mardi 30 septembre 2008

Armalite et Monsieur Tout-Le-Monde déménagent: épisode 9

Cette fois c'est parti: nous avons rendez-vous aujourd'hui à 16h pour faire l'état des lieux de notre nouveau logis. Nous nous y rendrons avec une fourgonnette pleine de nos vêtements, pour pouvoir vider directement les cartons dans la penderie et repartir avec. Un deuxième voyage en début de soirée devrait nous voir apporter nos plus petites étagères et une partie de nos bouquins. Je me suis déjà fait mal au dos en descendant sept caisses de vêtements de la mezzanine; je n'ose imaginer dans quel état je serai à la fin de la semaine. C'est qu'il y a quand même deux étages (abrupts, avec des marches étroites) à descendre ici, et deux autres à monter là-bas. J'avais l'impression que nous avions assez peu d'affaires mais... quand il faut tout transbahuter d'un coup, c'est toujours trop lourd et trop encombrant. Néanmoins, si tout se passe comme prévu - c'est-à-dire selon le planning que je viens de mailer à Chouchou -, nous passerons notre première nuit dans le nouvel appartement samedi ou dimanche.

Et c'est là que les choses vont légèrement se corser. Car outre le rangement, qui prendra du temps mais constitue une activité plutôt plaisante pour moi, nous allons être confrontés à une cruelle absence de connection internet. Tout bien considéré, l'Internet Everywhere ne nous convient pas : limité à 2MB de téléchargement par mois, or rien qu'avec les photos nous en consommons entre 6 et 13, et chaque MB supplémentaire est facturé 30€, gloups! Nous allons donc attendre la visite d'un technicien pour savoir combien nous coûterait un raccordement au réseau ADSL et choisir entre ça et une ligne fixe. Dans les deux cas, le branchement ne sera pas immédiat. J'ai des sueurs froides rien que de m'imaginer plusieurs jours, que dis-je, plusieurs semaines (plusieurs mois?) sans internet à domicile. D'autant que ce n'est pas comme si je pouvais me connecter du bureau! Il va falloir trouver un endroit équipé du wifi aux alentours de la place Jourdan pour pouvoir quand même aller surfer un peu. Mais si je ne poste plus après le 14 (date à laquelle je rentrerai de Monpatelin), vous saurez pourquoi.

Edit à 12h53: Chouchou m'apprend à l'instant que suite à l'état des lieux avec le précédent locataire, la proprio du nouvel appartement souhaite faire venir une femme de ménage et des peintres! Elle dit que ça peut être fait dans la journée de demain, mais j'ai comme un doute... Pour tout arranger, nous ne connaissons toujours pas l'emploi du temps professionnel de Chouchou pour le mois d'octobre, donc nous ne sommes même pas certains qu'il sera libre dimanche pour absorber le décalage causé par cet imprévu... Cette fois c'est officiel: je suis en train de criser.

Boulgour à l'italienne



Par personne, et par ordre de dépose dans l'assiette, il faut:
- 1 cuillère à soupe de vinaire balsamique mélangée à 2 cuillères à soupe d'huile d'olive, du sel et du poivre
- 70 à 80g de boulgour sec, cuit selon les instructions sur le paquet et laissé refroider
- 2 tranches de prosciutto (ou autre jambon sec italien) coupées en petits morceaux
- 1 poignée de tomates séchées coupées en petits morceaux
- 1 poignée de copeaux de parmesan
- 10 à 12 mini-asperges vertes cuites à la vapeur et laissées refroidir.
Ce plat peut se consommer tiède ou froid, selon le goût et la patience des convives!
Bon appétit.

lundi 29 septembre 2008

"American elf" vs "Chroniques wallonnes"

Voici deux recueils de BD basés sur le même principe: produire chaque jour un strip autobiographique en noir et blanc pendant une assez longue période (l'expérience de Fifi s'étale sur un an, celle de James Kochalka se poursuit depuis maintenant plus d'une décennie). Chacun d'eux a un titre qui situe géographiquement son origine et laisse à penser que son contenu reflètera quelque chose de la culture du pays dans lequel vit l'auteur.

La ressemblance s'arrête à peu près là. Kochalka pratique un dessin très simple et non réaliste: il donne une apparence d'elfe à sa femme et à lui-même ou représente un de ses amis sous les traits d'un chien. Bien qu'il soit parfois sujet à des pannes d'inspiration, celles-ci sont assez rares et il parvient généralement à les traiter sous un angle humoristique. Il a par ailleurs une vie assez riche pour produire des anecdotes intéressantes: outre son job de dessinateur, qui l'amène à se déplacer très souvent dans des conventions à travers le monde entier, il appartient à un groupe de rock dont il est le chanteur et avec lequel il effectue des tournées, parfois jusqu'en Suède. Il semble aussi avoir une vie sociale assez riche, avec de nombreuses interactions familiales et pas mal de soirées entre potes. Ainsi, on suit cette autobiographie dessinée avec amusement et petit à petit, on s'attache à son auteur, si colérique et immature qu'il se dépeigne parfois.

Gros contraste avec la vie de Fifi le Wallon. Son recueil m'a fait de l'oeil sur une table de la FNAC à cause de son titre, de son format agréable et de son dessin plus réaliste et beaucoup plus recherché que celui de Kochalka. Mais la lecture de "Chroniques wallonnes" m'a bien déçue. Plus d'un jour sur deux, l'auteur se représente assis à sa table de travail en train de se plaindre qu'il n'a pas d'idée. Le reste du temps, on le voit déambuler en monologuant dans les rues de sa ville. S'il a une petite amie, il ne la montre jamais; s'il a des potes, il les cache bien; s'il a de l'imagination, il se garde de nous la faire partager. L'essentiel de son existence semble se passer vautré devant sa télé avec une pizza. Parfois, il rouspète parce qu'il fait mauvais, parce qu'il est malade ou parce que son ordinateur a encore planté. Et c'est tout. Beaucoup trop peu, donc, pour tenir 365 pages sans lasser le lecteur. Dommage, car je lui trouve un coup de crayon vraiment sympathique.

dimanche 28 septembre 2008

Je suis triiiiiiiste

Ce midi, pendant que nous déjeunons au Balmoral avec Ingrid (une lectrice de nos blogs qui a très gentiment proposé de nous passer des cartons pour notre déménagement), nous nous apercevons qu'elle et moi partageons une passion pour Leonard Cohen. Je lui dis ma tristesse de n'avoir pu me procurer de place pour le concert de Bruges le 12 juillet dernier. Elle me raconte que non seulement elle y était, ayant acheté ses tickets 5 minutes après la mise en vente sur internet, mais qu'elle a trouvé ça génial. "Mais il repasse bientôt à Forest National", ajoute-t-elle. Mon coeur fait un bond dans ma poitrine. Tiendrais-je une chance de réaliser mon vieux rêve (la dernière, sûrement, car il s'agit de la tournée d'adieu de l'artiste - et encore ne l'a-t-il entreprise que parce qu'il était ruiné par son manager)?

Rentrée à la maison, je me précipite sur mon ordi. Hélas, trois fois hélas! Le concert est sold out. Les rares places en circulation, sur eBay par exemple, ne se trouvent pas à moins de 300 euros les deux (sachant que leur valeur nominale est comprise entre 40 et 80€, je me demande s'il ne serait pas possible de gagner ma vie en achetant des tas de billets pour des spectacles courus et en les revenant cinq fois plus cher que je ne les ai payés!). A un autre moment, je me serais fait plaisir même à ce tarif. Mais avec le déménagement juste avant et toutes les dépenses qu'il va entraîner... Mon rêve s'envole. Tant pis, je me contenterai de me repasser les CD de Léo en boucle.

Maigre butin

Hier après-midi, comme Chouchou travaillait (il avait vraiment la semaine la plus merdique possible niveau boulot), qu'il faisait soleil et que je craignais que ce soit une des dernières belles journées de l'année, je suis sortie me promener. Enfin, soyons honnêtes: faire les magasins pour trouver deux-trois sapes de saison à me mettre sur le dos. Et bien après avoir descendu la chaussée d'Ixelles et remonté la rue Neuve en fouillant toutes les boutiques pas trop chères du coin, je suis rentrée avec trois sacs à peine, donc un de la Fnac qui ne contenait que des bouquins et ne compte donc pas, et un autre de chez Etam lingerie. J'ai bien trouvé, chez Pimkie, un petit blouson marron qui devrait combler le vide actuel de ma penderie entre les vestes en toile d'été et les anoraks fourrés, mais pour le reste... Malgré des vitrines alléchantes, je n'ai rien vu qui me plaise, qui ne me donne pas l'air enceinte de triplés et qui cadre avec mon style de vie.

Il faut dire qu'une fois de plus, la consommatrice lambda est particulièrement gâtée cet automne. L'an dernier à la même époque, je vitupérais contre les pulls sans manches. Ma plainte a dû être entendue en haut lieu: cette année, la tendance s'est généralisée aux manteaux. Franchement, à quoi sert un manteau qui ne tient chaud que jusqu'aux coudes? C'est à peu près aussi utile que si on inventait une culotte qui ne couvre pas les fesses. Pardon, ça existe déjà - ça s'appelle un string. Je reste également perplexe devant la mode des pantalons carottes et des sarouels: ça va à qui, ces horreurs? Aux filles très bien foutues, sûrement. Mais elles seraient beaucoup plus jolies avec... je sais pas moi, à peu près n'importe quoi d'autre. Côté chaussures, les derbies reviennent en force. Ce n'est pas vilain, mais je ne me vois pas avec ça aux pieds. Et oui, lectrice, lecteur, il existe quand même des catégories de godasses que je me refuse à porter (ou à acheter juste pour le plaisir de les regarder). Personne ne me verra jamais avec des mocassins, des espadrilles, des plimsols, des Crocs ou des sandales en caoutchouc qui se ferment par scratch. Le bon sens - ainsi que mon 1,54 m et mes mollets de footballeur - voudrait que je fasse également l'impasse sur les ballerines, mais j'ai du mal.

