mardi 31 mars 2009

10 (other) things I loved this month

- La clinique vétérinaire à laquelle, après deux expériences malheureuses, nous nous sommes adressés pour faire soigner Copernique. Super bien équipée niveau matériel et personnel, elle assure un service de garde la nuit, les week-ends et les jours fériés. En plus, la réceptionniste est adorable. Adresse sur demande pour les Bruxellois.

- La saison 1 de "Gossip girl", parce que je ne dédaigne pas un petit plaisir coupable de temps en temps. C'est clair que ça ne fait pas mal à la tête, mais passé le pilote un peu laborieux, la série trouve son rythme et acquiert un humour féroce du meilleur goût. On en viendrait presque à éprouver de la pitié pour les gosses de riches de l'Upper East Side: leur vie a l'air d'un compliqué!

- L'huile sèche à l'huile d'olive Body Shop. Ca se vaporise sur le corps pour éviter l'effet peau de croco; ça remplace très avantageusement les crèmes grasses qui mettent trois plombes à pénétrer et collent aux vêtements; et ça n'a pas du tout une odeur de Puget extra-vierge 1ère pression à froid, mais un parfum léger et très agréable.

- Les peep-toe compensées Cacao de chez André - la seule boutique moyen de gamme dans laquelle j'achète encore des chaussures, même si les prix tendent fortement à s'envoler depuis quelques années: je sais que la qualité y est toujours bonne. Et puis leur collection Studio copie s'inspire pas mal de designers pointus, notamment Chie Mihara. Je cherchais des chaussures de ce style depuis que j'en avais vu aux pieds d'Alyson Hannigan dans un vieil épisode de HIMYM. Elles me grandissent pas mal, sont super stables et iront avec tout. J'en suis d'ores et déjà folle.

- Le Philadelphia: sorte de Saint-Moret belge, encore meilleur que son équivalent français. Acheté en barquette familiale et généreusement tartiné sur un bagel le matin, est probablement responsable d'une grosse partie des 5 kilos excédentaires que j'ai emmagasinés à l'insu de mon plein gré cet hiver. S'est donc vu banni (avec un immense regret) de notre frigo à l'approche des beaux jours.

- Mon pinceau à blush n°168 de chez MAC. Hélène m'avait conseillé le 187 ou le 188, mais je les ai essayés et je ne les sentais pas. La vendeuse m'a suggéré celui-ci; j'ai craqué pour son asymétrie, son côté touffu et la douceur de ses poils. C'est vraiment l'outil qu'il me fallait pour réussir à poser correctement mon blush, moi qui étais assez handicapée de ce côté-là. Comme tous les pinceaux MAC, coûte un rein mais durera une vie si bien entretenu (= lavé une fois par semaine au savon de Marseille).

- Les records battus par "Le rose et le noir", avec 48 messages ce mois-ci et un pic d'affluence à 434 visiteurs uniques dans la journée du dimanche 22. La plupart des blogs s'essoufflent au fil du temps; le mien n'a jamais été aussi foisonnant qu'à la veille de son 4ème anniversaire (et du 5ème anniversaire de mon arrivée dans la blogosphère avec le défunt "Le temps n'est rien").

- Les sous-pulls: enfant, je les tenais pour une invention du diable justifiant à elle seule la destruction de toutes mes photos d'écolière. Aujourd'hui, je vis dans un pays où l'hiver dure 9 mois, et arrive un moment où je me lasse même de mes jolis pulls en cachemire, un moment où je veux recommencer à porter des tuniques et des hauts sans manches. Jusqu'ici, je n'ai pas trouvé d'autre solution que le recours aux sous-pulls pour éviter de trépasser de froid. Simplement, je les ai achetés noir, gris ou rose pâle plutôt que bleu marine, vert sapin ou bordeaux comme ceux qui m'ont traumatisée jadis.

- Le tome 20 de "Nana", la série de Ai Yazawa. Toujours aussi bien dessiné et aussi poignant, même si l'histoire commence à traîner un peu en longueur. La façon dont les personnages se heurtent à la réalité et voient leurs rêves tomber en morceaux petit à petit est extrêmement bien rendue.

- "Un bonheur insoupçonnable", petit conte philosophique de Gila Lustiger à la traduction impeccable (croyez bien que je remarque ces choses-là) et aux illustrations pleines de charme. Une merveille de douceur et de tendresse dans ce monde de brutes. Par contre, je n'ai pas adoré les très longues notes de fin de chapitre qui obligent à des aller-retour perpétuels; j'ai bien conscience qu'elles sont là pour créer une atmosphère intimiste d'appartés, mais aurais apprécié que l'auteur trouve le moyen de les intégrer au texte principal.

lundi 30 mars 2009

C'est le printemps!

Dans ma tête, mon anniversaire marque surtout le retour du printemps. Je sais que dès le week-end suivant, on va passer à l'heure d'été, que les journées vont rallonger et se remplir peu à peu de lumière. Que je vais recommencer à m'aventurer dehors même sans motif impérieux tel que l'acquisition d'un 317ème fard à paupières. Que j'envisagerai une balade dominicale au parc avec mon amoureux et un bon bouquin comme un but de sortie valable, voire réjouissant. Que je pourrai de nouveau ingurgiter des fruits et des légumes autrement qu'un révolver pointé sur la tempe. Que je réussirai à travailler passé 16h30 sans avoir l'impression d'être esclave de mon boulot (mon inconscient a décidé que je ne ferais rien de productif après la tombée de la nuit; heureusement qu'il n'était pas dans ce genre de dispositions quand j'ai débuté ma carrière sinon je serais très pauvre aujourd'hui). Que j'envisagerai d'aller dîner dehors pour le plaisir de traînasser dans la cour intérieure du IIème Elément plutôt que parce que le frigo est désespérément vide. Que je mettrai les longues soirées à profit pour scrapper en voyant vraiment ce que je fais. Que je remiserai mes pulls en cachemire, mes boots de moto et mes gros blousons au profit de T-shirts colorés, de Converse sans lacets et de sandales légères. Que je pesterai contre les magazines féminins dont le numéro d'avril est inévitablement un "spécial minceur", mais que je surveillerai (un peu) mon alimentation pour ne pas me sentir trop boudinée dans mes jupes. Que j'aurai toujours du mal à m'endormir le soir, mais pas parce que je rumine des idées noires: parce que je fourmille de projets et regrette de devoir perdre du temps à roupiller.

Un chouette week-end d'anniversaire

dimanche 29 mars 2009

Une année d'auto-portraits: semaine 13


Photo prise hier à l'Urban Outfitters d'Anvers. Oui, je sais, j'ai une étiquette sur le nez, mais à 21€ les lunettes importables sauf pour déconner, je n'allais quand même pas les acheter.

samedi 28 mars 2009

Mission accomplie

Dès le soir de son arrivée, je me suis jetée sur Soeur Cadette avec ma trousse caisse à outils de maquillage et mon pot de pinceaux. Elle n'a opposé qu'une faible résistance, protestant que oui oui elle était sûre que je pouvais lui faire quelque chose de joli, mais qu'elle serait sans doute incapable de le reproduire de son côté. J'ai donc commencé par quelque chose de simple et de discret: le fond de teint Avène que je lui avais fait acheter l'après-midi (teinte 03-Sable alors que je prends le 01-Porcelaine, nous n'avons pas du tout la même carnation), puis du Satin Taupe en à-plat sur la paupière mobile, plus un peu de Brûlé en highlighter et un trait de liner crème brun. Mascara noir, blush Gingerly, rouge à lèvres Papaye de chez Clarins, et hop! Soeur Cadette était sublime pour aller dîner au Shimla. J'ai essayé de la prendre en photo, mais elle rigolait beaucoup trop pour que ça donne quelque chose.

Hier en fin de matinée, j'ai récidivé avec un maquillage un poil plus élaboré: illumineur de teint Armani mélangé au fond de teint Avène, puis All That Glitters sur la paupière mobile + Henna en genre de demi-banane ouverte, Naked Lunch sous le sourcil, re-liner brun et mascara, blush Orgasm de Nars, gloss Surrender de Body & Soul. Soeur Cadette a reproduit sur son oeil droit ce que j'avais fait sur le gauche, et elle ne s'en est pas si mal tirée (même, si, curieusement, elle n'arrive à faire que des traits de liner deux fois moins épais que les miens). Une fois de plus, j'ai modestement trouvé le résultat génial et me suis félicitée de l'excellence de mon goût.

Et hier après-midi, donc, nous avons fini notre petite boucle shopping au Châtelain chez MAC. J'avais déjà fait don à Soeur Cadette d'un pinceau à blush, d'un pinceau plat à poils longs et d'un pinceau plat à poils courts, plus une palette de fards à paupières 4 godets (vide) et d'un French Cuff (sorte de rose doré qui me faisait un peu doublon avec l'Expensive Pink). Elle s'est offert en complément le Satin Taupe, le Brûlé et le Silver Ring, le liner brun Dipdown, les pinceaux 210 (liner) et 219 (estompeur "crayon") et un blush. Addition totale: 120€; mes neveux mangeront des pâtes jusqu'à la fin du mois mais tant pis - ils auront la plus jolie maman de Toulouse et des environs.

jeudi 26 mars 2009

38

Je ne suis pas très portée sur les dates symboliques. La dernière (et une des rares) fois que j'ai fêté mon anniversaire, c'était pour mes 30 ans. D'habitude, le 26 mars est pour moi un jour plus ou moins comme les autres.

Mais cette année, j'ai tout plein de raisons de me réjouir. La deuxième opération de Père s'est si bien passée, hier matin, que l'hôpital l'a libéré tout de suite au lieu de le garder en observation 48h comme prévu. Du coup, Soeur Cadette sera parmi nous cet après-midi; nous allons la chercher à l'aéroport où elle arrive par l'avion de 13h40. Chouchou a effectué sa dernière journée à la banque Tûûût hier également, de sorte qu'il pourra participer aux réjouissances de ce week-end prolongé et surtout me cuisiner ses fameuses pâtes aux pleurottes. Et apparemment, l'éditeur de Maudite Série aurait décidé d'arrêter les frais, ou au moins de repousser la trad du tome suivant jusqu'en début d'année prochaine, ce qui m'évitera de passer un Xième été à m'arracher les cheveux à cause de termes tellement archaïques qu'ils ne figurent plus dans aucun dictionnaire.

