hui pour la première fois, j'ai couru vingt minutes d'affilée devant ma télé, parcourant un peu plus de 5 km. Et je crois que j'aurais pu pousser dix minutes de plus.
La Wii Fit présente quelques inconvénients par rapport au sport en salle, mais elle a deux avantages énormes à mes yeux:
- La visualisation du centre de gravité permet de rectifier, de soi-même, sa position de manière beaucoup plus efficace qu'aucun prof ne le pourrait. En yoga, par exemple, j'avais l'impression de faire un arbre ou une chaise magnifique. En réalité, je n'arrêtais pas de vaciller imperceptiblement. Voir le point rouge bouger dans tous les sens me rappelle que je dois verrouiller ma ceinture abdominale pour obtenir une posture parfaite.
- Le rythme imposé par le jeu oblige à faire les exercices à une allure régulière, lente mais calculée pour une dépense calorifique optimale. Quand je courais seule, je partais comme une dératée et j'avais un point de côté au bout de 5 minutes. Là, si je dépasse 60% de mes capacités, on me le signale aussitôt. Pareil pour la gym: en général, j'effectuais les premières répétitions d'un mouvement à toute allure et avec plus d'énergie que d'efficacité; et vers la fin de la série, je soufflais comme un boeuf en tremblant de partout - alors que la Wii Fit m'oblige à faire un abdo/un étirement/une flexion toutes les X secondes pendant la durée entière de l'exercice.
Niveau pratique, la Wii Fit est une réussite absolue. Certes, il faut disposer d'un peu de place pour bouger dans son salon, ou se résoudre à pousser les meubles avant de commencer, et il est préférable de faire l'emplette d'un tapis de gym pour effectuer certains exercices. Mais à côté de ça:
- On peut caser sa séance quand on veut dans la journée, voire la tronçonner (le test physique, en revanche, est plus significatif si on le fait toujours au même moment, mais il ne prend que quelques minutes)
- Les exercices d'endurance peuvent être effectués en regardant la télé. Un conseil: ne faites pas comme moi et évitez le créneau 14-15h pendant lequel vous aurez le choix entre du télé-achat espagnol (?!), le talk-show de Delarue, un épisode antédiluvien de Derrick et le Journal de la Santé sur la 5. Depuis cet après-midi, je suis super-calée sur le sujet de l'hypertension, et je l'ai même pas fait exprès.
- Les exercices de gym et les postures de yoga sont assez nombreux et variés pour que l'on puisse piocher dedans afin se concocter un programme ciblé, ou les alterner histoire d'éviter la lassitude. Bon, j'imagine que d'ici trois mois, j'en aurai quand même un peu fait le tour et en réclamerai d'autres, mais on peut toujours espérer une extension du style "Wii Fit advanced".
- Le système d'attribution de points, bien qu'imparfait, est très motivant pour qui cherche réellement à s'améliorer. Et il crée une émulation entre les différents membres d'un même foyer. C'est ainsi que l'un de nous s'exclame régulièrement: "Ah ah, je suis le roi des pingouins!" Libre à l'autre de trouver ça attendrissant ou juste inquiétant. Quant aux courbes de suivi du poids, de l'IMC et du temps passé à s'entraîner, elles permettent d'éviter le relâchement sur la longueur.

Suspens

Depuis un mois, j'envoyais à l'une de mes éditrices des mails au sujet du prochain tome de la série que je traduis pour elle. Ne recevant pas de réponse, j'ai fini par appeler son bureau. Je suis tombée sur une dame qui m'a informée, sans autre explication, qu'elle avait pris la relève de sa collègue. Soit. J'étais un peu étonnée qu'elle ne se soit pas donné la peine de me contacter pour un job que j'étais censée attaquer dans des délais assez brefs, mais me disant qu'elle venait sans doute d'arriver en poste et qu'elle devait être débordée, je me suis présentée de ma voix la plus aimable avant d'exposer la raison de mon appel.
Quelques jours plus tard, je lui ai envoyé un mail récapitulant les conditions dans lesquelles j'avais l'habitude de travailler avec les deux éditrices qui l'ont précédée. Et là, problème. Visiblement, cette personne a l'habitude d'utiliser la facturation aux 1500 signes réels, alors que lorsque je me suis engagée pour traduire cette série, nous étions partis sur un tarif au feuillet d'imprimerie (ou 1500 signes théoriques). Je ne vais pas vous ennuyer avec des détails techniques; sachez simplement qu'entre les deux, il y a une différence de 15 à 20%. J'ai expliqué calmement que je n'allais pas accepter une baisse de rémunération aussi importante, surtout pour un texte très littéraire et très difficile à traduire qui n'est déjà guère rentable au tarif le plus élevé. Je lui ai dit que si elle préférait changer de traducteur, je comprendrais, mais que j'apprécierais qu'elle me prévienne rapidement afin que je prenne mes dispositions pour boucher le trou de trois mois que cela représente dans mon planning. Je lui ai également donné mon numéro de GSM belge au cas où elle souhaiterait en discuter de vive voix. Ca fait une semaine, et je suis toujours sans nouvelles.
Je ne sais pas ce que je dois souhaiter. En fait, je me débarrasserais volontiers de cette série qui est un pensum pour moi et qui engorge mon emploi du temps jusqu'en 2012, m'empêchant d'accepter des textes plus agréables à traduire. Sur le papier, elle semble bien payée, mais vu la difficulté de la tâche, quand je ramène ça à un tarif horaire, ça doit être le job qui me rapporte le moins. Et je suis raisonnablement certaine de pouvoir combler le vide que sa suppression laisserait dans mon planning. D'un autre côté, je ne bosse pas pour 36 millions d'éditeurs, et amputer le nombre de mes donneurs d'ouvrages d'un pourcentage significatif me paraît un peu risqué. Jusqu'ici, on m'a toujours proposé plus de boulot que je ne pouvais en accepter, et je me dis qu'il n'y a pas de raison pour que ça s'arrête. Mais quand on est indépendant et qu'on ne peut compter que sur soi-même pour assumer l'intégralité de ses dépenses, on traîne toujours une vague angoisse du chômage technique, si injustifiée soit-elle.
Globalement, j'espère quand même que l'éditrice choisira de s'adresser à quelqu'un d'autre pour la suite de cette série. Je ne prendrai pas de moi-même l'initiative d'interrompre notre collaboration, car j'estime m'être moralement engagée à mener la série jusqu'au bout pourvu que mes conditions de travail demeurent inchangées. Mais j'apprécierais cette opportunité d'explorer d'autres pistes de boulot que j'ai négligées jusqu'ici faute de temps. Je voudrais juste savoir de quoi il retourne avant d'être obligée de modifier toute mon organisation en catastrophe.

