samedi 31 janvier 2009

10 things I loved this month

- Anvers. Jusqu'ici, les grandes villes belges ne m'avaient pas frappée par leur beauté: Bruxelles, Liège, Charleroi rivalisent de grisaille, de saleté et de n'importe quoi architectural. Anvers, en revanche, est un régal pour les yeux. Et très bien pourvue en magasins pointus, ce qui ne gâche rien.

- La bague Garnet de la nouvelle collection Swarovski. Juste sublime. Mais trop chère pour moi en ce moment. Dis Kiki, tu pourrais pas plutôt travailler chez Claire's?

- Le discours d'investiture de Barack Obama. Surtout pour cette phrase (je cite de mémoire): "Les gens ne seront pas jugés sur ce qu'ils détruisent, mais sur ce qu'ils construisent". Et pour ce rappel qu'il y a soixante ans, son père n'aurait même pas eu le droit de se faire servir dans un restaurant.

- La merveilleuse étole en pashmina rose pâle repérée au Tie Rack de Zaventem. Et raisonnablement laissée sur place à cause de son prix (99 euros non soldée). Mais depuis, j'en rêve la nuit. Et dans les avions quand la clim me fait grelotter. Et chez les gens qui maintiennent une vivifiante température de 12° dans leur appartement.

- L'huile démaquillante au thé vert Shu Uemura. D'accord, à 37,60 euros les 150 ml, ça coûte presque plus cher au litre qu'un Haut-Brion 65 et ça a nettement moins bon goût (bien que j'adore l'odeur de l'un comme de l'autre). Mais ça mérite largement sa réputation de produit miracle. Il en faut très peu; ça désincruste en douceur même le plus tenace des mascaras waterproof; et au contact de l'eau tiède, ça se change en un lait merveilleux qui s'enlève super facilement, laissant la peau hyper nette et pas du tout grasse. Ah ils sont forts, ces Japonais.

- La galette des rois briochée comme on n'en fait que dans mon sud-est natal, celle avec des grains de sucre qui croquent et des fruits confits qui tuent sa race. En plus, les boulangers en font des individuelles toutes mimis. Je suis fan.

- Les gants Isotoner en cuir marron doublé achetés aux Galeries Lafayette de Toulouse pendant les vacances de Noël, et qui m'ont sûrement sauvée d'une amputation des deux mains lorsque, au début du mois, la température flirtait avec les - 10° à Bruxelles.

- Millénium, la trilogie best seller de Stieg Larsson. Je reviens très vite vous parler du tome 2 que je ne devrais pas tarder à finir.

- Les retrouvailles avec Framboise, grâce à Facebook. C'est moi qui avais pris de la distance pour des raisons liées à son ex. Mais depuis quelques mois, elle est de nouveau célibataire, plus jolie et pêchue que jamais. Ravie de notre déjeuner de filles, j'espère bien la revoir très souvent.

- Les vidéos de Mon Blog de Fille. Hélène est en train de faire de moi une make-up addict; en contrepartie, j'apprends avec elle toutes les techniques nécessaires pour utiliser les douze milliards de fap (fards à paupières, pour les non-initiées) et de pinceaux qui trônent désormais dans ma salle de bains. Chouchou est fan du résultat, donc ça fait deux heureux.

vendredi 30 janvier 2009

Conchiglie à la saucisse et aux broccoli


L'hiver est une saison rude pour nous qui avons une fâcheuse propension à l'embonpoint. Le froid et le manque de lumière donnent envie de plats roboratifs, mais au bout d'un moment, le système digestif et la balance protestent s'ils n'ont pas leur quota de fibres. Chouchou contourne le problème en mangeant deux fruits par jour; personnellement, je ne suis pas du tout fan des fruits d'hiver. Donc j'essaie d'allier l'utile à l'agréable en concoctant des préparations mi-féculents, mi-légumes. Voici mon dernier essai en date.

Pour 4 personnes: 
- 250g de conchiglie 
- 250g de saucisse italienne 
- 250 à 500 g de broccoli surgelés 
- un oignon émincé 
- 2 cuillères à soupe d'huile d'olive 
- une pincée de piment fort 
- 50g de parmesan - sel, poivre 

Faire cuire (séparément) les pâtes et les broccoli dans de l'eau bouillante salée.
Pendant ce temps, faire revenir l'oignon dans l'huile d'olive. Fendre la peau des saucisses et en sortir la chair. L'émietter dans la sauteuse avec l'oignon. Ajouter le piment. Laisser cuire cinq minutes à feu moyen.
Egoutter les pâtes et les broccoli. Couper les broccoli en petits morceaux, ajouter dans la sauteuse avec les pâtes, saler et poivrer. Faire revenir encore une minute ou deux et saupoudrer généreusement de parmesan.
Avec un petit Mouton-Cadet 2006, c'était délicieux!

jeudi 29 janvier 2009

Un poil blonde

Tout à l'heure, après avoir copieusement transpiré sur ma Wii Board pendant une demi-heure, je décide d'aller prendre une douche bien méritée. Au sortir d'icelle, je m'enveloppe d'un immense drap de bain et m'assieds sur le bord de la baignoire pour attendre que le tissu éponge absorbe la flotte dont je suis couverte. C'est alors que mon regard dérive vers mes régions inférieures et que j'aperçois... Nooon? C'est sûrement un effet de la lumière électrique. Hélas! J'ai beau me tordre le cou dans tous les sens, il est bien là. Tout fin, certes, et plus raide que la moyenne, mais indubitablement blanc.
Atterrée je suis. A l'âge canonique de 37 ans et 10 mois, je dois avoir en tout et pour tout une dizaine de cheveux blancs, alors que comme de toute façon je les colore, qu'ils restent bruns ou non sous le 665 de chez Garnier n'a aucune importance. Mais je vais quand même pas me teindre la touffe! Déjà que je me soumets à la torture mensuelle qui consiste à lui faire une coupe brésilienne à grands renforts de cire brûlante...
Dégoûtée, je me dis que je vais provisoirement régler le problème en arrachant l'insolent. Qui - c'est bizarre - me reste entre le pouce et l'index avant même que j'aie pu tirer dessus. Les sourcils froncés, je l'approche de mes lunettes pour mieux l'examiner.
...Apparemment, les poils de chat ont les mêmes propriétés que le velcro et résistent au lavage à grande eau.


mercredi 28 janvier 2009

Accepter/Ignorer ? Ignorer.

Facebook, ça n'a pas que des bons côtés. Outre les milliers d'applications débiles pour lesquelles on vous envoie des invitations chaque jour, il arrive aussi que vous soyez recontactée par quelqu'un que vous étiez tout à fait contente d'avoir relégué dans les archives de votre mémoire. Pas parce que vous êtes fâchée avec lui, mais parce qu'il représente une période et un pan de votre vie que vous préféreriez oublier.
Ainsi Oisal, avec qui je suis plus ou moins sortie de 16 à 18 ans. Ou devrais-je dire, de qui j'ai profité pendant deux ans du temps où j'étais jeune, idiote et où j'avais besoin de me faire les griffes? Pour une raison qui m'échappe, il était fou de moi. Personnellement, je craquais pour son frère qui se fichait royalement de ma pomme. Parce que j'ai toujours été incapable de feindre, j'avais prévenu Oisal que je ne l'aimais pas et que je me contentais de tuer le temps avec lui, et il avait accepté le principe. Pendant ces deux ans, je suis sortie (et quand je dis "sortie", il faut bien sûr comprendre "rentrée"...) avec un certain nombre d'autres garçons, dont un de nos meilleurs potes, sans me cacher particulièrement. J'ai joué à Oisal tout un tas de coups pendables et même pris un certan plaisir à le torturer mentalement. C'était un garçon très gentil mais de caractère faible, totalement mytho, et qui se cherchait pas mal niveau sexualité. Je pense d'ailleurs que je n'ai pas été la seule à me faire des extras avec certains de nos potes! Néanmoins et malgré toutes les excuses que je peux trouver à mon comportement de l'époque, il me reste un solide sentiment de culpabilité à son égard. La personne que j'ai été avec lui, ou vis-à-vis de lui, me dégoûte pas mal humainement parlant, et je préfère ne pas y être de nouveau confrontée.

mardi 27 janvier 2009

"The visitor"

Walter, un vieux professeur d'université passablement misanthrope, découvre un couple de jeunes squatteurs dans son appartement new-yorkais. Tarik est syrien, Zainab sénégalaise, et tous deux sont en situation irrégulière vis-à-vis des autorités américaines. Grâce à la musique qu'ils adorent tous les deux, une improbable amitié se noue entre Walter et Tarik. Le second apprend même au premier à jouer du djembé. Mais un jour où ils prennent le métro ensemble, Tarik est arrêté par la police et placé dans un centre de détention. A partir de là, Walter va tout faire pour empêcher son expulsion...

"The visitor" est un de ces films où il ne se passe pas grand-chose, où personne ne sauve le monde et où il n'y a pas le moindre coup de feu ni la plus petite poursuite en voiture. Un film où l'aventure et les enjeux sont purement intérieurs. Un film qui émeut sans recourir à des drames invraisemblables ou à des ficelles énormes pour prendre émotionnellement le spectateur en otage. Un film dont les acteurs jouent la carte de la retenue et de la délicatesse plutôt que celle des éclats tapageurs. Un film qui me rassure: finalement, j'aime toujours le cinéma. Par contre, je deviens clairement de plus en plus difficile.

lundi 26 janvier 2009

"Les hommes qui n'aimaient pas les femmes" (Millénium 1)

