jeudi 31 juillet 2008

Food for thought


Je ne suis pas particulièrement portée sur le sucre, mais je ne sais pas résister à un dessert savoureux - surtout s'il mélange une pâte au beurre, une crème pas trop écoeurante et un bon goût de fruits. Je garde ainsi un souvenir ému du monstrueux gâteau au citron mangé à Vienne chez Demel, du strawberry shortcake du Planet Hollywood ou, plus récemment, du délicieux cheesecake au coulis de framboise servi chez Tommy's, à Toulouse.

Parmi mes plaisirs londoniens les plus crapuleux figurait également le strawberry & banana scrunch préparé par un minuscule fast-food végétarien de Neal Street. Mais n'étant pas retournée au Food for Thought depuis 2002, je n'osais espérer qu'il soit encore là dans une ville où les commerces indépendants ont, hélas, bien souvent une durée de vie limitée. Peu à peu, ils sont remplacés par l'une ou l'autre franchise, et toutes les capitales du monde finissent par se ressembler affreusement. Le matin, on prend son café chez Starbucks; on achète ses vêtements chez Gap ou H&M avant d'aller faire le plein de cholestérol au MacDo ou au KFC, et le soir, on va voir un blockbuster américain dans un mégaplex. Quand mondialisation rime avec uniformisation, je trouve ça désolant.

Cette fois, néanmoins, j'ai eu de la chance. Non seulement le Food for Thought était toujours là, mais mon fameux scrunch figurait encore au menu pourtant assez restreint! J'ai commandé, pour l'accompagner, un ragoût espagnol à base de pois chiches, d'aubergines, de tomates, de pommes de terre et de fromage de chèvre - un pur régal -, tandis que Hawk optait pour le tofu aux légumes. Pour une fois, il n'y avait pas la queue dans l'escalier et à travers la moitié de la rue; nous avons même réussi à dénicher une table pour quatre à laquelle personne d'autre n'est venu squatter avant notre départ. Après une matinée de shopping en demi-teinte, ce repas est arrivé à point pour me rasséréner. Si on m'avait dit qu'un jour, la bouffe serait ma principale source de satisfaction lors d'un séjour à Londres, je ne l'aurais pas cru; et pourtant...

mercredi 30 juillet 2008

Postcrossing

Les pays lointains vous font rêver? Vous aimez écrire et recevoir du courrier dans votre boîte aux lettres (la vraie!)? Vous pratiquez une autre langue que le français? Faites comme moi: inscrivez-vous sur le site de Postcrossing! Le principe est très simple: vous vous créez un profil, vous réclamez l'adresse d'un correspondant, vous lui envoyez une carte postale de votre choix comportant un petit message + le numéro d'identification qu'on vous a fourni, et vous attendez la carte postale qu'un autre correspondant va vous envoyer de son côté. Lorsque vous l'avez reçue, vous entrez son numéro d'identification sur le site, qui marque le lieu d'origine sur une mappemonde personnalisée, et vous pouvez recommencer depuis le début! Pour les nouveaux inscrits, il est possible d'avoir jusqu'à 5 cartes en transit simultanément (ce nombre augmente avec l'ancienneté). Je trouve cette idée absolument géniale, et ma première carte est déjà prête à partir pour... le Luxembourg. OK, on peut faire plus exotique :) La prochaine fois sans doute!

PS: Pour les non-Belges, ma carte représente une des neuf boules de l'Atomium, le plus célèbre monument national. (Non, ce n'est pas le Manneken Pis comme tout le monde semble le croire dans ma famille!)

PPS: Ceci est mon 1000ème post sur ce blog. Que de temps passé à raconter ma vie! ^^

"The Dark Knight"

J'ai bouffé des comics de super-héros pendant une bonne douzaine d'années. Jusqu'ici, leurs adaptations au cinéma m'avaient toujours déçue. Les X-Men? Le premier était vaguement regardable, sans plus. Les 4 Fantastiques? Mouah ah ah. Daredevil? J'ai failli m'endormir devant tellement je m'ennuyais. Elektra? J'en aurais pleuré de voir ce qu'ils avaient fait à ma super-héroïne préférée (OK, à égalité avec Shadowcat). La Ligue des Gentlemen Extraordinaires? J'ai passé deux heures à me demander ce que Sean Connery était venu faire dans cette galère. Quant aux précédents Batman, j'avais vu les deux avec Michael Keaton et celui avec Georges Clooney et même si, n'ayant jamais lu la série, je ne pouvais crier à la trahison, ils ne m'avaient pas franchement laissé un souvenir impérissable. Mais depuis des mois que j'entendais parler de la performance inouïe de Heath Ledger dans "The Dark Knight" et de la noirceur globale du film, ça avait fini par m'intriguer. Comme Hawk mourait d'envie de le voir, hier soir à 20h05 (ou plutôt 20h15, car nous n'avions pas vu passer le temps pendant notre dîner chez Exki), nous avons été nous mettre au frais dans la grande salle de l'UGC Toison d'Or pendant les 2h20 que dure le film.

Oui, ce 5ème opus de la série des Batman est d'une noirceur absolue. Il ne se résoud pas à sacrifier des enfants (un des grands tabous du cinéma américain), et ses scènes de violence bien que nombreuses ne sombrent jamais dans le gore - encore que la vision d'Harvey Two-Face m'ait donné des frissons de dégoût. Mais de bout en bout, il dégage une atmosphère de morne fatalité, comme si malgré tous les efforts de quelques hommes profondément bons, la ville de Gotham était condamnée à vivre sous un règne de crime et de terreur. Les tragédies s'enchaînent, de plus en plus choquantes, et bien loin de se conclure par une lueur d'espoir, le film s'achève sur une note sombrissime, donnant l'impression que ses protagonistes s'enfoncent irrémédiablement dans les ténèbres.

Les acteurs sont tous remarquables. Loin du bouffon grotesque interprété par Jack Nicholson, Heath Ledger campe un Joker halluciné, une machiavélique et effrayante incarnation de la notion de chaos. Il sera extrêmement difficile de lui succéder. Christian Bale est un homme chauve-souris tourmenté à souhait, bien plus crédible que tous ses illustres prédécesseurs. Gary Oldman prouve une fois de plus son talent en nous émouvant avec un personnage qui, confié à un autre acteur, aurait facilement pu devenir fallot. Aaron Eckhart se tire à merveille de son rôle de chevalier blanc déchu. Maggie Gyllenhall, seule femme du casting, joue les demoiselles en détresse sans mièvrerie. Morgan Freeman, délectable en Q black, hérite de la plupart des (rares) traits d'humour du scénario.

Bref, aussi incroyable que ça puisse paraître, "The Dark Knight" est un film que je recommanderais même aux non-amateurs de héros encapés pourvu qu'ils aiment les drames bien ficelés.

mardi 29 juillet 2008

"Street & Studio" à la Tate Modern Gallery

J'aime l'art moderne et notamment la photo ; aussi, quand Hawk a exprimé son envie d'aller voir cette exposition à la Tate Modern Gallery où je n'avais jamais mis les pieds, il ne lui a pas été très difficile de me convaincre de le suivre.

"Street & Studio: an urban history of photography" rassemble des oeuvres d'une multitude d'artistes: certains très connus, comme Helmut Newton, Henri Cartier-Bresson, Diane Arbus, Richard Avedon, Cecil Beaton, Cindy Sherman ou Nobuyoshi Araki; d'autres dont je n'avais jamais entendu parler. Elle vise à "explorer le portrait urbain à travers le développement parallèle de ses deux sites les plus importants: la rue et le studio", et à mettre en évidence "le dialogue continuel entre eux depuis le début du XXème siècle jusqu'à aujourd'hui".

Programme ambitieux. Trop, peut-être. Personnellement, je n'y ai vu qu'une collection hétéroclite de clichés d'un intérêt variable, sans lien apparent entre eux. J'ai été frappée par le contraste entre les deux types dominants de portraits en studio: les "gueules cassées", personnages abîmés par la vie exerçant une fascination presque morbide sur le spectateur, et les aristocrates ou les stars de cinéma, mises en scène avec une débauche d'artifices. En réalité, bien que plusieurs photos aient retenu mon attention, je n'ai eu de véritable coup de coeur que pour une seule d'entre elles, oeuvre d'un certain Giorgio Sommer baptisée "Mangiatori di maccheroni" ("Les mangeurs de macaroni"):



J'aime son côté bon vivant exagéré, presque grotesque, qui tranche très fort avec le sérieux du noir et blanc.

