dimanche 31 août 2008

Macaronade provençale

Vous cuisinez par nécessité plus que par plaisir, parce que c'est moins cher que d'aller au resto tous les soirs et plus diététique que de s'enfiler des plats préparés Marie? Vous voulez que ça aille vite, que ça ne soit pas trop difficile, et si possible que ça contienne les trois groupes d'aliments essentiels à un repas équilibré (des féculents ou des céréales + des légumes ou des fruits + de la viande, du poisson ou des produits laitiers)? Moi aussi. Moyennant quoi, depuis des années, j'épluche mes chers magazines féminins en quête de recettes répondant aux critères ci-dessus. A force, j'en ai trouvé pas mal. Et comme je pense que je ne suis pas la seule, je vous propose de partager nos trouvailles - dans nos blogs respectifs ou dans les commentaires de celui-ci. Aujourd'hui, donc, la...

MACARONADE PROVENCALE

Pour 4 personnes:

250 à 300 g de macaroni coupés (ou d'autres pâtes; je n'avais que des torsades sous la main le soir où j'ai pris la photo ci-contre)
1 grosse aubergine
1 grosse courgette
1 barquette de tomates cerise
1 gousse d'ail
50 g de parmesan
80g d'emmental râpé
3 cuillères à soupe d'huile d'olive
50 g de beurre
sel, poivre

- Lavez et séchez l'aubergine et la courgette. Coupez-les en dés sans les peler. Salez, poivrez et faites cuire dans 2 cuillères d'huile d'olive jusqu'à évaporation totale de l'eau rendue. Réservez.
- Dans la poêle essuyée, remettez 1 cuillère d'huile d'olive. Faites blondir l'ail coupé en lamelles. Ajoutez les tomates cerise coupées en deux et laissez revenir jusqu'à ce que leur peau se fripe. Egouttez.
- En même temps, faites cuire vos pâtes dans beaucoup d'eau salée. Egouttez.
- Préchauffez le four à 240° (th. 8). Mélangez les pâtes, les légumes cuits et le parmesan râpé. Versez dans un grand plat à gratin anti-adhésif (ou beurré). Parsemez d'emmental et de flocons de beurre. Enfournez 15 à 20 mn pour dorer le gratin.
Que boire avec ça? Un Côtes-de-Provence ou un Faugères rosé servi à 12°.

La semaine prochaine, on passe au stade supérieur: les céréales alternatives (blé, boulgour, quinoa, épeautre).

samedi 30 août 2008

Y a-t-il un véto normal en Belgique?

Petit résumé des épisodes précédents:

Un samedi de fin juillet, à notre retour de vacances, nous trouvons Copernique apathique et terriblement amaigrie. Le lendemain, nous l'emmenons chez le vétérinaire de garde. Il lui fait une prise de sang mais ne peut pas la peser pour mesurer l'ampleur exacte des dégâts: il n'a pas de balance. C'est le deuxième véto belge qui me fait ce coup-là. J'ai usé une bonne demi-douzaine de vétérinaires en France, et tous considéraient qu'une balance de précision était un instrument indispensable au suivi médical d'un animal. Passons.

Quelques jours plus tard, nouveau rendez-vous pour dépouiller le résultat de la prise de sang. Globules blancs deux fois et demi plus nombreux que le taux maximum acceptable: Copernique semble avoir contracté une infection. Le vétérinaire lui fait une piqûre d'antibiotiques et nous remet une ordonnance pour un médicament à lui administrer pendant dix jours. Il note également que sa créatinine (l'indice qui mesure le taux d'usure des reins) est trop élevée, et qu'elle commence à avoir de l'urée. Pour éviter des problèmes de ce côté-là d'ici deux ou trois ans, il nous recommande d'adopter une nourriture spéciale: croquettes et boîtes de type "Renal". Je lui en achète un sac de quatre kilos. Nous reprenons rendez-vous dans un mois pour voir si le changement d'alimentation a porté ses fruits.

Lundi dernier, donc, Copernique a droit à une nouvelle prise de sang. Le vétérinaire me demande ce qu'elle mange.
MOI: Les croquettes "Renal" que vous m'avez vendues la dernière fois. D'ailleurs c'est pour ça que nous sommes là, pour voir si ça a fait baisser son taux d'urée.
VETO: Ah, d'accord. Et il vous en reste combien? Parce que je pars en vacances du 25 septembre au 5 octobre.
MOI: C'est noté, je passerai ma commande avant ou après pour le prochain sac.

Jeudi, j'appelle le cabinet pour avoir le résultat de la prise de sang.
VETO: Dites, vous savez qu'il a de l'urée votre chat?
MOI: Euh, oui, c'est même pour ça qu'on a fait une prise de sang.
VETO: Ah, d'accord. Enfin là, c'est retombé dans la fourchette acceptable: 0,72 alors que la limite supérieure est à 0,75. Par contre, sa créatinine reste toujours un peu trop élevée, bien que stable depuis la dernière fois: 1,98 alors qu'elle devrait être en-dessous de 1,75. Il mange quoi, votre chat?
MOI: Euh, les croquettes Renal que vous m'avez vendues, souvenez-vous.
VETO: Ah, c'est bien. Et il vous en reste encore assez? Parce que je pars en congés du 25 septembre au 5 octobre...

Mesdames et messieurs, après la véto disjonctée d'Ixelles, je vous présente le véto à mémoire de poisson rouge de Woluwé-Saint-Pierre!

Résolutions de rentrée des classes

De mon enfance et de mon adolescence, je conserve une nostalgie aiguë de la rentrée des classes - sans nul doute ma période préférée de l'année. Finies les grandes vacances pendant lesquelles j'avais toujours trop chaud et devais suivre ma grand-mère à la plage tous les jours alors que je détestais ça. Fini l'ennui des journées désoeuvrées dans notre tour de béton où les distractions étaient trop rares: je n'aimais ni regarder la télé, ni jouer à la poupée et n'avais jamais assez de livres pour m'occuper. Une année scolaire qui commençait, c'était synonyme de fournitures neuves (j'ai toujours été une papeterie-addict) et de découvertes excitantes (j'adorais aller en cours et apprendre des tas de choses). Dans mon enthousiasme juvénile, je laissais l'optimisme me submerger. Peut-être que cette fois, mes camarades de classe ne me détesteraient pas et ne feraient pas de moi leur tête de Turc. Peut-être que ma mère ne m'obligerait pas à porter des vêtements ridicules. J'ai été déçue sur ces deux points jusque assez tard - en seconde ou en première, je pense.

Néanmoins, alors que je grandissais vieillissais, début septembre est resté pour moi la période du renouveau et des bonnes résolutions, bien plus que le premier de l'an - une date arbitraire qui ne correspondait à aucun changement concret dans ma vie. Cette année comme les précédentes, je vais donc sacrifier au rituel et fixer mes objectifs pour les douze mois à venir.

- SCRAP: Passer à la vitesse supérieure. Concrètement: 1/ Participer à des challenges, soumettre mes pages à des magazines et postuler pour des Design Teams. 2/ Visiter beaucoup de blogs d'autres scrappeuses pour trouver de l'inspiration et éviter de sombrer dans la routine. 3/ Ne pas rechigner à essayer de nouveaux produits et de nouvelles techniques au lieu de m'en tenir aux choses simples que je maîtrise déjà.

- VOYAGES: 1/ Le Maroc en mai avec Antonia pour un stage carnets de voyage. 2/ Un ou deux city breaks de quelques jours avec Chouchou (Barcelone, Rome et Prague sont les destinations les plus probables). [A cela, il faudra rajouter deux visites à ma famille à Toulouse, plus une dizaine d'aller-retours à Monpatelin. C'est pas demain la veille que le poste "transport" de mon budget va baisser.]

- SANTE: 1/ Continuer la Wii Fit à raison d'au moins quatre séances de trois quarts d'heure par semaine. 2/ Voir s'il n'y aurait pas, dans notre nouveau quartier, moyen de pratiquer en salle le yoga et/ou le trampoline. 3/ En plus de ma visite annuelle chez le dentiste et la gynéco, me débrouiller pour aller voir mon ophtalmo (basée sur Monpatelin et ayant son carnet de rendez-vous plein quatre ou cinq mois à l'avance). Mon dernier contrôle de vue remonte à deux ans et demi et je pense que mon astigmatisme a encore évolué depuis.

- BOULOT: 1/ Changer de portable au printemps. Reprendre au maximum un écran 15" plus léger et transportable que mon HP Pavilion actuel qui pèse un âne mort et me démonte l'épaule à chaque traversée (longue, trèèèèès longue) de l'aéroport de Zaventem. 2/ Essayer d'augmenter mon temps de travail - allonger mes deux séances quotidiennes d'une demi-heure chacune paraît faisable et augmenterait pas mal mon rendement, donc mes revenus, donc la possibilité de m'acheter plein de sacs à main honteusement chers ma liberté de voyager et de faire plein de choses qui me plaisent.

- BLOGS: 1/ Créer une bannière personnalisée pour "Le rose et le noir" et pour "Scrapharnaüm". 2/ Mettre en place le blog familial qui est déjà presque terminé et pour lequel il ne reste quasiment plus qu'à émettre des invitations.

Et vous, des résolutions ou des projets pour la rentrée?

vendredi 29 août 2008

La directrice des traductions d'Editeur Préféré m'envoie un mail

(Note: j'ai rajouté le nombre de pages des bouquins en gras, pour qu'on se rende mieux compte.)

Salut Arma,

On t'aime tellement qu'on voudrait te donner un tracteur de traductions.
Et on aime tellement tes traductions qu'on les voudrait toutes tout de suite.
Je soigne mon entrée en matière.

