dimanche 30 novembre 2008

Le retour du verre à moitié vide/verre à moitié plein

Le trajet en avion a été perturbé par d'assez grosses turbulences; à Monpatelin, il pleut et il fait à peine plus chaud qu'à Bruxelles (où la température vient de tomber dans les négatifs); mon taxi était en retard, et j'ai attendu dans le froid entourée de fumeurs compulsifs; quand Monique m'a enfin récupérée, elle portait une espèce de patchouli qui a fini de me flanquer la gerbe; et une fois arrivée chez moi, j'ai eu la bonne surprise de constater que mon ADSL était en rade.

Sur une note positive: l'avion était presque vide; j'ai eu le temps de me gaver de magazines féminins pendant le vol; Biba coûte, mystérieusement, 80 cts de moins en Belgique qu'en France (pour les autres titres, c'est plutôt l'inverse, la palme revenant à Glamour qui passe de 1,80 à 2,95€!); du soleil est prévu à Monpatelin pour les jours prochains; mon chauffe-eau n'a pas explosé en mon absence; l'Homme a bien déposé dans ma boîte les papiers que je lui avais réclamés; et Chouchou est le roi du dépannage par téléphone.

samedi 29 novembre 2008

10 things I loved this month

- Les deux étagères Lack rouges qui ont enfin accueilli notre collection de monstres en tout genre et "habillé" le mur chocolat de notre salon. Tout ça pour moins de 10€ pièce. J'aime Ikea.

- Facebook: j'ai repris contact avec quelques personnes perdues de vues à regret, gaspillé des heures innombrables à arranger six lettres de toutes les façons possibles ou à essayer de reconnaître le drapeau du Mozambique, poussé des petits cris de joie en découvrant que tel ou tel écrivain célèbre voulait être mon ami. Pas de doutes, malgré mes réticences initiales, je suis accro.

- Les mendiants Wittamer. Ils me faisaient de l'oeil depuis que je fréquente ce célèbre chocolatier, mais jusqu'ici, j'avais toujours résisté. Décidément, novembre aura été le mois de tous les lâchages. Je ne regrette rien: au chocolat noir ou au chocolat blanc, ils sont diaboliquement bons.

- La neige sur Bruxelles. Quand je suis au chaud chez moi, et pas en ville les bras chargés de paquets.

- Mon beau sapin, une initiative de Pénélope Bagieu toute à son image: généreuse et poilante.

- Le service de protection des acheteurs Paypal, grâce auquel j'ai bel et bien été remboursée pour des articles jamais reçus.

- "Pushing daisies", série à l'esthétique burtonienne pour laquelle Chouchou et moi avons eu un gros coup de coeur - et qui a, bien entendu, été arrêtée au bout de deux saisons.

- La série "Twilight" de Stephenie Meyer, dont j'ai déjà longuement parlé ici.

- "Twist", le premier roman de Delphine Bertholon. Un bouquin formidable auquel je consacrerai un post dès que je l'aurai fini.

- Les Utopiales où j'ai passé un week-end riche en émotions. D'ailleurs, si on veut toujours de moi à Nantes, j'y retournerai en 2009, c'est sûr!

jeudi 27 novembre 2008

J'me sens tout mou, moumoumou...

Semaine maussade. Il fait froid dehors, et la nuit tombe si tôt que je dois allumer à partir de 16h30; Chouchou a des rendez-vous quasiment tous les matins avant de partir bosser de 14 à 22h, et il travaille samedi; quant à moi, je peine à finir la traduction qui m'occupe depuis début septembre. C'est une loi du genre: tous les romans de fantasy se terminent par une grande bataille, et moi, les descriptions de combats, je trouve ça juste chiant. J'ai un mal fou à me mettre en route le matin et je ne sais pas trop quoi faire de mes soirées. Un jour sur deux environ, je me force à faire trois quarts d'heure de Wii Fit - objectif: foie gras et champagne pour Noël, je le rappelle. Je n'ai pas mis le nez dehors depuis le week-end dernier, préférant résoudre le problème de frigo vide en envoyant Chouchou au Contact GB, puis en passant une commande chez Picard. Je vis en pyjama et il m'arrive d'oublier de prendre ma douche quotidienne. Je finis laborieusement de scrapper les photos du voyage en Scandinavie (album bientôt visible sur Scrapharnaüm). J'observe d'un oeil morne le naufrage du PS. J'essaie sans conviction d'améliorer mon score au bowling, et je chope des crampes dans le majeur droit. Essentiellement, je compte les jours en attendant les vacances de Noël.

mercredi 26 novembre 2008

Les banques nous prennent vraiment pour des cons

Aujourd'hui, une fois n'est pas coutume, je ne vais pas râler contre la Poste ou le Trésor Public, mais contre ma banque.
En juillet dernier, après avoir passé au crible les cotisations exorbitantes que je payais depuis dix ans, je me suis rendu compte que la mienne me facturait des tonnes de prestations dont je n'ai pas besoin (notamment des assurances pour salarié...) et deux cotisations de carte Visa en double!
J'ai appelé mon chargé de compte pour gueuler. Après examen de mes besoins réels, je suis passée de 370 à 132 euros de frais bancaires par an, tout compris. Prélevés sous la forme d'une cotisation mensuelle de 11 euros. Avec la promesse d'un "geste commercial" pour compenser tous les sous dont j'avais été grugée jusque là.
Bon.
Sauf que maintenant, nous sommes fin novembre. Que le geste commercial, je l'attends toujours, malgré plusieurs rappels de ma part. Et qu'aujourd'hui, on vient de me prélever 112 euros de cotisation Visa Premier sortis de nulle part.
Je changerais bien de banque, mais j'ai peur que le problème soit le même partout.

"Le Grand Pays"

C'est toujours avec un peu d'appréhension que je lis les bouquins écrits ou traduits par des amis. Parce que je sais que si ça ne me plaît pas, je serai incapable de le leur cacher, de sourire hypocritement en disant "Oui, oui, j'ai adoré, c'était super!". Donc, quand il m'arrive de le faire, c'est toujours en cachette. Si je n'ai pas aimé, je ne moufte pas, et la diplomatie est sauve.

Vous vous en doutez, si je parle aujourd'hui du premier tome de "La légende des Tueuses-Démon", c'est parce que je n'ai quasiment que du bien à en dire. Dès le départ, le lecteur est plongé dans l'action avec une des meilleures premières phrases de roman que j'ai jamais lues, tous genres confondus: "A onze heures, ils demandèrent à Malïn de se suicider". La fin arrive, elle aussi, comme un coup de poing avec un cliffhanger qui donne juste envie de maudire l'auteur et de demander quand - mais QUAND? - paraîtra la suite. Entre les deux, il y a une quête de fantasy au scénario a priori relativement convenu (deux adolescents doivent chercher dans un pays étranger et hostile la personne qui leur permettra de sauver les habitants de leur royaume menacé par un démon), mais au cadre si original et à la narration si haletante qu'on ne s'ennuie pas une seconde. Lentement, l'un des jeune héros bascule dans la folie, et quand son aventure se conclut enfin, ce n'est pas du tout de la façon que le lecteur attendait. Les descriptions de lieux sont très vivaces, évocatrices sans sombrer dans le trop touffu, et l'ambiance vaguement asiatique apporte une petite touche d'exotisme bienvenue. Bien qu'omniprésente, la magie reste un concept assez vague pour maintenir une atmosphère de menace diffuse. Le pragmatisme à tout crin des deux personnages principaux les place à mille lieues des ados nian-nian dont ce genre de série nous gratifie d'habitude. Plusieurs mystères sont esquissés dans des interludes et laissés en suspens jusqu'à une date ultérieure - très ultérieure, même, si on considère le bond en avant qui sépare les deux derniers chapitres.

Si j'avais un petit reproche à faire à ce roman, ce serait la disproportion entre la première partie où Malïn fuit le Palais de l'Immuable pendant plus de 70 pages, et le "corps" de sa quête qui n'en occupe ensuite que 260: j'aurais aimé un poil moins d'horreurs au début et ensuite, que certains passages de ses aventures soient plus détaillés (au début, quand il découvre le Grand Pays et ses habitants; ou à la fin, quand il lève son armée avant de rentrer chez lui). J'ai également eu un petit souci de vraisemblance dans la partie où les deux héros se relaient pour porter sur leur dos, pendant plusieurs semaines de marche forcée quasiment sans eau et sans nourriture, une autre adolescente de leur âge. Personnellement, je ne fais pas plus de deux cents mètres en charriant une valise qui pèse le tiers de mon poids. C'est sûr, je ne ferai jamais une bonne héroïne de fantasy :) Mais ceci mis à part, "Le Grand Pays" est un roman comme il en paraît bien peu dans le genre. Si vous êtes amateur de fantasy et que vous commencez à vous lasser de lire tout le temps les mêmes histoires, je vous le recommande chaudement.

mardi 25 novembre 2008

Pour la bûche de Noël, si on la commande chez Picard...


Celle-là, c'est NON.

Tu y viendras comme les autres, Jen...

Trouvé dans la rubrique "potins people" de http://www.glamourmagazine.co.uk/:

Jennifer Aniston won't join Facebook

Jennifer Aniston has admitted that she's a bit phobic when it comes to technology. The Friends star told the New York Times: "I'm really computer illiterate. When I see people on their BlackBerrys, working them like some girls work a hairdryer, I'm just stunned. People have sent me clips from FunnyOrDie.com or YouTube, but I never seek it out... I'm content with just checking my e-mail." The actress says that she's determined to buck the trend and avoid joining Facebook: "It's not for me. I'd be opening myself up too much. I don't want to sound like a complete innocent - I've looked at things, of course. But it's such spewing. If I look at it, I'll be affected. It's like dancing with the devil."

Et moi je dis, vu la réussite de sa vie amoureuse depuis que Brad est parti avec Angelina, elle ne peut pas trop faire la difficile sur ses partenaires de danse :)

lundi 24 novembre 2008

A tous les lecteurs de ce blog...

