vendredi 13 mars 2009

Chaussures à mon pied

Suite au billet très bien vu d'une lectrice de MBDF qui comparait les hommes de sa vie à des chaussures, je me suis surprise, à la faveur d'une de mes insomnies habituelles, à me livrer au même genre d'exercice.
Mon premier grand amour, Legolas, était une paire de bottes plates en daim tout doux. Très séduisantes, ce sont elles qui m'ont fait de l'oeil les premières dans la vitrine... avant de partir essayer des pieds de filles plus âgées. J'en suis restée inconsolable pendant trois ans durant lesquels j'ai testé et saccagé des tas d'autres paires qui, évidemment, ne leur arrivaient pas à la cheville.
J'ai repris vraiment goût aux chaussures l'été de mes dix-huit ans avec Alexandre, des santiags très confortables à défaut d'être raffinées qui, malheureusement, rentraient dans leur Bretagne une semaine plus tard. Il m'arrive encore de penser à elles avec beaucoup de reconnaissance.
Peu de temps après, j'ai rencontré Manu, la première paire à laquelle je me suis attachée au point de ne porter qu'elle pendant plus d'un an. Des sandales à talon haut pleins de caractère qui n'ont pas peu contribué au développement de ma féminité. Mais que j'ai fini par abandonner, me jugeant encore trop jeune pour devenir la femme d'une seule paire!
Pendant quelques années, j'ai accumulé les chaussures de passage plus ou moins confortables, plus ou moins seyantes. Je me souviens en particulier de Nicolas, des cuissardes noires lacées qui m'ont fait atrocement souffrir, et de Ben, des Docs violettes avec qui j'ai eu une dépaysante aventure franco-anglaise.
Puis j'ai rencontré le Breton. Je ne m'expliquerai jamais pourquoi j'ai craqué pour des mocassins bleu marine auxquels tout m'opposait. Encore moins pourquoi j'ai signé un contrat d'exclusivité avec eux. Bien entendu, j'ai fini par m'en débarrasser aussi.
Après ça, il y a eu Etre Exquis, une paire de Vans molletonnée, chaude et confortable, qui a pris grand soin de mes pieds même quand je ne le méritais pas. Mais que j'ai fini par remettre sur le marché de la chaussure d'occasion en rencontrant...
...L'Homme. A première vue, les Manolo de mes rêves. Seul problème: il y avait déjà d'autres pieds dedans. Je me suis démenée pour les obtenir quand même. Et une fois en leur possession, l'illusion s'est dissipée. Mes sublimes escarpins étaient en réalité... des palmes de plongée! Pas du tout appropriées pour une citadine comme moi, qui aime arpenter le bitume d'un pas vif. Elles m'ont fait une démarche de canard et atrocement gênée aux entournures jusqu'à ce que, bernée par leur illusoire et gracieuse cambrure, une Fausse Blonde me les pique comme je les avais piquées à leur précédente propriétaire.
Après ça, j'ai décidé d'aller pieds nus. Les chaussures, j'en avais eu ma claque.
Puis j'ai rencontré Chouchou. Une paire de Chie Mihara a priori trop fantaisistes pour moi, avec lesquelles je pensais ne faire qu'une petite balade - pour le fun. A l'usage, elles se sont révélés d'un confort étonnant. Beaucoup plus solides qu'elles n'en avaient l'air et pleines d'un charme quelque peu excentrique mais bien réel. Elles ont mis dans ma vie le parfait mélange de stabilité et de fantaisie. J'en prends grand soin dans l'espoir qu'elles me durent toute une vie.

2 commentaires:

Poussinette a dit…

Bonjour!
Vraiment très bonne comparaison, ça me fait réfléchir aussi...

Poulpy a dit…

J'adore