Deux ans au moins que j'entends tout le monde vanter les mérites de cette série. Deux ans qu'elle connaît un succès de librairie énorme malgré son prix légèrement prohibitif en grand format. Deux ans que je résiste parce que les romans policiers, c'est pas mon truc, et parce que l'engouement populaire n'est pas nécessairement une garantie de qualité ("Da Vinci Code", anyone?). Deux ans que je me dis que je cèderai éventuellement à la curiosité quand Millénium sortira en poche.
Et puis pendant les vacances de Noël, j'ai eu l'occasion de feuilleter le premier tome chez Soeur Cadette qui les avait tous lus et adorés. Quelques lignes m'ont suffi pour savoir que le style me plaisait et que j'avais envie de connaître la suite. S'est posée ensuite la question de l'achat. J'ai failli opter pour l'édition poche anglaise, deux fois moins chère que la française. Mais seul le premier tome était sorti, et je me voyais mal attendre la publication des deux autres ou me retrouver une fois de plus avec une série dépareillée dans ma bibliothèque. Et puis rien à faire, j'adore les bouquins Actes Sud avec leur papier un peu jaune et si agréable au toucher. En plus, le graphisme des couvertures est hyper réussi.
"Les hommes qui n'aimaient pas les femmes" a attendu une petite quinzaine à mon chevet. Je voulais d'abord finir "Sputnik Caledonia" d'Andrew Crumey, mais celui-ci ne tenait pas ses promesses et je sentais bien qu'il me faudrait des semaines, voire des mois pour en venir à bout tant sa lecture m'inspirait peu d'enthousiasme. Samedi dernier, j'ai fini par craquer et par me mettre au lit de bonne heure pour entamer Millénium. L'introduction mystérieuse à souhait m'a aussitôt donné envie de connaître la suite, et j'ai dévoré les presque 600 pages de ce tome 1 en huit jours.
Je ne vais pas vous faire un résumé de l'histoire, car je risquerais d'en dévoiler trop. Si ça vous intéresse vraiment, vous n'aurez pas de mal à trouver ça ailleurs sur le net (ici, notamment). Par contre, voici mes impressions. La mise en place est très longue, avec d'abord un blabla économique un peu ennuyeux, puis la découverte d'une famille tentaculaire dans les ramifications de laquelle on pourrait se perdre si l'auteur n'avait pas eu la bonne idée de fournir un arbre généalogique. Le style m'a fait penser à celui de Paul Auster (qui écrit pourtant des romans d'un tout autre genre) par l'extrême attention portée aux détails, les énumérations de gestes a priori anodins mais qui permettent de tisser une atmosphère et d'enrichir intelligemment la narration. Je n'ai trouvé aucun personnage vraiment attachant, mais tous sont intéressants et complexes, un peu comme des oignons qui révèleraient une nouvelle couche d'eux-mêmes à chaque chapitre. Quant à l'intrigue, elle m'a parue bien ficelée et surprenante à souhait, malgré quelques passages très durs (mais vraiment très très durs) qui m'ont bouleversée. Le côté "enquête" ne m'a pas gênée, car "Les hommes qui n'aimaient pas les femmes" n'est pas qu'un roman policier: c'est aussi, en bonne partie, une chronique familiale, une critique sociale et une étude psychologique.
Du coup, samedi après-midi, je me suis précipitée pour acheter les tomes 2 et 3 avant d'entamer mon mois sans shopping.

dimanche 25 janvier 2009

Une année d'auto-portraits: semaine 4


Vendredi soir au Lune de Miel où nous mangions un délicieux canard (à l'orange pour moi, aux crêpes pour Chouchou). J'ai utilisé le réglage auto-portrait de mon Lumix dans des conditions d'éclairage plus que difficiles, à savoir une pénombre bien épaisse. Ca me fait un peu une tête d'alien, mais je trouve ça rigolo. La photo aurait probablement gagné à être retouchée pour faire un peu plus ressortir les yeux, mais si j'étais foutue d'utiliser Photoshop, ça se saurait. Je vous laisse, je vais de ce pas me couper la frange.

samedi 24 janvier 2009

Soldes d'hiver 2009 - Episode 5: unexpected bonuses in Brussels

Nous avions tout un tas de petites courses à faire cet après-midi, dont une dans le quartier du Châtelain. Du coup, je n'ai pas pu m'empêcher d'entraîner Chouchou chez Boccacci pour voir si, des fois, il ne resterait pas une petite paire de Chie Mihara en 35 soldée pas cher du tout... Et bien, la réponse était oui. Les Solot, le modèle en daim avec la rose sur le dessus que j'avais ratées en rouge sur Sarenza le premier soir des soldes pour cause d'hésitation prolongées. Elles étaient là, en noir. Moins spectaculaires, donc, mais plus versatiles. Je les ai essayées; les yeux de Chouchou se sont mis à briller comme un sapin de Noël. Si vous voulez mon avis, je suis en train de le rendre complètement fétichiste avec ma passion pour les godasses. Bref, Solot embarquées. Ca ne fait jamais que ma septième paire de Chie Mihara en 6 mois. Je suis très fière de les avoir toutes payées moitié prix dans le pire des cas.

Après ça, nous sommes passés chez Store Movie, le meilleur vidéo club du monde connu (ou au moins de Bruxelles). Ils ont beaucoup de série télé et de films en import qui passent à peine dans les salles belges. Par exemple, "The duchess" ou "The visitor" que je voulais voir tous les deux. Nous avons pris le second, et aussi le début de la première saison de "30 rock". J'avais déjà parlé de cette série paraît-il très drôle à Chouchou, mais ça ne lui disait pas plus que ça jusqu'à ce que Tina Fey se fasse remarquer par tous les média du monde pour son imitation hilarante de Sarah Palin. Et hop, deux soirées de week-end occupées!

Arrêt suivant: gare du Midi pour retirer à une borne les billets de train commandés et payés sur internet il y a deux semaines. Comment ça, "référence du dossier"? Le mail disait seulement que je devrais présenter la carte bancaire utilisée pour l'achat! Bon, ben on en sera quittes pour repasser le week-end prochain...

En centre-ville, après avoir fait le plein de cartes postales à envoyer aux quatre coins du monde (j'ai pris du retard dans les envois Postcrossing ce mois-ci!), nous avons mis le cap sur Sterling Books où j'espérais trouver le numéro de janvier de Real Simple. Bingo, hé hé hé. Au premier étage, j'ai hésité à embarquer "The audacity of hope", un des deux essais de Barack Obama. Puis j'ai pensé que j'avais déjà à la maison une étagère entière bourrée de bouquins en attente. Sûrement rien d'aussi instructif, mais passons.

Nous avons remonté la rue Neuve pour nous diriger vers City 2. En passant devant Pimkie, je me suis remémoré le pantalon noir à fines rayures grises essayé à Monpatelin la semaine dernière et abandonné sur place parce qu'il n'y avait plus ma taille. A tout hasard, je suis rentrée pour jeter un coup d'oeil. Il en restait un seul, et c'était un 38! Décidément, c'était mon jour de chance. Je l'ai essayé. Mmmh. Il mettait bien en évidence le délicieux bloblotement de la face interne de mes cuissots. "Tu n'auras qu'à perdre un ou deux kilos", a lancé Chouchou avec un bel optimiste. S'il savait le nombre de fringues acquises sur la même base et qui, une fois rangées dans mon placard au retour du centre commercial, n'ont plus jamais vu la lumière du jour... Mais bon, ce petit pantalon par ailleurs mignon comme tout ne coûtait que 14,95 euros en soldes. A ce prix-là, je peux me permettre une erreur.

Avant-dernière étape: la Fnac, pour l'achat des tomes 2 et 3 de Millénium. Super chers mais troooop bons. A ce stade, j'avais les pieds en charpie dans mes jolies bottines à talon haut, mais nous devions encore faire des courses au GB du sous-sol. Il y avait environ dix-sept personnes avant nous à la caisse, et le temps que nous ressortions de City 2, j'avais la plaisante impression qu'on m'enfonçait des aiguilles chauffées à blanc sous l'avant des pieds. Le retour à la maison fut quelque peu crispé; j'ai dû me faire violence pour ne pas arracher la tête des innombrables malotrus qui me bousculaient sans même s'excuser. Mais ce n'est pas grave: le butin de la journée est aussi plaisant qu'inattendu, et Chouchou a spontanément proposé de me masser les pieds tout à l'heure avant d'aller au dodo, woohoo!

"Revolutionary road"

Grande est ma perplexité.
Je pensais que j'allais adorer ce film. La presse comme le public en font des critiques dithyrambiques; j'ai toujours pensé que Kate Winslet était une actrice merveilleuse, et le sujet du couple qui se déchire à cause d'aspirations différentes, c'est un truc que je connais bien pour l'avoir vécu non pas une, mais deux fois - donc, l'empathie aurait dû jouer à fond.
Et bien, pas du tout.
Je pourrais citer deux ou trois choses qui n'ont pas fonctionné pour moi. Par exemple, j'ai du mal à prendre au sérieux Leonardo DiCaprio et sa tête d'éternel adolescent dans un rôle vraiment dramatique. Ensuite, dès les cinq premières minutes, on devine comment le film va se terminer, ce qui est regrettable de mon point de vue. Et puis surtout, l'héroïne passe son temps à répéter que son mari et elle sont "spéciaux", différents des gens qui les entourent et donc voués à un destin plus glorieux, mais les brèves scènes de leur passé montrées à l'écran n'apportent aucun élément qui justifierait cette conviction.
Malgré ces quelques défauts, j'ai bien vu que "Revolutionary road" était un bon, voire un très bon film. La lâcheté du mari, le désespoir de la femme, la pression sociale à la conformité, les divergences qui se creusent en engendrant une incompréhension totale, l'amour qui se change en haine: tout cela est admirablement rendu. Kate Winslet est sublime, à la fois sobre et vibrante, et les personnages secondaires mettent parfaitement en relief sa sensation d'étouffement croissante.
Mais à aucun moment ça ne m'a touchée. La seule chose que je me suis dite en sortant de là, c'est que si j'avais vécu à cette époque, moi aussi, je me serais probablement retrouvée coincée dans un rôle de mère de famille pas fait pour moi, et j'aurais terminé comme l'héroïne du film. Cela dit, j'en ai toujours été persuadée.
Après "Slumdog millionaire", ça fait deux soi-disant chef-d'oeuvres qui me laissent de marbre en une semaine. Et si je n'aimais tout simplement plus le cinéma?

vendredi 23 janvier 2009

Avis aux vrais amateurs de thé

Les vrais amateurs de thé, ceux qui sont incapables de se contenter de vilains sachets Lipton, se sont tous heurtés un jour au problème de la préparation du thé en vrac. On n'a pas toujours sous la main une autre personne de bon goût avec qui partager une théière. En faire une rien que pour soi, c'est du gaspillage, et puis souvent on a la flemme de la laver après. Alors on se rabat sur une boule à thé qui ne ferme pas super bien et laisse échapper un peu de son contenu dans la tasse, quand elle ne s'ouvre pas carrément comme chez Pénélope hier matin. Sans parler des brins de thé qui ont la fâcheuse manie de se coincer dans les petits trous et qu'on met un quart d'heure à déloger ensuite. Bonjour le gaspillage de temps et d'eau (sujet particulièrement sensible chez moi ces derniers temps si vous avez bien suivi).

Pourtant, il existe une solution toute simple: les filtres à thé individuels qu'on jette après usage. Finie la prise de tête; une fois le thé infusé, on flanque tout à la poubelle et puis voilà. Bien entendu, la mousseline est biodégradable. Sans exagérer, ce produit a révolutionné ma vie. Je vous jure. Où ça se trouve? J'achète les miens au Palais des Thés. Combien ça coûte? 2,90 euros les cent. A quoi ça resssemble? Vous pouvez les voir en photo là. Pour reprendre l'expression d'un récent disparu de la blogosphère: ne me remerciez pas, c'est tout naturel.