Et la merveilleuse cerise sur le gâteau: hier, sur le site du Soir, Chouchou a vu que Leonard Cohen repassait en Europe cet été. A Anvers, mais aussi à Paris, à Nantes et à Toulouse. La première location à s'ouvrir était celle pour Paris, ce matin à 10h. Il est 10h08 et je vous annonce avec une joie immense que je suis depuis quelques minutes l'heureuse détentrice d'une place au troisième rang du palais omnisport de Bercy, dans le Carré d'Or, pour la date du 7 juillet 2009. Ca m'a coûté un rein, mais je suis bien certaine que je ne le regretterai pas.

Alors, même si la météo ne s'annonce pas géniale, même si Copernique doit retourner une 4ème fois à la clinique vétérinaire pour des examens plus poussés - la prise de sang et l'analyse d'urine n'ayant rien révélé qui justifie son comportement des dernières semaines -, même si je vais passer la matinée à faire le ménage et la cuisine, je ne suis que bonheur. Après des années de tâtonnements et d'erreurs, ma vie ressemble enfin à ce que je suis, à ce que je veux. Je viens d'engranger douze mois d'amour serein, d'amitiés profondes et sincères, de rencontres passionnantes, d'expériences magnifiques et je ne vous parle même pas de mon placard à chaussures. Cela seul serait une raison bien suffisante pour me réjouir.

mercredi 25 mars 2009

Salade de quinoa aux agrumes

...dite également "salade anti-scorbut" :)

Pour 6 à 8 personnes en entrée, 3 ou 4 personnes en plat unique:

- 300 g de quinoa
- 2 avocats bien mûrs
- 2 oranges
- 2 grosses carottes
- 2 cuillères à soupe d'amandes pilées
- 2 citrons verts
- 4 cuillères à soupe d'huile de sésame
- sel, poivre

Faire cuire le quinoa selon les instructions sur le paquet (en général, 2 volumes d'eau bouillante salée pour 1 volume de quinoa).
Dans un grand saladier, mélanger le jus des citrons, l'huile, le sel et le poivre.
Ajouter les avocats coupés en dés, les carottes épluchées et râpées gros, les oranges en tiers de quartiers dont la peau a été préalablement enlevée (oui, ça prend du temps et on s'en fout partout).
Rajouter le quinoa cuit et les amandes. Bien mélanger. Laisser une demi-heure au frigo avant de servir.

La question de l'écriture

Ce post tourne dans ma tête depuis un moment déjà sans que j'aie le courage de m'y atteler. Mais dans le sillage du Salon du Livre et à l'aube de mes 38 ans, il m'a semblé qu'il était temps de retrousser mes manches et de prendre mon courage à deux mains. Here goes!

Quand j'étais petite, je n'avais pas d'autre ambition que de devenir écrivain. Là où les autres gamines rêvaient de se marier et d'avoir pleins d'enfants, d'endosser un uniforme d'hôtesse de l'air ou un tutu de ballerine, je savais déjà que ma vie était et serait toujours dans les livres. Les livres ne me mettaient pas la pression pour que je sois la meilleure, les livres n'étaient pas cruels et ne se moquaient jamais de moi, les livres me tendaient leurs pages pour que je m'y réfugie à toute heure en oubliant le réel. Je ne voyais pas de plus belle chose à laquelle consacrer mon existence.

Pendant mon enfance et mon adolescence, j'ai noirci des dizaines de carnets intimes. A côté de ça, j'ai écrit assez peu de fiction: une courte pièce de théâtre qui se terminait par la victoire du méchant quand j'avais une dizaine d'années et que je venais de me prendre en pleine figure le choc de la découverte de Racine; un remake de "L'empire contre-attaque" dans lequel Luke Skywalker découvrait une moi plus âgée cryogénisée, la réveillait et - bien entendu - tombait amoureux d'elle. Oh, et puis aussi quelques très mauvais poèmes morbides, le genre sous-sous-Baudelaire qu'on commet volontiers à l'adolescence. Il était déjà évident que je ne savais écrire que sur moi, que mon but n'était pas de raconter des histoires mais de soulager mes tourments intérieurs en les mettant à plat sur du papier comme si cela pouvait m'en purger.

Et puis je suis devenue (relativement) grande. Après un détour malheureux par des études entreprises contre mon gré et pas du tout faites pour moi, j'ai eu la chance de réussir à trouver du travail dans l'édition. Je me suis mise à traduire les livres des autres. Ce n'était pas tout à fait écrire, mais c'était sans doute ce qui y ressemblait le plus, hormis peut-être un boulot de journaliste. Dans mon entourage, la question a commencé à revenir de plus en plus souvent: "Et toi, quand est-ce que tu publies un livre?". Je me trouvais sûrement, du fait de mes contacts dans le milieu, en meilleure position que d'autres pour espérer le faire. Et dans mon cercle de connaissances proches ou plus lointaines, les auteurs se multipliaient à une vitesse ahurissante. Jusqu'à ce Salon du Livre où j'ai eu l'impression d'être la seule personne de mon entourage qui n'avait jamais publié un livre ni même écrit dans ce but, fût-ce une toute petite nouvelle.

A cela, il y a plusieurs raisons parfaitement logiques:

- D'abord, je suis vénale. Et la réalité, c'est qu'à moins de s'appeler Marc L., Guillaume M. ou Anna G., les auteurs français ont beaucoup de mal à vivre de leur plume, les volumes de vente étant insuffisants pour générer des droits qui leur permettraient de se consacrer entièrement à l'écriture. En tout cas, la plupart de ceux que je connais ont en parallèle une activité "alimentaire": ils sont traducteurs, scénaristes, journalistes, enseignants... Et moi, ben j'ai pris l'habitude de vivre confortablement. Pas dans le luxe, hein. Mais j'entretiens deux domiciles, un en France et un en Belgique; j'aime voyager dans des pays lointains et j'ai élevé le shopping au rang de 8ème (ou 9ème, je ne sais plus où on en est) art. Je ne m'imagine pas recommencer à compter mes petits sous comme quand j'étais étudiante.

- Ensuite, je suis paresseuse. Et si la fréquentation d'auteurs publiés - ou souhaitant l'être - m'a appris une chose, c'est que l'écriture n'est pas une sinécure. Lorsqu'on dévore en deux heures un petit roman de deux cents pages, on ne se doute pas du temps que sa conception a généralement réclamé. Tous les auteurs ne sont pas comme Gudule ou comme Amélie Nothomb; pour la plupart d'entre eux, écrire est quelque chose de laborieux, de douloureux même. C'est lutter contre l'angoisse de la page blanche, les idées qui s'envolent dès qu'on s'installe à son bureau pour les développer; c'est se battre contre les phrases qui ne veulent pas prendre la tournure souhaitée, qui sonnent bizarrement ou peinent à retranscrire une image intérieure. C'est se remettre en cause en permanence: ai-je réellement quelque chose de nouveau à dire, ne suis-je pas en train de m'échiner pour produire un texte médiocre dans le meilleur des cas? Toutes choses qui me fatiguent d'avance.

- Enfin, je suis orgueilleuse. Je ne crois pas posséder l'humilité nécessaire pour accepter le fait qu'un éditeur me dicte comment remanier mon texte pour l'améliorer - une fois, deux fois, dix fois s'il l'estime nécessaire. Et puis surtout, on a trop attaché d'importance à mes brillants résultats scolaires lorsque j'étais enfant. Aujourd'hui, je ne vois pas l'intérêt d'écrire si c'est pour pondre un premier roman moins magistral que "The secret history" de Donna Tartt, moins hallucinant que "House of leaves" de Mark Z. Danielewski moins fulgurant qu'"Une fièvre impossible à négocier" de Lola Lafon.

Sans compter qu'il ne suffit pas d'avoir des prétentions éditoriales: il faut aussi un sujet à explorer. Je l'ai dit plus haut: j'ai le sentiment de ne savoir, de ne vouloir, de n'avoir besoin de parler que de moi. Je suis une nombriliste, pas une conteuse. Or, s'il est un genre littéraire qui m'agace par-dessus tout, c'est l'auto-fiction de trentenaire. Je ne vais quand même pas écrire le type de bouquin que je regarde avec mépris sur les tables des libraires!

Voilà pourquoi vous ne risquez pas de voir mon nom sur la couverture d'un roman un jour. Un mélange de pragmatisme, de flemmardise et de lucidité m'empêche de me lancer dans un tel projet. Parfois, ça me fait un peu mal de penser que mon rêve d'enfant est si proche et que je suis incapable de le concrétiser; mais je me dis que ma vie est belle quand même et que ce n'est pas si grave. D'autres fois, je soupçonne que je me mens à moi-même, que je ne suis pas vraiment incapable d'écrire ou qu'en tout cas, je n'en aurai pas la preuve avant d'avoir essayé - et que seule la lâcheté, la peur de l'échec me retient de le faire. Parfois, je considère la question comme définitivement réglée; d'autres fois, je me dis que si ça se trouve, je finirai par changer d'avis. Qui vivra verra.

mardi 24 mars 2009

"Le clairvoyage"