...qui connaissent ou ont trouvé mon véritable nom et me lancent des invitations à devenir leur amie sur Facebook:
Je suis touchée par vos nombreuses demandes (une dizaine rien qu'aujourd'hui!), mais après avoir longuement réfléchi, j'ai décidé de limiter mon réseau aux gens que je connais "dans la vraie vie". En effet, mon profil contient certaines informations dont je préfère qu'elles ne soient pas divulguées trop largement. Et puis, je l'ai créé pour entretenir un contact avec mes relations existantes, pas pour collectionner le nom et la photo de gens dont je ne sais rien sinon qu'ils ont le bon goût la gentillesse d'apprécier mes modestes écrits. Pour l'heure, je ne valide donc que les demandes de personnes que j'ai déjà rencontrées ou avec lesquelles j'ai eu un véritable échange - sur ce blog, sur le leur ou par l'intermédiaire d'un forum. Merci de votre compréhension :)

dimanche 23 novembre 2008

Moi aussi, j'ai rejoint la secte

Voilà, j'ai craqué.
Je me suis inscrite sur Facebook. Hier en rentrant du cinéma où je venais de voir un film médiocre. Il était 22h, nous avions encore une fin de soirée à tuer et Chouchou rigolait tout seul en regardant son mur. Ca m'a rendue jalouse. Je n'aime pas me sentir mise à l'écart, même quand je m'y suis mise toute seule.
Une heure après avoir basculé du côté obscur de la Force, j'avais déjà 6 amis et j'étais occupée à taper frénétiquement dans la barre "rechercher" le nom de tous les gens que j'ai jamais rencontrés dans ma vie (pas pour les inviter, juste pour voir s'ils "en étaient"). Et ben même une sociopathe dans mon genre connaît beaucoup, beaucoup de monde.
Constatation: la plupart des membres de ma famille ont un nom trop commun. Impossible de retrouver le moindre de mes cousins dans les listes pléthoriques de Jean-François R, Martine F, Nathalie G ou Frédérique D. Itou avec certains amis perdus de vue que j'aurais retrouvés avec plaisir. Par contre, j'ai une homonyme "peignée comme un dessous de bras" pour reprendre l'expression de Phil H, qui a été scolarisée dans l'autre grand lycée de ma ville natale et fréquente la même ophtalmo et le même coiffeur que moi (chose que je savais déjà car on a tenté plusieurs fois de me refiler ses lunettes ou de me teindre les cheveux de la même couleur que les siens).
Après avoir épuisé mon carnet d'adresses, je ressemblais à une junkie qui vient de se faire son premier shoot d'héro. Je tirais sur la manche de Chouchou en réclamant "encore, encore" tandis qu'un léger filet de bave me coulait au coin des lèvres.
Je me suis rempli un profil Travel Brain. Et j'ai été très vexée de voir qu'avec mes plus de 90 villes visitées et mes voyages extensifs à travers les Etats-Unis, j'obtenais moins de points que Chouchou, tout ça parce qu'il a été une fois en Egypte et une fois en Thaïlande. J'ai eu beau me creuser la tête pour en exhumer le nom du moindre petit village où j'ai passé plus de deux heures dans toute ma vie, impossible apparemment de rivaliser avec une croisière sur le Nil et les temples de Chiang Mai. Grmbl.
A une heure du matin, il a littéralement fallu m'enlever mon portable des mains et m'envoyer me coucher sous la menace.
Ce matin, ma première pensée en ouvrant les yeux a été "je me demande combien j'ai d'amis en ce moment?". En même temps c'est bien: l'envie de vérifier m'a empêchée de traîner au lit jusqu'à onze heures.
J'ai poussé des cris de joie en voyant que mes amis étaient désormais au nombre de 15. D'un coup d'un seul, je me suis sentie populaire (un sentiment très nouveau pour moi). Puis je me suis plongée avec délices dans Virtual Bookshelf: enfin un moyen d'archiver mes nombreuses lectures! Là, je regarde Chouchou installer les luminaires achetés le week-end dernier en inspectant les amis de mes amis et en cherchant des tests stupides à faire. Je suis : monomaniaque pathétique.

"Samantha who?" saison 1

Samantha Newly se réveille à l'hôpital après une semaine dans le coma - sans le moindre souvenir de son passé. Elle ne reconnaît ni ses parents, ni son copain, ni sa meilleure amie. En fait, elle ne sait même plus qui elle est. Mais elle ne va pas tarder à le découvrir - et à être horrifiée.

L'Ancienne Sam, comme elle la surnomme pour s'en distinguer, n'a pas adressé la parole à ses parents depuis deux ans; elle n'a aucun ami en dehors d'une garce matérialiste qui bosse avec elle chez un promoteur immobilier sans scrupules, a accumulé des dettes extravagantes et au moins une interdiction juridique d'approcher un de ses ex à moins d'un kilomètre. Elle a aussi l'habitude de pousser les futures mariées à tromper leur époux pendant leur soirée d'enterrement de vie de jeune fille, interdit les célébrations d'anniversaire au bureau et force sa secrétaire terrorisée à entamer ses pommes pour elle. Bref, tout le monde la déteste, et non sans raison. Mais la Nouvelle Sam est bien décidée à se racheter une conduite et à devenir une gentille fille. Ce qui serait plus facile si ses erreurs passées ne revenaient pas régulièrement la hanter...

"Samantha who?" n'a pas d'autre prétention que de divertir les spectacteurs avec les mésaventures cocasses d'une jolie blonde prise à son propre piège. Inutile de chercher ici un second degré ou un message profond sur le sens de la vie: il n'y en a pas. Si vous êtes en quête de séries consistantes pour satisfaire votre appétit télévisuel, allez plutôt faire un tour du côté de "Six feet under". Les amateurs de bonbons acidulés, en revanche, devraient passer un bon moment en compagnie de Christina Applegate et compagnie.

samedi 22 novembre 2008

Mon avis sur la neige...

...qui tombe juste le jour où j'ai décidé de sortir pour un après-midi shopping.


Est-ce assez éloquent?

A faire avant les vacances de Noël

- Passer chez Whittamer faire le plein de chocolats assortis pour être sûre que Mère au moins nous réservera un accueil supra-enthousiaste.
- Trouver une chouette parure pour le nouveau "lit de grand" de Cahouète. J'avais flashé sur la Robots, ; manque de chance, elle n'est plus disponible. Si des lectrices mères de famille (ou pourvues d'un large assortiment de filleuls) ont des tuyaux linge de maison à me refiler, c'est volontiers.
- Commander le cadeau de son choix à Attila qui, depuis peu, ne croit plus au Père Noël. Cette année au moins, je n'aurai pas peur de gaffer devant les enfants.
- Perdre au moins un kilo, si possible deux, pour ne pas être obligée de me rationner en foie gras et en champagne. Je déteste les huîtres et le caviar, ne raffole pas du saumon fumé et me passe très bien de douceurs sucrées genre bûche ou escargots de Bourgogne. Mais le premier qui s'interpose entre moi et mon foie gras ou mon champagne se prend une fourchette plantée dans la main et une flûte dans l'extrémité sortante. A bon entendeur.
- Me lâcher sur les commandes sur des sites internet américains et tout faire livrer chez mes parents (= dans un pays où la Poste est raisonnablement fiable et où la douane ne facture pas de frais sur les colis d'une valeur marchande de moins de $100).
- Envoyer mon chèque annuel aux Restos du Coeur. C'est l'une des seules associations caritatives en lesquelles j'ai vraiment confiance pour faire bon usage de mes sous, et les dons sont déductibles du revenu imposable à hauteur de 75%! Dans ces conditions, ça ne coûte vraiment pas grand-chose de faire un geste pour les plus démunis.
- Mettre dans ma valise: les centimes d'euros hollandais et les pièces commémoratives belges dénichées pour Père; un exemplaire de tous les SP que j'ai reçus depuis le mois de juillet (jusqu'ici, un: a priori ce n'est pas ça qui va alourdir la valise); la cire Nair chaudement recommandée par Soeur Cadette et avec laquelle je ne parviens qu'à foutre des fils roses gluants partout sur mon tapis; les manettes de Wii et le Lapins Crétins Show; les quelques cartes de voeux que je compte envoyer depuis Toulouse et qui sont déjà rédigées depuis dix jours.
- Peaufiner mon argumentaire pour convaincre Père de prendre une connection* internet et une webcam, histoire qu'on puisse s'appeler sur Skype.
- Rappeler à Soeur Cadette de prévoir un créneau pour un goûter ou un brunch chez Bapz.
- Tâter le terrain pour voir si la même Soeur Cadette nous prêterait une des voitures qu'on lui a pas encore volées, histoire d'aller nous remplir le bide de potée chez ma copine Draco (qui en plus me doit une dédicace sur sa novella multi-primée).
- Décider si j'investis ou pas dans un Acer Aspire One pour les déplacements pendant lesquels je n'ai pas besoin de bosser (et pourquoi il n'est pas disponible tout de suite en rose, d'abord, hein?).

*Le premier qui me fait remarquer que ça s'écrit avec un x en français subira le même sort que les voleurs de foie gras et/ou de champagne.

vendredi 21 novembre 2008

That time of the night ('08 remix)

Lui et moi, nous n'avons pas vraiment les mêmes horaires. Son travail l'oblige à se lever tôt le matin, si bien que le soir, il s'écroule généralement vers minuit et demie, le dernier tome de "Lone wolf and cub" ouvert à la main. "Chouchou, tu dors", dis-je en le secouant pour qu'il pose son manga, ôte ses lunettes et s'installe plus confortablement. "Hein? sursaute-t-il. Non, pas du tout. Je me repose les yeux." Il reprend sa lecture. Cinq minutes plus tard, je fais une deuxième tentative. "Chouchou, tu dors." Généralement, il capitule au bout de la troisième. Nous éteignons le plafonnier et j'allume ma lampe de chevet pour pouvoir continuer à bouquiner jusqu'à une ou deux heures du matin. Parfois, il vient se blottir contre moi, la tête sous mon bras gauche. Essayant de maintenir mon livre ouvert d'une seule main, je lui caresse machinalement le crâne de l'autre, comme je le ferais avec un de mes chats.