Si je fais la liste de tout ce que je voudrais te confier, avec les dates de remise qui feraient danser de joie Bones, voici ce que ça donne (ne pousse pas de cris, hein, c'est une base de travail) :

AOTF1 (600 pages) : 20/12/08
LBELP5 (600 pages): 30/04/09
AB10 (660 pages) : 30/07/09
AOTF2 (600 pages) : 30/08/09 (ça coince, là, n'est-ce pas ?...)
O5 (300 pages) : 30/01/10
AB11 (560 pages) : 30/01/10 (oui, j'ai ben vu que c'était la même date que O5...)
AOTF3 (600 pages) : 30/03/10
CL1 - nouvelle série (530 pages) : 30/06/10
AB12 (730 pages) : 30/07/10
J'ai reculé les dates de remise des AOTF pour essayer de faire un peu de place, mais cela me semble toujours un peu problématique.

Et là, tout ce que je peux dire, c'est: HA HA HA HA HA HA HA.
"Un peu" problématique", hein? Je crois que cette charmante demoiselle mérite le titre de "Queen of the understatement" (en français dans le texte: "Reine de l'Euphémisme").
Alors bon, c'est très agréable de savoir qu'on apprécie mon travail. Mais pour info, je traduis entre 12 et 20 pages par jour ouvré, selon la difficulté du texte. A cela, il faut rajouter de 2 à 5 jours de relecture par bouquin. Plus quatre semaines de vacances par an. Plus le fait que je travaille également pour deux autres éditeurs.
En gros, si je prends toutes les traductions de sa liste, je lui rendrai la dernière fin février 2011. Je ne sais pas si je trouve ça rassurant ou angoissant d'avoir mon emploi du temps planifié quasiment au jour près sur les deux ans et demi à venir...

jeudi 28 août 2008

"Happy go lucky"

C'était la première fois que je voyais un film de Mike Leigh, réalisateur anglais apparemment connu pour ses atmosphère un poil déprimantes et sa tendance à la satire sociale - des arguments de vente qui avaient peu de chance de me séduire. Si je me suis laissée tenter par "Happy go lucky", c'est parce que les critiques le présentaient au contraire comme un de ces films vitaminés dont on ressort le sourire aux lèvres et le pas bondissant. Du coup, je m'attendais vaguement à un Amélie Poulain british, et j'ai été un peu désarçonnée.

Il est vrai que Poppy, cette héroïne pétrie de gentillesse sincère, de gaieté à toute épreuve et de spontanéité volubile, agace autant qu'elle attendrit. Au début, on se dit "Elle est mignonne", puis "Au bout d'un moment elle devient chiante", et finalement "Quand même, ce serait merveilleux d'être aussi cool qu'elle". Le film illustre assez bien la difficulté d'être pris au sérieux dès qu'on sort un peu de la norme, fût-ce de façon positive. Et il contient quelques scènes hilarantes, notamment celle du pétage de plombs de la prof de flamenco. Les altercations entre Poppy et son moniteur d'auto-école sont plus grinçantes; elles font rire mais mettent aussi mal à l'aise jusqu'à l'explosion finale - qui montre qu'avec les meilleures intentions du monde, on peut faire ressortir le pire chez les autres. J'ai moins aimé la scène avec le clochard qui brise complètement le rythme de la narration et paraît tout à fait gratuite. Un grand bravo par contre pour la photographie très inspirée, à la fois pleine d'énergie et de poignance, douce-amère juste ce qu'il faut. Et bien sûr pour Sally Hawkins qui interprète son personnage avec un naturel merveilleux.

mercredi 27 août 2008

Mon nouveau fantasme

Voilà, j'ai craqué. Comme 95% des mode-addicts françaises, je convoite gravement un sac Jérôme Dreyfuss. Contrairement à 95% des mode-addicts françaises, ce n'est pas sur le Billy que je bave, mais sur le mini-Twee, une adorable besace en agneau issu de l'agricouture, doux "comme des fesses de bébé", assure le créateur. Je préfère ne pas aller le vérifier moi-même: une fois que je l'aurai entre les mains, je ne me donne pas trois secondes pour dégainer ma carte Visa. Et la petite (21x18 cm, parfaitement adaptée à ma taille microscopique) merveille coûte tout de même 325 euros, soit un gros cinquième de canapé d'angle Ektorp. Alors que ça va être beaucoup plus difficile de s'asseoir dessus à plusieurs ou de coucher des invités dedans (à moins que je me lie d'amitié avec les Minipouss). C'est dans des occasions comme celle-là que je regrette de ne pas avoir d'enfants pour vendre leurs reins au marché noir.

Evidemment, je pourrais pister mini-Twee sur eBay. Oui mais voilà, je le veux en violet, qui à mon avis ne doit pas être la couleur la plus répandue. Ni la plus facile à assortir, mais j'ai déjà le Mathilde de Le Tanneur en cognac et le Midday-Midnight Barcelona de Darel en chocolat, donc côté sacs marrons, j'affiche complet. Je pourrais éventuellement faire un compromis et le chercher en gris clair... Ce qui me confronterait au problème inverse: plus d'offre mais aussi beaucoup plus de demande et un prix au final sûrement bien plus élevé. Je suppose qu'il ne me reste plus qu'à prier le dieu de la maroquinerie, sur l'autel duquel j'ai si souvent sacrifié ces dernières années qu'il me doit bien une petite faveur.

mardi 26 août 2008

Armalite et Monsieur Tout-Le-Monde déménagent: épisode 7

Je suis globalement très contente (et très impatiente!) de déménager. Toutefois, certaines choses du quartier où nous avons habité jusqu'ici me manqueront:

- Tous les petits restos où nous avons nos habitudes, et notamment ceux du parvis Saint-Boniface. Je regretterai le poulet au curry jaune et lait de coco du Deuxième Elément, les pâtes délicieuses du Mano a Mano (mais pas la salle hyper-bruyante), le menu dégustation de l'Opposé du Contraire, les jus de fruits pressés et l'effervescence perpétuelle de l'Ultime Atome, la tourte pomme cannelle et la pecan pie du Comptoir Florian. Et puis aussi les gyoza du Hama-Shin (certes pas aussi bons que ceux de Namjatown), les brioches suisses du Sucré Salé (raisins secs + croûte de sucre, une pure tuerie) ou les délicieuses soupes de Oups savourées dans une ravissante cour intérieure quand le temps le permettait. Cependant, l'essentiel est préservé: nous serons toujours à proximité d'un Mamma Roma et d'une friterie. Me sevrer de Poulycroc et de pizza à l'huile de truffe eût été vraiment trop cruel.

- Le musicien qui joue du piano le dimance après-midi, fenêtres ouvertes, dans le silence de la rue M***. Un peu de douceur intemporelle dans un paysage urbain perpétuellement gris et en travaux.

- Le sympathique propriétaire du night shop d'en face, chez qui nous courons quand je m'aperçoit qu'il me manque un ingrédient crucial pour ma recette en pleine préparation du repas.

- Mon facteur, sosie de Porco Rosso qui mâchouille perpétuellement un cigarillo puant mais sait que je suis là en journée et ne manque jamais de sonner à notre interphone au lieu de bourrer le courrier dans la minuscule boîte à lettres ou de laisser un avis de passage pour se simplifier la vie.

- Z'art, la boutique où l'on trouve les boîtes de Valérie Nylin les moins chères de tout Bruxelles.

- Le Delhaize, plutôt cher dans l'ensemble mais infiniment plus engageant que le Colruyt, et doté d'un rayon presse où je peux satisfaire une fois par semaine ma honteuse addiction à la presse people.

- L'UGC Toison d'Or, situé à un quart d'heure de marche de chez nous et diffusant en V.O la plupart des films qui nous intéressent.

- Le Tom & Co, bien pratique pour l'achat de fournitures félines malgré sa caissière à 2 de tension et son CKD qui met cinq bonnes minutes à accepter ma carte Visa.

- Les transports en commun que je commence à maîtriser relativement bien - même si le 71 s'obstine à me passer systématiquement sous le nez. Il va falloir tout reprendre à zéro...

lundi 25 août 2008

Un week-end à trois films

Les vidéos clubs proches de notre domicile actuel ne proposant que très peu de films qui m'intéressent, samedi après-midi, Chouchou m'a entraînée chez Store Movie sur la chaussée de Charleroi. Passons sur le sadisme qui consiste à faire traverser au client des rayons de chips, de pizzas surgelées, de glaces et de barres chocolatées pour accéder aux DVD. Passons également sur l'étrange disposition des lieux qui oblige à descendre, à remonter et à rebrousser son chemin en spirale pour gagner la sortie. Parce que le choix est tout simplement merveilleux - il y a même des DVD zone 1 de films et de séries télé pas encore disponibles en Europe. Tous les deux pas, je m'exclamais: "Ca! ...Et ça! Oooh, je veux voir celui-là!". Une gosse dans un magasin de bonbons. Comme au final, une promotion d'été proposait trois films pour le prix de deux à ramener seulement lundi, nous sommes partis avec les titres suivants:

Be kind, rewind qui passe actuellement au cinéma à Bruxelles et que nous avons d'ailleurs failli aller voir la semaine dernière. Je suis bien contente d'avoir économisé une place sur ma carte UGC. D'après les critiques, je me doutais que ça ne devait pas être génial, mais bon, c'était quand même un Michel Gondry. Il y avait forcément quelque chose à sauver. Sauf que pas vraiment. Malgré une idée de base séduisante (deux clampins qui retournent des classiques du cinéma à leur sauce pour sauver un vidéo-club de quartier), le film ne décolle jamais. Il joue la carte de la nostalgie sans réussir à émouvoir et ne prête qu'assez rarement à sourire. Je l'aurais peut-être trouvé plus drôle si je connaissais davantage les films parodiés, mais bon. Ah, et j'en ai marre de Jack Black qui se contente systématiquement d'interpréter son propre personnage dans tous les films où il apparaît. Ca devient assez vite crispant. Je déconseille.