J'avais entendu dire énormément de bien de ce bouquin sur le forum d'Editeur Préféré. Depuis quelques mois déjà, il sommeillait dans mon panier Amazon en attendant que je passe une commande d'ouvrages français. Sauf qu'évidemment, mon étagère de lecture en attente se remplissant de livres étrangers ou de SP filés par des potes plus vite que je ne parviens à la vider, commande je ne parvenais jamais à passer.
Puis il y eut le Salon du Livre et ce mémorable déjeuner où Anne Fakhouri et moi laissâmes verbalement libre court à nos penchants de femelles castratrices, réduisant tous les convives mâles à un silence consterné. Et la curiosité l'emporta: j'avais trop envie de savoir quel genre de roman jeunesse avait pu commettre un esprit peu ou prou aussi tordu que le mien.
Réponse: un conte de fées intelligent et sensible, dépourvu de la mièvrerie et du manichéisme qui caractérisent la plupart des romans jeunesse (ainsi qu'une bonne partie des sirupeux romans pour adultes que l'on trouve régulièrement en tête du classement des meilleures ventes). Ses parents ayant été tués dans un accident de voiture, Clara, douze ans, se voit confiée à la garde d'un oncle qu'elle ne connaît pas et qui vit avec une femme mystérieuse dans une maison bourrée de secrets. Secrets que, malgré son chagrin et son scepticisme initial, la fillette va bientôt s'atteler à démêler avec l'aide du charmant et exaspérant Gauvain.
Si "La brume des jours", qui poursuit et conclut "Le clairvoyage", est à la hauteur de celui-ci, je pense que nous tenons là un classique potentiel. Dès les premiers chapitres, l'auteure plante une atmosphère bien à elle, entre mélancolie, réalisme et féérie. En narrant son histoire du point de vue de Clara, elle a l'habileté de toujours laisser planer un doute sur les motivations des personnages secondaires et sur ce qui se trame réellement autour de son héroïne. Bien qu'elle s'inspire assez évidemment du "Songe d'une nuit d'été", elle sait s'approprier le mythe des faerie en lui confrontant un joli personnage de fillette maligne qui ne déparerait pas dans un roman de Neil Gaiman.
Bref, vous l'aurez compris, je recommande chaudement la lecture du "Clairvoyage" aux petits comme aux grands! Et j'attends avec impatience la sortie de "La brume des jours" en début de semaine prochaine.

lundi 23 mars 2009

Les 3 DVD du week-end

Nous avons commencé samedi soir par "Rachel getting married". que nous avions loupé au cinéma et qui faisait envie à Chouchou. Une jeune femme assez perturbée sort de désintox pour assister au mariage de sa soeur, pendant lequel elle va semer un beau bordel. Rien à voir avec un chick flick; il s'agit plutôt d'un drame familial qui fournit à Anne Hathaway l'occasion de prouver qu'elle peut jouer autre chose que "Le diable s'habille en Prada". Pas déplaisant mais pas renversant non plus.

Dimanche après-midi, après notre éprouvante visite chez le véto, nous nous sommes de nouveau calés sur le canapé pour regarder "The duchess" (qui passe encore au cinéma en ce moment: vive les DVD zone 1 et les clubs vidéo qui les proposent très vite à la location!). Ce film inspiré d'une histoire réelle a pour héroïne une jeune noble belle, brillante et en avance sur son temps. Georgiana est aimée de tous sauf de son mari, auquel elle n'a pas réussi à donner l'héritier tant espéré. Elle se réfugie dans son engagement politique et dans l'amitié de Bess, jusqu'au jour où cette dernière devient la maîtresse de son mari et s'installe comme telle dans leur demeure. Un portrait de femme pas inintéressant, mais dont je retiendrai surtout les costumes magnifiques qui ont d'ailleurs remporté un Oscar.

Dimanche soir enfin, nous avons terminé la première saison de "30 Rock" qui montre les coulisses d'un show télévisé américain filmé en public. Basée sur l'expérience de productrice de Tina Fey (essentiellement connue en Europe pour son imitation hilarante de Sarah Palin durant la dernière campagne présidentielle), cette série humoristique réserve beaucoup d'éclats de rire mais patine parfois un peu dans le vide. Je trouve notamment qu'on aurait pu se passer du personnage du comique black à la Eddie Murphy, qui sert de prétexte aux gags les plus outranciers et les plus poussifs. En revanche, les interactions entre Tina Fey et son supérieur Alec Baldwin sont toujours de grands moments. Il faudra voir ce que donne la saison 2.

dimanche 22 mars 2009

Wednesday on my mind

La première moitié de la semaine à venir s'annonce difficile. En début d'après-midi, nous avons de nouveau emmené Copernique chez le véto: elle mange comme quatre sans prendre un gramme, recommence à faire pipi sur le canapé sans raison apparente et hier, nous avons cru voir du sang dans ses urines. Le jeune homme qui nous a reçus à la clinique ne lui a rien trouvé du côté de la vessie; par contre, il a découvert une grosse boule dure au niveau de sa gorge - boule que je n'avais jamais repérée mais dont Chouchou m'assure qu'il l'a toujours sentie là. Résultat: je suis plus pauvre de 80€; nous devrons retourner chez le véto mercredi soir pour prendre connaissance des résultats d'analyse sanguine de Copernique et effectuer une ponction dans la fameuse boule, et si rien de tout ça n'explique les aspersions dont elle nous gratifie si généreusement, nous n'aurons plus qu'à nous tourner vers la comportementaliste de la clinique.

Mercredi, c'est aussi le jour où Père passera sur le billard pour la seconde fois, sous l'oeil vigilant de non pas un mais deux chirurgiens au cas assez probable où il ferait une hémorragie pendant l'intervention. Accessoirement, c'est la veille de mon anniversaire et bien que je ne sois pas superstitieuse, mes 20, 25 et 35 ans ont été marqués par des évènements plutôt funestes. Si la série noire pouvait s'arrêter là, ça m'arrangerait. En attendant cette belle journée, je vais poursuivre la trad attaquée la semaine dernière à Monpatelin et dont j'ai fort intelligemment oublié de rapporter les 50 premiers feuillets pondus par mes soins. Oh, et tâcher de résister aux envies de gras et de sucré qui m'assaillent depuis que j'ai décidé de me remettre à manger plus sainement. Non, je n'ai pas du tout envie de courir à la boulangerie m'acheter un délice à l'orange pour accompagner mon thé aux macarons...

PS: Comme il faut quand même une bonne nouvelle, mercredi sera aussi le dernier jour de boulot de Chouchou à la banque Tûûût.

Une année d'auto-portraits: semaine 12


J'ai déjà dit qu'il fallait que je me trouve une autre jupe au genou, un peu ample, pas en jean ni en lin? Il me semblait bien. Photo prise jeudi après-midi en sortant de chez le coiffeur (mais avant d'aller me faire dépoiler, merci les collants opaques!) dans la boutique Swarovski tenue par mon amie Kiki.

vendredi 20 mars 2009

Quatre jours pas très productifs

Je n'ai pas fait grand-chose cette semaine à Monpatelin. Quatre jours, c'était trop peu de temps pour organiser des sorties ou entreprendre des travaux à l'intérieur. J'ai mollement entamé ma nouvelle trad (qui s'annonce super, mais j'avais besoin d'un break après les trois mois passés à suer sur la précédente). J'ai pas mal lu: les derniers numéros en date de "Buffy saison 8" et d'"Echo", le tome 20 de "Nana", "Nemi" dont je parlais ici même ce matin, un gros tiers du "Clairvoyage" d'Anne Fakhouri qui m'enthousiasme et auquel je consacrerai probablement un post dès que je l'aurai terminé, et puis les sept premiers chapitres du dernier Agnès Abécassis qui me rappellent pourquoi je ne lis pas de chicklit. Même drôle et bien vu par moments, ça reste l'équivalent littéraire de la barbapapa: trop sucré et finalement dénué de substance. Ca m'apprendra à juger les livres sur leur couverture (celle-ci était de Margaux Motin dont j'adore le blog, et que je tiens pour responsable d'une dépense inutile de plus de 16€).

J'ai également réussi à passer chez le coiffeur pour demander à Lisa-le-sosie-de-Sarah-Jessica-Parker-avec-20-ans-de-moins de couper mes pointes abîmées, et chez Valérie-l'esthéticienne-dont-la-vie-privée-est-un-roman pour me faire ébouillanter les guibolles - et pas que. Je suis passée faire un bisou à Kiki à la boutique Swarovski, où j'ai résisté aux yeux doux que me faisaient Théo et Emilie, deux adorables chatons de cristal respectivement noir et rose (what else?). Vu les bêtises de Copernique a faites en mon absence, j'aurais ptêt dû les acheter pour remplacer mes vieilles minettes. A défaut de ronronner le soir, ils auraient semé moins de poils et de déjections diverses sur leur passage (le dernier futon de canapé n'a pas résisté à leurs assauts plus de quinze jours; je me demande si Ikea nous en filerait un gratuit au bout de 10 achetés?). Sinon, j'ai mis la main sur les peep-toe en cuir marron clair repérées le week-end dernier à Paris, mais que le stand André du Printemps Haussman n'avait plus dans ma taille. Et j'ai fait un plein de cartons et d'enveloppes à bulles pour le grand déstockage eBay prévu le mois prochain.

Côté mauvaises nouvelles, j'ai appris que Père devait être réopéré mercredi prochain (la veille de mon anniversaire) et que du coup, Soeur Cadette ne viendrait peut-être pas passer le week-end à Bruxelles. Nous en avons pourtant besoin toutes les deux: elle parce qu'elle est crevée et que quelques jours de repos lui feraient le plus grand bien, moi parce que ma famille me manque encore et toujours. Sur ce coup, j'avoue que j'en veux un peu à notre paternel de n'avoir pas mieux pris soin de sa santé. Ah oui: et puis je me suis pesée pour la première fois depuis deux mois, et les nouvelles ne sont pas bonnes. Il va falloir recommencer à manger plus de fruits et de légumes que de pâtes et de pizzas si je ne veux pas être très prochainement obligée de casser tous les miroirs renouveler la totalité de ma garde-robe. Par chance, avec le retour du printemps, ça ne devrait pas être très compliqué. Le soleil a brillé toute la semaine à Monpatelin, mais aujourd'hui c'est pluie et ciel délavé comme pour ne pas me faire regretter de rentrer à Bruxelles ce soir.

