mardi 30 juin 2009

Le retour des tests

Ayant enfin trouvé les produits de beauté qui me conviennent, je ne me risque plus à en changer, d'où la disparition de la rubrique "tests" du mercredi. Côté maquillage, par contre, je m'en donne toujours à coeur joie et continuerai à vous faire part de temps en temps de mes impressions sur les produits essayés.

Mascara Inimitable (Chanel), 26,50€: avec ses poils/picots très fins, la brosse permet de bien gainer les cils individuellement sans faire de paquets. Le mascara lui-même n'est pas hyper épais, et il faut en mettre pas mal pour que ça se voie. Si vous recherchez un effet très allongeant ou épaississant, façon "faux cils", ce n'est pas le bon produit pour vous. Par contre, si vous visez un rendu naturel, histoire qu'on pense que vous n'êtes pas maquillée mais juste sublime de base, foncez! Les jours de flemme intense ou si vous êtes très pressée, l'Inimitable se marie très bien avec un fond de Painterly Paint Pot + un halo brun clair discret.

Mascara Telescopic Explosion (L'Oréal,) 14,60€: pour être honnête, je l'ai acheté uniquement à cause de sa brosse boule, car j'ai beaucoup de mal à atteindre les cils du coin interne de mes yeux avec les brosses "normales". Et de ce point de vue-là, l'outil est effectivement parfait. Par contre, pour faire l'ensemble des cils avec, c'est long et chiant. Et le mascara est assez quelconque. Un achat gadget qui risque de ne pas servir souvent, donc. Et à presque 15 €, un peu onéreux pour être gaspillé.

Ombres à paupières (Body Shop), 10€: certes, elles ne sont pas beaucoup moins chères que les recharges MAC, et il y a nettement moins de choix niveau couleurs Mais tout le monde n'a pas la chance d'habiter à proximité d'une boutique MAC. Et puis, les fards Body Shop ne sont pas dénués d'intérêt. J'aime leur texture poudrée et satinée, facile à travailler même par-dessus une base, et aussi la subtilité des teintes proposées. Coup de coeur pour le 31, un gris-vert-bleu indéfinissable qui doit être somptueux sur des yeux clairs, et pour le 01, un pistache très doux susceptible de convenir à toutes les couleurs d'yeux.

Pluie de pétales de fleurs d'oranger (Cinq Mondes), 34€: après avoir dit beaucoup de mal des spas de la chaîne, je tiens à signaler que cette eau tonifiante est une merveille absolue. La fleur d'oranger est mon parfum préféré dans tout l'univers, et j'ai passé la journée d'hier à me renifler les bras toutes les cinq minutes pour me shooter avec. Bosser seule chez soi, ça fait moins d'opportunités de se maquiller, mais aussi moins d'occasions de passer pour une folle. Ce qui explique sans doute que je circule toujours en liberté.

Et une petite info pour les Gelbiquettes: les fameux mini-vernis Mavala sont en vente à Bruxelles chez Equiform! Au magasin du passage Louise, grand choix de couleurs pour seulement 3,75€ pièce (contre 4,95 au Monop' des Champs-Elysées ou 4,50 à la pharmacie de Monpatelin - pour une fois que c'est moins cher ici!). Du coup j'ai adjoint un quatrième petit flacon à ma collection: le n°1, Ankara, un beau rouge foncé avec une pointe de rose dedans.

lundi 29 juin 2009

Spa des Cinq Mondes de La Hulpe

Or donc, pour mon anniversaire, Chouchou m'avait offert un cérémonial de félicité à faire en amoureux au Spa des Cinq Mondes de La Hulpe, à une vingtaine de minutes de voiture de Bruxelles. L'hôtel Dolce au rez-de-chaussée duquel se trouve l'institut est situé sur une vaste propriété en pleine forêt. Dès qu'on pénètre dans le bâtiment, on est frappé par l'immensité des lieux et par la déco sobre et moderne, mais clairement luxueuse. Comment dire? L'endroit sent le fric à plein nez. Pas nécessairement ma tasse de thé, mais soit.

Je passe dans les vestiaires pour me déshabiller, ranger mes affaires dans un casier à carte magnétique, enfiler un ravissant tanga jetable et un peignoir. Premier couac: des filles de mon gabarit, on doit pouvoir en mettre trois ou quatre là-dedans. Et mon Dieu que le tissu éponge est épais! En moins d'une minute, je suis en nage. Sympa pour ma future masseuse. Qui tarde à venir, d'ailleurs: Chouchou et moi poireautons un bon quart d'heure dans la salle de repos avant que deux jeunes femmes viennent nous chercher pour nous conduire dans la "VIP room".

Etape n°1: le bain japonais relaxant

Nous sommes invités à nous installer tête-bêche dans une baignoire japonaise en tek. L'eau est à une température agréable, et j'aime bien les pétales de roses rouges qui flottent à la surface. Par contre, ce récipient a clairement été prévu pour le barbotage d'individus d'1m75 au minimum: mes pieds sont loin de toucher l'autre bord; du coup, comme les côtés où l'on doit s'adosser sont pentus, je glisse sous l'eau sans parvenir à me caler. Je suis obligée de m'asseoir, non pas à côté de Chouchou, mais entre ses jambes pour qu'il puisse me retenir et m'empêcher de couler. Pas très bien conçu, tout ça.
Suit une mini-séance de méditation de 5 minutes pendant laquelle je me retiens d'éclater de rire quand une des deux jeunes femmes nous susurre "Imaginez un voile blanc soyeux...". Je ne suis pas du tout douée pour le lâcher prise mental. Après ça, on nous masse vaguement les épaules, la nuque, le visage et le cuir chevelu. Puis on nous sert un thé noir à la rose et on nous laisse barboter dix minutes le temps de le boire. Moui bon bof. Le thé n'est pas mauvais mais je suis hyper mal installée, et quoi qu'on dise sur les vertus thermiques des baignoires japonaises, l'eau est bel et bien en train de refroidir.

Etape n°2: le gommage aux épices

Une fois secs, on nous fait allonger sur des tables de massage sans trou pour la tête (mal! c'est mal!) mais recouvertes d'une feuille de plastique. On nous enduit de gommage à base d'épices et de fleur de sel, et on nous frotte vigoureusement tout le corps: d'abord les jambes, puis les bras, puis le torse. Quand on nous demande de changer de côté, bien entendu, nous sommes collés au plastique, et nous glissons dans le produit en nous tournant sur le ventre. C'est une manoeuvre inélégante et désagréable au possible.
Dès le gommage terminé, nous nous ruons dans la douche deux places pour nous rincer. Quand nous ressortons, deux nouveaux tangas en papier nous attendent sur le bord de la baignoire japonaise: un noir pour Chouchou et un blanc transparent pour moi. Pfff, pas juste. "Vous sentez comme la peau est douce maintenant?" nous demande une des deux jeunes femmes. Honnêtement, non, je suis juste contente d'être débarrassée du produit.