La traversée du temps: très bonne pioche, en revanche, pour ce film d'animation japonais dont j'avais entendu dire le plus grand bien. Certes, il hésite entre plusieurs genres. Au début, il ressemble à un shojo dont l'héroïne Makoto, s'étant découvert le pouvoir de remonter le temps, en profite pour se faciliter le quotidien et échapper aux avances d'un de ses camarades. C'est mignon et léger. Puis ça bascule vers plus de gravité quand Makoto s'aperçoit que ses actes ne sont pas sans conséquence pour autrui et qu'il est impossible d'altérer fondamentalement le cours des choses. A la fin, une révélation inattendue fait presque tomber le film dans la catégorie science-fiction romanesque. Un peu déroutant mais très agréable. L'atmosphère du Japon est extrêmement bien rendue par une multitude de détails. Et la bande originale est juste magnifique. Je conseille.

Enfin, The bubble met en scène trois colocataires - deux homos et une fille - qui habitent Tel-Aviv et militent pour la paix avec toute la fougue et l'idéalisme de leur jeunesse. L'un des garçons tombe amoureux d'un Arabe arrivé clandestinement en ville, et c'est le début d'une chaîne d'événements qui fera éclater la bulle d'insouciance relative dans laquelle ils vivent. Bien que la fin, dramatique à souhait, soit amenée par un revirement trop brutal pour être tout à fait crédible, le film a le grand mérite de dénoncer l'absurdité de la guerre sans en faire des tonnes: juste en montrant que les sentiments et les relations humaines sont les mêmes partout dans le monde, des deux côtés des barrages dressés par l'intolérance. Je conseille aussi.

dimanche 24 août 2008

"Fables" à la Centrale Electrique

C'est lors d'un récent passage à l'épicerie audio-visuelle Le Bonheur que nous avions repéré et emporté un flyer pour cette exposition de la photographe allemande Karen Knorr. Alléchés par la promesse de photos à l'ambiance baroque et féérique, nous nous sommes rendus cet après-midi à la Centrale Electrique.

Le lieu, d'abord. Situé aux abords de la place Sainte-Catherine, c'est un ancien bâtiment fonctionnel tout en béton qui a été mis en valeur à moindres frais par de la peinture de couleurs vives, judicieusement appliquée sur des pans de murs entiers en alternance avec des surfaces brutes ou blanches. Simple mais efficace. Par ailleurs, quelques recoins permettent de ménager des salles vidéo, et nous avons aperçu une buvette à la fin du parcours.

L'expo, maintenant. Elle part plutôt bien, avec une série de photos montrant des chimpanzés dans un musée désert à l'exception de très belles statues de nus en marbre blanc. On peut y voir une réflexion sur le concept d'évolution, ou juste la superposition incongrue d'animaux sauvages avec un endroit auquel ils ne sont pas censés accéder - le comble du raffinement de la culture humaine. Mais ensuite... Ce ne sont plus que clichés de bestioles empaillées mises en scène dans différents châteaux: des loups et des dorures; des oiseaux et des tapisseries; des sangliers et des planchers en marquetterie. Et, tiens, une femme à poil allongée par terre près d'un cygne. Le pire, c'est qu'on voit bien que dans la plupart des cas, les animaux ont été rajoutés dans le décor à grands coups de Photoshop. En gros, ce n'est remarquable ni dans la technique, ni dans l'intention, ni dans l'atmosphère créée.

La dame de l'accueil nous a vendu des billets doubles: pour 2 euros de plus, nous avons également des entrées pour l'expo sur le Japonisme qui se tient actuellement à l'Hôtel de Ville et qui rencontre paraît-il un vif succès. Espérons qu'elle sera plus intéressante que celle-là.

jeudi 21 août 2008

Une journée à Paris

Je n'ai pas beaucoup dormi et le réveil a été un peu rude ce matin. Mais je suis motivée: à 8h43, je prends le Thalys pour aller passer la journée à Paris. Ca faisait partie des avantages en nature que je m'étais fait miroiter en venant m'installer à Bruxelles; malheureusement, jusqu'ici, la seule fois où j'ai fait la navette en moins de 24h, c'était pour les obsèques de Brigitte en mars dernier.

En ce mercredi 20 août, mon programme est beaucoup plus joyeux bien qu'assez chargé. J'ai une (grosse) liste de courses à faire, un déjeuner avec Editeur Préféré ce midi et un pote à voir avant de reprendre le train en sens inverse. Manque de bol, dans le Thalys, je suis saisie par un affreux mal de ventre comme je n'en avais plus ressenti depuis le début de mon traitement contre l'endométriose. Forcément, ça tombe pile le jour où 1/je n'ai pas la possibilité de rester allongée avec une bouillotte sur le bide 2/fait rarissime, je n'ai même pas un comprimé de Doliprane dans mon sac pour calmer la douleur.

C'est donc d'humeur modérément joviale que j'entre au Temple du Scrap, LA boutique parisienne dédiée aux fournitures de scrapbooking. Elle est située rue Ernest Cresson, entre les stations de métro Mouton-Duvernet et Denfert-Rochereau (non loin d'un Muji que j'ignore vaillamment: il est un peu trop tôt pour commencer à m'encombrer, et un peu prématuré d'équiper en rangements le futur coin scrap que je n'aurais pas avant début octobre). Première impression en entrant: que des trucs "à la française" que je n'utilise pas. Et les prix, misère!! Même en tenant compte des frais de port, c'est deux fois plus cher que sur les sites de vente basés aux USA. Par contre, en poussant au-delà de la première salle, je m'aperçois qu'il y en a encore deux autres tout aussi grandes: une dédiée aux embellissements et l'autre aux papiers. Le choix est vraiment énorme, autant que dans les plus grands magasins américains que j'ai visités. Et il y a quand même un certain nombre de marques européennes que A Cherry On Top ou Two Peas in a Bucker ne stockent pas. Premier article dans mon panier: un set de tampons acryliques oiseaux Gaïa, raisonnablement marqué 6,50 euros. Je fais assez attention à ce que je prends, mais j'ai quand même du mal à résister à la grande variété de fleurs de toutes les tailles et de toutes les matières. Et puis j'ai envie besoin de transparents imprimés. Au final, je passe en caisse avec me semble-t-il très peu de choses, et la facture se monte à plus de 90 euros. Gloups. L'avantage, c'est que le sac ne va pas me gêner pour la suite: il ne pèse quasiment rien.

J'ai quand même beaucoup traîné à inspecter tous les rayons, et quand je sors de là, il est déjà midi. J'ai rendez-vous à 13h à l'autre bout de Paris, mais je pense avoir le temps de faire un crochet par le Printemps Haussmann où j'espère acheter une recharge 2009 pour mon agenda - parce qu'évidemment, je n'ai pas un Filofax, un Quo Vadis, un Exatime ou toute autre marque dont on trouve les produits partout: j'ai un Agenda Moderne. Or, je ne connais que deux revendeurs qui stockent la gamme, et le second se trouve à Aix-en-Provence. Mais arrivée au Printemps, je scrute vainement le plan des lieux. J'avise un vendeur. "Excusez-moi monsieur, le rayon papeterie ne se trouvait pas au dernier étage?" "Si, mais y'en a plus. Il a été supprimé." Damned. J'imagine que je suis bonne pour chercher ma recharge sur internet.

Je cours jusque chez Editeur Préféré, où j'arrive probablement en retard (de combien, je ne saurais pas le dire: je ne porte jamais de montre). Bones est tout seul à m'attendre dans ses bureaux déserts; moi qui pensais que ses employés étaient enchaînés devant leur ordi 24h/24! Bien que le quartier soit assez pauvre en restos et que beaucoup de commerces soient fermés en ce mois d'août, nous trouvons une table dans un bistrot sympa. Gratin de macaronis au fromage et dame blanche pour lui, suprême de volaille/purée maison et tarte Tatin pour moi. Nous parlons finalement assez peu de boulot, mais beaucoup de nos santés respectives, de nos expériences d'aide à autrui et... des "Maçons du Coeur", une émission de télé-réalité paraît-il particulièrement lacrymale. Comme toujours, c'est un moment agréable: Bones et moi avons en commun d'être totalement open et de parler volontiers de cul, ce qui pimente toujours un peu la conversation :) En sortant du resto, je le raccompagne au siège social de sa boîte, où je tombe sur la très adorable Barbara, DAF de son métier. Elle est proche de JC elle aussi et nous discutons de lui assez longuement. Quand quelqu'un finit par mentionner qu'il est déjà presque 16h, je fais mes adieux en hâte et file expédier le reste de mes courses.

Il ne me reste plus beaucoup de temps; il va falloir trancher dans le vif. Contentons-nous des courses vraiment obligatoires. Le BHV d'abord, où Pénélope "Jolicoeur" Bagieu m'a assuré qu'on vendait des cadres au format du tableau que je lui ai acheté, soit 24x44 cm. J'étais sceptique, mais devant son insistence et après avoir fait chou-blanc chez tous les encadreurs de Bruxelles, je décide de tenter quand même ma chance. Comme je m'y attendais, la vendeuse me rit au nez. Les cadres de ce format-là, ça n'existe pas tout fait, et je suis bonne pour m'offrir du sur-mesure. Argh. Histoire de ne pas être venue pour rien, j'embarque un ravissant miroir qui ira très bien dans notre nouveau logis. Je le regrette presque en découvrant la queue aux caisses: nous sommes à l'étage papeterie, et la rentrée approche à grands pas.

