jeudi 21 mai 2009

Une bonne chose de faite

Pendant la Grande Epopée de la Cystite Bactérienne au mois de mars, le vétérinaire qui examinait Copernique avait remarqué une grosse boule mobile dans sa gorge. Chouchou m'ayant certifié que la boule en question était là depuis qu'il connaissait Copernique (soit plus de deux ans et demi) et qu'elle n'avait jamais grossi ni évolué de quelque façon que ce soit, je ne me suis pas affolée. J'ai attendu de m'être financièrement remise des frais engendrés par une demi-douzaine de visites à la clinique, dont une en urgence un dimanche + trois séries d'analyses effectuées par un labo extérieur + une échographie + une chiée de médicaments qu'il n'a jamais été possible de faire avaler à Copernique. Puis j'ai pris rendez-vous chez une autre véto équipée du matériel d'imagerie nécessaire pour déterminer la nature de la fameuse boule.

Hier en fin d'après-midi, donc, j'ai fourré une Copernique très peu coopérative dans sa caisse mauve et pris un taxi pour me rendre du côté de Ma Campagne (qui comme son nom ne l'indique pas est un quartier de Bruxelles). Les embouteillages classiques d'une veille de week-end prolongé paralysaient le centre-ville, et le chauffeur, ayant fini son service, m'a larguée au bout de la rue du cabinet vétérinaire sous prétexte que celle-ci était en sens unique et que ça allait prendre trop de temps de remonter jusqu'à l'autre bout. J'étais presque en retard et, psychorigide de la ponctualité que je suis, j'ai couru cinq cents mètres avec Copernique dans sa caisse en bénissant le ciel d'avoir une petite Birmane plutôt qu'un monstrueux Maine Coon. Je n'aurais pas dû m'inquiéter: j'avais rendez-vous à 17h45, mais les consultations avaient pris beaucoup de retard et je ne suis passée que vers 18h30 bien sonnées, alors que la réceptonniste pliait bagage pour rentrer chez elle.

La vétérinaire était douce et rassurante. Dès le début de l'examen, elle a vu que la mystérieuse boule n'était qu'un gros kyste rempli de liquide. Rien de bien dangereux, donc, mais ce kyste déviait beaucoup la trachée de Copernique et elle a estimé qu'il valait mieux le vider. Pour cela, elle a fait une piqûre de calmants à Copernique et s'est absentée quelques minutes le temps que le produit agisse. Chouchou (qui m'avait rejointe entre-temps) et moi avons eu un moment d'inquiétude. Non seulement Copernique ne semblait pas calmée du tout, mais elle avait les pupilles dilatées comme si elle était shootée au crack et manifestait une volonté farouche de s'échapper. Tandis que nous nous efforçions de l'immobiliser sur la table matelassée, elle rampait une patte après l'autre vers le bord de celle-ci tel un commando en plein parcours du combattant. Une fois, elle a même réussi à sauter à terre, et nous ne l'avons rattrapée que sur le seuil de la pièce voisine.

Enfin, Copernique s'est mollement affaissée sur la table d'examen. Mais elle a gardé les yeux ouverts. La vétérinaire l'a retournée sur le dos, ses pattes pendouillant dans une position absolument pas naturelle, et j'ai dû poser une main sur son ventre pour que le mouvement de sa respiration me rassure: elle avait l'air morte. Deux seringues plantées dans son kyste (avec difficulté: "Mais elle a une peau d'éléphant!" s'est exclamée la véto) ont suffi pour vider celui-ci des trois quarts du liquide qu'il contenait. La gorge rasée et débarrassée de sa boule, ma pauvre Copernique se retrouvait avec un petit cou malingre de poulet plumé. Aucune importance: elle allait bien, et les poils, ça repousse. Les kystes aussi, apparemment, puisque le sien est d'origine thyroïdienne et pourrait bien se reformer. Si c'est le cas, il faudra soit procéder à une nouvelle ponction, soit cureter tout le kyste et lui enlever la thyroïde gauche (ce que je préfèrerais éviter). Nous verrons bien.

PS - Détail amusant: j'étais en train de me dire qu'après deux vétos belges maboules, nous étions vraiment bien tombés cette fois, quand la gentille docteure au prénom de petite sirène m'a demandé d'où j'étais originaire.
- De Monpatelin, dans le sud-est de la France.
- Ah, mais on est presque voisines alors: moi, j'ai grandi à Cagnes-sur-mer! s'est-elle exclamée.
Tout s'explique.

4 commentaires:

Capricorn a dit…

Je suis content que ton chat aille mieux.

C'est jamais marrant quand quelqun que tu aimes souffre :(

Gren a dit…

Pauvre Copernique, elle en aura subi la pauvre. J'espère qu'elle s'est bien remise.

ARMALITE a dit…

Elle était un peu groggy quand elle s'est réveillée de l'anesthésie; elle n'arrivait pas à coordonner ses pattes et se cognait dans tout la pauvre ^^ Mais elle a bien récupéré depuis. Sauf qu'elle va être chauve du cou pendant un moment.

Moi a dit…

Bisous de ma part.