L'exposition se conclut, dans la dernière de ses onze salles, par une projection vidéo montrant des adolescents de Liverpool qui se tortillent devant une caméra avant de sortir danser en boîte. La vacuité de leur expression, la vulgarité de leur tenue, cette gamine de treize ou quatorze ans buvant de la bière au goulot avec un air bovin sur fond de musique techno: je me suis dit que le monde avait décidément bien changé en un petit siècle, et pas seulement du point de vue des moyens techniques utilisés pour en fixer des images...

lundi 28 juillet 2008

"Stomp" au New Ambassadors

C'est une comédie musicale sans scénario, sans paroles, sans instruments, sans costumes et quasiment sans décors. Pourtant, "Stomp" enthousiasme son public depuis maintenant 17 ans.

La première fois que j'en ai entendu parler, c'était par Shawn qui mourait d'envie de le voir. "Mmmh ça consiste en quoi?" avais-je demandé. "C'est des gens qui font de la musique en tapant sur des poubelles". Autant dire que sa réponse ne m'avait pas convaincue. D'ailleurs, au final, nous avions été voir "Cats". J'en rêvais depuis des années, et au deuxième rang de l'orchestre dans une salle de Broadway, j'ai passé une de meilleures soirées de ma vie malgré la fatigue due au décalage horaire et au fait que je n'avais pas dormi la nuit précédente.

Puis j'ai oublié "Stomp" jusqu'à ce que Hawk et moi commencions à préparer notre récent week-end à Londres. De tous les spectacles à l'affiche dans le West End, celui qui le tentait le plus était "Spamalot"; celui qui me tentait le plus était "Wicked". Il a fallu faire un compromis. Le fait que "Stomp" soit toujours à l'affiche onze ans après mon séjour aux USA m'a intriguée. Et puis les critiques étaient dithyrambiques. Nous nous sommes mis d'accord: si nous trouvions des tickets pas trop chers aux kiosques de Leicester Square, nous irions voir "Stomp".

Tickets nous avons trouvés. Pour vendredi soir, à £24.50 (plus £2 pour les frais de carte de crédit) au lieu de £45 par personne. Un peu avant 20h, après avoir galéré un chouïa pour trouver le New Ambassadors, nous avons donc pris place dans une salle très petite: à vue de nez, environ 400 personnes entre le parterre et le balcon. Et le spectacle a commencé.

"Stomp", ce sont donc huit artistes - musiciens, danseurs et comédiens à divers degrés - qui font des percussions avec des objets du quotidien: balais, boîtes d'allumettes, briquets, poubelles, tuyaux en plastique, scies à dents, éviers... Ils sont habillés comme des clodos; ils ne s'expriment que par onomatopées, et c'est absolument formidable. D'abord, la performance musicale est remarquable (et pas du tout ennuyeuse ni répétitive comme je le craignais). Le public est régulièrement invité à participer, surtout dans le final, et il s'exécute avec enthousiasme. Ensuite, la mise en scène met en valeur les points forts de chacun des performers et fait admirablement ressortir leur personnalité individuelle. L'un d'eux, apparemment très en-dessous du niveau des autres, sert de bouc émissaire à ses camarades et d'élément comique tout au long du spectacle. J'ai ri à m'en faire mal au ventre, et tout le reste de la salle avec moi.

En sortant du New Ambassadors, je pensais à la surenchère de décors, de costumes et de lumières qui caractérise les comédies musicales de ces dernières années - ou, plus simplement, à la débauche d'effets spéciaux qui, dans les films d'action, sert souvent à masquer l'indigence du scénario. "Stomp" prouve qu'il est possible de faire de l'art (et du bon) avec des moyens extrêmement limités. A condition, évidemment, d'avoir un minimum de talent.

dimanche 27 juillet 2008

Hard Rock Café London vs. Rose & Crown

Une visite à Londres ne pouvait être complète sans un passage au Hard Rock Café - the original one, celui où tout a commencé en 1971 quand Eric Clapton a fait cadeau de sa guitare au propriétaire du pub dans lequel il était toujours fourré afin de réserver "sa" table à l'année. J'y étais déjà allée une fois, en février 1993, lors de mon premier séjour à Londres, avec Denis, Rémi et le reste de la bande chez qui je squattais pendant quinze jours.

Sur les photos de la soirée (bien avant l'ère du numérique), j'ai les cheveux noirs et une coupe à la Louise Brooks que je venais d'adopter après un passage chez le coiffeur de Topshop, où j'avais sacrifié en une fois l'immense chevelure qui me tombait dans les reins. Autour du cou, je porte un ruban de satin noir sur lequel est cousu une ankh en argent. Je suis en plein dans ma période goth.

Quinze ans plus tard, je reviens au Hard Rock Café originel avec des cheveux roux, un bête jean et des Converse. Ouais, on change. Mon sens de l'orientation ne s'est pas amélioré, cependant, et je ne me souviens pas du chemin - juste du fait que le resto se trouve derrière Buckingham Palace. Mais j'ai l'adresse et un plan, ça devrait suffire, non?

Ben, non. Hawk et moi passons une première fois dans Old Park Lane sans trouver de numéro supérieur au 17 alors que le HRC est censé se trouver au 150. Un aimable chauffeur de taxi nous renvoie dans la direction que nous venons d'explorer, et cette fois, en cherchant bien, nous découvrons... Ca.


Gni? OK, c'est le tout premier HRC et il n'a pas forcément le côté grandiose des établissements franchisés qui ont suivi, mais quand même! Dans mes souvenirs, il faisait face à la Tamise et il avait une vraie devanture... Au bout d'un couloir obscur, nous nous heurtons à une porte vitrée verrouillée. Pourtant, il est 13h; l'intérieur est allumé et on entend de la musique. Etrange.

Finalement, c'est un jeune couple de clients potentiels qui nous donne la solution de l'énigme: la véritable entrée se trouve dans l'avenue perpendiculaire. Et elle est bien fidèle à l'image que j'en avais gardée, à un détail près: la foule massée devant. "Une heure dix d'attente", nous annonce l'hôtesse - un gros rouquin barbu. Je suis dépitée. "Et si on veut juste boire un verre au bar?" "Dans ce cas, vous pouvez y aller".

Nous entrons. L'intérieur a été refait; je trouve le nouvel aménagement limite claustrophobique. Le resto est minuscule comparé à tous les autres HRC que j'ai visités ces quinze dernières années; c'est à peine si on peut circuler entre les tables, et les différents niveaux accentuent encore l'exiguïté des lieux. Nous ressortons aussi sec.

Je me dis: "Tant pis, je vais me consoler en faisant une razzia à la boutique". Erreur. Car devant le Rock Shop voisin, il y a, tenez-vous bien, une file d'attente d'une bonne centaine de mètres sur le trottoir. Faire la queue pour entrer dans un magasin: même pour moi, c'est un concept nouveau. Je pensais que ça n'existait que dans les pays en guerre ou récemment convertis au capitalisme.

La faim monte. La mauvaise humeur aussi. Par chance, juste à côté du HRC, il y a le Rose & Crown, un de ces pubs anglais où je déplorais n'avoir pas le temps d'aller durant ce séjour.


Nous déjeunerons donc là: bangers and mash pour moi (des saucisses un peu grillées sur de la purée maison arrosée d'une sauce à l'oignon rouge), fish and chips pour Hawk, avec une demi-pinte de cidre et de la limonade pour arroser le tout. Cadre traditionnel, personnel affable, nourriture délicieuse et roborrative: que demander de plus? Peut-être que la queue devant le Rock Shop se soit résorbée le temps que nous terminions notre déjeuner.

Hélas, mes voeux n'ont pas été exaucés. La frustration (et la main anatomique acquise par Hawk lors de notre passage à la Tate Modern Gallery) m'inspire cette photo vengeresse.


Hard Rock Café London: 0 - Rose & Crown: 1

jeudi 24 juillet 2008

Le mot de la faim

HAWK (s'adressant à Copernique): Ben comment ça se fait que t'as de la viande sur le dos ?
MOI (à Hawk): Hier en cuisinant, tu as bien réussi à te mettre de la sauce au saté sur l'oreille... Elle aura voulu faire comme Papa.

Londres, enfin!