Passage ensuite rue Broca chez mes dealers de comics préférés pour récupérer les trois derniers numéros de Buffy Saison 8 et les deux derniers de Echo (la nouvelle série de Terry Moore après Strangers in Paradise). Je n'ai malheureusement pas le temps de tailler la bavette avec le Philippe chevelu qui s'exclame "Mamzelle Armalite!" en me voyant entrer dans sa boutique. Une fois de plus, je dois retraverser tout Paris pour retrouver Kris devant la gare du Nord à 18h15. Nous buvons un Coca light (enfin, un chacun) dans une brasserie, ce qui me permet de constater que rien n'a changé sur le front de l'amabilité des garçons de café parisiens: elle est toujours absolument inexistante.

Je monte dans mon train à peine trois minutes avant le départ, et sans avoir, contrairement à mon habitude, avalé un sandwich au Subway d'en face. Aux vestiges de la crise de ce matin se mêlent les gargouillis indignés de mon estomac qui n'a rien avalé depuis, oh, au moins cinq heures. Je relis le premier numéro du chouette magazine "entre ARTistes" et dévore mes comics. La saison 8 de Buffy est toujours aussi grosbill; je n'accroche que moyennement. Quant à Echo, je suppose qu'il faut laisser à la série le temps de se mettre en place. Mais je sais déjà que son côté "complot gouvernemental" va beaucoup moins m'intéresser que le triangle amoureux Katchoo/Francine/David.

Arrivée à Bruxelles à 20h47, je déballe fièrement mon miroir pour le montrer à Chouchou. Le coin supérieur droit est en miettes. Décidément, le dieu du shopping n'était pas avec moi aujourd'hui.

mardi 19 août 2008

Armalite et Monsieur Tout-Le-Monde déménagent: épisode 6

Evidemment, maintenant que nous avons signé le bail et même si nous n'emménagerons pas dans notre nouveau logis avant un mois et demi, je suis déjà en train de le meubler et de le décorer mentalement
(Au lieu de me concentrer sur la fin du tome 6 de Maudite Série que je dois rendre fin août.)
Je cherche la disposition optimale pour le futur canapé Ektorp d'angle en velours rouge.
Je me demande si le velours, ça ne va pas faire velcro avec les poils de chat.
Et combien ça coûterait pour scotchgarder la housse contre le vomi.
Et si on le prend en convertible ou pas (ça fait quand même 300 euros de plus, alors qu'on a déjà deux matelas de futon sans doute faciles à caser roulés dans l'une des nombreuses penderies du couloir.)
Je me casse la tête sur la disposition des bibliothèques. Idéalement, il faudrait une deuxième étagère blanche comme celle que nous avons déjà dans le salon. Oui, mais le mur de gauche est-il assez long pour la mettre?
(A faire: téléphoner à la proprio pour lui réclamer les cotes.)
Le pêle-mêle géant en peinture magnétique sera très bien contre le mur du fond. Combien de pots de 500 ml seront nécessaires pour le réaliser: 2, 3?
Par contre, si la table se retrouve côté cuisine (ce qui semble plus logique), quid de mes fournitures de scrap? Ca ne va pas être pratique de les ranger à l'autre bout de la pièce et de devoir me lever cinquante fois par quart d'heure pour aller chercher une attache parisienne ou un alphabet autocollant.
Où se trouve la prise la plus proche pour brancher nos ordis portables? Va-t-on encore passer notre temps à s'embroncher les pieds dans les câbles? Y'a des chances, vu que la table ne sera pas collée contre un mur mais au milieu de la pièce.
Quel type de lit pour la chambre? Où trouver une parure un peu sympa? (Je ne veux plus jamais, de toute ma vie, voir une housse de couette ou une taie d'oreiller ornée de kanji. Ca fait dix ans que je ne dors que dans ça pour faire plaisir à mes chéris. C'est fini. FI-NI.)
Est-ce qu'on a la place de mettre des tables de chevet? Je ne me souviens pas si les locataires en place en avaient...
Et le déménagement proprement dit: où va-t-on dégoter des cartons? (Il ne nous en faut pas une grosse quantité, mais quand même.) Comment va-t-on se débarrasser du grand meuble rouge et blanc qu'on ne souhaite pas emporter?
Vais-je réussir à trouver demain au BHV un cadre aux dimensions adéquates pour encadrer le tableau de Pénélope Bagieu qui se languit tristement sur une étagère depuis des mois? Si oui, où l'accrocherons-nous? Je le mettrais bien entre deux fenêtres. Il faudra voir sur place.
Je suis terriblement impatiente d'arriver au 1er octobre.

dimanche 17 août 2008

Un déjeuner entre amis, un parterre de fleurs fanées, une zigounette au vent, une tarte salée et cinq pages de scrap

Après un samedi mouvementé (visite d'appartement et signature de bail le matin, courses et boulot l'après-midi), nous aspirions à un dimanche peinard. Levés vers dix heures après le câlin traditionnel, nous nous sommes préparés tranquillement avant de prendre le 60 pour rejoindre M. et Mme Poulpe au Balmoral. Déjeuner agréable, arrosé de jus de fruits frais et ponctué comme il se doit de considérations immobilières, de médisances diverses, de disparitions subites et de taquineries de la patronne. Rendez-vous pris pour un barbeuk avec une paire d'amies communes début septembre. Puis, laissant le couple poulpesque à ses obligations parentales et/ou estudiantines, nous nous sommes rendus dans le centre-ville.

C'était le dernier jour d'exposition du "plus grand tapis de fleurs du monde" sur la grand-place. Les pétales commençaient sérieusement à se raccornir et à noircir sur les bords, mais l'ensemble restait fort joli et pas trop pris d'assaut. Nous avons ensuite poussé jusqu'au Manneken Pis dont nous avions entendu dire qu'il avait été revêtu d'un costume traditionnel géorgien en référence au conflit qui se livre actuellement en Europe de l'Est. Trop tard: il était de nouveau nu comme au premier jour et la zigounette au vent. Pour une fois que la température était agréable et qu'il ne pleuvait pas, nous avons continué à déambuler tranquillement dans les petites rues. Dans un magasin à touristes, j'ai fait l'emplette d'une ombrelle miniature en dentelle de Bruges pour un futur shooting avec mes Blythe. Chez Brüsel, nous avons feuilleté et reposé à regret quelques bédés: le budget de ce mois-ci ne laisse guère de place aux dépenses d'agrément! Le Kam-Yuen, où nous voulions refaire provision de sauces asiatiques, était fermé. Nous avons donc repris le 71 pour rentrer à la maison.

Lorsque nous sommes arrivés, il était à peine 15h. J'ai mis une lessive en route et sorti mes affaires de scrap. Pour une fois que j'avais un looooooong moment tranquille devant moi! En tout, j'ai réalisé cinq pages: une avec les photos d'une visite à Disneyland avec les VIP en décembre 2005, une avec une photo de mon père et moi prise à Noël dernier, deux avec les photos du feu d'artifice du 14 juillet à Carcassonne, et une dernière avec une photo de Cahouète (je les posterai sans doute prochainement dans le blog idoine). Je ne me suis interrompue que pour confectionner notre dîner: une délicieuse tarte aux poireaux et au fromage de chèvre - qui, je vous l'accorde, rendrait mieux si je l'avais photographiée une fois cuite. Là, je crois que je vais éteindre mon ordi et monter gentiment me mettre au lit pour finir "Fearless fourteen", le quatorzième volume des aventures tordantes de Stéphanie Plum. Demain, j'attaquerai la ligne droite des quinze derniers jours dont je dispose pour finir la trad du tome 6 de Maudite Série. Ca me fatigue d'avance.

samedi 16 août 2008

Ils ont osé!!!


Après le cheesecake, le Galak.
Le complot international pour la promotion des Speculoos ne recule vraiment
devant aucune infâmie.