Je ne sais pas compartimenter

Je ne sais pas compartimenter.
L'Homme était un grand spécialiste de la chose: il rangeait chaque composante de sa vie dans une petite case, et rien ne filtrait de l'une à l'autre. Ce qui lui donnait une grande force de travail et une efficacité remarquable dans tout ce qu'il faisait - une des seules choses que, rétrospectivement, j'admire encore en lui. (Bon, le revers de la médaille, c'est que cette capacité à ne se laisser toucher par rien faisait aussi de lui un parfait autiste affectif. Mais je m'égare.)
Moi, tout se mélange dans ma tête. Si je suis très excitée par une bonne nouvelle, je n'arrive pas à faire grand-chose d'autre que sauter dans tous les sens en agitant les bras et en poussant des cris de joie. Si au contraire un truc désagréable vient de se produire ou si je soupçonne un problème à venir (et comme je suis un poil parano, des problèmes, j'en soupçonne souvent), ça m'obnubile au point que je ne parviens à me concentrer sur rien d'autre. En tout début de mois, c'était l'opération de Père. Puis il y a eu la fameuse histoire du virement fantôme de mon éditeur. Et maintenant, mon aberrante facture d'eau.
Oh, j'ai bien essayé de procéder rationnellement. J'ai envisagé toutes les explications possibles et conclu que, selon toute vraisemblance, il ne pouvait s'agir que d'une erreur de relevé. Puis j'ai fait le nécessaire auprès de mon syndic pour que le fournisseur procède à un relevé rectificatif. Je devrais donc me sentir tranquille.
Et bien, pas du tout. Le soir dans mon lit, je ressasse à mort l'hypothèse de la fuite. Je ne vois absolument pas comment cent mètres cube de flotte auraient pu se déverser hors de mes tuyaux sans que ni moi ni personne dans la résidence s'aperçoive de quoi que ce soit; pourtant, j'imagine des piscines entières s'évaporer par miracle en mon absence alors que j'ai fermé le robinet d'arrivée avant de partir la semaine dernière. Ou bien, que mon compteur agréé est possédé par un esprit malin déconne, et qu'il va bel et bien indiquer une consommation extravagante - certes fictive, mais que je serai néanmoins obligée de régler. Ou encore, que mon fournisseur d'eau est un ignoble gangster dénué de scrupules qui a sciemment trafiqué le chiffre de mon index précédent. Et aussi qu'un aigle géant va entrer par la fenêtre de mon appartement new-yorkais restée grande ouverte et emporter mon bébé de quelques mois pendant que je me suis enfermée dans le couloir avec le papa.
J'ai bien conscience du ridicule de mes élucubrations. Et ça n'y change absolument rien.

mercredi 21 janvier 2009

Marchandage karmique


Ca ne vous est jamais arrivé, bien qu'étant un(e) athée convaincu(e), d'essayer de marchander avec une force invisible ? Genre: "faites que le vilain grain de beauté qu'on doit m'enlever demain ne soit pas cancéreux, et plus jamais je ne m'exposerai au soleil sans écran total", ou encore: "si je décroche ce boulot, promis, j'irai déjeuner chez mes parents tous les dimanche jusqu'à ce que mort s'ensuive" (sans préciser celle de qui)?
Moi, je me surprends à faire ça assez souvent.
La partie rationnelle - et extrêmement majoritaire - de mon esprit ne croit pourtant pas du tout au destin: seulement à la causalité. En gros, pour moi, on récolte ce qu'on a semé, ou ce que d'autres ont semé sans qu'on ait eu la moindre influence sur leurs actions (il n'est écrit nulle part que la causalité soit un principe équitable). Et ce qu'on sème, on le décide avec son libre arbitre en s'aidant ses petits neurones... plus nombreux chez certains représentants de l'espèce que chez d'autres, je vous le concède.
Pourtant, subsiste en moi un petit noyau d'irrationnalité ou de superstition qui ne peut s'empêcher de jouer à des jeux stupides: "si j'arrive à traverser avant que le feu passe au rouge pour les piétons, ça signifie que le chèque de mon éditeur va arriver demain"*. Et c'est idiot, mais si j'arrive bel et bien à traverser, ça me rassérène un peu; et dans le cas contraire, ça augmente ma grogne.
Aujourd'hui donc, je reçois un appel de fonds de la copropriété de Monpatelin. Incluse, la facture d'eau pour ma consommation du second trimestre 2008. Qui se monte apparemment à... 123 mètres cube. Pour une personne seule qui a occupé son appartement environ six semaines durant cette période et qui coupe son alimentation d'eau pendant ses absences. A titre de comparaison, la famille de 4 personnes qui habite à plein temps sur le même palier que moi arrive péniblement à 60 mètres cube pour le même laps de temps. Autrement dit, soit il y a une erreur de relevé, ce qui devrait être assez facile à vérifier et à rectifier, soit quelqu'un pirate mon compteur (peu probable étant donné la configuration des lieux), soit il y a une fuite quelque part après mon compteur individuel et je peux me préparer à casquer encore beaucoup plus cher que prévu en plombier le mois prochain, en plus des emmerdements liés aux travaux. Mais bon, si 100 mètres cube d'eau surnuméraires s'étaient déversés ces dernières semaines dans les canalisations de la résidence ou de mon appartement, quelqu'un s'en serait aperçu, non? A commencer par moi, quand j'y étais la semaine dernière?
...En fait, je n'en sais rien du tout, et comme mon syndic était absent de son bureau aujourd'hui, je ne pourrai pas tenter de tirer ça au clair avant demain matin. Du coup, j'ai passé tout l'après-midi à vitupérer que j'en avais marre de toutes ces petites emmerdes pas mortelles mais qui pourrissent gentiment le quotidien et que j'accumule depuis le début de l'année. En mode super-Caliméro, que j'étais.
Puis je me suis souvenue...
La semaine avant l'opération de Père, j'ai passé un marché. "Si mon papa n'a rien, je vous jure, vous pouvez m'envoyer toutes les conneries matérielles que vous voudrez".
Apparemment, quelqu'un m'a entendue.

*Toute ressemblance avec une situation vécue par l'auteur de ce blog serait purement fortuite.

Guest "star"

Aujourd'hui, vous pouvez me retrouver .
J'ai écrit ce texte début novembre suite au commentaire très virulent, sur un de mes posts, d'une personne qui estimait qu'il fallait être un monstre pour ne pas aimer les enfants. Comme ça fait un bail que j'en ai marre de devoir me justifier sur ce point, j'ai eu envie d'exprimer mon ras-le-bol au travers d'un support qui toucherait davantage de monde que mon modeste blog. Merci à Hélène de publier mon coup de gueule.

mardi 20 janvier 2009

La question existentielle du mardi soir

Je viens de me rendre compte que je connaissais encore par coeur toutes les paroles de toutes les différentes versions du générique de Goldorak.
Par contre, j'ai oublié les identités remarquables et la loi statistique de Poisson depuis belle lurette.
Peut-être ne retient-on durablement que les choses qui nous plaisent. Je peux réciter à la virgule près plusieurs fables de La Fontaine apprises dans ma petite enfance et deux ou trois poèmes de Baudelaire découverts au lycée. En revanche, je serais bien en peine de vous ressortir les dates exactes de la IIIème république française ou de reconstituer la liste des présidents qui se sont succédés à la tête de notre beau pays avant Carlito. (Autrement dit, si vous jouez au Trivial Pursuit en équipe avec moi, vous pouvez me laisser les questions marrons et les roses, mais sur les jaunes et les vertes, vous êtes plus seul qu'un rescapé du vol 815 d'Oceanic Airlines - ou que le héros d'un célèbre roman de Daniel Defoe.)
En vertu de quoi, j'aimerais qu'on m'explique pour quelle raison saugrenue mon disque dur personnel héberge encore un album entier de Carlos et toute la chorégraphie de la Macarena.

PS: La photo qui illustre ce post est une allusion non voilée à un de mes grands traumatismes d'enfance. J'avais supplié mes parents pendant des semaines, voire des mois, pour qu'ils m'achètent ce 45 tours. Et environ 24h après qu'il soit entré en ma possession, Soeur Cadette s'est assise dessus, en cassant un petit bout sur le bord. Résultat, on ne pouvait plus écouter les vingt premières secondes sinon l'aiguille du tourne-disque tombait dans le trou. J'étais inconsolable.
Si j'ajoute à ça que l'album de Carlos incriminé plus haut appartenait à la même Soeur Cadette qui tous les mercredis me l'infligeait jusqu'à dix fois d'affilée ("Faut travailler tous les abdooos, faut être beau de bas en hauuut, faut faire l'effort, de faire du sport, j'ai une recette magique et c'est ma gym en musique..." Voyez, je ne vous mens pas!), on comprendra mieux que cette morpionne ne m'ait inspiré pendant de longues années qu'une solide rancoeur.

La procrastination

La procrastination, c'est la plaie de nos existences à Chouchou et à moi.
La procrastination, c'est ce qui me pousse à remettre depuis plus de deux jours le moment de ranger les fournitures de scrap qui recouvrent toute ma moitié de la table où nous travaillons. Je sais parfaitement que je ne ferai rien de productif tant qu'elles n'auront pas été dégagées, parce qu'elles prennent trop de place et m'empêchent d'y voir clair dans le matériel dont je dispose - mais rien à faire. Plutôt que de m'y mettre, je préfère entamer compulsivement une 117ème partie de Word Reference et m'arracher les cheveux parce qu'il me manque juste un mot pour exploser mon record. Je préfère courir chez MAC sous la pluie dépenser les sous que je n'ai pas* et investir dans le maquillage nécessaire pour me peinturlurer la figure pendant une bonne vingtaine d'années vue l'intensité actuelle de ma vie sociale. Je préfère échanger un tas de mails très courtois avec le Serendip Spa pour organiser une séance de Blissful Stress Relief en duo avec Soeur Cadette dans plus de deux mois. Je préfère regarder quatre épisodes de "How I met your mother" à la suite, et ce, alors que le collègue de Chouchou qui nous les a copiés a oublié le plus important de la saison 4 - celui où Ted se fait plaquer devant l'autel. Je préfère me réfugier aux toilettes avec un bouquin qui ne m'intéresse pas. Je préfère même rédiger un post sur toutes les choses que je préfère faire plutôt que de RANGER MES PUTAINS DE FOURNITURES DE SCRAP.
Je sais, c'est affligeant. A ma décharge, je crois que nous sommes nombreux à souffrir de ce mal à divers degrés, et qu'à ce jour il n'existe aucun remède connu contre la procrastination.

* ...Mon éditeur ne m'ayant toujours pas payée après avoir promis successivement de le faire avant les vacances de Noël, puis le 6 janvier, puis vendredi dernier. J'envisagerais sérieusement le suicide par overdose de Kit Kat Chunk au chocolat blanc si les distributeurs consentaient encore à me donner des sous avec lesquels les acheter.

lundi 19 janvier 2009

Masque frais Cupcake de Lush


Souvenez-vous, il y a à peine plus d'une semaine, je vous vantais les merveilleux produits Lush ramenés d'Anvers. Dans mon panier ce jour-là, il y avait du savon exfoliant Sexy Peel parfumé aux agrumes, du savon normal Bohemian au citron et de l'Ice Blue à... bon, je ne sais plus trop, mais une odeur exotique qui fait penser à un lagon turquoise, un pain exfoliant pour le corps You Snap The Whip à la pierre ponce, des gels douche exfoliants Rub Rub Rub et Yummy Yummy Yummy, ainsi qu'une grande bouteille d'I Love Juicy qui ressemble davantage à un délicieux smoothie qu'à un shampoing. Plus une crème à raser Prince que Chouchou n'a pas encore testée, et la découverte du jour: un masque Cupcake parfumé au chocolat, devant être conservé au frigo et utilisé sous quatre semaines.

