vendredi 31 juillet 2009

A faire pendant les vacances à Toulouse

- Des essais maquillage avec Soeur Cadette. Transformer sa table de salle à manger en annexe MAC/Sephora et faire la sourde oreille aux remarques aigres de David. Pousser des exclamations de ravissement en nous voyant si belles en ce miroir.

- Un goûter chez Bapz, et s'il ne reste pas de brioches aux pépites de chocolat noir et à l'écorce d'orange, je fais pipi par terre et je me roule dedans.

- Une visite chez Groucho, la sublime friperie avec laquelle Princesse Audrey me fait saliver depuis des mois. Au moins pour le plaisir des yeux, vu que mes finances sont sous respirateur artificiel en ce moment.

- Un repas fromage. La vie est toujours plus belle quand on vient d'ingurgiter douze millions de calories de Brécou, de Saint-Nectaire et de Fourme de Montbrison. Que je ne pourrai pas arroser d'autant de bon vin rouge que j'aimerais, because médocs. Je me contenterai donc d'un seul verre que je ferai durer, et si je vois des éléphants roses toute la nuit, et bien ça me rappellera ma folle jeunesse.

- Des parties endiablées de Guitar Hero.

- Des tonnes de photos de ma famille pour pouvoir pleurer jusqu'à Noël en les regardant.

- Soutirer deux ou trois pots de confiture maison à Mère. Par ordre de préférence: poire, pêche, abricot, fraise.

- Emmener Attila voir "Là-haut", le dernier Pixar qui a l'air sensationnel.

- Dévorer un bon pavé. De papier, pas de boeuf. J'hésite entre "La vie mode d'emploi" de Georges Pérec (Life goal # 39) et l'omnibus d'Ayesha de ma copine Ange.

- Envoyer plein de cartes Postcrossing de la ville rose; ça changera un peu des visuels "Mer turquoise et palmiers" de Monpatelin.

Dans une semaine j'y suis... Courage!

jeudi 30 juillet 2009

"Je sais pas quoi emporter pour lire en vacances; t'aurais pas un truc à me conseiller?"

A cause de ma passion bien connue pour les livres, et aussi un peu de mon métier, on me demande régulièrement des conseils de lecture. Voici une petite liste des romans que je recommande le plus souvent, même sans connaître les goûts de mon interlocuteur, parce qu'ils ont ce petit je-ne-sais-quoi d'universel qui me semble propice à faire passer un bon moment à n'importe qui, et parce que contrairement aux livres vers lesquels je pourrais diriger des lecteurs, disons, "chevronnés", ils ne nécessitent pas de culture littéraire particulière pour être appréciés.

Je ne vais pas vous faire de critique de chacun d'eux (d'autant que certains ont déjà été évoqués dans ce blog), mais simplement y associer le lien vers la page Amazon correspondante où vous pourrez trouver un résumé et, la plupart du temps, des avis d'autres lecteurs en quantité suffisante pour vous faire une idée de leur contenu. Prêts?

- "Inconnu à cette adresse" (Kressmann Taylor)
- "La voleuse de livres" (Markus Zusak)
- "Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates" (Mary Ann Shaffer)
- "L'ombre du vent" (Carlos Ruiz Zafon)
- "Une prière pour Owen" (John Irving)
- "Un amour de jeunesse" (Ann Packer)
- "Tout ce que j'aimais" (Siri Hustvedt)
- "Brooklyn follies" (Paul Auster)
- "La vie devant ses yeux" (Laura Kasischke)
- "Le temps n'est rien" (Audrey Niffenegger)
- "Ensemble, c'est tout" (Anna Gavalda)
- "Au bonheur des ogres" - et tout la suite de la saga Malaussène (Daniel Pennac)

Je pourrais aussi dresser une liste des meilleurs bouquins du monde selon moi (mais la plupart des gens les trouvent trop ardus, ou trop dérangeants, ou trop abscons), ou encore des meilleurs bouquins du genre fantastique (celui que je maîtrise le mieux, forcément), ou des bédés qu'il faut vraiment avoir lues (Europe, USA et Japon confondus), mais je crains que ça n'intéresse pas grand-monde. Si je me trompe, laissez-moi un message après le bip ^^

mercredi 29 juillet 2009

La saga de l'été: Sauvetage d'une peau (épisode 1)

