vendredi 31 octobre 2008

20 things I love right now

1. Le scrap d'Ali Edwards - autant j'adore le freestyle pour mes pages isolées, autant le concept "just tell the story" des albums d'Ali correspond parfaitement à ce que j'aime faire avec, notamment, mes carnets de voyage.

2. Mes boots de moto Free Lance - achetés une mini-fortune en décembre 2004, portés presque chaque jour pendant six mois de l'année depuis lors, ils attaquent leur cinquième hiver encore plus beaux qu'au premier jour car un rien patinés.

3. La brioche à l'écorce d'orange confite de la boulangerie de la place Jourdan - une tuerie pour le goûter.

4. Cambio, ce merveilleux système de voitures partagées auquel nous sommes abonnés, pour notre plus grande satisfaction, depuis un an.

5. Les chaussures Chie Mihara - je viens d'acquérir ma 5ème paire en 4 mois sur eBay. Je suis très fière de n'en avoir payé aucune plus de 60% de sa valeur magasin.

6. Les petits crochets rouges aimantés dénichés chez Rose et grâce auxquels désormais, nous ne perdons plus jamais de temps à chercher nos clés.

7. L'univers coloré et artistique d'Elsie Flannigan - à découvrir sur son blog "A beautiful mess".

8. Le genmaicha, thé vert japonais au riz soufflé; celui de Mariage Frères est meilleur que celui du Palais des Thés, mal proportionné.

9. Mon lave-vaisselle. C'est un peu comme le téléphone portable ou internet: on s'en passe très bien, jusqu'au jour où on s'équipe et où on se demande comment on a pu survivre sans jusque là.

10. Leonard Cohen, always and forever.

11. Les pizzas de chez Mamma Roma - surtout la patate à l'huile de truffe, mais pas que.

12. Les pantalons d'intérieur Etam - je dois en avoir une demi-douzaine entre Bruxelles et Monpatelin. Je vis dedans. Ca coûte à peine 20€; c'est le summum du confort, et en plus je trouve ça assez flatteur pour la silhouette.

13. Les surgelés Picard - délicieux, variés, pas chers, livrés à domicile pour 6€ seulement, ils sont ma bouée de sauvetage alimentaire entre le Colruyt déprimant et le Contact GB ruineux.

14. Notre nouvelle porte blindée - non seulement très sécurisante, mais parfaite pour transformer en grand panneau d'affichage grâce à une multitude de petits aimants.

15. Postcrossing, dont j'ai déjà longuement parlé ici. C'est un vrai bonheur de recevoir des cartes postales du monde entier et, par leur biais, d'entrevoir la vie que mènent les habitants de tel ou tel pays.

16. Real Simple - magazine américain orienté "lifestyle". A Bruxelles, je ne le trouve que chez Sterling Books ou au Relay de l'aéroport (parfois). Résultat, des trous dans ma collec.

17. Les stickers muraux - moyen génial de personnaliser son intérieur à moindres frais et sans entreprendre de grands travaux. Je suis particulièrement fan de ceux du Pré d'Eau.

18. Le Thalys - 1h25 le Bruxelles-Paris pour 25€ en périodes de promo (assez nombreuses). Difficile de faire mieux.

19. Les alphabets Thickers, sans contestation possible ma fourniture préférée du moment. Je viens d'en commander au moins une douzaine: en chipboard, en vinyle, en feutre, dans plein de polices et de couleurs différentes.

20. Le Twee-pas-mini que je me suis offert hier après-midi chez Jérôme Dreyfuss - après avoir convoité son petit frère pendant des semaines, que dis-je, des mois!

jeudi 30 octobre 2008

Ce week-end...

...Sera placé sous le signe des retrouvailles.
Ce soir, je dînerai à Paris avec JC. Je ne sais pas encore dans quel resto nous irons, mais je sais déjà ce qu'il y aura au menu: des anecdotes de boulot, des considérations sur l'avenir, des souvenirs doux-amers - et, probablement, une bonne bouteille de rouge.
Demain en fin d'après-midi, je rejoindrai à Nantes mon amie Gren et son mari, que je n'ai pas vus depuis... pfiou, plus de 8 ans. Vive Internet qui permet de rester proche de ceux qu'on aime malgré la distance!
Samedi, nous nous rendrons ensemble aux Utopiales où je croiserai sûrement quelques connaissances: des collègues traducteurs, deux ou trois auteurs, des piliers du forum d'Editeur Préféré et... mon ex-mari qui devrait y tenir un stand.
J'ai hâte.

mercredi 29 octobre 2008

De la féminité

Sur l'un des blogs que je suis, une jeune femme souffrant du syndrome MRKH (c'est-à-dire née sans utérus ni vagin) pose aujourd'hui la question: "Qu'est-ce que la féminité?".

Franchement, je serais bien en peine d'y répondre. Oui, je suis une fille, une femme, un être humain de sexe féminin. Mais pour moi, c'est juste une donnée biologique. Ca ne définit en aucun cas ma personnalité. C'est vrai que j'aime les robes et les talons hauts; cela dit, la plupart du temps, je me balade en blouson de cuir noir et en bottes de moto. C'est vrai que je suis capable de jouer les chattes et les séductrices si l'humeur m'en prend, mais j'ai aussi de grands accès d'autorité et même de machisme, parfois. C'est vrai que je pratique pas mal de loisirs typiquement féminins, comme le scrapbooking, mais je kiffe aussi les sports extrêmes et l'adrénaline qui va avec. C'est vrai que je peux avoir un côté super maternant avec les gens que j'aime, mais à côté de ça, je n'ai aucune envie de faire des enfants. Si je m'amusais à dresser la liste de tous mes traits de caractère répartis en deux colonnes, il y en aurait autant de soi-disant féminins que de soi-disant masculins. Je ne suis pas plus attirée par un sexe que par l'autre, et je pense que si j'étais née avec un chromosome Y à la place d'un X, je ne serais pas une personne très différente. Il y aurait juste moins de chaussures dans ma penderie - et encore, ce n'est même pas sûr!

Il fut une époque où les rôles homme/femme étaient clairement définis et avaient leur raison d'être. Logique que les plus costauds aillent chasser le bison; logique que celles capables d'allaiter restent à la caverne avec les gnomes. Mais aujourd'hui, dans les pays occidentaux civilisés, hommes et femmes jouissent des mêmes droits. Grâce aux progrès technologiques et à l'évolution sociale, ils peuvent, si ça leur chante, mener exactement la même vie*. Partant de là, je ne comprends pas pourquoi on s'obstine encore à faire dépendre notre identité de notre configuration physique. Ce n'est jamais qu'une façon comme une autre de ranger les gens dans des cases, de leur seriner qu'ils doivent être ceci ou cela, se comporter comme ceci et surtout pas comme cela s'ils veulent être acceptés. Voilà pourquoi en ce qui me concerne, le concept de féminité est hors de propos**: avant d'être une femme, je suis moi - un individu dont le sexe n'est qu'une caractéristique parmi beaucoup d'autres, et même pas une des plus représentatives.

*A l'exception de l'enfantement qui reste le "privilège" des femmes... Pour combien de temps encore?
**Si un(e) anglophone connaît une meilleure traduction pour "irrelevant", je suis preneuse.

mardi 28 octobre 2008

Nos premières invitées

Ce soir, nous avons reçu nos premières invitées dans le nouvel appartement.

Ce n'était pas vraiment prévu au programme. D'ailleurs, il n'y avait pas de programme. Juste un rendez-vous à 18h sous la grande enseigne Coca-Cola de De Brouckère.

Yuna et Marine, 40 ans à elles deux, en couple depuis... euh, au moins trois ans je pense (exploit pour lequel elles ont toute mon admiration), vivent et étudient à Bordeaux mais étaient de passage à Bruxelles pour la semaine. Nous nous sommes connues sur un forum disparu depuis un bail déjà, mais malgré de nombreuses conversations sur MSN, jamais nous n'avions eu l'occasion de nous rencontrer "dans la vraie vie". C'est désormais chose faite, et je dois dire que je n'ai pas été déçue.

Après un rapide tour dans le centre-ville (passage obligatoire par la Grand'Place dont l'éclairage actuel, bien que pas vilain, gâche quelque peu les photos), le froid nous a poussés à nous replier vers les Galeries Royales. Chouchou et moi espérions nous installer au Vaudeville pour, tranquillement au chaud, faire goûter à nos invitées les spécialités locales: bière et cornet de frites. Malheureusement, à cause d'un banquet, la salle était déjà pleine. Nous avons alors eu l'idée de nous replier vers la place Jourdan et "Chez Antoine" qui, même s'il m'avait déçue lors de ma première visite, reste quand même un des plus célèbres fritkot de Bruxelles - et, paraît-il, le seul construit en dur.

Pour changer un peu, la file d'attente n'avançait pas, ce qui nous a donné l'occasion de causer blogs et loisirs. Marine ayant mentionné qu'elle avait très envie de tester la Wii Fit, nous avons une fois de plus changé nos plans. Au lieu de nous installer dans un des cafés de la place, nous sommes remontés à la maison, distante de moins de 500 mètres, avec nos cornets de frites et nos poulycrocs bien emballés dans un sac plastique. Le temps de débarrasser les ordinateurs, et nous nous sommes installés tous les quatre autour de la grande table avec des verres de Coca light pour arroser notre cholestérol en bâtonnets.

Puis nous avons sorti la Wii Fit. C'est toujours très drôle de voir des gens s'en servir pour la première fois, même si je dois avouer que Marine s'en est bien mieux sortie que nous en avril. Yuna, elle, a préféré observer depuis le canapé en sirotant un thé du Hammam. Chouchou et moi nous sommes tous deux fait la réflexion que c'était des filles très différentes. A cause, sans doute, de mes propres expériences malheureuses en la matière, je suis toujours surprise et épatée de voir durer ce genre de relation - celui dont les partenaires se complètent au lieu de se ressembler et, bien que n'ayant ni le même caractère ni les mêmes goûts, arrivent néanmoins à trouver un terrain d'entente où être heureux ensemble.