Parfois, on a de belles surprises en achetant des produits de beauté au hasard. Et puis parfois non. Le masque Cupcake a une texture désagréable et extrêmement difficile à étaler. Sans parler de l'aspect esthétique auquel je n'avais pas pensé: quand j'ai eu fini de m'en tartiner la figure, on aurait dit que je m'étais étalée tête la première dans de la boue - et j'avoue que ça n'est pas la première comparaison qui m'est venue à l'esprit. Ci-contre, un petit aperçu de la gueule de la bavure; vous conviendrez avec moi qu'on fait difficilement moins sexy*. Mais le pire, c'est quand il a fallu le retirer dix minutes plus tard. Ca avait séché en s'agglomérant; ça ne voulait plus partir, et ça a failli boucher mon lavabo de salle de bain. Tout ça pour quel résultat? Ben... Mes pores étaient effectivement resserrés et ma peau débarrassée de son excès de sébum. Mais j'obtiens un résultat identique - et même deux fois plus prononcé - avec le masque Out of Trouble pour peaux à problèmes d'Origins, qui en outre est hyper facile d'utilisation et se conserve beaucoup plus longtemps. Ca m'apprendra à faire des infidélités aux produits vedettes de ma trousse de toilette.

*Gloire à Chouchou qui a pris la photo et qui m'aime encore même après m'avoir vue avec cette tête.

dimanche 18 janvier 2009

Week-end en demi-teinte

Le week-end fut peu folichon. Entre Chouchou qui travaillait hier de 14 à 22h, moi qui n'étais motivée ni pour faire ma compta professionnelle, ni pour ranger mes envahissantes fournitures de scrap, Père qui semble en plein crise existentielle, Mère qui sucre les fraises et Soeur Cadette qui commence à en avoir un poil marre de gérer les problèmes des autres en plus des siens, l'ambiance n'était pas franchement à la grande rigolade. J'ai tout de même réussi à rédiger la fiche du bouquin que je suis en train de traduire, à rafraîchir ma couleur (et à ruiner le tapis de la salle de bain au passage), à répondre au Sexoquizz de Facebook (qui a décrété que de tous mes "amis", le plus compatible avec moi n'est pas Chouchou, mais un écrivain auquel j'ai eu affaire trois fois dans ma vie), et à faire une lessive de sous-vêtements (c'était ça ou me promener toute la semaine à poil sous mon pyj': je n'ai malheureusement pas encore réussi à mettre au point la génération spontanée de shortys dans mes placards).

Cet après-midi, nous avons pensé qu'une sortie ciné nous changerait les idées. J'avais envie de voir "The duchess" ou "The visitor"; Chouchou manifestait une préférence pour "Slumdog millionaire", unanimement acclamé par la critique comme par le public. Finalement, j'ai décidé de lui faire plaisir. Mal m'en a pris. La queue devant l'UGC Toison d'Or n'en finissait plus; nous sommes arrivés dans la grande salle comble juste avant le début du film et avons dû nous asseoir tout à fait sur un côté. Trente secondes plus tard, je regardais un pauvre Indien se faire torturer par la police, et ça n'a fait qu'empirer à partir de là. Je m'excuse, mais c'est pas franchement ce que j'appelle un "feel-good movie". Non que "Slumdog millionaire" soit mauvais, bien au contraire. Ce n'est simplement pas du tout mon genre de film. Next!

Tout n'a pourtant pas été à jeter dans ce week-end. Samedi soir, j'ai commencé le tome 1 de "Millénium", et je pense que je viendrai vous en reparler très vite. Cet après-midi, Soeur Cadette m'a confirmé qu'elle viendrait à Bruxelles pour mon anniversaire, ce qui est probablement le plus chouette cadeau qu'on pouvait me faire. Et ce soir, nous avons mangé des pizzas Mamma Roma (what else?) arrosées d'un verre de Cabernet californien (oui, je sais, mais c'est pas moi qui l'ai acheté: il s'agit d'un cadeau d'entreprise fait à Chouchou) en regardant les quatre premiers épisodes de la saison 4 de "How I met your mother". Et puis je ne peux pas me plaindre: la température est repassée en positif; nous avons même eu quelques rayons de soleil aujourd'hui. Même s'il souffre encore pas mal, Père est tiré d'affaire, physiquement du moins. Et mon agenda ne cesse de se remplir de choses très excitantes pour les mois à venir. Si seulement j'arrivais à retrouver un sommeil normal et un tant soit peu d'énergie pendant la journée...

Une année d'auto-portraits: semaine 3


Why so serious? C'était juste un de ces soirs où j'avais la boudeuse attitude. Et zéro maquillage. La photo a été prise mardi devant Koh-Lanta sur Chloé-Jasper, mon canapé transsexuel.

samedi 17 janvier 2009

Le retour

C'est toujours un petit déchirement de quitter Monpatelin. Vider le frigo des denrées périssables et les porter à la voisine, descendre la poubelle, mettre les radiateurs hors gel et couper l'eau, puis descendre prendre le taxi qui m'emmènera dans la nuit noire jusqu'à l'aéroport. Sur la route dont les lacets me filent toujours la nausée, me demander si je n'ai rien oublié et si j'ai bien fermé la porte en partant. Me dire que cette fois encore, je n'ai pas eu le temps de faire la moitié de ce que je voulais. Que je n'ai pas envie de retrouver la grisaille bruxelloise. Arrivée devant le minuscule aéroport au bord de mer, admirer une dernière fois les palmiers replets et les immenses pins parasol. Me remplir les poumons d'air iodé, et puis entrer résolument dans le hall aux lumières éblouissantes après toute cette obscurité.

Enregistrer ma valise en priant pour qu'elle ne dépasse pas les 20 kilos fatidiques. Filer au Relay pour acheter deux ou trois magazines, si je ne les ai pas déjà tous lus ce mois-ci. Echanger quelques phrases aimables avec le gentil monsieur à cheveux ivoire et lunettes funky qui tient la caisse. Passer le portique de sécurité où mes boots ne sonnent jamais alors qu'ils le font systématiquement dans tous les autres aéroports du monde. Embarquer dans les derniers, parce que n'ayant jamais de bagage à main je ne vois pas l'intérêt d'être la première à aller m'entasser dans l'avion. Lire très vite mes magazines en déchirant au passage les articles, les adresses ou les recettes qui m'intéressent. Hésiter entre sortir le bouquin que je trimballe toujours dans mon sac et somnoler un peu. Réclamer, peut-être, un Coca light "avec de la glace s'il vous plaît" à l'hôtesse qui passe avec son chariot. Un quart d'heure plus tard, avoir la flemme de me lever pour aller me contorsionner dans les toilettes. Du coup, bondir hors de mon siège à peine l'avion immobilisé sur le tarmac et me précipiter vers la sortie.

Traverser Zaventem d'un pas vif, propulsée par l'engorgement de ma vessie. Me sentir comme à chaque fois minuscule dans ces halls caverneux et déserts, dans lesquels le claquement des talons et le frottement des roulettes de valise résonnent trop fort. Enchaîner une interminable succession de tapis et d'escaliers roulants. S'arrêter dans des toilettes qui sentent le désinfectant. Atteindre enfin le carrousel de livraison des bagages et plisser les yeux pour identifier ma petite valise noire semblable aux trois quarts des autres. Regarder mes compagnons de voyage se disperser dans la nuit bruxelloise en emportant quelques parcelles invisibles du soleil de chez moi sur leur peau et dans leurs vêtements. Et puis sentir tout mon mal du pays se dissiper d'un coup à la vue du bonnet rouge de Chouchou qui m'attend à la sortie.

vendredi 16 janvier 2009

Une bonne et une mauvaise nouvelles

Père est sorti de l'hôpital ce matin. Il semblerait que la tumeur qu'on lui a enlevée n'était pas cancéreuse. Ca, c'est la (très) bonne nouvelle. La mauvaise, c'est que ce type de joyeuseté possède une forte caractéristique héréditaire, et que je présente moi-même un certain nombre des symptômes qui ont alerté Père et l'ont décidé à se faire examiner. Je suis loin de souffrir autant que lui et de manière aussi continue, et je vois à cela au moins deux autres causes potentielles parfaitement bénignes. N'empêche que tout à l'heure, mon généraliste que j'avais été voir pour un simple renouvellement d'ordonnance et auquel j'ai mentionné la chose en passant m'a recommandé - avec insistance - de faire une coloscopie pour plus de sûreté. Voilà une expérience certainement délicieuse à laquelle je n'avais pas encore eu le plaisir de goûter. J'en saute de joie toute seule dans mon coin.
Jusqu'ici, pour la bonne année, on repassera.

jeudi 15 janvier 2009

Soldes d'hiver 2009 - Episode 4: No shopping in Monpatelin

L'heure est grave.
Cette semaine, je n'ai pas trouvé le temps (ni la motivation) d'aller faire un tour au centre commercial voisin de Monpatelin, pourtant doté d'un Printemps et d'une boutique Cop Copine.
Aujourd'hui alors que je me promenais en ville, je me suis contentée d'acheter une galette des rois pour apporter chez Christophe et Christine qui m'avaient invitée à dîner ce soir. Je suis passée à la Fnac chercher nos billets pour aller voir Dita von Teese au Crazy Horse le mois prochain, et je ne suis même pas montée à l'étage jeter un coup d'oeil aux livres et aux DVD. Je suis entrée chez Sephora dont j'ai fait le tour machinalement avant de ressortir sans rien toucher, puis chez Pimkie où j'ai essayé un très chouette pantalon noir avec de fines rayures chinées. Il était ultra-taille basse, très confortable, bien coupé, mais trop grand pour moi en taille 40 et épuisé en 38. Au lieu de me dire que j'allais prendre le 40 et le faire ajuster par ma couturière, je l'ai sagement reposé sur son portant. Pourtant, à 34,95 euros soldés à - 50%, il ne m'aurait pas ruinée. Je suis passée dédaigneusement devant le Comptoir des Cotonniers et ressortie du centre commercial avec une sensation étrange, inédite dirais-je même. J'ai cherché un moment avant de réaliser: je n'avais aucun paquet dans les mains, aucune ficelle pour me scier les doigts, aucune boîte qui me battait les mollets.
En fin d'après-midi, je suis passée à la boutique Swarovski où travaille Christine, et j'ai flashé sur une bague sublime, beaucoup trop grosse pour mes petites mains aux ongles courts (je ne me les ronge pas mais je n'arrive pas à taper sur le clavier de mon ordi quand ils sont trop longs). A tout hasard, j'ai demandé si je pouvais l'essayer quand même. Et là, grosse misère: en fait, elle m'allait vachement bien. Et elle avait une classe démente. C'était tout à fait moi - du rouge, du brillant, des boucles, de la fantaisie... Son prix par contre n'avait rien de fantaisiste: 240 euros. A un autre moment, j'aurais sans doute craqué. Mais là, je venais de faire un (gros) chèque au copain plombier d'Etre Exquis. J'ai gentiment rendu la bague à Christine en disant que j'allais faire mes comptes et qu'on verrait plus tard.
Je crois que je couve quelque chose.