J'ai commencé à avoir de l'acné vers 12/13 ans et... je n'ai jamais arrêté. J'ai ce qu'on appelle une peau de merde réactive, grasse sur la zone T, sèche sur le reste du visage, allergique aux huiles essentielles et à Dieu sait quelles autres substances archi-répandues. Au moindre écart alimentaire, changement de saison ou test d'un nouveau produit de beauté, mes joues et mon menton se couvrent de boutons d'autant plus humiliants que mon adolescence est derrière moi depuis plus de deux décennies.

A cela, il faut ajouter que depuis deux ans que je prends de fortes doses d'hormones pour soigner mon endométriose, j'ai développé une horreur dermatologique qui a nom mélasma et se manifeste sous forme de taches brunes particulièrement visibles sur mon teint de bidet. Au début, elles se sont cantonnées aux côtés de mon front, et j'ai pensé m'en sortir en les planquant sous une frange un peu épaisse. Mais peu à peu, elles ont gagné du terrain, envahissant toute la surface de mes joues. Mon menton et ma lèvre supérieure sont encore épargnés, mais pour combien de temps?

Pour compléter ce séduisant tableau, j'ai récemment constaté l'apparition de mes premières rides. Oh, elles sont encore peu marquées: c'est l'avantage d'avoir un visage rond. Mais si je m'examine de près dans la glace et que je grimace un peu, ils sont bien là, les légers sillons autour de mes yeux et le début de pli sur mon front. Sans compter ces vilaines parenthèses qui encadrent ma bouche, curieusement plus marquées d'un côté que de l'autre (le prix à payer, je suppose, pour tous les sourires en coin sarcastiques décochés en 38 ans et demi à cultiver un caractère de hyène).

Après avoir passé la première moitié de ma vie (si tout va bien: je touche du bois) à me contenter d'une crème de jour que je pensais à appliquer uniquement les jours fériés et d'une eau démaquillante pour les trois fois par an où je faisais l'effort de mettre un peu de mascara et une couche de gloss, j'ai décidé il y a quelques mois que j'en avais marre de ressembler à un troll à lunettes et redirigé une partie non négligeable de mon budget vers les caisses de Sephora avec un triple objectif:
- supprimer mes boutons
- faire disparaître mon mélasma
- ralentir l'apparition de mes rides

(A suivre...)

So cute


Vous aussi, faites-vous un alter ego 50's ici.

mardi 28 juillet 2009

10 things I REALLY loved this month

- L'offre spontanée d'Etre Exquis de se charger de recevoir le spécialiste en bêbêtes grignoteuses de charpente pour m'éviter de prolonger mon séjour à Monpatelin.

- La gentillesse extraordinaire de Généraliste Adoré, un médecin humain, compréhensif et rassurant comme ils sont malheureusement loin de l'être tous.

- Les deux appels - la premier par téléphone, le deuxième sur Skype - de Soeur Cadette, respectivement le lendemain et le surlendemain de son arrivée à Dallas alors qu'elle avait sûrement autre chose à foutre que bavasser makeup avec moi.

- Le canapé que Christine m'a proposé tout simplement pour y passer ma convalescence si jamais... J'espère ne pas en avoir besoin, mais c'est bon de savoir que l'option existe.

- La petite main de Choupie se glissant dans la mienne alors que nous marchions dans la rue avec ses parents derrière nous, le soir du 13 juillet.

- L'adorable mail surprise de Zorro, la soeur de JC, avec qui j'avais plus ou moins perdu contact ces dernières années et dont j'ignorais qu'elle suivait mon blog.

- Les messages un peu maladroits mais claffis de bonnes intentions de mes parents. Si ça commence par "Ma fille", je sais que ça a été rédigé par Père; si ça commence par "Zouzou", je sais que ça vient de Mère. Tous sont sauvegardés précieusement dans un dossier "Famille".