Le moment venu pour les filles de regagner Anderlecht où elles sont logées par des amis de Marine, nous avons appelé Cambio pour savoir si, par hasard, il n'y aurait pas une voiture de disponible à la station la plus proche de chez nous. Il y avait, hourra! J'aurais trouvé ça cruel de les laisser rentrer seules en métro avec le ventre plein de frites et le froid qu'il faisait dehors. Nous avons donc pu les raccompagner et les laisser devant leur domicile temporaire en leur souhaitant une bonne fin de vacances. Vive Cambio, vive la Wii Fit, vive les frites, vive nous.

dimanche 26 octobre 2008

Capoue

Afin de poursuivre notre exploration du quartier, et aussi parce que nous tenions une grosse flemme de cuisiner en ce dimanche de retour à l'heure d'hiver*, nous nous sommes traînés sur le coup de 13h30 chez Capoue qui, contrairement à ce que je pensais jusque là, n'est pas seulement un glacier bruxellois réputé. Chouchou m'avait promis qu'on pouvait y manger des salades et toutes sortes de tartes salées - les parfaites composantes d'un déjeuner light.

Oui mais voilà. Le Capoue du bas de la Chaussée de Wavre est jumelé avec le restaurant voisin**, dont il partage la cuisine. C'est ainsi que, l'appétit aiguisé par un air automnal un peu vif, nous nous sommes retrouvés à piocher dans la page "Les Bintje" de la carte. Accompagnées d'un pavé de boeuf sauce archiduc pour moi; version tartiflette pour Chouchou. Nous nous sommes régalés pour un prix très correct (respectivement 17 et 14 €, hors boissons bien sûr). Une vraie bonne patate au four avec la peau qui craque et la chair qui fond dans la bouche est un plaisir culinaire tristement sous-estimé. Inutile néanmoins de dire qu'après avoir terminé nos assiettes, nous n'avions plus du tout faim pour un dessert! Le gentil propriétaire nous a quand même amené une petite assiette avec deux bâtonnets de gâteau et deux mini-boules de glace. Les parfums? Pistache et... speculoos, of course. On a frôlé le sans faute.

*Pourquoi, mais POURQUOI? Ca fait des années que l'Europe tergiverse pour savoir si elle supprime ou non l'heure d'été. Alors que c'est tellement évident que ce qui fait chier tout le monde, c'est l'heure d'hiver!
**Qui porte le nom aux deux tiers ravissant de Bébé, Chouchou et moi.

samedi 25 octobre 2008

Pour commencer le week-end dans la bonne humeur

Spéciale dédicace à tous les fans de Flashdance ET de Star Wars.
(Comment ça, on n'est pas nombreux? :P)

vendredi 24 octobre 2008

"Je ne verrai pas Okinawa"

Comme j'avais beaucoup aimé les deux tomes de "Fraise et chocolat", je n'ai même pas cherché à savoir de quoi parlait ce troisième album d'Aurélia Aurita: dès que Chouchou l'a repéré dans les rayons de Filigranes, dimanche dernier, je l'ai emporté à la caisse. Le soir même, je le lisais d'un trait.

Les amateurs d'histoires de fesses autobiographiques, à la fois candides et crues, en seront pour leurs 12€. Ceux qui espéraient passer un moment de franche rigolade, aussi. Cette fois, Aurélia Aurita ne nous raconte pas ses galipettes avec son amoureux, mais son tout dernier séjour au Japon et la façon dont elle manqua se faire renvoyer directement en France à peine son avion posé à l'aéroport de Narita. Intrigués par les fréquents aller-retour qu'elle effectuait entre les deux pays depuis quelques années, les douaniers refusèrent d'accepter ses explications. De quoi la soupçonnaient-ils au juste, on ne le saura jamais. Mais au terme d'une confrontation aussi humiliante qu'ubuesque, ils lui accordèrent un permis de séjour d'un mois seulement. Juste le temps de faire ses adieux à ce pays qu'elle aimait tant et où elle ne se sentait désormais plus la bienvenue.

Quand on a été au Japon en tant que touriste et qu'on s'est émerveillé de l'immense gentillesse des gens rencontrés là-bas, on tend à oublier combien, de nos jours, les Japonais ont encore une mentalité protectionniste et xénophobe. Ils se montrent extrêmement serviables envers les étrangers de passage, mais que ceux-ci tentent de s'installer et de s'intégrer parmi eux, et bien souvent, on leur claquera la porte au nez. Avec moultes formules de politesse, mais le résultat sera le même.

J'ai vécu plus ou moins la même expérience qu'Aurélia Aurita durant l'année passée aux USA. Lors de mon dernier voyage, j'ai été retenue plusieurs heures dans les bureaux des services d'immigration qui trouvaient que plusieurs séjours de trois mois enchaînés à quelques semaines d'intervalle, c'était louche. J'ai eu beau leur expliquer ce que je faisais comme métier, que j'étais payée par des éditeurs français et que même si je travaillais physiquement sur leur sol, je ne piquais en aucun cas le boulot d'un Américain, c'est tout juste s'ils ont accepté de me laisser entrer dans le pays. J'ai senti qu'une prochaine fois, je n'aurais pas autant de chance. A la fin de ce séjour, je suis rentrée en France pour de bon. Et je ne suis retournée aux USA, pour dix jours, que huit ans après.

jeudi 23 octobre 2008

"Desperate housewives" saison 4

Les ménagères désespérées sont de retour pour une saison 4 certes raccourcie par la grève des scénaristes (17 épisodes au lieu de 22 habituellement), mais de très bonne facture. Après douze ans passés à Chicago, Katherine Mayfair revient à Wisteria Lane avec un séduisant deuxième époux et une fille adolescente qui, curieusement, ne se souvient pas avoir déjà vécu dans le quartier - ni avoir été la meilleure amie de Julie Mayer. Cette rousse flamboyante au caractère inflexible, experte en arrangements floraux et en tarte au citron meringuée, va rapidement se poser en rivale pour Bree. L'actrice Dana Delaney, qui l'interprète, avait d'ailleurs refusé le rôle finalement attribué à Marcia Cross l'année où la série fut créée. Je trouve personnellement que nous avons gagné au change.

Bon, le mystère principal n'est pas le plus palpitant qui soit, et le double épisode de la tornade mis à part, cette saison manque un peu de moments forts (la plupart d'entre eux échoient à Felicity Huffman, qui entre son cancer et sa démoniaque belle-fille dispose de tous les atouts nécessaires pour émouvoir les spectateurs). En revanche, les répliques hilarantes fusent au rythme d'une par minute, ou presque. Gabrielle, qui jusque là n'était qu'une garce matérialiste, devient une garce matérialiste drôlissime. Quand Carlos lui ordonne de faire ses bagages pour fuir dans la minute, et de n'emporter que le strict nécessaire, il la retrouve en train de bourrer deux énormes valises d'effets personnels. Il saisit un boa qu'il lui brandit sous le nez d'un air incrédule. "Quoi? Si tu m'emmènes dans un endroit où je n'aurai pas besoin de boa, je ne suis pas sûre de vouloir te suivre!" réplique Gabby, indignée. La fausse grossesse de Bree donne également matière à maintes scènes comiques, notamment celle de la soirée d'Halloween.

L'un dans l'autre, ça ne vaut pas la première saison, mais c'est bien supérieur à la seconde. Et si la fin est amenée un peu rapidement à cause du nombre d'épisodes réduits, elle consiste en un "flash forward" très intrigant. Cinq ans plus tard, Bree est devenue un auteur de livres de cuisine à succès; Gabrielle, une mère de famille rondouillarde et mal fagotée; les fils de Lynette sont des délinquants juvéniles, et Susan a divorcé de Mike. Pourquoi, comment? Vous le saurez en regardant la saison 5 de "Desperate housewives"!

mardi 21 octobre 2008

Leonard Cohen à Forest National

Leo entre et sort de scène en sautillant comme un jeune homme. Le reste du temps, malgré sa silhouette un peu tassée par l'âge, il se balance au rythme de la musique; souvent, il met un genou en terre et ferme les yeux comme s'il était totalement absorbé par la puissance de ses propres mots. Deux écrans géants restituent son expression tantôt grave et mélancolique, tantôt éclairée par un sourire très doux. Sa voix est toujours aussi magnifique, grave et profonde. Elle n'a rien perdu de sa force ni de ses nuances; le temps n'a pas altéré son timbre fabuleux. Si les cigarettes, le café fort et le whisky avaient une tonalité, ce serait celle-là. Cet homme n'est pas spécialement beau, et il ne l'a jamais été. Mais il a un charisme époustouflant, une aura qui fait que le public, au lieu de chanter à tue-tête avec lui, retient son souffle et l'écoute religieusement.

Leo s'adresse rarement à son public: tout est déjà dans ses chansons. Mais quand il remercie, il enlève son chapeau, le porte à son coeur et appelle les spectateurs "friends". Il fait même l'effort de prononcer quelques phrases en français. Son humilité, sa chaleur, la sincérité profonde qui émane de lui sont bouleversantes. Cet homme ne triche pas, et ça se sent. Sur scène, il est accompagné par des artistes fantastiques, choristes et musiciens qu'il place chacun à leur tour dans la lumière en leur faisant interpréter une chanson ou jouer un long solo, et qu'il présente (deux fois!) avec des termes merveilleusement poétiques - par exemple, "the master of timekeeping" pour son batteur, ou "the prince of arpegio" pour son guitariste. Cet homme est la générosité incarnée.

Leo ne plaint pas son temps. Entracte de vingt minutes compris, le spectacle dure près de trois heures et comporte trois rappels. Pour le premier, il interprète "So long, Marianne" et "First we take Manhattan". Il conclut le second par "Closing time", et on pense que ça va s'arrêter là. Mais presque aussitôt, le public lui faisant une énième standing ovation, il revient entonner "I tried to leave you" avec un petit sourire ironique. Oui, en plus de tout le reste - le talent, l'intelligence, la sensibilité -, cet homme a de l'humour!

Leo a 74 ans. Il a tout vécu, tout essayé - fréquenté les plus grands artistes des années 60 et 70, logé au mythique Chelsea Hotel et habité dans une semi-réclusion sur une minuscule île grecque, enchaîné les amours tumultueuses et politiquement incorrectes, été menacé de mort par un de ses producteurs et plumé par sa secrétaire particulière*, écrit de nombreux romans et recueils de poésie en plus de sa carrière de chanteur. Et partout, tout le temps, il a cherché Dieu, ou du moins, quelque chose de divin. Comme Siddharta dans le roman éponyme de Herman Hesse, il est à la fois un pécheur et un saint, capable de se vautrer dans les plaisirs terrestres et de passer plusieurs années dans un monastère zen. Son parcours chaotique mais sans compromission lui a donné une sagesse rayonnante. Cet homme irradie l'amour - amour des femmes, de son prochain en général et surtout de la vie. Alors, quand il chante,dans "Anthem": "There is a crack in everything; that's how the light gets in", je me sens pardonnée pour toutes mes erreurs, validée dans mes propres choix parfois erratiques. Moi qui ne crois pas en Dieu, c'est comme si je recevais l'absolution de la part de la personne qui incarne à mes yeux toute la beauté complexe et glorieuse de l'être humain.