jeudi 15 mai 2008

Nouvelle Star - 7ème prime en direct de Baltard

Qu'il soit bien entendu que 1/ je suis toujours en deuil de Thomas, 2/ pour moi la Nouvelle Star a déjà été découverte et virée, 3/ je continue à suivre l'émission uniquement par intégrité bloguistique et du bout des oreilles.
Virgine Efira est somptueuse avec son tailleur pantalon noir sexy-classe. C'est là qu'on voit que d'une part elle n'est pas du tout grosse, d'autre part elle a des jambes de deux kilomètres. Et je n'arrive même pas à la haïr tellement je la trouve drôle, sympa et pas prétentieuse. Une Belge, quoi :)
Lucile ("Hung up"): Tiens, elle passe encore en premier ce soir; ça doit faire la troisième fois. La styliste lui a refilé un top bleu Klein qui a dû être très à la mode la saison passée, et des bottes vérolées en prime - tsss tsss. Lucile en fait des tonnes pour émuler Madonna; personnellement, elle a beau s'agiter dans tous les sens, je m'ennuie en la regardant.
Jules ("Ensemble"): Je déteste de plus en plus son côté petit singe. Le jury, en revanche, est épaté. Sinclair, tu as beaucoup de charme mais des goûts de chiottes.
Amandine ("When a man loves a woman"): Elle est impeccable. Rien à redire, à part: "je veux quand même qu'on me rende Thomas". Je suppose que maintenant, c'est tout droit vers la victoire pour elle. A moins que le vote du public nous réserve encore une surprise affligeante.
Duo Ycare/Cédric ("La bohème"): Une reprise jazzy inégale: Cédric est parfait, Ycare totalement à côté de la plaque.
Benjamin ("Fly me to the moon"): Après le massacre de Ferré la semaine dernière, il a retrouvé le registre dans lequel il est à l'aise. Et, oooh, il se fend même d'un moonwalk. J'ai toujours eu l'impression que ce garçon n'était pas de son temps, et ça se confirme.
Cédric ("Sunday bloody Sunday"): Les mots me manquent pour qualifier son T-shirt rouge à décolleté de pétasse. Hideux, ce serait encore un euphémisme. Je n'aime pas son interprétation de fils à maman qui tente de s'encanailler.
Ycare ("Je suis un homme"): Et le prix de la tenue la plus atroce revient à Crazyman. Oublié le T-shirt de Cédric; là, je ne suis même pas foutue de dire ce qu'Ycare port en bas. On dirait un cycliste en lycra blanc par-dessus un Dim noir opaque. Du coup, je suis sans avis sur sa prestation vocale. Le jury se prononce pour moi: it's blue all around, baby.
Duo Amandine/Jules ("Andy"): Leur petite comédie est sympa comme tout. Bravo à Amandine: réussir à faire semblant d'être folle du corps de cette crevette mal peignée, ce n'est pas un mince exploit.
Lucile ("Les moulins de mon coeur"): C'est la première fois qu'elle me touche. Je trouve que sa voix se prête très bien à cette chanson désuette. Je voudrais juste que quelqu'un lui donne dix euros pour aller s'acheter d'autres bijoux fantaisie que sa foutue parure réglisse.
Jules ("Virtual insanity"): Sa façon de prononcer l'anglais me fait grincer des dents, mais sinon la chanson lui va bien. Après un début en fanfare, cependant, il s'essouffle et mollit. Il a hérité de la troisième fringue innommable de la soirée, un genre de sac pour le torse avec un trou pointu pour passer la tête et sur le devant, des inscriptions turquoise et fuchsia qui font mal aux yeux. Il se prend un râteau total avec 4 rouges. Lio conseille à ses fans indignées de remettre leur culotte parce que "c'est avec les oreilles qu'on écoute". Gonflé de la part de quelqu'un qui n'en porte jamais, de culotte.
Duo Lucile/Benjamin ("Somewhere over the rainbow"): Occupée à expliquer à Hawk pourquoi une mitraillette au Poulycroc, ce n'est juste pas humainement digérable, j'en oublie d'écouter la chanson.
Amandine ("Déjà vu"): Je ne connais pas la version originale de Beyoncé, mais celle d'Amandine me paraît bien. Je voudrais juste savoir pourquoi elle n'arrête pas de se marrer depuis le début de la soirée. Lio a partagé sa récolte maison avec elle avant le début de l'émission, peut-être?
Benjamin ("Halléluiah"): Je préviens que je serai impitoyable avec qui ose reprendre Leonard. Puis la chanson démarre, et je vois sur le bandeau que la chanson est attribuée à Jeff Buckley. Je commence à hyperventiler. "Calme-toi", me conseille Hawk, imperturbable. Pour me distraire, j'écoute Benjamin. Il n'a juste pas la carrure pour interpréter un monument pareil. Il n'est pas horrible; simplement, on sent qu'il n'a pas encore assez souffert dans sa vie pour rendre justice au morceau. Il devrait y avoir des sanglots dans sa voix, et ils n'y sont pas.
Cédric ("Mon manège à moi"): Désolée, mais après avoir entendu Daho la faire en live avant-hier, je suis obligée de boycotter.
Ycare ("Relax"): Sa version est en dents de scie, parfois grinçante, parfois limpide. Globalement, j'aime assez. Mais je lui en veux quand même d'être là à la place de Thomas.
Bon, après le drame de la semaine dernière, je n'ose plus faire le moindre pronostic. Je dirais quand même que Cédric n'a vraiment pas été bon ce soir. Lio et Sinclair sont d'accord avec moi; les deux autres ne se prononcent pas.
Verdict: ...Cédric est le premier sauvé; artistiquement, le public de la Nouvelle Star et moi, c'est le divorce total. Et c'est Lucile qui s'en va, le premier soir où je l'avais trouvée intéressante. Je pense que ma carrière de voyante est à l'eau.