- Le soutien sans faille de Chouchou. C'est dans la difficulté que les vrais rocs se révèlent.

- La chouette rencontre avec Miss Sunalee et dianecairn. C'est rare que j'accroche aussi fort et aussi vite avec des gens. Bénis soient les blogs qui permettent même à une asociale comme moi de se faire de nouveaux amis partageant son univers un poil décalé.

- Les "vraies frites belges" préparées par les blanches mains d'Ingrid, son superbe appartement, ses deux jolies minettes et la soirée apaisante que nous avons passée chez elle.

Les jolis objets s'achètent avec une carte Visa. Les très belles choses sont intangibles et n'ont pas de prix.

lundi 27 juillet 2009

Fan de Chouchou

Mon amoureux se lance dans la bédé. Ca fait des mois que je le vois chercher ses personnages, alterner des phases de gribouillage fiévreux avec des semaines entières de manque de temps et d'inspiration.

Sa première histoire de quatre planches lui a coûté plusieurs soirées d'efforts continus, de questions existentielles ("cases ou pas cases?") et de bagarre féroce avec son scanner. Et je ne suis peut-être pas très objective, mais elle me fait mourir de rire.

dimanche 26 juillet 2009

Maquillage n°10: Comme un Satellite...

Hier, j'ai eu envie de faire un maquillage pour assortir au pendentif que je portais (sous-préfète powaaaaa!) et que voici:


Chouette, n'est-ce pas? Bon, j'ai tenté le rouge, ça me donnait l'air d'avoir la myxomatose, donc je suis sagement restée sur une base rose/orange:




- Tiers intérieur de la paupière mobile: rose moyen, 4ème fard en partant du haut, 5ème colonne en partant de la droite de la palette 88 Coastal Scents
- Deux-tiers extérieurs de la paupière mobile: orange moyen, 3ème fard en partant du haut, 3ème colonne en partant de la droite de la palette 88 Coastal Scents
- Banane et ras de cils inférieur: brun clair, 6ème fard en partant du haut, 2ème colonne en partant de la droite de la palette 88 Coastal Scents
- Highlighter: Effet paupières 02 (Body Shop)
- Liner crème: Dipdown (MAC)
- Mascara: Smoky Lash (Make Up For Ever)

Soyez indulgent(e)s: je ne m'étais pas maquillée depuis longtemps et mes mains tremblent un peu en ce moment... Il faudrait aussi quelque chose à l'intérieur de l'oeil pour "finir" ce maquillage, mais je n'ai toujours pas trouvé de crayon qui tienne pour l'instant.

samedi 25 juillet 2009

"Complément affectif"

Sous ce titre sibyllin et assez peu accrocheur se cache un très bon shojo manga de Mari Okazaki, dont le tome 7 vient juste de paraître aux éditions Delcourt. Il raconte l'histoire de Minami Fuji, jeune Tokyoïte de 28 ans qui travaille dans une agence de communication mais a beaucoup de mal à appliquer à sa vie privée les talents qu'elle déploie dans sa vie professionnelle. Outre l'esthétisme du dessin et le découpage extrêmement recherché, "Complément affectif" vaut par la façon remarquable dont il traduit la confusion sentimentale de son héroïne, cette femme qui selon les critères de la société japonaise commence à atteindre un âge limite pour "se caser" mais qui subit une pression insensée dans son travail et n'a plus ni temps ni énergie à consacrer à quoi que ce soit d'autre. La série illustre assez bien le dilemme auquel sont confrontées les Japonaises diplômées d'aujourd'hui, obligées de choisir entre une carrière épanouissante et leur vie de femme. Rien que pour cela, elle mérite le détour.

vendredi 24 juillet 2009

La (semi-)victoire domestique du jour

En vieillissant, on s'embourgeoise on apprend à apprécier les belles choses. Niveau fringues, par exemple, on se lasse des fibres synthétiques désagréables sur la peau et qui ne ressemblent plus à rien après trois lavages. On veut des matières naturelles: du cachemire ou de la soie, par exemple. La bonne nouvelle, c'est qu'arrivé à ce stade, on a généralement les moyens de se les offrir (ne serait-ce que pendant les soldes). La mauvaise nouvelle, c'est qu'arrivé à ce stade, on n'a généralement pas le temps de les nettoyer amoureusement à la main comme le préconise l'étiquette d'entretien. Et pas forcément envie de finir par les payer quatre fois leur prix en les apportant au pressing après chaque utilisation.