mercredi 14 janvier 2009

L'affaire des volets contrariants

Le séjour à Monpatelin est assez calme jusqu'ici. Je ne sors de chez moi que pour faire quelques courses dans le village et profiter un peu du soleil. Car le reste du temps, je suis enfermée dans mon bureau avec la lumière allumée. Oui, même à 11h du matin quand je commence laborieusement ma journée. Figurez-vous que la voisine à qui je laisse les clés en mon absence, ayant constaté que mes volets battaient contre la façade en cas de grand vent, a décidé de les fermer. Comme une des vis qui servaient à tenir le loquet manquait à l'appel, elle en a gentiment faire mettre une autre par son immense petit-fils prof de tennis qui a fait ses études aux Etats-Unis et qui est la fierté de ses vieux jours (quand elle me parle de lui, j'ai toujours l'impression qu'elle essaie de me le vendre). Mais voilà: le loquet étant rouillé et la vis trèèèès bien fixée, je ne peux plus rouvrir mes volets. Cet été, ça ne me dérangera pas beaucoup vu que la fenêtre donne, euh, du côté où j'ai le soleil en plein dans la gueule pendant l'après-midi qui est en principe ma période la plus productive. Là tout de suite, par contre, c'est hyper frustrant et ça ne m'incite pas précisément à m'enchaîner à mon bureau pour bosser comme une malade.

mardi 13 janvier 2009

Consommer différemment

J'avais décidé de ne pas prendre de résolution de Nouvel An, mais ceci n'en est pas vraiment une. Disons que c'est une démarche globale entreprise depuis un petit moment déjà mais que je souhaite amplifier. Consommer différemment, pour moi, c'est:
- Consommer écolo: Je me déplace essentiellement à pied ou par les transports en commun. J'utilise les produits de nettoyage Ecover; j'ai remplacé ma lessive par des noix saponifères et mes Demak'Up par des lingettes en tissu lavables; j'avais même acheté une mooncup un mois avant que ma gynéco me prescrive un traitement hormonal qui a stoppé mes règles.
- Consommer mieux: Depuis quelque temps, j'essaie de privilégier la qualité à la quantité au niveau de ma garde-robe. En gros, j'achète trois fois moins de trucs, mais ils sont trois fois plus cher. Au lieu de trois pulls coton/acrylique, je m'en offre un en cachemire; au lieu de trois paires de pompes André, je craque sur des Chie Mihara.
- Consommer moins: Bon, je ne vous cache pas que c'est là que le bât blesse. Malgré les limitations imposées par la poste belge, à cause de laquelle je n'ose presque plus rien commander sur internet, malgré l'absence à Bruxelles de beaucoup de mes enseignes-clés (Sephoraaaaa!), je continue à acheter bien trop de choses. Trop de fournitures de scrap qui engorgent mon petit espace de rangement et me découragent de sortir mon matériel; trop de vêtements que je ne porte pas mais dont je ne peux me résoudre à me débarrasser; trop de bouquins dont je ne finis que la moitié et qui encombrent les étagères de ma bibliothèque.

J'ai donc décidé de tenter une manoeuvre de sevrage drastique, une expérience d'une difficulté inouïe pour la shoppeuse compulsive que je suis. Pendant un mois, très exactement du 6 février au 5 mars, je n'achèterai rien. Je paierai mes factures, évidemment, et je remplirai le frigo parce je n'ai aucune intention de me laisser mourir de faim ou d'affamer Chouchou et les chats. Mais j'irai bouquiner chez Filigranes; j'éviterai eBay et les centres commerciaux; j'utiliserai ce que je possède déjà au lieu de me précipiter dans un magasin pour en acquérir une version légèrement plus ceci ou un peu moins cela.
Pourquoi ces dates-là? Parce que, téméraire mais pas suicidaire, je vise une période durant laquelle les tentations seront les moins nombreuses possibles: pas de virée à Paris, pas de soldes, pas d'anniversaire... J'espère réussir à tenir le coup et à acquérir des réflexes que je conserverai par la suite.

lundi 12 janvier 2009

Où Joe le plombier cherche à m'arnaquer

Le pitch: Après les impôts français et la poste belge, aujourd'hui, Armalite se collette avec un nouveau corps de métier.

Je m'explique. L'appart' de Monpatelin est équipé d'un cumulus qui se trouvait déjà là quand j'en suis devenue propriétaire, il y a 6 ans. Comme ces appareils ont une durée de vie moyenne de 10 ans, que j'ignore quand le mien a été mis en service et que je ne voudrais surtout pas qu'un dégât des eaux se déclenche durant l'une de mes absences prolongées, j'ai décidé de réclamer l'avis d'un professionnel. Mes amis Christine et Christophe semblaient avoir tissé des liens d'amitié avec le plombier qui avait fait d'assez gros travaux chez eux il y a deux ans; je leur ai donc demandé son numéro. Le type est venu en début d'après-midi. Bedonnant et jovial, il avait tout pour inspirer la confiance. Quand il m'a dit qu'il était grand temps de changer mon cumulus avant qu'une catastrophe se produise, j'ai répondu "OK, vous pouvez me faire ça avant la fin de la semaine?". Quand je lui ai montré mon mitigeur de baignoire entartré, il n'a fait ni une ni deux: à changer, ça aussi! Quand j'ai évoqué mon projet de faire poser une climatisation réversible au printemps, il m'a demandé: "Vous êtes sûre que vous ne préférez pas maintenant? Parce que les prix vont vachement augmenter fin février". Je lui ai demandé à combien il estimait les travaux actuels. Réponse: "800 euros pour le cumulus, 300 euros un mitigeur bain Grohe, 35 euros le flexible et le pommeau, et je vous prends quasi rien pour la main d'oeuvre... Disons, 1200 euros en tout. En liquide, sinon il faudra rajouter la TVA."

Alors bon, je n'y connais pas grand-chose, mais 1200 euros, ça me paraissait énorme. J'avais demandé autour de moi combien coûtait un cumulus, et on m'avait répondu que le modèle installé chez moi devait faire dans les 200 euros. Bonne poire mais pas totalement courge, j'ai aussitôt mailé Autre Moi (qui s'occupe des facturations d'une entreprise de plomberie en région parisienne) et téléphoné à Etre Exquis (qui est entrepreneur dans la région). Verdict: trop cher, beaucoup trop cher. J'ai rappelé le plombier, qui se trouvait déjà dans le parking de chez son fournisseur, prêt à acheter mon cumulus en platine (à ce prix-là, je ne vois pas d'autre explication). Je lui ai dit que j'avais réclamé d'autres avis et que son devis me semblait fort élevé. "Ah mais oui, mais c'est parce que je vous mets du haut de gamme!" a-t-il répondu benoîtement. J'ai expliqué qu'étant dans cet appartement une semaine par mois, je me contenterais de moyen de gamme à des prix plus raisonnables. "Bien sûr, bien sûr, si vous n'avez pas peur d'avoir des problèmes, je peux vous mettre moins cher." J'ai quand même dû insister pour avoir un chiffre précis. Nous sommes tombés à 400 euros le cumulus, 200 euros le mitigeur, 35 le flexible et le pommeau, "avec la main d'oeuvre, disons 800 hors taxes". J'ai rappelé Etre Exquis : toujours trop cher. J'ai téléphoné à Christine pour savoir à quel point son mari et elle étaient proches de ce monsieur qui tentait visiblement de m'arnaquer. Apparemment, pas tant que ça. Je me suis donc fendue d'un nouveau coup de fil qui est tombé sur boîte vocale, où j'ai laissé un message assez sec annulant le rendez-vous pris vendredi matin et invitant mon interlocuteur à se faire rembourser les fournitures qu'il s'était déjà précipité pour acheter. Je suis embêtée parce qu'il avait l'air gentil - et en même temps, j'ai conscience de l'inanité de ce critère.

Pour finir, j'ai pris rendez-vous avec un ami d'Etre Exquis préalablement mis au parfum par ce dernier. Il passera mercredi soir voir mon cumulus "et s'il y a besoin de le changer, on pourra faire ça le mois prochain: du moment que vous coupez l'eau en partant, ce serait très étonnant que vous ayez un problème en votre absence". Me voilà quelque peu rassurée, mais j'attends quand même son devis avant de danser de joie.

"Dragons et chimères: carnets d'expédition"

J'ai acheté "Dragons et chimères" un peu au hasard pendant les dernières Utopiales, parce que j'avais envie d'une dédicace de l'excellent Pierre Dubois et que cet album était son ouvrage le plus récent. Je m'en félicite tout plein. Bourré de photos qui semblent dater de la fin du dix-neuvième siècle, de documents d'époque (ou tout au moins, de copies bluffantes), de chouettes dessins dans un style tantôt réaliste tantôt caricatural, "Dragons et chimères" est un gros carnet de bord qui relate deux expéditions imaginaires à la recherche de créatures soi-disant mythiques: la première en Afrique et la seconde en Inde. C'est une invitation au voyage et à la rêverie superbement réalisée malgré un très bel échantillonnage de fautes de grammaire qui m'ont sauté à la figure - déformation professionnelle oblige. A mettre entre les mains de tous les adultes qui sont restés capables de s'émerveiller!

Une année d'auto-portraits: semaine 2


Bon OK, j'ai un peu triché sur la définition d'auto-portraits: ce que je voulais dire, en fait, c'est "portraits de moi", mais avouez que ça sonne moins bien. Celui-ci a été pris par Chouchou (who else?) avant-hier dans les rues d'Anvers alors que je sortais de chez Godiva avec un délicieux Chocolixir pour me réchauffer.
Désolée de coller deux photos deux jours d'affilée, mais comme j'avais une semaine de retard sur la publication prévue... Désormais, ce sera le dimanche, un point c'est tout.

dimanche 11 janvier 2009

Une année d'auto-portraits: semaine 1


Avec un peu de retard, je vous dévoile mon autre projet photo de l'année 2009: faire (et publier) un auto-portrait par semaine. La démarche peut paraître narcissique, et je suppose qu'elle l'est. Si je l'entreprends, ce n'est pas parce que je raffole de ma propre image mais parce qu'au contraire, je ne l'aime pas beaucoup et trouve qu'à mon âge, il est temps de me réconcilier avec elle en me prouvant que je peux avoir l'air vaguement potable.
Voici donc mon premier cliché, pris le week-end dernier à l'Exki de la Porte de Namur. Rien de fracassant, mais je vais m'améliorer.