Le boulot est fini. (Enfin, j'ai rabioté 5 pages sur ma ration quotidienne, mais je me rattraperai pendant le mois prochain qui devrait être exclusivement studieux.)
Les antibiotiques prescrits par le véto sont achetés, et nous avons donné la clé de l'appartement à Sophie la Sauveuse qui tiendra compagnie aux chats demain soir.
Le panier à linge sale est était vide avant que je fasse le tri parmi les innombrables fringues à moi entassées sur la rambarde de la mezzanine.
Le colis de fournitures de scrap en souffrance chez Taxipost a été récupéré. Le livreur habituel (celui qui tire toujours la tronche et ne connaît que trois mots de français: "dix euros" et "signature") doit être en vacances; son remplaçant est si jovial que j'espère qu'il ne rentrera jamais.
Ce matin, Chouchou est allé chercher nos billets d'Eurostar. Nous partons à 6h59 et il faut être à la gare une demi-heure avant pour le check-in. Glups. Mes vacances m'auront décidément jetée hors du lit à des heures indues cet été.
Je viens de faire mes bagages. Objectif: le plus léger possible pour ne passer à l'hôtel qu'en fin d'après-midi. Dans mon petit sac à dos Nike rouge, il y a donc: un parapluie pliant (la météo prédit 23 à 27° pour les jours qui viennent, mais le climat anglais est farceur); un caraco pour la nuit, une culotte et une paire de chaussettes propres (pas de T-shirt de rechange ni de gilet car je compte faire une razzia chez Topshop dès mon arrivée); un sac de sport vide pour le shopping du retour; mon appareil photo; mon indispensable journal de voyage avec adresses, plans, stations de métro les plus proches, etc; ma carte d'identité, ma carte bleue, ma carte de la STIB, un peu de cash; mes médocs, ma brosse à dents, un tube de dentifrice, une lingette démaquillante individuelle, un peu de crème teintée dans un pot minuscule. Point.
Nous peaufinons le programme des deux jours à venir.
Vendredi sera consacré à mes magasins incontournables: Topshop, donc, mais aussi Paperchase (pour la papeterie), Forbidden Planet (pour les comics et les goodies fantasy/SF/ciné), The Tea House (qui vend de superbes théières en céramique anglaise et où j'ai déjà acheté plusieurs modèles de mon envahissante collection) et le méga-Waterstone de Picadilly Circus pour Chouchou (je me laisserai peut-être également tenter par quelques bouquins; tout dépendra si je suis déjà chargée comme une mule à ce stade, mais je ne me fais pas beaucoup d'illusions!). Entre-temps, nous aurons je l'espère pu goûter chez Fortnum & Mason et récupérer des places pour une comédie musicale le soir. Sinon, nous prendrons le temps de dîner dans un des restos indiens de Bayswater et de traîner dans le centre commercial Whiteleys jusqu'à sa fermeture tardive.
Samedi matin, nous irons explorer la Tate Gallery avant de nous diriger vers le Hard Rock Café pour un déjeuner probablement tardif (et une razzia à la boutique attenante, of course!). Nous hésitons encore sur l'activité culturelle et/ou touristique qui pourrait occuper le reste de notre après-midi. Retour par l'Eurostar de 19h34. Dimanche nous trouvera sûrement en train de trier nos centaines de photos et de bloguer fiévreusement nos impressions.

mercredi 23 juillet 2008

Journée à jeter

Alors que je suis déjà stressée à mort parce que nous nous sommes levés honteusement tard ce matin, que je croule sous le boulot et que je dois ramener Copernique chez le véto à 17h30, le propriétaire de l'appartement, qui compte vendre, téléphone à Hawk pour l'informer qu'il débarque à 18h00 avec vingt acheteurs potentiels. Il rouspète en apprenant que nous ne serons pas là avant 18h30, mais accepte de nous attendre (de toute façon, il n'a pas vraiment le choix). Le ménage n'est pas fait, le rangement non plus, mais après tout je ne brigue pas le prix de la Fée du Logis 2008. Fin des visites à 20h, ce qui signifie que notre soirée est bousillée d'avance puisqu'il nous restera encore une heure chacun de Wii Fit à caser. Et voilà qu'au moment où je me remets à bosser après le déjeuner, un olibrius décide de tester (looonguement) son alarme de bagnole dans ma rue. Aaaaaaaargh.

mardi 22 juillet 2008

Shanalogic

Site marchand découvert grâce à un post d'Anne-So dans son blog "Cachemire et soie" (que je vous recommande chaudement pour sa plume toute en élégance subtile et la beauté délicate de ses photos), Shanalogic vend un tas de babioles girly-cute ou punk-rock absolument craquantes, ayant pour point commun d'avoir été fabriquées par des artisans indépendants. C'est un super moyen de soutenir de petits créateurs tout en s'offrant des choses jolies, originales et pas chères.

Exemple: cette robe-tunique hippocampe gris anthracite, qui m'a coûté à peine $30. En plus, le S me va impec (les marques américaines taillent toujours grand), ce qui est excellent pour mon moral. Elle est toute légère, super portée sur un jean avec des sandales compensées, et elle existe dans plein d'autres motifs: clés, lapin, colibris, corbeau, etc.

Comme prévu, Chouchou me trouve craquante dans mon T-shirt coeur qui hésite entre le gore et la mignonnitude avec sa couleur Malabar et ses manches princesse. Pour $18, je n'allais certainement pas me priver de son sourire ravi quand je l'ai essayé devant lui. My work here is done :)

Le mug, j'en cherchais un grand depuis que la anse de mon Mademoiselle Héloïse s'est fendue, il y a plusieurs mois déjà. Ce modèle illustré de têtes de mort gribouillées me ravit. Je l'ai pris violet à l'intérieur, mais il existe en d'autres couleurs.

Pendentif onigiri, pour la petite touche japonaise. (J'ai déjà dit que je voulais désespérément retourner à Tokyo?) En plus, ça ne se voit pas sur les photos, mais le motif est monté sur un très gros domino absolument ravissant lui aussi, de sorte qu'on peut le porter retourner. Ce qui nous fait deux bijoux pour le prix d'un; elle est pas belle la vie?

Enfin, moi qui suis toujours en train de dresser des listes, j'ai craqué pour cet adorable bloc-notes illustré d'une pieuvre.

Maintenant, j'ai très envie de ce pendentif et de celui-là... Si l'un de vous meurt d'envie de me faire un cadeau, qu'il n'hésite pas :)

PS: Shanalogic est assorti d'un blog dans lequel sont publiées les photos des clients satisfaits portant leurs achats. Chouette idée, je trouve; d'ailleurs, il n'est pas impossible que je leur envoie une de celles que Chouchou a prises de moi avec mon T-shirt coeur.

PS2: Il va sans dire que ce post n'est en aucun cas sponsorisé. Je ne suis pas une de ces "blogueuses influentes" à qui on propose plusieurs centaines d'euros pour rédiger un article promotionnel de quelques dizaines de lignes. Et même si je l'étais, j'aime à croire que je n'accepterais de parler que de choses qui me plaisent vraiment.

PS3: Hum. D'un autre côté, ça dépendrait sans doute de l'état de mes finances comparé au nombre de modèles que je convoite dans la dernière collection Chie Mihara.

PS4: En fait, c'est aussi bien que je ne sois pas une blogueuse influente, parce que je tarderais pas à virer Alain Delon au Japon.

PS5: A ce propos, j'ai déjà mentionné que je mourais d'envie de retourner à Tokyo?

lundi 21 juillet 2008

Je vis avec un comique

Quand je lui demande de rajouter de l'essuie-tout sur la liste des courses,
voilà ce que ça donne...


dimanche 20 juillet 2008

Copernique est malade

Hier en début d'après-midi, alors que nous émergions péniblement de notre sieste réparatrice, Hawk m'a signalé sur un ton inquiet qu'on sentait tous les os de Copernique à travers sa fourrure. Je l'ai palpée: en effet, elle était décharnée. Ses vertèbres et ses côtes saillaient de manière effrayante, alors qu'en temps normal elle est plutôt du genre grassouillet. A bien y réfléchir, elle n'avait quasiment pas réagi à notre arrivée et semblait apathique depuis lors. Deux explications potentielles m'ont surgi à l'esprit: un très gros coup de stress dû à notre absence et à la privation de vrais contacts humains pendant dix jours, ou une maladie foudroyante genre cancer. Le fait qu'elle m'ait déjà fait une dermite nerveuse lors de mes vacances de Noël il y a quelques années, couplé à l'appétit honorable avec lequel elle a attaqué la petite boîte de viande que je lui ai aussitôt ouverte, m'ont poussée à croire que la première hypothèse était la bonne.