Le butin est maigre, donc. En même temps, un bon tiers de ma garde-robe n'a encore dû voir la lumière du jour qu'entre le magasin où je l'ai achetée et la penderie où je l'ai enfermée quelques heures plus tard. Il devrait donc être possible de renouveler mon look sans faire de folie avant les soldes d'hiver. Ca tombe bien: j'ai un appart à meubler et je doute qu'Ikea accepte de me sponsoriser à titre gracieux.

Galerie Tage Andersen


Le premier jour de notre récent voyage en Europe du Nord, après une matinée de shopping assez peu typiquement danoise, c'est ici que nous avons éprouvé notre premier coup de coeur: à la boutique/galerie d'art floral Tage Andersen, chaudement recommandée par le Cartoville (un des rares city guides en français sur Copenhague). L'entrée coûte 40 DKK, soit environ 5€. Mais la visite les vaut largement tant l'endroit est enchanteur. On se croirait dans un conte de fées, un mini-Brocéliande recréé en intérieur. L'exiguité des lieux et leur disposition tarabiscotée ajoutent encore à leur charme. Un paon se promène languissamment dans une petite cour; des poissons s'ébattent dans une fontaine moussue, et on ne serait pas surpris d'apercevoir un lutin caché derrière l'une des étonnantes compositions végétales ou une fée voletant au-dessus des bouquets de fleurs exotiques. Détail agréable: aucun panneau n'interdit de prendre des photos, et personne ne surveille ce que font les visiteurs; nous ne nous somme donc pas privés pour mitrailler chaque recoin, avant de ressortir à regret. Il paraît que Tage Andersen expose partout dans le monde; je vais guetter ses prochains déplacements et s'il ne passe pas trop loin de Bruxelles, nous essaierons sûrement d'aller voir ça!
Tage Andersen, Ny Adelgade 12, du lundi au samedi, de 10h à 18h (19h vendredi, 15h samedi).

samedi 27 septembre 2008

"Battuta"

Hier matin, un petit article dans le blog de fille d'Hélène me fait bondir sur ma chaise. Une lectrice qui bosse dans l'évènementiel donne un lien permettant d'obtenir des invitations gratuites pour le dernier spectacle équestre de Zingaro, qui passe actuellement à Tour & Taxis. Seul hic: la représentation concernée est celle du soir même, et Chouchou bosse jusqu'à 22h. Je propose à Poulpy de m'accompagner: elle n'est "pas branchée canassons". Mélissa et Ingrid sont déjà prises. Qu'à cela ne tienne, j'irai seule!

Il faut dire qu'il y a quelques mois, lorsque nous avons préparé notre programme de cet automne, Chouchou et moi avons hésité entre deux beaux spectacles chers: "Quidam" du Cirque du Soleil et, donc, le "Battuta" de Zingaro. "Quidam" a fini par l'emporter, essentiellement pour une raison de date: il se joue en novembre, à une période où je savais que nous n'aurions plus le déménagement dans les pattes. Et puis je pensais qu'il intéresserait davantage Chouchou, qui ne partage pas ma passion pour le genre équin. Que le hasard me permette quand même de voir "Battuta" me remplit de joie et du sentiment d'être très chanceuse en ce moment.

Arrivée à 20h20 à Tour & Taxis, après avoir réussi à ne pas me perdre en chemin depuis la station de métro Yzer, je dois patienter dans l'immense file d'attente devant la tente marquée "guests". Apparemment, les organisateurs ont bel et bien dû distribuer une grande quantité de places gratuites pour remplir leur chapiteau! Je trouve ça étrange pour un spectacle dont on ne dit que du bien sur Internet - d'autant que son créateur Bartabas jouit d'une solide réputation.

J'hérite de la place A18, donc au tout premier rang. Pas idéal pour y voir à cause du manque de recul... et, comme je ne tarde pas à le constater, en raison du bombardement quasi-constant de mottes de terre. Ben oui: les chevaux passent au galop à moins d'un mètre, et ça gicle sous leurs sabots. J'en reçois dans les yeux (c'est bien la première fois que je me réjouis de porter des lunettes: elles font écran!), dans les cheveux, dans les oreilles et même dans le soutif - blouson fermé jusque sous le menton! Mes vêtements en sont constellés, et il doit même s'en être infiltré un peu à l'intérieur de mon sac. Franchement, si j'avais payé ma place 55€ et que je m'étais mise sur mon 31 comme mes voisins de banc, j'aurais un peu la pigne. Parce qu'entre la terre et l'angle peu avantageux, il est difficile de voir vraiment ce qui se passe sur la piste.

Mais je vais arrêter tout de suite de râler. Même vu dans une position très inconfortable, ce spectacle, "c'est que du bonheur", comme ils disent dans la télé-réalité. Evidemment, je suppose que si on est hermétique à la voltigue équestre, on doit s'ennuyer quelque chose de mignon, parce qu'il n'y a rien d'autre: pas de décors mirobolants, pas d'effets spéciaux, pas de jeux de lumière, juste un petit orchestre de cordes et un autre de cuivres. Mais les cavaliers... C'est simple, on dirait qu'ils ne sont pas soumis aux lois de la gravité. Ils sautent et tournoient avec une agilité ahurissante, faisant à dos de cheval ce que la plupart d'entre nous auraient déjà bien du mal à réussir les deux pieds sur terre - jouant du violon, esquissant un pas de danse ou exécutant des sauts périlleux arrière. Les numéros rivalisent de virtuosité et de drôlerie, notamment celui du striptease, celui de l'ours, et le final éblouissant durant lequel se succèdent d'improbables attelages qui, telles autant de saynètes loufoques, concluent l'histoire du spectacle ventre à terre.


"Battuta" ne dure qu'une heure et quart. Si vous aimez les chevaux, foncez-y: vous ne verrez pas mieux ailleurs. Mais tâchez de réserver des places plutôt vers les rangs D ou E. Plus bas, prévoyez une tenue qui ne craint rien, et peut-être un masque de plongée pour vous protéger la figure. Dans tous les cas, emportez une petite laine: à l'intérieur du chapiteau, il ne fait pas beaucoup plus chaud que dehors.

vendredi 26 septembre 2008

Dernière minute: des invitations pour le cirque Zingaro ce soir!

Si vous êtes fauché et que ne savez pas quoi faire ce soir, allez vite remplir ce formulaire en prenant bien garde, dans le menu déroulant, à remplacer "Tour & Taxis" par la date de ce soir.
Vous devriez immédiatement recevoir un mail de confirmation que vous n'aurez qu'à imprimer pour pouvoir assister gratuitement à la représentation du cirque Zingaro ce soir à Tour & Taxis. Il paraît que c'est superbe, alors n'hésitez pas! Chouchou travaille ce soir, hélas, mais j'y serai certainement!

Edit: Bon ben voilà, les 300 places gratuites ont été attribuées... A demain pour le récit de ma soirée!

Armalite et Monsieur Tout-Le-Monde déménagent: épisode 8

Si tout va bien, nous récupérons des cartons dimanche et les clés de Futur Nid Douillet mercredi prochain. J'ai hâte. D'abord parce que la chute brutale de la température nous a forcés à rallumer notre chauffage pétaradant, dont le bruit de moteur poussif est fort nuisible à ma concentration. Ensuite parce que l'immeuble est vraiment devenu trop petit pour moi et pour la harpie de l'agence Universal chargée de sa vente. Si je devais la supporter encore un mois au rythme de deux visites par semaine, il finirait par y avoir du sang.
Pour l'instant, nous n'avons pu nous occuper que des formalités liées à notre déménagement. Enfin, quand je dis "nous", c'est surtout Chouchou. J'ai déjà du mal à m'y retrouver dans mes tractations ubuesques avec l'administration française; je ne me risquerais pas à m'aventurer dans les méandres de la bureaucratie belge. Je me suis contentée de mettre en place un virement mensuel vers le compte bancaire de Chouchou pour lui verser ma part du loyer, et ça a été suffisamment prise de tête.
Pour l'instant, nous avons déjà eu une surprise désagréable: notre future résidence est apparemment impossible à équiper en ADSL faute de ligne téléphonique adéquate. Du coup, Mobistar nous donne le choix entre: payer des travaux de raccordement dont le coût peut aller jusqu'à 500 € (hop, mon canapé Ektorp n'a plus que deux sièges au lieu de trois!) et souscrire un abonnement mensuel dont nous nous passions au 51 rue M***. Nous allons sans doute opter pour une troisième solution: l'Internet Everywhere, une clé-USB modem qui nous permettra en outre de nous connecter depuis n'importe où pour seulement 30 € par mois.

jeudi 25 septembre 2008

Du nouveau dans nos blogs

Le projet "Moody & Cookie" (ou "Elle & Lui") prendra fin dans un mois. Il avait pour but de chroniquer en images notre première année de vie commune tout en nous inculquant une discipline: celle d'avoir toujours notre appareil photo sur nous et de guetter en permanence les sujets intéressants. A présent que cela est acquis, nous n'éprouvons pas le besoin de prolonger au-delà de la limite que nous nous étions initialement fixée. Nous avons fait le tour de notre univers visuel, si bien que ce projet devient une contrainte déplaisante les jours où il ne se passe rien de spécial. En outre, il finit par être redondant avec nos blogs personnels: la plupart des bons clichés que nous y publions ont une histoire que, souvent, nous avons aussi envie de raconter avec des mots.
Exit donc "Moody & Cookie". Mais Chouchou a eu l'idée d'un autre concept de blog photo qui permettra de suivre une partie bien ciblée de notre vie, sans faire double emploi avec "Le rose et le noir" ou "Quelle heure est-il à Tokyo?" ni nous imposer la contrainte pensante à la longue d'une publication quotidienne. Je le laisse vous exposer ça lui-même quand il s'en sentira l'envie.
Par ailleurs, le blog de Régis (honteusement délaissé au mois d'août) va bientôt prendre un nouvel essor. Quand je l'ai lancé il y a un an et demi, j'avais quelques idées sympas pour en faire la promotion, mais je ne me suis jamais donné la peine de les mettre en oeuvre. Résultat, le blog stagne en termes de lectorat, ce qui ne me motive pas pour m'en occuper. Mais Chouchou, décidément très inspiré en ce moment (comme quoi une semaine de sexe débridé dans un hôtel design, c'est le top pour fouetter l'imagination), m'a soumis tout un tas de propositions alléchantes qui devraient permettre à "Régis was here" de prendre enfin la dimension que je lui souhaitais à la base.
Mon blog de scrap se dotera d'une nouvelle bannière dès que Chouchou aura le temps de la mettre en ligne. Prochainement, je vais essayer d'y poster des diaporamas pour montrer d'un coup certains de mes mini-albums. Et sitôt que l'installation dans notre nouvel appart' sera terminée, je commencerai à postuler pour intégrer des Design Team de fabricants ou de boutiques.
Concernant mon blog de voyage, je vais y consigner le récit de notre séjour en Europe du Nord, et peut-être changer le layout dans les mois prochains. J'avoue que ce n'est pas ma plus grande priorité.
Quant à ce blog-ci, il va continuer son petit bonhomme de chemin chaotique avec ses articles hétérogènes et sa totale absence de ligne éditoriale. Il n'est ni "commercial" ni "influent", mais je l'aime comme ça :)

mercredi 24 septembre 2008

"Joséphine"

