lundi 18 mai 2009

"Harvey Milk"

Moi qui pensais que dans les années 70, San Francisco était le royaume du flower power, de l'amour libre et de la tolérance... "Milk" m'a solidement remis les idées en place. Ce biopic raconte comment un quadra homosexuel fit campagne contre les catholiques intégristes qui voulaient priver les siens de croits civiques et devint le premier élu ouvertement gay aux USA. Au sommet de sa popularité et alors qu'il avait mis en branle un mouvement d'ampleur nationale, il fut assassiné par un de ses collègues (présenté dans le film comme un homosexuel refoulé qui n'aurait pas supporté la remise en cause de sa vie de faux-semblants).

Très crédible dans le rôle-titre, Sean Penn est ici entouré de têtes peu connues ou méconnaissables (Emile Hirsch sous sa perruque bouclée et derrière ses carreaux immenses). Il campe un héros ordinaire, quelqu'un qui un jour en eut assez de vivre caché et décida de se battre afin que tous les gens comme lui ne soient plus considérés comme des pervers, de dangereux malades auxquels il ne fallait pas louer d'appartement, pas donner de travail et surtout pas confier de poste d'enseignant de peur qu'ils contaminent les générations futures.

"Milk" met bien en évidence le mécanisme habituel: tout ce qui est différent de nous remet en cause nos valeurs et notre mode de vie ; l'ignorance engendre la peur qui à son tour engendre la haine. En regardant le film, j'avais envie de dire: "Quel chemin nous avons parcouru depuis trente ans...". Ce qui n'est pas faux, mais qui ne doit pas faire oublier que nous ne sommes toujours pas arrivés au point où les homosexuels seront considérés comme des gens ordinaires et bénéficieront des mêmes droits que les autres - y compris celui au mariage et à l'adoption.

6 commentaires:

Capricorn a dit…

Et attends Armalite, c'est pas éncore donné.

Vrai, en Europe on y èst presque, mais va voir par éxample en Nord Afrique, au moyen Orient ( Et Asie aussi) et, encore pire Midwest Americain.

Mes copines Texanes pourront te racconter des "Lynch Mobs" qui encore se font la.

C'ést éncore long, crois moi

funambuline a dit…

Ce film est une merveille, tant pour ce qu'il raconte que pour la manière dont il le fait. J'ai encouragé le plus de monde possible à aller le voir.

Anonyme a dit…

"catholiques intégristes" :
Jamais l'attaque n'est ainsi dirigée, et je vous rappelle cordialement que les personnes qui s'opposaient à H. Milk étaient certes chrétiennes, mais pas seulement catholiques, surtout d'Eglises protestantes américaines. Les catholiques ne sont pas majoritaires et ne se sont pas organisés contre la revendication des homosexuels ; prenez donc garde à vos formules à l'emporte-pièce. Vous semblez avoir subi (et peut-on vous le reprocher ?) le lavage de cerveau médiatique de ces dernières semaines, mené par les journaux scandalisés par ces horribles catholiques-intégristes-conservateurs-révisionnistes-etc (oui oui, tout ça !).
Par ailleurs, bien qu'évidemment les opposants à l'octroi des droits civiques aux homosexuels aient eu tort et aient contredit leurs convictions (il est en effet intolérable, a fortiori d'un point de vue chrétien, que des hommes soient persécutés en raison de leur orientation sexuelle ou plus largement leur choix de vie privée), il suffit de faire le tout petit effort de réfléchir cinq secondes pour noter que l'opposition se justifiait en particulier par le pressentiment d'un danger pour la conception chrétienne de la famille.
Leur tort était de mélanger droits civiques et droits privés.
De la même manière, vous commettez une erreur de raisonnement en plaçant le "droit" à l'adoption (qui est d'ordre privé) dans la continuité des droits civiques.
Quoi qu'on en pense (et ce n'est pas le débat, je ne vous attaque pas sur votre opinion), ce film pousse à l'erreur de raisonnement. Il dépasse le cinéma : il est un outil politique, un instrument de lobbying. Quand les choix politiques sont motivés par l'émotion et quand le pathos efface la logique des raisonnements, on peut à bon escient se demander jusqu'où l'on peut être manipulé...

ARMALITE a dit…

C'est vrai, ce serait sûrement mieux que les choix politiques restent motivés par l'intolérance plutôt que par l'émotion, et que la manipulation continue à pousser les gens au rejet plutôt qu'à l'acceptation des différences.

l'âne a dit…

Sean Penn est bon bon bon.

funambuline a dit…

@ anonyme : ce film n'est pas un outil de lobbying ! Ce film est un film d'auteur à propos d'un personnage particulier dans un moment particulier de l'histoire américaine. C'est un point de vue d'auteur.

Vous avez largement le droit de ne pas être du point de vue de l'auteur. De la même manière que nous avons tout à fait le droit de partager, entièrement ou partiellement ce point de vue.

Qu'un film soit ensuite utilisé par certaines parties pour illustrer leur point de vue (pour ou contre d'ailleurs) ne fait pas de ce film un film "lobbyiste".

Dans le genre "formules à l'emporte-pièces" que vous reprochez, vous faites fort ! Si ce film vous a dérangé dans son point de vue, c'est votre droit et votre avis. Que ce film plaise et parle à d'autre en leur offrant un tremplin de réflexion EST quelque chose de positif. Toute oeuvre poussant à la réflexion EST quelque chose de positif. La manipulation ne se situe pas au même endroit !!!