Frit'Flagey is just another name for paradise

Sept mois déjà que je vis à Bruxelles, et jusqu'à hier, pas une seule fois je n'étais allée manger des frites, des vraies: celles qu'on achète dans une baraque appelée "fritkot" et qui sont servies brûlantes dans un cornet de papier gras. Il faut dire que du temps où je venais ici en simple touriste, une visite décevante chez Antoine m'avait quelque peu refroidie. Mais j'ai la gourmandise optimiste, et je voulais bien croire qu'il existait quelque part dans la capitale belge des frites capables de satisfaire mes attentes.
Tout le monde me parlait du Frit'Flagey comme d'un haut lieu de la gastronomie portative, et par un heureux hasard, il se trouve à cinq minutes à pied de chez moi. Après une première tentative ratée lundi, Hawk et moi sommes donc descendus vers la place Flagey toujours en travaux, hier soir vers 20h. Au bout de cent mètres, je regrettais déjà de ne pas m'être davantage couverte. La température avait considérablement fraîchi depuis le moment où j'étais sortie faire les courses, à 18h, et ma jolie robe Comptoir des Cotonniers ne suffisait pas à m'empêcher de frissonner. Entre la faim et le froid, c'est la faim qui l'a emporté: je n'ai pas pipé mot, et nous avons poursuivi notre chemin jusqu'au Frit'Flagey.
Une demi-douzaine de couples faisaient déjà la queue ; songeant au débit des baraques à sandwiches de mon adolescence, je me suis dit que notre tour viendrait vite. Sauf que non. Le monsieur qui officiait à la friteuse était tout seul pour prendre les commandes, cuisiner et servir, et on m'avait longuement vanté son amabilité légèrement inférieure à celle d'un bouledogue atteint de la rage. J'ai donc attendu sans moufter tandis que Hawk, percevant ma lente congélation sur patte, m'entourait de ses bras pour m'empêcher de me transformer réellement en pingouin. Des frites aussi bonnes que celles-ci étaient censées l'être valaient bien que l'on souffre un peu pour les obtenir.
Enfin, nous nous sommes retrouvés face au monsieur. Ou en ce qui me concerne, très très en dessous de lui vu la surélévation du plancher de sa baraque; mon nez arrivait tout juste au niveau du comptoir. J'ai fièrement commandé "deux paquets à un septante et deux Poulycroc", comme si je n'avais fait que ça de toute ma vie (sauf que si c'était le cas, la Wii Fit ne me dirait pas que je suis en surpoids, elle me traiterait carrément d'OBESE). Le monsieur a hoché la tête et répondu "OK". Sagement prévenue par mes connaissances - et néanmoins amis - belges, je me suis bien gardée de commander la sauce avant que les frites soient prêtes. Le choix de ladite sauce avait d'ailleurs fait l'objet d'une longue délibération dans la file d'attente. De la mayonnaise que je voulais au départ, j'avais basculé sur le ketchup en me disant que ce serait plus sage, avant de me laisser tenter par la poivre, d'envisager un instant la béarnaise et peut-être même la mystérieuse samouraï. Au final, je me suis entendu réclamer de la poivre sur un ton tellement décidé qu'il a arraché l'ombre d'un sourire au monsieur, finalement beaucoup moins désagréable que sa réputation ne le laissait supposer.
A la base, nous voulions nous installer sur un banc pour déguster notre butin au bord des étangs. Comme je grelottais, nous avons brièvement envisagé de nous réfugier dans un café à l'autre bout de la place. Mais le temps d'atteindre celui-ci, la moitié de nos paquets avaient déjà disparu dans notre estomac. Nous avons fini le reste en remontant tranquillement vers chez nous. Alors, je confirme: les frites du Frit'Flagey, elles déchirent. J'en ai déjà mangé de meilleures, mais rarement et pas de ce côté-ci de l'Atlantique. Quant à la fameuse sauce au poivre, c'était une pure tuerie. Et d'après les effets secondaires d'aujourd'hui, je pense que périmée, elle doit remplacer avantageusement le Viakal. Pour finir, le Poulycroc que je testais pour la première fois a ravi le monstre boulimique de gras et de croustillant qui se cache en moi. Résultat: Hawk et moi avons décidé à l'unanimité que le 14 du mois serait "le jour des frites".