Vient enfin le moment où moi aussi, je décide de me coucher histoire d'être capable de me tirer du lit vers dix heures le lendemain. J'enlève mon pull et mes lunettes, dépose à côté du lit l'un des deux oreillers que j'utilise pour me caler le dos en position assise, éteins ma lampe de chevet et me glisse sous la couette. Si un ou des chats ne se sont pas subrepticement installés entre nous, roulés en boule et ronflant tout bas, je me colle contre lui. Oh, pas longtemps: j'ai vite trop chaud, et puis je ne dors bien que sur le dos. Mais j'aime profiter de ces instants que je vole à son sommeil. Caresser la peau fraîche de ses épaules et du haut de ses bras. Renifler le creux de son cou. Déposer un baiser tout léger sur son front. Jouer avec le triangle de poils dans sa nuque. Crocheter une cheville par-dessus ses mollets et frotter un peu mon pied contre les siens. Me dire qu'avec lui, je suis enfin heureuse et en paix.

jeudi 20 novembre 2008

Métempsycose du chat

Les choses étaient clairement définies depuis toujours. Copernique, plus jeune d'un an mais plus massive et plus assurée, était la femelle dominante, celle qui mangeait en premier, s'installait d'autorité à la place de choix et n'hésitait pas à pousser l'autre pour s'assurer le meilleur en tout. Menue et timide, Scarlett demeurait perpétuellement en retrait avec un air craintif, voire un peu inquiet. Parfois, elle miaulait tout doucement pour réclamer une caresse.

Les survivants d'une maladie grave disent souvent que les épreuves traversées les ont changés du tout au tout, qu'elles leur ont fait voir la vie sous un autre jour et adopter une attitude nouvelle. Apparemment, ce n'est pas valable que pour les humains.

La transformation a commencé quand Scarlett a eu des problèmes de santé à l'automne dernier, peu après mon installation à Bruxelles. Affaiblie par l'enchaînement d'une gingivite et de l'explosion d'une glande anale (cette dernière la dissuadant très fort d'avaler quoi que ce soit...), elle se traînait piteusement toute la journée, et j'ai bien cru la perdre. Non seulement elle a récupéré, mais à partir de là, elle a manifesté des bouffées d'énergie délirantes, bien que sporadiques. De temps en temps, sans qu'on sache quelle mouche l'a piquée, elle se met à cavaler dans l'appartement avec toute la grâce et la délicatesse d'un bison affolé par un incendie. Après deux ou trois aller-retour, elle se fige quelques secondes... et repart dans l'autre sens jusqu'à ce qu'épuisement s'en suive. Soit.

Cet été, ça a été le tour de Copernique de nous flanquer une sacrée frousse. En rentrant d'une absence de quelques jours durant laquelle nous l'avions confiée à la garde d'un voisin, nous l'avons trouvée apathique et maigre à faire peur, comme à moitié morte de faim. De 3,8 kilos, son poids de forme, elle avait dégringolé à 2,4 kilos seulement. Le vétérinaire consulté a décelé une anémie dont il n'as pas réussi à identifier la cause. Des antibiotiques ont permis d'enrayer le problème. Copernique a repris une activité normale, mais très peu de poids. Son poil autrefois mousseux et d'un joli blanc cassé est devenu grisâtre et raplapla; aucun brossage ne parvient plus à lui redonner un semblant de bouffant. Quand nous la prenons dans nos bras, elle est pitoyablement légère; quand elle dort roulée en boule, elle n'occupe pas plus de place qu'un chaton de six mois.

Sa personnalité semble avoir rétréci en même temps que son corps. Son miaulement est devenu éraillé et piteux. Au lieu de prendre ce qu'elle veut et de s'installer là où elle en a envie, mademoiselle boude quand on ne précède pas ses désirs. Elle nous tourne le dos pour se planter devant un radiateur ou un meuble et elle ne bouge plus, se contentant d'émettre une intense aura de culpabilisation. Je ne l'entends plus approcher. Parfois, je me retourne et elle est assise derrière moi, immobile comme une statue. J'ai l'impression qu'elle ne cligne même pas des yeux. Dans ces moments, elle me perturbe assez fort.

Pendant qu'elle rétrécissait, Scarlett, elle, s'est mise à gonfler. Et à gonfler, et à gonfler - au point que Chouchou l'a surnommée Saucisse et moi Haroun El-Poussah. Quand elle s'assied sur son arrière-train, elle ressemble à un bonhomme de neige poilu: une petite boule posée sur une très grosse. Son sans-gêne a augmenté proportionnellement à son volume. Désormais, lorsque nous remplissons la gamelle, c'est elle qui se précipite en brâmant comme si nous ne l'avions pas nourrie depuis quinze jours. C'est elle qui bâfre jusqu'aux dernières croquettes, à la dernière miette de viande; elle qui squatte entre nos deux oreillers dans la position éminemment satisfaite d'une créature qui n'a pas un seul souci au monde.

Parfois, je les regarde toutes les deux et j'ai l'impression qu'elles ont échangé leur personnalité - que l'esprit de Copernique se trouve dans le corps de Scarlett et vice-versa.

mercredi 19 novembre 2008

"Breaking dawn"

Quatrième et dernier tome de la série de Stephenie Meyer, "Breaking dawn" ("Révélation" en VF) conclut l'histoire de Bella et d'Edward. Comme prévu, il commence par le mariage des deux tourtereaux et se poursuit par leur lune de miel sur une île sud-américaine. Là, Bella obtient enfin ce qu'elle veut: qu'Edward lui fasse l'amour pendant qu'elle est encore humaine. Et ce dont on se doutait que ça arriverait arrive effectivement: notre héroïne tombe enceinte. Plus surprenant: son bébé grandit à un rythme accéléré en la dévorant de l'intérieur*. Ce qui va finalement obliger Edward à la transformer en vampire pour la sauver. Bien entendu, les ennuis ne font alors que commencer: humaine ou non, Bella reste un véritable aimant à problèmes!

J'avais lu sur internet énormément de critiques de fans déçus par ce dernier tome de la série, se plaignant que tout se résolvait beaucoup trop facilement. Je ne partage pas leur déception. C'est vrai que l'histoire de la grossesse bouclée en un mois et de l'enfant âgée de trois ans au bout de quelques jours m'a fait grincer des dents: elle avait le goût de la nécessité scénaristique à laquelle l'auteur était infichue de fournir une explication crédible. Là, en tant que lectrice, je me suis un peu sentie prise pour une truite. C'est vrai que Bella réussissant à se maîtriser tout de suite après sa transformation et sautant l'étape qu'elle redoutait depuis le début, c'est vaaachement pratique pour la suite - mais il n'est pas (trop) implausible que ce soit effectivement dû à toute la préparation dont elle a bénéficié. C'est vrai que le fait que Jacob "reconnaisse" Renesmée** tombe un peu trop à pic pour résoudre les problèmes du triangle amoureux, mais parce que ça avait été préparé à l'avance (un autre membre de la meute qui "reconnaît" une fillette, la conviction inexplicable de Bella que Jacob fait partie de sa famille), je n'ai pas trouvé ça choquant. C'est vrai, enfin, que la série se termine quasiment en happy end à la Disney et que pour rester dans le ton, il aurait fallu que le camp Cullen subisse quelques pertes.

Mais ces faiblesses ne m'ont pas empêchée d'adorer "Breaking Dawn". J'ai aimé toute la seconde partie vue à travers les yeux de Jacob (comme l'épilogue d'"Eclipse"); le changement de ton et de perspective était, à ce moment de la narration, extrêmement approprié. J'ai aimé que l'auteur dévoile enfin la raison pour laquelle Edward n'entend pas les pensées de Bella, et que cette raison s'avère l'instrument de leur victoire finale. J'ai aimé le rassemblement de vampires venus des quatre coins de la planète, chacun avec ses motivations et ses particularités. J'ai aimé l'atmosphère glaçante de la confrontation avec les Volturi. J'ai aimé l'évolution globale de la série et de son héroïne: lycéenne terne au début de "Twilight", puissante immortelle à la fin de "Breaking Dawn". Stephenie Meyer n'est peut-être pas le meilleur écrivain du monde, mais elle a réussi à me tenir en haleine sur quelques 2500 pages, et je lui tire mon chapeau pour ça.

*Stephenie Meyer aurait-elle puisé son inspiration dans mes cauchemars?
**et là, je suis d'accord avec les fans déçus: j'ai rarement entendu un prénom plus vilain!

mardi 18 novembre 2008

Alors, c'est quoi le monument belge le plus célèbre, mmmh?

Voici le message que vient de m'écrire une jeune Chinoise à qui j'avais envoyé la carte postale ci-contre:

Hello!
Thanks a lot for your manneken-pis card! I know this little boy when I was in my Primary School haha++, cus our text book have a story about him! And our former chairman Jiang also give the little boy two sets of our national clothes to show our respect and love~now I have a card about my young age hero! That's cool!

Regards,
Raquel, Shanghai.

lundi 17 novembre 2008

"The L Word" saison 5

Je trouve que cette série a une évolution intéressante. Au début, on sentait qu'elle se prenait pas mal au sérieux, comme si la créatrice Ilene Chaiken s'était donné pour mission de représenter son milieu (celui des lesbiennes californiennes, donc) sous un jour aussi glamour et intense que possible, quitte à oublier la crédibilité des personnages et des situations.

Cinq ans plus tard, "The L Word" est toujours aussi peu réaliste. Il a fallu attendre une scène tournée dans les douches d'une prison pour voir la première lesbienne moche de la série! Et si on en croyait les scénaristes, une lesbienne refoulée se cacherait en pratiquement toute fille dont les yeux se posent sur Shane. Par contre, le sérieux militant a laissé la place à un humour burlesque aussi inattendu que bienvenu. En perdant sa fortune, Helena a révélé tout son potentiel comique. Devenue réalisatrice hollywoodienne, Jenny se la pète tellement qu'on hésite entre lui mettre des claques et la renvoyer jouer à la poupée. Shane, dont la relation avec Paige n'a évidemment pas tenu, attire les filles homos ou hétéros comme le jour de flûte de Hamelin les rats. Et c'est plus fort qu'elle: même quand elle tente de résister, elle ne peut s'empêcher de les sauter toutes.

Côté négatif: Adèle et Dawn. Deux psychopathes qui débarquent en même temps dans la série, ça fait au moins une de trop. Max ne sert toujours à rien, sinon à jouer le transgenre de service. Bette et Tina nous remettent ça pour la Xième fois, façon Ross et Rachel. Elles ne peuvent pas vivre ensemble, et elles ne peuvent pas vivre séparément. Enough already. Papi a disparu de la série sans la moindre explication (à moins que j'aie loupé quelque chose?). Kit est, euh, pathétique et trèèès mal coiffée. Je n'accroche pas avec le personnage de Phyllis, son coming out tardif et enthousiaste, son étroitesse d'esprit quand il s'agit des choix de sa fille. Quant à Alice, je suis toujours partagée à son sujet. D'un côté, j'admire son énergie et sa liberté d'esprit; de l'autre, ce serait bien qu'elle cesse de se mêler de ce qui ne la regarde pas et de prendre des décisions à la place des autres. Les deux seules qui ont un comportement logique et auxquelles on n'a pas tout le temps envie de mettre des baffes sont Jodi et Tasha - du moins, jusqu'à la fin de la saison où elles partent en couille (ce qui est quand même le comble pour des lesbiennes...) comme les autres.