"Nemi"

Ce recueil de comic strips met en scène une jeune goth geekette et sarcastique qui a gardé son âme d'enfant. Je l'avais repéré en suédois lors de notre séjour à Malmö en septembre dernier, et la chance a voulu que je le retrouve par hasard en anglais chez Arkham le week-end dernier. Dévoré d'une traite mardi soir, il m'a beaucoup, beaucoup fait rire. A la lecture de certains gags, j'ai même envisagé de réclamer des royalties à son auteur, la Norvégienne Lise Myhre. Exemple - celui où Nemi assiste à un mariage en faisant une tête d'enterrement et en pensant, alors que le jeune époux passe l'alliance au doigt de sa femme: "One ring to rule them both, and in the darkness bind them". Apparemment, il existe un tome 2 que je vais devoir me procurer sur-le-champ. Philippe & Philippe, un p'tit coup de main?

jeudi 19 mars 2009

Le chantier

Quand je marche dans la rue, je ne vois pas grand-chose autour de moi. La plupart du temps, mon esprit vagabonde à mille lieues de là, ce qui me rend assez hermétique à mon environnement et m'amène parfois à passer à côté de connaissances qui en déduisent à tort que je les snobe.

Je ne sais pas ce qui m'a poussée à jeter un coup d'oeil par-dessus mon épaule mardi après-midi, en sortant de la Poste de Monpatelin où je venais de récupérer un colis. L'intuition d'un manque, peut-être. Mes yeux se sont écarquillés. A la place du Bar de la Poste dont l'Homme et moi aimions tant savourer les entrecôtes sauce au poivre, assis à l'ombre des parasols Ricard dès que revenaient les beaux jours, il ne restait plus qu'une petite montagne de gravats entourée par une palissade blanche.

Ainsi disparaissent l'un après l'autre les vestiges de notre vie commune.

Cet endroit était plein de souvenirs. Je me rappelle tous les soirs où l'Homme et moi sommes rentrés à la maison main dans la main après y avoir dîné à la fraîche au mois d'août. Le midi où nous y avions savouré le meilleur aïoli du monde en compagnie de Père et Mère avant de nous mettre en route pour Lyon avec la Classe A verte. Et puis la fois où, quelques semaines après notre séparation, nous y avions déjeuné ensemble après avoir réglé des affaires en suspens. Comme nous évoquions l'ami menuisier qui avait fabriqué ma bibliothèque sur mesure, l'Homme avait lancé sur un ton désinvolte: "Oui, oui, Jean-Mi sait qu'on n'est plus ensemble". C'est là que j'ai compris que pour lui, c'était bel et bien fini - et que pour moi, ça ne le serait jamais vraiment.

J'espère qu'ils reconstruiront tout autre chose à la place du Bar de la Poste.

Le Train Bleu

Bien que je sois passée des dizaines de fois au pied de ce restaurant très chic situé à l'intérieur de la gare de Lyon, je n'avais encore jamais eu l'occasion d'y manger - et cette fâcheuse lacune ne serait toujours pas comblée sans JC qui a suggéré que nous nous y retrouvions dimanche soir.

Arrivée un peu en avance, j'ai été conduite à une banquette de velours bordeaux par un serveur comme je les aime: plein d'une déférence non gluante qui me donne l'impression d'être une dame (alors que je portais ce jour-là une mini-jupe à carreaux avec des collants toile d'araignée, des boots de moto et un blouson en cuir noir). J'ai juste eu le temps de jouer les touristes ploucs ébahies devant le décor somptueux et de mitrailler discrètement celui-ci avant d'entendre derrière moi la voix de JC.

Bien entendu, la carte était pleine de mets tous plus alléchants les uns que les autres et le choix a été rude. Au final, nous avons prix exactement la même chose: le risotto aux cèpes en entrée avec un verre de Crozes Hermitage blanc, puis la poitrine de veau "oubliée" au four (qui est paraît-il un des grands succès de l'établissement) avec un verre de Château Puech Haut rouge absolument formidable. Je suis plus amatrice de bon vin que réellement connaisseuse; par chance, JC est très calé en la matière et sa sélection ne m'a encore jamais déçue. Il aurait été raisonnable que je m'arrête là, mais je n'ai pas résisté à l'envie de prendre un dessert: une crème brûlée avec sa marmelade d'orange sanguine et ses mini-blinis au chocolat, tandis que JC optait pour un classique mais succulent vacherin. Je ne l'ai pas regretté, même quand mon estomac trop lourd m'a empêchée de m'endormir avant près de 5 heures du matin. Ce n'est pas tous les jours qu'on a le plaisir de dîner dans un lieu mythique, et en bonne compagnie de surcroît.

La soirée s'est terminée (fort tard, donc) dans le nouvel appartement que JC vient d'acheter à Choisy-le-Roi, devant la retransmission télévisée de la finale d'un grand tournoi de poker. En plus d'avoir découvert la différence entre un navet et un panais, je connais désormais les règles du Texas Hold'Em. On ne sait jamais, ça peut toujours servir dans une trad, un jour.

mercredi 18 mars 2009

Cher présipotent du peuple français,

Je viens à l'instant de vous entendre déclarer, dans un extrait retransmis par le Grand Journal de Canal Plus:
"En Belgique, tous les magasins sont ouverts le dimanche; résultat, tous les habitants du nord de la France partent dépenser leurs sous là-bas le week-end."
A ceci je réponds: ha ha ha ha ha.
Mon pov' môssieur, en Belgique, les magasins, ils ferment à 18h en semaine et éventuellement à 18h30 le samedi. Alors, l'ouverture dominicale généralisée, c'est sans doute le seul fantasme que nous partageons vous et moi.
Bien cordialement, hein.

25 ans plus tard

Il existe des gens qui, alors que vous ne les avez pas vus depuis des années, n'ont absolument rien de nouveau à vous raconter. Ils sont restés exactement les mêmes, n'ont rien fait d'exaltant et n'ont pas de nouvelle passion à évoquer. Avec ceux-là, en général, je baîlle intérieusement et compte les minutes qui me séparent du moment où je pourrai prendre congé sans les froisser. Inutile de préciser que je ne les rappelle jamais.

Et puis il y a les gens avec lesquels le temps passe à toute vitesse tellement vous avez de choses à vous dire et à vous demander mutuellement. Ma vieille copine MJ, par exemple. On s'est rencontrées il y a 25 ans, alors qu'on prenait des cours de modern jazz ensemble et qu'on était toutes les deux amoureuses de notre prof très marié, très père de deux enfants et surtout irrémédiablement gay. Ce genre de choses, ça soude. Un peu plus tard, c'est MJ qui m'a pour la première fois entraînée dans un club de jeu de rôles - sûrement l'activité qui a eu le plus d'impact sur ma vie.

Si je devais la définir en une phrase, je dirais que c'est une fille extrêmement enthousiaste qui se donne toujours à fond dans tout ce qu'elle fait. Un peu soupe au lait parfois, mais hyper passionnée - et par les trucs les plus divers. Ainsi, son amour de la musique va de KISS (dont je l'ai toujours connue raide dingue) et de Marylin Manson à la musique baroque qu'elle étudie depuis quelques années en prenant des cours de viole de gambe ou de chant. Dimanche, nous avons déjeuné ensemble au Paradis du Fruit de Saint-Michel, et le temps que je songe à m'inquiéter de l'heure, il était déjà 16h30. Je peux donc affirmer sans grand risque de me tromper que nous nous reverrons.

PS: Le Paradis du Fruit fait un merveilleux cheesecake 100% dépourvu de la moindre miette de speculoos. Eux aussi, ils me reverront.

Hammam Pacha

Sur les recommandations d'Hélène (oui, toujours elle: il faut écouter les gens de bon conseil), je me suis levée de bonne heure dimanche matin pour aller finir ma nuit me détendre au Hammam Pacha qui a récemment ouvert ses portes dans le 6ème.

J'ai aimé:
- Le lieu. Immense (700 m²), magnifique, d'une propreté irréprochable - contrairement à beaucoup d'autres établissements du même type. Il abrite de grands vestiaires, une salle de vapeur tiède, une salle de vapeur chaude, différentes petites salles servant aux soins, un sauna, un jacuzzi, une salle de détente et même un restaurant que je n'ai pas testé faute de temps.
- Les tarifs, raisonnables pour les prestations proposées: 35 € l'entrée, 20€ le gommage corps (hors gant et savon noir), 30€ le soin visage. C'est sûr que tout ajouté, ça fait cher la détente. Mais franchement, ça les vaut.
- L'attention apportée aux détails. A mon arrivée, on m'a offert un thé à la menthe pendant que je regardais la petite vidéo expliquant aux nouvelles clientes comme procéder et combien de temps consacrer à chaque étape de leur parcours. Quand j'ai voulu me doucher pour me débarrasser de l'huile d'argan dont mes cheveux étaient imprégnés, on m'a fourni gracieusement du savon et du gel douche. Et en sortant des vestiaires le cheveu dégoulinant et le visage blême (extrêmement bien nettoyé, mais blême), j'ai trouvé une coiffeuse avec un grand miroir, des tabourets et plein de sèche-cheveux pour me redonner une apparence présentable.

Je n'ai pas aimé:
- Le port généralisé du maillot de bain. Je trouve ça bien triste qu'on ne puisse même plus se mettre à poil dans un endroit pareil, alors qu'on est exclusivement entre femmes et que tout vêtement constitue une gêne pour profiter pleinement des bienfaits de la vapeur.
- Les trois copines arrivées en même temps que moi et qui n'ont pas arrêté pas de jacasser pendant tout le parcours. C'est quel mot qu'elles ne comprenaient pas dans "merci de respecter le calme des lieux"?
- La salle de vapeur chaude connaissait quelques petits problèmes techniques et n'a réellement fonctionné que lors de mon deuxième passage. Résultat, je suis allée au gommage en n'ayant pas autant transpiré qu'il l'aurait fallu pour un résultat optimal.
- Le manque de temps. Je devais être à Saint-Michel à 13h30 et je n'avais aucun moyen de vérifier l'heure. Résultat, au lieu de me détendre complètement, j'ai passé plus de deux heures et demie à m'inquiéter d'être en retard et à me demander: "mais quand est-ce que la masseuse va venir s'occuper de moi?". Un chouïa contre-productif dans l'optique détente.