Avant le premier couplet de la première chanson ("Dance me till the end of love"), j'ai déjà les yeux pleins de larmes tellement c'est fort pour moi de me retrouver dans la même salle que lui. Même si je ne distingue que vaguement sa silhouette minuscule - son éternel feutre et son pardessus noir - sur la scène de Forest National, j'ai l'impression que sa voix résonne directement dans mon coeur sans passer par mes oreilles. Pendant "In my secret life", qui n'est même pas un de mes morceaux préférés, les vannes s'ouvrent et je me mets à sangloter sur l'épaule de Chouchou. "I smile when I'm angry, I cheat and I lie, I do what I have to do to get by, but I know what is wrong and I know what is right..."

Mais le pire arrive au moment de ses magnifiques adieux. Je sais que ce concert sera unique, que je ne reverrai probablement jamais Leo. C'est "Ravie de faire votre connaissance", "Vous êtes une personne sublime qui me touche comme nulle autre au monde" et "Au revoir à jamais" en l'espace de quelques heures. Alors, quand il dit (je reconstitue vaguement de mémoire): "We thank you for your unforgettably warm welcome. It's getting chilly up there (...), but when the cold gets too bitter, may we remember one another. Thank you friends, and good night", je m'effondre totalement. Il me semble que toutes les émotions intenses, bonnes ou mauvaises, que j'ai jamais éprouvées ressurgissent d'un coup pour me submerger. Je suis anéantie, terrassée par le poids de mes propres joies et de mes propres chagrins passés ou à venir. Ce que je viens de vivre, ce n'est pas juste un concert inoubliable: c'est ce qui peut se rapprocher le plus d'une expérience mystique pour une athée comme moi. Tout ça par la grâce d'un petit bonhomme imparfait et sublimement humain.

Thanks to you too... friend.

*d'où cette tournée dont il nous gratifie quinze ans après la précédente afin de renflouer les caisses: le malheur des uns, etc.

lundi 20 octobre 2008

Le Shimla

Finalement, hier soir, en rentrant de chez Filigranes où nous venions de faire quelques emplettes (le tome 19 de Nana et le nouveau Aurélia Aurita pour moi; le deuxième bouquin de potins hollywoodiens de Peter Biskind pour Chouchou), nous avons décidé de nous faire un petit resto. Nous pensions tester le grec voisin de notre Mamma Roma, mais la lecture de la carte affichée en vitrine - et étrangement bourrée de plats français - ne nous a pas inspirés. Comme d'habitude, je m'apprêtais à laisser tomber et à rebrousser chemin; comme d'habitude, Chouchou a insisté pour faire quand même le tour de la place Jourdan, au cas où.

Il a eu raison. Un peu après le contact GB où je préfèrerais me ruiner à faire mes courses plutôt que de retourner au Colruyt, nous avons découvert un restaurant indien à la façade sympathique et au menu alléchant, bien que dans une gamme de prix supérieure à celle des établissements que nous fréquentons d'habitude. Bon, c'était nos deux ans et nous venions juste de mettre le point final à notre installation dans le nouvel appartement; nous avons donc estimé que ça méritait bien un petit gueuleton.

Et de fait, gueuletonné nous avons. Thali viande pour Chouchou, thali végétarien pour moi et une demi-bouteille de rouge indien pour arroser le tout. La nourriture était absolument divine; comme souvent, nous avons échangé nos assiettes à la moitié du repas et les huits plats que nous avions commandés à nous deux rivalisaient de déliciosité (je sais, ce n'est pas un mot, mais on s'en fout). Sauces crémeuses et parfumées, viande tendre et cuite à point, légumes fondants... Un vrai régal. Le vin aussi était intéressant, un Cabernet-Sauvignon pas très sophistiqué mais un peu râpeux avec quelque chose à la limite du pétillant. Quant à l'atmosphère de la salle, elle est intimiste juste ce qu'il faut grâce aux murs peints en rouge et aux lumières tamisées. En résumé, une très bonne adresse que je recommande vivement.

Le Shimla, place Jourdan 67, 1040 BRUXELLES

Emmanuelle comme un soleil

L'autre jour, après avoir lu une interview de soeur Emmanuelle dans un quelconque magazine féminin, je m'émerveillais de la longévité de cette femme extraordinaire et faisais remarquer à Chouchou que mère Theresa et l'abbé Pierre avaient eux aussi vécu fort vieux et en restant lucides jusqu'au bout, comme si le fait d'avoir un coeur énorme et de vivre pleinement en accord avec ses convictions préservait de la décrépitude. Autant je suis athée et, il faut le reconnaître, assez farouchement anticléricale en général, autant j'admirais ces trois personnages hors du commun qui ne se contentaient pas de prêches faciles mais avaient consacré toute leur existence à servir les autres de la façon la plus concrète qui soit.
Soeur Emmanuelle était née à Bruxelles et a fini sa vie non loin de Monpatelin. Elle aurait eu cent ans le mois prochain, et elle a eu une vie extrêmement bien remplie. Mais c'est toujours triste quand une grande âme s'éteint.

dimanche 19 octobre 2008

Deux ans

Deux ans aujourd'hui que nous sommes ensemble... Qui aurait parié que cette histoire commencée à la sauvage dans une chambre d'hôtel nous mènerait si loin? Pas moi, en tout cas. Pas lui non plus, je crois. Nous venions de sortir passablement cabossés de nos relations précédentes, et aucun de nous deux ne se sentait prêt à se relancer dans quelque chose de sérieux. Comme quoi, c'est toujours quand on ne cherche pas qu'on finit par trouver.

Ces deux années ont sûrement été les plus belles et les plus heureuses de ma vie. Certes, il y a eu des disputes spectaculaires et des remises en cause assez violentes. Mais - peut-être forts des leçons inculquées par nos échecs respectifs -, nous avons su nous en servir pour avancer, aussi bien ensemble qu'à titre individuel. Chacun de nous a mis de l'eau dans son vin et appris à maîtriser ses sautes d'humeur ou ses éclats de colère. Le Breton et l'Homme faisaient ressortir le pire chez moi: l'esprit de contradiction et l'intransigeance pour le premier, la mélancolie et l'apathie pour le second. Avec Chouchou, je ne suis que tendresse et bonne volonté. Et il me semble aussi que je lui fais du bien, tant le changement de sa personnalité depuis que nous nous connaissons est spectaculaire.

Nous avons le même amour du jeu, de la création et des découvertes, le même imaginaire fort et avide de stimulations nouvelles. Ensemble, nous ne nous ennuyons jamais sauf quand il insiste pour me faire regarder "Belle de Jour". Nous débordons d'envies et de projets communs: blogs, photos, spectacles, voyages... Nous avons déjà partagé beaucoup d'expériences intenses, comme une soirée à la Porte des Sens, un séjour au Japon ou un saut en parachute. Et j'ai toujours l'impression que ce n'est que le début, que l'installation dans notre nouvel appartement va nous ouvrir un tas de perspectives supplémentaires.

Nous n'avons rien prévu de spécial pour aujourd'hui. D'abord, nous finissons tout juste de liquider les derniers cartons du déménagement. Ensuite, entre les achats de meubles neufs et les frais administratifs, nos comptes en banque font plutôt grise mine ce mois-ci (un gris tirant sur le rouge). Enfin, comme j'ai déjà dû le répéter des dizaines de fois, je ne suis pas fan des célébrations imposées, des réjouissances à date fixe. Je peux occasionnellement décider de fêter un anniversaire en grande pompe, mais je n'aime pas me sentir obligée de le faire. De toute façon ***WARNING: mode "cheesy" on*** avec Chouchou, la fête, c'est tous les jours ***mode "cheesy" off***.

samedi 18 octobre 2008

Taguée!

Non, je ne me suis pas fait repeindre la face par un délinquant juvénile. Mais Melissa m'a demandé de répondre après elle au petit questionnaire musical qui circule en ce moment sur les blogs. Le principe:
- Choisir 5 chansons qui vous ressemblent et dire pourquoi
- Faire une petite playlist avec
- Rajouter en sixième position “The Song”, celle que vous aimez d’amour, plus jamais vous ne pourrez vivre sans
- Et taguer 5 personnes de votre choix

Nobody's wife d'Anouk


Il y a dix ans, alors que j'étais fraîchement divorcée, j'ai eu le coup de foudre pour cette chanson: la voix rauque de la chanteuse hollandaise, le beat énergique, et surtout les paroles qui décrivaient parfaitement ma position par rapport à l'amour et au mariage - le sentiment d'enfermement, voire d'aliénation, qui me poussait à blesser la personne avec qui j'étais. Je me suis pas mal adoucie depuis, je crois. Mais je ne serai plus jamais la femme de personne quand même.

First we take Manhattan de Leonard Cohen

Impossible de trouver une version transférable de la vidéo, je me contente donc de vous mettre le lien vers Youtube:

http://www.youtube.com/watch?v=tFBKV0zVXSE

Ce n'est pas la plus belle des chansons de Leo, mais sûrement celle qui me correspond le mieux. Le texte est tellement riche qu'on peut l'interpréter de tout un tas de façons. Je crois qu'à la base, il était censé parler de la Guerre Froide. Moi, j'y vois un portrait d'insoumis qui malgré l'opprobe de la société s'entête à poursuivre le chemin chaotique et ardent qu'il s'est choisi. Un morceau parfaitement jubilatoire. J'aurais aussi pu choisir "Everybody knows", mais ces temps-ci, je ne suis plus assez cynique pour estimer qu'elle me représente vraiment.

Un être idéal de Véronique Sanson


J'ai hésité à citer le "Bitch" de Meredith Brooks - parce que je suis nombreuse, limite schizophrène parfois. Mais la musique est trop naze. A la place, j'ai donc opté pour ce morceau de Véronique Sanson, pas son plus connu ni son meilleur, mais qui fait écho à pas mal des questions que je me suis posées au fil des ans sur ce que je voulais devenir, la personne que je voulais être. Pas évident, d'un côté, de rester en accord avec ma nature profonde, et de l'autre, de lutter pour parvenir à une certaine sérénité et une humilité dont je ne suis absolument pas dotée à la base.
(Pour les trentenaires: avez-vous reconnu, dans la vidéo, la comédienne qui jouait Lalie dans "Hélène et les garçons?")