Vu que j'ai failli m'étrangler de rire en lisant "Ma vie est tout à fait fascinante" et que je vénère le travail de Pénélope Bagieu au point de lui avoir créé son propre tag dans ce blog, j'attendais beaucoup de "Joséphine", son premier album non-autobiographique (même si on devine très vite que certaines des situations qu'il met en scène ont dû être vécues, sinon par elle, au moins par une de ses copines).
Joséphine, donc, c'est la quintessence de la nana de 30 balais pas encore casée, et à qui tout son entourage ne cesse de rappeler cette tare impardonnable. Une sorte de Bridget Jones française, moins pathétique que sa célèbre grande soeur. Toutes les célibataires urbaines devraient se reconnaître dans la majorité de ses (més)aventures. C'est le point fort de l'album, et aussi son gros défaut. Il tape juste - bien qu'avec moins de mordant que "Ma vie est tout à fait fascinante" -, mais il ne surprend pas. Du début jusqu'à la fin, j'ai eu l'impression de lire un numéro de Cosmo illustré. Agréable, donc, mais pas transcendant. En fait, le point fort de Pénélope Bagieu, c'est définitivement son dessin archi-expressif: les mimiques, les postures de ses personnages sont toujours mille fois plus éloquentes qu'une énorme bulle de texte. A se demander si elle ne devrait pas carrément faire dans le muet.

mardi 23 septembre 2008

"Toy Store": OUI - NON

Je viens de recevoir par la Poste le dernier album solo de Morten Harket, "Letters from Egypt". J'en ai écouté royalement trois morceaux avant d'éteindre iTunes, écoeurée par les musiques pop sirupeuses qui seyent fort mal à un quasi-quinqua, et plus encore par les textes bourrés de références pieuses.

Me souvenant que je n'avais pas non plus réussi à aller jusqu'au bout des deux derniers CD achetés précédemment ("Ersatz" de Julien Doré et le dernier opus de Mme Sarkozy*), j'ai fait un rapide tour d'horizon des albums acquis contre espèces sonnantes et trébuchantes depuis l'automne 2006. Et je n'ai trouvé pratiquement que des déconvenues.
- "L'eau" de Jeanne Cherhal, dont j'avais adoré "Douze fois par an" au point d'aller la voir toute seule en concert à la Cigale, m'a laissée parfaitement indifférente.
- Le 4ème Anouk m'a aussi peu plu que le 3ème, alors que je vénère les deux premiers et ne me suis jamais autant identifiée à l'univers d'une chanteuse.
- L'album éponyme de She wants revenge contient en tout et pour tout deux morceaux que j'aime vraiment: "These things" et "Us".
- La BO de "La marche de l'empereur", achetée dans la foulée du "Végétal" délicieusement vénéneux d'Emilie Simon, n'a réussi qu'à m'endormir.
- Le "Divinydille" archi-attendu de Vanessa Paradis a été une grosse déconvenue; sur le précédent déjà, je n'avais retenu que deux titres.
- Les albums d'Adrienne Pauly et de Yelle m'ont amusée environ une semaine chacun.

Surnagent de ce naufrage musical:
- "L'invitation" de Daho, pas son meilleur album de mon point de vue mais très correct tout de même.
- Le "Grandir à l'envers de rien" de Lola Lafon & Leva, parce que Lola.
- Le "Pocket Symphony" de Air, juste sublime. Surtout le très planant "Mer du Japon".
- Le "5:55" de Charlotte Gainsbourg qui a bercé mes réveils pendant plusieurs mois.
- Et enfin le "Life in cartoon motion" de Mika dont je suis tout simplement folle même si ma voix se casse chaque fois dans le refrain de "Grace Kelly" (les vitres menacent d'ailleurs d'en faire autant).

Du coup, même si je n'ai lu que du bien du "Toy Store" de Coralie Clément, dont le "Bye-bye beauté" avait été un de mes grands coups de coeur d'il y a deux ans, j'hésite un peu à investir encore une quinzaine d'euros dans un album que je risque de mettre sur Amazon Marketplace dix minutes après l'avoir reçu.

*Vous allez me dire "Bien fait pour ta gueule", et sur ce coup-là, je serai bien en peine de vous contredire.

lundi 22 septembre 2008

Les meilleures choses ont une fin... jusqu'à la prochaine fois

Après la semaine ébouriffante que nous venons de passer, la reprise du travail aujourd'hui a été quelque peu laborieuse. Les journées ont sacrément raccourci et j'ai dû rallumer le chauffage. Chouchou bosse de 14 à 22h jusqu'à samedi inclus, donc aucune soirée ciné et/ou resto en perspective. Par ailleurs, je manque singulièrement d'entrain pour remonter sur la Wii Board (à laquelle je n'ose même pas demander de me peser, vu ce que je me suis enfilé ces huit derniers jours).

C'est toujours difficile de replonger dans le train-train quotidien quand on a la tête pleine de souvenirs tout frais et de projets pas immédiatement réalisables. En attendant de gagner au loto (ce qui risque de prendre un peu de temps vu que nous ne jouons pas) ou de nous découvrir un oncle d'Amérique opportunément défunté, nous échaffaudons des plannings à horizon 2012 pour prendre notre mal en patience. Professionnellement comme dans ma vie privée, c'est la première fois que je me projette aussi loin - et, sans doute, le signe que je me décide enfin à bâtir quelque chose. A presque 40 ans, il était temps, me diront certains. Mais je suis contente d'avoir procédé à mon rythme, en écoutant mes envies plutôt que de me conformer à ce qu'on attendait de moi. Aujourd'hui, je savoure l'équilibre et le bonheur conquis de haute lutte.

dimanche 21 septembre 2008

Saut en parachute au Skydive Center de Spa


La plupart du temps, je me félicite de ne pas posséder de voiture: je bosse à la maison, il n'y a jamais de place où se garer dans notre quartier, je déteste conduire et je n'aime pas polluer quand il y a moyen de faire autrement. Mais de temps en temps survient une occasion où je me mords les doigts de ne pas être véhiculée par mes propres moyens.
Aujourd'hui, par exemple, nous devions nous trouver près de la frontière allemande à 11h30 pour notre saut en parachute. A l'origine, celui-ci devait se dérouler au centre de Namur, bien plus commode à atteindre depuis Bruxelles; mais pour des raisons d'engorgement, nous avons été redirigés vers Spa. Nous nous sommes donc levés à 7h45 afin de prendre le train de 9h01 à destination de Liège, où nous récupèrerions une voiture Cambio pour faire les 60 derniers kilomètres. Seul problème: à cause des Journées du Patrimoine, le centre-ville était bloqué à la circulation. Le temps que le 71 nous dépose Gare centrale, il était 9h tapantes, et notre train est parti, sans nous, pendant que nous achetions nos billets au distributeur. Le suivant était à 9h34.

A partir de là, la peur d'arriver en retard pour le briefing et de nous voir refuser l'accès à l'avion ne m'a pas lâchée pendant tout le trajet. L'avantage, c'est que du coup, j'en ai totalement oublié la légère anxiété qui m'assaillait depuis 24h. En arrivant à Liège, la Gare Guillemins était en travaux et nous avons mis un moment à localiser la station Cambio. Puis notre voiture s'est avérée être un veau qui ne dépassait pas le 100km/h dans les montées. Bref, le temps que nous arrivions à l'aérodrome de La Sauvenière, il était 11h50.

Nous nous sommes engouffrés dans le Skydive Center, beaucoup plus grand que je ne l'imaginais et bourdonnant d'activité. Des dizaines de parachutistes amateurs ou chevronnés attendaient leur tour d'embarquer. Nous avons localisé l'accueil situé dans le fond et nous sommes précipités pour signaler notre arrivée. Au final, il n'y a eu aucun problème: nous nous sommes juste retrouvés affectés à la dernière fournée de clients qui avaient rendez-vous à 11h30. Saut prévu vers 13h40. En attendant, un jeune homme blond qui semblait avoir quatorze ans et demi nous a fait le briefing. J'ai été très rassurée d'apprendre qu'au cours d'un saut en tandem, le novice était totalement assisté par son instructeur du début jusqu'à la fin. Pas d'hésitation possible, donc, au moment de se jeter dans le vide. A partir de l'instant où j'ai su cela, j'ai attendu l'heure du saut avec une telle excitation que je n'ai même pas réclamé à déjeuner (les gens qui me connaissent IRL apprécieront à sa juste valeur la gravité de l'événement).

Les opérations ayant pris un peu de retard, c'est finalement vers 14h qu'un grand type blond et bronzé, affichant un beau sourire Pepsodent et répondant au prénom d'Yves, s'avance vers moi en me tendant la main. Il court partout quelques minutes avec son caméscope à la main, puis ajuste mon harnais par-dessus la combinaison frites-ketchup jaune et rouge que j'ai déjà enfilée toute seule comme une grande. Je rentre mes cheveux dans le col de mon sweat, remonte la fermeture éclair de la combi jusque sous mon menton, essaye les lunettes en plastique par-dessus les miennes et me déclare parée.