A propos de Moody & Cookie 2

Comme une seule photo par semaine, ça faisait quand même un peu minable, nous avons décidé de passer à deux: une le mercredi et une le dimanche. Et comme je suis terriblement maniaque et que je voulais faire commencer le bazar avec la nouvelle année, nous avons rétroactivement publié une photo prise entre le 1er et le 4. Enjoy.

samedi 10 janvier 2009

Soldes d'hiver 2009 - Episode 3: Fantastic finds in Antwerpen

Le câlin matinal ayant quelque peu rogné sur notre temps de préparation, c'est en courant à moitié sur les pavés gelés que nous descendons jusqu'à la gare centrale prendre le train de 11h19 pour Anvers. Quarante minutes plus tard, nous débarquons dans une gare aussi jolie que venteuse où, malgré nos écharpes et nos gants, nous congelons pratiquement sur pied en tentant de gagner la bonne sortie. Selon la Google Map imprimée par Chouchou, la boutique Lush devrait se trouver juste en face. Sauf que non. Et que nous ne voyons nulle part de panneau indiquant le nom des rues. Nous partons un peu au hasard sur une avenue qui semble engageante et tombons sur... le Wagamama, qui devait être notre second arrêt. Pas grave, nous n'avons pas eu le temps d'avaler quoi que ce soit ce matin et mangerons volontiers tout de suite. Je suis déçue de ne pas retrouver sur la carte le plat de saumon qui m'avait tant plu à Copenhague. Je me rabats sur des yasai udon précédés de gyoza (mon péché mignon dans la cuisine japonaise). Le plat arrache un chouïa, et bien que j'en laisse un peu dans mon assiette pour cause d'estomac plein, je commande un dessert à partager avec Chouchou histoire de ne pas rester sur ce goût trop pimenté. Malheureusement, le chocolate fudge cake est parfumé au gingembre, un condiment que j'exècre. J'en grignote quand même quelques bouchées avec de la glace à la vanille.

C'est au bout de l'avenue du Wagamama, en plein sur notre trajet vers le centre-ville, que nous trouvons finalement la boutique Lush. Je suis une grande fan de cette marque de cosmétiques fabriqués uniquement à base de produits naturels, sans le moindre conservateur. J'aime la charte éthique à laquelle elle adhère, et encore plus les odeurs délicieuses de ses savons et autres douceurs pour le corps: on en mangerait! Or, bien que ses boutiques se multiplient peu à peu (je me rappelle encore l'époque, il y a une dizaine d'années, où je devais pour assouvir mon addiction me traîner jusqu'à la maison-mère, dans un coin passablement paumé de Londres), nous n'en avons toujours pas à Bruxelles. Je suis juste partie pour acheter du Sexy Peel, un savon exfoliant aux zestes d'agrumes, et peut-être de la crème de rasage pour homme à l'orange recommandée par M. Pops. Au final, de "Oh, il sent trop bon ce gommage!" en "Mmmh, ce savon-là aussi est génial, et on a toujours besoin de se laver après tout", je remplis à moitié mon panier en osier et m'en tire pour plus de 70 euros. Hum. La bonne nouvelle, c'est que Lush fait une super promo: un produit gratuit à choisir parmi ceux fabriqués avant le 1er novembre par tranche de 30 euros d'achat. C'est ainsi que je me fais offrir un maxi-pot de crème à raser pour Chouchou et une immense bouteille de shampoing aux fruits que j'avais hésité à prendre tout à l'heure; valeur totale: plus de 40 euros, woohoo! Et pour la bonne mesure, la vendeuse absolument charmante me rajoute une bombe de bain à peine effritée sur le dessus "qui donnera tout aussi bien qu'une nickel". Je ressors de là absolument ravie et anticipant avec délectation les heures que je vais passer dans ma salle de bain à me shooter au parfum de mes petites emplettes.

Nous nous engageons ensuite sur le Meir, la principale artère commerçante d'Anvers. Chouchou ne m'a pas dit que du bien des Flamands et de leur attitude envers les non-néerlandophones, mais une chose est certaine: cette ville est ravissante, un vrai régal pour les yeux. Dommage que le froid de canard n'incite guère à s'arrêter tous les trois pas pour ôter ses gants et mitrailler les bâtiments. L'arrêt suivant est pour le magasin Urban Outfitters, une marque que nous adorons tous les deux depuis que je l'ai faite découvrir à Choucou à Londres fin juillet, puis à Copenhague en septembre. Au terme d'une trèèèèès longue attente devant les cabines d'essayage, Chouchou repart avec un jean à... 99 euros - mais qui en coûtait le double à l'origine. J'ai flashé sur le modèle, et il paraît qu'il lui va comme un gant. Il me le fait vérifier avec les photos qu'il a prises en se contorsionnant devant un miroir: ah ouéééé. Vendu. Pendant ce temps, j'ai fait le tour des rayons femme et déniché une géniale capeline en feutre kaki qui sera parfaite pour la mi-saison, ainsi qu'un T-shirt un peu graphique, pas soldé hélas et que je dois prendre en L car le M me serre trop sur la poitrine (gni? mes seins se seraient-ils enfin décidés à pousser? mieux vaut tard que jamais, hein).

Nous sommes déjà bien chargés. Alors que, un peu à l'écart du Meir, nous cherchons la boutique Essentiel recommandée par Elle Belgique (et dont la vitrine me tentera si peu que nous n'y entrerons même pas), Chouchou avise sur le trottoir d'en face une boutique de cachemire inconnue au bataillon: Les Ateliers de la Maille. Bingo! A l'intérieur, des pulls incroyablement doux dans des teintes et des formes un peu originales, tous soldés à moitié prix. Celui que j'essaie me va si bien qu'il semble avoir été tricoté pour moi. J'hésite entre le gris clair et le noir. Chouchou préfère le premier, et c'est vrai que ça changera un peu des douze pulls noirs (et des douze pulls gris foncé) qui croupissent déjà dans ma penderie pour cause de non-cachemirosité. Je suis aux anges. La vendeuse, d'abord désagréable mais qui s'est beaucoup radoucie en apprenant que j'étais française, me parle du reste de sa gamme: au printemps-été, la marque vend des articles en fibres de bambou et de soja. Et il y a une boutique à Bruxelles, avenue Louise (plus quelques-unes à Paris, même si je n'en avais jamais entendu parler, et même un site web). Je note et reviendrai certainement.

Avec tout ça, notre budget en a pris un sérieux coup dans l'aile. Nous décidons de zapper la boutique Kiehl's, puisque nous avons déjà de quoi chouchouter notre peau pendant les trois ou quatre ans à venir, et Annemie Verbeke puisque j'en suis désormais à trois nouveaux cachemires cette semaine. Côté déco-gadgets, Mat & Rob, dont j'avais pris l'adresse dans un numéro de GAEL datant de 2007, a disparu. Quant à Akotee, elle ne tient pas les promesses du Elle Belgique (sans compter l'épouvantable odeur de pieds qui règne dans la minuscule boutique, une torture pour mon nez sensible). Je marque tout de même un dernier arrêt chez Petit Bateau où, avec Soeur Cadette, j'avais repéré de chouettes pulls d'intérieur en coton/soie/fibres de bambou, que je m'étais retenue d'acheter à cause de leur prix un chouia prohibitif. Là, ils sont soldés à -50%, et il y a ma taille (14 ans...). Pas d'hésitation, j'en embarque un.

C'est fatigués et gelés mais très contents de notre expédition que nous reprenons à pied le chemin de la gare. Nous aurons beaucoup marché cet après-midi. Nous attrapons le train de 17h09 et, grâce à une heureuse coordination des trains et bus de la STIB, atteignons la porte de notre immeuble ixellois moins d'une heure et quart plus tard. Je suis totalement conquise par Anvers, beaucoup plus jolie et mieux fournie que Bruxelles pour le genre de shopping qui m'intéresse. Sachant que l'aller-retour nous a coûté seulement 8 euros par personne, qu'il y a des trains toutes les demi-heures et que le trajet dure moins de trois quarts d'heure, il est certain que nous y retournerons. Je pourrais même y emmener Soeur Cadette lors de sa prochaine visite en nos contrées, si elle a été sage entre-temps ^^

vendredi 9 janvier 2009

Enervée

Celui de mes éditeurs pour lequel je bosse depuis le plus longtemps (soit une bonne douzaine d'années) vient de contester ma dernière facture en me demandant d'en établir une nouvelle d'un montant inférieur de 460 euros. Pour cela, il s'appuie sur un mode de comptage différent de celui qui avait toujours été utilisé jusque là, et bien entendu moins avantageux pour moi.

Je suis folle de colère, et pas seulement à cause du trou que cela représente dans mon budget mensuel. D'abord, je n'ai toujours pas touché l'acompte sur cette traduction rendue la semaine dernière, alors que ma facture est datée du 20 novembre et aurait dû être réglée sous quinzaine. Ensuite, je déteste qu'on me prenne pour une conne. Selon cet éditeur, mes feuillets calibrés pour compter 1500 signes pleins n'en feraient en réalité que 1380. J'ai fait un test en tapant n'importe quoi sans retour à la ligne: Word m'indique 1577 caractères espaces compris pour un feuillet complet. Réponse: "L'estimation manuelle est plus pertinente que le comptage informatique"! S'il m'avait avancé un argument du type: "La série ne se vend pas très bien" ou "Etant donnée la conjoncture, nous sommes soumis à des restrictions budgétaires", j'aurais pu l'accepter. A condition d'être prévenue AVANT la signature du contrat et pas mise devant le fait accompli. Pour les quatre tomes déjà parus de la même série, mes factures établies selon le mode de comptage habituel ont été réglées sans discussion... Enfin, même si je peux encaisser cette baisse, je ne trouve pas vraiment logique que ma rémunération diminue alors que le coût de la vie, lui, grimpe en flèche.

En gros, je ne suis pas tant en train de rouspéter pour les sous (qui représentent pourtant le budget du super week-end en amoureux planifié hier) que pour l'injustice de la situation. Mais qu'est-ce que je peux bien y faire? La formulation des contrats de cet éditeur mentionne juste: "X euros le feuillet de 1500 signes", sans préciser le mode de comptage (j'en connais au moins trois différents selon les maisons: le feuillet d'imprimerie, les 1500 signes réels et les 1500 signes estimés). Je n'ai aucun argument juridique sur lequel fonder une réclamation, et quand bien même j'en poserais une, cet éditeur déciderait tout simplement de ne plus bosser avec moi. Or, si je n'ai pas besoin du boulot qu'il me donne et me fait fort d'en trouver ailleurs (j'ai suffisamment de contacts dans le milieu et un planning bourré massacre pour les deux prochaines années), il se trouve que c'est le seul pour lequel je fais autre chose que de la fantasy et des bouquins énormes. J'ai besoin de la respiration que m'offrent ces petits romans contemporains au milieu des énormes pavés pleins de chevaliers, de magiciens ou de vampires que je traduis par ailleurs. Ce qui ne m'a pas empêchée de protester. Oh, avec diplomatie, certes. Mais le message était clair: "Je vais revoir ma facture à la baisse parce que vous êtes les plus forts; simplement, votre façon de procéder est malhonnête, et ne croyez pas que je ne m'en sois pas aperçue". Je ne vois pas bien ce que je pouvais faire de plus.

jeudi 8 janvier 2009

En 2009, l'horreur étend son emprise


C'est au tour du foie gras d'être contaminé.
A Noël prochain, faudra-t-il aussi que je me méfie du champagne?
(Article tiré du numéro de février de GAEL)

Soldes d'hiver 2009 - Episode 2: Hot & cold in Paris

Avec un gros quart d'heure de retard dû aux conditions climatiques déplorables, le Thalys m'a déposée hier matin à Paris où il faisait, à vue de nez congelé, au moins cinq degrés de plus qu'à Bruxelles. J'ai commencé ma journée par le shopping hors soldes: un passage au Temple du Scrap (sur le chemin duquel j'ai fait une inspection rapide - et infructueuse - des Manoukian et Etam de l'avenue du général Leclerc), et un crochet par Arkham pour récupérer les comics accumulés dans ma pochette depuis début novembre (soit trois Buffy, un Echo et le premier numéro du nouveau Phonogram).