Malgré ses défauts, "The L Word" reste pour moi une série novatrice et intéressante parce qu'unique en son genre. J'attendrai la saison 6 avec impatience.

dimanche 16 novembre 2008

"Quidam" au Brussels Kart Expo


C'est une sorte d'"Emilie Jolie" pour adultes, sans chansons et avec un côté beaucoup plus sombre parfois. Par ennui, une petite fille invoque un personnage mystérieux qui l'entraîne dans un monde où se côtoient le burlesque, le merveilleux et le tragique. Bien entendu, cette trame n'est qu'un prétexte à enchaîner des numéros acrobatiques. Tous ne m'ont pas captivée également: j'ai de loin préféré ceux qui utilisaient des accessoires à ceux qui montraient uniquement des prouesses athlétiques. Le numéro de statue vice-versa, par exemple, a été primé au festival du cirque de Monte-Carlo, et je réalise bien le travail qu'il a dû réclamer. Mais il n'était pas assez... spectaculaire pour moi. Idem pour les contorsions, assez peu originales. En revanche, j'ai adoré les cerceaux aériens, la corde volante, la roue allemande, les diabolos et surtout la banquine. Et les deux numéros où un clown met en scène des gens choisis au hasard dans le public m'ont beaucoup fait rire. Que dire d'autre? La musique est envoûtante, la mise en scène d'une grande poésie, les costumes très réussis pour la plupart. Pour vous faire une meilleure idée de l'atmosphère du spectacle, vous trouverez une vidéo d'une minute trente ici. Si vous avez envie de vous évader l'espace d'une soirée ou d'être stupéfié par ce dont un corps humain est capable à force de volonté et d'entraînement, allez voir "Quidam", vous ne serez pas déçu.

samedi 15 novembre 2008

Amour, gloire et rédemption chez Ikea

Nous avions prévu d'aller passer la journée à Anvers: déjeuner chez Wagamama, faire un peu de shopping chez Urban Outfitters et dans quelques autres enseignes branchées qui brillent par leur absence à Bruxelles, peut-être visiter le Musée de la Mode... Mais la météo prévoyait de la pluie toute la journée sur le nord de la Belgique. Alors, nous avons traîné au lit jusqu'à onze heures passées en nous demandant à quoi nous allions employer notre après-midi.
C'est là que j'ai eu une idée brillante: "Et si on passait chez Ikea chercher deux-trois bricoles?".

Le temps de nous préparer, de dresser une liste et de réserver une voiture Cambio, nous étions prêts à affronter toute la Flandres laborieuse qui avait sûrement eu la même idée que nous. Avant de quitter l'appartement, échaudée que j'étais par l'incident survenu un soir de déménagement le mois dernier, j'ai demandé à Chouchou: "Tu as bien pris la carte Cambio?". "Oui-oui, elle est dans mon portefeuille", m'a-t-il répondu sur le ton irrité du type injustement pris pour une buse. Bien. Nous voilà donc partis jusqu'à la station Schuman distante de vingt bonnes minutes à pied. Arrivés devant la voiture, je vous le donne en mille... Chouchou avait oublié son portefeuille sur la table de la salle à manger. Je n'ai rien dit. Je l'ai juste laissé se taper l'aller-retour à la maison en courant pendant que je l'attendais en me gelant les fesses sur un muret glacé. Bien sûr, exceptionnellement, j'avais un tout petit sac dans lequel je n'avais pas pu caser de livre.

Chouchou une fois revenu dument penaud et muni de sa carte Cambio, nous avons mis le cap sur Zaventem. Comme nous n'avions pas mangé, nous avons commencé par filer à la cafète nous empiffrer de boulettes suédoises (sans sauce aux airelles et avec de la ratatouille à la place des frites pour moi, histoire de ne pas me faire engueuler par la Wii Fit lundi matin). Juste après la caisse, une petite vieille m'a méchamment bousculée pour me passer devant en marmonnant qu'elle était avec l'autre petite vieille qui se trouvait devant moi. "Peu importe, vous allez prendre du café et moi je veux juste accéder à la machine à soda", ai-je répondu calmement au lieu de lui arracher la tête avec les dents comme je l'aurais fait il y a deux ou trois ans. N'est-ce pas que je m'améliore en vieillissant? D'ici la retraite, je devrais faire une personne tout à fait fréquentable. La preuve en est faite: l'amour sauve même les sociopathes dans mon genre.

Au final, il y avait 7 choses sur ma liste:
- étagère Lack rouge x 2 (pour exposer notre collection grandissante de toys au-dessus de la télé)
- parure de lit (pour changer celle achetée la dernière fois avant qu'elle commence à sentir le fennec)
- luminaires pour le salon (ceux que nous avions achetés la dernière fois sont équipés de spots directionnels riquiqui qui n'éclairent rien du tout) et la chambre
- caisson métallique rouge à roulettes (pour avoir une partie de mes affaires de scrap sous la main sans devoir les étaler sur les trois quarts de la table et dans un rayon d'un mètre alentour par terre)
- portemanteau (pour arrêter d'entasser nos fringues en cours de salissage sur le bord du panier à linge fini de salir)
- verre doseur (nous avons cassé le nôtre et j'aime cuisiner)
- plaque en verre 1m x 1m (pour mettre sous la caisse des chats)

Respectueux de la loi universelle qui veut qu'on ne sorte jamais de chez Ikea sans quelques bricoles imprévues, nous avons néanmoins réussi à limiter les dégâts à un porte-ustensiles (jusqu'ici nous utilisions feu notre verre doseur pour cela; ce n'était pas très pratique et ça a sans doute considérablement diminué son espérance de vie) et à un de ces paniers métalliques qui s'accrochent sous une étagère (pour mettre les chaussettes de Chouchou). Le caisson rouge que j'avais acheté 49 € il y a quelques années, du temps où j'habitais chez l'Homme, n'en vaut plus que 29€: chic. Mais au lieu d'être vendu monté, il est désormais fourni en kit: bouh. Ikea ne vend pas de verre doseur; la plaque en verre m'a parue inutile à bien y réfléchir, et nous n'avons trouvé qu'un des deux luminaires nécessaires pour notre salon. Chaque fois que je demandais son avis à Chouchou sur une housse de couette ou un cadre de lit, son regard se faisait vitreux et il répondait mécaniquement: "Sexe". Malgré cela, nous avons quand même réussi à nous mettre d'accord sur le modèle de notre prochain lit et de notre futur canapé d'angle. La preuve en est faite: l'amour enseigne la patience et l'humour même aux types A dans mon genre.

vendredi 14 novembre 2008

La satisfaction du travail bien fait


Ta-daaaaaa!
Les Stickettes, modèle "Zozio"

"Rayman & the raving rabbids TV party" ("Lapins Crétins Show")

Or donc en ce jeudi 13 novembre, il fait un temps radieux à Bruxelles. Je me dis que c'est bête de rester enfermée chez moi alors que je serais tellement mieux enfermée dans les magasins. Au lieu de bosser, je pars donc en quête du troisième opus des Lapins Crétins sur Wii. Les jeux vidéo, c'est le mal.
A la Fnac City 2, on me répond: "Oui oui, il est sorti et on l'a en stock. A l'entrepôt." "Et il arrivera quand en magasin?" "Sais pas. Début de semaine prochaine, peut-être?". Damned. Tentons notre chance au Media Markt. "En effet, on aurait dû le recevoir aujourd'hui." "Mais...?" "Ben on l'a pas. Repassez demain. Ou lundi."
Grand est mon dépit. Histoire de me consoler, je décide de profiter de ce que je traverse l'Inno pour renouveler mon stock de culottes et de boxers en microfibres Calvin Klein - mis à part les soirs où je sors le grand jeu, je ne porte plus que ça depuis des années. Hélas, trois fois hélas! Il va falloir trouver une alternative ou me promener les fesses à l'air: CK a arrêté le produit.
Une heure dans mon après-midi shopping, j'ai toujours les mains vides. C'est insoutenable, à la limite de la barbarie. Je remonte la rue Neuve en espérant une lueur d'inspiration. Mais rien, nada. Je me résigne à rentrer bredouille, sans le moindre lapin ni la moindre culotte dans ma gibecière Sequoïa.
En me dirigeant vers l'arrêt du 38, je passe devant Free Record Shop. Je rentre sans y croire et file vers le rayon Wii. Pas de "Lapins Crétins Show", mais un "Rayman & the Raving Rabbids TV Party" qui y ressemble fort. Renseignement pris auprès du vendeur, c'est le même version belge. Et il est en rayon depuis hier. Et il coûte 2€ de moins que sur le site internet de la Fnac. Bon, ben je sais où je viendrai directement acheter mon prochain jeu vidéo...
Ragaillardie, je file chez ID Géniale où les nouvelles Stickettes viennent juste d'arriver. Je fais le plein pour la déco de l'appartement. Et je termine par un petit tour chez Sterling Books où je fais l'emplette de diverses bricoles. Ah ah, prenez ça, hommes en noir!