Etape n°3: le massage ayurvédique

A ce stade-là, c'est vraiment par égard pour Chouchou que je continue à sourire et à me montrer aimable. Je trouve la prestation, sinon en-dessous de tout, du moins très inférieure à ce qu'on est en droit d'attendre dans un endroit de ce standing. Heureusement, le massage qui suit (et qui constitue la partie principale du rituel) s'avère à la hauteur. Pas le meilleur auquel j'aie jamais eu droit, mais enfin, les gestes sont vigoureux et précis, et les produits utilisés sentent très bon sans avoir une odeur trop entêtante. Et quand nous passons sur le ventre, les jeunes femmes enlèvent les petits oreillers qui soutenaient notre tête jusque là, révélant l'indispensable trou dans lequel mettre notre visage pour permettre un bon alignement des vertèbres. Me voilà rassurée, et mon irritation s'envole.

Etape n°4: le sauna

Après un passage en salle de repos (jolie dans le genre minimaliste, mais équipée de 4 lits seulement alors que les clients sont beaucoup plus nombreux), nous nous dirigeons vers la partie fitness/piscine/hammam/sauna. Pour y accéder, nous devons traverser un pédiluve. J'enlève mes chaussons jetables, passe et me retourne pour attendre. Son tour venu, Chouchou traverse le regard fixé droit devant lui et l'air martial. Arrivé de l'autre côté, il se fige brusquement, baisse les yeux... et, la mine contrite, ôte ses chaussons trempés. Vivre avec un grand distrait, c'est beaucoup de frustration parfois, mais aussi une source inépuisable de fou-rires.
Nous allons transpirer dans le plus grand sauna qu'aucun de nous deux ait jamais vu, et muni d'une grande baie vitrée donnant sur l'extérieur. C'est très agréable d'y voir quelque chose pour une fois. Nous faisons trois aller-retour entre la salle à transpirer déserte et les douches voisines, équipées de merveilleux jets de massage, avant de décider que ça suffit comme ça pour nos vieux coeurs (et ma mauvaise circulation sanguine).

Bilan: Au final, nous avons passé un bon après-midi; l'institut était beau, grand, lumineux et le massage vraiment bien. Mais deux heures plus tard, j'ai été prise d'un mal au ventre épouvantable qui ne m'a pas lâchée de la soirée. Vu le bordel que c'est là-dedans, ce n'était peut-être pas une bonne idée de me faire manipuler aussi vigoureusement. Même sans ça, je dirais que le Spa des Cinq Mondes est un endroit surfait, qui utilise de chouettes produits et emploie un personnel charmant mais facture ses soins beaucoup trop cher pour la qualité réelle des prestations.

dimanche 28 juin 2009

Une année d'auto-portraits: semaine 26


C'était cet après-midi dans les vestiaires femme du Spa des Cinq Mondes, à La Hulpe, où Chouchou et moi avions rendez-vous pour un cérémonial de félicité (mon cadeau d'anniversaire). Récit détaillé demain.

Bon, et puis ce sera le dernier auto-portrait de cette série. Je m'arrête à mi-chemin, estimant avoir épuisé le potentiel du concept. Pour pouvoir me renouveler, il faudrait que je change d'appareil ou que je me lance dans l'organisation de véritables séances de pose, chose que je ne suis pas assez égocentrique suis beaucoup trop flemmarde pour faire.

Pré-soldes été 2009 - record à battre: moins d'une heure

En France, on fait des braderies après les soldes pour évacuer à des prix ras-les-pâquerettes les nanards dont personne n'a voulu. En Belgique, pour une raison que je m'explique mal, la braderie a lieu avant les soldes avec des réductions légèrement inférieures à celles qui seront pratiquées quelques jours après. Du coup, c'est un assez bon plan pour qui fait une taille très répandue (un 38 du haut et un 40 du bas, par exemple...) et/ou n'a pas envie de se colleter avec des foules de greluches hystériques le jour J.

En fille organisée, j'avais déjà effectué un repérage dans la semaine et décidé que:
- J'attendrais les vraies soldes pour passer chez Les Anonymes et Graphie Sud qui vendent des chaussures et des vêtements tellement chers que même à - 50%, je culpabilise encore de les acheter. Idem pour IKKS qui pratique des prix complètement délirants depuis quelques saisons.
- Pendant la braderie, je ferais Etam Lingerie (mon fournisseur officiel de sous-vêtements depuis que Calvin Klein a arrêté les culottes en microfibre que j'aimais d'amour) et Mango (le seul endroit où je trouve des T-shirts rock'n'roll d'une qualité correcte et à des prix démocratiques).

Samedi après-midi, donc, au terme d'une descente express sur la chaussée d'Ixelles, je suis rentrée chez moi avec le butin suivant:


Les caracos en microfibre, c'est ma deuxième peau. Je les porte au lit et pour traîner à la maison, en guise de haut de pyj'. Et puis aussi sous les pulls fins pour les réchauffer, et sous les tops à décolleté plongeant pour ne pas devoir garder une main plaquée dessus afin de prévenir toute tentative d'évasion mammaire. Quant aux culottes, j'ai testé toutes les formes: le shorty est définitivement ce qu'il y a de plus avantageux (ou disons, de moins désavantageux) pour les silhouettes en bouteille d' Orangina.

Ticket de caisse Etam: 64€


Oui, alors, je sais: le gilet orange, même court, c'est pas précisément le summum du rock'n'roll vestimentaire. Mais il va hyper-bien avec ma robe Promod taupe et corail dont je ne cesse de vous rebattre les oreilles, et les soirées sont fraîches en Gelbique.


Si j'avais des jambes potables, je porterais ce top long en mini-robe avec mes spartiates argentées. J'ai des jambes affreuses, et il n'est pas dit que je le porte quand même en mini-robe, mais avec un legging pour réduire les évanouissements d'horreur sur mon passage.


Il fut un temps où je ne portais jamais, jamais de bleu marine parce que je trouvais que ça faisait uniforme. Et puis je me suis rendu compte récemment que ça allait vachement bien avec ma couleur de cheveux et de peau, en fait. Sans compter que ça change un peu du gris dont j'ai plus que largement exploré toutes les nuances, du noir qui ne m'amuse plus, et du bleu canard ou du violet foncé dont je préfère ne pas abuser. Si ça se trouve, un jour, j'aurai des fringues vertes. Non, je déconne.


Lui, je l'avais repéré au Mango de l'aéroport de Madrid début mai. Evidemment, sur le coup, l'absence de carte bleue m'avait légèrement freinée dans mes élans shoppingesques. J'adore la coupe de ce débardeur, et l'association d'un fond super neutre avec un motif "in your face" bien coloré.

Ticket de caisse Mango: 63,75€

Next stop: les vraies soldes, mercredi.

samedi 27 juin 2009

Life goal #11: "apprendre à faire les madeleines"


Dans ma récente liste des 50 choses que je voudrais faire dans cette vie, la n°11 était "apprendre à faire les madeleines". Comme il faut bien commencer quelque part, cette semaine je suis passée chez Mmmmh acheter un moule en silicone, et aujourd'hui je me suis attelée à la tâche en suivant la recette postée hier par Princesse Audrey.