mercredi 14 mai 2008

Etienne Daho au Cirque Royal

Hier soir, l'honneur d'assurer la première partie du concert d'Etienne Daho au Cirque Royal revenait aux Ukulélé Girls : quatre filles jeunes et jolies qui, munies d'instruments loufoques, font des reprises drôles et originales de morceaux comme "Killing in the name", "Losing my religion" ou "Back in black". ACDC et le ukulélé, ça semble être un mariage bien mal assorti, et pourtant ça fonctionne. La dizaine de morceaux interprétée par les demoiselles est passée toute seule.
Là où j'ai déchanté, c'est en voyant s'installer un second groupe devant le rideau de velours rouge. Daphné? Qui c'est ça, Daphné? La réponse n'a malheureusement pas tardé. Daphné, ce sont d'excellents musiciens, des textes pas déplaisants et... une chanteuse dont la voix m'a fait penser à celle d'Emiliana Torrini en mille fois plus grinçant. Pendant toute sa prestation, j'ai eu l'impression d'entendre des ongles crisser sur un tableau noir. C'était juste insupportable. En plus, les quatre projos qui surplombaient le groupe envoyaient à intervalles réguliers de douze secondes et demie des décharges blanches qui ressemblaient à des flashs d'appareils photo géants. Les yeux fermés, la tête posée sur l'épaule de Hawk, j'ai failli m'endormir de désespoir.
Le temps que le rideau s'ouvre enfin sur Etienne, il était déjà 22h, et je n'espérais plus un concert entier mais juste un set raccourci, à peine plus long que ceux des deux groupes précédents. Inutile de préciser que l'humeur n'était pas au beau fixe. Une minute trente d'intro a suffi pour me réveiller, et bien. Debout dos au public, Daho est apparu très droit, les bras tendus le long du corps et les poings énergiquement fermés, tandis que des faisceaux blancs et rouges s'entrecroisaient sur toute la scène. Le "yeah yeah yeah" de son dernier album m'a immédiatement électrisée. Puis un enchaînement plutôt mou d'une demi-douzaine de chansons que je ne connaissais pas ou n'aimais guère m'a fait craindre le pire. Jusqu'à ce que retentissent les premières notes de "Des attractions désastre". MA chanson. Là, j'avoue que mon coeur a accéléré un petit peu. Il ne devait pas être le seul, car toute la salle s'est levée. Résultat: même si je n'étais qu'au dixième rang du parterre, je devais me tordre le cou pour essayer d'apercevoir Daho entre les tête et les épaules des gens assis devant moi. Ce qui ne m'a pas empêchée de me trémousser avec enthousiasme.
Quand, deux morceaux plus tard, la salle s'est de nouveau levée pour "Saudade", je n'ai pas tenu longtemps avant de filer dans l'allée latérale pour me rapprocher de la scène. Excellente idée. Je me suis retrouvée au niveau du troisième rang, avec une vue quasi dégagée sur Daho et bien assez de place pour danser à ma guise, ce qui est quand même vachement plus fun que de se tortiller sur un fauteuil inconfortable. Passé un premier tiers bof bof, j'ai adoré la suite du concert qui mêlait habilement chansons du dernier album et vieux tubes: "Comme un igloo", un autre de mes morceaux préférés, "Heures hindoues" qui ne me fait pas plus craquer que ça version studio mais qui était absolument magique en live, "Mon manège à moi", "Promesses", "Le grand sommeil", "Ouverture"... Bien sûr, si j'avais fait la playlist, ça n'aurait pas été celle-là. J'ai notamment regretté l'absence de titres de "Réévolution". Mais le plaisir des oreilles était tout de même au rendez-vous, d'autant plus que je partageais ce moment avec Hawk.
Malgré une accoustique assez pourrie, j'ai aimé la salle du Cirque Royal, bien configurée et intimiste juste comme il faut. J'ai moins apprécié la présence de cerbères presque aussi nombreux que les spectateurs, qui bondissaient à la moindre tentative de prise de photo. J'ai quand même réussi à en prendre une en douce à 5 mètres de la scène: elle était désespérément floue. Pas de regrets, donc.
Quant à Etienne... Je retire tout ce que j'ai pu dire avant d'aller le voir: il vieillit très bien. Non que son visage soit épargné par les signes de l'âge. Mais il a de nouveau maigri; il portait son éternelle veste de costard noire sans rien dessous, ce qui nous a permis d'entrevoir un appétissant triangle de poitrine bronzée et glabre; il bouge toujours de façon aussi sexy (malgré des gesticulations un poil trop théâtrales à mon goût: par moments, on aurait dit le mime Marceau s'essayant à la tektonik...); et surtout, il a conservé son charme canaille - celui du gars papillonneur par essence, dont tu sais d'avance qu'il va te briser le coeur, mais qui avant ça t'aura fait vivre un tourbillon de sentiments dont tu resteras nostalgique jusqu'à la fin de tes jours.
J'aime sa façon d'exulter sur scène, d'ouvrir grand les bras et de renverser la tête en arrière avec un sourire ravi, comme si l'amour du public était le soleil qui l'inonde et le sustente. Il est heureux comme un môme de se trouver là, de faire son show et d'affoler les trentenaires en goguette. Au bout de vingt-cinq ans de carrière, il n'est toujours pas blasé le moins du monde. Ses textes sont devenus un peu plus graves, mais on sent encore en lui un élan très juvénile, un appétit inchangé pour les plaisirs de la vie, et cette faculté très séduisante de basculer en un quart de seconde dans une nostalgie poignante ou une mélancolie contagieuse. Il me fait penser qu'il est possible de rester fidèle à soi-même sur la longueur, de mûrir sans pour autant se renier. Hier soir, j'ai eu l'impression de retrouver un vieux copain perdu de vue depuis longtemps et de me rendre compte que, dans le miroir qu'il me tendait, j'aimais ce que moi aussi j'étais devenue depuis notre dernière rencontre.

mardi 13 mai 2008

Etienne, Etienne, Etienne...