Le soir même, Chouchou et moi testons la bête. Elle se compose d'une cinquantaine de mini-jeux sur lesquels peuvent s'affronter 2 à 4 personnes (je pense qu'on peut aussi jouer seul, mais ça doit être franchement moins marrant). La durée des parties peut être, au choix, d'un certain nombre de minutes - 20, 40 ou 60 - ou de jeux - 7, 14 ou 21. Il est possible mais pas obligatoire d'utiliser une Balance Board. En revanche, il faut absolument un nombre de Wiimotes et de Nunchuks égal à celui des joueurs.
Le premier jeu que nous testons est une course, LE truc que je déteste le plus dans Rayman (et dans les jeux vidéo e général). Je n'arrête pas de me prendre la glissière, de me retrouver dans le sens inverse du parcours et de tourner la télécommande dans des positions absolument pas prévues par les concepteurs. Saloperie de jeu. Si j'avais su, il serait toujours en train de moisir dans les rayons du Free Record Shop.
Heureusement, la suite est beaucoup plus fun. Les jeux de tir parodient des films célèbres, et on ne doit tirer que sur une certaine sorte de lapins (ceux qui n'ont rien à foutre là) sous peine de perdre des points. Nous testons une "Nuit des morts-vivants" durant laquelle nous devons réprimer tous nos instincts de geeks et ne pas faire exploser la tête des lapins-zombies, mais celle des lapins déguisés en poulet. Dans un remake des "Incorruptibles", nous essayons d'aligner le plus de lapins-dinosaures possible. Je perds toujours parce que mon défaut de convergence me fait voir flou quand je fixe intensément un écran plus de quelques minutes, mais au moins, je m'amuse.
Les jeux de musique fonctionnent comme ceux des "Lapins Encore + Crétins", à ceci près que les mouvements sont plus limités. Fini de s'éventer avec la Wiimote et de faire tournoyer le Nunchuk au risque d'emplâtrer son voisin de gauche. Mais on s'amuse énormément à jouer, entre autres, "Toxic" de Britney Spears.
Les jeux de danse sont sans doute les plus hilarants du lot. Leur potentiel de "photos de la honte" est immense. Le risque de mourir étouffé de rire aussi. Je crois que je vais emmener mon camescope à Toulouse fin décembre. Extorquer la moitié de son bonus annuel à Soeur Cadette en échange d'une promesse de ne pas balancer la vidéo sur le réseau interne de sa boîte où les cadres n'ont aucun humour ne devrait pas être bien difficile. *rire diabolique*
Il y a aussi des jeux de mode à l'intérêt variable, et des mini-jeux divers qui ne comptent pas dans le score mais servent à déterminer qui prend la main au tour suivant. Pour l'instant, nous n'en avons vu qu'une petite moitié me semble-t-il, mais nous savons déjà que nos vacances de Noël seront placées sous le signe des Lapins Crétins!

mercredi 12 novembre 2008

Cherchez l'erreur


Un(e) intrus(e) s'est glissé dans cette photo de notre bibliothèque;
saurez-vous la retrouver?

mardi 11 novembre 2008

Notre prochain investissement loisirs


The Lapins Crétins Show
envoyé par Gameblog

Il paraît après-demain. Si la Fnac City 2 le veut bien, nous commencerons à nous entraîner le soir même. Je prédis des vacances de Noël en famille plutôt... remuantes.

"Eclipse"

J'ai littéralement dévoré le tome 3 de la série de Stephenie Meyer, au rythme d'une bonne centaine de pages chaque soir avant de me coucher. Bella et Edward se sont retrouvés, mais tout n'est pas rose pour autant. Seattle est la proie d'un mystérieux tueur en série; un vampire inconnu s'introduit la nuit dans la chambre de l'héroïne pour... lui voler son chemisier préféré; et surtout, au grand dam de Bella, Edward insiste obstinément pour l'épouser avant de la transformer en vampire comme elle le lui réclame. Parallèlement, la jeune fille s'efforce de réparer son amitié brisée avec Jacob Black, le loup-garou amoureux d'elle. La rivalité entre Edward et Jacob la met dans une position intenable: quoi qu'elle fasse, elle en blesse un des deux. Mais lorsque la nature de la menace diffuse qui pèse sur la petite ville de Forks est enfin révélée et que Bella s'avère en être la cible, la famille Cullen et la meute des Quileute n'ont pas d'autre choix que de coopérer pour sauver leur protégée.

Disons-le tout de suite, Stephenie Meyer ne cherche à faire ni dans le thriller, ni dans le roman d'action. L'intrigue policière est réduite à sa plus simple expression, et toutes les scènes de combat se déroulent soit hors de la vue de l'héroïne, soit trop vite pour qu'elle puisse distinguer quoi que ce soit (par moments, elle ne réalise même pas qui a le dessus). Ici comme dans les tomes précédents, l'accent est mis sur les sentiments des personnages. L'auteur rend très bien le côté exaltant, asbolu et déchirant de la passion, ainsi que l'impuissance de ceux qu'elle frappe bien souvent malgré eux. En revanche, j'ai du mal à m'attacher à ses héros. Edward essaie de contrôler le moindre mouvement de Bella, et même si c'est pour la protéger, même s'il est prêt à mourir pour elle, ça devient vite irritant. De son côté, Bella se laisse faire quand elle devrait mettre le holà et agit avec une imprudence stupide quand elle devrait écouter les conseils de son petit ami. J'ai par contre beaucoup de sympathie pour Jacob, y compris quand il ne recule devant rien pour obtenir ce qu'il veut. Alice, personnage secondaire que la plupart des lecteurs de la série semble adorer, ne m'inspire que de l'agacement. Mais j'ai adoré en découvrir davantage sur l'histoire et le fonctionnement de la meute.

En résumé, un troisième tome bien dans la lignée du second, durant lequel la tension dramatique ne cesse d'augmenter. J'ai hâte d'attaquer le quatrième et dernier (un pavé de 750 pages), même si j'ai lu ça et là sur internet qu'il avait déçu la plupart des fans.

lundi 10 novembre 2008

Pour ou contre: le port d'arme pour les citoyens

Le Second Amendement de la Constitution américaine, qui garantit à tous les citoyens le droit de porter une arme, est l'un des sujets qui opposent traditionnellement Démocrates et Républicains - les premiers étant pour sa suppression, les seconds hurlant au scandale et arguant qu'il est l'un des fondements de leur nation. Et de fait, je comprends que dans un pays aussi jeune, fondé par des pionniers qui ont dû se battre pour voler conquérir et conserver leurs terres, la possibilité de se défendre par le fer et le feu fasse partie des acquis culturels. En même temps, on n'est plus au temps du Far West, hein.

Bien sûr que si quelqu'un nous agressait, moi et ma famille, j'aimerais être en mesure de le neutraliser de manière efficace. Si je croyais notre sécurité physique menacée et si j'avais une arme sous la main, je n'hésiterais pas à m'en servir - et sans une once de remords. Mais honnêtement, la probabilité que cela arrive est infinitésimale. Beaucoup plus probablement, si je gardais un flingue chez moi, l'aîné de mes neveux ou l'un des jeunes enfants de mes amis finirait par le trouver et risquerait de se blesser, voire de se tuer avec.

Et puis, où s'arrête la justification sécuritaire? Comment puis-je être certaine qu'une personne va vraiment me faire du mal? A quel moment puis-je décider qu'elle mérite que je lui tire dessus?
- Quand elle brandit un couteau sous la gorge de mon compagnon?
Dans cette situation, je pense que tout le monde me donnerait raison, y compris un tribunal de justice français.
- Quand elle s'introduit chez nous, croyant la maison vide et pensant peut-être juste à emporter notre console de jeux vidéo et mes bijoux?
A cette question, beaucoup d'Américains (et mon paternel...) répondraient "oui"; moi, je pense que la riposte doit rester proportionnée à l'offense et qu'on n'abat pas quelqu'un pour des possessions matérielles.
- Quand je la surprends à rôder dans mon jardin, à titre préventif?
Et si ce n'était qu'un voisin soûl qui a perdu ses clés?

La frontière entre la légitime défense et la bavure est excessivement mince. Même si c'était légal en France, je ne souhaiterais pas me promener avec une arme à feu. J'aurais trop peur, sous l'emprise du stress, de commettre une grave erreur de jugement. Et puis, c'est prouvé: rien de tel que de dégainer un flingue pour faire dégénérer une situation déjà tendue. Un calibre .38 dans les mains, la tentation est trop grande de jouer les cowboys. Alors, même si je peux comprendre que l'on souhaite être en mesure de défendre ses proches, je pense que le jeu n'en vaut pas la chandelle. Pour un meurtre ou une agression sérieuse évités, combien d'innocentes victimes du Second Amendement aux Etats-Unis? Les psychopathes en liberté sont, fort heureusement, beaucoup moins nombreux que les gamins curieux et les petits délinquants.

"Californication" saison 1

Le monde des séries télé US est tout petit. Régulièrement, alors que je suis vautrée devant ma télé en train de regarder un nouvel épisode, je fronce les sourcils et marmonne: "Où est-ce que je l'ai déjà vu, lui?". Parfois, j'arrive immédiatement à replacer l'acteur concerné. Et parfois, je dois aller consulter sa biographie sur l'IMDB pour ne pas passer la nuit à chercher désespérément les yeux grands ouverts dans le noir.

Chouchou et moi avons récemment entamé la saison 1 de "Californication". Le sujet: la vie sentimentale et sexuelle d'un écrivain en panne d'inspiration, toujours amoureux de la femme avec qui il a eu une fille et qui l'a quitté pour quelqu'un de plus stable. Dès l'épisode pilote, il couche avec une nana délurée rencontrée dans une librairie, qui s'avère plus tard avoir tout juste 16 ans et être la fille du nouveau compagnon de son ex. J'ai lancé ma complainte familière. "Elle me dit quelque chose, cette gamine..." Il a fallu attendre le générique de fin et la mention du nom de Madeline Zima pour que je réalise: "Aaaah, c'était la petite dernière de la famille Sheffield dans "Une nounou d'enfer!" ". Depuis, je ne m'en remets pas d'avoir vu l'angélique Gracie balancer ses nichons (fort jolis au demeurant) au-dessus de l'agent Mulder.

Ah oui, parce que le cast entier de "Californication" vient d'ailleurs. Le héros est joué par David Duchovny, son ex par Natasha McElhone (l'Irlandaise qui courait après la fameuse valise dans "Ronin", mais je suis sûre qu'on a dû la voir dans une quelconque série), sa conquête scientologue d'un des premiers épisodes par la conseillère d'orientation de "Veronica Mars", son agent par Evan Handler qui interprétait le deuxième mari de Charlotte dans "Sex & the City", le nouveau compagnon de son ex par l'acteur qui faisait le mari de Lisa Kudrow dans "The comeback", etc etc. A mon avis, le seul visage neuf doit être celui de la fille du héros, et pour cause: elle n'a que douze ans. Je plains les débutants qui tentent de percer à Hollywood.