N'ayant qu'un moule sous la main, je décide de réduire aux deux tiers les proportions données pour ne pas devoir faire vingt fournées (exceptionnellement, la température dépasse 20° à Bruxelles et l'appartement évoque un peu un sauna). Je mélange les oeufs (2 au lieu de 3), la farine, le sucre, le beurre fondu (150g de chaque au lieu de 220) et la levure dans un grand saladier. Je ne vois pas bien comment mesurer deux tiers d'un sachet de levure de 15g, alors je verse tout: une texture bien aérée, c'est toujours mieux.

Au moment de laisser reposer une heure, je consulte la recette et m'aperçois que j'aurais dû ajouter le beurre après et non avant. Flûte, trop tard. En même temps, ça ne doit pas changer grand-chose. Les proportions sont celles d'un quatre-quarts et des quatre-quarts, j'en ai cuisiné suffisamment dans ma vie: c'est inratable. D'ailleurs je ne vois même pas pourquoi il faut attendre une éternité pareille, mais je vais en profiter pour faire un peu de ménage.

(Interlude Mr. Propre)

Une heure plus tard, je rajoute une bonne rasade de fleur d'oranger et je verse la pâte dans le moule. Que j'ai bien passé au congélateur comme indiqué dans la recette, mais que je n'ai pas beurré comme réclamé par la notice pour la première utilisation. J'ai horreur de toucher du gras et vu la forme des alvéoles, je subodore une sévère prise de tête. Boâh, de toute façon, ça n'attache pas le silicone; c'est bien pour ça qu'on fait les moules avec.

Audrey dit qu'il ne faut remplir les moules qu'aux trois quarts, mais comment je mesure trois-quarts d'un machin avec une forme aussi tordue? Dans le doute, je préfère en mettre un poil trop que pas assez, comme d'hab. Mes madeleines seront plus jolies bien bombées que toutes raplapla. Et de toute façon la pâtisserie, c'est pas une science exacte mais une question d'instinct. Non?

Non.


Toute ressemblance avec les pâtisseries dénommées "madeleines"
serait purement fortuite
et ne saurait être reprochée à l'auteur de ces ravissants blobs concaves,
comptant plus de trous qu'un morceau de gruyère,
et parfaitement impossibles à démouler.


10 (other) things I loved this month

- Les photos de Chrissie White, une petite prodige dont l'univers plein de charme, à la fois très frais et un peu suranné, me fait penser aux premières oeuvres de mon cher Tim Walker. Chrissie a 15 ans à peine et tout le temps de progresser encore immensément. Un talent à suivre.

- Etsy: site internet regroupant les mini-boutiques de professionnels ou de particuliers qui vendent exclusivement des objets artisanaux fabriqués de leurs blanches mimines. On y trouve des choses uniques et originales, souvent à des prix modestes ou au minimum très raisonnables. Je passe beaucoup de temps à explorer la catégorie "paper goods" et la sous-catégorie "letterpress", mais pas seulement.

- Les gnocchi aux bolets, au jambon et à la crème du Kogo Ristorante (Havelskà 27, Prague). Les meilleurs que j'aie mangés de toute ma vie - après ceux de ma mémé qui ont le goût de l'enfance et sont donc irremplaçables.

- "House M.D.": je sais, je prends le train en marche avec beaucoup de retard puisque les tribulations de ce diagnosticien misanthrope et sarcastique comptent déjà 5 saisons complètes. Mais comme ça, au rythme d'un ou deux épisodes chaque soir, j'en ai pour un petit moment à me régaler!

- Les knedliky, sorte de grosses quenelles découpées en rondelles qui existent en version "bohemian" (faites à partir de pain) ou en "potato" (à partir de pommes de terre). Elles sont à la cuisine tchèque ce que le riz est à la cuisine asiatique ou les frites à la cuisine américaine: un accompagnement indispensable et délicieusement roboratif.

- "No et moi", de Delphine de Vigan. Un joli roman d'apprentissage qui raconte l'amitié entre une surdouée de 13 ans et la jeune SDF qu'elle va essayer de sauver de la rue. C'est écrit sur un ton très juste, plein de tendresse et de révolte sans moralisation. Je me suis complètement reconnue dans le personnage de Lou, cette ado solitaire et différente qui, avec toute la fougue de sa jeunesse, se dresse contre une insupportable injustice.

- Le pendentif art déco acheté au musée du même nom, à Prague. Je le trouve beau et plein de caractère, malgré (ou peut-être à cause de) sa forme rectangulaire pas facile à porter. Et je suis à peu près certaine de ne pas le retrouver au cou d'une autre fille, ce qui a son importance.

- Mon pinceau MAC 228. Tout petit, tout mimi, vachement plus précis que le classique 239 et idéal pour peaufiner le pli très creusé de mes paupières dans lequel j'ai toujours des "manques" de fard avec un pinceau plus gros.

- Mes spartiates argentées Les Tropéziennes achetées chez Texto. Oui, j'avais juré de ne jamais acheter ni spartiates ni pompes métallisées. Mais tant qu'à enfreindre ses propres commandements, autant y aller franco et faire d'une pierre deux coups. Et puis, c'est quand même la sandale idéale - qui tient au pied, qui ne file pas d'ampoules et avec laquelle on peut gambader des heures durant. Et contrairement à ce que je croyais, non, la semelle n'est pas fine au point qu'on ait l'impression de marcher à même les trottoirs.

- Zlatà Lod' (Narodni 37, Prague): un magasin de fournitures d'art vraiment pas chères, avec beaucoup de choix, la liberté pour le client de tout tripoter sans se faire sauter dessus et des vendeuses hyper gentilles. Dommage, ça fait quand même pas mal plus loin que Schleiper pour s'approvisionner en demi-godets d'aquarelle.

vendredi 26 juin 2009

Du lien entre oeuvre et auteur

Ce matin, tout internet ne cause que de la mort de Michael Jackson. Ce qui m'a poussée à mettre comme statut sur Facebook: "Armalite ne comprend pas bien qu'on s'attriste de la mort d'un pédophile notoire". La réponse de Gridou n'a pas tardé: "C'est pas faux mais très réducteur non?". Possible: je ne suis pas connue pour la subtilité de mes jugements. Mais j'avoue que j'ai du mal à faire la séparation entre un artiste et son oeuvre. Si j'apprenais demain que Leo est un tueur en série, je ne pense pas que je continuerais à apprécier ses chansons de la même façon.

Beaucoup des écrivains classiques que j'aime (Voltaire, Baudelaire ou Oscar Wilde, par exemple), n'étaient pas précisément des modèles de vertu. Tout de même, il est des errances trop graves à mon sens pour que je parvienne à en faire abstraction. Surtout chez un chanteur dont je n'aimais déjà pas la musique à la base. Mais je trouve la question intéressante. Croyez-vous qu'une oeuvre doive être appréciée indépendamment de la personnalité ou des faits et gestes de son auteur?