Going under d'Evanescence


Je me retrouve tout à fait dans la musique goth-rock lourde à souhait, et surtout dans les paroles qui décrivent le sentiment de se noyer que l'on peut avoir quand on vit un amour qui fait mal. Ca résume assez bien ma relation avec l'Homme, cette blessure qui ne se décide pas à se refermer deux ans et demi après notre rupture.

Enjoy the silence de Depeche Mode (version Mike Shinoda)



Parce que c'est la face lumineuse du morceau précédent. L'amour qui fait du bien s'y impose comme une évidence; il n'a pas besoin du langage pour s'exprimer: il se suffit à lui-même. C'est ce que je vis avec mon amoureux, et qui m'inspire une gratitude immense chaque jour.

Chanson bonus: Glorious d'Andreas Johnson


Le texte est anecdotique. Il faut juste se laisser soulever par les violons et par la voix du chanteur au début du refrain. Si les chansons citées précédemment me ressemblent de par leur texte, on pourrait dire que celle-ci retranscrit parfaitement mon caractère en musique. Bien qu'elle ne soit pas très connue (à part, sans doute, pour avoir servi de bande-son à un spot publicitaire vantant les mérites d'une célèbre pâte à tartiner), j'ai eu la surprise et le ravissement de la retrouver le mois dernier sur le DVD de mon saut en parachute.

Cette liste a évolué avec moi. Il y a quelques années, comme chansons qui me représentaient, j'aurais pu citer "Warm wet circles" et "That time of the night" de Marillion, "Drôle de rage" de Lola Lafon & Leva, "Le tango du qui" d'Olivia Ruiz, "Me" de Paula Cole, "Vigil" de Fish, "Des attractions désastre" de Daho ou encore "Bienvenue sur mon boulevard" de Goldman. Depuis, j'ai - plus ou moins - réussi à mettre le passé de côté, à prendre le dessus sur mes angoisses, à maîtriser mes sautes d'humeur et mes pulsions explosives. Si je continue comme ça, d'ici dix ou vingt ans, je devrais faire un être humain parfaitement fréquentable :)

Voilà voilà. Et puisqu'il faut absolument taguer 5 autres personnes, disons...
- Monsieur Tout-le-Monde, alias Chouchou (ben oui, je suis curieuse)
- Gren
- Poulpy (poste, feignasse!)
- Sophie (qui ne lira sûrement pas ce message, hélas; je suis pourtant sûre que ses réponses auraient été, comme d'habitude, une merveilleuse source de perplexité ou d'hilarité, voire les deux à la fois)
- Ingrid

vendredi 17 octobre 2008

"Twilight"

Intriguée par la fascination que cette série de Stephenie Meyer semblait exercer sur ses lectrices, et nourrissant un intérêt à la fois personnel et professionnel pour la littérature vampirique, j'ai fini par craquer et par commander le premier tome. Avant-hier soir, comme Chouchou rentrait du boulot vers 23h et que je ne voulais pas attaquer sans lui la deuxième saison de "Ugly Betty" en DVD, j'ai ouvert "Twilight" en me disant que j'allais jeter un coup d'oeil au premier chapitre, pour voir. Le temps que je repose le bouquin, j'en avais dévoré deux cents pages presque d'un trait.

Je n'ai pourtant pas grand-chose de nouveau à apporter aux critiques lues de-ci de-là. Oui, la série semble s'adresser plutôt à des adolescentes avec ses héros lycéens qui découvrent l'amour et le désir. Oui, le style est assez simpliste; rien de bouleversant, en tout cas. Non, le sujet n'a rien d'original - même si ici, les vampires sont "végétariens" et peuvent sortir le jour du moment qu'il ne fait pas trop soleil. Pourtant, ça fonctionne, et ça fonctionne même très bien. Il est extrêmement difficile de s'arracher à ce roman dont les pages se tournent toutes seules. En deux soirs, je l'ai presque terminé; je viens de commander les trois tomes suivants sur Amazon, et j'attends avec impatience l'adaptation cinématographique dont la sortie est prévue pour fin novembre aux USA. Ci-dessous, la bande-annonce:

(Ouais je sais... C'est trop bizarre de voir Cedric Diggory en vampire charismatique. Un peu comme si on castait, je sais pas moi, Tom Cruise dans le rôle de Lestat.)

"Twilight" est paru en français sous le titre "Fascination", avec la même couverture que la VO.

jeudi 16 octobre 2008

Chouchou file un mauvais coton

D'abord, il se rase au prétexte fallacieux qu'on lui fait des remarques sur sa pilosité faciale au boulot, alors qu'il sait que je l'aime barbu et hirsute comme un bandit de grand chemin. Mais qui c'est qui lui fait des câlins le matin au réveil, mmmh? Ses collègues ou moi?
Ensuite, sur la patate douce au four dont je raffole et que je lui fais goûter pour la première fois, il verse, non pas un simple filet d'huile d'olive comme les gens civilisés (entendre: les gens de ma famille), mais... une bonne dose de pesto rouge vif. Hérésie!
Et pour couronner le tout, il trouve malin de me lancer avec un sourire réjoui: "Alors lundi, on va voir Leonard Couenne?". I'm not amused.
Chouchou part travailler dans un quart d'heure, et je pense que c'est une bonne chose pour la paix de notre ménage.

mardi 14 octobre 2008

Triste et inquiète

Chaque retour à Bruxelles a un goût doux-amer. Je suis toujours tiraillée entre le plaisir de revoir mon amoureux et le regret de laisser derrière moi ma région natale.

Aujourd'hui, la balance penche plutôt du côté de l'amertume. Un peu parce que c'est l'anniversaire de l'Homme et que ça me ramène à ses 40 ans, cette fête surprise que je mijotais pour lui et qu'il s'est finalement organisé tout seul, profitant de l'occasion pour présenter Fausse Blonde à ses proches. Mais surtout parce que Mère vient de m'annoncer au téléphone que le test pour le cancer colorectal de Père était revenu positif. C'était dans l'air depuis des années; il souffrait sans que les médecins parviennent à lui trouver quoi que ce soit. Aujourd'hui que l'on tient peut-être, enfin, une cause et un traitement, il refuse de retourner chez son docteur pour découvrir de quoi il retourne au juste. Les hôpitaux l'ont toujours terrorisé, au point que même s'il sait rationnellement qu'y aller très vite lui permettrait d'avoir un traitement moins lourd et de meilleures chances de s'en sortir, il est capable de faire l'autruche jusqu'à ce qu'il soit trop tard.

Si le problème est grave (et heureusement, il reste encore une chance qu'il ne le soit pas; mais dans ces cas-là bien sûr on envisage toujours le pire...), je pressens des mois très difficiles à venir. Mère aura beaucoup de mal à gérer un truc pareil; Soeur Cadette a déjà un emploi du temps qui suffirait à occuper deux personnes normalement constituées - et les tensions nerveuses qui vont avec; quant à moi, je vis à 1500 km... Mais cette année, j'ai déjà perdu une amie très chère à cause de cette saloperie. Je refuse de perdre également mon père s'il est possible de le guérir. S'il faut que j'aille lui botter les fesses sur place, voire le traîner drogué et saucissonné à l'hôpital, je le ferai. Et ce n'est pas avec ses 52 kilos tout mouillé qu'il arrivera à me résister.

lundi 13 octobre 2008

Ma cure de télé

Pendant mon séjour à Monpatelin, j'ai passé presque toutes mes soirées devant la télé. C'est une chose que je faisais rarement du temps où je vivais seule dans le Midi de la France. D'abord parce que peu d'émissions m'intéressaient, ensuite parce qu'en général je préférais m'occuper à quelque chose de plus personnel comme scrapper, bouquiner ou papoter sur MSN. Mais là, j'avoue que j'ai pris plaisir à glander sur mon canapé avec le portable sur les genoux, surfant d'un oeil et suivant plus ou moins un programme de l'autre.

Mardi: "La Doublure", film français dans lequel un type malchanceux en amour (Gad Elmaleh, passablement insipide) est engagé par un riche industriel (Daniel Auteuil, détestable à souhait) pour faire semblant de sortir avec la maîtresse de celui-ci (Alice Taglioni, bombesque comme d'hab) et le protéger ainsi des foudres de sa femme jalouse (Kristin Scott-Thomas, glaciale). Gentillet, sans plus. J'ai enchaîné avec deux épisodes de la saison 5 de "Nip/Tuck" . Le cabinet McNamara/Troy a déménagé à Los Angeles, ville de tous les excès chirurgicaux. Et la série en a profité pour montrer encore d'un cran dans l'outrancier. Si si, c'est possible. Je crois que je m'épargnerai l'intégrale en DVD quand elle sortira.

Mercredi: Trois épisodes de la saison 4 de "Grey's anatomy". J'avais déjà regardé quelques épisodes de la saison 1 chez Soeur Cadette, qui en était assez fan. Je n'avais pas trop accroché à l'époque, et ma première impression s'est confirmée. C'est du sous-"Urgences", point.

Jeudi: Sur Arte, un long métrage passé inaperçu (de moi, du moins) lors de sa sortie en salle: "Brodeuses". L'histoire d'une adolescente enceinte qui veut faire adopter son bébé à la naissance, et qui durant sa grossesse rencontre une femme en deuil de son fils. Leur amour commun de la broderie va les rapprocher et les aider à surmonter leurs épreuves respectives. Ce "petit" film au rythme très lent est une merveille de délicatesse et de sensibilité. Lola Naymark, jeune actrice au teint diaphane et à la chevelure de feu, avait d'ailleurs été nominée pour un César l'année de sa sortie, tout comme Ariane Ascaride qui pour une fois met son talent au service d'un autre réalisateur que son mari. Une très bonne surprise.

Vendredi: "NCIS" - un épisode de la saison 5 et deux de la saison 4, que j'ai ratée pour cause de non-télédistribution à Bruxelles au moment de sa diffusion. Gibbs avec une moustache? Not sexy at all. Mais bien que je n'aime pas les séries policières en général, je suis toujours aussi fan des personnages et des dialogues de celle-là. Et puis parce que j'ai un peu tardé à éteindre, je me suis laissée entraîner dans "Journal d'une call-girl", la série tirée du best-seller autobiographique sulfureux de Belle de Jour. Une vision décomplexée, ni dramatique ni rose bonbon, de la prostitution haut de gamme, avec dans le rôle principal une Billie Piper étonnamment bonne. A suivre en DVD.

Samedi: Relâche pour cause de dîner chez C&C.