Armalite et Monsieur Tout-Le-Monde déménagent: épisode 5

Visite appartement n°7:
Quand? Aujourd'hui à 10h.
Où? Chaussée de Wavre.
Quoi? Un T2 repéré sur Immoweb hier en fin de journée et pour lequel, jour férié aidant, nous avons pu obtenir la toute première visite. Nous arrivons à pied et, au premier abord, le quartier ne m'emballe pas. Des travaux, pas vraiment de commerces sympas ni de station de métro à proximité... Voyons quand même l'appartement. C'est la propriétaire qui nous fait visiter, une Flamande de 45 ou 50 ans à l'attitude très "carrée" qui possède tout l'immeuble et travaille dans un grand magasin d'électroménager haut de gamme non loin de là. La façade est en brique crasseuse, moui bof. Ah, par contre, hall grand, propre et lumineux grâce aux fenêtres qui donnent sur la cage d'escalier. "Tout a été rénové il y a trois ans." Ca se voit. Nous frappons à la porte de l'appartement du second étage. Une jeune femme noire à l'air ensommeillé entrouvre le battant. Elle dit qu'elle n'était pas au courant pour les visites et nous laisse entrer de mauvaise grâce.
Une grande pièce à vivre, très bien éclairée par trois fenêtres à double vitrage ayant un parc pour seul vis-à-vis. Le côté gauche est occupé par une cuisine intégrée, superbement équipée: plaques vitro-céramique, four, frigo et congélateur trois tiroirs séparés, et bien sûr plein de placards. Dans la continuité de ce mur, et jusqu'au fond de la chambre adjacente, des penderies sol-plafond avec étagères et tringles. Chambre: un rectangle de dimensions correctes sans plus avec des murs blancs et une fenêtre à la vue quelconque. Salle de bain: relativement grande, baignoire avec paravent de douche en dur, WC non séparé. Le tout est dans un état nickel. La porte de l'appartement est blindée et munie d'un visiophone. Le locataire dispose également d'une cave avec arrivée d'eau pour servir de buanderie (et entreposer les nanars dont il ne se résoud pas à se séparer).
Cet appart est vraiment bien, surtout pour son prix (650 euros + 50 de charges) et comparé à ce que nous avons visité jusqu'ici. Deux choses me font hésiter: le quartier pas folichon et le côté hyper-clean hyper-moderne. Franchement, je me voyais plutôt dans un duplex ou un T2 "de caractère" - avec un plancher en bois à l'ancienne, de la brique ou des poutres apparentes, ce genre de chose. Pour le quartier, Chouchou se fait fort de me convaincre qu'il est très bien. Et en effet, de l'autre côté de l'avenue, en direction de la place Jourdan, s'étend une rue piétonne bourrée de petits restaurants avec... un Mamma Roma tout au bout. Je tire sur le bras de Chouchou pour lui faire faire demi-tour: "Vite, on y retourne pour dire qu'on le prend!".
Une heure plus tard, les papiers sont signés. Nous avons versé le premier mois de loyer en liquide et nous sommes engagés à virer la caution dès que possible. La propriétaire a accepté de rédiger le bail d'un an renouvelable au seul nom de Chouchou (pour m'éviter d'apparaître où que ce soit administrativement) et ne nous a même pas réclamé de justificatif de revenus, juste une sorte de déclaration sur l'honneur. Nous aurons les clés le 1er octobre, ce qui nous laissera le temps de déménager peinards puisque nous ne devons rendre l'appartement de la rue M*** que le 15. Nous sommes: HEUREUX. Et soulagés. Au lieu d'enchaîner des visites décourageantes, je vais pouvoir me consacrer pleinement à mon boulot pendant les semaines à venir; et mi-septembre, nous aurons l'esprit libre pour profiter du petit séjour en Europe du Nord qui préfigurera la saison 3 de notre histoire. En sortant du magasin d'électroménager, je cours dans la rue avec les bras en l'air en faisant: "Wooohooo!". (Avis aux amateurs: pour sortir avec moi, mieux vaut avoir un sens du ridicule atrophié ^^) Le chiffre 7 aux vertus soi-disant magiques nous aura porté bonheur.

vendredi 15 août 2008

Armalite et Monsieur Tout-Le-Monde déménagent: épisode 4

Visite appartement n°6:
Quand? Aujourd'hui à 11h.
Où? Chaussée d'Ixelles.
Quoi? Un T2 "entièrement rénové avec cuisine américaine", selon l'annonce repérée en passant devant la porte de l'immeuble. Renseignements pris au téléphone, il s'agit d'une reprise de bail: les locataires actuels n'ont plus les moyens de payer le loyer de 600 euros + 75 euros de charges. Soit. Comme le bruit ne nous dérange pas, nous trouvons la localisation alléchante et espérons que cet appart sera le bon. Hélas! La cage d'escalier est parfaitement sinistre; la pièce à vivre ne me paraît guère lumineuse; la chambre n'a pas de fenêtre du tout (ni de penderie d'ailleurs), et la salle de bain m'évoque les douches glacées qu'on administrait aux malades mentaux au début du siècle dernier. Chouchou et moi échangeons un regard: c'est non. Dommage pour le sympathique couple de petits jeunes qui espère mettre les voiles au plus vite.
Next!

jeudi 14 août 2008

Armalite et Monsieur Tout-Le-Monde déménagent: épisode 3

Visite appartement n°5:
Quand? Mercredi, 17h45.
Où? Rue de la Brasserie, dans le quartier Flagey.
Quoi? Un T2 dans une maison de maître, avec une très grande terrasse, pour 550 euros. "L'annonce est parue ce matin et j'ai déjà dix visites de prévues; à 17h30 il sera loué," nous prévient l'agent immobilier au téléphone. Nous insistons tout de même pour prendre un rendez-vous. Pendant que nous patientions au pied de l'immeuble en compagnie de deux jeunes femmes et de la mère de l'une d'elles, discutant de nos recherches respectives et du marché immobilier sur Bruxelles, le GSM de Chouchou sonne. C'est l'agent immobilier. "Il y a une erreur dans l'annonce; le loyer n'est pas de 550 euros mais de 695." Ah. Ca explique pourquoi l'appartement n'est pas déjà loué, en fin de compte. Nous effectuons un rapide calcul. Avec les charges, le gaz et l'électricité, ça dépasse un peu notre budget, mais pour un vrai coup de coeur, nous pouvons pousser jusqu'à cette somme.
Nous montons. Hall d'entrée magnifique, escalier en marbre, la classe. Au deuxième étage, nous pénétrons dans une très grande pièce avec plancher en bois, murs blancs, plafond haut et flots de lumière. Elle serait parfaite comme salon/salle à manger/bureau pour nous deux. Je suis déjà en train de la meubler mentalement quand nous passons dans la pièce voisine, située en enfilade. Même chose en plus petit; ça ferait une chambre sympa. Seul bémol: c'est sur cette pièce, et non sur la grande, que donne la cuisine. Cuisine par ailleurs riquiqui et peu engageante: je ne me vois pas y passer de longues heures à préparer amoureusement des petits plats. Quant à ce que je prends pour le garde-manger, dans le fond, c'est en fait une micro-salle de bains: un lavabo, une douche, la place de se tenir entre les deux, point. Ca ne va pas être possible. Pas à ce prix-là, en tout cas. Oui, la terrasse est immense et sans autre vis-à-vis que des jardins. Mais le mauvais état des planches indique que l'évacuation d'eau laisse à désirer, et surtout, quand à Bruxelles allons-nous profiter d'une terrasse? Trois jours par an? Ca ne justifie pas les 695 euros de loyer.
Next!

mercredi 13 août 2008

Le complot international du cheesecake

A la fin du Glamour français de septembre, il y a une recette de cheesecake. "Chic!, me dis-je. Je vais pouvoir en faire moi-même, puisque dans le pays où j'habite désormais, une perversion culturelle veut que tous les restaurants fabriquent leur croûte à partir de Speculoos."


...Encore raté.

Massage aborigène

Après la réflexologie plantaire en juin, j'ai testé le massage aborigène au Serendip Spa (mon idée du paradis sur Terre immédiatement après le grand magasin Tobu d'Ikebukuro, à Tokyo). Je ne vous refais pas le blabla sur l'accueil, toujours souriant et très pro. Le masseur qui s'occupe de moi est le même que la dernière fois; j'apprends qu'il est thaïlandais et répond au prénom rigolo de Hô. Aujourd'hui, il porte une petite barrette pour retenir sa mèche de devant. Je me retiens de lui demander s'il peut me chanter "Moi Lolita" pendant le traitement: je doute qu'il ait été perverti par nos coutumes occidentales au point de comprendre la plaisanterie.

Le massage aborigène ne ressemble pas du tout à ceux que j'ai déjà testés, et je ne le trouve absolument pas relaxant. Vivifiant, peut-être. En même temps, la raison pour laquelle je l'ai choisi, c'est qu'il est censé booster la circulation, et je doute qu'on puisse parvenir à ce résultat avec de simples effleurements. Hô utilise des pressions très fermes du plat de la main, tantôt en longueur tantôt circulaires. Quand il attaque le contour de mes omoplates du bout des doigts, je grimace dans le trou de la table sur laquelle je suis allongée. La sensation est franchement désagréable, mais j'imagine qu'il sait ce qu'il fait. Le massage des jambes, toujours un peu gonflées chez moi, me fait beaucoup de bien. Mais lorsque vient le tour de mon ventre, je me retiens de crier. On dirait que j'ai un sac de cailloux là-dedans. La séance se conclut par un massage facial tout en douceur, identique à celui que Grand Maître Japonais nous faisait pratiquer pendant l'échauffement quand je prenais des cours d'aïkido avec lui.

Je ne sais pas trop quoi penser de ce traitement. Je n'ai pas réussi à me détendre pendant toute l'heure, mais ce n'était pas réellement le but. Je crois que je vais attendre quelques jours pour voir si je constate des résultats avant de me faire une opinion.

PS: Pour celles que ça inquiéterait, toutes les précautions sont prises afin de ménager la pudeur de la cliente. Oui, je n'ai gardé que ma culotte, mais Hô est sorti de la pièce pour me laisser ôter mon sarong (enfilé dans les vestiaires) et m'installer à plat ventre sur la table. Lorsque j'ai dû me retourner, il a levé devant lui le tissu qui me recouvrait; et quand il a dû baisser ledit tissu pour me masser le ventre, il a commencé par glisser dessous une bande de coton qui me barrait la poitrine. A aucun moment il n'a pu apercevoir mes augustes nichons. Et dans la pénombre dela pièce, je ne crois même pas qu'il ait distingué mes vergetures. La pudeur (qui, pour ma part, ne m'embarrasse pas vraiment face à des professionnels du corps) est donc sauve.

mardi 12 août 2008

Armalite et Monsieur Tout-Le-Monde déménagent: épisode 2

Visite appartement n°2:
Quand? Lundi soir, 20h.
Où? Une rue résidentielle très calme, très jolie et très bourge derrière les étangs d'Ixelles. Pas du tout le genre d'endroit où j'ai envie d'habiter. Je suis une feignasse; il me faut tout à portée de la main: les transports en commun, quelques restos sympas, un supermarché et un minimum de magasins.
Quoi? Un duplex au 3ème ou au 4ème étage sans ascenseur, dans une belle maison. Mais à peine entrée dans la pièce du bas, j'apprends de la bouche de l'agent immobilier qu'il est loué meublé. Je ne verrai jamais ce qu'il y a en haut de l'escalier en colimaçon: j'ai fait demi-tour et suis ressortie aussitôt.