Je recommande?
Oui, mille fois oui. C'est un endroit génial où se faire chouchouter pendant une demi-journée, seule ou entre copines. La prochaine fois que j'y retournerai, je m'arrangerai juste pour avoir plus de temps libre, et je testerai aussi les massages.

Hammam du Pacha, 17 rue Mayet, 75006 Paris
Métro Duroc (ligne 13) ou Falguière (ligne 12)
Horaires et tarif sur leur site internet.
Ouvert 7 jours sur 7 et réservé aux femmes.

mardi 17 mars 2009

Une soirée aux Arches du Marais

Le samedi du Salon du Livre, Editeur Préféré organise toujours une petite sauterie after hours pour ses collaborateurs et les auteurs qu'il a invités. Cette année, comme nous étions nombreux, la soirée n'avait pas lieu dans ses locaux mais aux Arches du Marais.

J'ai aimé:
- Le cadre, qui possède le même côté médiéval que le Cercueil mais pas son aspect oppressant (entendez: on arrive à y voir à plus d'un mètre).
- Les serveurs hyper aimables et souriants (une rareté à Paris).
- La salade roquette/tomates séchées/pignons de pin dont j'ai repris deux fois et que je referai chez moi à la première occasion.
- Le Shropshire, étrange fromage anglais qui ressemble à de la fourme d'Ambert, mais avec du orange gouda à la place du blanc crémeux. De-licious.
- Le fait que les fumeurs se cantonnent à la salle du bas et qu'il soit toujours possible de respirer dans celle du haut passé minuit.
- Le sympathique discours d'un des deux fondateurs qui se terminait par "merci d'être nos collaborateurs, mais avant tout, merci d'être nos amis". C'est bô ce que tu dis, Stéphane.
- La petite surprise qui avait été préparée pour Fiona McIntosh dont c'était l'anniversaire: une attention qui l'a visiblement beaucoup touchée.
- En fin de soirée, quand je suis repartie, Bones, son attachée de presse et Boulet, tous trois fin soûls (enfin, je suppose, sinon ils n'ont aucune excuse!), se faisaient un karaoké années 80 sans musique dans la salle fumeurs. Je n'avais malheureusement pas assez bu pour leur infliger la punition de me joindre à eux.
- Le petit bout de retour en métro avec Mélanie.

J'ai adoré:
- Les gens. Et je le dis sans la moindre trace d'ironie. J'ai discuté successivement et longuement avec Philippe & Philippe d'Arkham (plus la charmante épouse du second), Bones, Claire-version-blonde, et surtout le club des moins d'1m60: Mélanie Fazi, Isabelle V. et Gudule. Cette dernière a été mon coup de foudre de la soirée. Je ne connaissais d'elle que ses bouquins pleins de fantaisie; j'ai découvert une personne adorable qui m'a juste un tout petit peu donné envie de me pendre en révélant qu'elle pondait environ 25 romans par an et se levait tous les matins à 4h pour écrire. Toujours du côté des auteurs, Fiona McIntosh et Peter Hamilton - rayures horizontales pour l'une et verticales pour l'autre - ainsi que Boulet aka Gilles Roussel se sont gentiment prêtés au jeu des groupie shots avec Régis. Je n'ai pas osé aborder Jack Ketchum qui est sûrement très gentil mais dont les bouquins me font peur. Idiot, je sais.

Je n'ai pas aimé:
- Salon du Livre oblige, tout le monde était un peu sur les rotules et obligé de se lever tôt le lendemain, donc la soirée s'est terminée aux alentours de 1h alors que pour ma part, j'aurais bien continué comme ça toute la nuit.

Edit: Mélanie vient de publier une photo géniale de Régis dans son blog.

Salon du Livre de Paris 2009

Si je suis toujours contente que la littérature rassemble le grand public, je n'ai jamais bien compris l'intérêt de manifestations comme le Salon du Livre. Ca se tient généralement dans des halls non climatisés où, foule aidant, la température atteint assez vite les 60°. A cause de la loi sur le prix unique du livre, les bouquins ne sont pas moins chers qu'en librairie - ils le sont même davantage si on prend en compte les 7 euros de l'entrée. Restent les dédicaces. Pour approcher un auteur de best-sellers comme Amélie Nothomb ou Harlan Coben, il faut faire la queue trois heures avant leur arrivée sur les lieux. Un peu décourageant, non? J'ai tout de même le souvenir de quelques rencontres sympas avec des auteurs moins connus qui, du coup, ont le temps de bavarder avec leurs lecteurs. Mais la seule à qui je meurs réellement d'envie de parler de ses romans (Lola Lafon, donc) ne figurait pas au programme cette année. Je suis sûre que parmi les 4400 séances prévues, une demi-douzaine au moins m'auraient intéressée. Encore eût-il fallu savoir lesquelles: sur le site internet du Salon, la liste des dédicaces était si lente à charger que je n'ai jamais réussi à la consulter.

Cette année, donc, je suis allée Porte de Versailles dans le seul but de passer un peu de temps sur le stand d'Editeur Préféré et d'y taper la discute avec des collègues ou des copains du forum. Samedi midi, j'avais rendez-vous avec une poignée d'entre eux pour déjeuner ensemble. Bien entendu, tout le monde n'était pas ponctuel, et c'est vers 13h largement sonnées qu'un resto italien des environs a vu arriver une douzaine d'individus douteux qui ont, entre autres choses, discuté double pénétration et orgasme simulé autour de pizzas ou d'escalopes de veau garnies. Enfin, soyons honnêtes: certaines femelles du groupe ont discuté double pénétration et orgasme simulé pendant que les mâles écarquillaient les yeux puis baissaient piteusement le nez vers leur assiette sans piper mot et encore moins quoi que ce soit d'autre. Anne Fakhouri, que je rencontrais pour la première fois, est venue apporter une eau vivifiante au moulin de ma conversation avec Draco/Marie-Pierre/Jeanne A., gagnant ainsi mon immédiate sympathie. J'ai également pris plaisir à discuter avec Andoryss que je n'avais fait qu'apercevoir aux Utopiales à l'automne dernier et qui s'est avérée vraiment sympa - une nana sans chichis comme je les aime. J'étais malheureusement un peu loin d'Eve que l'ami Flagg s'était empressé d'accaparer, mais nous aurons des occasions de nous revoir.

De retour dans le Hall 1 du Parc des Expositions, j'ai tout de même fait quelques acquisitions: "Le Clairvoyage" de la susmentionnée Anne Fakhouri, qui m'y a aussitôt griffonné une petite dédicace; l'intégrale d'"Ayesha" de ma copine Anne Guéro dont j'ai lu (et adoré) le tome 1 de "La légende des Tueuses-démon" il y a quelques mois; et "Les filles mortes se ramassent au scalpel" de Gudule, que je rencontrais pour la première fois et dont la fantaisie doublée d'une grande simplicité m'a aussitôt séduite. J'ai bavardé quelques minutes avec d'autres membres du forum, chopé Riton Loevenbruck au vol pour le faire poser avec Régis et photographié Terry Jones (ouaip, on avait un Monty Python sur notre stand!) en pleine signature de ses oeuvres. Puis, un peu après 17h, j'ai repris le chemin du métro en compagnie de Kettch, grand geek devant l'éternel mais type adorable sous ses dehors sarcastiques et bourrus. Moralité: le Salon du Livre, je ne l'ai jamais aussi peu vu que cette année et je ne m'y suis jamais autant régalée.

lundi 16 mars 2009

Une leçon de maquillage avec Hélène

Vendredi après-midi, j'avais rendez-vous avec Hélène Legastelois dans son appartement du nord de Paris pour une leçon de maquillage. Je suis son blog depuis assez longtemps parce que son humour et son franc-parler me font hurler de rire, et en décembre dernier j'ai été brusquement contaminée par sa passion du maquillage. Comme je ne fais jamais les choses à moitié, j'ai depuis lors investi en fards à paupières, en pinceaux et en fond de teint le prix de la BMW dont je n'ai aucune envie. Et j'ai pensé que ce serait sympa d'avoir des conseils personnalisés de ma nouvelle gouroute.

A 15h, je débarque donc dans un joli appartement lumineux avec moulures au plafond, véritable plancher en bois, sympathique entassement de bouquins et pas le moindre poste de télévision en vue. L'occupante des lieux est telle que dans ses vidéos: chaleureuse, drôle et directe, avec des yeux à tomber par terre. On se lance tout de suite dans une conversation à bâtons rompus, comme si on était de vieilles copines. Je pourrais passer des heures sur son canapé à discuter sacs à main et estime de soi, mais nous avons une mission à remplir: me faire maîtriser les techniques dites de la banane fermée et du smoky.

Nous passons devant la coiffeuse envahie par la moitié du stock du Sephora des Champs-Elysées. J'ai envie d'ouvrir tous les petits pots pour tester les couleurs sur le dos de ma main, mais je me retiens. Etape par étape, Hélène maquille mon oeil gauche en m'expliquant bien ce qu'elle fait et pourquoi elle procède de cette façon. Puis je tente de faire la même chose sur mon oeil droit. Apparemment, je ne m'en sors pas trop mal. L'étape que je redoutais le plus - la pose de liner crème au pinceau, moi qui ai toujours utilisé du liner liquide avec embout feutre - s'avère être un jeu d'enfant en suivant les instructions d'Hélène.

La banane fermée réalisée dans des tons bruns et beige est à la fois discrète et classe; malheureusement, deux des fards utilisés (le Rich Flesh et le Grand Entrance de MAC) appartenaient à des collections éphémères et ne sont plus disponibles. Tant pis, je trouverai bien un équivalent.


Quant au smoky que je réclame à faire en Knight Divine et en Da Bling, je le trouve juste bouleversant de sublimitude. Je crains même que les gens s'évanouissent sur mon passage quand je ressortirai de chez Hélène. J'en pousse de petits cris en trépignant sur mon tabouret. Je craindrais que ma professeure me prenne pour une cinglée si je ne l'avais pas vue jubiler de manière semblable sur à peu près toutes ses vidéos.