Dimanche: "L'ivresse du pouvoir". Isabelle Huppert interprète (bien, comme d'habitude) une juge d'instruction acharnée qui essaie de faire tomber des hommes d'affaires corrompus malgré les menaces de plus en plus grandes contre sa vie et celle de ses proches. Mais je déteste les fins en queue de poisson où rien n'est résolu. Après ça, "Combien tu m'aimes?". Il paraît que Monica Bellucci peut être une actrice remarquable. Dans tous les films où je l'ai vue, elle n'avait rien d'autre pour elle que sa plastique irréprochable. Quant à l'excellent Bernard Campan, je ne sais pas ce qu'il est allé faire dans cette galère. Ca hurle, c'est ridiculement mélodramatique, je n'ai pas tenu jusqu'à la fin.

Lundi: "Escalier C", film choral des années 80 qui n'a pas très bien vieilli. Du beau monde au générique, tout de même. Ca fait bizarre de voir Catherine Frot en brune bouclée et Jean-Pierre Bacri avec une tête pleine de cheveux.

Bon, ben la semaine confirme ce que je pensais: je peux très bien me passer de télé pour peu que j'arrive à récupérer les quelques séries que j'aime en DVD.

dimanche 12 octobre 2008

Holding my breath...

Tout à l'heure, je me connecte sur le site de Forest National comme ça, au hasard, pour pleurer sur le fait que les deux dates de Leo (oui, son âme et la mienne sont très intimes, alors je l'appelle simplement Leo) sont sold out depuis longtemps... Et là, je vois défiler un bandeau en haut de la page: "NOUVEAU: Leonard Cohen, places à visibilité réduite disponibles". Je me doute que "réduite" signifie "quasi-nulle", mais tout de même, c'est sans doute ma toute dernière chance d'assister à un concert de mon idole*. Même si je ne le vois pas ou peu, je serai dans la salle, je l'entendrai, nous respirerons le même air!
Donc, je lance une commande. Et là, grosse perplexité. Les places en catégorie 4 sont toujours indisponibles sur Sherpa.be. Toutes les autres, en revanche, sont indiquées dispos. Je soupçonne un bug de programmation, mais je continue quand même. Je réclame deux places en catégorie 1. Ca passe. Je paie avec ma Visa. Ca passe. Quelques minutes plus tard, je reçois un mail de confirmation pour les places suivantes: Fauteuils A, 8-113 et 114. Je ne comprends rien et n'ose pas y croire. Depuis, j'attends que Sherpa.be m'envoie un mail pour s'excuser de son erreur.
*La musique de Leo est immortelle, mais je crains que son corps ne le soit pas, et il a quand même plus de 70 ans.

"Des roses et des orties"

Je me plaignais récemment de n'avoir pas eu la main heureuse avec mes derniers achats de CD. Pas découragée, j'ai hier fait l'emplette à la Fnac du dernier Cabrel dont Olive m'avait dit le plus grand bien. Même si je n'ai pas accroché sur ses deux albums précédents, j'ai une immense affection pour cet artiste discret et profondément humain, qui ne fait jamais la une des journaux à scandale mais s'engage dans son coin pour les choses qui lui importent et mène une vie en accord avec ses valeurs - c'est si rare de nos jours! A la sortie de "Des roses et des orties", j'avais vu son passage au Grand Journal de Michel Denisot où il avait dévoilé "La robe et l'échelle", le premier extrait de ce nouvel album. Je l'avais trouvé délicieusement sensuel et nostalgique - malgré son côté petite balade toute simple, un morceau très abouti au niveau du texte comme de la musique.

Et bien, le reste de l'album est encore meilleur, bourré d'émotion, de sagesse et de révolte intelligente. Cabrel n'est pas un donneur de leçons; il n'essaie pas d'imposer une quelconque vérité, mais il pose les bonnes questions. La seule chose qu'il prêche, c'est la fraternité - sans moralisation aucune - comme une nécessité évidente, une évidence nécessaire. Pas de rimes faciles, de verbiage enflammé ou de formules choc chez lui: seulement des mots justes pour peindre des situations poignantes avec toute la délicatesse et la poésie qui le caractérisent. Dans "Des roses et des orties", il y a aussi de l'humour, de la tendresse, une formidable lucidité et beaucoup de douceur de vivre. Un grand album, peut-être le meilleur de Cabrel à ce jour malgré la place particulière que "Samedi soir sur la Terre" occupera toujours dans mon coeur.

samedi 11 octobre 2008

Sale semaine pour Soeur Cadette

Je pensais avoir passé une mauvaise journée hier. Et puis ce matin, Soeur Cadette m'appelle et m'annonce que David et elle ont été cambriolés dans la nuit de mardi à mercredi pendant qu'ils dormaient du sommeil du juste. A leur réveil, ils ont eu la (mauvaise) surprise de s'apercevoir que quelqu'un avait fracturé une porte-fenêtre et volé l'ordinateur portable de David, la Wii avec tous ses accessoires, le sac de Soeur Cadette, la superbe sacoche flambant neuve qu'elle venait d'offrir à David et... leur voiture principale, un genre de paquebot noir monté sur roues dont j'ai oublié la marque.

Bien entendu, ça tombe au plus mauvais moment possible: David vient de reprendre ses études, et Soeur Cadette ne saura pas avant plusieurs mois si on lui accorde la promotion qui lui permettrait d'avoir une voiture de fonction. Bien entendu, même avec les factures, l'assurance ne leur remboursera pas la valeur intégrale des biens dérobés. Bien entendu, régler la paperasserie entraînée par ce cambriolage va leur compliquer la vie et leur bouffer un temps qu'ils n'ont absolument pas. Mais ce qui me rend livide, c'est qu'ils étaient là quand ça s'est passé. Heureusement qu'ils ont tous le sommeil lourd! Je ne veux même pas imaginer qu'il ait pu arriver quelque chose à l'un d'eux.

Soeur Cadette est d'un fatalisme admirable; elle se dit que c'est passé, qu'ils sont tous vivants, et que si ça doit se reproduire, ben ça se reproduira. A sa place, je serais hystérique. Je pesterais un maximum à propos des soucis matériels occasionnés, mais surtout, je me sentirais violée, même plus en sécurité chez moi. Je ne supporte pas de ne pas contrôler mon environnement à 100%, de réaliser que des événements désagréables peuvent se produire sans que je les ai vus venir et sans que j'aie réussi à les empêcher. L'impuissance, l'incertitude, la vulnérabilité me sont des états intolérables. C'est pour ça que, entre autres choses, je me refuse à habiter en maison ou en appartement au rez-de-chaussée: par peur des effractions (et un peu des inondations). Et que je me réjouis que la porte de notre nouvel appartement bruxellois soit blindée.

vendredi 10 octobre 2008

La malédiction électrique


Je n'avais déjà plus de lumière dans mon bureau pour cause de douille plafonnière déficiente. Ce matin, alors que je branchais mon ordinateur portable pour me mettre à travailler, une grosse gerbe d'étincelles est sortie de la prise - bientôt suivie d'une chouette odeur de cramé. J'ai essayé d'allumer la lampe branchée sur la même multiprise: nada. Et je ne peux pas changer le bloc multiprises parce qu'il est branché derrière ma jolie bibliothèque sur mesure, celle qui pèse deux tonnes et qui est montée de façon que seul son concepteur peut la démonter sans tout casser. Donc, j'ai dû fouiller frénétiquement les tiroirs en quête d'un autre bloc que j'ai branché dans le coin opposé de la pièce; j'ai maintenant des fils électriques noirs en travers du carrelage blanc, c'est du plus bel effet. Et comme celui de la minuscule lampe de bureau que j'utilisais pour bosser le soir n'est pas assez long, je devrai me réfugier dans le salon à partir de la tombée de la nuit. J'ai l'impression que des esprits malins essaient de me chasser de chez moi, ou au minimum de m'empêcher de bosser :(

Edit 10h20: Il y a cinq minutes, mon portable affiche l'avertissement "batterie faible". Et s'éteint dans la foulée. Je suis catastrophée. La surcharge électrique a dû griller mon bloc alimentation. Et il n'est pas du tout dit que la Fnac de Monpatelin en ait un en stock. Que faire, que faire? Si je ne peux ni bosser ni me connecter à internet ni utiliser mon ordi pour quoi que ce soit d'autre, autant rentrer à Bruxelles par le premier train.
A tout hasard, je tente quand même de brancher mon portable dans le salon et de le rallumer. Ca fonctionne. J'en déduis (mais qu'est-ce que j'y connais, hein?) que c'est le plomb de mon bureau qui a dû sauter. J'ouvre le tableau électrique. Quelques-uns des plombs sont étiquetés "cuisine" ou "couloir", mais évidemment, il n'y a pas de mention "chambre RDC". De toute façon, je n'ai pas de plombs de rechange, et même si j'en avais, je ne suis pas trop certaine de la procédure à suivre. Il doit falloir couper le courant, mais du diable si je sais comment. Bref, j'ai appelé Etre Exquis et laissé un appel au secours sur sa messagerie. J'espère qu'il ne tardera pas trop à me recontacter.

Edit 11h10: Etre Exquis m'a rappelée. Et vivement conseillé de faire venir un électricien, vu que l'une des prises problématiques se trouve cachée derrière un meuble et risque de mettre le feu en cas de pépin. Par chance, il a pu m'en recommander un avec lequel il bosse souvent. Au vu des circonstances, le type a accepté de passer dans l'après-midi, et j'imagine qu'il me fera payer un prix correct. Néanmoins, c'est une dépense que je n'attendais pas, à un moment où je n'en avais vraiment pas besoin.
Cerise sur le gâteau, je reçois à l'instant un mail de Chouchou m'informant que pour des raisons trop longues à expliquer ici, mais imputables partiellement à Belgacom, partiellement à Voo et partiellement à son ex (!), l'obtention de notre connection internet va nous coûter quelque chose comme 350 euros de frais fixes de base, plus un abonnement mensuel à une ligne fixe dont nous n'avons pas besoin. N'en jetez plus, la cour est pleine (et les comptes sont vides).