Visite appartement n°3:
Quand? Aujourd'hui, 18h45.
Où? Pas loin de la place Fernand Cocq, une rue parallèle à celle où nous habitons actuellement.
Quoi? Nous ne le saurons jamais. Arrivés en bas de l'immeuble, nous appelons le propriétaire pour qu'il nous dise à quel interphone sonner. "L'appartement vient juste d'être loué", nous informe-t-il. Merveilleux.

Visite appartement n°4:
Quand? Aujourd'hui, 20h.
Où? Rue du Bailli, à deux pas de tous les magasins les plus tentateurs de Bruxelles. Et libre le 15 octobre - parfait pour nous.
Quoi? Echaudés par l'expérience précédente, nous téléphonons au propriétaire pour confirmer le rendez-vous avant de nous mettre en route. L'appartement a été loué hier.

Récapitulons. Nous avons passé deux minutes dans le premier appart, trente secondes dans le deuxième, nous ne sommes pas entrés dans l'immeuble du troisième et même pas partis de chez nous pour visiter le quatrième. What next?

lundi 11 août 2008

J'ai reçu mes premières cartes!


Dans ma boîte à lettres aujourd'hui: une carte venue d'Allemagne, deux de Finlande et une de Norvège. Pas d'illustrations remarquables dans le tas, mais une recette de tourte aux myrtilles que je serais bien en peine d'exécuter faute de lire le finlandais. Et des timbres tous jolis, avec une mention spéciale pour le Finlandais qui représente un gâteau entouré de framboises.
De mon côté, je dois trouver une carte avec un chat pour un Chinois, une carte avec un ange ou un "truc religieux" pour une Finlandaise (le pays semble trèès actif sur Postcrossing; ce sera déjà mon 4ème échange avec), et un timbre pour envoyer ma carte de la Tour Japonaise de Bruxelles à une scrapbookeuse hollandaise. Je suis fan fan fan.

"Le premier jour du reste de ta vie"

Je dois pouvoir compter sur mes doigts les films qui m'ont fait pleurer. De mémoire, "Breaking the waves" de Lars von Trier et "Meurtre à Alcatraz" (celui avec Kevin Bacon et Christian Slater). "Le premier jour du reste de ta vie" n'est pas aussi tragique que les deux autres, loin s'en faut. C'est juste l'histoire d'une famille comme les autres: Roland, le père chauffeur de taxi, souffre d'être considéré comme un bon à rien par son propre père; Marie-Jeanne, la mère affolée de voir ses grands enfants quitter le nid, retourne à la fac et envisage la chirurgie esthétique pour rester jeune plus longtemps; Albert, le fils aîné brillant étudiant en médecine, épouse une fille peut-être pas faite pour lui; Raphaël, le fils cadet, joue de l'air guitar et traîne son adolescence jusqu'à l'approche de la trentaine; Fleur, la petite dernière perd sa virginité avec un connard et adopte la grunge attitude pour se rebeller contre ses parents. Du quotidien de gens ordinaires présenté à travers cinq dates-clés où des vies basculent sans aucune possibilité de retour en arrière.

Il y a beaucoup de vérité dans ce film, pas mal d'humour et énormément d'émotion. Certaines trouvailles de mise en scène sont particulièrement poignantes: après avoir hésité car elle devine déjà que son copain n'en vaut pas la peine, Fleur entre dans la chambre où elle va pour la première fois faire l'amour avec lui. Sur le seuil, son alter ego de onze ans la regarde, effarée. Elle referme la porte. Une mare de sang s'infiltre dans le couloir, chassant la fillette. Plus tard, Marie-Jeanne inquiète parce que Fleur découche depuis deux jours parcourt son journal intime en quête d'un indice. Les deux images se superposent dans le décor de la chambre d'ado: celle de la mère qui lit et celle de la fille qui écrit, parfois des années auparavant, des choses dont sa mère n'a aucune idée. Le passage à l'âge adulte, l'acquisition de l'indépendance sont très bien décrits. Tout comme les erreurs douloureuses que l'on peut faire en chemin, les clashs entre parents et enfants, les gouffres qui s'ouvrent et qu'on ne sait plus comment refermer avant qu'il soit trop tard. La bande originale (surtout les morceaux de Sinclair et le magistral "Perfect day" de Lou Reed) accompagne admirablement l'action.

Si "Le premier jour du reste de ta vie" m'a autant touchée, c'est sans doute parce qu'il évoque des thèmes qui me sont chers, comme l'incommunicabilité avec les gens qui nous sont les plus proches et les plus chers. Et parce qu'il ramène sur le tapis une question à laquelle je n'ai toujours pas de réponse: comment se fait-il qu'étant autant attachée à la notion de famille, je n'en veuille pas une à moi?

dimanche 10 août 2008

Non je n'ai pas une mémoire de poisson rouge, c'est juste que je me laisse distraire facilement

Hier après-midi, je suis partie en ville avec Chouchou faire quelques courses. J'avais besoin des choses suivantes:
- une carte postale représentant un chat pour envoyer à un Postcrosser chinois dont c'est le thème de prédilection
- une recharge pour mon GSM belge sur lequel il ne me reste plus que 2 euros de crédit
- une bombe de répulsif félin pour vaporiser sur le canapé et éviter que Copernique continue à faire pipi dessus (même si nous n'avons pas eu de nouvel incident depuis plusieurs jours)

Quatre heures plus tard, nous sommes rentrés fourbus (et, pour 50% d'entre nous, les orteils changés en Knacki Balls par leurs sandales compensées à lanières) avec ceci:



- "Design it yourself", bouquin trouvé à l'excellente librairie Peinture Fraîche qui, d'ordinaire, est systématiquement fermée lorsque nous voulons y faire des emplettes. Surprise: en pleine période de congés annuels, cette fois, elle était ouverte. Pendant que Chouchou bavait sur "The art of Totoro" et le reposait en rayon, estimant prématuré d'attaquer l'aquarelle alors qu'il en est encore à gribouiller des mannequins anatomiques au crayon, je cherchais vainement un ouvrage illustré sur les art journals et, n'en trouvant pas, me rabattais sur ce livre à la 4ème de couv prometteuse.

- Pleiiiiiin de fournitures de scrap provenant d'une descente à Scrapmania, boutique bruxelloise quelque peu excentrée mais dotée d'une propriétaire sympathique et d'un stock assez varié. Moi qui, d'habitude, commande toujours mes fournitures aux USA, j'ai découvert là plusieurs marques européennes très chouettes comme Glitz ou Rose Moka, et quelques produits intéressants dont des tampons caoutchouc roll-on et des mats en feutrine. Pendant ce temps, Chouchou s'amusait à photographier Diabolo, le gardien des lieux, sous toutes les coutures.

- Des Saima de Chie Mihara. Pour la petite histoire, ça fait des semaines que plusieurs fois par jour, je vais sur le site de Sarenza admirer les mêmes pompes en rose vif. Mais je ne pouvais pas me résoudre à dépenser 213 euros pour des chaussures quand même fort difficiles à asssortir et probablement trop grandes pour moi (sur le site, la première pointure disponible est le 36; or je fais un 35, et sur les escarpins, ça ne pardonne pas: on a vite fait de se retrouver un pied nu sur le trottoir, une chaussure un mètre en arrière et l'air passablement con). Et là, miracle: en passant chez Les Anonymes 5 minutes avant la fermeture, que vois-je juste à côté de l'entrée? Tout un assortiment de Chie Mihara soldées à moitié prix. Dont les fameuses Saima, dans une couleur beaucoup plus praticable (violet foncé), en 35 1/2 et à 108 euros. J'en aurais pleuré de bonheur.

Quant à mon correspondant chinois... Il attendra sa carte quelques jours de plus.

vendredi 8 août 2008

Armalite et Monsieur Tout-Le-Monde déménagent: épisode 1

Lassés par notre moquette pelée, notre affreux lino jaune taché, notre plafond de chambre et de salle de bain limité à 1m75, notre escalier malcommode dont les marches craquent et plient de manière assez inquiétante sous nos pieds, notre chauffe-eau capricieux et nos toilettes sans mur qui limitent très fort notre hospitalité, Chouchou et moi avons décidé de déménager. En vérité, nous en avons envie depuis mon arrivée à Bruxelles, mais nous jugions plus sage de 1/voir de quelle manière notre cohabitation se déroulerait 2/faire quelques économies afin que la transition s'effectue dans de bonnes conditions. Mais mi-juillet, nous avons enfin envoyé notre préavis pour le 15 octobre (date du second anniversaire de la signature du bail par Chouchou).

Reste maintenant à trouver notre futur nid. Je ne suis pas une novice de la recherche et de la location d'appartement, mais c'est un exercice que je n'ai plus pratiqué depuis 1998, et à l'époque, m'étant repliée chez papa-maman à mon retour des USA, je n'avais pas vraiment de date butoir pour vider les lieux. Le problème auquel nous sommes confrontés est le suivant: les appartements signalés comme à louer sont, pour la plupart, libres immédiatement; ils trouveront preneur bien avant la date à laquelle nous pouvons commencer à en payer le loyer. Selon toute vraisemblance, c'est donc courant septembre -mois durant lequel nous serons absents une semaine... - que nous aurons le plus de chance de dénicher notre prochain domicile. Un petit tour sur le site immoweb.be indique que les appartements correspondants à nos critères (un T2 ou 3 de 60-70 m² environ, lumineux, en bon état, pas au rez-de-chaussée, du côté d'Ixelles ou de Saint-Gilles, pour 650 euros mensuels) ne manquent pas, ce qui est assez rassurant. Tout de même, je suis un peu inquiète à l'idée de devoir me rabattre sur du second choix au cas où la perle rare tarderait à se manifester.