Nous nous dirigeons vers un tout petit avion rose pailleté orné d'étoiles dorées. On dirait qu'ils l'ont peint exprès pour moi! Nous nous entassons à 9 dans le minuscule appareil: le pilote et quatre tandems. Yves et moi devons sauter en dernier, juste après Chouchou et son instructeur Arnold afin qu'il puisse filmer leur sortie. Pendant la montée à 4000 mètres (l'altitude maximale à laquelle on peut voler sans embarquer d'oxygène), qui dure tout de même une vingtaine de minutes, Yves me demande d'où je viens. Surprise: enfant, il passait toutes ses vacances d'été dans une station balnéaire voisine de Monpatelin. Il me montre le plus haut sommet belge que nous survolons et le circuit de Formule 1 de Francorchamps.

Puis nous "répétons" le saut. Après que les autres soient sortis, je devrai m'asseoir au bord de l'ouverture, les jambes dans le vide et repliées sous l'avion, la tête posée sur son épaule et les mains tenant les sangles de mon harnais. Au signal, il nous éjectera, et je devrai pousser mon bassin en avant pour adopter la position de chute libre (plus ou moins à plat ventre avec les jambes légèrement repliées en arrière). Deux tapes sur l'épaule, et je devrai écarter les bras. Deux autres tapes sur l'épaule, 50 secondes plus tard, signifieront qu'il s'apprête à déclencher l'ouverture du parachute. Enfin, à l'approche du sol, je devrai saisir les poignées situées sur les genoux de ma combi, remonter mes cuisses le plus haut possible et tendre les jambes en avant pour qu'il soit seul à nous poser sans que je le gêne.

Assis face à moi sur la banquette, Chouchou a pris la couleur d'une jeune pousse de laitue: bien blanc au milieu et légèrement verdâtre sur les bords. Personnellement, je n'ai un instant de panique que lorsque l'un des accompagnateurs fait coulisser la porte de l'avion et que de l'air s'engouffre à l'intérieur en rugissant. Les deux premiers binômes s'éjectent très vite; puis Chouchou saute avant moi en poussant un grand "Woohoo!". Mon instructeur et moi nous traînons sur les fesses jusqu'à l'ouverture. Deux ou trois secondes pour se mettre en position, de travers car Yves a sa main gauche occupée par le caméscope. Et... "Ready, set, go!"

Mon coeur, qui fait mine de remonter dans la gorge quand je bascule vers l'avant, se calme très vite. Rien à voir avec un grand huit! J'adopte la position de chute libre. La première chose qui me frappe, c'est le froid qui transperce mes vêtements, meurtrit mes tympans et me gèle l'intérieur de la bouche quand je souris en découvrant les dents. La seconde, c'est une impression d'immobilité. Oui, je me prends un souffle assez conséquent en pleine figure (sur la vidéo, mes joues ondulent comme de la cire fondue; ajouté à l'effet double menton produit par la fermeture éclair de la combi, c'est du plus bel effet!). Mais la Terre est trop loin pour que je la voie vraiment se rapprocher, même à la vitesse où nous chutons, et faute de point de repère, j'ai juste l'impression de léviter au milieu d'une bourrasque. C'est vraiment une sensation étrange.

La minute passe très vite. Deux tapes sur mon épaule, et une forte secousse sur les sangles qui entourent mes cuisses: notre parachute vient de s'ouvrir. A partir de maintenant, nous flottons vers le bas à la verticale et au ralenti. Yves me crie: "Regarde, ton copain est à droite!". Il doit êre aussi dyslexique que moi, car je tourne au hasard la tête à gauche et aperçoit Chouchou légèrement au-dessus de nous. Nous nous rapprochons de lui et d'Arnold. Chouchou et moi échangions des "Youhou!" et moultes gesticulations avant de nous éloigner à nouveau. Yves me passe les commandes du parachute et me dit de tirer d'un côté, puis de l'autre. Nous partons en spirale. C'est un poil gerbant mais je me refuse à dire stop; je veux en profiter au maximum.

Malgré le froid et la traction sur le harnais, le sol se rapproche trop rapidement à mon goût - pas au sens où la vitesse est flippante, car elle ne l'est pas du tout, mais j'aimerais bien que ça dure plus longtemps! Nous nous posons tout en douceur, juste un léger trébuchement et Yves me détache. Chouchou est déjà là; je cours vers lui comme dans les films pour me jeter à son cou en sautillant et en couinant: "C'était géniaaaal!". Lui aussi a adoré.

Après avoir chaleureusement remercié tout le monde, nous repartons en emportant le film réalisé par Yves, dont nous avons pu visionner les images sur une petite télé avant d'en faire l'acquisition. Arrivés chez nous quatre heures plus tard (après un cafouillage dans les rues de Liège et un arrêt pizza bien mérité chez Mamma Roma), nous le regardons de nouveau, avec le son cette fois. Re-surprise: il y a une musique d'accompagnement. Et c'est "Glorious" d'Andreas Johnson, probablement ma chanson préférée de tous les temps. Une conclusion parfaite à une journée inoubliable.


Hard Rock Café Copenhague



Après ma cuisante déconvenue de Londres fin juillet, j'espérais bien me rattraper à Copenhague. C'est qu'après avoir écumé une douzaine de Hard Rock Café sur deux continents étrangers l'an dernier, je commençais à être en manque de bonne musique rock diffusée un poil trop fort, de murs couverts de reliques clinquantes, de repas que je mets deux jours à digérer et de nouveaux T-shirts pour frimer discrètement façon grande voyageuse.

Le Hard Rock Café de Copenhague se trouve à l'un des angles du Tivoli; il possède une entrée sur le parc et une autre sur l'avenue voisine de Vesterbrogade. Lundi soir, comme nous venions de faire un premier repérage des attractions que nous comptions essayer le lendemain, nous avons tenté de rentrer par la première. Et nous nous sommes heurtés à une pancarte "Closed for private party". Si vous avez lu le récit de mes mésaventures londoniennes, et si j'ajoute que le café danois dans lequel nous voulions déjeuner le midi même était fermé le lundi, vous comprendrez que je me sois sentie légèrement poissarde, limite persécutée, voire borderline suicidaire de désespoir. Pendant que je maudissais hommes en noir et dieux scandinaves avec une admirable impartialité, Chouchou m'a entraînée vers la sortie du parc en suggérant que la boutique était peut-être ouverte quand même. Et de l'autre côté, joie ineffable, bonheur trépidant! La double porte du restaurant était béante. La peste soit du manager qui aura eu la flemme de commander un panneau approprié pour bloquer sa seconde entrée en cas de besoin.

Comme il était encore un peu tôt pour manger, nous avons commencé par le Rock Shop. Dès l'entrée, Chouchou a flashé sur un gilet à zip et à capuche noir. Je cherchais plutôt un T-shirt à manches longues, mais faute de modèle femme qui me plaise et que je possède pas déjà, j'ai fini par acheter le même. Fermeture éclair un peu dure, mais tissu molletonné super doux et chaud, grandes poches où fourrer les mains, et bien sûr la mention discrète "Copenhague" sur l'ourlet du bas. Nous nous sommes baladés avec pendant tout le reste de la semaine, tels Tweedledee et Tweedledum ou Thing One et Thing Two. Par contre, j'ai été déçue de ne pas trouver d'autres modèles enfants que le basique pour mes neveux.

Le repas, maintenant. C'était la première fois que, venant pour dîner, je trouvais un Hard Rock Café seulement au tiers plein. La salle de devant, dans laquelle on nous a installés, manquait cruellement de caractère. Peut-être à cause des immenses baies vitrées qui occupaient la place habituellement dévolue à un mur aveugle couverts de guitares électriques, de disques de platine et de costumes de scène improbables. Heureusement, il y avait quand même un grand écran plat sur lequel passaient des clips - au moment où nous arrivions, une version de "Rosanna" live qui m'a fait penser à David. La musique était excellente, et le repas aussi. Pendant que Chouchou s'enfilait un bacon-cheeseburger- frites-mayo, je me suis sagement contentée d'une creamy chicken salad car j'avais repéré sur la carte un dessert qui me tentait bien, et je voulais pouvoir ressortir du restaurant debout plutôt qu'en roulant. Au final, j'ai quand même partagé mon apple cobbler et sa crème fraîche avec Chouchou, mais qu'est-ce que c'était bon!

samedi 20 septembre 2008

Hôtel Fox


Nous savions que nos finances et notre emploi du temps ne nous permettraient pas de faire un grand voyage cette année. Nous avions néanmoins décidé de nous offrir une semaine de vacances sous la forme d'un city trip européen. Notre choix s'était initialement porté sur Prague, dont le charme romantico-gothique me faisait rêver. Puis, dans un magazine féminin, j'ai lu un petit article sur l'Hôtel Fox, situé à Copenhague et dont chaque chambre était décorée par un designer différent - tout comme l'Hôtel Amour où nous avions passé un week-end délicieusement agité en janvier 2007. Il n'en a pas fallu davantage pour nous convaincre de changer notre destination. De toute façon, visiter l'Europe du Nord faisait partie de mes projets à moyen terme.

Afin de profiter un maximum de notre séjour, nous avons opté pour la formule Tour de Fox qui permet de changer de chambre chaque soir en fonction des disponibilités. Avant le départ, chacun de nous a passé l'intégralité des chambres en revue sur le site de l'hôtel et établi une liste de ses préférences. Nous avons eu de la chance: sur nos trois préférées, nous avons pu en obtenir deux; la troisième a été piochée dans nos "seconds choix" mais nous a au final plu autant que les deux précédentes.

CHAMBRE 204: TOKIDOKI


C'était seulement une chambre de catégorie "moyenne", donc de dimensions assez modestes, alors que notre formule nous donnait droit aux grandes et aux super-grandes. Qu'importe: elle nous plaisait beaucoup et nous pensions pouvoir y faire des photos fun. Nous y avons également fait tout un tas d'autres choses que la décence m'interdit de détailler ici. Sachez juste que Tokidoki nous a inspirés :) Ses défauts: pas de baignoire, juste une douche, et surtout un lit tellement mou qu'on aurait dit un waterbed.