Je restais tout de même très inquiète et ne voulais pas attendre mardi pour l'emmener chez le véto (demain, c'est la fête nationale en Belgique). J'ai donc cherché le nom du praticien de garde ce dimanche, et Hawk et moi y avons emmené Copernique à l'instant. C'était un monsieur d'un certain âge, basé dans les beaux quartiers et infiniment plus rassurant que l'allumée à qui je m'étais adressée quand Scarlett avait eu un problème en novembre. La bonne nouvelle, c'est que Copernique n'a pas de température et ne présente à première vue aucun symptôme alarmant hormis sa spectaculaire perte de poids. Le véto pense comme moi qu'elle a cessé de s'alimenter en réaction à notre absence; il a tout de même suggéré une prise de sang pour vérifier qu'il n'y avait pas de problème caché. Résultat demain ou après-demain, selon que le labo d'analyses bosse les jours fériés ou pas. En attendant, il lui a fait une injection pour doper son métabolisme et accélérer sa récupération. J'espère que ça suffira - d'autant qu'on part encore deux jours en fin de semaine...

samedi 19 juillet 2008

Toulouse, juillet 2008

Bourdon

Le réveil a sonné tout à l'heure à 4h20. Je m'étais couchée vers 1h30 et avais passé les deux heures suivantes à pleurer dans le noir; du coup je n'étais pas encore entrée dans ma phase de sommeil profond et j'ai réussi à me tirer du lit sans trop de difficulté - renfilé les vêtements de la veille, bu un thé vite fait, bouclé la valise: tant pis pour la douche et le reste, nous nous en occuperons à notre arrivée à Bruxelles. Soeur Cadette voulait se lever pour nous dire au revoir, mais apparemment elle pionce du sommeil du juste (ou en tout cas, de l'analyste financière qui bossait encore quatre jours après le début de ses vacances officielles). Dans le fond, j'aime autant; ça m'évite des adieux potentiellement pathétiques.

Le voyage se déroule sans histoire; dans l'avion à la clim réglée sur une température arctique, je somnole sous une couverture aimablement fournie par Brussels Airlines. En plus d'être crevée, j'ai un affreux mal de ventre d'origine indéterminée. Système digestif gravement perturbé par les excès alimentaires de la semaine, mauvaise période du mois, sommatisation, manque de sommeil: ce ne sont pas les causes potentielles qui manquent. A l'aéroport de Zaventem, nous mettons une demi-heure à récupérer notre valise. Dehors, il fait gris, froid et pluvieux. Le 71 nous passe sous le nez au moment où nous sortons de la gare centrale - pourquoi changer les bonnes vieilles habitudes?

En arrivant chez nous, nous découvrons que le voisin auquel nous avons confié la garde des chats a réussi à les maintenir en vie pendant dix jours. Toute la semaine, j'ai eu des visions cauchemardesques de Scarlett et Copernique gisant mortes de soif sur le tapis du salon. Apparemment, il les a nourries et abreuvées, mais guère plus. L'appartement est un champ de bataille: une grosse demi-douzaine de crottes devant le bac à litière, quelques vomis artistiquement disposés sur le lino et le tapis, un autre vomi et surtout trois énormes pipis sur le canapé. Or, il n'y a rien de plus tenace que l'odeur de l'urine de chat. Nous voulions nous écrouler sur notre lit; nous devons commencer par faire le ménage et descendre le futon saccagé sur le palier de l'entresol en attendant le prochain passage des éboueurs. Cheers.

vendredi 18 juillet 2008

"Kung Fu Panda"

Hawk et moi aurions aimé le voir en V.O. ("En vélo? Pourquoi vous vouliez le voir en vélo?" s'est étonné Attila lorsque nous le lui avons dit.) Manque de bol, toutes les grandes salles bruxelloises ne le passent qu'en V.F. Itou les salles toulousaines quelle que soit leur taille. Confrontés à l'alternative "ne pas voir Kung Fu Panda" ou "voir Kung Fu Panda en V.F.", nous avons opté pour la deuxième solution en pensant que ça ferait une sortie familiale sympa. C'est donc avec Soeur Cadette, David et Attila que nous nous sommes rendus hier après-midi au Gaumont de Labège pour la séance de 15h50, après avoir engrangé encore quelques milliers de calories dans une excellente pizzeria de Balma. (Les tulipes à la mousse chocolat blanc/citron vert étaient une tuerie, mais la Wii Fit nous les fera payer cher la semaine prochaine!)

Honnêtement, je ne peux pas dire que "Kung Fu Panda" soit au niveau de "Wall-E", le chef d'oeuvre d'animation de l'été 2008, ne serait-ce que parce qu'il est beaucoup plus superficiel dans le choix des thèmes et leur traitement. De toute évidence, il vise un public très jeune - Attila a ri comme une baleine pendant l'essentiel de la séance. Cela dit, nous les adultes n'étions pas en reste. Et pour une fois, comme l'a fait remarquer David, on nous a épargnés les références envahissantes à la pop-culture américaine. "Kung Fu Panda" ne m'a ni interpelée ni émue, et il ne restera pas dans les annales de mes grandes expériences cinématographiques, mais il m'a fait passer un très agréable moment de détente et c'est tout ce que je lui demandais.

jeudi 17 juillet 2008

Le repas-fromage


1 - Brécou (brebis) *****
2 - Palet de Lespinasse (chèvre) *
3 - Emmental de roche (vache) ****
4 - Reblochon (vache) ****
5 - Saint-Marcellin (vache) ****
6 - Tommette des Corbières (brebis) *****
7 - Brie de Meaux (vache)
8 - Salers de garde (vache) ****
9 - Trou du Cru (vache) **
10 - Boulette d'Avesnes (vache) *
11 - Fourme de Montbrisson (vache) *****
12 - Roquefort ( brebis) ****

Un plateau de fromages préparé par le meilleur affineur de Toulouse. Un bon pain rustique avec une croûte craquante et une mie dense. Un petit Gaillac rouge dans un joli verre à pied. Une soirée agréablement tiède sur une terrasse à la vue dégagée. Une famille rassemblée autour d'une grande table en tek.

Le bonheur, c'est simple comme un repas à huit mille calories.

mardi 15 juillet 2008

Blonditude runs in the family

La scène se passe dans la cour intérieure d'un restaurant de la cité médiévale de Carcassonne. Attila, 7 ans, a jacassé tout l'après-midi et les quatre adultes qui l'accompagnent commencent à être légèrement soûlés. Ses parents menacent de lui retirer 10 centimes de sa tirelire pour chaque mot supplémentaire qu'il prononcera. Au bout de quelques minutes, Attila se trémousse sur sa chaise avec un air si misérable qu'ils lui accordent cinq mots gratuits.
ATTILA, scandalisé par leur radinerie: Cinq mots?!?
SA MERE, impitoyable: Ah, ben tu viens déjà d'en gaspiller deux.
SON PERE, comptable de métier: Ouais, du coup, il ne t'en reste plus que quatre.

Feu d'artifice du 14 juillet à Carcassonne


Une heure et demie d'attente sur le Pont-Neuf au milieu d'une foule de plus en plus dense - d'abord assis, puis debout lorsque nous en avons marre de nous faire piétiner par des gens qui ignorent l'usage du mot "pardon". Attila joue au casse-briques 3D sur l'iPod nano de Hawk; je bouquine jusqu'à ce que la lumière devienne vraiment trop faible; Soeur Cadette regrette à voix haute (et en ne plaisantant qu'à demi) de ne pas avoir emmené son ordinateur portable pour bosser un peu; Hawk photographie la foule et David nous a depuis longtemps faussé compagnie pour gagner un endroit qu'il estime mieux situé.

Vers 22h30, enfin, les dernières traces d'indigo disparaissent à l'horizon derrière nous, et les premières fusées jaillissent dans l'obscurité qui recouvre la cité médiévale. Un choeur d'exclamations émerveillées s'élève dans leur sillage. Des pissenlits rouges font pleuvoir leurs pétales sur nous; des saules pleureurs vert vif inclinent leurs branches au bout desquelles fleurissent des étincelles jaunes et bleues pareilles à des boules de Noël; des comètes jaunes traversent le ciel en se tortillant ainsi que des serpents électriques; des nuages de particules d'or explosent au-dessus de nos têtes; des ellipses imbriquées viennent encadrer la lune presque pleine, dessinant le logo d'une fédération spatiale imaginaire; des cascades d'étincelles violettes et argentées se déversent le long des remparts. Au milieu de tout ça, une épaisse fumée envahit la cité dont les murs se mettent à rougeoyer, comme rongés de l'intérieur par des braises ardentes. Pendant le bouquet final, chacune des détonations qui se succèdent en rafale élargit un peu plus mon sourire jusqu'à ce que j'aie l'impression d'avoir le visage fendu d'une oreille à l'autre. L'espace d'une minute, une extraordinaire débauche d'étincelles multicolores fait reculer la nuit.

dimanche 13 juillet 2008

"The end of Mr. Y"


De Scarlett Thomas, j'avais précédemment lu "Bright young things", sorte de "Dix petits nègres" revisité à la sauce "Loft Story" dont la conclusion en queue de poisson m'avait un peu laissée sur ma faim, et "Going out" sur le road trip d'un ado allergique à la lumière qui n'était jusqu'alors jamais sorti de sa chambre. Je n'avais pas terminé le second, mais je devais reconnaître à l'auteur une imagination fertile et un style efficace à défaut d'être très travaillé. Il y a quelques mois, la couverture de "The end of Mr. Y" et sa tranche noire ont attiré mon attention lors d'une visite chez Cook & Book. Comme il ne faisait pas partie de mes priorités de lecture, j'ai attendu un peu avant de l'attaquer. Mais dès que je m'y suis mise, j'ai eu beaucoup, beaucoup de mal à le lâcher avant la fin.