Edit 16h45: Bon, l'électricien vient de partir avec un chèque de 35 euros seulement et ma gratitude éternelle. Apparemment, l'orage d'avant-hier a produit une surcharge au niveau de mon bloc multiprise, d'où le flash de ce matin qui a fait fondre un truc à l'intérieur. Le bloc a été nettoyé et fonctionne de nouveau. Quant à ma douille de plafond, elle n'a jamais été cassée: mon ampoule à économie d'énergie a bel et bien grillé, comme je l'avais supposé de prime abord, et l'ampoule ordinaire par laquelle j'ai tenté de la remplacer était déjà morte - d'où ma conclusion erronée. J'en suis quitte pour racheter un fusible (celui du bureau a sauté, et l'électricien n'en avait pas de ce modèle dans sa camionnette) et une nouvelle ampoule à culot à vis. L'un dans l'autre, je m'en tire plutôt bien.
De son côté, Chouchou est parvenu à raisonner son ex et à faire valoir ses droits auprès des différents fournisseurs concernés. Le coût de l'opération va donc rester raisonnable; pour le délai, en revanche, nous n'avons aucune garantie. Je touche du bois.

jeudi 9 octobre 2008

J'adooore!

Le mois dernier, les VIP (mes potes avec qui j'ai fait trois road trips aux USA en 2005, 2006 et 2007) sont repartis, sans moi, se faire un circuit "côte ouest", depuis Los Angeles jusqu'à Vancouver en passant par Seattle. Sur le chemin du retour, ils sont retournés à un endroit que nous avions visité ensemble il y a deux ans. Et aujourd'hui, je reçois ce mail d'Autre Moi avec photo jointe:

Bonjour Autre Moi,

Je t'ai trouvé un truc sympa, durant les vacances, pour ton nouvel appart !!! Une piscine !!!!J'espère qu'elle vous plaira. Bisous,

Moi

(Il faut bien regarder le nom sur le petit panneau au premier plan.)

mercredi 8 octobre 2008

Il pleut sur Monpatelin

Je me suis réjouie trop vite hier. Ce matin, un coup de sonnette m'a tirée de mon sommeil. J'ai ouvert un oeil vitreux en me demandant pourquoi mon foutu facteur passait à 6h du matin. Sauf qu'en fait il était 9h20, mais avec un ciel uniformément gris pâle qui déversait des trombes d'eau sur mon cher patelin. J'ai espéré que ça s'arrangerait dans la journée, d'autant que je devais retourner à la Poste avant 15h. Que nenni. Au contraire, ça n'a fait qu'empirer. En tout début d'après-midi, le courant a même sauté dans mon immeuble. Et ça fait une bonne heure que je sursaute à chaque gros éclair qui déchire les nuages.
Je n'avais pas spécialement l'intention de faire une grande promenade ou de me mettre à bronzer sur mon balcon une fois mon travail terminé, mais quand même... Je me retrouve un poil à court d'activités pour la fin de journée. Je n'ose pas m'exposer au déluge assez longtemps pour me traîner jusqu'à l'arrêt du bus qui me conduirait au centre commercial voisin. La lumière naturelle est trop faible pour que je poursuive l'archivage photo de mes vieux albums de scrap, ou que je shoote mes Blythe avec leurs nouvelles tenues.
Oh, et je n'ai plus de lumière électrique dans mon bureau. J'ai d'abord cru que mon ampoule à économie d'énergie avait grillé, et je pestais solidement vu qu'elle était censée tenir dix ans. Mais en la remplaçant par une ampoule ordinaire, je n'ai obtenu qu'un clignotement faiblard avant extinction. Le problème doit venir de la douille, et ce n'est pas comme si j'en avais une de rechange à la maison - ou comme si je savais la changer sans m'électrocuter. Règne donc en ce moment dans mon bureau une atmosphère moyennageuse à souhait. Je crois qu'il ne me reste plus qu'à me réfugier sur mon divan avec un chocolat chaud, quelques madeleines longues achetées à prix d'or au Huit à Huit et le dernier livre d'Ali Edwards reçu ce matin.

"Croisière Cosmos" et "Odi's blog 1.0"

Tous les mois quand je suis à Monpatelin, je m'offre une petite virée à la Fnac du coin. Je flâne dans les rayons en balayant du regard les nouveautés empilées sur les tables. Parfois, la couverture de l'un d'eux attire mon attention. Je m'en saisis et le feuillette pour voir si ma première impression se confirme ou pas. Malgré ça, il m'arrive d'avoir des déconvenues, des livres que j'abandonne au bout de quelques dizaines de pages. Mais la pioche du mois dernier a été majoritairement bonne. Si "Chroniques Wallonnes" n'a pas tenu ses promesses, la "Croisière Cosmos" d'Olivier Texier m'a fait passer un excellent moment. Cette histoire d'extra-terrestres capturés par un vaisseau humain qui se retrouvent brusquement seuls à bord manie avec bonheur l'humour déjanté, à la frontière entre l'absurde et la satyre. Je recommande.

Autre découverte du mois de septembre: "Odi's blog 1.0". Ne vous fiez ni au titre geekesque, ni à l'illustration de couverture peu accrocheuse: cette bédé sans paroles est un petit bijou de poésie fantasque. Chaque situation de la vie quotidienne est métamorphosée par l'imagination galopante de l'héroïne. Elle surfe sur sa planche à repasser, se propulse depuis son rocking chair sur un trapèze, skie sur sa glace à la vanille, débusque les gnomes planqués dans les cageots de pommes de terre, torée des escargots géants et grimpe jusqu'aux portes du Paradis en empruntant les escalators d'un grand magasin. Ce bouquin est une gourmandise savoureuse, à déguster très lentement pour la faire durer le plus longtemps possible.

mardi 7 octobre 2008

Recette pour retrouver sa joie de vivre

Prendre l'avion à Bruxelles vêtue d'un T-shirt, d'un gros pull et d'un blouson en cuir doublé, avec aux pieds des chaussettes épaisses dans des boots de moto.
Quelques minutes avant l'atterrissage, entendre le pilote annoncer: "We wil soon be landing in Monpatelin, where the temperature outside is 25°".
Se dépêcher d'ôter le pull à titre préventif et le fourrer dans son sac.
Dès la sortie de l'aéroport, regretter d'avoir emporté un stupide bonnet et pas de lunettes de soleil.
A peine arrivée chez soi, ressortir les orteils (blafards et non-vernis, bouh!) à l'air dans une paire de tongs.
Savourer la balade jusqu'à la Poste et l'accent chantant des guichetières.
Profiter de ce que le Huit à Huit de la place de l'église est ouvert pour acheter des Perles de Lait, des madeleines longues et du Coca Light. Dire "Merci" avec un grand sourire à la caissière qui s'extasie sur le joli caddie à roulettes en toile de jute. Préciser tout de même que la peinture coule en cas de grosse pluie.
Sur le chemin du retour, s'arrêter chez le primeur pour prendre "deux belles tomates bien mûres - des grosses. Vous me mettrez aussi un concombre, un pamplemousse rose et... oh, une patate douce, je n'en ai pas mangé depuis si longtemps!". Dire "Merci" avec un sourire amusé à la marchande qui s'extasie sur le joli caddie à roulettes en toile de jute. Préciser, etc.
Songer que la conversation des petits commerçants et la qualité de leurs produits valent bien la différence de prix avec, mettons, un supermarché Colruyt.
Rentrer chez soi d'un pas léger, léger.

lundi 6 octobre 2008

Jamais plus jamais


Ce soir, j'ai subi mon deuxième grand traumatisme de la journée. Non, ça n'a pas été d'apprendre (tout à fait incidemment) que l'éditrice de Maudite Série avait encore changé, ni de découvrir que la précédente ne m'avait pas réglé ma dernière facture avant son départ et que par conséquent je risquais de me retrouver bientôt à découvert de la bagatelle de 7000 euros, le mois même où je dois régler en une fois l'intégralité de mes impôts sur le revenu de l'an dernier. Non, ça n'a pas été non plus de recevoir de la part de l'Homme un mail dénué d'intelligence autant que d'humour - sept ans de vie commune m'ont donné amplement le temps de m'habituer à ces minuscules défauts. Non, je ne suis pas encore sous le choc des piètres performances que je viens de faire durant ma première séance de Wii Fit depuis deux ou trois semaines. Simplement, Chouchou m'a emmenée faire les courses chez Colruyt.

Il m'avait pourtant prévenue que le magasin de la rue Gray était minimaliste et déprimant. Minimaliste? En ce qui concerne le choix des produits et le soin accordé à leur présentation, sûrement. Pour ce qui est de la quantité de clients plantés immobiles au milieu des allées, du volume sonore auquel ils s'expriment et de la verdeur du langage qu'ils emploient, je dirais plutôt qu'on verse dans le généreux, limite foisonnant. Déprimant? Le mot est un peu faible. Au fil des rayons, Chouchou m'a vue me décomposer lentement. Un summum a été atteint en bout de parcours avec les bacs à surgelés dont il faut soulever le couvercle pour voir le contenu: des sacs de crasses panées sans marque vendues au kilo. A ce stade, je n'étais même plus en état de m'émouvoir de l'étrangeté des caisses où un employé debout transvase le contenu de votre chariot dans un autre chariot vide avant de vous envoyer charger vos sacs recyclables sur le parking du magasin.

"Tu reviendras avec moi chez Colruyt, un jour?" m'a demandé Chouchou, penaud, sur le trajet du retour. Et c'est avec la plus parfaite sincérité que j'ai répondu d'une voix blanche: "Même pas si Dieu me prête vie jusqu'à 127 ans".

Un réveil tout en douceur

A 7h47, un hululement strident m'arrache en sursaut aux bras de Morphée, où je récupérais béatement des efforts de la semaine passée. Hein, quoi? C'est la fin du monde? Hagarde et le coeur battant la chamade, je me lève en cherchant de mes yeux embrumés par le sommeil la source du bruit coupable. Ce n'est pas le réveil de Chouchou, et pas non plus mon GSM réglé pour sonner à 8h. En fait, ça semble provenir de la salle à manger. Etrange.

Je tourne un moment tel un poisson dans son bocal avant de réaliser que le son qui me déchire les tympans provient d'au-dessus la porte d'entrée. Plus exactement, du détecteur de fumée dont j'avais tant apprécié la découverte lors de l'état des lieux - moi qui redoute les incendies comme la peste. J'attrape l'escabeau demeuré non loin; je grimpe dessus en vacillant et me hâte de presser sur l'unique bouton visible. Le hululement se tait. Par acquit de conscience, je jette un coup d'oeil par la fenêtre et un autre dans le couloir pour m'assurer qu'il n'y a pas de fumée ou autre trace de carbonisage imminent. Que dalle. Je retourne me coucher en pestant.

A 8h, mon GSM sonne. Je l'éteins.