CHAMBRE 502: THE ROYAL WEDDING


C'est la bergère qui nous avait séduits sur les photos de cette chambre super-large située au dernier étage de l'hôtel. J'ai également adoré son miroir bien placé et le tulle drapé autour de son lit, grâce auxquels nous avons pu réaliser quelques photos intéressantes. Et puis aussi le secrétaire ancien situé sous le velux, face au carrefour. Cette fois, il y avait une baignoire dans la salle de bain; dommage que la bonde trop petite, m'ait empêchée de la remplir: l'eau chaude s'enfuyait au fur et à mesure que je la faisais couler. Même problème de literie que dans la chambre précédente.

CHAMBRE 209: KING'S COURT


C'est la chambre qui ne faisait pas partie de nos premiers choix mais qui nous a finalement ravis: un peu parce que son lit démesurément large était pourvu d'un matelas normal, un peu aussi à cause de l'étrangeté des créatures peintes sur les murs (est-ce bien un Cthulhu que je vois au-dessus du lit?), et beaucoup à cause de sa coiffeuse dont le miroir en trois parties a donné lieu à une chouette séance photo.

***

Plus généralement, l'Hôtel Fox est extrêmement bien situé. 5 ou 10 minutes de marche (selon que l'on est chargé ou pas) dans un sens permettent de gagner la station de Norrebro où passent les deux lignes de métro de la ville, le S-Tog (sorte de RER local) et les trains qui se rendent à l'aéroport et à Malmö, en Suède. 3 minutes de marche dans l'autre sens, et l'on se retrouve sur la place de l'Hôtel de Ville, à l'angle du Tivoli et à l'entrée du "quartier latin" commerçant.
En outre, le personnel est jeune, agréable à regarder, aimable et efficace (ce qui n'était pas du tout le cas à l'Hôtel Amour, où le service laissait franchement à désirer). Le petit déjeuner inclus dans le prix des chambres est sympa et original: petits sandwichs au jambon, au saumon, au poulet, au fromage ou au salami emballé dans des triangles de papier; croissants au chocolat présentés de la même façon; portions de muesli et salade de fruits coupés en bouts minuscules, servies dans des verres transparents; bon choix de jus de fruits frais, de thé en vrac (dont un très bon Japonais vert) et de café en thermos individuel ultra-chic.

Seul bémol: le confort est parfois sacrifié au design. Ainsi, dans la salle à manger, on s'assoit sur des banquettes plutôt dures, à ras de terre, face à des tables si basses que l'on doit prendre la position de Quasimodo pour ne pas se consteller le pantalon de miettes et de coulures de confiture. De même, l'équipement des chambres n'est pas tout à fait à la hauteur de leurs qualités esthétiques. Malgré cela, nous avons été absolument enchantés de notre séjour à l'Hôtel Fox et le recommandons à quiconque envisage de passer quelques jours à Copenhague.
Prix du Tour de Fox pour 2 personnes et 3 nuits: 4311 DKK, soit environ 590 euros.

vendredi 19 septembre 2008

It's a small world after all...

En réponse à une carte postale envoyée en France il y a une dizaine de jours, voici le message que j'ai reçu par l'intermédiaire du site Postcrossing:

Bonjour !

C'est fou ! Je lis ton blog depuis au moins un an, et malgré le nombre d'inscrits sur ce site, je reçoit une carte de toi. Je trouve que c'est une chouette coïncidence. En tout cas, merci beaucoup pour cette très jolie carte qui me donne encore plus envie de visiter Bruxelles. Passe une bonne journée !

M***

Sérieusement, quelle était la probabilité pour que ça arrive, alors que je plafonne à environ 150 visiteurs uniques par jour, et qu'il y a des dizaines de milliers de Postcrossers à travers le monde? C'est juste dingue, non? J'ai trouvé ce message dans ma boîte mail durant un passage dans un cybercafé de Copenhague où nous étions rentrés pour nous abriter de la pluie qui gâchait la deuxième moitié de notre après-midi de mardi, et mon émerveillement a presque suffi à chasser la mauvaise humeur qui me poursuivait depuis une bonne heure.

mardi 16 septembre 2008

Poursuivis par les hommes en noir

Ce midi, pendant que nous dejeunons en terrasse dans un charmant bistrot de Nyhavn, je redige une dizaine de cartes postales dans lesquelles je vante le beau soleil de Copenhague.15h30, nous sortons du centre danois du design (dont les principales expositions sont en renovation, donc inaccessibles, cette semaine): il pleut a verse.

dimanche 14 septembre 2008

Ces dernières 48h...

...Tout n'a pas été qu'agapes et auto-congratulation. Jugez plutôt:
- Hier matin, les envahisseurs bi-hebdomadaires de l'agence immobilière ont essayé d'entrer chez nous sans frapper, et j'ai poussé une gueulante tandis que Chouchou s'efforçait vainement d'apaiser le monstre agressif en moi. L'avantage, c'est que ça a tout de suite mis une bonne ambiance d'hostilité même pas larvée, et qu'ils avaient vidé les lieux une minute plus tard.
- Scarlett a vomi tripes et boyaux sur mon précieux Gérard Darel que j'avais innocemment posé sur le canapé. Seule une prompte intervention à quatre mains et un demi-rouleau de Sopalin ont permis d'éviter qu'il finisse à la poubelle. Pendant une bonne heure, j'ai eu des visions de manchon en poil de Sacré de Birmanie.
- En montant dans la chambre les bras pleins de linge propre, j'ai fait tomber depuis la mezzanine l'affiche japonaise de Godzilla à laquelle Chouchou tenait tant. Résultat: deux superbes déchirures dans le rideau de la porte-fenêtre, des éclats de verre partout, une affiche foutue. J'aurais pu le faire exprès pour me débarrasser d'un souvenir de son ex et accessoirement d'un truc que je n'avais aucune envie de retrouver accroché à l'un des murs de Futur Nid Douillet. Mais même pas. C'était juste de la bonne vieille maladresse congénitale.
- Histoire de profiter au maximum des chambres design de l'Hôtel Fox où nous séjournerons durant les jours à venir, j'ai voulu m'épiler à la cire Nair sans bandes chaudement recommandée par Soeur Cadette. Bien qu'ayant scrupuleusement suivi le mode d'emploi, je n'ai réussi qu'à mettre des fils roses gluants partout dans un rayon d'un mètre, et à m'arracher environ un poil de mollet sur cinq. Du coup, je n'ai même pas osé tester ailleurs.
- Bougonnant un maximum, j'ai décidé de recourir à la tondeuse et de fignoler au rasoir une fois sur place. C'est là que je me suis rendu compte que ma tondeuse ne fonctionnait plus du tout. Je n'ai pas la garantie sous la main, mais Loi de Murphy aidant, elle a probablement expiré la semaine dernière.
- Nous avons attaqué la saison 1 de "Blackadder" (nous sommes en train de nous faire l'intégrale, mais à rebours; il ne nous reste donc plus que celle-là). Autant les autres étaient drôles, autant celle-ci semble grotesque si on en croit les deux premiers épisodes visionnés aujourd'hui.
Sinon, nous partons demain matin en Europe du Nord. Notre avion décolle à 7h de Zaventem; nous devrons donc nous lever à 4h. En outre, la météo prévoit des températures comprises entre 12 et 15°, ainsi que de la pluie, au Danemark et dans le sud de la Suède cette semaine. Mais ça va bien se passer, je suis sûre que ça va bien se passer...

't Kriekske

Hier soir, nous avions rendez-vous avec Olive et Aurore en pleine campagne flamande pour aller manger "les meilleures moules du monde" selon Chouchou. Il se fait que j'éprouve pour ces mollusques une haine tenace et irréductible, mais on m'avait assuré que la carte comportait tout un tas d'autres plats belges délicieusement roborratifs, et cela avait suffi à me convaincre de suivre le mouvement. Voilà pourquoi, vers 19h30, Chouchou, moi-même et notre Fiesta de location étions perdus dans un chemin vérolé d'ornières entre des champs où paissaient tranquillement quelques dodus spécimens de la race ovine. Malgré tout le mal que j'ai entendu sur la Flandre depuis mon arrivée ici, je dois admettre que le coin était absolument charmant avec ses maisonnettes nichées au creux de sous-bois grouillant de lierre. Je me serais bien vue y faire une promenade bucolique un dimanche après-midi. Mais là, le soir commençait à tomber et mon estomac à gargouiller. Dieu soit loué pour les GSM: un téléguidage par Olive nous permit de retrouver notre route et d'arriver au restaurant sans trop de retard sur l'heure prévue.

't Kriekske, donc, - en français, "A la petite cerise" -, ce sont deux grandes salles ambiance taverne, passablement surchauffées et bruyantes, où des serveurs en uniforme noir et blanc circulent adroitement entre les tables. Le nôtre avait une moustache poivre et sel touffue qui me rappela mon papa, et je me pris immédiatement d'affection pour lui. Il me fallut un peu de temps pour déchiffrer l'intégralité de la carte et arrêter mon choix. "C'est quoi la différence entre un vol-au-vent et une bouchée à la reine?" demandai-je, intriguée, après avoir vu le premier dans les entrées et la seconde dans les plats principaux. Mes compagnons d'agapes ayant avoué leur ignorance, je commandai le vol-au-vent, pour voir. Et je vis. Je vis arriver un plat rempli de béchamel dans laquelle flottaient des morceaux de poulet, de champignons et d'un truc vaguement élastique sans beaucoup de goût que je supposai être du veau. Pas de bouts de quenelle comme dans les vol-au-vent de ma mémé, et surtout, pas de pâte feuilletée croustillante à souhait (la bouchée à la reine, donc, d'où la distinction). Bon, la prochaine fois, je saurai que je n'aime pas les vol-au-vent belges. Pendant ce temps-là, les trois autres s'enfilaient avec un bel ensemble les traditionnelles croquettes de crevette grise.