Ariel Manto, jeune femme au passé agité et au comportement auto-destructeur, prépare une thèse sur les expériences de la pensée. Un jour, elle découvre dans une bouquinerie le dernier ouvrage soi-disant maudit d'un obscur auteur qui la fascine. Le héros de ce livre, que la préface présente à demi-mot comme la fictionnalisation de faits réels, voyage dans une dimension qu'il appelle la troposphère, et par l'intermédiaire de laquelle il peut entrer dans la tête d'autrui - devenir en quelque sorte un passager clandestin dans l'esprit des gens qui l'entourent. Bien entendu, la curiosité d'Ariel la pousse à tenter de reproduire l'expérience. Le résultat est assez vite concluant, et la jeune femme se retrouve accro à la troposphère dont elle explore avidement les règles et les limites. Mais pendant qu'elle lâche prise sur sa vie dans le monde réel, elle réalise que des individus peu recommandables sont sur sa trace - prêts à tout pour récupérer le livre maudit.

"The end of Mr. Y" est un roman inclassable qui réussit à mélanger avec bonheur science-fiction et esotérisme, références littéraires et physique (bien) vulgarisée, avec une pincée de sexe déviant pour relever le tout. J'ai adoré son héroïne atypique et son scénario imprévisible jusqu'à la fin. Il est disponible en français sous le titre "La fin des mystères".

jeudi 10 juillet 2008

Départ en vacances

Voilà, on s'en vaaaaaa! Pour me mettre en jambes, la dernière chose que j'ai faite avant de partir, c'est scrapper les photos de la balade en avion que David m'avait emmenée faire en juillet 2005 (je sais: il était temps!). L'avant-dernière chose, c'est aller chez Tom&Co acheter de la litière et des croquettes histoire que le voisin, qui a accepté de garder les chats en notre absence, ne tombe pas en panne avant notre retour. 200 mètres en tongs sous une pluie battante. Je crois que c'est bien que je quitte la Belgique quelque temps avant de virer neurasthénique.

En vrac, projets pour les dix jours à venir:
- remanier le layout de ce blog
- faire les soldes à Toulouse
- goûter et/ou bruncher chez Bapz
- cuisiner pour ma famille
- prendre pleiiiiiin de photos de mes neveux
- jouer à Boom Blox à quatre
- manger du chevreuil chez mes parents
- "descendre" deux ou trois romans

A tout de suite depuis le Sud-Ouest de la France!

mercredi 9 juillet 2008

Avant de dormir

Il est allongé sur le lit, à plat ventre par-dessus la couette, deux oreillers calés sous la poitrine. L'air concentré, il dessine. Sa main gauche est posée sur un guide qu'elle maintient ouvert, tandis que la droite esquisse des formes et des reliefs avec application. Derrière ses petites lunettes rondes à monture métallique, son regard fait la navette entre son modèle et le carnet Moleskine sur lequel il le reproduit. Quelques instruments sont éparpillés autour de lui sur le drap-housse: une gomme au bout arrondi, un gros taille-crayon noir et orange, un double décimètre en plastique, une boîte métallique bleue contenant un assortiment de crayons à papier. Parfois, il range soigneusement celui qu'il vient d'utiliser et en choisit un autre, avec une mine plus large ou plus fine. Il appuie sur une de ses extrémités pour que l'autre se soulève et qu'il puisse le saisir plus facilement.
Assise à côté de lui, un peu avachie sur les deux oreillers que j'ai disposés contre le mur, je lis. Je suis comme toujours très absorbée par mon bouquin, mais de temps en temps, je lève la tête et je le regarde. La lumière basse de la chambre met joliment en valeur la courbe de ses fesses nues et la ligne de ses cuisses musclées. Une immense tendresse m'envahit. J'ai trouvé ma place et je suis en paix.

mardi 8 juillet 2008

Louise High Heels


A l'occasion du premier dimanche des soldes, une course d'un genre un peu particulier avait lieu avant-hier dans l'avenue Louise: il s'agissait de sprinter sur cent mètres avec des talons aiguille (minimum 7 cm de haut, maximum 1,5 cm de large) pour remporter 10 000 euros de shopping. L'idée d'y participer m'avait vaguement effleurée - je crois l'avoir déjà dit ici, je ne suis jamais la dernière quand il s'agit de faire une connerie -, mais je craignais la cohue; et surtout, même avec des baskets aux pieds, ma célérité n'est guère supérieure à celle d'une limace neurasthénique. Néanmoins, je trouvais l'idée amusante et potentiellement génératrice de photos sympa. Hawk et moi avons donc été faire un tour sur les lieux pour assister à l'événement.

Là, nous avons été assez surpris de voir une foule de manifestants anti-sexisme qui brandissaient tout un tas de pancartes furibardes. J'avoue que leur revendication m'a laissée perplexe. Pour moi, le sexisme, c'est quand on fait subir un préjugé ou qu'on cause du tort à quelqu'un en raison de son sexe. Pas quand la personne en question choisit, sans y avoir été obligée, d'adopter un comportement stéréotypé.

Sur son site internet, l'association Respire dénonce, je cite: "les caractères humiliant, sexiste, consumériste et normatif de cet évènement". Humiliant? Chacun est libre de se ridiculiser en se tordant les chevilles sur un tapis rouge s'il en a envie. Consumériste? Pfff, si on veut dénoncer le consumérisme, c'est aux fondements même de la société occidentale qu'il faut s'attaquer - pas à une poignée de commerçants qui cherchent, de manière somme toute assez légitime, à se faire de la pub, et à quelques filles assez joueuses pour tenter de profiter de l'occasion. Normatif? Alors là, je me marre vraiment. Il y a bien longtemps que l'immense majorité de mes consoeurs a remisé ses escarpins au placard pour cavaler confortablement chaussée de baskets, de ballerines ou, à la limite, de sandales compensées pour allier surélévation et stabilité.

Et puis surtout, autant je trouve louable de se battre pour que les gens ne soient pas obligés de se conformer à une norme quelconque et puissent exprimer leur individualité de toute manière ne nuisant pas à autrui, autant se battre pour les forcer à renoncer à une norme - et donc, développer une norme opposée ! -, c'est juste la forme bien-pensante du fascisme. Même si, dans nos riches pays d'Europe, nous avons théoriquement obtenu une égalité de droits entre hommes et femmes, il reste encore du boulot pour faire appliquer l'égalité des chances, je suis d'accord. Se battre pour abolir le fameux "plafond de verre" dans l'entreprise, par exemple, me paraît une cause digne d'intérêt. Se battre pour empêcher des femmes libres de porter les chaussures de leur choix et de se déplacer avec à la vitesse qui leur sied, ce n'est pas essayer de leur donner plus de droits mais tenter de leur imposer une nouvelle obligation inverse.

lundi 7 juillet 2008

Sondage

Diriez-vous que le bocal ci-contre:

a/ est encore PLEIIIIIIN de Nutella, au moins deux cuillères, on ne va quand même pas gaspiller!

b/ sert de leurre (ou, comme on dit chez moi, de trompe-couillon) pour faire croire que les 50% d'utilisateurs de la cuisine qui sont boulimiques de sucre n'ont pas boulotté tout le Nutella et eu honte d'assumer leur geste en mettant le bocal vide à la poubelle.

"It's not only rock'n'roll baby!"

Le principe était séduisant: rassembler des oeuvres plastiques de musiciens plus ou moins connus ayant choisi de s'exprimer également par le biais de la peinture, de la sculpture, de la photographie, de la vidéo, etc. En plus, je n'avais pas mis les pieds aux Bozar de Bruxelles depuis mon arrivée en Belgique - grave lacune qu'il me fallait combler au plus vite.