La première fois que j'ai entendu une chanson d'Etienne Daho, je devais avoir douze ou treize ans. Ma cousine Fred avait acheté le 45 tours du "Grand Sommeil" et l'écoutait en boucle. Plus tard pendant notre adolescence je l'ai vue, vautrée sur son lit, se repasser des dizaines de fois d'affilée la cassette de l'album "La notte, la notte" - elle, une fan notoire de Jean-Jacques Goldman! Il me semble même qu'elle avait surnommé son copain de l'époque Kiko. Personnellement, les susurrations du monsieur ne me touchaient guère.
Puis est venue mon année de prépa, et ma petite bande de copains d'école m'a convertie à "Pop Satori". Tout ce printemps-là, j'ai rêvassé sur "Paris le Flore" en écoutant d'une oreille distraite mon prof d'économie nous débiter le programme des concours à 200 à l'heure. C'est peu de temps après que j'ai dû assister à un concert de Daho pour la première fois, avec mon ami Fanfan qui était un grand fan depuis le début.
Ensuite, les souvenirs se mélangent un peu. Je crois l'avoir vu sur scène trois fois lors d'autant de tournées différentes, toujours dans ma ville natale et toujours avec Fanfan. Je n'arrêtais pas de déménager; ma vie sentimentale était un vrai bordel et mes goûts musicaux me portaient plutôt vers le métal et le goth, mais je continuais à suivre fidèlement la carrière d'Etienne. Jusqu'à son album "Eden" dont le son électro m'a fait décrocher.
Je n'ai pas non plus acheté "Corps et armes". Mais quand j'ai rencontré Etre Exquis fin 1997, le "Daholympia" était un de ses albums préférés. Combien de fois avons-nous braillé ensemble la chanson d'ouverture dans le Range Rover qu'il conduisait à l'époque? "M'avez-vous déjà vu quelque part? Rafraîchissez-moi donc la mémoire..." Quand on rentrait tard le soir, ou tôt le lendemain, il mettait systématiquement "Saint-Lunaire dimanche matin" dont l'atmosphère musicale correspondait pile à son humeur.
Les années ont passé. En juin 2004, je nageais en pleine dépression mâtinée de frustration sexuelle. "Réévolution" venait de sortir et je me repassais "L'orage" avec une grosse boule dans la gorge en me demandant si je devais oui ou non tromper l'Homme. Daho se produisait pas loin de chez moi; j'ai voulu aller le voir avec Etre Exquis, mais celui-ci avait déjà prévu d'assister au concert avec sa fuck buddy de l'époque et je ne voulais pas tenir la chandelle. Le soir du spectacle - je m'en souviens encore, c'était le 19 et ça tombait un samedi - j'étais seule chez l'Homme parti en stage d'aïkido pour le week-end. Je sirotais tristement un verre de vin rouge en me demandant comment j'allais sortir de l'impasse dans laquelle j'étais. Rien de tragique, mais ce fut un moment bien down.
Quatre ans plus tard, je vais aller voir Daho interpréter en live son dernier opus, "L'invitation". Il m'a moins touchée que les albums précédents, mais je l'aime quand même beaucoup. Daho a pris un sacré coup de vieux ces dernières années; lors d'un récent passage à la télé, Soeur Cadette et moi l'avions trouvé bedonnant et looké "quinqua qui se prend encore pour un djeûne". De fines lignes sillonnent désormais son visage et, lui aussi, il a la peau qui pendouille sous le menton. Son charme vénéneux de bisexuel assumé en a évidemment pâti. Mais il a accompagné mon histoire sentimentale depuis le début, ou presque. Pour rester dans la continuité, ce soir, j'irai l'applaudir avec Hawk au Cirque Royal.

dimanche 11 mai 2008

La Fête de l'Iris

Aujourd'hui, c'était la Fête de l'Iris à Bruxelles: centre-ville interdit aux voitures et animations un peu partout. Hawk ayant bossé jusqu'à 14h, nous sommes sortis de notre tanière assez tard, si bien que nous n'avons pu voir que les deux derniers concurrents de la course de caisses de savon: dommage, ça avait l'air fun! Un petit passage du côté du piknikelektronik m'a confirmé que ça n'était vraiment, mais alors vraiment pas du tout ma tasse de thé (ou peut-être devrais-je dire "ma cannette de Red Bull"). Nous avons déambulé au hasard dans les rues envahies de piétons et d'artistes de rue, nous arrêtant parfois pour faire poser Régis. Le soleil cognait dur; on ne devait pas être loin des 30°. Dire qu'il grêlait encore il y a trois semaines... Le climat belge ne cessera jamais de m'étonner.
Afin de me rafraîchir, une file chaotique devant Australian Ice Cream m'a permis d'obtenir un superbe cornet double chocolat dégoulinant malgré la gaufre censée assurer son intégrité structurelle. Ragaillardie, j'ai entraîné Hawk chez la Bulle d'Or où une vague de nostalgie nous a poussés à faire l'emplette de deux tomes de Gaston Lagaffe, une de ces séries que nous avons tous deux adorée étant mômes et qui manque à notre bédéthèque d'adultes. Les ampoules commençant à venir (dur de remettre des chaussures d'été qui n'ont pas servi depuis huit ou neuf mois), nous avons voulu rentrer avec les transports en commun. Las, il n'y avait pas de 71 et la station De Brouckère était fermée. Nous en avons été quittes pour prendre le tram. Sur le chemin du retour, arrêt à l'Ultime Atome pour bouquiner et nous dessoiffer. Pendant que Hawk s'intruisait, le nez fourré dans "Une guerre à 3000 milliards de dollars", je me suis esclaffée bruyamment en retrouvant le gendarme Longtarin, le gaffophone, la mouette rieuse, le chat psychopathe et les fameux contrats de monsieur De Mesmaeker. Lorsque Hawk a commencé à manifester des envies de portions fromage, nous avons su que l'heure était venue de rentrer dîner.

jeudi 8 mai 2008

"Rendez-moi le jeune!"