Mais parmi les vendeuses de prêt-à-porter et chez lez blogueuses de mode, il se chuchote que, même si les fabricants affirment le contraire pour se protéger contre d'éventuelles réclamations, cachemire et soie supportent très bien le lavage en machine à condition:
- d'utiliser le programme délicat
- de ne pas dépasser 30°
- de régler la vitesse d'essorage au minimum
- d'utiliser de la lessive liquide (ou des noix de lavage)
- de ne pas mettre d'adoucissant.

Chouchou ayant manifesté son mécontentement que la moitié inférieure du panier à linge soit, depuis plusieurs mois, squattée par une demi-douzaine de pulls en cachemire portés deux fois chacun l'hiver dernier, je me suis décidée hier après-midi à faire un test sur celui qui m'avait coûté le moins cher (un petit pull à col rond bleu canard payé 70€ chez Etam). Cette fois, je ne me suis pas tombée dans le trip "la lessive, c'est une question d'instinct", et j'ai respecté scrupuleusement les instructions.

Résultat? Mon pull est propre, il n'a pas bouloché et a priori il fait toujours une taille 38. Par contre, essorage minimum ou pas d'essorage du tout, c'est kif-kif: il est ressorti de la machine tout dégoulinant, et j'ai quand même dû me plier au rituel haï de l'enroulage dans un drap de bain pour absorber le plus gros de la flotte dont il restait gorgé. Du coup, pour l'opération "Attendons que tous mes cachemires soient sales histoire de remplir une machine et de ménager ma sensibilité écolo", c'est râpé: je n'ai juste pas assez de draps de bain. Et j'ai été obligée d'allumer un de mes radiateurs pour finir le séchage, craignant que mon pull se retrouve à sentir le moisi si j'attendais que l'air humide de Bruxelles s'en charge seul. Une semi-réussite, donc.

jeudi 23 juillet 2009

"The time traveller's wife"

Pas plus tard que la semaine dernière, je disais à Chouchou mon regret qu'un de mes livres préférés n'ait jamais été transposé au cinéma. "La société de production de Brad Pitt et Jennifer Aniston avait pourtant acheté les droits, mais je suppose que je projet est tombé à l'eau en même temps que leur mariage. D'un autre côté, je n'aurais pas aimé être à la place du scénariste chargé d'adapter une histoire pareille pour qu'elle soit compréhensible à l'écran..."

Non seulement le dieu du cinéma m'a entendu, mais il a dû faire un paquet d'heures sup ces derniers jours: hier soir, dans un magazine américain, j'ai lu que "The time traveller's wife" sortirait le 14 août aux Zuess. S'il arrive seulement à la cheville du bouquin en matière de romantisme, les salles dans lesquelles il sera projeté devraient rapidement se transformer en piscines. Et c'est la personne la moins romantique du monde, celle qui a poussé des soupirs consternés devant "Sur la route de Madison", qui vous le garantit.

J'ai achevé la lecture de "The time traveller's wife" à moitié étouffée par mes sanglots devant la beauté si déchirante de l'histoire imaginée par Audrey Niffenegger. Dans la plupart des romances lacrymogènes, les amants sont séparés par des choses aussi terre-à-terre que leurs familles ennemies ("Roméo et Juliette", "Les hauts de Hurlevent"), leur rang social ("Titanic", "Vacances romaines"), voire une union préalablement contractée avec quelqu'un d'autre. Clare et Henry ont affaire à un problème d'un tout autre genre, puisqu'Henry voyage involontairement dans le temps. Ainsi, tout au long de leur vie, ils ne feront que se croiser pendant des périodes plus ou moins longues, avec un écart d'âge variable et à un stade de leur relation qui ne sera jamais le même pour eux deux.