Le temps passe à une vitesse folle quand on s'amuse. Très vite arrive l'heure pour moi de repartir en direction du MAC Abbesses où je compte faire quelques menues emplettes pendant qu'Hélène se préparera à se faire enfermer au Printemps Parly avec Sonia après la fermeture du magasin. Je ressors de chez elle avec des petites étoiles plein les yeux: j'ai rencontré une de ces très rares personnes avec lesquelles j'accroche immédiatement et sans réserve, et j'ai appris une foule de choses que je vais adorer mettre en application pendant les jours, les semaines et les mois à venir.

PS: Pas une seule personne ne s'évanouit sur mon passage tandis que je gagne la station de métro la plus proche. Les Parisiens sont aveugles.

Je suis bonheur

Je viens de passer trois jours absolument fabuleux à Paris. J'ai revu de vieux amis un peu perdus de vue ces dernières années, rencontré "en vrai" pour la première fois des contacts internet, approfondi des relations ébauchées que je sentais bien et fait la connaissance de nouvelles personnes géniales. J'ai réussi à prendre une bonne douzaine de groupie shots qui seront bientôt publiés sur le blog de Régis. J'ai découvert des lieux somptueux ou simplement très cool. J'ai eu des conversations absolument dégoûtantes, carrément pornographiques, passionnées et passionnantes ou à mourir de rire. Chaque soir, j'ai picolé juste ce qu'il fallait pour m'amuser sans avoir mal à la tête le lendemain. Entre mes nombreux rendez-vous, j'ai réussi à dépenser le PIB du Ghana en produits de maquillage ou de beauté. Et j'ai appris que pour la première fois en quinze ans de carrière, une de mes trads venait de rembourser son à-valoir et de commencer à générer des droits d'auteur excédentaires.

Là, je viens de débarquer à Monpatelin où il fait un sublime soleil printanier. Les colis que j'attendais sont bien arrivés en mon absence. J'ai commandé une "immense Parmigiana pour y'a dix minutes s'il vous plaît". Demain, j'attaque un bouquin dont la trad devait m'éclater. J'aurai 38 ans dans dix jours et je ne me suis jamais sentie aussi bien de toute ma vie. Quand je pense qu'ado, j'étais fermement décidée à me suicider avant mon trentième anniversaire pour ne jamais devenir une vieille conne... Heureusement que je me suis ravisée entre-temps: j'aurais raté le meilleur.

dimanche 15 mars 2009

Une année d'auto-portraits: semaine 11


Photo prise par Chouchou dimanche dernier au Balmoral, alors que je finissais mon grand jus pressé orange-fraise.

vendredi 13 mars 2009

Chaussures à mon pied

Suite au billet très bien vu d'une lectrice de MBDF qui comparait les hommes de sa vie à des chaussures, je me suis surprise, à la faveur d'une de mes insomnies habituelles, à me livrer au même genre d'exercice.
Mon premier grand amour, Legolas, était une paire de bottes plates en daim tout doux. Très séduisantes, ce sont elles qui m'ont fait de l'oeil les premières dans la vitrine... avant de partir essayer des pieds de filles plus âgées. J'en suis restée inconsolable pendant trois ans durant lesquels j'ai testé et saccagé des tas d'autres paires qui, évidemment, ne leur arrivaient pas à la cheville.
J'ai repris vraiment goût aux chaussures l'été de mes dix-huit ans avec Alexandre, des santiags très confortables à défaut d'être raffinées qui, malheureusement, rentraient dans leur Bretagne une semaine plus tard. Il m'arrive encore de penser à elles avec beaucoup de reconnaissance.
Peu de temps après, j'ai rencontré Manu, la première paire à laquelle je me suis attachée au point de ne porter qu'elle pendant plus d'un an. Des sandales à talon haut pleins de caractère qui n'ont pas peu contribué au développement de ma féminité. Mais que j'ai fini par abandonner, me jugeant encore trop jeune pour devenir la femme d'une seule paire!
Pendant quelques années, j'ai accumulé les chaussures de passage plus ou moins confortables, plus ou moins seyantes. Je me souviens en particulier de Nicolas, des cuissardes noires lacées qui m'ont fait atrocement souffrir, et de Ben, des Docs violettes avec qui j'ai eu une dépaysante aventure franco-anglaise.
Puis j'ai rencontré le Breton. Je ne m'expliquerai jamais pourquoi j'ai craqué pour des mocassins bleu marine auxquels tout m'opposait. Encore moins pourquoi j'ai signé un contrat d'exclusivité avec eux. Bien entendu, j'ai fini par m'en débarrasser aussi.
Après ça, il y a eu Etre Exquis, une paire de Vans molletonnée, chaude et confortable, qui a pris grand soin de mes pieds même quand je ne le méritais pas. Mais que j'ai fini par remettre sur le marché de la chaussure d'occasion en rencontrant...
...L'Homme. A première vue, les Manolo de mes rêves. Seul problème: il y avait déjà d'autres pieds dedans. Je me suis démenée pour les obtenir quand même. Et une fois en leur possession, l'illusion s'est dissipée. Mes sublimes escarpins étaient en réalité... des palmes de plongée! Pas du tout appropriées pour une citadine comme moi, qui aime arpenter le bitume d'un pas vif. Elles m'ont fait une démarche de canard et atrocement gênée aux entournures jusqu'à ce que, bernée par leur illusoire et gracieuse cambrure, une Fausse Blonde me les pique comme je les avais piquées à leur précédente propriétaire.
Après ça, j'ai décidé d'aller pieds nus. Les chaussures, j'en avais eu ma claque.
Puis j'ai rencontré Chouchou. Une paire de Chie Mihara a priori trop fantaisistes pour moi, avec lesquelles je pensais ne faire qu'une petite balade - pour le fun. A l'usage, elles se sont révélés d'un confort étonnant. Beaucoup plus solides qu'elles n'en avaient l'air et pleines d'un charme quelque peu excentrique mais bien réel. Elles ont mis dans ma vie le parfait mélange de stabilité et de fantaisie. J'en prends grand soin dans l'espoir qu'elles me durent toute une vie.

jeudi 12 mars 2009

Je suis frustration

L'an dernier, j'avais une invitation pour l'inauguration du Salon du Livre et je me trouvais sur Paris ce soir-là. Mais j'avais zappé l'évènement pour assister au vernissage de l'expo de Pénélope Bagieu et aller ensuite dîner avec Kris.
Cette année, Créativa Bruxelles tombant une fois de plus en même temps que le Salon du Livre, je m'étais dit que je ferais un tour au premier le jeudi et que je prendrais le train pour Paris le lendemain matin.
Résultat: ce soir, Lola Lafon que je rêve de rencontrer et dont une malédiction me fait rater toutes les apparitions publiques depuis un an sera à l'inauguration du Salon du Livre, et moi pas. Je ne serai d'ailleurs pas non plus à Créativa, mais en train de finir une trad sur laquelle j'ai un peu trop flemmardé ces dernières semaines.
Un petit malheur n'arrivant jamais seul, en imprimant mes billets de train, je viens de me rendre compte que je n'arrivais pas à 11h35 demain, mais à 12h35. Ce qui m'oblige à faire sauter le déjeuner avec mon ex-éditrice que je me réjouissais pourtant de revoir.
Alors bon, Lola est jeune et a priori en bonne santé; j'aurai (j'espère) d'autres occasions de la voir. Et je retournerai probablement à Paris le mois prochain, donc les retrouvailles avec AFH ne sont que partie remise. Mais je déteste quand un grain de sable vient se coincer dans les rouages bien huilés de ma programmation perso. D'autant que cette fois, je ne peux blâmer que ma propre paresse et mon étourderie.

Tourte australienne

Pour 4 à 6 personnes:
- 2 pâtes feuilletées
- 2 pommes de terre moyennes
- 12 tranches de bacon
- 8 oeufs
- 1 cuillère à soupe de lait
- sel, poivre

Etaler une pâte feuilletée au fond d'un moule à manqué.
Recouvrir avec les pommes de terre coupées en tranches très fines. Saler, poivrer.
Recouvrir avec les tranches de bacon disposées en cercle.
Casser 7 oeufs sur le dessus (6 sur les bords pour délimiter les parts, 1 au centre)
Recouvrir avec la deuxième pâte feuilletée et sceller les bords de la tourte.
Piquer des trous sur le dessus avec la fourchette en évitant les bosses pour ne pas crver les jaunes d'oeufs.
Dans un bol, mélanger le jaune du dernier oeuf avec le lait. Badigeonner sur le dessus de la tourte.
Enfourner 20 mn à 200°, puis baisser le thermostat à 180° et laisser encore cuire 40 mn (réduire ces temps d'un tiers si four à chaleur tournante).
Servir accompagné de ketchup ou de sauce brune, et d'une salade verte ou de crudités pour équilibrer un peu le repas!
Cette tourte très roborrative est un plat d'hiver.

mercredi 11 mars 2009

Y'a encore du boulot

Samedi après-midi, au Promod de la rue Neuve. Pendant que je fouille les portants en quête d'une jupe au-genou-évasée-pas-en-jean, je surprends la conversation d'une petite blonde toute fluette, 18 ans à vue de nez, avec un grand type sapé façon épouvantail et une autre blonde bâtie comme une armoire normande flamande. La petite blonde manifeste des velléités d'essayer tel ou tel pantalon tandis que son mec et sa copine se récrient: "Ah mais c'est horrible! Tu vas pas porter ça, sérieusement!". Je ne fais pas attention aux vêtements choisis par la petite blonde; peut-être sont-ils effectivement affreux, mais la question n'est pas là. Comme elle passe près de moi, je lui souris et murmure un complice "Le shopping, il faut le faire seule!". Elle me rend mon sourire d'un air un peu gêné. "Oui mais ça servirait à rien parce qu'ensuite, les fringues, j'aurais pas le droit de les mettre". Mon sang ne fait qu'un tour. J'envisage un instant de lui remonter les bretelles (celles du pantalon qu'on lui interdit visiblement d'acheter), mais je renonce. Après tout, ça ne me regarde pas.