Pour nous échauffer et cerner le marché - et aussi parce qu'un coup de chance est toujours possible -, nous avons commencé à programmer des visites. La première a eu lieu cet après-midi. Entre deux averses diluviennes, nous avons foncé rue de la Digue, juste à côté de la place Flagey, pour voir un duplex prometteur affiché sur immoweb.be depuis ce matin. Si l'emplacement était parfait pour nous, l'appartement ne l'était pas. Outre une odeur de moisi suspecte dans la cage d'escalier, j'ai bloqué sur la disposition en L de la pièce à vivre et la raideur de l'escalier conduisant à la mezzanine - pire encore que dans mon appart du Midi de la France, où c'est déjà bien casse-gueule quand on se lève au milieu de la nuit, un peu sonné, pour aller faire pipi dans le noir. Il ne m'a pas fallu une minute et demie pour dire au proprio: "Désolée, ça ne nous convient pas". Inauguration de la recherche de Futur Nid Douillet: ça, c'est fait!

jeudi 7 août 2008

Je suis nulle en géographie, mais je me soigne


Je suis nulle en géographie. Sérieusement. J'ai attendu d'arriver en terminale pour découvrir où se trouvait la Chine (à ma décharge, je n'avais jamais que 15 ans, mais quand j'y pense, je suis encore passablement mortifiée). A 21 ans, je suis sortie avec un type qui ne me plaisait pas vraiment, juste parce qu'il m'avait récité la liste de toutes les capitales du monde. Y'a des filles qui sont impressionnées par les grosses bagnoles ou par les American Express platine, moi, il suffit de me susurrer "Mongolie: Oulan Bator" sur le coup de cinq heures du matin après une nuit blanche pour que je me pâme. Et après ça, on dira que je suis vénale.

Plus récemment, perplexe devant une carte d'Afrique, j'ai demandé à Chouchou: "C'est quoi le gros pays, là, juste à l'ouest de la Tunisie?" "La Lybie", m'a-t-il répondu sans hésiter. J'ai froncé les sourcils: "Tu es sûr? J'aurais plutôt mis ça au Moyen-Orient..." Oui, il était sûr, et oui, c'était bien la Lybie. Je me suis tapé la honte. Mais moins que lorsque, deux semaines plus tard, cherchant le Tajikistan sur une autre carte, j'ai révélé que j'étais incapable de situer précisément l'Irak. Un instant, j'ai senti Chouchou se demander s'il voulait vraiment passer le reste de sa vie avec l'ignare assise à côté de lui.

Je suis nulle en géographie, mais je me soigne. Ou j'essaie. Derrière la porte des WC de mon appartement, il y a une carte magnétique de l'Europe - vous savez, celle qu'on peut commander à Le Gaulois pour afficher les aimants qu'on trouve dans les paquets de cordons bleus. Evidemment, je ne passe que quelques jours par mois dans mon appartement, et quand je suis seule, je ne ferme jamais la porte des toilettes. Je reste donc désespérément nulle en pays de l'Est. (Mais quel besoin l'URSS avait-elle d'imploser? C'était tellement plus simple avant!)

Mais je suis presque sauvée. Depuis deux ans, j'ai un compteur Xiti qui me permet de visualiser sur une carte du monde l'endroit depuis lequel mes lecteurs se connectent. Curieusement, un pays qui abrite au moins une personne d'un goût assez exquis pour apprécier ce blog me paraît tout de suite plus digne d'intérêt. Par ailleurs, depuis début juin, je prête des sous à des micro-entrepreneurs du Tiers-Monde par l'intermédiaire du site Kiva. Je fais exprès de choisir mes bénéficiaires dans des pays que je ne sais pas situer (navrée, vaillants épiciers mexicains!), et aussitôt effectué mon virement Paypal, je file me rencarder sur Wikipédia. Associer une histoire humaine à un pays dope ma curiosité - et ma mémoire, enfin j'espère... Redemandez-moi où se trouve le Togo d'ici l'an prochain. Enfin, depuis tout juste une semaine, je suis inscrite sur le site Postcrossing qui a pour but l'échange de cartes postales entre ses membres et qui, lui aussi, visualise les pays de provenance et de destination sur un planisphère. Je viens d'envoyer une carte à un étudiant estonien, et je crois qu'il est temps pour moi de retourner aux toilettes.

mardi 5 août 2008

Une épaule transpirante sur laquelle pleurer

Cette fois, le séjour à Monpatelin n'aura guère été réjouissant. Accablée par la chaleur et par le boulot, j'ai passé les trois derniers jours à bosser chez moi en sous-vêtements, volets fermés et ventilateur à fond, en buvant un litre de Coca Light toutes les 12h. Je n'ai pas eu le temps de photographier mes vieilles pages de scrap, ni de procéder à un tri sévère de ma garde-robe comme je l'avais prévu. Je n'ai pas non plus réussi à trouver un créneau pour goûter avec Etre Exquis ou pour shooter ma nouvelle Blythe. Je voulais voir ma voisine pour lui demander un service: elle était partie en vacances. Comme d'habitude, mon mitigeur de douche est coincé en position chaude (ce qui m'a permis de découvrir qu'on peut transpirer dans l'eau, si si, je vous jure), et j'ai dû me battre contre ma bouteille de gaz pour manger autre chose que des salades de crudités ou des plats micro-ondés. Cerise sur le gâteau: j'ai passé deux soirées à jouer le Bureau des Pleurs sur MSN de 22h à 02h du mat'.

Mon esthéticienne, avec qui je suis devenue assez copine, est poursuivie par la poisse en ce moment. Son chauffe-eau a lâché, lui déversant 100l d'eau sur la tête (...et sur le plancher de son appart), le jour où son frère adoré avait un grave accident de voiture. Si on ajoute à ça qu'elle est peut-être enceinte d'un type dont elle est folle mais qui ne semble pas décidé à poursuivre leur relation... C'est une chouette fille et je me dis qu'à sa place, j'aimerais bien avoir quelqu'un à qui parler; alors bon, j'essaie de lui remonter le moral. Je fais de mon mieux mais bien entendu, je n'ai pas de baguette magique pour tout arranger, et ma bonne volonté ne suffit pas.

Mais je ne devrais pas me plaindre. D'abord, j'ai l'immense chance de retourner demain dans mon pays d'adoption où il tombe un déluge et où la température a chuté si brutalement que Chouchou a dû ressortir la couette du placard dans lequel elle était rangée depuis, oh, bien une semaine. Sarcastique, moi? Naaan. Ensuite, vendredi soir, Kris m'a fait la bonne surprise d'une longue conversation MSN poursuivie au téléphone; j'étais super contente d'avoir de ses nouvelles. Et puis samedi, j'ai passé un délicieux moment avec Kiki et sa famille. Chaque fois que je les vois, je me félicite d'avoir résisté à ma première impulsion de couper les ponts avec eux après ma rupture avec l'Homme - je craignais que continuer à les fréquenter remue trop de souvenirs douloureux. Et ça a été le cas un temps, mais ça valait le coup d'insister. Je ne vais pas dire ici tout le bien que je pense d'eux, parce qu'ils lisent ce blog et que je ne veux pas donner l'impression de leur passer de la pommade. Mais *love*. Juste *love*. Et la pizza maison n'y est pour rien. Ou alors, juste un tout petit peu :)

Enfin, j'ai quand même réussi à: profiter de la fin des soldes pour dénicher une mignonne paire de chaussures plates en satin gris clair à 29 euros, ainsi qu'une adorable jupe rose et grise ornée de petites fleurs à 7 euros seulement; à finir la lecture de l'excellent "Baguettes chinoises" de Xinran, que je traînais depuis des mois; à tester le service livraison et les surgelés Picard (tous deux très bien); et surtout à mettre en place un blog de scrap que je pense ouvrir à la lecture en fin de semaine. Stay tuned!

dimanche 3 août 2008

Facebook: en être ou pas?

CONTRE:
- Je n'aime pas faire comme tout le monde.
- Je passe déjà bien assez de temps sur internet.
- Je n'ai a priori l'utilité d'aucune de ses fonctions mirobolantes.
- Je ne suis pas du tout certaine d'y trouver les gens qui m'intéressent (hormis ceux qui essaient de m'attirer dessus et avec lesquels j'ai donc déjà d'autres moyens de communication).
- La course au nombre d'amis, je trouve ça d'un ringard...