Bien que d'un genre très différent de ce que je lis et apprécie d'habitude, ce roman m'avait suffisamment marquée pour que je fasse de sa phrase la plus emblématique (qui est d'ailleurs devenue le titre de sa version française) le nom de mon premier blog commencé en avril 2004: "Le temps n'est rien". Aussi, j'ai hâte de voir le film qui en a été tiré. Et un bonheur n'arrivant jamais seul, je viens également de découvrir que le second roman d'Audrey Niffenegger, "Her fearful symmetry", sortira à la mi-septembre. Je suis très impatiente.

mercredi 22 juillet 2009

De la lumière au bout du tunnel?

Je voudrais commencer ce post en remerciant tous les gens qui m'ont envoyé des petits mots de soutien et d'encouragement, sur ce blog ou par mail. Amis ou simples connaissances virtuelles, vos messages m'ont énormément touchée. Je remercie aussi ceux qui ne se sont pas manifestés parce que, peut-être, ils ne savaient pas quoi dire, mais qui continuent à me lire malgré le tour un peu déprimant que "Le rose et le noir" a pris ces deux dernières semaines. Je traverse définitivement une période plus noire que rose... mais je fais tout pour en sortir au plus vite. En attendant, j'apprécie votre fidélité - fût-elle silencieuse - à sa juste valeur.

Après une semaine à un Deroxat par jour, au terme de laquelle je commençais à récupérer physiquement, et trois jours à deux Deroxat qui m'avaient laissée anéantie physiquement ET moralement, j'ai décidé de faire marche arrière et de m'imposer une période transitoire à un Deroxat et demi par jour, jusqu'à ce que je cesse de dormir seize heures sur ving-quatre. Généraliste Adoré m'avait prévenue que les effets variaient d'un sujet sur l'autre et laissé une certaine latitude pour moduler mon dosage à l'intérieur de paramètres bien établis. Le but est d'arriver à deux Deroxat bien supportés par jour et un état mental stabilisé vis-à-vis de mes crises d'angoisse; alors je pourrai débuter la thérapie qui est censée résoudre le problème au lieu de se contenter de traiter les symptômes. Mais je ne veux pas non plus me bousiller la vie par trop de précipitation. Maintenant que je me suis engagée sur ce chemin, je vais aller jusqu'au bout, et ça prendra le temps que ça prendra.

Depuis quatre jours, je suis donc revenue à un Deroxat et demi chaque soir. Et aujourd'hui, j'ai passé ma première journée à peu près normale depuis deux semaines. Elle a débuté par une bonne nouvelle: un coup de fil d'Etre Exquis qui sortait de l'appart' de Monpatelin après la visite de l'expert en bestioles grignoteuses de maisons. Selon lui, il ne s'agit que de simples fourmis qui ne s'attaquent pas aux charpentes - seulement aux matériaux isolants. Il faut donc quand même traiter la résidence, mais cela se fera par l'extérieur et les fondations. Du coup, c'est le syndic qui gèrera la suite, et je n'aurai qu'à m'occuper de faire reboucher à mes frais les trous apparus entre les poutres et le plafond de mon duplex. Soulagement intense.

En principe, le mercredi est ma journée créative et sociale, celle que je garde de côté pour déjeuner avec des amis, écrire ou scrapper. Mais comme j'avais pris du retard dans mon boulot et que je tiens à rendre ma trad à l'heure quoi qu'il arrive, j'ai travaillé jusque vers 14h pour rattraper une partie des pages que je n'avais pas réussi à faire ces derniers jours. Après ça, vu qu'exceptionnellement il faisait beau, j'ai décidé de tenter une petite sortie dans le vaste monde hostile le centre de Bruxelles. Je me suis fait un shampoing avant que ma coiffure vire aux dreadlocks, j'ai mis un peu de fond de teint pour ne pas faire peur aux gens que je croiserais, ma jolie jupe en soie grise Noa Noa parce que je me sens toute légère dedans, et je suis partie sans autre but que de m'aérer un peu.