PS: Et ne venez pas me dire que Bambi avait des circonstances atténuantes, que c'était un pauvre type malheureux comme les pierres dans le fond - la responsabilité des ex-enfants abusés et des malades sexuels est un tout autre débat sur lequel je ne me risquerai pas à m'engager, ne m'estimant pas assez qualifiée pour avoir une opinion.

"Tellement proches"

Je ne suis pas bon public pour les comédies. C'est très difficile de me faire rire. Pourtant, cette comédie sans prétention sur le thème éculé du pauvre bougre aux prises avec une belle-famille aussi névrosée qu'envahissante y est parvenue pendant un peu plus d'1h40. Vincent Elbaz est toujours aussi craquant, et loin de ses pitreries du Service Après-Vente qui me laissent de marbre, Omar Sy s'avère carrément sexy plutôt bon comédien. Par contre, je déconseille fortement ce film à tous les couples sans enfants qui envisageraient de fonder une famille dans les mois à venir: il risque de leur donner des cauchemars. En ce qui me concerne, il ne m'a inspiré qu'une intense jubilation.

jeudi 25 juin 2009

"Un zoo en hiver"

J'ai déjà dit ici combien j'apprécie les mangas de Jirô Taniguchi - la beauté des dessins de cet auteur, la délicatesse des sentiments qu'il exprime et l'incroyable justesse avec laquelle il restitue les détails du quotidien.

Dans "Un zoo en hiver", Taniguchi raconte son arrivée à Tokyo et ses débuts dans le monde de la bédé japonaise, mais aussi son éveil aux sentiments amoureux. C'est une oeuvre plus personnelle que celles qu'il nous livre d'habitude, et un témoignage très intéressant sur l'entrée dans l'âge adulte d'un jeune Japonais à la fin des années 60. S'écartant de ses récits habituels qui observent des vies quasi immobiles, l'auteur nous étourdit avec sa découverte de la capitale nippone et du travail de mangaka, de la boisson et de l'amour. La fin est mélancolique et douce-amère à souhait, un peu comme l'apprentissage de la vie. Rien à dire: je suis fan.

"Looking for Eric"

L'avantage de vivre avec un fou de cinéma plutôt qu'avec un handicapé de la culture prof de sport aux goûts un peu frustes, c'est qu'il est toujours content de vous accompagner voir les films d'auteur les plus improbables.
L'inconvénient de vivre avec un fou de cinéma plutôt qu'avec un handicapé de la culture prof de sport aux goûts un peu frustes, c'est que personne ne vous dissuade d'aller voir les films d'auteur les plus improbables.
Ainsi hier soir, j'ai perdu deux heures de ma vie que je ne récupèrerai jamais à somnoler devant les aventures d'un postier anglais dépressif qui voit son footballeur préféré lui apparaître pour tenter de le remettre sur les rails de la vie à coups de proverbes foireux. Eric Cantona en Paolo Coelho du prolétariat grand-breton, ça aurait pu être drôle, mais c'est juste poussif. Et malheureusement, un long numéro de cabotinage qui ne s'interrompt que pour laisser la place à une intrigue ridicule ne suffit pas à faire un film.
Oh, comme je regrette d'avoir attendu 24h de trop pour aller voir "Coraline"...

mercredi 24 juin 2009

Maquillage n°9: Sous-préfète taupe et orange

Aujourd'hui, pour sortir déjeuner avec Adriana, j'avais décidé de porter la jolie robe Promod déjà montrée récemment dans un auto-portrait du dimanche. Et une fois n'est pas coutume, j'ai eu envie d'assortir mon maquillage aux très jolis motifs du décolleté: des bandes corail entourées d'autres bandes rose chair et blanc cassé, le tout sur fond taupe.


Pour ça, j'ai sorti ma palette Coastal Scents de 88 fards (mais si, celle que j'ai tant pleuré pour avoir en février et que je n'avais encore jamais utilisée depuis). Et j'ai fait ça:




- moitié intérieure de la paupière mobile et tiers intérieur du ras de cils inférieur: orange situé sur la 3ème colonne en partant de la droite, 4ème fard en partant du haut (Coastal Scents)
- moitié extérieure de la paupière mobile et deux tiers extérieurs du ras de cils inférieur : taupe situé sur la 1ère colonne en partant de la droite, 4ème fard en partant du haut (Coastal Scents)
- paupière fixe: rose chair situé sur la 2ème colonne en partant de la droite, 1er fard en partant du haut (Coastal Scents)
- liner crème: Dipdown (MAC)
- mascara: Telescopic Explosion (L'Oréal)

50 things I love

Encore une liste réalisée avec le "Favorite things" kit d'Elsie Flannigan. Celle-ci a été plus rapide à rédiger que toutes les autres; en fait, arrivée au bout, je me suis rendu compte que j'aurais facilement pu pousser jusqu'à 100! Pas de catégories pour une fois: j'aime l'effet "joyeux bordel" du désordre de cette liste-là. Sa version papier est en format A4; pour la page d'en face dans mon album, je pense réaliser une mosaïque de photos des choses que je mentionne - quelque chose de gai, coloré et plein de vie. Here goes...

Le thé vert japonais * Les poupées Blythe * "Calvin & Hobbes", le comic de Bill Watterson * Les Hard Rock Café * Les glaces à l'italienne * Mes chats * Le Cook & Book * Mon sac Twee violet * Recevoir des colis par la Poste * Les chaussures Chie Mihara * Vanessa Paradis * Les odeurs d'agrumes * Les repas fromage * Porter des chapeaux * Mes palettes MAC * Les livres de Yoko Ogawa * San Francisco * "Nana", le manga d'Ai Yazawa * Les longues journées de mai et de juin * Pierre Dubois * La vieille coiffeuse de ma mère * Les dessins de Pénélope Bagieu * Les très longue écharpes en tricot * Me faire masser les pieds * Les gerberas * Leonard Cohen * Rouler en scooter * Les films d'Audrey Hepburn (surtout "Funny face", "Roman holiday" et l'injustement méconnu "Two for the road") * Régis * Les jeans Levis * Le grand pin en face de mon balcon, à Monpatelin * Le restaurant "Les Magnolias", au Perreux * Voir un 5 en premier sur ma balance * Le magazine américain "Real simple" * Les photos de Tim Walker * "Versailles no bara", le manga de Riyoko Ikeda * Copenhague * " The time traveler's wife", le roman d'Audrey Niffenegger * Les pizzas de Mamma Roma * Mes boots de moto Free Lance * Les bons Bordeaux qui râpent un peu * Alyson Hannigan * Sauter en parachute * La photo en noir et blanc de mon grand-père qui se trouve sur ma table de nuit * Tokyo * La chanson "Glorious" d'Andreas Johnson (surtout le passage avec les violons) * Les travaux de Sophie Calle * Les vacances en famille * Le groupe de rock alternatif Marillion, période Fish * Ce blog *