Même sans cette impression de recyclage, "Californication" ne m'enthousiasmerait guère. Le héros est présenté d'abord comme un salaud cynique, puis comme un type paumé - la vieille justification du "il n'aime pas les autres parce qu'il n'arrive pas à s'aimer, lui" -, mais il n'est pas assez attachant pour susciter l'empathie et pas assez flamboyant pour provoquer un dégoût mêlé d'admiration réticente, à la Christian Troy dans "Nip/Tuck" par exemple. Les histoires tentent de s'engager sur le chemin de la provocation mais finissent toujours pas revenir lâchement sur le terrain du politiquement correct. Il y a quelques bonnes idées, mais elles sont trop mal exploitées pour faire mouche. De mon point de vue, "Californication" a le cul entre deux chaises et rate totalement son but.

dimanche 9 novembre 2008

La vie de mes seins

Depuis une dizaine de jours, j'ai des douleurs persistantes dans la poitrine. D'abord discrètes, elles n'ont fait que s'accentuer et s'étendre jusqu'à hier. C'est la première fois qu'une telle chose m'arrive. Alors, bien que je me sois fait examiner par mon généraliste il y a trois semaines seulement, j'ai commencé à flipper.
Je n'ai pensé qu'à ça toute la journée de samedi.
Dans les phases optimistes, je me disais que je ne sentais pas de boule, que le problème semblait plutôt de nature musculaire, et que de toute façon, vu les hormones dont je me bourre pour soigner mon endométriose, c'est un peu normal que mon corps subisse des effets secondaires.
Dans les phases pessimistes, j'organisais mentalement mon opération et les traitements consécutifs. Il faudrait que je me fasse soigner en France, puisque je ne suis pas couverte par la Sécu belge, et comme je n'ai personne à Monpatelin pour s'occuper de moi, je devrais réclamer asile à mes parents. Voyons, quinze jours pour se remettre de l'ablation de la tumeur avant de pouvoir rentrer à Bruxelles, ensuite, des aller-retours toutes les trois semaines pour les séances de chimio (à caler juste la veille d'un jour de la semaine où Brussels Airlines assure la liaison avec Toulouse, histoire de voyager pendant la brève fenêtre où je tiendrais encore debout), puis un séjour d'un mois et demi pour la radiothérapie et ses séances quotidiennes. Suggérer à Editeur Préféré de me décharger d'un bouquin pour ne pas prendre de retard sur tout le reste. Emporter plein de jeux de cartes pour occuper Père (qui déteste les hôpitaux, je le rappelle) pendant qu'il me tiendrait compagnie durant les séances de chimio. Etc, etc.
Dans les phases très pessimistes, j'imaginais Gentil Généraliste m'annonçant que je n'en avais plus que pour six mois, et je me demandais qui viendrait à ma crémation.
Je sais, ma réaction est tout à fait ridicule.
L'an dernier à la même époque, je me croyais honnêtement indestructible. Je n'ai eu que deux maladies infantiles, avec si peu de symptômes que le docteur n'était même pas certain qu'il s'agisse de ça; quand je chope une gastro (ce qui a dû m'arriver trois ou quatre fois à tout casser), j'ai un peu la nausée pendant une demi-journée, je vomis un coup et c'est réglé. Je n'ai jamais attrapé de grippe; je ne suis allergique à rien, et je me suis remise très vite de mes rares opérations sous anesthésie générale. Du coup, il me semblait que j'allais vivre 120 ans au bas mot.
Et puis Brigitte a succombé après trois ans de lutte acharnée contre son cancer. Et j'ai brusquement pris conscience que mourir de maladie avant l'heure n'était pas juste un concept. Oh, bien sûr, la partie rationnelle de mon cerveau savait que malgré les progrès de la médecine, le cancer et le SIDA (entre autres) continuaient à faire des victimes. Mais savoir une chose et en faire l'expérience, fût-ce indirectement, ce n'est pas du tout pareil. Depuis le 2 mars, chaque fois que j'éternue de travers, il me semble que j'ai déjà un pied dans la tombe.
Hier soir, Chouchou m'a donné des anti-inflammatoires. Ce matin au réveil, je n'avais presque plus mal. Il va falloir attendre le prochain courant d'air pour une nouvelle chance d'être débarrassés de moi :)

vendredi 7 novembre 2008

Je sens que la journée va être bonne

Ce matin, comme tous les jours, mon premier geste en me levant est d'allumer mon ordinateur et de me préparer un thé vert à siroter en faisant mon tour habituel sur Internet. Une surprise m'attend sur le site de ma banque: les impôts m'ont prélevé 653 €. L'intitulé de l'opération ne précise pas pourquoi. Vu qu'il ne me reste plus que ça à payer cette année et que le montant correspond grosso modo, j'imagine qu'il s'agit de ma taxe d'habitation/redevance. Mais d'habitude, je la paye mi-décembre. Et j'aurais apprécié de recevoir un avis d'imposition avant. Quoi que si ça se trouve, il est en cours d'acheminement par la poste belge...

Poste belge qui se trouve justement à l'origine des surprises du jour n°2 et 3. A 11h20, Chouchou qui était sorti remonte avec le contenu de la boîte aux lettres. Dont un avis de passage daté de 20 mn plus tôt. C'est le colis de DVD en provenance des USA sur lequel je comptais pour occuper nos soirées ce week-end. Evidemment, vu que les facteurs belges ne travaillent pas le samedi et que lundi, c'est férié, je ne pourrai pas la récupérer avant mardi. Et pour ça, il faudra que j'aille jusqu'au bureau de la Porte de Namur. Joie, mais joie, hein.

Et ce n'est pas tout! Un courrier d'ABX Logistics (gni?) m'informe qu'ils détiennent le colis de fournitures de scrap avec lequel j'espérais finir mon album du voyage en Scandinavie ce week-end, et qu'ils ne me le remettront qu'en échange d'une preuve de paiement que je dois leur adresser par un moyen non-précisé. Ils m'invitent à les contacter par téléphone. Bien entendu, la ligne est toujours occupée, et moi poliment invitée non pas à attendre trente ou quarante minutes, mais à rappeler plus tard. Quand je pense qu'il fut un temps où je pestais contre la poste française... Du coup, je me retrouve totalement désoeuvrée pour le week-end, ET JE DETESTE CA!!!

"New moon"

Je poursuis ma lecture de la série de Stephenie Meyer. Le premier tome, "Twilight" ("Fascination" en VF) m'a plutôt déçue par sa lenteur à démarrer. Fraîchement arrivée dans un nouveau lycée, Bella Swan tombe amoureuse d'Edward Cullen, un de ses camarades évidemment beau comme un astre, s'aperçoit que c'est un vampire et réussit, tout instinct de survie oublié, à le convaincre de sortir avec elle. Pendant plus de 300 pages, il ne se passe rien d'autre, et malgré l'aspect fantastique, on s'ennuie un peu à lire cette banale histoire d'ados qui découvrent les affres de la passion. C'est seulement dans le dernier tiers que l'histoire commence à devenir intéressante, quand un redoutable chasseur d'humains jette son dévolu sur Bella et que s'engage une course-poursuite ma foi assez haletante. J'ai aimé la façon dont l'auteur suggérait la menace à travers les pensées de l'héroïne et la réaction des vampires au lieu de l'exprimer à travers des scènes d'action horrifiques et/ou rocambolesques.

J'ai enchaîné aussitôt sur "New moon" ("Tentation" en VF). Et là, surprise: avant la page 100, Edward et toute sa famille disparaissent pour ne plus revenir qu'à la fin du bouquin. Le thème principal de ce tome 2, c'est la perte de l'amour: le désespoir sans fond, l'hébétude qui frappe la personne quittée, la douleur qui ronge et contre laquelle on est impuissant, le sentiment de s'être fait voler sa vie sans comprendre pourquoi ni comment. Réduite à l'état de zombie par le départ de son vampire bien-aimé, Bella ne trouve un peu d'apaisement qu'auprès de son ami Jacob Black, dont le lecteur comprend à peu près quinze chapitres avant elle qu'il est un loup-garou et donc l'ennemi mortel des Cullen. Ici encore, les sentiments priment sur l'action, et les conflits se résolvent par la négociation ou hors de la vue de l'héroïne. Mais les élans juvéniles du premier tome cèdent la place à des émotions très sombres et à une atmosphère qui le devient de plus en plus. Et même si Bella et Edward se trouvent réunis à la fin, leur relation est plus menacée que jamais par des éléments extérieurs qui souhaitent la mort de l'un ou de l'autre.

Je viens d'attaquer "Eclipse" ("Hésitation" en VF), le tome 3 de la série, et étant donné qu'il enchaîne brillamment sur le précédent, je suppose que je reviendrai très vite vous en parler!

jeudi 6 novembre 2008

"Ugly Betty" saison 2

On retrouve dans cette deuxième saison la plupart des éléments qui faisaient la saveur de la première: l'identité graphique forte, la fraîcheur désarmante de Betty, les one-liners de Wilhelmina*, le contraste entre la vie d'une famille d'immigrés mexicains et le monde archi-superficiel de la mode. Les acteurs sont toujours aussi hilarants, notamment Vanessa "just a simple girl with an evil plan" William, Becky Newton parfaite en écervelée tête-à-claques occasionnellement très touchante, ou Judith Light dont le personnage prend ici toute sa dimenson dramatique et comique.
Côté histoire, en revanche, ça part un peu dans tous les sens - et ce, avant même le déclenchement de la grève des scénaristes. La romance condamnée de Betty et d'Henry n'a pas tardé à m'énerver; au moins deux fois par épisode, j'apostrophais mon poste de télé: "Rhâââ, mais qu'est-ce que tu lui trouves à ce type? Il est chiant comme la mort. Sors avec Gio!". J'ai trouvé le mariage Slater/Meade et ses conséquences juste grand-guignolesques. Les hauts et les bas de la relation fraternelle entre Daniel et Alexis sont vite devenus lassants. La mise hors jeu de Renée dépassait les bornes de l'infâmie. Oh, et le retour du mari de Christina sent les pieds à deux kilomètres - nous verrons la saison prochaine, mais je pense qu'il essaie juste de l'arnaquer.
Bon, je râle, mais ça ne m'a pas empêchée de suivre toute la saison avec plaisir et en m'esclaffant à de nombreuses reprises, ce qui est quand même l'essentiel. J'espère seulement que la saison 3 retrouvera la fluidité de la 1.

mercredi 5 novembre 2008

Créativa Nantes + Cuisine Tendance

Ayant raté le Créativa 2008 de Bruxelles pour cause de simultanéité avec le Salon du Livre parisien, puis celui de Namur qui avait lieu au moment où Chouchou et moi emménagions dans notre nouveau domicile, j'étais ravie à l'idée de me rattraper à Nantes le week-end dernier - d'autant que je sais mon amie Gren assez amatrice de loisirs créatifs elle aussi. La dernière fois que nous nous étions vues, au printemps 2000, elle m'avait confectionné pour mon anniversaire une ravissante bougie gel avec une abeille et un vase rempli de fleurs incrustés dedans. Ladite bougie trône toujours, intacte, sur une des étagères de ma bibliothèque monpatelinoise: je n'ai jamais pu me résoudre à l'utiliser.