Au final, je n'ai pas glandé grand-chose. Descendue du 95 à la Bourse, j'ai continué à pied jusque chez Sterling Books où j'ai acheté le dernier numéro de Real Simple. Puis j'ai remonté la rue Neuve, fait un crochet par Waterstone pour embarquer deux féminins anglais, poussé jusqu'au Veritas de City 2 où je me suis laissée tenter par un mignon béret gris clair en grosse maille, arpenté sans conviction les rayons de la Fnac et, sentant mes jambes commencer à flageoler, j'ai pris le chemin du retour. J'ai hésité un instant à descendre chez Mamma Roma prendre des pizzas pour mon dîner, mais la flemme l'a emporté. Après avoir savouré, en guise d'apéritif, deux de mes magazines vautrée sur notre lit avec les chats qui ronronnaient à qui mieux mieux, j'ai dîné d'un bagel toasté garni de Philadelphia, de Serrano et de roquette: heaven in a bun. Là, je surfe avec une tasse de genmaicha fumant à côté de moi en attendant le retour de Chouchou qui bosse jusqu'à 22h cette semaine. Cette journée a été encourageante, et j'espère qu'elle est le signe que je commence à remonter la pente.

mardi 21 juillet 2009

Winter in my mind

Je n'ai pas envie d'attaquer ma pile de photos en attente. Des mois déjà que mon intérêt pour le scrap s'étiole. J'ai le sentiment d'en avoir fait le tour, de n'avoir plus aucune inspiration. Créer des albums devient une obligation plus qu'un plaisir, et tout ça pour quoi? Une fois finis, les entasser sur une étagère où ils prendront la poussière sans que jamais personne ne les regarde?

Plus le temps passe, plus les objets pèsent sur mon âme. Ils charment mes yeux quelques instants puis ne font que m'encombrer pendant des années, le temps que je surmonte ma culpabilité et me décide à m'en débarrasser. Avec internet, l'archivage de mes souvenirs se virtualise de plus en plus, et je trouve ça très bien. Partager mes humeurs, mes expériences, mes photos à travers mes différents blogs est beaucoup plus enrichissant que de les matérialiser pour les ranger dans un coin.

La phobie de la maladie qui me tourmente depuis des mois, cette impression constante d'être en sursis me pousse à revoir tout mon mode de vie en profondeur. Je prends conscience que la majeure partie de mes activités s'inscrivent dans une logique de continuité, se basent sur le postulat que j'aurai un avenir pour en récolter les fruits. Du coup, dans mes périodes noires, rien de ce que je fais n'a plus de sens sinon les plaisirs immédiats. Serrer les gens que j'aime dans mes bras. Dévorer une entrecôte saignante. M'absorber dans un bon roman. Rire devant un épisode de "How I met your mother".

Je suis en pleine période de transition, et je ne sais pas dans quelle mesure c'est dû aux médicaments que je prends pour tenir mes attaques de panique à distance. Depuis bientôt deux semaines, je me traîne lamentablement. Oui, je suis fatiguée et si je m'écoutais, je dormirais 20 heures par jour. Mais mon manque d'énergie est mental autant que physique. Certains jours, j'arrive à me motiver pour bosser, parce qu'il le faut bien - et d'autres non. Le reste du temps, je ne fais : rien, ou presque. Juste le minimum de tâches domestiques pour que l'appartement ne se transforme pas en porcherie et qu'aucun de ses occupants ne meure de faim.

Je ne joue pas à Guitar Hero; je repose le bouquin que j'essaie de lire au bout de quelques pages; la musique m'agresse et je ne me sens pas capable de passer deux heures à regarder un film en DVD; je n'ai pas envie de faire des essais de maquillage, rien à dire sur ce blog et aucune inspiration pour dessiner. Je mange par nécessité et sans plaisir. Aller me promener n'est pas une option vu qu'on se croirait début novembre à Bruxelles. Faire du shopping ne réussirait qu'à me déprimer davantage (d'autant que je viens de recevoir coup sur coup deux nouvelles qui mettent salement à mal mon budget des prochains mois).