...Ou pas.

"Rappelle-moi qui a eu l'idée brillante de venir voir cette expo?" ai-je demandé à Hawk, les sourcils froncés, vers le milieu de notre parcours.

"Toi", m'a-t-il aimablement répondu.

Damned. Même pas moyen de railler lourdement son initiative pour passer ma frustration.

Que dire des oeuvres présentées? Ca va du conceptuel impénétrable (l'installation de Brian Eno) au totalement barré de chez barré (les filles à poil peintes en rouge ou en bleu de Kembra Pfahler), en passant par l'anecdotique sans intérêt (les doodles à l'encre de Devendra Banhart), le pas-mal-mais-pas-transcendant-non-plus (les photos de tournée de Nick Zinner des Yeah Yeah Yeahs), le totalement repompé-sur Araki (le collage de Polaroid de The Kills), le gentiment déjanté (le bazar coloré de Bianca Casady des Cocorosie) et le juste trop laid (les infâmes gribouillis réalisés par Pete Doherty avec son propre sang). Le tout m'est complètement passé au-dessus de la tête. Et qu'aucun petit malin ne s'avise de répliquer que c'est parce que je mesure 1m54 et que je portais des sandales plates.

Lors de notre voyage au Japon, Hawk avait eu cette formule pour définir le curieux mélange de nos intérêts partagés: "Nous sommes rock'n'roll-Totoro-SM". Depuis, nous nous sommes bien calmés sur le SM. Et visiblement, nous sommes devenus trop vieux et trop hors du coup pour comprendre encore quelque chose au rock'n'roll. Reste Totoro. Il sort quand déjà, le dernier Miyazaki?

En fait, la seule chose qui m'ait plu dans "It's not only rock'n'roll baby!", c'est l'installation de Yoko Ono, qui occupe le hall d'entrée. A l'arrivée, j'avais pris ces arbres plantés dans des jardinières-cercueils pour des éléments du décor permanent. Oui mais non. Dans le coin de droite juste avant la sortie se dressaient trois ou quatre yuccas chargés d'étiquettes en bristol blanc sur lesquelles des gens avaient écrit de petits messages colorés. L'explication se trouvait sur une table voisine, à côté de deux boîtes de crayons et d'un bocal plein d'étiquettes vierges. "Brussels wish tree". Je me suis souvenue des plaquettes de voeux en bois suspendues au pied de l'immense arbre qui trône dans la cour du Meiji Jingu, à Tokyo... Charmés, nous avons apporté nos petites pierres étiquettes à l'édifice. Et sommes sortis de là avec l'impression de n'avoir pas totalement perdu notre temps.

dimanche 6 juillet 2008

Brunch d'inauguration de la place Flagey


Ce matin sur la place Flagey, il y avait:

- de nouveaux bancs très design

- un allumé qui se promenait avec un masque à gaz et des grappes de pommes de pin accrochées aux vêtements

- des grappes de ballons colorés un peu partout

- une gentille dame blonde habillée en clown qui faisait des animaux de baudruche pour les enfants

- l'éternel Luis Borges et sa sono, qui semblent assurer l'animation musicale de toutes les fêtes populaires bruxelloises

- un stand de bouffe russe et un autre de bouffe asiatique, la dame de chez Oups (mais ses chaussons étaient beaucoup moins bons que ses soupes et ses salades), un étal Vermeulen (notre fournisseur officiel d'accessoires boulangers), un Zébulon gay qui vendait des bagels délicieux, et à côté de l'éternel Frit'Flagey (le Poulycroc pour le petit dej', ça déchire sa race!), un méchoui vrai de vrai

- plein de familles, de bandes de potes, de couples jeunes et vieux installés aux grandes tables, discutant debout ou déambulant à travers la place baignée par le soleil

...et c'était drôlement sympa. Le genre d'évènement convivial et sans prétention pour lequel j'adore Bruxelles.

Le coup de gueule du week-end

D'habitude, je n'achète pas le Elle pendant l'été: pour cause de collaboratrices en vacances, il fait la moitié de son épaisseur habituelle - mais reste au même prix. L'arnaque. Et puis les articles qui expliquent comment choisir le maillot le plus adapté à sa silhouette, merci bien! Un, je fuis la plage qui est pour moi l'antichambre de l'Enfer. La seule chose au monde que je déteste plus que la chaleur (passé 28°, c'est physique, je suffoque), c'est l'eau de mer diluée dans l'urine de touriste. Deux, mes zones à problèmes, ce sont mes bras et mes jambes; donc l'idéal pour me mettre en valeur, ce serait une paire de gants opéra et des Dim Up gainants en taille 72, histoire qu'ils me remontent bien jusqu'en haut des cuissots. Du coup, les pages shopping sur le thème "50 accessoires hors de prix et impratiques au possible pour être la plus lookée à Saint-Trop" m'émeuvent assez modérément elles aussi.

Mais bon, il m'arrive de faire une exception, et ce fut le cas hier matin pendant que Chouchou et moi procédions au ravitaillement hebdomadaire du frigo chez Delhaize. Il faut savoir que je pars toujours faire les courses avec une liste dressée en fonction des menus de la semaine à venir, sur laquelle les articles sont notés dans l'ordre des rayons. Une fois dans le magasin, je répartis les tâches entre Chouchou et moi pour aller deux fois plus vite. Pendant qu'il collecte les fruits de la semaine, je me charge des légumes, etc etc. A ce rythme-là, nous devrions être ressortis du magasin dans les 17 minutes, attente en caisse comprise. Oui mais voilà: systématiquement, nous faisons une halte au rayon presse où Voici, Closer et Gala me font perdre tout le temps gagné avec ma belle organisation. Enfin au moins, je suis toujours informée sur les choses vraiment importantes qui se passent dans le monde. Il faut parfois savoir sacrifier un peu de ses loisirs pour se cultiver.

Or donc, le Elle de la semaine. En couverture, Monica Bellucci clame: "Si on se plaît, on plaît aux autres". Ben voyons. En même temps, si j'étais foutue comme elle, quelque chose me dit que j'aurais beaucoup, beaucoup moins de mal à me plaire. Et que dans le cas fort improbable où je n'y parviendrais pas, ça n'empêcherait pas les hommes de se métamorphoser en loup de Tex Avery sur mon passage. Loin de moi l'idée que Monica Belluci soit une gourde tout juste capable d'enfoncer des portes ouvertes (la nature étant profondément injuste, elle peut très bien avoir le QI d'Einstein en plus de sa silhouette de bombasse), mais cette phrase serait quand même infiniment plus convaincante dans la bouche d'une fille à physique un peu moins, disons, évident. Ah, pardon, j'oubliais: les rares people de sexe féminin à physique non-évident ne sont jamais conviées à faire la couverture d'Elle. Autant pour moi. Mais bon... c'est un peu comme ces pubs pour des programmes minceur qui montrent un mannequin de 18 kilos et demi en train de se lamenter sur sa cellulite inexistante, ou celles pour des crèmes antirides appliquées par une vieillarde de, oh, au moins 15 ans et demi au visage encore plus lisse que des fesses de bébé. Moi, ça me donne toujours l'impression que les média me prennent grave pour une truite.

Et puis barrant la photo de Monica (en couverture du Elle de cette semaine, toujours), ce titre poignant: "Arrêtez de maigrir: le cri de détresse des hommes". Du pur fichage de gueule. Certes, bien qu'aucun représentant du sexe masculin ne se soit jamais mis à genoux devant moi pour me supplier de prendre du poids, je suis tout à fait prête à accepter l'idée que le mâle moyen préfère une femelle gironde et bonne vivante à une triste planche à pain qui se sent ballonnée après avoir avalé plus de quatre petits pois en vingt-quatre heures. Les rondeurs, c'est plus sensuel, on est bien d'accord. A ce constat, je voudrais tout de même apporter une nuance: si les hommes préfèrent coucher avec des rondes, ils préfèrent sortir et être vus avec des minces (souvent plus jolies habillées et meilleurs symboles de pouvoir). Cela dit, je reconnais que dans l'ensemble, ils semblent bien plus indulgents que nous envers nos kilos superflus et nos bourrelets disgracieux.