Bon d'accord, j'avoue: j'adore ce genre d'exercice. Si je m'écoutais, je dresserais des listes pour tout, moi qui adore classer et archiver les choses. Comme le héros de "High fidelity", je débattrais longuement avec moi-même pour savoir quels livres méritent de figurer dans le Top Ten des meilleurs romans fantastiques que j'ai lus, ou si la dernière place au hit-parade de mes plats préférés revient aux ris de veau plutôt qu'au canard à l'orange. Un moment, j'avais même pensé en faire le sujet exclusif d'un blog, et vous remarquerez que j'en case assez souvent dans "Le rose et le noir". A ceux de mes lecteurs qui partageraient ce vice somme toute inoffensif, je me permets d'ailleurs de recommander le livre de Dominique Loreau, "L'art des listes".

mardi 23 juin 2009

50 things I must do in this life


Il y a quelque temps, j'ai acheté à Elsie Flannigan un de ses kits de scrapbooking "Favorite things". Je viens seulement de m'atteler à confectionner un album avec. Parmi les listes qu'il était proposé de faire se trouvait celle-ci. Pour moi qui ne suis pas quelqu'un d'ambitieux, ce n'était pas facile de trouver autant d'objectifs ou de choses à réaliser dans cette vie. Mais après m'être creusé la tête une bonne heure, voici ce que j'ai fini par noter.

Loisirs créatifs:
1. Apprendre à utiliser ma relieuse (oui, celle que j'ai fait un fromage pour me procurer et qui sommeille sur une étagère de ma bibliothèque depuis sept ou huit mois)
2. Apprendre à coudre (avec la machine que je me suis fait offrir par l'Homme pour Noël il y a... pfiou, un paquet d'années, et qui sommeille sur le dessus du frigo à Monpatelin depuis lors)
3. Faire de l'aquarelle, beaucoup
4. Offrir un tableau réalisé par moi (une fois l'étape 3 maîtrisée, par égard pour le destinataire)5. Apprendre le crochet (pour pouvoir confectionner des tas de monstres bizarres qui feront le désespoir des enfants de mon entourage, niark niark)10/11
6. Apprendre à me servir d'un bridge (un jour, peut-être, quand j'aurai surmonté mon aversion de tout ce qui est technique)7. ...et de Photoshop (voir ci-dessus)8. Finir de photographier tous mes albums de scrap
9. ... et scanner mes journaux intimes (vu la quantité de travail, ça me fatigue d'avance)10. Faire de l'impression à la maison (letterpress ou Gocco)
Bouffe:
11. Apprendre à faire les madeleines 07/09
12. Trouver la parfaite recette de cheesecake
13. Développer ma connaissance du vin
14. Stabiliser mon poids en-dessous de 60 kilos (ce point me paraissant tristement incompatible avec les trois précédents)
Voyages:
15. Visiter Tallinn
16. ...et Rome
17. ...et Barcelone11/12
18. ...et Lisbonne 12/10
19. ...et Hong Kong
20. Et puis aussi l'Islande06/12
21. ...la Norvège
22. ...le Népal
23. ...l'Inde
24. Et retourner à San Francisco
25. ...à New York
26. ...à Marrakech
27. ...à Copenhague
28. ...à Amsterdam
29. ...à Londres 10/10
30. ...à Vienne
31. ...à Tokyo 04/10
32. Aller à Bali en stage carnet de voyage
Style de vie:
33. Pratiquer régulièrement le yoga 01/10
34. ...et la méditation 09/10
35. Dépasser mes angoisses 03/11
36. Cesser d'acheter des choses inutiles
37. ...et me débarrasser de toutes celles qui m'encombrent
38. Apprendre à me lever tôt le matin (et là je crains qu'on soit dans le domaine des rêves éveillés plutôt que dans celui des objectifs réalisables, mais bon)10/12
Lecture et écriture:
39. Lire "La vie mode d'emploi" de Georges Pérec (qui partage actuellement le sort de ma relieuse et de ma machine à coudre)
40. Lancer un blog familial (celui qui est prêt depuis août dernier, sauf que j'ai peur que ça n'intéresse absolument personne et que mon petit coeur s'en trouve tout meurtri)41. Faire publier un de mes textes (j'ai pas dit nécessairement un roman hein; juste un truc signé de moi qui ne soit pas une traduction ou un travail sur l'univers des bouquins que je traduis, comme il m'est déjà arrivé d'en écrire à la demande d'un éditeur)42. Tirer un bouquin des aventures de Régis (je sais, y'a du boulot techniquement parlant, mais je pense que le concept de base est bon)
Là-haut dans les airs:
43. Passer mon brevet de parachutisme
44. Faire une balade en montgolfière

Divers:
45. Parrainer un enfant du tiers-monde (vous voyez, je ne suis pas si monstrueuse; tant que les contacts se limitent à des lettres, je devrais arriver à gérer)46. Faire de la figuration dans un film ou une série télé
47. Conduire une Vespa
48. Me faire tatouer Régis à l'intérieur du bras gauche (j'ai déjà deux tatouages dont chacun correspond à un homme et une période de ma vie... m'en faut un pour Chouchou et pour maintenant) 06/1149. Améliorer mon japonais
50. Maîtriser enfin la touche orange à Guitar Hero (ouais, je sais, mais il en fallait 50, quoi...)


Voilà. Au final, c'était un exercice très intéressant qui pourra me servir de guide dans les années à venir. Et vous, êtes-vous capable de lister 50 choses que vous aimeriez faire dans cette vie?

lundi 22 juin 2009

"Transat"


D'Aude Picault, j'avais déjà lu et aimé les deux tomes de "Moi, je". Cette fois, lassée de se regarder le nombril et de mener à Paris une vie qui lui semble dépourvue de sens comme de direction, la jeune illustratrice décide de s'embarquer pour une traversée de l'Atlantique à bord d'un voilier dont elle connaît vaguement le capitaine. Dans "Transat", elle partage avec nous les questions qu'elle se pose, la façon dont elle vit cette échappée belle, son émerveillement muet face à la grandeur de l'océan... et, au final, son retour à la ville et à son train-train. Elle nous raconte un voyage inoubliable qui, sans infléchir le cours de son existence, l'aura sans doute marquée de façon assez subtile pour qu'elle apprécie son quotidien un peu différemment. Son "Transat" est une jolie bouffée d'air pur dont il serait vraiment dommage de se priver.

dimanche 21 juin 2009

La jungle

Imaginons une ville immense où les portes des maisons seraient grandes ouvertes. Pour vous distraire pendant vos heures de loisirs, vous pourriez entrer dans n'importe laquelle d'entre elles, admirer la décoration, discuter avec la propriétaire et ses amis si ça vous chante, et pourquoi pas devenir un visiteur régulier de l'endroit si vous vous y sentez bien.