C'est avec un sac déjà fort lourd et encombrant que je me suis lancée à l'assaut du boulevard Haussmann. Comme prévu, le Printemps était bondé et les rayons en bordel total. Ne trouvant pas le courage de me lancer à la recherche du fameux pantalon noir, je me suis concentrée sur ma quête de cachemire. Chez Maje, j'ai trouvé un adorable petit pull indigo avec le genre de col arrondi légèrement bateau que j'affectionne, ultra-doux, avec un tombé impeccable. Soldé à - 40%. Je l'aurais bien pris dans une autre couleur, mais ça devait être du deux fils tout au plus et la marque n'a pas une réputation de très grande qualité en matière de cachemire, donc j'ai joué la prudence. Chez Bérénice, le seul modèle qui me plaisait ne contenait que 20% de cachemire et n'était soldé qu'à 20%; de plus mes cheveux longs auraient caché le joli hibou imprimé dans le dos. J'ai quand même craqué pour un top à manches longues également indigo, également tout-mou-très-doux, qui sera parfait pour porter sous un pull. Dans la cabine d'essayage, j'ai retiré mon gros pull gris qui commençait sérieusement à faire étuve et l'ai fourré dans mon sac avec mes achats précédents. Malgré ça, j'ai grimacé quand j'ai dû remettre mon manteau par-dessus mon T-shirt. Je suis passée devant chez Zadig&Voltaire sans un regard pour leurs cachemires hors de prix qui, paraît-on, se transforment en serpillère dès le premier lavage. Au rez-de-chaussée, j'avais envie de fouiller le rayon accessoires en quête d'un bonnet en grosse maille, mais je me suis égarée du côté des sacs à main et n'ai pas eu le courage de rebrousser chemin à travers une foule compacte et de moins en moins polie. Moi-même, sauf gros accrochage, j'avais cessé de dire pardon aux gens que je bousculais depuis une heure environ. Je suis passée au second magasin Printemps pour quelques petites courses beauté, hors soldes évidemment. Chez Kiehl's et L'Occitane, j'ai vainement cherché pour Chouchou un after-shave dont l'odeur ne me ferait pas froncer le nez. Chez Shu Uemura, j'ai fait l'emplette d'un flacon de la fameuse huile démaquillante au thé vert, un produit soi-disant miraculeux (et pour l'avoir essayé sur ma main, je suis assez encline à croire la rumeur) qui me fait envie depuis que j'ai recommencé à me maquiller "sérieusement". Chez Paul & Joe, j'ai été toute contente d'apprendre qu'il restait encore quelques tubes du rouge à lèvres Velveteen sorti en édition limitée pour les fêtes et vanté par Anne-So sur Cachemire et Soie.

Il me restait encore une heure et demie avant de devoir reprendre le chemin de la Gare du Nord. J'étais partagée entre l'envie de me traîner jusque chez Garrice, à Saint-Paul, pour voir s'ils n'auraient pas les Chie Mihara que je n'avais pas réussi à trouver chez Boccacci, et une grosse flemme de me taper un trajet en métro supplémentaire. Finalement, j'ai opté pour la solution de facilité en décidant d'aller faire un tour aux Galeries Lafayette voisines - et ce, bien que je n'apprécie guère ce magasin trop sombre et fouillis à mon goût. Au rayon Jodhpur (une marque maison), j'ai trouvé plein de jolis pulls en cachemire pas mémères, mais pas soldés non plus et uniquement dans des tailles gigantesques. Une excavation méthodique m'a néanmoins permis de mettre la main sur un adorable modèle rouge avec un décolleté bateau et de petits boutons sur les épaules, le seul 2 qui restait dans tout le rayon. Embarqué. Alors que je traînais la patte entre les autres stands du premier étage en attendant 18h30, je suis tombée sur un stand Cop Copine. A Toulouse, j'avais repéré deux pulls qui, bien que pas en cachemire, me plaisaient beaucoup. Je les ai cherchés, sans succès. Cop Copine fait visiblement partie de ces marques qui, au lieu de profiter des soldes pour vider leur rayon des modèles dépareillés qui leur restent, font rentrer en grande quantité des modèles bien précis à vendre moins cher. Ca ne m'a pas empêchée de dégoter un top à manches longues sympas, noir avec des inscriptions rouges et blanches, que j'ai essayé en plein rayon pour cause d'engorgement des cabines. Non, ça ne m'a pas dérangée de me mettre en caraco devant tout le monde: à ce stade de la journée, les gens étaient tellement hébétés qu'ils ne faisaient plus attention à rien.

Je suis rentrée à Bruxelles semi-satisfaite de cette journée. Mais nous allons à Anvers samedi, et la météo a même prévu une température positive, donc tous les espoirs restent encore permis!

Moody & Cookie, le retour

Nous sommes malades tous les deux. Rien de grave, mais le froid et le manque de sommeil ont fini par avoir raison de Chouchou, qui s'est fait donner la journée par son médecin; quant à moi, j'avais déjà mal à la gorge depuis quelques jours, et les gros changements de température que j'ai subis hier n'ont rien arrangé. Je crois que je vais être gentille avec moi et me donner congé aujourd'hui.

A côté de moi, Chouchou profite de son temps libre pour mettre à exécution un projet dont j'ai lancé l'idée fin décembre: un Moody & Cookie part 2 qui devrait être en ligne incessamment sous peu. Vous y retrouverez nos photos carrées en vis-à-vis, une pour lui et une pour moi. Le rythme de publication ne sera plus quotidien (je trouvais ça trop contraignant et répétitif au bout d'un moment) mais hebdomadaire, avec deux nouveaux clichés tous les mercredi. Nous avons renoncé à la limitation "pas de gens reconnaissables", puis "pas de gens de notre entourage reconnaissables", que nous avions de plus en plus de mal à respecter sur la fin du premier Moody & Cookie.

Pourquoi reprendre après deux mois d'interruption? Parce que j'ai vite perdu l'habitude de sortir mon appareil à tout bout de champ, et que ça me manque. Parce que j'ai besoin d'une motivation concrète pour essayer de progresser en photo. Parce que nous faisons encore des clichés sympas qui n'ont pas forcément leur place dans "Le rose et le noir" et "Quelle heure est-il à Tokyo?" Parce que Chouchou est toujours partant pour les aventures créatives. D'ici la fin de la journée, sans doute, un nouveau lien viendra donc s'inscrire dans la colonne de droite de nos blogs respectifs.

EDIT 13:22: Voilàààààà c'est fait! Viendez nombreux!

mercredi 7 janvier 2009

Jour J

Chers amis,

C'est aujourd'hui le grand événement pour lequel samedi dernier n'était qu'une vulgaire répétition. Dans le milieu du spectacle, on dit que si la générale est foirée, la pièce sera une réussite. Espérons que le principe s'applique également au shopping. Oui, mesdames et messieurs, ne reculant devant aucun sacrifice, je m'apprête à me jeter dans la cohue parisienne un premier jour de soldes d'hiver, toujours deux fois plus pénibles que leurs consoeurs d'été en raison des multiples couches de vêtements impliquées dans les essayages et de l'effet chaud/froid lorsqu'on entre et sort des magasins bondés.
Je suis parée pour résister à la température polaire: T-shirt à manches longues sous pull en cachemire, collant opaque sous jean, chaussettes dans boots, plus manteau trois-quarts, bonnet, écharpe en polaire et gants fourrés. J'espère sans trop y croire trouver un vestiaire au Printemps Haussman, sinon mon expédition risque vite de se transformer en séance de sauna. Je suis équipée de tickets de métro en quantité suffisante pour ne pas devoir faire la queue aux guichets RATP de la Gare du Nord, d'une tripotée de cartes de fidélité et de paiement et d'une liste qui se résume à ceci:
- pull(s) en cachemire
- pantalon noir d'hiver, chaud et bien coupé.
Vu la météo actuelle, les premiers risquent de s'arracher quelque chose de grave, et je n'ai pas la moindre idée de l'endroit où chercher le second: ça fait des années que je ne porte que des jeans, ou éventuellement des genres de treillis (pour le confort, la rapidité de séchage et les poches multiples) quand je voyage. Autrement dit, je ne nourris pas des espoirs démentiels de rentrer ce soir ivre de bonheur. Si j'arrive à ne pas acheter quatorze fringues improbables et pas à ma taille sous le coup de la frustration, ce sera déjà bien.
Sur ce, je pars attendre mon bus dans la nuit noire à peine pâlissante.

mardi 6 janvier 2009

Ah elle commence bien l'année 2009!

Mon jeune voisin slovène n'étant pas encore rentré de vacances (mais quand reprend-il les cours, ce fainéant?) et les employés de Mobistar ne se décidant pas à sortir les doigts de leur fondement pour nous relier au réseau, nous sommes toujours sans internet à la maison. Depuis une semaine, nous errons donc entre La Table et l'Exki de la Porte de Namur, dépensant des fortunes en consos pour justifier notre présence et nous gelant grave les miches sur le chemin. Car bien entendu, une petite misère n'arrivant jamais seule, il fait une température sibérienne à Bruxelles. Je n'ai jamais eu aussi froid de ma vie, et hier, j'ai bien cru me casser deux ou trois pattes en glissant sur la bouillie de neige semi-gelée qui recouvre les trottoirs.
Tout ça serait beaucoup plus facile à supporter si je ne me faisais pas autant de souci pour mon papa... Vivement la semaine prochaine qu'on soit enfin fixés!

lundi 5 janvier 2009

"Kaamelott" saison 5

J'avoue: je suis une fan de la première heure de Kaamelott. J'ai hurlé de rire devant les pitreries de Perceval et Caradoc, les vacheries de Léodagan et Selli, la naïveté confondante de la reine Guenièvre. J'ai compati aux difficultés de ce pauvre roi Arthur obligé de se cogner la quête du Graal avec une pareille équipe de bras cassés. J'ai retrouvé avec plaisir des tas de références aux jeux de rôles de mon adolescence et à mes films cultes. Je me suis enflammée pour le talent d'Alexandre Astier: créateur de la série, auteur des scénarios et de la musique, metteur en scène et interprète du personnage principal, que de casquettes brillamment portées par un seul homme! Mais à partir de la saison 4, Kaamelott a changé. Les épisodes se sont allongés, et l'humour a peu à peu cédé la place aux nécessités d'une narration qui se voulait de plus en plus dramatique. J'ai beaucoup moins ri et pas franchement réussi à accrocher au nouveau ton de la série. Ce qui ne m'a pas empêchée d'investir dans la saison 5 dès sa sortie en DVD. Je m'étais attachée aux personnages, et j'avais quand même envie de connaître la suite.