Car la pire ennemie de la femme, c'est la femme. Exemple: je suis persuadée que la plupart des modeuses s'habillent bien davantage pour susciter l'approbation et/ou la jalousie de leurs consoeurs que pour séduire le sexe opposé. Vestimentairement parlant, les hommes ont des goûts simplissimes: un joli decolleté, un ourlet de jupe au-dessus du genou, un jean un peu moulant suffisent à les ravir. Et la plupart des fringues hype, loin de les ravir, les plongent dans la perplexité d'un canard qui vient de trouver un grille-pain. La vérité, c'est qu'esthétiquement parlant, au tiercé des gens susceptibles de porter un jugement sévère sur une femme, les hommes n'arrivent qu'en troisième position. En deuxième, on retrouve les autres femmes. Et en tout premier: elle-même.

Il faut dire que nous ne sommes pas aidées par l'hypocrisie des média en général et de la presse féminine en particulier. On ne cesse de nous abreuver d'articles sur le retour à la mode des rondes, et qui nous cite-t-on en exemple? Pas Beth Ditto, même si on loue son talent et son absence de complexes. Mais plutôt Scarlett Johansson - soit un composite gros nichons-cul pommelé assorti d'un ventre plat, de bras fins et de jambes déliées. Et les mannequins des séries de mode continuent de plafonner allègrement à 55 kilos pour 1m78. Dommage pour toutes les lectrices à physique ordinaire qui pensaient pouvoir désormais afficher le petit bidou ou les cuisses vergeturées offertes en cadeau par leurs trois adorables marmots. Pour être esthétiquement correctes, elles ne doivent arborer que des rondeurs localisées. Et, non, pas localisées au niveau de la culotte de cheval ni de la taille.

Je ne sais pas ce qui me met le plus en colère dans tout ça: que les média fassent, depuis des années, un tel bourrage de crâne pour nous convaincre qu'il faut être de plus en plus minces, tout en affirmant parfois le contraire histoire de se prémunir contre toute accusation d'incitation à l'anorexie, ou que même les plus intelligentes d'entre nous se laissent influencer au point de devenir obsédées par trois ou quatre malheureux kilos surnuméraires qu'elles sont les seules à voir, et qui vont leur pourrir toute leur existence d'adulte. Combien de vacances en amoureux à l'autre bout du monde (ou toute autre expérience hautement agréable) pourrait-on s'offrir avec le fric de dingues qu'on dépense en sachets de protéines miracle ou en crèmes amincissantes inefficaces et plus chères que du caviar? Quels exploits ne pourrions-nous accomplir en consacrant à notre boulot, à notre famille, à une passion ou à une grande cause tout le temps et l'énergie que nous perdons à nous lamenter devant notre miroir, à nous tartiner d'anti-rides lissant raffermissant, à chercher la fringue miraculeuse qui nous fera paraître dix kilos plus mince, à nous comparer défavorablement avec les filles des magazines (ou pire, avec nos amies)?

...Je crois que je vais arrêter de lire Elle, c'est pas bon du tout pour ma sérénité intérieure à moi que j'essaie d'avoir.

samedi 5 juillet 2008

"Wall-E"

J'avais tout plein de bonnes raisons de ne pas aller voir ce film: exception faite de l'excellentissime "Ratatouille", je ne suis pas fan des productions Pixar; les histoires de robots dans un monde post-apocalyptique, c'est pas franchement ma tasse d'huile de vidange; et on m'avait dit qu'il n'y avait pas une seule parole pendant les 45 PREMIERES MINUTES.
Mais j'avais une raison encore meilleure d'y aller: Chouchou en crevait d'envie et me jurait sur ses grands dieux que ça allait être génial. Soit.
Au final, "Wall-E" est bien mieux que génial. C'est une oeuvre visionnaire, alarmiste mais ni barbante ni dénuée d'espoir, qui critique intelligemment les travers de la société américaine à grands renforts d'humour percutant et de tendresse jamais mièvre. La scène de parade nuptiale dans l'espace est un petit bijou de poésie cinématographique. Et techniquement, c'est d'une qualité à couper le souffle, même pour moi qui déplore la systématisation de la 3D dans les dessins animés. D'ailleurs la seule chose qui n'ait pas l'air réelle dans "Wall-E", ce sont les humains.
Du rire, de l'émotion, de la virtuosité, un message intelligent: que demander de plus à un film?
Et comme si ça ne suffisait pas, "Wall-E" est précédé d'un bonus inattendu: l'hilarant court métrage d'animation "Presto", dans lequel un magicien et son lapin se livrent un duel de chapeaux communicants. Je ne m'étais pas esclaffée de la sorte depuis bien longtemps.

vendredi 4 juillet 2008

Jamais une sans deux

Hier matin, encore éblouie par mes Chie Mihara toutes neuves, j'ai voulu vérifier qu'on ne pouvait pas les trouver sur le net pour moins cher que ce que je venais de les payer. Idée idiote, me direz-vous, car si la réponse était oui, je n'aurais réussi qu'à me faire du mal sans rien pouvoir changer au montant prélevé par Graphie Sud sur mon compte bancaire. Mais bon, si je n'avais que des idées intelligentes, depuis le temps, ça se saurait. Je rappelle que je suis la fille qui tente de pousser d'une main les piliers en béton hors de son chemin...

Or donc, quand on tape "Chie Mihara" dans Google, un des premiers sites sur lesquels on tombe est Sarenza, encensé par la plupart des blogs de modeuses pour ses prix, son choix et la qualité de son service. J'ai cliqué sur le lien. Ils n'avaient pas le modèle Raouda dont je venais de faire l'acquisition, mais j'ai immédiatement flashé sur ces sandales violettes ajourées, avec leurs deux ou trois centimètres de surélévation parfaits pour me donner l'air un peu moins naine tout en restant portables pendant une randonnée urbaine de plusieurs heures. Soldées à 50%. Il en restait une paire dans ma pointure. Je n'ai pas pu résister. En même temps, si j'ai le moindre regret, Sarenza rembourse intégralement et prend à sa charge les frais de retour en Colissimo - et me laisse cent jours pour changer d'avis. Le rêve. Au passage, le site m'a appris que Chie Mihara était brésilienne - et non pas japonaise comme je le croyais - et orthopédiste de formation, ce qui explique sûrement le confort extrême des pompes qu'elle fabrique.

Bien. Récapitulons tout ce que j'ai fait livrer chez mes parents à Toulouse et que je suis censée rapatrier à Bruxelles le 19 à l'aube blême (cette fois je ne rigole pas, le seul vol pour lequel il restait des places à un tarif abordable ce jour-là décolle de Blagnac à 6h du matin) :
- deux colis de chez Shana Logic (depuis les Etats-Unis, les frais de port sont identiques pour tous les pays d'Europe, mais la douane belge facture 10 euros de frais sur les envois commerciaux, alors qu'en-dessous d'une valeur marchande de 100 euros environ, la douane française laisse filer) contenant un mug, un collier, un bloc-notes, un T-shirt et une tunique.
- la fameuse tunique Shell et la robe Walk de chez Cop Copine finalement dégotées sur eBay 40% moins cher qu'en magasin, et pour lesquelles je n'ai pas voulu payer les frais d'envoi d'un colis de la France vers la Belgique
- la Blythe "Natasha Moore, super espionne" expédiée depuis Hong-Kong (toujours pour éviter les frais de douane)
- deux tenues complètes pour la Blythe sus-nommée
- et donc maintenant, une paire de pompes.

Hum. Chouchou, est-ce qu'on aurait un grand sac de sport qu'on pourrait fourrer vide dans la valise de l'aller?

jeudi 3 juillet 2008

Mission soldes été 2008: c'était hier

Je n'ai pas mis mon portable à sonner, et je me réveille spontanément à 8h26. Alors que les jours où je bosse, impossible d'ouvrir un oeil avant 10h. Mmmh. Faudra que j'aie une petite conversation avec mon subconscient un de ces quatre. Or donc, aujourd'hui, c'est le début des soldes à Bruxelles. J'ai un budget à ne pas dépasser (300 euros), une consigne auto-fournie très stricte ("si ce n'est pas le coup de foudre absolu, si ça ne te va pas parfaitement ou si tu n'as rien avec quoi le porter, tu le REPOSES SUR SON PORTANT!!!") et surtout un Graal en ligne de mire: les peep-toe Chie Mihara gris clair et jaune citron repérées il y a six semaines chez Graphie Sud, et pas achetées immédiatement parce que 213 euros pour une 57ème paire de chaussures à talons alors que je passe les trois quarts de ma vie pieds nus et le dernier quart en Converse ou en boots de moto, c'est peut-être un peu déconné.