Admettons que, dans l'une de ces innombrables maisons, vous trouviez la déco à vomir, la propriétaire arrogante et ses amis méprisables. Allez-vous:
a - sortir de là aussitôt pour ne plus jamais y revenir et chercher d'autres maisons où vous vous sentirez davantage dans votre élément?
b - suggérer gentiment à la propriétaire que les murs vert pomme blessent un peu les yeux et que, pour votre part, vous auriez plutôt vu du jaune pâle - mais bon, après tout, c'est chez elle et elle fait comme elle veut?
c - pisser sur les murs et partir en claquant la porte; puis tenir chez vous une réunion avec tous les gens qui passeront par là dans le but de vous moquer un maximum de la propriétaire en question, de lui casser du sucre sur le dos et de gâcher sa réputation autant que possible - même si vous savez qu'elle gagne sa vie avec cette maison et que ça peut lui causer du tort, ou qu'elle ne gagne pas sa vie avec cette maison mais qu'elle est du genre sensible et que ça risque de la blesser?
d - construire carrément une nouvelle maison afin de parodier celle qui vous a déplu, et peindre les murs en vert fluo en vous trouvant très spirituel?

Cette semaine, j'ai été métaphoriquement confrontée aux options c et d, visant deux "propriétaires" auxquelles je rends de fréquentes visites. Deux personnes qui, comme tout le monde, ont leurs défauts et qu'on est parfaitement en droit de ne pas apprécier, mais dont le tort principal est, à mon avis, d'être trop populaires aux yeux de certains. Quelque forme qu'elle prenne, la réussite agacera toujours les gens mal embouchés.

Mais j'avoue qu'au-delà de la petitesse et de la minabilité mesquinerie des réactions c et d, c'est surtout leur manque de logique qui me choque. Pourquoi perdre son temps à dénigrer avec tant de virulence une maison et sa propriétaire quand il me semblerait tellement plus agréable de les chasser très vite de son esprit pour aller prendre du bon temps ailleurs? Visiter d'autres maisons à la déco plus plaisante ou même, je ne sais pas, jouer à un jeu vidéo, regarder un film, lire un livre, téléphoner à un ami, se faire une bonne petite bouffe? Je comprends qu'on puisse ressasser de la rancoeur envers quelqu'un qui nous a réellement et personnellement nui. Mais qu'on s'acharne contre une personne pour la seule raison que sa manière d'être nous déplaît, ça, ça me dépasse.

Sous ses airs de mégalopole colorée et accueillante, la blogosphère féminine est une jungle.

Une année d'auto-portraits: semaine 25


Hop, une petite photo prise dimanche dernier à Prague devant le John Lennon Wall, un mur couvert de graffiti dominé par cette inscription en grandes lettres oranges: "The Czech politicians will be rounded up as war criminals". Apparemment, y'a pas que l'aut' nain qui a des problèmes de popularité.

samedi 20 juin 2009

Maquillage n°8: Bonne mine en rose et doré




D'habitude, les couleurs de mes fards apparaissent plus foncées sur les photos qu'en vrai; aujourd'hui que je fais un truc léger, c'est l'inverse et on dirait que je n'ai rien sur les paupières. Je ne sais pas non plus pourquoi mon Lumix a fait disparaître le crayon sur la moitié interne d'un de mes yeux.

Or donc, je me suis laissée inspirer par le maquillage "anti-sale gueule" qu'Hélène propose aujourd'hui sur MBDF.

- totalité de la paupière mobile: fard crème doré Hydro Power H9 (Shiseido)
- extérieur de la paupière mobile: Da Bling (MAC)
- sous l'arcade: Vanilla (MAC)
- autour de l'oeil: crayon bronze Aqua Eyes 10L (Make Up For Ever)
- mascara: Smoky Lash (Make Up For Ever)

J'aime le résultat qui est très frais et facile à porter!

"Skins" saison 1

J'ai acheté cette série un peu par hasard, parce que j'avais vu des extraits sur Canal + quelques jours auparavant et qu'elle était en promo à la Fnac. Je savais juste que c'était un genre de Beverly Hills trash qui se passait dans une banlieue anglaise.

Premier épisode: scène d'ouverture géniale, hyper rythmée... Puis tout retombe comme un soufflé, et on a droit à une demi-heure heure désespérément creuse d'ados qui se biturent, gobent des cachets, tapent l'incruste dans les soirées de gosses de riches et s'envoient en l'air ou essaient désespérément de perdre leur virginité. Hum.

Oui mais en fait, cet épisode ne sert qu'à planter le décor. Et le suivant, consacré à une jeune anorexique qui passe son temps à berner son entourage afin que personne ne remarque qu'elle ne s'alimente pas, m'a scotchée par sa justesse de ton, sa puissance émotionnelle et la mélancolie monstrueuse qu'il dégageait. A partir de là, j'étais conquise.

En fin de compte, "Skins" n'est pas si trash que ça. C'est seulement le portrait d'une jeunesse un peu perdue, aux parents largués ou absents, qui essaie de devenir adulte malgré une absence totale de répères. Et c'est beaucoup plus grave, beaucoup plus poignant, beaucoup plus réussi que la plupart des séries consacrées aux ados.

vendredi 19 juin 2009

De l'amitié et des enfants

Suite aux commentaires du post précédent, je tiens à préciser une chose - non pas pour les trolls qui profitent de l'anonymat d'internet pour faire des remarques désagréables au lieu d'employer leur temps plus utilement à suivre des blogs dont les auteurs ne les agacent pas, mais pour ceux de mes amis qui me lisent et que je m'en voudrais de froisser par une phrase maladroite.

Quand je dis que l'amitié n'occupe pas une grande place dans ma vie, ça ne signifie pas que je me fiche des personnes de mon entourage qui ne sont pas soit A/de ma famille, soit B/chauves, belges et surnommées Chouchou. Il existe une courte liste de gens avec qui je ne partage ni mes gènes ni mon lit et pour lesquels je déplacerais tout de même des montagnes en cas de besoin. Simplement, la distance qui sépare nos lieux de vie respectifs fait qu'au quotidien, nous avons peu de contacts. Et mon caractère plutôt sauvage ne m'incite pas à passer des heures pendue au téléphone ou à rechercher constamment la compagnie de mes semblables.

Mes véritables amis peuvent compter sur moi, et j'ai toujours plaisir à passer du temps avec eux. Mais je n'en ai pas besoin. Certaines personnes aiment voir du monde et se sentir très entourées en permanence. Ce n'est pas mon cas. Comme l'activité professionnelle que je me suis délibérément choisie, mes loisirs de prédilection (scrapbooking, lecture, écriture...) se pratiquent en solitaire. La plupart du temps, je me suffis à moi-même. Ce qui ne me rend pas incapable d'apprécier la bonne compagnie et de tisser des liens avec quelques personnes triées sur le volet pour leurs qualités humaines et les affinités que j'ai avec elles.

Par contre, quand je dis que je n'aime pas les enfants, je suis cent pour cent sincère. Je consens quelques exceptions pour mes neveux et de très rares spécimens hauts de moins d'un mètre vingt, mais avec les autres, la communication ne passe tout simplement pas. Je ne me sens ni attendrie ni intéressée par eux. Et je ne vois pas ce que ça a de si monstrueux qu'une artiste et une femme par ailleurs parfaitement accomplie comme Sophie Calle doive s'en justifier.