Hier soir après la nouvelle tout à fait inattendue de l'élimination de Thomas dans la Nouvelle Star, je suis restée prostrée dans mon canapé jusqu'à minuit et demie, à répéter que c'était vraiment trop injuste et à hululer: "Rendez-moi le jeune!". Aujourd'hui, j'ai passé plus d'une heure à le Googler, ce qui m'a permis d'apprendre qu'il avait un groupe de rock appelé The Sleepwalkers. J'espère qu'un producteur l'aura remarqué pendant les primes et lui donnera sa chance dans un cadre moins formaté que l'album du gagnant d'une émission de télé-réalité. Je veux croire qu'il pourra suivre le chemin d'Olivia Ruiz, de Chimène Badi ou d'Amel Bent (dans un tout autre registre musical, évidemment). En attendant, je serai triste de ne plus le voir toutes les semaines.
Difficile d'expliquer pourquoi son départ me touche à ce point. Certes, il chante très bien, avec un beau timbre capable de passer facilement du grave à l'aigu, comme j'aime. Mais je ne suis pas le pendant féminin d'André Manoukian, capable de rentrer en transe pour une voix. Je crois surtout que Thomas me rappelle une époque révolue, celle où je sortais avec des garçons blonds à cheveux longs, zyeux bleus et sourire coquin. Celle où je débordais d'énergie et d'hormones, où j'aimais me donner en spectacle comme lui sur la scène de Baltard. Celle où j'étais encore assez innocente et arrogante pour penser qu'un jour, le monde serait à mes pieds.
Je ne voudrais pour rien au monde revenir en arrière; mes 20 ans n'ont été une période faste sur aucun point de vue, et je me sens infiniment mieux dans ma peau aujourd'hui que quand j'avais l'âge de baver ouvertement sur Thomas. Mais j'ai tout de même la nostalgie de certaines choses qui, je le sais, ne reviendront pas. Si ça fait de moi une midinette, alors tant pis, j'assume entièrement.
PS: Je voudrais ajouter une mention spéciale pour Hawk qui, au lieu de ricaner "Tu es ridicule" comme l'auraient fait l'Homme et ses prédécesseurs, m'a serrée tendrement dans ses bras en me disant que oui, Thomas était génial et qu'on entendrait forcément parler de lui d'ici peu. S'il avait pu expulser lui-même Ycare à coups de pied dans l'arrière-train pour remettre mon chouchou à sa place, Crazyman serait actuellement en orbite autour de la lune.