Bon, très honnêtement, Créativa ne cassait pas des briques. Il n'y avait que trois boutiques de scrap dignes de ce nom, dont le Temple du Scrap auquel j'étais passée le jeudi à Paris (ce qui ne m'a pas empêchée de faire l'emplette de quelques stickers Jolee et de deux planches de tampons acryliques pour compléter mes achats précédents). J'ai également découvert les plantes sans terre ni racines, qui pourraient servir pour la déco du nouvel appartement bruxellois. Le reste ne m'intéressait guère, et la foule de familles avec jeunes enfants et poussette qui encombrait les allées ou bloquait l'accès aux stands n'incitait guère à s'attarder pour découvrir des nouveautés.

Gren et moi avons tout de même fait une belle rencontre. Vers la fin de notre parcours, nous sommes tombées en arrêt devant les créations d'Herbe Folle, qui commercialise des grilles de point de croix. Les motifs étaient tous plus craquant les uns que les autres: petites bêtes adorables, dragons magnifiques ou rigolos, et mon préféré, un splendide Ganesh dont la réalisation réclame pas moins de 300 heures de travail. Malheureusement, mon défaut de convergence oculaire m'empêche de m'adonner à ce genre d'activité qui nécessite de fixer longuement un objet proche. Mais nous avons longuement discuté avec le monsieur à l'allure de mousquetaire qui tenait le stand. Il parlait avec une voix douce et était extrêmement gentil et disponible. Ce fut un moment très agréable.

Nos billets nous donnaient également accès à l'autre exposition du week-end, Cuisine Tendance, plus petite que Créativa mais à peine moins bondée. Nous nous sommes longuement extasiées sur les créations d'un chocolatier local, parmi lesquelles un Père Noël ivre mort, une Mère Noël exhibitionniste, une paire d'escarpins rouges presque plus vrais que nature et un très beau buste de Beethoven. Plus loin, nous avons admiré des légumes sculptés en forme, notamment, de poissons japonais.

Mais c'est au stand du Club des Buveurs de Thé que nous avons fait notre deuxième belle rencontre de la journée. Un monsieur âgé nous a préparé et servi, dans les règles de l'art, une tasse de Sencha Shizuoka amer juste ce qu'il fallait. Il nous a conseillé un ouvrage instructif, des sites internet où commander du vrai bon thé japonais, et nous a appris tout un tas de choses. J'adore les gens intarissables sur leur passion... quand c'est aussi la mienne*. Si j'avais encore habité Nantes, je me serais volontiers inscrite à ce club-là!

*Le prochain qui me soûle avec l'aïkido ou la plongée sous-marine peut d'ores et déjà numéroter ses abattis: il paiera pour son prédécesseur.

YES, WE CAN!!!


Nous avons tenu jusqu'à 4h30 du matin, buvant des litres de chocolat pour nous sustenter, nous moquant des présentateurs de France 24 qui se trompaient dans le prénom de leur jeune envoyée spéciale au Kenya ("Elle, elle vient juste d'être embauchée!") ou sortaient des inepties pour meubler ("Mais oui: le ressenti, c'est important!"), hurlant chaque fois qu'ils osaient changer de sujet ("On s'en fout du Congo et des accidents de bus en Allemagne!"), nous demandant pourquoi, sur la carte de la BBC, seul l'Iowa restait désespérément blanc au milieu d'états qui bleuissaient, rougissaient ou grisaient pour indiquer l'annonce imminente des résultats ("Ben qu'est-ce qu'ils foutent, ils se sont endormis sur leurs machines de vote?"), guettant la progression du dépouillement ("C'est serré en Floride et au Texas, mais je pense que la première sera pour Obama et la seconde pour McCain"), nous exclamant chaque fois que de nouveaux grands électeurs tombaient dans l'escarcelle d'un des deux candidats ("La Pennsylvanie! Il a la Pennsylvanie! Merci chers ex-voisins d'avoir fait le bon choix!"). La dernière heure, nous nous avachissions insensiblement sur nos oreillers et glissions de plus en plus loin sous la couette. Quand Obama a été rendu à 207 grands électeurs acquis sur les 270 nécessaires, alors que les résultats de l'ouest n'étaient pas encore connus, nous avons estimé que les 55 de la Californie lui étant presque certainement acquis, il ne pouvait plus perdre. Et nous avons éteint la lumière.

Ce matin, avant même de sortir du lit, les yeux encore collés par le sommeil, nous avons rallumé le MacBook de Chouchou pour avoir la confirmation de ce que nous espérions. Le résultat était sans appel, un vrai raz-de-marée. 52% des votes et 349 grands électeurs pour Obama contre 46% et 162 grands électeurs pour McCain (les résultats du Missouri et de la Caroline du Nord ne sont toujours pas confirmés à l'heure où j'écris ces lignes). Nous avons regardé le discours des deux candidats. McCain s'est montré un perdant très digne. Bien que je ne partage pas ses valeurs, je respecte cet homme courageux et sincère qui s'est toujours efforcé de servir son pays au mieux de ses capacités. Je n'avais rien contre lui personnellement - en revanche, sa co-listière me fichait une trouille de tous les diables. Quant à Obama... Je ne suis peut-être pas très objective, mais je l'ai trouvé parfait. C'est un orateur remarquable: charismatique, convaincant et dénué de l'arrogance haïssable qui caractérise notre présipotent. Je sais qu'il lui sera très difficile d'être à la hauteur des folles espérances qui ont été placées en lui, mais ce matin, je suis un peu plus optimiste quant au devenir de ce monde.

Utopiales 2008: le concert du Naheulband

Samedi soir, en raison d'une virée shopping prolongée au centre commercial de Beaulieu, Gren et moi avons regagné la Cité des Congrès juste au moment où démarrait le concert du Naheulband. Résultat: la fosse et les alentours de la scène étaient déjà archi-combles; des gens se pressaient contre toutes les balustrades de la mezzanine en surplomb, et je me demandais bien comment j'allais y voir quelque chose. Et puis, miracle, au bout d'un quart d'heure à peine, les deux personnes assises sur des chaises devant Gren et moi sont parties, et nous avons pu récupérer de fort bonnes places pour assister à la suite du spectacle.

J'ai entendu parler du Donjon de Naheulbeuk pour la première fois durant l'été 2006. Après avoir écouté quelques podcasts, j'ai lu toutes les bédés au fur et à mesure de leur parution. Et comme beaucoup de rôlistes, passés ou présents, j'y ai retrouvé avec délectation mes parties d'AD&D les plus pourraves. Mais jusqu'ici, je ne connaissais pas du tout les chansons. Prévenue par quelques personnes qui avaient déjà vu le Naheulband en concert, je m'attendais à un joyeux bordel n'ayant qu'un lointain rapport avec de la musique. J'ai été agréablement surprise: même si leurs textes sont clairement parodiques et leurs voix pas hyper justes, John Lang et ses acolytes se débrouillent plutôt bien avec leurs instruments. Emmené par une magicienne à l'énergie contagieuse et à la poitrine tressautante, leur show est aussi drôle qu'entraînant. J'ai ri, j'ai balancé la tête en cadence et tapé du pied avec enthousiasme. A la sortie, j'ai filé acheter leur premier CD. Et pendant les vingt-quatre heures qui ont suivi, j'ai passé mon temps à m'écrier brusquement: "C'est en marchant dans les entrailleuh que les barbares vont... A-LA-BASTON!". Pour quelques jours, le Naheulband a ravivé les souvenirs d'une époque que je ne revivrais pour rien au monde mais qui a servi de fondations à toute mon existence telle qu'elle est aujourd'hui.

mardi 4 novembre 2008

Utopiales 2008: les dédicaces (5) la dédicace manquée

Vendredi soir, ma copine Jeanne-A. Debats a réussi un superbe doublé en recevant, coup sur coup, le Prix Julia Verlanger et le Grand Prix de l'Imaginaire pour sa novella La vieille Anglaise et le continent. J'avais justement emporté mon exemplaire dans l'idée de le lui faire signer quand elle aurait une minute. De toute façon, nous n'allions pas arrêter de nous croiser pendant tout le week-end, pensais-je naïvement.

Oui mais non. Samedi après-midi, peu de temps après mon arrivée à la Cité des Congrès, je suis en train de traîner dans l'espace librairie quand j'aperçois Jeanne-A. de l'autre côté des ficus en pot qui protègent les auteurs en train de dédicacer d'un éventuel backstab commis par un fan dérangé. Je lui fais coucou et crie: "Attends-moi, j'arrive tout de suite!".

Mais le temps de me frayer un chemin parmi la foule jusqu'à l'extérieur de l'espace librairie, Jeanne-A. s'est volatilisée. Je ne l'aperçois nulle part ailleurs sur la vaste mezzanine, ni même dans les escaliers qui relient cette dernière à l'étage inférieur. Etrange. En plus de son pouvoir de métamorphose draconique, aurait-elle celui de se téléporter à la vue d'une importune? Je ravale mon dépit en me disant que je la recroiserai sûrement plus tard - selon toute probabilité, au bar qui semble être le point de rassemblement désigné de tous les Utopialistes.

Oui mais re-non. J'aurai beau faire des passages répétés au bar et aller quasiment dévisager sous le nez toutes les brunes sexy à longs cheveux raides repérées de dos, de Jeanne-A. je ne reverrai point jusqu'à mon départ. Et je rentrerai chez moi avec mon exemplaire de La vieille Anglaise... toujours vierge de dédicace. Snif.

Utopiales 2008: les dédicaces (4)

Jeff Noon

Vendredi soir, en arrivant aux Utopiales, j'ai eu la surprise de tomber sur un ancien camarade d'études que je n'avais pas vu depuis ma sortie de l'ESCT, en 1991. Mathias E. dirige actuellement La Volte, une petite maison d'édition qu'il a fondée pour pouvoir traduire et publier en France son auteur préféré, Jeff Noon.