Rencontre avec Sophie Calle

A 18h30 hier soir, aux Bozar devant une grande salle comble, l'écrivaine Marie Desplechin a interviewé l'inclassable artiste Sophie Calle. Elle ne s'y est pas très bien prise: ses questions étaient mal construites et laborieuses; tantôt on ne comprenait pas où elle voulait en venir, tantôt elle affirmait au lieu d'interroger, imposant son interprétation du travail de Sophie Calle - d'ailleurs aussitôt démentie par l'intéressée.

Malgré ça, cette rencontre a été formidable, l'occasion de découvrir (enfin!) la personne derrière les réalisations que j'admire tant. J'ai aimé les réponses de Sophie Calle, son naturel, son humour, le juste équilibre qu'elle a su trouver entre confiance en soi et absence de prétention. Ce n'est pas une de ces artistes dont on ne peut comprendre l'oeuvre qu'avec un énorme bagage culturel, ni quelqu'un qui intellectualise son travail à mort et tente de lui prêter une signification complexe. Elle a pu être accusée de voyeurisme ou d'impudeur; pourtant, elle est à mille lieues des dérives de la télé-réalité, et n'utilise de sa vie que des choses si universelles qu'elles en perdent leur caractère intime. Conquise par la simplicité de son discours j'étais.

A la fin de l'interview, la parole a été donnée au public. Je ne peux résister au plaisir de vous rapporter cet échange entre Sophie Calle et une jeune femme du troisième rang.
JF: Pardonnez cette question personnelle, mais avez-vous des enfants, et si oui, pourquoi n'en faites-vous jamais mention dans vos oeuvres?
SC: Non, je n'ai pas d'enfants et je n'en ai voulu. En fait, je ne les aime pas du tout.
JF (surprise et incrédule): Vous êtes une femme; vous avez forcément eu envie un jour...
SC (catégorique): Non non, je n'aime pas les enfants. D'ailleurs quand mes amis en ont, j'arrête de les voir jusqu'à ce que les leurs soient grands.
JF (totalement désemparée): Mais enfin, en tant que femme, cette idée a quand même dû vous traverser...
SC: Mis bout à bout, j'ai dû y penser à peu près 4 heures dans toute ma vie. Je n'en ai jamais voulu et n'ai aucun regret.
Et là, forcément, j'ai applaudi.

Quand Sophie Calle est descendue de scène, je me suis précipitée vers elle en brandissant Régis.
MOI: Bonsoir, excusez-moi, voudriez-vous bien poser pour une photo avec ma peluche?
SC (étonnée): Ah ça, c'est original... D'accord, mais faites vites, je n'ai qu'un quart d'heure pour boire un verre et discuter avec tout le monde.
Par coquetterie, elle a enlevé ses lunettes. Puis, dans un élan plein d'humour, elle les a collées sur le "nez" de Régis et a gentiment souri tandis que j'appuyais deux fois sur le déclencheur, juste pour être sûre.
MOI: Merci infiniment, bonsoir.
Et parce que je ne voulais pas l'accaparer davantage, je n'ai pas cherché à lui exprimer mon admiration. J'ai juste récupéré Chouchou avec qui j'étais venue et Egogramme que nous avions retrouvée sur place, et nous sommes partis boire un verre au Cheesecake Café pour conclure cette excellente soirée par une bonne discussion sur l'art.

jeudi 18 juin 2009

"The Guernsey literary and potato peel society"

Si vous avez lu et aimé "84 Charing Cross Road", précipitez-vous sur ce bouquin, vous l'adorerez.
Si vous n'avez pas lu "84 Charing Cross Road", quelques explications s'imposent. "The Guernsey literary and potato peel society" rassemble la correspondance qu'échangent, au sortir de la deuxième guerre mondiale, une écrivaine londonienne en mal d'inspiration et un cercle d'amoureux de la littérature habitant sur l'île récemment libérée de Guernesey.

C'est un livre qui se dévore d'une traite si possible; un livre à la fois instructif, poignant, drôle et émouvant; un livre qui célèbre le courage, l'amitié et la littérature; un livre qui tour à tour serre le coeur et lui fait tout chaud; un livre dont, arrivé à la fin, on regrette amèrement de quitter les personnages. Bref, un incontournable. Et si vous ne lisez pas l'anglais, pas d'excuses: une traduction française vient de paraître sous le titre "Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates".

Botanicus

Quand je voyage à l'étranger, j'aime bien rapporter des cosmétiques locaux, surtout s'ils sortent un peu de l'ordinaire. A Florence, j'avais fait une razzia chez Santa Maria Novella, une sublime officine pharmaceutique datant du 17ème siècle (Anthony Hopkins y achète de la crème pour les mains dans "Hannibal"). Dans le même genre "boutique d'apothicaire", à Prague, j'ai trouvé Botanicus qui vend des produits bio/organiques et dont le très beau magasin principal est situé face à Notre-Dame du Tyn. Mais lors de notre première visite, jeudi en milieu d'après-midi, il était envahi de touristes asiatiques, et j'en suis ressortie assez vite sans rien acheter.

Nous y sommes retournés le lendemain soir avant d'aller dîner au Hard Rock Café, et là, pour mon plus grand bonheur, les lieux étaient presque déserts. J'ai pu examiner le contenu de toutes les étagères, respirer tous les savons , lire le mode d'emploi de tous les produits un peu bizarres et entasser ceux qui m'intéressaient dans... ma fameuse casquette de voyage. Parce que chez Botanicus, curieusement, personne n'a pensé à mettre de paniers à la disposition des clientes. Qu'importe: les prix sont attrayants, tout comme le concept, et contrairement aux boutiques Lush, il n'y a ici pas de parfum entêtant qui donne envie de fuir au bout de cinq minutes.

Petite photo de ma récolte, qui compte quatre savons, des "grains de nettoyage" japonais pour la figure, et une infusion censée faciliter la digestion (la beauté intérieure, c'est important aussi!):


Botanicus, Tyn 3, Ungelt, Prague

mercredi 17 juin 2009

O'Che's, a home away from home

Notre séjour à Prague ne s'est pas déroulé dans les meilleures conditions matérielles. Les deux premiers jours ont été marqués par des averses aussi violentes que soudaines, sous lesquelles ils ne faisait pas bon traîner. Or, en lieu et place du wifi gratuit promis par le site sur lequel nous avions réservé notre chambre, nous ne disposions que d'une connexion par modem payante et neurasthénique. La révolte grondait dans les rangs féminins de notre couple. Fort heureusement, nous avons trouvé à nous réfugier dans un pub voisin de l'hôtel King George.