mercredi 7 mai 2008

Nouvelle Star - 6ème prime en direct de Baltard

Tout le jury est habillé sobrement cette semaine; pfffff, de quoi je vais bien pouvoir me moquer? Par contre, la robe blanche de Virginie Efira ne va pas aider à faire taire les rumeurs de grossesse qui courent à son sujet.
Lucile ("Ain't no other man"): Deux semaines qu'elle passe en premier, faut-il y voir un message? "Dehors!", rigole peu charitablement Hawk. N'empêche qu'elle n'est pas mal en Christina Aguilera Junior; vocalement ça lui va bien. She still doesn't rock my world, though.
Cédric ("Bonnie and Clyde"): Vouloir faire Serge Gainsbourg et Brigitte Bardot à lui seul, ça me paraît un peu ambitieux. "Peut-être espère-t-il récolter huit bleus", commente Virginie qui a finalement dû avaler un clown plutôt qu'un polichinelle. Je dirais: pas mal, mais pas fracassant. Manoeuvre trouve qu'il s'est viandé et le traite carrément de pédalo. Un petit intermède vidéo nous permet de constater qu'à tout le moins, c'est un pédalo sacrément bien foutu.
Thomas ("Louxor j'adore"): Moi c'est son petit look que j'adore. Je trouve qu'il la chante un poil trop bas, mais pas de doute c'est un vrai showman; à 18 ans seulement, il a une aisance scénique bluffante. D'ailleurs, Lio le regarde avec un sourire carnassier qui ne laisse planer aucun doute sur son avis. "J'ai des oreilles de cochonne", commente-t-elle. D'après un post d'Isadora, elle en a aussi les habitudes sous-vestimentaires, hin hin hin (<- rire de hyène). Sinon, je suis d'accord avec Dédé: ça serait bien que Thomas se débarrasse de son pseudo-accent canadien.
Amandine ("Bad girls"): La chanson n'est pas vraiment dans son registre mais elle s'en sort très bien; pourtant, sur ce coup-là, elle ne me fait pas vibrer. Par contre, je retiens l'expression polie de Lio trouvant que ses camarades jurés ergotent sur des détails: "C'est de la maltraitance de mouches".
Ycare ("Mistral gagnant"): Semaine paire, il devrait être mauvais. D'autant que comme le fait remarquer Hawk, c'est une chanson pour quelqu'un de plus âgé. ...OK, deux phrases et je le donne sortant pour ce soir. C'est trop haut perché, souvent faux, et je sens aucune émotion.
Jules ("Dis quand reviendras-tu?"): Ouf, un instant j'ai eu peur qu'il nous fasse "L'aigle noir". Là, je ne connais pas l'original, mais... Niveau inadéquation entre le morceau et le candidat, c'est encore pire que la prestation d'avant. Je trouve ça scolaire et ennuyeux. "Barbara, c'est la chanteuse la plus difficile à reprendre", déclare Manoeuvre. J'ai l'impression d'entendre ça à propos de la moitié des interprètes originaux. Ca laisse quoi comme choix de répertoire aux candidats, les 2be3?
Benjamin ("D.A.N.C.E."): Lio a des bouffées de chaleur. Benjamin est bien; juste, j'ai l'impression que le spirit constipé de Julien le chevelu (candidat éliminé il y a quelques semaines) est revenu le posséder.
Lucile ("Pull marine"): Tout peut arriver: pour une fois, j'aime beaucoup ce qu'elle fait. C'est moins chichiteux que l'original qui m'énervait infiniment. Message personnel à la styliste: je veux ses chaussures!!!
Cédric ("Let's dance"): Je pense que jusqu'ici, David Bowie a été le chanteur le plus repris de cette saison. Exceptionnellement, Cédric ne m'endort pas trop. Il pourrait cependant se dispenser de gueuler "flower" comme s'il se prenait pour un lion rugissant.
Thomas ("Good-bye Philadelphia"): ...Je reste sans voix. Ce môme est fabuleux. (Et honteusement sexy, mais c'est une autre histoire.) En fermant les yeux, on a l'impression d'entendre un très très bon chanteur pop anglais. Vu la façon dont il monte en puissance à chaque prime, tous les espoirs sont permis pour lui.
Amandine ("Lola"): Ca non plus, ça ne va pas faire taire les rumeurs d'homosexualité à son sujet. On s'en fout, elle couche avec qui elle veut et elle est très bien sur cette chanson que je connaissais pas - même si, de Superbus, j'avais préféré la reprise de "Butterfly" qu'elle avait faite au théâtre. Stupeur! Le jury lui colle ses deux premiers rouges et des avis totalement injustes de mon point de vue. D'abord, monsieur Manoeuvre, on ne juge pas Superbus mais Amandine. Ensuite, monsieur Dédé, je n'ai pas trouvé qu'elle minaudait, juste qu'elle était diablement sexy.
[Parenthèse: je viens de trouver à qui Sinclair me faisait penser depuis le début, avec ses cheveux roux laqués à la verticale: c'est le frère caché de Lanfeust de Troy!!!]
Ycare ("Crazy"): Ah ben c'était pas une question de semaines mais de numéro de prestation. Là, je le trouve beaucoup mieux. Visiblement cinglé, mais bon, c'est ce qui fait sa spécificité d'intreprète. Dédé commente en étalant sa culture. Rassure-toi, Virginie, moi aussi je pensais qu'Axl Rose c'était juste le chanteur de Guns'n'Roses.
Jules ("Machistador"): Haaan la veste, horrible, il a juste l'air déguisé. On dirait un personnage de Oui-Oui au Pays des Jouets. Et comme très souvent, il se la pète un max. Les minettes du public hurlent Patriiiiick! son nom. Je suis d'accord avec Sinclair: il singe.
Benjamin ("Avec le temps"): Je me souviens de la très bonne reprise de Thierry Amiel pendant la saison 1. Je pensais que Benjamin pouvait faire quelque chose d'encore mieux mais... Sa prestation est juste affreuse. Je suis consternée. Léo Ferré ne se retourne plus dans sa tombe, il fait la toupie. C'est un massacre. Sa voix flageole et il est faux la moitié du temps. Comme Amandine la semaine dernière, je pense qu'il a trouvé ses limites.
Bon, ce coup-ci, je vous livre mes pronostics pour tout le mois qui vient - hé ouais, même pas peur. Ce soir, Ycare s'en va. Ensuite Lucile, puis Jules, puis Cédric. Le classement du trio de tête dépendra de la progression de Thomas, qui depuis deux ou trois primes égale voire dépasse les deux finalistes prédits depuis le début: Amandine et Benjamin.
Une petite chanson de groupe: "Je suis venu te dire que je m'en vais". Chouette interprétation et texte prophétique pour l'un des candidats.
Résultat des votes du public:
...
Non.
C'est pas possible.
Marianne, reviens dire au public qu'il a de la merde dans les oreilles.
Si seulement les jurés n'avaient pas gaspillé leur joker sur ce gros nul de Kristov!
Thomas s'en va.
Je suis dégoûtée.
Et pas du tout certaine de continuer à suivre l'émission.