En plat principal, mes compagnons avaient bien évidemment commandé des moules. J'eus un choc en les voyant arriver: d'où sortaient ces mollusques mutants, presque aussi gros que mes oreilles (et beaucoup moins délicatement ourlés)? "De Zélande", m'informa-t-on. Renseignements pris - je suis nulle en géographie, comme je l'ai déjà expliqué -, il s'agit d'une province de Hollande. Soit. Quant à moi, après avoir hésité avec une cuisse de canard confit qui n'aurait pas supporté d'entrée préalable, j'avais choisi un filet sauce au poivre, réclamé saignant et qui arriva à point dans mon assiette. Mais la viande était d'excellente qualité, tout comme l'ambiance, et je jugeai superflu de gâcher cette dernière en renvoyant mon plat en cuisine. Cette petite faute vite oubliée, je me régalai avec une des meilleures sauces au poivre que j'aie jamais eu l'occasion de goûter - crémeuse et assaisonnée juste comme il faut. Les frites aussi étaient parfaites, ni trop grosses ni trop petites et cuites à point. Olive et moi arrosâmes le tout d'un Pinot Noir à la fraîcheur étrange et néanmoins bienvenue, tandis qu'Aurore buvait du vin blanc et que Chouchou restait à l'eau pétillante.

Pendant le repas, la discussion fut animée, et mon enthousiasme sur les sujets évoqués m'amena plusieurs fois à couper la parole à Chouchou. Ce n'est pas ma faute si je parle trois fois plus vite que lui et peux donc caser trois fois plus d'informations en un laps de temps équivalent! Pourtant, cela me valut d'être comparée par Olive à... Michel Galabru. Ouch. Mortifiée je fus. Du coup, je commandai un dessert même si je n'avais plus du tout faim: être occupée à manger reste un des moyens les plus sûrs de m'empêcher de parler. Ma crème brûlée était délicieuse, un poil vanillée, tiède dessus et froide dessous. Je ne parvins pas à la finir, mais comme je m'y attendais, Chouchou qui s'était modestement contenté d'un thé à la menthe s'en chargea à ma place.

Vers 23h30, comme il ne restait presque plus que nous dans le restaurant et que les serveurs commençaient à ranger les tables, nous prîmes congé d'Olive et Aurore pour rentrer à Bruxelles un peu plus lourds d'un kilo chacun. Pas de pesée sur la Wii Fit ce matin pour moi!

't Kriekske, in het Hallerbos, Kapittel 10, 1500 HALLE, tel: 02 380 14 21, fermé le lundi et le mardi

Il paraît que je suis une fée

J'ai déjà dû vous parler de mon esthéticienne. Au printemps, elle s'était amourachée d'un petit jeune qui partait monter une affaire en Thaïlande un mois plus tard. Evidemment, elle a passé l'été à déprimer et à échanger des messages larmoyants sur MSN avec lui. Courant août, coup de théâtre: le petit jeune s'est fait piquer tout son pognon par son soi-disant associé et rentre en France la queue basse. Véronique espère évidemment qu'ils vont se remettre ensemble, voire convoler en juste noces et pondre plein de bébés. Sauf que le petit jeune est un poil désorienté par ce qui vient de lui arriver (ça se comprend). Résultat, il la fuit au prétexte que de toute façon, il compte partir bosser en Angleterre pour reconstituer son pécule et retourner en Thaïlande d'ici deux ou trois ans, et qu'il ne veut pas lui faire de mal en poursuivant une relation vouée à l'échec à plus ou moins brève échéance.

En bonne copine, je m'indigne avec Véronique et liste tous les arguments pour lesquels je trouve cette réaction stupide. "Tu me mettrais pas ça par écrit?" demande Véronique, pleine d'espoir. "Je suis pas douée pour dire les choses et je sais plus quoi faire pour le convaincre." Je la persuade d'attendre tout de même quelques semaines: le garçon vient de se prendre une bonne grosse claque; il faut lui laisser le temps d'encaisser. Qui sait, peut-être reviendra-t-il vers elle de lui-même une fois remis de sa déconvenue. Sauf que le temps passe et qu'il continue à ne pas se manifester. Je ponds alors un mail dans lequel je me mets à la place de Véronique, et où je dis en gros qu'elle est assez grande pour prendre ses décisions toute seule; que beaucoup de choses peuvent se passer d'ici deux ans et que si ça se trouve leur histoire sera finie bien avant que ça pose problème; que quand on est motivé, des solutions, on en trouve toujours; et qu'un joueur de poker comme lui devrait savoir que pour gagner gros, il faut miser gros. Saura-t-il faire preuve dans sa vie privée du même culot qu'il exerce avec talent devant une table de jeu? Bla bla bla.

Je viens à l'instant de recevoir un message de Véronique. Son petit jeune était en train de dormir dans son lit après une nuit épique. Le mail qu'elle lui avait envoyé l'avait fait "grave réfléchir"; il avait décidé de ne plus se prendre la tête et de vivre le moment présent. Résultat, s'ils se marient, je suis témoin. Lol. Ou pas. Je me rappelle avoir usé des mêmes pouvoirs de persuasion pour convaincre l'Homme de se mettre avec moi alors qu'à la base, il n'était pas franchement partant. Résultat: une relation pourrie et 7 ans de dépression. Etait-ce une bonne idée de réunir Véronique et son petit jeune? L'avenir le dira. En attendant, si je tombe à court de boulot comme traductrice, une belle carrière d'écrivain public me tend les bras.

vendredi 12 septembre 2008

"Jeeves", l'intégrale


Bien que je lise énormément, j'ai tendance à me cantonner à des romans d'auteurs contemporains. Conséquence: ma culture littéraire "classique" est trouée comme une roue d'Entremont. Par exemple, malgré mon amour infini de l'humour anglais, je n'avais encore jamais ouvert la moindre aventure de Jeeves, le célèbre et inénarrable valet de chambre créé par P.G. Wodehouse. Et puis lors de ma dernière visite à la Fnac de Monpatelin, les couleurs acidulées de cet ouvrage m'ont fait de l'oeil. Depuis ma première intégrale (Sherlock Holmes ou Arsène Lupin, je ne me souviens plus), j'ai une passion pour les omnibus à la couverture agréablement souple et au papier cigarette délicieux à caresser avec l'ongle de l'index droit. Sans compter qu'ils coûtent moins cher qu'une série de romans et tiennent beaucoup moins de place dans une bibliothèque. J'ai tout de même hésité un instant. D'habitude, je lis les romans anglophones en V.O., tant qu'à faire. Un coup d'oeil au nom de la traductrice du premier tome a suffi à me convaincre: c'est une amie de JC que j'ai eu l'occasion de recontrer à plusieurs reprises et dont le travail est réputé pour son excellente qualité.

A l'heure où j'écris ces lignes, je viens juste d'attaquer le second tome et je suis totalement conquise. Mis à part la série des Stephanie Plum de Janet Evanovich (qui appartient à un tout autre genre...), je ne me souviens pas qu'un bouquin m'ait autant fait rire et sourire. Les aventures de Jeeves sont narrées par son maître, Bertram Wooster, un jeune oisif de la bonne société londonienne que son caractère faible et sa cervelle de moineau poussent très souvent à se mettre dans des situations aussi loufoques qu'inconfortables. Chaque fois, son valet lui sauve la mise avec une présence d'esprit qui n'a d'égale que son flegme tout britannique. Ils sont entourés par une galerie de personnages secondaires savoureux tels que le jeune Little, ami d'enfance de Bertie et coeur d'artichaut incorrigible, la redoutable tante Agathe ou les turbulents jumeaux Claude et Eustache. Un petit extrait pour vous mettre l'eau à la bouche:

"Mon existence entière semblait placée sous les meilleurs auspices: à trois reprises, des chevaux sur lesquels je m'étais trouvé investir des sommes non négligeables avaient gagné avec plusieurs longueurs d'avance au lieu de s'installer sur la pelouse pour regarder passer leurs copains, conformément à l'usage en vigueur parmi la gent chevaline sitôt que je décide de faire un placement sur l'un de ses représentants.
"En outre, le thermomètre ne cessait de grimper, atteignant des degrés inédits dans l'histoire de la thermométrie; mes chaussettes neuves étaient universellement reconnues comme étant juste du genre qu'une mère eût pu confectionner, et, brochant sur le tout, ma tante Agathe avait décidé de se consacrer provisoirement à la persécution du bon peuple de France, renonçant, pour une pièce de six semaines au moins, à s'occuper de mon cas personnel."

Salade au blé et au saumon

Ceci est une recette reconstituée à partir d'un plat que je prends souvent chez Food Maker.
Par personne, il faut:
- 1 poignée de roquette
- 80 g d'Ebly (poids sec, mais bien entendu il faut le cuire 10 mn à l'eau bouillante, puis le passer sous l'eau froide avant de le mélanger aux autres ingrédients)
- 80 g de petits pois cuits (les surgelés font très bien l'affaire en ce qui me concerne)
- 1 poignée de graines germées (nous aimons les graines d'ail, mais n'importe lesquelles peuvent faire l'affaire; vous trouverez ça en barquette au rayon salades emballées de votre supermarché, à moins que vous préfériez les faire germer vous-mêmes)
- 80 g de chèvre frais (et, oui: j'ai enfin découvert un équivalent local du Petit Billy)
- 50 g de saumon fumé coupé en dés
- 1 cuillère à soupe d'huile de noisette ou de sésame
- le jus d'un demi-citron
- sel, poivre
Pour la présentation, je prépare ça directement dans de très grands bols en superposant les couches dans l'ordre ci-dessus. Bon appétit!

jeudi 11 septembre 2008

Seven years ago

Il est des événements qui impriment la mémoire collective au point que n'importe qui pourra vous dire ce qu'il était en train de faire lorsqu'ils se sont produits. Vous vous souvenez très probablement de l'endroit où vous vous trouviez le 31 août 1997, quand vous avez appris la mort de Lady Diana. Moi, j'étais vautrée devant la télé dans la maison de Lancaster, Pennsylvanie, où j'habitais alors. Il devait être cinq ou six heures du matin et j'attendais que Shawn, qui travaillait de nuit cette semaine-là, rentre du boulot.