Or, pendant que je me promène dans l'espace librairie samedi après-midi, un livre à la couverture rose attire mon attention. Il s'agit de NymphoRmation, un roman justement signé Jeff Noon. Petit coup d'oeil à la quatrième de couv: sa biographie décrit l'auteur comme "un genre de Lewis Carroll moderne sous substances hallucinogènes". Mmmh, ça pourrait me plaire. Et Jeff Noon est justement en train de dédicacer. Je m'étais promis de ne pas acheter de bouquins supplémentaires ce week-end, mais j'ai déjà craqué pour le dernier Pierre Dubois, alors au point où j'en suis...

Apprenant que je ne connais pas du tout l'oeuvre de Jeff Noon, la jeune femme qui lui sert d'interprète me conseille plutôt de commencer par un autre de ses romans. Je demande s'ils se suivent. "Pas vraiment, me répond-elle, on retrouve juste certaines personnages d'un tome à l'autre". "Alors, je vais quand même prendre NymphoRmation. Ma bibliothèque manque de rose." Je la vois qui hésite entre le rire et la perplexité. "Ah, ça, c'est un argument original pour choisir un bouquin".

Le grand soir

En ce moment même, les Américains votent pour élire leur 44ème président. Chouchou et moi avons si peur d'un retournement de situation imprévu que nous avons l'intention de suivre le dépouillement sur internet et de veiller jusqu'à l'annonce des résultats "définitifs", vers 4 ou 5h du matin.
Même si je suis française, je me sens très concernée par cette élection, pour des raisons à la fois personnelles et globales. Malgré tous ses défauts - et le fait qu'il m'ait refusé un permis de résidente en 1997 - j'aime profondément ce pays aux paysages magnifiques et contrastés, ce royaume de la démesure où le meilleur côtoie le pire et où, pour la plupart, les gens sont si gentils, si chaleureux, si positifs et pleins d'énergie.
Et puis, bien qu'étant sur le déclin, les USA demeurent à ce jour la première puissance mondiale. Leur futur président aura donc un rôle capital à jouer dans l'avenir de la planète. A l'heure où la pollution et l'épuisement progressif des ressources naturelles deviennent des problèmes critiques, il disposera du pouvoir économique et politique nécessaire pour influer, non seulement sur les décisions écologiques de son pays, mais sur celles des nations du monde entier - et notamment des puissances émergentes comme la Chine et l'Inde, dont la population est si importante que si elles se mettent à consommer au rythme effréné qui est actuellement le nôtre, une catastrophe irrémédiable est à prévoir sous quelques dizaines d'années. Je ne parle même pas des conflits militaires actuels, que je souhaite de tout coeur voir résolus autrement que par la force.
Cette nuit, je veillerai donc en attendant qu'on me confirme la victoire de Barack Obama.

Utopiales 2008: les dédicaces (3)

Mélanie Fazi

Mélanie est une orfèvre de l'écriture et de la traduction - en témoignent les deux Grands Prix de l'Imaginaire qu'elle a reçu, l'un en 2005 pour une de ses nouvelles fantastiques, l'autre en 2007 pour son adaptation d'un roman de Graham Joyce. Et oui: pendant que les plus vénaux d'entre nous recherchent le boulot facile et un revenu qui leur permettra d'aller se taper la cloche dans les grands restos, d'autres s'escriment juste pour l'amour de la littérature et un peu de confiture à mettre sur leur pain sec. C'est la vie cui-cui :)

Quoi qu'il en soit, j'avais eu l'occasion de rencontrer Mélanie il y a quelques années. Je ne me souviens pas de quoi nous avions parlé, mais j'en avais gardé l'impression d'une petite personne (c'est l'une des rares adultes de ma connaissance que je surplombe de quelques centimètres) à la fois timide et très volubile dès que la conversation se portait sur un sujet qui l'intéressait. Par la suite, j'ai eu l'occasion de lire son blog, ce qui m'a permis de découvrir que c'était une passionnée de bonne musique* et une photographe amateur tout à fait honorable. Je pensais la recroiser au Salon du Livre en mars dernier, mais nous nous étions loupées. Aussi étais-je ravie de cette occasion de la revoir aux Utopiales.

Après avoir hésité entre ses deux derniers recueils de nouvelles, Serpentine et Notre-Dame aux Ecailles, j'avais fini par porter mon choix sur le second un peu au hasard. Pendant qu'elle m'écrivait un gentil petit mot sur la page de garde, je lui ai demandé s'ils avaient chacun un thème différent. "Non, m'a-t-elle répondu, mais Serpentine rassemble des nouvelles que j'ai écrites autour de ma vingtaine, et en général, les gens le trouvent plus sombre que Notre-Dame aux Ecailles, dont les nouvelles ont été écrites à l'approche de la trentaine". J'ai été bien contente d'apprendre que je n'étais pas la seule personne à avoir eu une vision de la vie plutôt dark à l'adolescence, et qui s'était considérablement éclaircie par la suite. Ce qui ne m'empêchera absolument pas d'acheter son premier recueil si j'ai aimé le second.

* Malgré une lacune cohennesque impardonnable dans sa culture ;)

Utopiales 2008: les dédicaces (2)

Adriana Lorusso

En principe, je ne lis pas de SF. Mais les deux volumes de Ta-Shima ont suscité des louanges enflammées sur le forum de leur éditeur, et surtout, Adriana est l'une des personnes les plus intéressantes qu'il m'ait été donné de rencontrer. Italienne d'origine, Bruxelloise d'adoption depuis plus de trente ans, elle a beaucoup voyagé (notamment au Japon), parle huit langues, a été interprète et traductrice avant de devenir écrivain, a pris des cours aux beaux-Arts et même exposé ses toiles. Et puis, elle a choisi de "ne pas s'encombrer d'enfants" et adore les animaux. Comment pourrais-je ne pas éprouver une folle sympathie pour cette femme? La curiosité l'a emporté: j'ai fait l'acquisition de ses bouquins et profité d'un moment calme pendant son créneau de dédicace pour lui faire signer le plus récent. Maintenant, il faut juste que je trouve le temps de le lire!

lundi 3 novembre 2008

Utopiales 2008: les dédicaces (1)

Pierre Dubois

C'est un conteur dans la plus pure tradition celtique, auteur de très nombreux et très beaux ouvrages parmi lesquels l'Encyclopédie des Fées, l'Encyclopédie des Lutins et l'Encyclopédie des Elfes. J'ai découvert ses livres du temps où je vivais à Nantes, grâce au Breton et à Gren qui en étaient fans. Une fois (ce devait être en 1996 me semble-t-il), il avait fait une séance de dédicaces à la médiathèque de mon quartier, et j'avais eu l'occasion de bavarder un peu avec lui. Avec beaucoup de gentillesse et de simplicité, il m'avait fait un petit dessin tout en me racontant une anecdote sur son copain le barde Alan Stivell. Je l'avais trouvé adorable, et physiquement identique à son personnage de Pétrus Barbygère (une des bandes dessinées dont il avait signé le scénario).

Douze ans plus tard, Pierre Dubois n'a pas changé. Il a toujours le crâne dégarni sur le dessus, le cheveu gris mi-long et frisottant, le regard pétillant de malice derrière ses petites lunettes à monture métallique et une silhouette de bon vivant drapée dans une longue robe noire. On s'attend presque à ce qu'il se serve d'un bâton en bois noueux couvert de runes pour s'aider à marcher. Il tutoie toujours spontanément les gens qui viennent lui demander des dédicaces et prend le temps de converser avec tous ceux qui en manifestent l'envie. Nous l'avons mobilisé un moment: moi en lui faisant signer son superbe Dragons et chimères: carnets d'exploration et en lui disant de nouveau ma déception que sa série Pixies se soit arrêtée prématurément, Gren en lui rappelant toutes les autres occasions dans lesquelles leurs chemins s'étaient déjà croisés et la réponse manuscrite qu'il avait faite à une de ses lettres. Avant de partir, elle s'est débrouillée pour lui voler deux bises et s'est éloignée, rose de bonheur, en affirmant qu'elle ne se laverait plus jamais les joues. Leonard Cohen, Pierre Dubois: les septuagénaires ont la cote avec nous!

Nantes, octobre-novembre 2008


La Bourgogne

Depuis douze ans que je connais JC, jamais encore il ne m'a emmenée dans un restaurant où la cuisine ne soit pas redoutablement délicieuse. Ainsi, jeudi soir, il m'a fait découvrir La Bourgogne qui sert de la cuisine française, disons, bourgeoise mais avec une délicieuse touche personnelle du chef Stéphane Chevereau. Et comme d'habitude, j'ai poussé des "oh" et des "ah" à chaque bouchée. J'ai fermé les yeux en savourant mon carpaccio de Saint-Jacques avec sa marinade au citron et à l'huile d'olive ; quant à la poularde aux morilles et à la crème qui a suivi, j'ai carrément demandé si c'était possible d'épouser le risotto aux truffes qui l'accompagnait (réponse: hélas, non). En fait, je m'étonne que JC me trouve encore sortable avec les manifestations d'enthousiasme délirant que je lui fais subir à chaque fois. Mais je n'y peux rien: j'aime la très bonne bouffe, et il est l'une des rares personnes avec qui j'ai l'occasion de partager ça.

Comme nous étions en voiture et avions décidé de ne pas trop boire, nous avons réclamé du vin au verre: blanc pour nos entrées, rouge pour nos plats (JC avait pris du crabe royal, puis un navarin d'agneau). Bien entendu, j'ai oublié le nom des nectars qui nous ont été apportés, mais mon palais se souvient encore de leur goût avec ravissement. Vacances de Toussaint obligent, la salle était presque vide ce soir-là, si bien que le serveur a pu passer un peu de temps à bavarder avec nous et que le chef et son épouse sont venus nous saluer à la fin du repas, une petite attention que j'apprécie toujours beaucoup. Si on ajoute à cela le plaisir de passer quelques heures avec un ami très cher vu trop rarement ces dernières années, on obtient, une fois de plus, une soirée mémorable. Mais pourquoi changer une recette qui gagne?

La Bourgogne 164, rue Jean Jaurès 94700 Maisons-Alfort
Tel: 01 43 75 12 75