vendredi 6 mars 2009

"Watchmen"

Des mois et des mois que Chouchou bave d'impatience à la pensée de voir cette adaptation de la BD culte d'Alan Moore. Des mois et des mois qu'il piste les spoilers et les early reviews sur internet. Des mois et des mois que dans son blog, un post sur deux parle des Watchmen. C'est dire le niveau que son obsession avait atteint.

Moi? Je n'étais pas dans un tel état d'excitation. J'avais lu la BD il y a fort longtemps, sur les conseils de mon ex-mari et juste après "V pour Vendetta" qui m'avait beaucoup marquée. J'avais trouvé les dessins moches, les personnages peu attachants et l'histoire hyper compliquée avec sa débauche de flashbacks. Je voyais bien que c'était une oeuvre intelligente et très aboutie, mais je n'avais juste pas accroché. Dans la foulée de "The dark knight" qui m'avait ravie l'été dernier, je pensais cependant que le cinéma pouvait peut-être me rendre "Watchmen" un peu plus accessible. Les bribes de vidéos aperçues par-dessus l'épaule de Chouchou me faisaient envie, en tout cas.

Les Watchmen, donc, ce sont d'anciens super-héros mis au rebut et interdits d'exercice par le gouvernement américain. L'assassinat de l'un d'eux, au tout début de l'histoire, va les amener à reprendre du service pour élucider le mystère de sa mort pendant que s'enclenche le compte à rebours d'une guerre nucléaire apparemment inévitable. Les prémisses ne sont guère riantes, et ça ne s'arrange pas par la suite. L'univers créé par Alan Moore (une uchronie dans laquelle les USA ont vaincu au Vietnam et où Nixon est toujours président en 1985) se caractérise par sa noirceur, son cynisme, ses désillusions vis-à-vis de la nature humaine. Les soi-disant super-héros comptent dans leurs rangs un violeur fachiste, un justicier psychopathe, un mégalomane fini, un benêt impuissant, une jeune idiote hyper-bandante dans son costume de latex noir et jaune et une créature bleue (non, pas un Schtroumpf) qui a depuis longtemps perdu son humanité. Ici, il n'y a pas de gentils: juste un ramassis de névrosés plus ou moins gravement atteints, plus ou moins pitoyables ou dangereux.

Cette histoire avec laquelle j'avais si peu accroché en BD m'a vraiment enthousiasmée au cinéma. Les puristes pesteront sans doute contre sa simplification (inévitable pour ne pas produire un film de dix-sept heures) et sa fin modifiée (même si le résultat demeure identique). Ils devront cependant reconnaître que le casting est époustouflant, avec un Rorschach cinglé à souhait, un Dr. Manhattan parfaitement impassible alors que ça n'a pas dû être facile tous les jours pour Billy Crudup de tourner la bite à l'air et peinte en bleue et - mon préféré - un Comédien à la fois haïssable et étrangement charismatique. Et puis, un film qui ne compte pas moins de deux chansons de Leonard Cohen dans sa bande originale: "Halléluiah" pour accompagner une scène de baise comico-fétichiste et "First we take Manhattan" pendant le générique de fin, ne peut pas être fondamentalement mauvais.

Edit: je suis déçue, je viens de lire que le corps nu de Docteur Manhattan était une pure création informatique sur laquelle la tête de Billy Crudup avait été ajoutée au montage. Les traditions se perdent.

6 commentaires:

Mélanie a dit…

Héhé, j'ai pensé à toi en entendant la BO. ;)

La puriste que je suis ne râle pas contre la simplification, juste contre une modification un peu discutable à la fin... Et encore, c'est maladroit mais ça se justifie. Je suis impressionnée par le travail d'adaptation, c'est fait avec sincérité, avec respect de l'oeuvre, et le résultat est assez impressionnant.

funambuline a dit…

Ben j'avais pas envie... et là oui...

ARMALITE a dit…

Avoue, c'est le bite bleue de Billy Crudup qui t'a fait changer d'avis :P

Blague à part, j'ai trouvé que c'était un très bon film. Pas du genre dont tu ressors le pas bondissant, le sourire aux lèvres et le coeur débordant d'amour pour ton prochain, mais bon, on peut pas vivre en permanence en pays des Bisounours.

Nuryko (Niana) a dit…

J'ai eu l'impression de me plonger dans un bon livre en allant voir ce film. Je crois que j'aurais pu y passer 2h de plus.

Au risque de me faire taper, je ne connaissais d'Hallelujah que la version de Jeff Buckley, et je ne suis pas déçue d'avoir découvert (enfin ?) celle de Léonard Cohen.

funambuline a dit…

Absolument pas du tout !!!

Euh, bon p'tet un peu quand même...

Bon ok, oui, c'est la bite bleue :-))))))

Chess a dit…

Merci au cinéma d'exister pour donner vie aux BD, tant de BD intéressantes au fond mais maladroitement faites ont été sauvées par le Ciné.

Je n'ai pas encore vu le film mais je suis tentée !!

Merci pour l'info