POUR:
- Je suis curieuse; l'idée de savoir ce que mes contacts sont en train de faire me plaît bien.
- Tant qu'à rester le cul collé sur ma chaise de bureau de toute façon, autant ajouter un peu de variété dans le tryptique Google Reader/mon blog perso/le forum de mon éditeur sur lequel je clique en boucle.
- Franchement, j'aimerais localiser un certain nombre de gens de mon passé pour leur jeter à la figure combien je suis belle riche heureuse aujourd'hui. J'ai toujours eu ce fantasme de tomber un jour sur Véronique T. à la caisse de Carrefour. Une cliente serait en train de l'engueuler parce que ça ne va pas assez vite; elle aurait les yeux cernés, peut-être un bouton d'herpès sur la lèvre et un vilain pull en acrylique sous sa blouse. La star du tennis de notre collège l'aurait épousée et plantée avec trois marmots; son dernier copain en date lui aurait piqué ses économies avant de la quitter pour une fille plus fraîche - non sans lui laisser une petite MST en souvenir.
...Vous ne me trouvez pas charitable? Vous ignorez l'enfer que Véronique T. m'a fait vivre pendant mes années de 4ème et de 3ème. Après, je suis partie en seconde et elle en CAP, je crois. Depuis, je rêve d'une réunion d'anciens élèves comme les Américains en organisent régulièrement. Pendant la soirée, j'enchaînerais les allusions subtiles à mes nombreux voyages dans des pays lointains, à ma double vie entre Bruxelles et le Midi de la France, à mon boulot génial, au montant de mes revenus annuels, au nombre de paires de chaussures de créateur qui dorment dans ma garde-robe, et surtout à mon amoureux qui me traite comme une princesse. Mesquin? Peut-être. J'aime que mes ennemis me jalousent (et que mes amis me couvrent d'adoration et de bisous comme il se doit).
(Rien de trop ostentatoire hein.)
(Eventuellement une petite statue s'ils insistent, mais quelque chose de modeste.)
(Dix ou douze mètres maximum.)
(Et pour le matériau, surtout pas d'or jaune tape-à-l'oeil. Du platine me suffira.)
Hum. Bref. Tout ça pour dire que j'hésite à me créer un profil Facebook.

samedi 2 août 2008

Monique

En octobre 2003, les filles débutaient leur deuxième tournée dans un casino de la ville voisine - l'établissement de jeux, pas le supermarché... Ca, c'est venu quelques années plus tard. Ce week-end là, l'Homme était parti en stage d'aïkido avec la Classe A, et je me retrouvais donc sans voiture. J'étais pourtant bien décidée à ne pas rater l'événement. Je ne sais plus où j'ai déniché le numéro de cette femme taxi indépendante à qui j'ai demandé de me conduire sur place. Par contre, je me souviens très bien qu'arrivée à 500 mètres de ma destination, j'ai réalisé que j'avais laissé mon billet sur la table de la salle à manger. Heureusement, nous avions encore le temps de faire demi-tour. Mais le temps que je sorte enfin de la voiture, le compteur affichait 75 euros - gloups. "Vous savez ce qu'on va faire? m'a dit la dame à qui j'avais précisé que je la rappellerais à la fin du concert pour le trajet retour. Tout à l'heure, je vous ramènerai chez vous gratuitement pour compenser." Et au terme d'une soirée qui, sans que je le sache alors, devait changer pas mal de choses dans ma vie, elle l'a fait. Touchée par sa gentillesse, j'ai précieusement gardé son numéro de portable en mémoire. Mais pendant des années, je n'ai plus eu besoin de taxi.

J'ai rappelé Monique en octobre dernier quand, après avoir vendu Twiggy, j'ai eu besoin d'un moyen de transport alternatif pour mes allers-retours mensuels à l'aéroport. Par chance, elle n'avait pas changé de numéro entre-temps, ni arrêté son activité. La première fois, elle s'est extasiée sur mes chats que je déménageais à Bruxelles. Inutile de dire que ça me l'a rendue encore plus sympathique. J'ai pris l'habitude de m'adresser systématiquement à elle pour mes courses en taxi. Par-dessus le doux ronronnement du moteur de sa Chrysler, elle me raconte sa vie d'une voix douce, bien assortie à son physique de quinqua blonde et gironde. Au fil des mois, j'ai suivi les ennuis de santé de son père, hospitalisé de janvier à avril puis renvoyé chez lui en piteux état. "C'est très dur pour Maman", me confiait-elle tristement la dernière fois que nous nous sommes vues. A Noël, elle m'a offert une boîte de délicieux macarons Lindt en affirmant avec un grand sourire: "Ca me fait plaisir". Désormais, lorsque nous nous quittons, elle me prend dans ses bras et me colle deux bises. J'apprécie beaucoup cette femme qui semble avoir eu une vie difficile et qui est pourtant d'une immense gentillesse.

Hier après-midi, j'ai dû me rendre en bus au centre commercial voisin. Entrée chez Carrefour pour y acheter deux bricoles que je ne trouve pas en Belgique (du Lipton orange/mandarine, de la cire à épiler Nair en pot), je me suis dit: "Tiens, et si j'en profitais pour prendre de quoi petit-déjeuner, puisqu'à cause de la chaleur j'ai eu la flemme de me traîner chez Champion ce matin ?" Je me suis rapidement trouvée plus chargée que prévu. Et je savais que l'arrêt du bus de retour se trouvait à un bon kilomètre de marche. Le courage m'a manqué. J'ai appelé Monique: "Bonjour, vous seriez libre pour passer me prendre dans une demi-heure et me ramener chez moi?". Elle était juste à côté chez un concessionnaire. Et elle devait aller chercher quelqu'un à l'aéroport, sur le chemin duquel se trouve mon domicile. Non seulement elle est passée me prendre, mais quand je lui ai demandé ce que je lui devais, elle m'a répondu: "Rien du tout. C'est cadeau. Pour vous remercier de votre fidélité." Je lui ai demandé si par hasard, elle aimait les Speculoos (j'en rapporte déjà pour un certain nombre de gens de mon entourage français). Mais non: Monique est comme moi, elle déteste la cannelle. J'en serai quitte pour retourner au Petit Sablon acheter des fraises au chocolat chez Godiva et prendre une boîte de coeurs à la framboise chez Whittamer.

vendredi 1 août 2008

Moins 17

Dans le TGV Bruxelles-Monpatelin. Je m'ennuie. Le voyage n'est pas très long, mais il ne m'a fallu qu'une heure et demie pour venir à bout des deux Elle (le français et le belge) achetés à la gare. Après avoir boulotté ma salade de pâtes au pesto Food Maker, j'essaie de jouer un peu avec ma DS, mais le Mah-Jong me file vite mal aux yeux, et j'ai mis la barre tellement haut au Tétris qu'à moins d'un miracle, jamais je ne parviendrai à battre mon record. J'ai un Paul Auster dans mon sac, "Dans le scriptorium". Mais il ne fait pas partie de la catégorie "histoires" que j'affectionne chez cet auteur; il se range, au même titre que la "Trilogie New-Yorkaise", dans celle des "expériences littéraires". Je n'accroche pas. En plus, c'est assez difficile de se concentrer quand juste devant vous, quatre petits Flamands blonds âgés de 2 à 4 ans environ (dont des jumelles) braillent en continu depuis le départ du train. Après avoir mis bas une portée pareille en l'espace de vingt-quatre mois, je conçois que la mère soit trop épuisée pour faire la police, mais si on ne peut plus avoir la paix même en 1ère classe, où va-t-on, je vous le demande? D'autant que les mômes ne sont pas les seuls à polluer mon espace auditif: un gros monsieur passe un coup de fil professionnel en anglais, d'une voix très forte et avec un accent épouvantable. Il n'a donc pas vu les autocollants "portables interdits" à l'entrée de la rame? Rha la la. Rien de tel que me retrouver coincée 5 heures et demie d'affilée avec un échantillon représentatif des membres de mon espèce pour que ma misanthropie péniblement maîtrisée revienne à la charge.

Or donc, je m'ennuie. Alors je sors mon portable français et j'entreprends de faire un peu de ménage dans mes contacts. Exit ces trois blogueurs belges dont je suis sans nouvelles depuis des mois - surtout les deux premiers, que je n'ai aucune envie de revoir. Exit l'ex-éditrice de Maudite Série (zut, j'aurais peut-être dû me contenter de remplacer son nom par celui de la personne qui lui a succédé...). Exit cette cousine qui a paumé son téléphone voici fort longtemps et ne m'a jamais communiqué son nouveau numéro. Exit ces trois fans des filles avec lesquels je n'ai plus aucun contact depuis la dissolution du groupe. Exit l'assureur de Twiggy, mon ex-véhicule à 4 roues. Exit le centre médical désormais inaccessible pour moi faute de véhicule à 4 roues. Exit l'institut de beauté puisque maintenant je me fais épiler à domicile. Exit la salle de sport où j'ai sué en vain pendant six mois. Exit le fixe d'Autre Moi qui a résilié sa ligne. Exit ce garçon que je ne rappellerai pas. Exit cette fille ravissante avec qui j'ai refusé de coucher alors qu'on était libres toutes les deux, au prétexte que j'avais l'âge d'être sa mère (mes scrupules vont vraiment se nicher dans des endroits stupides). Exit l'unique spécialiste du sommeil de mon département: j'ai décidé d'arrêter les somnifères peu de temps après que mon généraliste m'ait mise en contact avec elle.

Et... exit Cat, ma grande copine de l'aïkido. Son mec portait le même prénom que l'Homme. Leur histoire avait commencé de la même façon que la nôtre, alors que Monsieur était marié ailleurs. Elle a sombré avant la nôtre parce Monsieur qui avait déjà deux enfants n'en voulait pas de troisième, et aussi parce qu'au lieu de résoudre les problèmes de son nouveau couple, il s'était mis à coucher avec une autre femme, qui avait déjà une petite fille de son côté. Pour se consoler, Cat est partie deux ans au Sénégal (ou à Madagascar, je ne sais plus). Elle en est revenue avec un Jules formidable et a aussitôt fondé la famille dont elle rêvait. Je ne l'ai vue qu'une fois après son retour; elle rayonnait... comme moi aujourd'hui je suppose. La morale de l'histoire, ça pourrait être que même après une déconvenue dont on croit ne jamais se relever, il est encore possible de rencontrer le partenaire idéal, quelqu'un de dix fois mieux que la personne qui nous a tant fait souffrir. Ca pourrait aussi être "bien mal acquis ne profite jamais" - mais quid des représailles karmiques exercées à l'encontre du bien qui s'est laissé acquérir sans opposer beaucoup de résistance? Pour ma part, je préfère cette mise en garde des Anglo-Saxons que Rachel jette à la figure de Ross pendant un épisode de "Friends": "once a cheater, always a cheater".

En tout, j'aurai mis à la poubelle 17 contacts hier après-midi. Et avec eux, des pans entiers de ma vie.