A 8h07, le hululement infernal reprend. Je me relève. Je regrimpe sur l'échelle. Je repousse sur le bouton. Je re-vérifie qu'il n'y a toujours pas d'incendie dans l'immeuble. Et je retourne me coucher en pensant à ce vieil épisode de "Friends" où Phoebe avait des problèmes semblables avec le détecteur de fumée de son appartement. Elle finissait par le réduire en miettes à coups de marteau, et il continuait quand même à sonner.

A 8h27, re-belote. Cette fois, je suis prête à recourir à la solution Bouffay en cas de nécessité. Par chance, avant que je me souvienne que j'ai rangé les outils sous l'évier de la cuisine, je parviens à localiser le compartiment piles. Je le retire et me demande s'il est bien la peine que je retourne me coucher. Bon allez, juste cinq minutes.

A 10h48, je rouvre un oeil. Ah. Elles se sont un chouïa prolongées, les cinq minutes. Mais au moins, le détecteur de fumée s'est tu.

dimanche 5 octobre 2008

Armalite et Monsieur Tout-Le-Monde déménagent: épisode 12

Le grand jour est arrivé. Nous avons appris en milieu de semaine seulement (!!!) que Chouchou bosserait ce samedi, où nous avions prévu de faire le gros de notre déménagement - c'est-à-dire les meubles. Nous avons de la chance dans notre malheur: il fait 6h-14h, ce qui lui permet quand même de rameuter ses potes pour l'après-midi. J'ai porté beaucoup, beaucoup de cartons sans me plaindre, mais pour déplacer une machine à laver de 90 kilos, je ne suis pas de taille. C'est un travail d'homme. Ou au minimum, de femme avec moins de 25% de masse graisseuse et des bras de plus de 12 centimètres de long.

N'allez pas croire pour autant que j'ai décidé de jouer les tire-au-flanc en ce début de week-end. A 8h, je suis debout pour préparer les derniers cartons. A 10h, je retrouve la propriétaire au bas de notre nouvel immeuble pour la remise de la clé de la cave, que l'ex-locataire lui a seulement restituée hier. A 10h30, je retrousse mes manches et attaque le montage des grandes Besta.

Très vite, je me heurte à un problème que tous les heureux propriétaires de bibliothèques Ikea visualiseront aisément. Après avoir assemblé, en position couchée, le bas du meuble, les deux côtés et la séparation du milieu, je dois glisser dans les rainures prévues à cet effet le mince contreplaqué censé servir de fond. Problème: pour ne pas tenir de place dans le carton, ce contreplaqué est articulé au milieu. Donc, au lieu de se tenir bien raide une fois à l'horizontale, il plie légèrement - ce qui fait qu'il est impossible de le pousser tel quel dans la rainure du bas du meuble. Pour pouvoir l'insérer correctement, il faudrait le tenir par en-dessous et le guider/tirer à l'extrémité inférieure tout en continuant à le pousser à l'extrémité supérieure. Piece of cake dans le cas d'une petite Besta, comme je le découvrirai un peu plus tard. Dans le cas d'une grande, qui fait 1m90 de haut (contre à peine 1m54 pour moi, je le rappelle), c'est juste impossible.

En désespoir de cause, je tente une manoeuvre hyper périlleuse pour l'intégrité physique du meuble - et, accessoirement, pour la mienne: relever ce qui, pour le moment, est une planche de 1m20 de large à laquelles sont fixées, par une seule extrémité, trois planches de 1m90 de haut. Saint-Ikea doit être avec moi aujourd'hui, car j'y parviens sans autre dommage qu'une mémorable suée. En position verticale, j'arrive enfin à faire rentrer mon contreplaqué dans la foutue rainure. Et, pas bête, j'assemble le haut du meuble perchée sur un escabeau au lieu de le coucher à nouveau.

Tout de même, je n'ose compter sur la vigilance de Saint-Ikea, qui doit avoir bien d'autres ouailles à surveiller en ce week-end pluvieux de début d'automne. Pour le montage de la deuxième grande Besta, j'essaie une autre tactique. J'assemble le bas, les côtés et la partition rainure vers le haut plutôt que vers le bas, comme indiqué par la notice (voir photo). Puis je glisse le contreplaqué presque jusqu'au bout, et pour pouvoir le guider sur le dernier centimètre crucial, je rampe à l'intérieur de la bibliothèque retournée. Sur les coudes, à la Rambo. Une fois en place, je me retourne prudemment sur le dos. Du bout des doigts, je tente de tirer le contreplaqué tandis qu'avec mes orteils fléchis, je le pousse à l'autre extrémité. La manoeuvre est parfaitement ridicule, et parfaitement couronnée de succès.

Après ça, tout me paraît risiblement simple. Je vide mes cartons d'affaires de scrap et nos caisses de bouquins, de DVD et de CD dans les Besta fraîchement montées. Je range quelques trucs dans la cuisine et la salle de bain. Le meuble télé est encore en kit dans ses cartons auxquels je n'ai pas touché, mais il est 14h20 et je n'ai pas déjeuné ce matin faute de vaisselle restante rue M***. Je frôle l'hypoglycémie.

Aux grands maux les grands remèdes: je vais étrenner le Mamma Roma local. C'est un endroit merveilleux, beaucoup plus grand que celui de la place Flagey, avec des tables bien moins serrées et un immense comptoir abritant un choix de pizzas assez considérable. En plus, il y a de la patate à l'huile de truffe, ma préférée. Résultat: je me goinfre. Mais hey, je l'ai bien mérité.

De retour à l'appartement, je suis en train de fignoler mon rangement quand un concert de "youyouyouyouyou" s'élève à l'extérieur. Je regarde par la fenêtre. Oh oh. Apparemment, il y a un mariage... euh, juif, je dirais, un peu plus bas dans l'avenue. Et les voitures des invités sont garées en double file des deux côtés, bouchant le passage. Quelques conducteurs mécontents klaxonnent et font gronder leur moteur, mais en vain. Je ne vois vraiment pas comment Chouchou va réussir à se garer à moins de 200 mètres de la maison. Et 200 mètres avec une machine à laver de 90 kilos à bout de bras, c'est au moins 195 de trop.

Finalement, l'embouteillage se dissipe cinq ou dix minutes avant le débarquement de Chouchou, d'eBry, de Mr. Ping et de Joli Dragon qui ont gentiment accepté de nous filer un coup de main pour le transport des encombrants. Je les regarde monter nos tatami, nos futons et notre grande table avec une immense satisfaction. Pour ma part, j'ai les jambes si douloureuses que c'est tout juste si je les soulage d'un carton d'oreillers. La machine à laver descend dans la cave/buanderie. Et voilà, notre déménagement est quasi terminé!

Après le départ de nos aides, la soirée se passe au ralenti. Nous sommes épuisés mais très heureux de l'allure prise par notre nouveau logis. La toile cirée "alphabet" commandée à prix d'or chez Cath Kidston donne la touche multicolore nécessaire pour réveiller la pièce et lier visuellement nos autres éléments de déco. Je suis ravie de sortir enfin des cartons tout un tas de brols accumulés au cours des derniers mois en vue de ce moment: par exemple, l'oiseau en bois et le petit vase design rapportés de Copenhague. Nous dînons frugalement sur un coin de table - deux tranches de jambon, un peu de stoemp aux épinards. A 22h15, nous sommes couchés dans notre nouvelle parure de lit Hulda Rund orange et blanche. Bien que crevée, je mets énormément de temps à m'endormir. Je suis trop excitée. Notre premier vrai "chez nous", enfin!

samedi 4 octobre 2008

Armalite et Monsieur Tout-Le-Monde déménagent: épisode 11 (2ème partie)

17h00: Dans le parking d'Ikea. Si nous avançons le siège passager au maximum, les grandes Besta rentrent pilent poil à l'arrière de notre mini-van. Vive Cambio, et vive Chouchou qui m'avait affirmé sans trembler "qu'il avait l'oeil et que ça devrait passer". A quoi ça tient, tout de même, d'éviter une engueulade: trois pauvres centimètres... en moins.
17h15: A force de pousser par derrière et de tirer sur les côtés, nous avons chargé tous nos achats. Il ne reste plus qu'à rentrer dans le centre de Bruxelles en pleine heure de pointe un jour de pluie.
17h50: Un bête camion de livraison est garé devant notre nouvel immeuble. Je lui envoie des ondes si furibardes qu'il dégage dans la minute.
17h55: Nous soulevons le premier colis (sur deux) de la première grande Besta (sur deux). Oh la vache. Mais elles pèsent combien de tonnes, ces étagères?
18h00: Nous arrivons péniblement au palier du premier étage (sur deux). Pour manoeuvrer le colis de deux mètres de long, nous devons le verticaliser et le traîner ainsi jusqu'à la volée de marches suivante.
18h04: J'ai la position haute - Chouchou m'ayant affirmé que le poids était plus important en bas, ce qui semble logique - et je sens mes bras s'allonger de seconde en seconde. D'ici la fin du déménagement, je suis le sosie de Cheetah.
18h08: Crever d'une crise cardiaque à 37 ans, ce serait vraiment moche.
18h12: Pour le transport du colis suivant, je réclame à tenter la position basse. N'en déplaise à Chouchou et à la loi de la gravité, c'est en fait bien plus léger à ce bout-là. Je fanfaronne: "Ah! Comme ça, je peux t'en porter des dizaines, de grandes Besta!"
18h15: ...Ou pas.
18h30: Les étagères sont en haut. Restent les deux colis du meuble télé.
18h35: Quand je pense qu'on n'a même pas la télé-distribution... Il nous sert à quoi, notre poste, au juste? Ah, oui: à faire de la Wii Fit pour être en forme, musclés et pas essoufflés au bout de trois minutes en cas d'effort physique soutenu. Ca vaut vraiment le coup de se trimballer un meuble à peine plus léger qu'un bébé éléphant.
18h50: Et moi qui pensais qu'on aurait le temps de monter les étagères ensemble avant de rendre le mini-van. Ah ah ah. Nous devons le rendre à 20h, et il faut encore faire un aller-retour à notre ancien domicile pour déménager les chats.
19h20: J'enferme Scarlett et Copernique complètement paniquées dans la salle de bains de notre nouvel appartement avec toutes leurs petites affaires. Je suis désolée de les abandonner là pour la nuit, mais demain en notre absence l'agent immobilier va encore faire visiter le taudis (maintenant qu'on s'en va, n'ayons plus peur des mots) de la rue M*** à un troupeau de malotrus, et je ne veux pas prendre le risque que quelqu'un leur marche dessus ou qu'elles profitent de la porte perpétuellement entrouverte pour se sauver.
19h25: "Tu n'as pas le temps de faire un détour par la rue M*** pour me déposer avant d'aller rendre le mini-van, dis-je à Chouchou. Tant pis, on va direct à la station Cambio de Thieffry et pour une fois, je rentrerai avec toi en métro."
19h47: Nous sommes garés à Thieffry. Dès que Chouchou a fini de remplir les documents du véhicule, je sors dans la nuit et le froid (moins de 8 degrés, quand même...). Comme il tarde à m'imiter malgré sa portière ouverte, je m'impatiente. "Tu fais quoi?" "Euh... Je cherche ma carte Cambio.
19h49: "Alors, cette carte?" "Euuuuh... Je crois que je l'ai oubliée rue M***."
19h50: Un coup de fil au standard Cambio nous confirme nos craintes: sans carte, pas moyen de verrouiller le véhicule que l'on rend. Nous devons repasser par notre soon-to-be-ex domicile. Bon. Ben l'avantage, c'est qu'au final, je n'aurai pas eu à me taper les transports en commun et les intempéries.
20h10: Nous arrivons au rond-point en bas de la rue M***. Dans mon immense mansuétude, je propose à Chouchou: "Tu n'as qu'à me laisser là, ça t'évitera de devoir faire demi-tour plus haut". Dont acte.
20h11: Je suis à mi-chemin de la porte d'entrée de cet affreux, affreux, affreux immeuble quand une pensée me frappe. Je redescends la rue en courant et en agitant les bras. "Chouchou! La carte!".
20h12: Trop tard. Chouchou s'éloigne sans un regard pour moi dans son rétro.
20h13: "Bonjour, vous êtes bien sur le répondeur de Chouchou. Je ne suis pas joignable pour le moment, bla bla bla."
...Au final, en entendant la sonnerie de son GSM, Chouchou a percuté et immédiatement rebroussé chemin.
Moralité: déménager, c'est crevant pour les muscles ET pour les neurones.