mardi 6 mai 2008

Monpatelin, avril-mai 2008


7 jours de vacances dans le Midi

- 3 trajets en train et 1 en avion - Hawk ayant réservé ses billets trop tard pour rentrer avec moi par le vol du mardi après-midi. Comme je suis une quiche et que j'avais totalement oublié qu'il se tapait deux changements pendant son trajet retour (dont un à Paris avec RER de la gare de Lyon à la gare du Nord), je lui ai confié la totalité de nos bagages dans une valise qui doit peser la moitié de son poids. Si je dois pousser sa chaise roulante jusqu'à la fin de nos jours, je ne pourrai m'en prendre qu'à moi.
- 6 petits déjeuners tardifs sur le balcon ensoleillé, avec le gazouillis des oiseaux en guise de bande-son et les branches d'un immense pin agité par la brise en ligne de mire. Détestez-nous.
- 2 déjeuners en plein air sous un parasol. Vendredi midi, nous avons mangé au Bar de la Poste sur la place de Monpatelin: délicieux steaks à cheval apportés par un jeune serveur qui ronchonnait "Je peux pas faire plus vite que la musique!", tandis qu'à la table d'à côté un autochtone beuglait "Oh, attends-moi Marcel!", avé l'assent siouplé. On se serait presque cru dans un roman de Pagnol. Changement d'ambiance radical samedi à l'Hôtel Bor, le QG d'Etre Exquis: terrasse de bois sombre, meubles chocolat design, vagues qui viennent mourir deux ou trois mètres plus loin. Les darnes de saumon avec tagliatelles aux herbes ne cassaient pas trois pattes à un canard, mais dans un décor pareil, qui se soucie de la cuisine? Et nous avons pu passer tout l'après-midi là, à lézarder en échangeant trois mots toutes les cinq minutes. Du pur farniente.
- 2 goûters crapuleux: mercredi à la Théière avec Etre Exquis, dimanche chez C&C que Hawk rencontrait vraiment pour la première fois.
- 1 commande de pizzas: aubergines pour lui, tartiflette jambon/champignons/oeuf pour moi. Une moitié le soir et une autre le lendemain à midi avec un demi-melon - nous avons réussi à contrôler les monstres boulimiques tapis en nous.
- 1 dîner au Chinois-du-bout-de-l'avenue, dont la cour intérieure n'était malheureusement pas encore ouverte pour la saison.
- 2 visites chez le docteur qui m'ont immensément rassurée sur mon état de santé (mais quelque peu inquiétée quant au devenir de ma peau, qui n'est déjà pas ce que j'ai de mieux à la base).
- 1 visite chez l'esthéticienne qui s'est traduite par une épilation assez approximative: visiblement, elle avait plus la tête à ses nouvelles amours qu'au fignolage de mes mollets.
- 1 vilaine averse le lendemain de notre arrivée, histoire sans doute que Hawk s'acclimate progressivement. Une autre la nuit juste avant notre départ pour ne pas nous faire regretter de rentrer à Bruxelles où, paraît-il, il fait 26° en ce moment.
- 1 énorme coup de soleil sur le crâne, le visage et les bras de Hawk, ainsi transformé bien malgré lui en Darth Maul; 1 coup de soleil plus léger sur mes bras seulement, car suite à la visite chez mon généraliste, j'avais pris la précaution de m'enduire la figure d'écran total.
- 1 séance de Wii Sport durant laquelle nous nous sommes faits laminer au tennis et au bowling par Raf (13 ans) et Choupie (5 ans 1/2). Du moins n'avons-nous pas encore réduit, à force de gesticulations, la collection d'étoiles Swarovski en série limitée de la maîtresse de maison.
- 6 séances de Wii Fit se traduisant par le déblocage de toutes les activités, quelques chutes comiques de Hawk pendant le step dancing, une compétition acharnée pour savoir qui de nous deux réussira à faire le plus de tours de hula hoop, et ma consécration en tant que "Muscles d'acier" avec un score maximum aux exercices d'abdominaux. Accessoirement, je suis le dieu du vent et un arbre quasi-parfait. Quant à Hawk, il a conquis de haute lutte le titre de pingouin professionnel. Ben ouais, on a la gloire qu'on peut.
- 4 films en DVD: "Le Diable s'habille en Prada", "Lords of Dogtown", "Jeux d'enfants" et "Avant qu'il ne soit trop tard". Je n'avais jamais vu le premier, que Hawk et moi avons unanimement trouvé plat et inintéressant. Je suis fan des trois autres, qu'il a appréciés à des degrés divers.
- Un nombre indéfini de bandes dessinées et de magazines lus au lit: les trois premiers tomes de "La Nef des Fous", plus le premier de "Garulfo" et le premier de "Skydoll" pour Hawk, les deux "Great lies to tell kids" d'Andy Riley pour moi, ainsi que le Elle de la semaine et les derniers numéros en date de Creating Keepsakes et Simple Scrapbooks.
- 1 prime de la Nouvelle Star qui m'a vue déçue par Amandine pour la première fois, mais de plus en plus enthousiaste vis-à-vis de Thomas.
- 2 bains moussants en duo et autant de câlins aquatiques: le comble du pratique (sitôt sali, sitôt lavé) et de l'écologie (double utilisation pour l'eau consommée).
Nous espérons remettre ça en octobre...

samedi 3 mai 2008

Un grand moment de romantisme

HAWK (se couvrant le visage de ses mains pour cacher ses joues et son front rouge fluo séparés par une splendide marque de lunettes blanche): Tu m'aimes?
MOI (me penchant tendrement vers lui pour l'embrasser): Bien sûr que oui. Tu es mon vrai chemin...
MOI (amoureuse mais pragmatique): ...Même si tu pues la Biafine.

[Ceci n'est PAS un poème]

Ce matin en me réveillant
j'ai réalisé qu'on était le 3 mai.
Et que ça faisait donc deux ans tout juste
qu'après une énième nuit passée à pleurer dans le canapé
j'avais annoncé à l'Homme que je m'en allais
puisqu'il ne m'aimait et ne me voyait même plus.

Pendant ces deux ans j'ai découvert
qu'il n'était pas celui qu'il prétendait
et que je n'étais pas non plus celle pour qui il me faisait passer.
Je suis partie loin;
j'ai laissé des impressions d'ailleurs
me distraire de mon chagrin.
J'ai voulu rejouer à l'amour,
une fois pour rien et la deuxième:
- une révélation.
Jour après jour
je suis devenue ce que j'étais depuis le début
et que j'avais étouffé pour le retenir.
L'impression
d'avoir été chassée de ma propre vie
d'errer dans une existence qui n'était pas la mienne
s'est progressivement estompée.
Aujourd'hui je sais
que le second chemin était le bon
celui que j'aurais dû suivre dès le départ.

Et penser à lui
ne me fait plus mal.