Dimanche, c'était la journée internationale des droits de la femme. Et certes, nous autres occidentales bénéficions d'une situation extrêmement confortable par rapport à certaines de nos consoeurs d'Afrique, d'Asie, du Moyen-Orient ou d'Amérique du Sud. On ne nous excise pas à l'âge de cinq ans, on ne nous force pas à nous planquer sous une toile de tente noire dont ne dépassent que nos yeux, on ne nous arrose pas d'acide si on a eu le malheur de se faire violer, on ne nous immole pas par le feu pour un mot de travers lancé à un époux qu'on nous a imposé (bien que ces incidents atroces se produisent parfois aussi en France). Nous avons le droit de voter, de choisir nous-mêmes nos partenaires et d'exercer le métier que nous voulons pour un salaire équivalent à celui d'un homme. Sur de nombreux points, la théorie n'a pas encore tout à fait rejoint la pratique, mais franchement, nous sommes mieux loties que n'importe quelles autres femmes sur cette planète. Pourtant, quand je vois une réaction comme celle de la jeune fille du Promod, je me dis qu'il y a encore un sacré boulot à faire sur les mentalités des premières intéressées.

Du côté de chez Régis

L'insupportable Régis a désormais sa page Facebook. Si vous voulez devenir son ami, il vous suffit de rentrer son nom dans la barre de recherche: Régis Was-here.
Parallèlement, Chouchou est en train de procéder à un remaniement en profondeur de son blog qui a déjà deux ans d'existence mais dont le layout ne nous a jamais vraiment satisfaits. Il va ajouter, entre autres, une fonction "planisphère" qui permettra de situer les endroits où notre garnement s'est rendu, parfois sans nous.
De mon côté, je vais emmener Régis au Salon du Livre ce week-end et au Maroc début mai. J'ai déjà commencé à le briefer rapport au fait qu'il faudra éviter de réclamer des fâmâpoâls à Marrakech ou à Essaouira (par contre, il peut toujours tenter sa chance avec mes copines auteures, on ne sait jamais!).
En 2009, Régis étend son emprise sur le monde! Stay tuned.

mardi 10 mars 2009

Globalement j'aime pas les gens, mais je fais des exceptions

Je ne suis pas quelqu'un de franchement sociable. D'ailleurs c'est l'une des raisons qui m'ont poussée à opter pour le statut d'indépendant: pour ne pas devoir supporter toute la journée des gens que je n'ai pas choisis et dont la bobine ou la conversation finiront immanquablement par me donner des envies de meurtre rituel.
De temps en temps, néanmoins, le contact humain finit par me manquer. Enfin, pas n'importe quel contact humain - celui de personnes drôles, sympas ou cultivées, et si possible les trois à la fois. Heureusement, j'en ai accumulé quelques-unes dans mon carnet d'adresses au fil des ans. Et il se trouve que la plupart d'entre elles sont rassemblées à Paris qui, je le rappelle, ne se trouve qu'à 1h25 et quelques dizaines d'euros de Bruxelles.
Parfois, la vie est bien faite.

Vendredi, après avoir peiné pour finir la trad qui m'occupe depuis deux mois et demi, je partirai donc en Thalys pour 72h de vie sociale intensive.
Le midi, je déjeunerai avec AFH, une ex-éditrice avec qui je ne désespère pas de retravailler un jour et probablement la fille la plus pétillante de la création. A 15h, j'ai rendez-vous avec l'hilarante Hélène pour une leçon de maquillage des yeux (je veux apprendre à faire un vrai beau smoky!). Et après une petite séance de shopping pour finir l'après-midi, j'espère réussir à dîner et à passer la soirée avec les VIP, mes anciens compagnons de road trip à travers les Etats-Unis.
Samedi midi, je rejoins une petite bande de tarés du forum d'Editeur Préféré pour manger un bout ensemble. J'en connais certains, que j'appécie beaucoup, et j'ai hâte de découvrir les autres. L'après-midi se passera au Salon du Livre à papoter avec mes amis auteurs à moi que j'ai et à faire la queue pour réclamer des dédicaces (et une photo avec Régis!) à quelques autres. Re-séance de shopping en fin de journée, puis soirée débauche avec toute la clique d'Editeur Préféré. Ca promet :)
Dimanche enfin, je vais bruncher avec MJ, une de mes plus vieilles copines puisqu'on se connaît depuis 25 ans même si on s'est perdues de vue ces dernières années et récemment retrouvées grâce à Facebook (que je remercie bien pour le coup). En début d'après-midi, je testerai peut-être le hammam récemment recommandé par Hélène, à moins que je me fasse une expo (celle organisée pour les 50 ans de Barbie ne commence que le 28, pfff). A 17h, j'ai rendez-vous avec Malena, une blogueuse qui me suit (et réciproquement) depuis bientôt 5 ans mais que je n'ai encore jamais rencontrée; nous allons nous goinfrer manger délicatement des macarons chez Ladurée, en levant le petit doigt comme les jeunes femmes bien élevées que nous sommes. Et le soir, je rejoindrai mon JC au Train Bleu pour un de ces dîners d'anthologie que j'aime partager avec lui. Il vient de déménager et semble devenir un killer au poker, donc il aura sûrement plein de choses à me raconter.
Et lundi en fin de matinée, je descendrai en train à Monpatelin pour y passer quelques jours et commencer une nouvelle trad: celle du tome 10 de Série Préférée dont Editeur Préféré (comme ça tombe bien!) a racheté les droits et recommence la publication après plusieurs années d'interruption. J'espère que je ne suis pas trop rouillée pour la traduction de scènes de fesses bizarres ^^

lundi 9 mars 2009

"A lifetime of secrets"

Si vous êtes anglophone, vous vous devez de connaître PostSecret. A la base, il s'agit d'une expérience sociologique dont l'auteur avait demandé à des inconnus de lui envoyer leurs secrets les plus intimes de manière anonyme, en les écrivant sur une carte postale. Sidéré par le succès de l'opération, Frank Warren en a fait un site internet, puis s'est mis à publier un florilège des secrets reçus.

"A lifetime of secrets" est le quatrième volume d'une série qui en compte cinq depuis peu. On y trouve des confessions jubilatoires ("When you said I wasn't good enough to be your girlfriend, I used it as my inspiration. Congratulations, asshole: you're famous!"), atterrantes ("The first time I got drunk, my friends left me in an empty room because I blacked out. I woke up naked and bleeding. I was 12."), émouvantes ("I still can't believe you died, so I pretend you are away on a very long vacation having the best time ever"), cocasses ("Sometimes I pretend I'm being sexually probed by aliens and dragons when I'm having sex with my husband") ou glaçantes ("I'm a scientist. I never falsified my data, even when my ex-boss (a world-famous scientist) TOLD me to. Later, he sabotaged my career. I can't tell anyone because everyone will believe the world-famous scientist when he denies it"). Des petits bouts de vie poignants ou honteux qui ne laissent pas le lecteur indemne.

Beaucoup d'auteurs confectionnent eux-mêmes leur carte en l'accordant au sujet évoqué, ce qui en fait aussi des oeuvres de postal art pas toujours très abouties mais infiniment personnelles. A défaut d'acheter les bouquins, allez au moins faire un tour sur le site. Sa mise à jour hebdomadaire est l'un de mes grands plaisirs du dimanche matin.

Opération cupcakes: la séance de rattrapage

Hier soir, j'ai testé la recette gentiment fournie par Mary la semaine dernière suite à mon appel au secours. J'avais décidé de faire simple: j'ai juste rajouté un peu d'extrait de framboise pour parfumer la pâte, et j'ai sauté l'étape glaçage (vraiment trop calorique pour Chouchou et moi qui terminons l'hiver considérablement plus boudinés dans nos vêtements que nous ne l'avions commencé). Et à part une brûlure au 18ème degré auto-infligée sur la base du petit doigt gauche en essayant de sortir mon moule du four, tout s'est déroulé sans anicroches. Nous sommes ce matin les heureux propriétaires de 8 7 cupcakes joufflus à la texture hyper aérée, qui manquent peut-être un rien de goût. La prochaine fois, il faudra leur ajouter des fruits. Ou du chocolat. Ou de la crème anglaise. Les possibilités ne manquent pas :)

dimanche 8 mars 2009

Tea & Eat: le brunch qui aurait pu être

Aujourd'hui, nous avions décidé de tester un nouveau lieu pour nos brunchs dominicaux: le Tea & Eat, situé près de la place Stéphanie et chaudement recommandé par plusieurs guides sur Bruxelles.

Nous avions réservé pour quatre, mais nos compagnons s'étant décommandés, nous avons annoncé dès notre arrivée que nous ne serions finalement que deux. La serveuse a eu l'air de paniquer. Elle a d'abord voulu nous coller à une table où l'un de nous aurait été totalement coincé et n'aurait pas pu se lever pour se rendre au buffet sans faire pousser un convive d'une table voisine. Finalement, elle nous a casés dans une salle peu avenante tout au fond du restaurant, à une table déjà occupée dont elle a fait déménager un couple avec enfant. Ce qui n'augurait déjà rien de bon.

Puis un groupe d'une vingtaine de personnes est venu s'installer près de nous. Comme je déteste le bruit, j'ai tiqué assez fort. Mais le pompon, ça a été quand la serveuse est revenue nous demander ce que nous voulions boire: café ou thé? Chouchou et moi ne buvons pas de café; "Vous avez quoi comme thé?" me suis-je donc enquise, m'attendant à ce qu'elle me récite une très longue liste puisque nous étions dans une maison de thé. "Avec le brunch, c'est du Breakfast. Sinon, vous pouvez avoir autre chose, mais en supplément." "Et un chocolat chaud, y'a moyen?" "Oui. En supplément, aussi." A 25 € le brunch, j'ai trouvé ça assez inadmissible.

Chouchou et moi nous sommes regardés. Nous nous sommes levés, nous avons remis nos manteaux et nous sommes partis déjeuner au Balmoral. Où on nous a accueillis très gentiment malgré notre absence de réservation et la salle bondée, et où nous nous sommes remplis la panse pour moins de 37 € à deux. Comme quoi, ce n'est pas toujours une bonne idée de vouloir changer ses habitudes.