Bien entendu, Graphie Sud est totalement excentré. Bien entendu, pas moyen de trouver les horaires d'ouverture sur internet. Je pense d'abord y aller pour 10h et parviens à réfréner mon impatience jusqu'à10h30. J'arrive devant la boutique: elle n'ouvre qu'à 11h. Evidemment. J'en suis quitte pour aller m'attabler au Balmoral voisin, dont la salle est déserte en ce milieu de semaine. Les rares clients sont tous installés dehors; il faut dire que le temps est idéal: ciel très légèrement couvert, juste ce qu'il faut de lumière et 22° environ. Mais je n'ai pas le droit de me mettre au soleil. C'est donc assise dans un box que je feuillette un récent numéro de Closer (et oui: les restos sont mieux équipés en magazines que les salles d'attente de dentistes!) en attendant mon petit déjeuner à l'américaine. Qui m'écoeure au bout de trois bouchées. Quand mon corps commence à refuser le gras et le croustillant, c'est un signe. Nous sommes bel et bien en été.

Lorsque je pousse finalement la porte de Graphie Sud, la vendeuse est encore en train de passer l'aspirateur dans la boutique. Tous les vêtements sont au minimum à - 40%. Et les chaussures? Fébrile, je me dirige vers le rayon du fond. Ouiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii! "Mes" Chie Mihara sont là, soldées à - 40%, et il en reste une paire dans ma pointure. Je les essaie: en plus, elles semblent merveilleusement confortables. Et elles ont même un bidule anti-dérapant sous la semelle. Je crois que j'ai un mini-orgasme en regardant mes pieds. Je dépose la boîte à la caisse et, par acquit de conscience, jette un coup d'oeil aux fringues - que des marques bobo hyper-pointues, avec le genre de coupe qui passé 50 kilos pour 1m70 te transforme instantanément en matriochka. C'est pas là que je vais me ruiner, hin hin hin. Sauf que... Oh, le joli top Claudie Pierlot! Bonne taille, bonne longueur, bon tissu, bel imprimé et beau tombé. Ca ne coûte rien d'essayer... Ah ben si, ça va me coûter (125 x 0,6) euros. Parce que ça me va juste trop bien. Et qu'en plus ça se mariera à merveille avec mes nouvelles Chie Mihara.

Quand je ressors de chez Graphie Sud, j'ai claqué en une demi-heure les deux tiers de mon budget soldes, et je marche sur des nuages. Dessous aussi, en fait. Car pendant que j'étais dans le magasin, le ciel a disparu derrière un troupeau de moutons gris foncé. Le temps de gagner l'arrêt de tram le plus proche, il se met à tomber des cordes. Je ne comprendrai jamais le climat belge.

Je longe la rue Neuve sous une pluie battante. Heureusement que je commence à m'habituer à la météo locale et que je n'ai pas ôté mon parapluie pliant de mon sac sous le prétexte fallacieux que quand même, on est en juillet maintenant. Je rentre chez Zara et en ressors aussitôt: un bordel pareil dans les rayons, ça va me filer des cauchemars pour au moins six mois. Sérieux, on dirait ma version du purgatoire. Un peu plus loin, petit arrêt chez Promod où je fais l'emplette d'un top rayé noir et gris-vert, qui tombe juste comme il faut sur mon jean, et d'un micro-gilet camel qui réchauffera très bien mes robes à fines bretelles à la tombée du soir. Ils font partie de la nouvelle collection et ne sont pas soldés, mais comme il y a en pour moins de 30 euros les deux, tant pis.

Je monte ensuite à la Fnac City 2, où je claque les bons d'achat accumulés sur ma carte de fidélité en achetant "Nervous breakdown" pour DS et un recueil de poèmes japonais intitulé "L'anniversaire de la salade" que je guigne depuis mon dernier séjour en France. En fait, je deviens vachement raisonnable en vieillissant. Si ça se trouve, d'ici la retraite, je serai comme mon père: je mettrai six mois pour me décider à investir dans une nouvelle paire de Méphisto, et le temps que je pousse la porte du magasin, le modèle qui me plaisait aura disparu. Curieux comme j'ai hérité de son côté maniaque super-organisé, mais pas du tout de sa frugalité...

Je ressors de City 2: il fait grand soleil et limite trop chaud. Pays de dingues.

Je suis en train d'examiner la vitrine de Sacha d'un air dubitatif quand mon téléphone sonne. C'est le début d'un chassé-croisé qui va durer une heure et demie avant que je parvienne à retrouver Hawk fraîchement sorti du travail. Entre-temps, je m'arrête chez Exki pour avaler une salade de fruits, histoire de noyer dans les fibres (et le sucre) tout le gras du petit dej' américain. Puis chez Levis, parce qu'on n'a jamais trop de jeans, surtout quand on vit pratiquement dans les siens (je ne porte aucune autre sorte de pantalon, excepté des trucs en toile avec plein de poches quand je voyage). Un seul modèle correspond à mes critères: pas slim, encore moins skinny, de préférence bootcut et indigo, et bien entendu soldé. Ca fait trois ans que j'achète mes Levis aux USA et j'ai perdu l'habitude de les payer plus de 35 euros une fois la conversion faite. Malheureusement, le 627 a une horrible taille haute qui me fait la silhouette d'une "soccer mom". Je me souviens encore du moment où le taille basse est arrivé à la mode, il y a dix ans. A l'époque, j'avais un superbe ventre plat et je ronchonnais quand même: "C'est quoi ces jeans qui couvrent à peine les fesses? J'ai tout le temps l'impression qu'ils vont tomber". Depuis, je m'y suis mise comme tout le monde, et même avec mes jambes de trois centimètres et demi, je trouve ça plus esthétique que le taille haute. OK, pas de jean pour moi today.

Je laisse derrière moi la rue Neuve et me dirige vers Connexion où je suis censée rejoindre Hawk. Ca m'oblige à passer devant Kickers - et donc à entrer chez Kickers pour voir s'ils n'ont pas des sandales plates à ma taille, un truc léger en cuir marron avec des lanières serait idéal. Dommage, ils n'ont plus que du 37 dans le meilleur des cas. Par contre, les espèces de ballerines à trois brides... Mon portable sonne. C'est Hawk. "Tu es où au juste?" "Euuuuuh... Je me suis arrêtée chez Kickers." Gros éclat de rire à l'autre bout de la ligne, mais pas de commentaire même taquin - juste un "J'arrive". J'aime cet homme. Et ces espèces de ballerines soldées à 40 euros dans lesquelles il reste ma pointure. A ce prix-là, franchement, ce serait un crime de ne pas les prendre.

Bon ben voilà, je suis au bout de mon budget et aussi de mes envies de shopping. Le monde est bien fait tout de même. Il ne reste plus qu'à trouver un fromager (un jour, je vous raconterai ma quête désespérée, et jusqu'ici vaine, de Petit Billy dans les grandes surfaces belges) et à prendre le chemin de l'Ultime Atome pour boire un jus de fruits pressés bien mérité en entamant un nouveau Paul Auster. Mission soldes été 2008: accomplie.

mercredi 2 juillet 2008

La petite vengeance du jour

Tout à l'heure, en rentrant de ma folle journée de soldes, j'ai trouvé un message de l'Homme dans ma boîte mail.
salut, j'ai besoin urgement de l'avis d'imposition de l'année dernière, et je n'ai plus mon exemplaire. peux tu me faire un scan du document et me l'envoyer par mail, ou par courrier. merci
Bien entendu c'est un copié-collé: je sais qu'urgemment n'existe pas et que si ça existait ça prendrait deux M. Je sais aussi qu'on met une majuscule en début de phrase et un point d'interrogation à la fin d'une question. Mais ça, c'est peut-être un effort qu'on fait seulement quand on écrit à quelqu'un qu'on ne prend pas pour la Reine des Dindes.
Je me suis donc fait un plaisir de répondre ceci:
je suis actuellement à bruxelles. l'avis d'imposition se trouve à monpatelin, où je ne rentre pas avant le 31 juillet. je ne vois donc pas ce que je peux faire pour toi avant cette date.
Et le plus beau, c'est que c'est la stricte vérité.
Bien sûr si j'avais été compatissante, j'aurais pu lui signaler que la voisine avait les clés de l'appartement et lui expliquer où trouver mon exemplaire du fameux avis d'imposition. Ca a l'air important pour lui. Oui, mais pas me tromper, pas me mentir, pas me laisser souffrir des mois pour rien, pas me prendre pour la dernière des connes, pas accepter sans piper mot que je lui fasse tout un tas de cadeaux en partant, pas demander d'un air penaud "pour ma nouvelle voiture, tu me prêtes quand même les sous?", pas aller raconter des craques à nos amis communs, pas planter spectaculairement la seule formalité dont je lui avais demandé de se charger au moment de notre séparation, c'était important pour moi. Alors, qu'il se démerde.