Huit épisodes de 50 minutes plus tard (au lieu d'une centaine d'épisodes de 3 minutes pour les trois premières saisons), ma perplexité est grande. Passent encore le changement radical de format, le bouleversement de la situation telle que nous l'avions connue jusque là et la disparition de nombreux personnages secondaires comme Angarad ou les maîtresses du roi qui trouvaient leur place dans des saynètes du quotidien mais n'en ont plus dans une histoire désormais contée avec un H majuscule. En revanche, j'ai du mal à avaler le rythme souvent languissant, le comique de répétition quand il est déjà poussif à la base, et surtout les brusques ruptures de ton. Alexandre Astier a cherché, dit-il dans un entretien filmé inclus au DVD, à surprendre le spectateur. Mais il y a une différence entre surprendre les gens et les promener de l'humour pipi-caca le plus basique à des réflexions profondes sur la condition humaine. Du coup, l'ensemble est complètement décousu, dépourvu de la moindre homogénéité. C'est vrai qu'on rit encore aux éclats quand les réparties cinglantes fusent autour de la table royale pendant le dîner; qu'on est touché par les tentatives de Guenièvre pour se rapprocher de son époux ou par la quête d'Arthur, parti chercher des enfants pour donner un sens à sa vie; qu'on s'indigne devant les manigances de Mevanwi et qu'on ne peut s'empêcher de se demander "Mais que veut donc ce Méléagant?". N'empêche que ce n'est pas ce qu'on s'est habitués à attendre de la part de Kaamelott, et en ce qui me concerne, le changement est un peu dur à avaler.

dimanche 4 janvier 2009

Soldes d’hiver 2009 - Episode 1 : Brussels, the mysterious shrinking boots

Les dernières soldes d’été ayant été particulièrement fructueuses à Bruxelles, j’espérais plus ou moins réitérer hier mes exploits du mois de juillet. Entre le froid glaciaire et l’absence prolongée d’internet à la maison, les signes étaient pourtant clairs : l’univers m’est contraire en ce moment. Pas de raison pour que son hostilité ne s’étende pas au domaine du shopping.

Ainsi, les deux paires de Chie Mihara que j’avais repérées chez Bocacci n’étaient plus disponibles qu’en pointure 37 ou 38 au minimum, alors qu’idéalement il m’aurait fallu du 35 1/2. Chez Graphie Sud, il ne restait qu’un exemplaire du col roulé en cachemire rouge Isabel Marant qui me tentait bien : une taille 3, hélas. Et le délicieux petit manteau en jacquard orange vendu au prix modeste de 460 euros ne bénéficiait que d’une remise de 30%, ce qui faisait encore un peu gloups, surtout pour quelqu’un qui a déjà acheté deux manteaux cet hiver et dont l’éditeur ne lui a toujours pas payé l’avance (la somme qui doit être versée avant le commencement d’un boulot, donc) sur une traduction rendue hier.

Je suis quand même ressortie avec une paire de bottines en cuir marron Chie Mihara. Trop grandes au niveau du pied (c’est un 36), trop étroites au niveau du mollet (je ne peux pas monter la fermeture jusqu’en haut), mais comme elles me tiennent bien la cheville, que je compte les porter uniquement sous un pantalon et qu’elles rééquilibrent à merveille ma silhouette en bouteille d’Orangina, je les ai achetées quand même. La vendeuse à la caisse a jugé utile de me préciser que c’était un vieux modèle d’il y a un ou deux ans, ce qui a quand même un peu froissé mon orgueil de chasseuse déjà mis à mal par ces premières déconvenues.

Deuxième arrêt : boulevard de Waterloo – chez les riches, donc – pour faire un tour chez Eric Bompard. J’ai toujours lu beaucoup de bien sur ce spécialiste du cachemire, et vu la température actuelle à Bruxelles, je ne pense pas survivre jusqu’au printemps avec de vulgaires pulls en coton/acrylique, d’autant que la manche longue ne semble toujours pas revenue à la mode. Cet hiver, je porterai du poil de chèvre indienne ou je trépasserai avant le 21 mars. Apparemment, Eric Bompard penche en faveur de la seconde solution. Nous avons dû attendre devant la porte que deux personnes sortent pour être autorisés à entrer dans le magasin, où une vision d’horreur nous attendait. Une truie n’aurait pas retrouvé ses petits au milieu de tous les pulls et les gilets dépliés, abandonnés en boule sur les étagères ou même sur le sol. J’ai quand même jeté un coup d’œil aux modèles, et la seule chose flatteuse que je peux en dire, c’est qu’ils doivent se marier à la perfection avec un rang de perles et des mocassins.

Dépités, Chouchou et moi avons tenté un changement de tactique radical et mis le cap vers RacailleLand, j’ai nommé la rue Neuve. Grosse erreur. Rien que pour remonter du métro dans le centre commercial City 2, nous avons cru mourir étouffés. Une fois à l’air libre, ça ne s’est pas beaucoup arrangé. Maudits soit les gens avec poussette qui pensent que trimballer un bébé leur donne le droit d’emboutir violemment les mollets des autres pour forcer le passage, et maudits soient les fumeurs qui même au sein d’une foule compacte se baladent avec une clope allumée à la main sans se soucier de cramer les vêtements ou les mains des autres.

Partout, c’était le pur chaos. Nous avons tout de même eu un coup de chance : dans le premier magasin de chaussures où nous sommes rentrés totalement au hasard, Chouchou a trouvé une très jolie paire de boots en cuir marron vieilli pour remplacer ses vieilles baskets à scratch qui prennent l’eau de toutes parts. Moins 10% seulement, mais le prix restait dans son budget. De mon côté, je suis tombée sur l’article que je n’espérais plus, le Saint-Graal sur lequel je fantasmais sans espoir depuis des années : une paire de bottes hautes capables d’accommoder la circonférence extravagante de mes mollets. D’accord, elles fermaient juste juste dans le magasin, mais elles me faisaient des jambes presque sortables. Je les imaginais très bien portées avec un gros collant en laine ajouré et une jupe en jean au-dessus du genou.

Sauf que l’univers n’avait pas dit son dernier mot. Après un passage éclair à la maison pour poser nos paquets, Chouchou et moi avons décidé de retourner à La Table, histoire de surfer une heure ou deux sur internet. Tout fiers, nous avons enfilé nos nouvelles chaussures. Enfin, Chouchou a enfilé ses nouvelles chaussures et m’a regardée m’acharner sur la fermeture éclair de mes bottes en transpirant à grosses gouttes. Ami lecteur, amie lecteuse, je ne te mens pas : entre le moment où je les avais achetées et le moment où je les avais ramenées chez moi, mes mollets avaient apparemment pris deux ou trois centimètres de diamètre supplémentaire. A moins que les bottes aient rétréci en catimini. J’ai été obligée de défaire les petites boucles sur le côté, et le seul moyen pour moi de les refermer un jour, ce sera de poinçonner deux trous supplémentaires dans les languettes correspondantes. Ce qui serait un moindre mal si je ne soupçonnais pas que, sous la pression, le cuir de celles-ci se déchirera au bout de cent mètres de marche.

Mercredi, je fais l’ouverture des soldes à Paris, et le butin à intérêt à être bon, rogntudju !

samedi 3 janvier 2009

Le sang a parlé

SOEUR CADETTE (au téléphone le Jour de l'An): ...Et tu sais quoi, hier j'ai craqué: je suis allée chez Gérard Darel et je me suis acheté le même sac que le tien, peut-être un peu plus petit et dans un marron légèrement différent. Ben, depuis, j'ai même pas envie de le porter - juste de le regarder, tellement il est beau. Pour un peu, je dormirais avec.

Je suis fière.

vendredi 2 janvier 2009

Sans Internet Fixe

Pas d’internet à la maison depuis notre retour de vacances. Je suis sur les nerfs quelque chose de grave. C’est là que je me rends compte à quel point je suis devenue dépendante du web. Je m’en sers pour communiquer avec le reste du monde - parents, amis, employeurs et administration - par mail, par Skype, par Facebook ou blog interposé ; je compte sur lui pour me tenir au courant de l’actualité ; j’y fais mes comptes et une bonne partie de mon shopping ; j’y commande les photos sans lesquelles je ne peux pas scrapper. Tout cela est très pratique quand ça fonctionne. Dans le cas contraire… c’est la panique. Le cours normal de ma vie s’en trouve presque paralysé. Les solutions alternatives existent, mais elles sont plus chiantes et souvent beaucoup plus coûteuses en temps ou en argent.

Donc, je ronge mon frein depuis lundi soir. Mardi, Chouchou et moi avons passé trois heures et demie à surfer au premier étage de l’Exki de la Porte de Namur. Mercredi, nous avons été trop occupés pour nous mettre en quête d’un réseau non sécurisé, et hier, tout était fermé. Aujourd’hui, je me suis dépêchée de finir de bosser pour foncer de nouveau à l’Exki. Et là, le drame : la connexion ne fonctionnait pas. J’ai demandé au responsable d’éteindre et de rallumer le routeur ; il a refusé, prétextant que ça ferait trop de bazar au niveau de ses caisses. J’ai réprimé une envie sauvage de l’éventrer lentement et douloureusement avec une touillette en plastique, puis de lui servir ses intestins en guise de goûter. Sur les conseils de Chouchou, j’ai attendu une heure que la connexion se rétablisse d’elle-même, sans succès. J’ai fini par capituler et par rentrer à la maison en pestant contre Mobistar, le froid de gueux qu’il fait actuellement à Bruxelles et tout le reste de l’univers.

Chouchou étant rentré du travail, nous nous sommes dirigés vers La Table, un troquet/salle de jeux équipé du wifi qu'il avait répéré non loin de chez nous. Là, il a pu se connecter avec son MacBook... Mais rien à faire, du côté de mon HP, ça ne passait toujours pas. Chouchou s'est donc dévoué pour rebrousser chemin jusqu'à l'appart' afin de ramener un câble éthernet qui me permettrait de me brancher sur son portable. Là, j'essaie désespérément de rattraper le retard accumulé ces derniers jours tandis qu'autour de moi, des ados de 15 à 35 (!) ans jouent à Magic. Ca faisait bien longtemps que je n'avais pas baigné dans cette atmosphère. Hé oui, c'est aussi ça, la vie de sans internet fixe.