En cinq jours, nous avons effectué autant de visites au O'Che's. D'abord, internet y fonctionnait merveilleusement bien. Ensuite, la brève phase Gipsy Kings du vendredi soir mise à part, la chaîne musicale sur laquelle était branchée l'énorme télé placée au-dessus du bar diffusait le meilleur de la pop et du rock des années 80: a-Ha et ACDC, que demander de plus? Il régnait une atmosphère bon enfant; les consommations n'étaient pas chères et la carte proposait un grand choix de plats tchèques ou non servis à toute heure de la journée. Nous avons ainsi fait trois repas de goulash, de risotto ou de salades, chaque fois pour moins de 8 euros par personne.

Pendant tout notre séjour, quand nous étions fatigués ou que la pluie menaçait, notre premier réflexe était de filer au O'Che's avec mon eee-PC et l'iPod Touch de Chouchou pour surfer, prendre des notes ou dessiner tranquillement à une table proche des fenêtres (petites et rares). C'est sans doute à ce pub que je dois de ne pas avoir complètement pété les plombs avant le retour du soleil samedi matin et réclamé à changer mon billet de retour pour regagner aussitôt Bruxelles. Qu'il en soit ici chaleureusement remercié.

O'Che's, Lilliova 14, Prague

La bibliothèque du monastère de Strahov

Dieu sait que je ne suis pas fan de vieilles pierres en général et de monuments religieux en particulier. J'avais pourtant une bonne raison de nous faire patienter sous un soleil de plomb pour attendre le funiculaire qui gravit la colline de Petrìn, à l'ouest du pont Charles, puis aussitôt arrivés au sommet redescendre à pied l'autre versant de celle-ci: je voulais visiter le monastère de Strahov dont mes guides vantaient la sublime bibliothèque, notamment ses deux salles de philosophie et de théologie contenant chacune plusieurs milliers d'ouvrages anciens. Après les avoir contemplées de visu dans toute leur splendeur, je crois que j'aurais été prête à entrer dans les ordres juste pour pouvoir passer le reste de ma vie à lire là-dedans sans m'interrompre que pour manger et dormir.

Parce qu'une bonne photo vaut mieux qu'un long discours, admirez donc:





mardi 16 juin 2009

"Aspects of Alice" au TaFantastika

En préparant notre voyage à Prague, j'ai cherché un spectacle que nous pourrions aller voir pour occuper une de nos soirées. Mais aucun ballet n'était donné dans les dates de notre séjour et je n'avais pas envie d'un concert de musique classique, baroque ou même jazz. J'avais donc laissé tomber cette idée. Et puis à proximité du pont Charles, la publicité faite en devanture d'un théâtre pour un spectacle nommé "Aspects of Alice" a attiré mon attention. Il faut dire que l'héroïne de Lewis Carroll est un des personnages qui a le plus marqué mon imaginaire; comment aurais-je pu résister à un argumentaire qui me promettait d'explorer sa vie après la fin du livre, dans le cadre historique de Prague, et avec une débauche de moyens tels qu'artistes en chair et en os, animations en lumière noire, films et marionnettes?

Dimanche soir à 21h30, Chouchou et moi nous sommes ainsi retrouvés dans une petite salle à moitié remplie seulement, au milieu d'un public en grande partie composé d'ados espagnols bruyants. L'espace de quelques minutes, j'ai eu très peur. Mais la magie du spectacle n'a pas tardé à opérer, faisant taire gloussements et remarques moqueuses. Je ne suis pas certaine d'avoir compris la signification de tous les numéros ; en revanche, je suis bien sûre d'avoir été enchantée de bout en bout par leur poésie mêlée d'humour et d'érotisme. Et la fin totalement inattendue m'a laissée scotchée à mon siège tout comme l'avait fait, un peu plus tôt, la vue des nichons de la ravissante jeune femme rousse qui interprète le rôle-titre. Si jamais vous allez à Prague ou que l'on donne ce spectacle du côté de chez vous, je ne saurais trop vous le conseiller.




TaFantastika, Karlova 8, Prague
Représentations TLJ à 19h et 21h30
Prix du billet: 680 kc (environ 27€)

Expo permanente Jan Saudek

Chouchou aime me faire découvrir ses photographes préférés, et réciproquement. Au tout début de notre histoire, il m'a initiée à Araki lors de la mythique expo de Charleroi, et j'ai adoré. J'ai essayé de lui faire parcourir le recueil des oeuvres de Tim Walker, sans succès pour l'instant; en revanche, il a beaucoup aimé les portraits de Richard Avedon admirés le mois dernier à Amsterdam. Hier matin, pour notre dernière journée à Prague, il m'a entraînée à la galerie de Jan Saudek que je ne connaissais pas du tout alors que c'est le plus célèbre des photographes tchèques.

Je n'ai pas mis longtemps à comprendre que le travail de Saudek n'était pas du tout, du tout ma tasse de thé. La majeure partie de ses photos mettent en scène des "freaks", personnes gravement handicapées ou obèses, nues dans des attitudes provocantes ou juste grotesques. Je veux bien croire que ça ne soit pas gratuit et qu'il y ait une véritable intention artistique derrière, mais celle-ci m'a complètement échappé. Ses oeuvres ne me choquent pas, mais elles ne m'émeuvent pas non plus à quelques rares exceptions près: la série de photos intitulée "Life of a solider" qui montre un soldat d'abord en uniforme complet et impossible à identifier, puis de plus en plus déshabillé et jusqu'à ce qu'il ne reste de lui qu'une croix au-dessus d'une tombe; ou encore les "Hey Joe" dont les sujets de dos s'éloignent au milieu d'un paysage désert. En revanche, j'ai trouvé très intéressante la façon dont il traite ses couleurs: non pas à Photoshop comme tout le monde et son chien de nos jours, mais au moment du tirage. Bref, je n'ai pas aimé, mais je me suis couchée un peu moins inculte hier soir.

Galerie Jan Saudek, Celetna 9, Prague
Ouvert TLJ 10h-20h, entrée 130 kc

lundi 15 juin 2009

Le seul dessin du voyage à Prague


J'étais venue à Prague dans l'intention de dessiner un maximum. Au final, j'ai trimballé mon matos de dessin pour rien pendant les trois premiers jours, faute de trouver à la fois un sujet qui m'inspire et des conditions climatiques propices à travailler devant pendant une bonne heure (je ne suis pas rapide). Et puis hier, alors que j'avais laissé ma boîte d'aquarelle à l'hôtel, il faisait un soleil radieux, les rues de Hradcany étaient bizarrement désertes et j'ai eu envie de retourner devant une petite maison aperçue l'avant-veille pour la croquer.

Voici donc, au feutre à encre de Chine uniquement (du 0.3), la pension de famille U Raka mentionnée dans la plupart des guides sur Prague. Je n'ai toujours pas trouvé de moyen satisfaisant de dessiner les arbres au trait, mais j'explore des pistes. Sinon, les proportions sont incorrectes par rapport à la réalité: la moitié droite prend trop de place par rapport à la gauche. Malgré quoi, je ne suis pas mécontente de moi et compte aquareller le tout dès notre retour à Bruxelles (en m'aidant d'une photo pour les couleurs et la lumière).