Il y a sept ans aujourd'hui, je bossais tranquillement dans l'immense salon/bibliothèque/bureau de l'appart' que je louais alors à Monpatelin. Mon téléphone a sonné.
PERE, sur un ton pressant et sans même me dire bonjour: Allume ta télé!
MOI: Impossible. Je viens d'en acheter une nouvelle et elle n'est pas encore branchée.
PERE, d'une voix blanche: Il faut que tu voies ça. Il vient d'arriver un truc incroyable.
MOI, agacée: C'est un écran 16/9èmes. Elle pèse un âne mort et mon meuble télé est presque aussi haut que moi. Je n'arriverai jamais à la percher là-dessus toute seule. Qu'est-ce qui se passe, exactement?
PERE: Il y a eu un attentat, à New York. Un avion a percuté le World Trade Center. J'étais à la Fnac en train de regarder les téléviseurs, et j'ai d'abord cru qu'ils diffusaient un film-catastrophe. J'ai mis un moment à réaliser que, non, c'était un bulletin d'information spécial. Je te jure, on dirait la fin du monde.

Intriguée, j'ai raccroché et sorti ma nouvelle télé de son carton. Après avoir bien transpiré pour l'installer, j'ai pu l'allumer quelques instants avant que le deuxième avion percute l'autre tour. J'ai passé les heures suivantes assise sur mon canapé, en état de choc, les joues ruisselantes de larmes. Je voyais des gens se jeter par les fenêtres pour échapper aux flammes et j'avais envie de hurler: pourquoi?
Sept ans plus tard, il est indéniable que ce funeste évènement aura marqué un tournant dans l'histoire des Etats-Unis. Jusqu'ici, ses habitants s'étaient plus ou moins sentis invulnérables. Le 11 septembre 2001 a signé la fin de l'innocence de tout un peuple.

mercredi 10 septembre 2008

"Oriental Fascination: le Japonisme en Belgique"

En 1854, le traité de Kanagawa rouvre le Japon aux étrangers, qui y étaient interdits de séjour depuis deux siècles. L'art nippon commence alors à s'exporter vers l'Europe, suscitant un engouement auprès des artistes locaux et provoquant une transformation de leur manière de travailler - vers des lignes plus épurées, minimalistes. "Oriental fascination" se propose de démontrer cette influence en rapprochant des estampes japonaises et des oeuvres de peintres ou de dessinateurs belges de la fin du XIXème siècle.

C'est la dame préposée au guichet de la Centrale Electrique qui nous en a parlé la première. Quand nous lui avons acheté nos tickets pour "Fables" de Karen Knorr, elle nous a informés qu'en payant 2€ de plus, nous pouvions nous procurer des entrées pour cette exposition qui, selon elle, remportait un vif succès. Le thème avait tout pour nous plaire; nous avons donc accepté. Et cet après-midi, comme nous ne travaillions ni l'un ni l'autre, nous nous sommes rendus à l'Hôtel de Ville.

Personnellement, j'avoue avoir été un peu déçue. Certaines des estampes japonaises étaient magnifiques, et cela m'a permis de faire connaissance avec quelques grands artistes belges dont j'ignorais alors jusqu'à l'existence. Mais le rapprochement entre les deux n'était pas toujours évident et aurait mérité d'être explicité. L'éclairage insuffisant et les étiquettes rédigées en corps 6 ou 8 obligeaient à pratiquement coller le nez sur les oeuvres pour bien les voir et pour déchiffrer le nom de leur auteur. Et puis surtout, il me semblait qu"Oriental fascination" aurait dû explorer d'autres thèmes que la peinture et le dessin - l'architecture, notamment, au travers des constructions de Victor Horta. Une semi-réussite, donc, de mon point de vue.

mardi 9 septembre 2008

Creativa dans mon Salon

Après avoir consulté eBry, Chouchou a fait une descente chez Schleiper et attaqué le dessin à l'encre de Chine ce week-end pendant que je me livrais à des essais pas spécialement fructueux de stamping. Résultat: quatre mains, un avant-bras droit, une nappe et un comptoir de cuisine pleins de traces noires. Vivement qu'on soit dans notre nouvel appart' pour pouvoir ranger et étaler notre matériel de plus en plus volumineux. Parmi mes dernières acquisitions: un pot de Gesso, un autre de vernis-colle et un petit livre sur le doodling. J'ai envie de me lancer dans le mixed-media, peut-être de faire des tableaux pour chez nous ou pour offrir à ma famille à Noël*.


Je nous vois déjà dans notre pièce à vivre inondée de lumière, chacun à un bout de la grande table avec ses affaires étalées autour de lui... Le rêve. Même si nous travaillons à des projets séparés, j'aime que nous le fassions ensemble, côte à côte, et que chacun puisse donner à l'autre un avis un peu éclairé (enfin, surtout moi, grâce à mon sens esthétique très sûr). Ayant toujours été en couple avec des hommes radicalement différents de moi - sportifs, bricoleurs ou scientifiques -, j'apprécie de partager avec Chouchou l'aspect créatif de ma vie. L'enthousiasme sincère que lui inspirent mes réalisations est à la fois flatteur et ultra-motivant pour élargir mes activités.

*et là, j'imagine très bien la grimace de Soeur Cadette qui me lit occasionnellement...

dimanche 7 septembre 2008

Soirée fromage chez les Poulpe

Chouchou et moi-même n'avons pas précisément une vie sociale trépidante. Nous sortons pas mal, mais toujours en amoureux. Je ne connais guère de monde sur Bruxelles et à vrai dire, ça ne me manque pas. J'ai eu deux épisodes "bande de potes" qui ont duré chacun trois ans, pendant lesquels j'étais constamment fourrée avec les mêmes gens. Mais je n'ai jamais réussi à faire cohabiter dans ma vie un amoureux et un groupe d'amis. Quant aux amitiés "one on one" fusionnelles comme en ont la plupart des filles, ce n'est juste pas ma tasse de thé. Je préfère tenir les gens à bout de bras de peur qu'ils deviennent trop envahissants et commencent à empiéter sur ma sacro-sainte indépendance. Et puis rien à faire: ma famille mise à part, Chouchou est de loin la personne avec qui je préfère passer du temps. Je ne m'ennuie jamais quand je suis avec lui; on se marre beaucoup et il est toujours partant quand je suggère quelque chose. (J'aimerais pouvoir dire que la réciproque est vraie, mais ce serait un mensonge. Pour l'expo Korperwelten, par exemple, il ne faut pas qu'il compte sur moi - yuck!)

Une fois de temps en temps, néanmoins, nous essayons d'organiser une soirée avec les amis de Chouchou ou avec d'autres blogueurs bruxellois déjà rencontrés (et appréciés) IRL. Hier, nous nous sommes ainsi retrouvés chez M. et Mme Poulpe pour un barbecue qui, temps maussade aidant, s'est transformé en repas fromage arrosé de deux-trois bouteilles de bon rouge. Ce fut l'occasion de tester d'une part M. Poulpe que j'avais vu une seule fois auparavant; d'autre part le canapé Ektorp en velours rouge sur lequel je lorgne pour notre futur salon; et enfin une spécialité de la région liégeoise appelée le Herve. Verdict? Le premier peut dormir tranquille: je ne dirai pas de mal de lui dans son dos. Le second est très confortable et je m'y vois bien vautrée avec Chouchou devant une de nos séries télé préférées. Le troisième a un goût, euh, un peu particulier que j'ai dû effacer à grands renforts de ciabatta aux noix, de salade à l'huile de truffe et de Domaine Saint-Emilion. Je sais: j'ai de vrais problèmes existentiels. Nous avons passé une soirée fort agréable et emporté une partie des restes dans lesquels j'ai joyeusement tapé pour mon petit déjeuner de ce matin (ou de ce midi - whatever). Invitation de retour dès que nous serons installés dans notre nouvel appart' de la chaussée de Wavre. Après tous ces mois passés à ne pas oser faire venir quiconque dans notre taudis biscornu, je vais enfin pouvoir dépoussiérer mes recettes de gâteaux, youpi!

samedi 6 septembre 2008

Monpatelin, août-septembre 2008

Môdite des transports en commun

Pleine de bonnes résolutions et d'envie de pouvoir rapidement m'offrir mon mini-Twee, j'ai décidé hier soir de me rendre à l'aéroport non pas en taxi comme d'habitude, ce qui me coûte dans les 38 euros, mais en bus + navette: coût total de l'opération, 3,90 euros, soit déjà un dixième de sac économisé. Ca me faisait partir de chez moi une heure plus tôt, mais quand on aime, on ne compte pas. Ou si, justement.
Ca avait l'air d'une bonne idée. Mais je n'ai pas tardé à m'apercevoir que si le bus mettait trois quarts d'heure pour effectuer un trajet de sept kilomètres en ligne droite, c'était parce qu'il faisait mille détours par les lotissements du coin et décrivait une grosse boucle pour rejoindre son terminus de la gare routière. Or, il se trouve que j'ai grave le mal des transports. J'ai failli descendre en cours de route pour vomir sur le trottoir. Un vrai supplice. Mais j'ai tenu bon.
...Pour voir, au moment où le bus entrait dans la gare routière, démarrer sous mon nez la dernière navette de la journée en direction de l'aéroport.
Du coup, j'ai dû prendre un taxi pour la deuxième moitié du trajet.
Arrivée à l'aéroport, j'avais toujours la nausée. A l'enregistrement de ma valise, j'avais toujours la nausée. Chez le marchand de journaux et de Kit-Kat Chunky au chocolat blanc, j'avais toujours la nausée. Assise dans l'avion, j'avais toujours la nausée. Mais je n'y pensais plus qu'à moitié. "La température extérieure est de moins 46°", a annoncé, un quart d'heure après le décollage, notre jovial commandant de bord. Problème: il ne devait pas faire beaucoup plus chaud à l'intérieur. Avec mon débardeur et ma petite veste d'été, j'étais frigorifiée. J'ai réclamé une couverture à une hôtesse: il n'y en avait pas. "J'espère que vous avez bien profité de votre séjour dans le sud de la France, a poursuivi notre toujours aussi jovial commandant de bord, car à Bruxelles, il fait actuellement 15°". Vie de merde.
Nous nous sommes posés avec 25 mn d'avance. Chouette, hein? Sauf qu'après, nous avons attendu nos bagages trois quarts d'heure. Que j'ai passés à me reprocher d'avoir oublié mon passeport à Monpatelin, et à prier le dieu des voyageurs pour que ma carte d'identité suffise à me permettre d'embarquer pour le Danemark dans dix jours.
Les voyages forment la jeunesse. Mais parfois, ils mettent rudement à l'épreuve les nerfs des quasi-quadras.

vendredi 5 septembre 2008

Blythe: shooting test

Art Journals: inspiration

Fin 2007, j'avais acheté un carnet Moleskine pour en faire un art journal. Je l'ai abandonné après y avoir bricolé un pauvre collage et gribouillé une demi-douzaine de dessins inintéressants. A cela, plusieurs raisons: je ne voulais pas m'imposer de rythme régulier; j'avais la flemme de m'intéresser à de nouvelles techniques; le format et la matière du support étaient trop limitatifs; et puis surtout, entre mon scrapbooking et mon agenda illustré, ça faisait un peu redondant.