Maquillage n°2: Divin chevalier à la mousse scintillante


Half-baked Urban Decay dans le coin interne
Shimmermoss MAC au milieu de la paupière mobile
Knight divine MAC en banane
Brûlé MAC en highlighter

Pour info je portais également le blush Gingerly de MAC et le Joli Rouge Brillant Papaye de Clarins, et j'étais assez contente de mon petit look! Ce n'est pas encore parfait, surtout paupières fermées, mais je progresse à vue d'oeil et ça me met en joie, ce qui est l'essentiel ^^

Une année d'auto-portraits: semaine 10

J'en avais un peu marre de voir ma tête (et ses défauts...) sous tous les angles possibles. Alors pour changer un peu, cette semaine j'ai fait un portrait en pied, ou plutôt en tailleur. Photo prise jeudi après-midi devant la psyché du salon, juste avant que je sorte pour une séance shopping semi-fructueuse chaussée d'Ixelles.

samedi 7 mars 2009

La donna è mobile

Cet après-midi, il fallait ABSOLUMENT que je travaille.
Par conséquent, dès 14h30, j'étais dans le bus direction centre-ville.
J'avais besoin (oui, besoin!) de trois choses:
- Le pinceau 226 de la collection éphémère Brunette/Blonde/Redhead chez MAC ;
- Une nouvelle jupe répondant aux trois critères suivants: longueur au genou, forme évasée, pas en jean parce que j'en ai déjà deux ni en lin ou autre tissu hautement froissable parce que je ne repasse pas ;
- Plein de cartes postales touristiques puisque Chouchou vient lui aussi de se mettre au Postcrossing.

Moyennant quoi, à 18h30, j'étais de retour chez moi avec le butin suivant:
- Une nouvelle palette de 15, un vernis à ongles gris et un blush pêche de la collection éphémère HK, plus deux recharges de fàp (Shimermoss et All that glitters) de chez MAC, parce que le 226 était sold out. Mais la vendeuse m'a rassurée: il va intégrer la collection permanente et sera donc de nouveau disponible dès la semaine prochaine. Vu que j'en suis déjà à trois visites chez MAC en dix jours, je me demande si ça ne serait pas plus simple qu'Editeur Préféré leur vire directement mes droits d'auteur à l'avenir.
- Une robe rayée et un top long Promod qui iront super bien par-dessus un col roulé tout fin et un jean. Ben oui, j'étais entrée dans la boutique parce que c'est là que j'ai trouvé toutes mes jupes sympas et non-hors de prix ces dernières années (les hors de prix, je les prends chez Cop Copine, IKKS ou One Step). Mais pas de bol: là, il n'y en avait pas. Et j'aime pas trop l'idée de ressortir bredouille d'un magasin où j'étais entrée fermement décidée à claquer du pognon. En même temps, à genre 45€ les deux fringues, ce n'est pas ici que j'ai mis mon équilibre budgétaire en péril.
- Une jupe en jean et des lunettes de soleil à monture bleu indigo de chez C&A. Ouais parce que finalement, une jupe au genou ni entravée ni gnan-gnan, ben c'est presque aussi difficile à trouver qu'un pull avec des manches entières ces derniers temps. Et puis le jean ça va avec tout. Quant aux lunettes, j'en voulais des comme ça avec une monture rouge ou blanche depuis des lustres. Mais j'ai une passion toute récente pour l'indigo (à ne surtout pas confondre avec le bleu marine!) qui va vachement bien avec mes cheveux Rouge Passion 666 à moi que j'ai.
- Douze cartes postales plus bruxelloises tu meurs. Ah ah! Un sur trois, c'est déjà pas si mal, non?

Sur ce je vous laisse, j'ai une journée de boulot entière à caser dans les deux heures qui me séparent du retour de Chouchou au bercail.

vendredi 6 mars 2009

Le casse-tête félin

Je résume pour ceux qui n'auraient pas suivi la totalité de mes déboires avec la gent féline domiciliée sous le même toit que Chouchou et moi - soit deux individus de sexe féminin âgés de 14 et 13 ans, répondant respectivement aux noms de Scarlett et Copernique. Depuis l'été dernier et leur passage entre les mains de notre ex-voisin, la première a gonflé comme un ballon, passant d'un petit 3,6 kilos à plus de 5. Parallèlement, la seconde tombait de 3,8 à un affolant 2,5 kilos et refusait de manger les croquettes dont elle s'était satisfaite jusque là.

Ainsi nous devons, dans un appartement qui ne possède pas d'autre porte que celle de la salle de bain, gérer d'une part un chat boulimique et glouton dont il faut restreindre les apports caloriques, et d'autre part un chat qui ne veut plus manger que de la viande, et en toute petite quantité à chaque repas. Plusieurs fois par jour, nous n'avons donc pas d'autre solution que d'enfermer Scarlett dans la salle de bain pendant que Copernique minaude devant son assiette. Indignée par l'injustice de la situation, Scarlett s'est mise à faire caca un peu partout dans l'appartement, sauf dans son bac. Le week-end dernier, Chouchou l'a empoignée de justesse alors que perchée sur notre lit, elle patouillait et agitait l'arrière-train d'un air concentré.

Mais depuis deux jours, Copernique boude sa viande. Hier soir, nous avons cru remarquer qu'elle prenait bien des morceaux dans sa bouche mais les recrachait presque aussitôt, comme si mâcher lui faisait mal. Nous avons haché menu ses boulettes Royal Canin, et elle a réussi à faire un repas presque normal. Soupçonnant une gingivite ou un problème dentaire, nous avons décidé de la conduire chez le vétérinaire ce soir (pas un des deux tarés déjà consultés précédemment sur Bruxelles, mais un praticien d'une clinique située du côté de la place Saint-Pierre qui, miracle, accepte la carte Visa). Entre-temps, pour bien manifester qu'elle avait un problème et qu'elle entendait que nous le réglions au plus vite, Copernique a fait pipi sur le futon qui nous sert de canapé, et donc nous avions justement changé le matelas le week-end dernier. Et puis pas une seule fois, hein: quatre.

Le vétérinaire auquel nous avons eu affaire était super, sérieux et rassurant à la fois. Il n'a rien trouvé de détectacle à l'oeil nu, sinon une très légère inflammation des gencives et un début de déshydratation. Il a fait à Copernique une piqûre d'anti-douleur pour voir si cela suffisait à la faire remanger normalement. Au cas où son problème ne s'arrangerait pas, nous sommes censés retourner à la clinique lundi matin avec un flacon d'urine (et pas la nôtre, hein, ce serait trop facile) pour procéder à des analyses et voir si Copernique ne doit pas être mise sous perfusion. Après une semaine de boulot abrutissante pour Chouchou comme pour moi et un samedi que nous passerons tous deux à bosser, autant vous dire que le week-end ne s'annonce pas des plus riants.

"Watchmen"

Des mois et des mois que Chouchou bave d'impatience à la pensée de voir cette adaptation de la BD culte d'Alan Moore. Des mois et des mois qu'il piste les spoilers et les early reviews sur internet. Des mois et des mois que dans son blog, un post sur deux parle des Watchmen. C'est dire le niveau que son obsession avait atteint.

Moi? Je n'étais pas dans un tel état d'excitation. J'avais lu la BD il y a fort longtemps, sur les conseils de mon ex-mari et juste après "V pour Vendetta" qui m'avait beaucoup marquée. J'avais trouvé les dessins moches, les personnages peu attachants et l'histoire hyper compliquée avec sa débauche de flashbacks. Je voyais bien que c'était une oeuvre intelligente et très aboutie, mais je n'avais juste pas accroché. Dans la foulée de "The dark knight" qui m'avait ravie l'été dernier, je pensais cependant que le cinéma pouvait peut-être me rendre "Watchmen" un peu plus accessible. Les bribes de vidéos aperçues par-dessus l'épaule de Chouchou me faisaient envie, en tout cas.

Les Watchmen, donc, ce sont d'anciens super-héros mis au rebut et interdits d'exercice par le gouvernement américain. L'assassinat de l'un d'eux, au tout début de l'histoire, va les amener à reprendre du service pour élucider le mystère de sa mort pendant que s'enclenche le compte à rebours d'une guerre nucléaire apparemment inévitable. Les prémisses ne sont guère riantes, et ça ne s'arrange pas par la suite. L'univers créé par Alan Moore (une uchronie dans laquelle les USA ont vaincu au Vietnam et où Nixon est toujours président en 1985) se caractérise par sa noirceur, son cynisme, ses désillusions vis-à-vis de la nature humaine. Les soi-disant super-héros comptent dans leurs rangs un violeur fachiste, un justicier psychopathe, un mégalomane fini, un benêt impuissant, une jeune idiote hyper-bandante dans son costume de latex noir et jaune et une créature bleue (non, pas un Schtroumpf) qui a depuis longtemps perdu son humanité. Ici, il n'y a pas de gentils: juste un ramassis de névrosés plus ou moins gravement atteints, plus ou moins pitoyables ou dangereux.

Cette histoire avec laquelle j'avais si peu accroché en BD m'a vraiment enthousiasmée au cinéma. Les puristes pesteront sans doute contre sa simplification (inévitable pour ne pas produire un film de dix-sept heures) et sa fin modifiée (même si le résultat demeure identique). Ils devront cependant reconnaître que le casting est époustouflant, avec un Rorschach cinglé à souhait, un Dr. Manhattan parfaitement impassible alors que ça n'a pas dû être facile tous les jours pour Billy Crudup de tourner la bite à l'air et peinte en bleue et - mon préféré - un Comédien à la fois haïssable et étrangement charismatique. Et puis, un film qui ne compte pas moins de deux chansons de Leonard Cohen dans sa bande originale: "Halléluiah" pour accompagner une scène de baise comico-fétichiste et "First we take Manhattan" pendant le générique de fin, ne peut pas être fondamentalement mauvais.

Edit: je suis déçue, je viens de lire que le corps nu de Docteur Manhattan était une pure création informatique sur laquelle la tête de Billy Crudup avait été ajoutée au montage. Les traditions se perdent.