vendredi 3 octobre 2008

Armalite et Monsieur Tout-Le-Monde déménagent: épisode 11 (1ère partie)

14h30: Chouchou passe me prendre à la maison avec le mini-van Cambio loué près de son travail. Direction l'Ikea d'Anderlecht pour acheter nos nouvelles étagères, woohoo! Malgré toute la fatigue des derniers jours, je suis d'une humeur de rêve.
14h40: C'est quoi ce gargouillis dans mon estomac? Ah oui. Avec tout ce que j'ai eu à faire ce matin en plus de mon boulot, j'ai oublié de manger.
14h45: J'ai mal au coeur. Pourtant Chouchou conduit souple, mais en ville il y a toujours trop d'à-coups pour moi.
15h: Nous entrons sur le Ring.
15h10: Nous ressortons du Ring: Chouchou l'a pris dans le mauvais sens.
15h15: Je suis blême et je me concentre pour ne pas vomir.
15h30: Nous nous garons enfin dans le parking souterrain d'Ikea. Je suis d'une humeur de dogue.
15h40: Sur le chemin de la cafète, nous croisons deux employées que nous interrogeons au sujet des financements en plusieurs fois. Comme pour le système bancaire, c'est dix fois plus compliqué ici qu'en France. Bon, ben je vais payer comptant; ça simplifiera le problème.
15h41: J'ai envie de bouffer quelqu'un.
15h45: A défaut de quelqu'un, je vais prendre une dizaine de boulettes suédoises. Je n'en ai pas mangé depuis... pfiou, bien dix ans. La dernière fois, c'était à l'Ikea de Marseille avec Etre Exquis - celui de Monpatelin n'avait même pas encore ouvert.
15h57: Je n'aime toujours pas la confiture d'airelles, mais manger me requinque un peu. Chouchou peut désormais m'adresser la parole sans risquer que je lui arrache la tête avec les dents.
16h: Nous nous lançons dans l'exploration du niveau meubles.
16h10: Nous testons les canapés. Finalement, le Karlstad nous paraît plus confortable que le Ektorp. Et il est moins cher. Et il existe des combinaisons un poil moins encombrantes que le modèle que nous visions. Bon, on va embarquer la doc et on verra plus tard.
16h15: Meuble télé repéré. Numéro de place et d'allée noté.
16h20: Au stand information, on nous indique que les étagères désirées sont toutes disponibles dans la finition et la quantité que nous désirons. La journée s'améliore.
16h25: Ca ira pour les meubles car l'heure tourne; descendons maintenant à l'étage des brols en tous genres.
16h30: Le tapis de bain que j'avais repéré sur le site internet n'est pas en stock dans la bonne couleur, et de toute façon il est trop petit. Argh.
16h32: Au rayon rangement, il n'y a pas de boîtes à archives (mais j'avais bien dit à Chouchou qu'il faudrait aller les chercher chez Schleiper; qui c'est qui avaitencore raison, mmh?).
16h34: Je ne trouve pas de drap housse deux places dans le fouillis du rayon literie. La chouette housse de couette à grosses bulles oranges sur fond blanc a en fait des bulles blanches sur fond orange en version deux places. J'aime moins, mais tant pis: je ne peux vraiment plus voir nos motis japonais en peinture. Je l'embarque.
16h40: Aux luminaires, Chouchou repère des spots identiques à ceux des anciens locataires (qui ont laissé des traces noires au plafond de notre pièce à vivre). Nous en prenons deux pour camoufler les taches.
16h45: Nous passons dans les immenses allées de rayonnages métalliques pour charger nos étagères. Les grandes Besta sont en deux colis d'1m90 de long, et la vache qu'elles sont lourdes! Ca va être coton à monter jusqu'à notre deuxième étage avec juste mes petits bras et mes biceps en Flamby à un bout.
16h50: Nous nous avançons vers les caisses. Pour une fois, il n'y a pas trop de monde. Une employée nous happe au passage et nous dirige vers une caisse self-scan. Je ne suis pas contente.
16h52: Je n'arrive pas à scanner quoi que ce soit. Apparemment, ma main tremble trop.
16h53: Une employée ne souffrant pas de la maladie de Parkinson (ou n'ayant pas les membres tétanisés par plusieurs jours de déménagement préalable) scanne mes achats pour moi. Elle oublie la petite Besta à 55€ qui se trouve tout en bas du chariot, coincée et dissimulée par ses grandes soeurs.
16h55: La caisse self-scan m'a fait gagner 55€, je suis super contente.
16h56: Nous redescendons au parking. Maintenant, la question à mille (anciens) francs: les grandes Besta vont-elles rentrer dans notre mini-van? Réponse au prochain épisode...

jeudi 2 octobre 2008

Armalite et Monsieur Tout-Le-Monde déménagent: épisode 10

Voilà, nous avons les clés de notre nouvel appartement depuis mardi 15h. Durant ces deux derniers jours, nous avons déménagé en mini-van Cambio une bonne cinquantaine de caisses et de cartons tous plus lourds et encombrants les uns que les autres. Moi qui, pas plus tard que la semaine dernière, me récriais sur un forum littéraire que l'e-book ne passerait jamais par moi, j'avoue que je commence à lui entrevoir des avantages insoupçonnés jusque là. C'est avec des membres tétanisés par la montée et la descente de 4 x 25 étages (estimation à la louche, vu que Chouchou et moi nous sommes partagé le travail) que je rédige ce post. Je n'ai pas touché à la Wii Fit depuis vendredi dernier, mais je pense que John l'entraîneur à coiffure variable serait d'accord avec moi pour affirmer que "cet exercice tonifie le haut des bras" et que côté step, je remplis largement mes quotas journaliers.

Et encore, nous n'avons pour l'instant transporté que nos bouquins, notre linge, nos affaires de cuisine et de toilette - mais pas l'ombre d'un meuble. Les mesures prises mardi nous ont dissuadés d'emporter notre meuble télé et nos étagères Expedit, inadaptés à l'espace mural dont nous disposerons désormais. Demain après-midi, nous aurons donc la joie, l'honneur et l'insigne avantage de nous taper une virée Ikea pour acquérir un meuble télé et des étagères Besta (ainsi qu'une parure de lit, un tapis de salle de bain, des boîtes à archive, éventuellement des luminaires et quelques babioles dont nous ne savons pas encore que nous en avons absolument besoin). Nous en profiterons pour faire un repérage au rayon lit et pour nous renseigner sur la dimension et le poids des colis qui composent notre futur canapé. A terme, nous ne devrions conserver de l'appart actuel que nos quatre chaises et la grande table qui nous sert de bureau. En attendant, il va quand même falloir déménager notre canapé - fort heureusement léger et maniable - et le maudit futon dans lequel nous dormons. Les tatami ne rentrent pas dans les mini-vans Cambio, ce qui fera un problème de plus à résoudre. On n'en est plus à ça près...

Côté positif, quand même: l'appartement a été entièrement repeint juste avant notre arrivée; nous aurons désormais un congélateur à tiroirs et un lave-vaisselle (choses qui manquaient cruellement rue M***), ainsi qu'un visiophone et une porte blindée. Fini la hantise des cambriolages! Je suis totalement amoureuse de nos quatre penderies; dans mon immense mansuétude, j'en ai même laissé deux à Chouchou pour son usage exclusif! Par contre, j'ai réquisitionné deux des trois placards de la salle de bain, mais vu le nombre des produits dont nous nous tartinons respectivement chaque jour, j'imagine que personne n'osera me contester ce droit. La cuisine est bourrée de rangements, dont une bonne partie me sera néanmoins inaccessible sans escabeau. Tant pis, nous percherons sur les étagères supérieures les choses dont nous ne nous servons jamais - genre le robot-ménager grâce auquel on pense qu'on va faire plein de trucs, et dont on se sert royalement une fois tellement il est chiant à nettoyer. Les plaques de cuisson sont en vitro-céramique: plus besoin de me battre (et de me brûler) avec l'allume-gaz chaque fois que je cuisine à la sauteuse. Par contre, le plan de travail est tout petit et je ne pourrai plus exposer ma jolie collection de boîtes Valérie Nylin et Yves Blayo, snif! Nous aurons enfin des toilettes avec une porte, même s'il faudra toujours passer par la chambre pour les atteindre. Et nous n'avons de vis-à-vis ni sur l'avant, ni sur l'arrière de l'immeuble, ce qui nous évitera de devoir mettre des rideaux. Dernier point positif, et non des moindres: la propriétaire, une Flamande énergique, compétente et bien carrée, pour qui "une parole est une parole". Apparemment, elle fait partie des fournisseurs de la cour royale belge, ce qui signifie que je ne suis peut-être plus qu'à deux degrés de séparation du roi Albert II!