Mais l'idée a continué à faire son chemin en moi pendant toute cette année. Prenant exemple sur Chouchou, j'ai mis ma fainéantise naturelle de côté et décidé de me documenter sérieusement pour concevoir un projet plus précis. Quatre excellents bouquins plus tard, je fourmille de projets qui ne réclament plus qu'un peu de temps pour voir le jour. Je vais probablement passer l'automne à faire des expériences de nouveaux média avant d'attaquer pour de bon, au 1er janvier 2009, un Life Journal qui remplacera (avantageusement je l'espère) les agendas que je tenais jusqu'ici. Au cas où cela intéresserait quelqu'un, je vous présente mes trouvailles:

"Drawing from Life: The Journal as Art" de Jennifer New. Le bouquin par lequel tout a commencé. Déniché chez Peinture Fraîche un jour où les Hommes en Noir n'avaient pas trouvé un motif exceptionnel pour fermer la librairie juste le jour de notre visite, il présente les travaux et explique la démarche d'une trentaine d'artistes aux styles extrêmement variés. C'est lui qui m'a aiguillé sur...

"The 1000 Journals Project" de Someguy. Ce projet un peu fou, à la base documenté sur un site internet, consistait à lâcher dans la nature un millier de carnets numéroté assortis de ces instructions: la personne qui trouvait un carnet était invitée à en remplir une ou deux pages de la façon de son choix (texte, dessin, collage...) et à l'abandonner de nouveau dans un lieu public ou à le faire passer à quelqu'un d'autre. Les carnets terminés devaient être renvoyés à l'auteur du projet. Beaucoup sont revenus, et le résultat est d'autant plus intéressant que les contributeurs sont pour la plupart des anonymes sans dispositions artistiques particulières. C'est provocateur, émouvant, et ça prouve bien que n'importe qui est capable de créer quelque chose.

"1000 Artist Journal Pages" de Dawn DeVries Sokol. Tout est dans le titre. Pas de blabla, juste mille pages d'art journals à côté desquelles figure simplement le nom de l'auteur et son lieu de résidence. En feuilletant ce recueil, impossible de ne pas avoir les doigts qui démangent et le cerveau en ébullition. On peut tout de même être arrêté par l'aspect technique: "Je ne saurai jamais faire ça..." C'est là qu'intervient le dernier ouvrage de ma liste...

"Journal Revolution" de Linda Woods et Karen Dinino. Bien qu'il présente uniquement des réalisations des deux auteurs, ce livre est une vraie mine d'idées. Chacun de ses chapitres explique une technique et sa mise en application ou suggère un thème et montre différentes manières de l'interpréter. En gros, c'est le "how-to book" qui me faisait défaut. Pour me lancer, maintenant, il ne me manque plus qu'un pot de Gesso, un autre de Mod Podge, et peut-être quelques petites toiles. Ca sent la visite chez Schleiper ce week-end...

jeudi 4 septembre 2008

Shanalogic, return of the Ultimate Cuteness

Entre le fait que l'automne approche à grands pas, que nous déménageons sur Bruxelles dans un mois et que je n'ai rien changé dans mon duplex depuis trèèès longtemps, j'ai de furieuses envies de déco toute neuve. N'ayant pas la folie du mobilier de designer, et encore moins des ambiances tout droit sorties d'un magazine pour bobos, je choisis la plupart du temps des meubles assez génériques, pour lesquels je recherche avant tout le confort, la simplicité et un bon rapport qualité-prix. La personnalisation de mon intérieur, je la fais à coups d'accessoires originaux et colorés, mignons sans être mièvres. Comme ça, quand je me lasse, c'est bien plus facile et ça coûte bien moins cher à changer. Je pratique d'ailleurs plus ou moins la même politique avec mon look: je me fringue avec de chouettes basiques (mon fameux 501), et je me lâche sur tout le reste - sac à main, écharpe, bonnet, bijoux et surtout CHAUSSURES!!!

Or, autant la mode de la rentrée ne m'inspire guère (quel sadique, je vous le demande, a bien pu inventer le pantalon carotte? ou décider de remettre le sarouel à la mode? entre l'effet "double culotte de cheval" et le trompe-l'oeil "j'ai chié dans mon froc", mon coeur ne balance pas du tout du tout), autant je n'arrête pas de découvrir, dans mes pérégrinations en vile ou sur internet, des tas de petites choses toutes plus ravissantes les unes que les autres. Hier, vers minuit, j'avais le moral au fond de mes babouches pailletées. Alors, j'ai passé une minuscule commande sur Shanalogic:

Cette tête de souris en peluche est la chose la plus craquante que j'aie vue depuis longtemps (mini-Twee de Jérôme Dreyfuss excepté). Dans la même collection, il existait déjà une tête de cerf et de licorne, et j'avais hésité à commander cette dernière à cause 1/ de son prix 2/ de sa taille. Du coup, la souris me convient parfaitement. Je ne sais pas encore si elle atterrira à Bruxelles ou à Monpatelin. Faut voir.

Cette lithographie rigolote décorera une cuisine à merveille. J'ai déjà acheté des stickers muraux pour celle de Bruxelles, donc je pense plutôt lui trouver une place à Monpatelin, par exemple au-dessus du micro-ondes. D'un autre côté, elle pourrait aller assez bien à côté de la fenêtre la plus à gauche de l'appart de Bruxelles. Bref, faut voir aussi.

C'est une pieuvre. Elle est mauve. Elle est faite au crochet. What's not to love? Une petite pensionnaire de plus pour ma ménagerie de bestioles étranges et créatures en tout genre. Et un rappel que j'aimerais bien prendre des cours de crochet et de couture un de ces quatre pour pouvoir élargir le champ de mes possibles créatifs.

On a toujours besoin d'un bloc à "to do lists". Je sais, j'en ai déjà un avec une pieuvre que j'ai commandé cet été. Mais c'est pas comme si le papier allait se périmer, hein. Et je suis à fond dans ma période "hiboux". Hier, j'ai même failli en acheter un petit chez Swarovski, alors que j'avais juré qu'aucune merdouille ramasse-poussière en cristal ne rentrerait jamais chez moi (probablement parce que Mère les collectionne).

OK, OK. Ca, la seule chose que ça va décorer, c'est mon cou. Mais ça ira magnifiquement bien avec mes T-shirts HRC ou Harley, mon blouson en cuir et mes boots de moto.





Miroir sans tain

Hier soir, après un dîner avec sa famille, Christophe m'a raccompagnée chez moi en voiture. L'autoroute étant fermée pour travaux, il a dû prendre un itinéraire alternatif qui nous a fait passer devant le club d'aïkido de l'Homme à l'heure pile de la sortie des cours. A travers les lamelles des stores vénitiens, de la lumière découpait une silhouette reconnaissable entre toutes. La vision n'a duré qu'une demi-seconde. Mais elle a matérialisé cette impression que je ressens depuis deux ans et demi. Celle d'avoir été expulsée de ma vie légitime, de me retrouver à l'observer depuis l'autre côté d'un miroir sans tain impossible à traverser et qui empêche les protagonistes de me voir. Comme un épisode de la Quatrième Dimension au cours duquel on m'aurait remplacée par une fille qui ne me ressemble absolument pas et qui vit ma vie à ma place sans que personne ne s'aperçoive de la substitution.
J'ignore pourquoi cette impression persiste alors que j'ai reconstruit, ailleurs, quelque chose de beaucoup plus solide et de beaucoup plus épanouissant. Je sais juste que malgré le temps écoulé, malgré l'amertume et la rancoeur justifiées, malgré le fait que je n'ai jamais été heureuse avec lui, malgré la certitude absolue que nous n'avions rien à faire ensemble, il reste un attachement viscéral qui me tord les tripes quand je revois des photos ou des vidéos de lui.
Pour le deuxième anniversaire de notre rupture, j'ai écrit que penser à lui ne me faisait plus mal. C'était un mensonge.

mercredi 3 septembre 2008

Marché de Provence

J'avais oublié que le mercredi est jour de marché à Monpatelin.
Il faut dire qu'hier, je me suis endormie très tard. Montée me coucher à minuit, j'ai encore pris le temps d'entamer "Such a pretty fat", de survoler les cinq premiers chapitres de "Journal revolution" et de lire toute la seconde moitié de "Lean mean thirteen". Du coup, quand je suis descendue ce matin les yeux encore gonflés de sommeil, j'ai sursauté à la vue de la pendule. 11h, argh! Je me suis dépêchée de me préparer pour filer à la Poste avant la fermeture. Et c'est en arrivant au centre du village que j'ai aperçu les premiers étals.
Les marchés de Provence sont célèbres. Celui de la grande ville voisine, notamment. A Monpatelin, c'est une affaire beaucoup plus modeste: trois douzaines d'étals disposés en enfilade dans la rue principale. Parmi eux, quelques marchands de primeurs, un poissonnier, un charcutier, le désormais traditionnel stand d'olives parfumées et les inévitables vendeurs de fringues de cagole - comprendre: des matières 100% synthétiques, des couleurs criardes, des motifs douteux, des décolletés jusqu'au nombril, des ourlets ras la touffe et de la paillette en veux-tu en voilà; mais pour 10 euros pièce, on ne peut pas non plus réclamer du Isabelle Marant, hein. Enfin on peut, mais on risque d'être déçu.
J'aurais bien photographié les piles désordonnées de melons, les cageots de nectarines à moitié vides à cette heure-ci, et surtout cette superbe affichette en langage SMS: "SALADE 2 POULPE". Hélas, mon appareil était resté à la maison. Le mois prochain, peut-être.