En fait, je compte les jours jusqu'à notre départ pour Toulouse tout en nourrissant une appréhension inexplicable mais tenace que ces vacances se passent mal et que j'en revienne complètement démolie. Que je me sente de plus en plus étrangère à la vie de mes parents, que savoir désormais Soeur Cadette à douze heures d'avion renforce mon impression d'être seule au monde. Que ma grand-mère dont la santé décline rapidement ces derniers temps finisse par lâcher la rampe. Que le brouillard qui m'enveloppe m'empêche de connecter avec qui que ce soit de peur d'en souffrir par la suite.

dimanche 19 juillet 2009

Feeling wonderful

Mercredi, j'ai commencé à prendre mon Deroxat le soir plutôt que le midi. Résultat: jeudi, j'ai passé une journée normale, pendant laquelle j'ai pu bien travailler, profiter d'un dîner en amoureux dans la cour intérieure du IIème Elément puis aller voir le dernier Harry Potter au cinéma.

Mais jeudi soir, j'ai dû - conformément à la prescription de Généraliste Adoré - doubler la dose pour arriver aux 40 mg qui sont censés tenir mes attaques de panique à distance. Et vendredi, j'étais un vrai zombie. L'après-midi, je n'ai rien pu faire d'autre que comater sur mon lit, pas assez fatiguée pour dormir mais trop vaseuse pour lire. Rebelote hier: pendant que nous faisions nos grosses courses mensuelles au Carrefour d'Auderghem, je serais tombée deux ou trois fois si Chouchou ne m'avait pas rattrapée. J'ai passé le reste de la journée à aller et venir entre mon ordinateur et mon lit, sans rien faire de plus productif qu'une fournée de madeleines au chocolat.

Ce matin, il me semble avoir un peu plus d'énergie, mais en général c'est vers 13 ou 14h que le coup de barre me tombe dessus. J'espère que je vais rapidement m'habituer au Deroxat et que les effets secondaires ne vont pas tarder à s'estomper, parce que j'ai du boulot à abattre, une réputation de traductrice ponctuelle à préserver, et des sous à mettre de côté pour les deux voyages que Chouchou et moi avons prévus l'an prochain.

vendredi 17 juillet 2009

"Harry Potter and the half-blood prince"

Forcément, même un film de deux heures et demie ne peut rendre la complexité du bouquin de 600 pages bien denses dont il est tiré. Alors, pour n'omettre aucun élément essentiel de l'intrigue, les scénaristes suppriment tous les détails qui, à mon humble avis, faisaient la saveur des romans: les scènes de la vie estudiantine à Hogwarts, les personnages secondaires délicieusement excentriques...

De "Harry Potter and the half-blood prince", il ne reste donc que l'ossature dont la noirceur est à peine atténuée par l'humour des premiers émois sentimentaux de nos jeunes héros. Les comédiens ont grandi plus vite que leurs personnages, et cela nuit un peu à la crédibilité de l'ensemble. En revanche, Alan Rickman n'a qu'à toiser Daniel Radcliffe d'un air pincé pour voler la vedette à tous ses partenaires: quelle présence! J'ai regretté qu'on ne voit pas davantage Evanna Lynch, l'actrice qui joue Luna Lovegood - mon personnage préféré.

Sinon, le film contient quelques scènes assez réussies, même si la fin m'a paru un peu expédiée. On sent que "Half-blood prince" est un épisode de transition, axé autour de la découverte qui va fournir la base du septième et dernier opus de la série. J'espère que le fait d'avoir scindé celui-ci en deux permettra de donner à "Harry Potter" une conclusion de l'ampleur qu'il mérite.

jeudi 16 juillet 2009

Je est une autre

D'aussi loin que je me souvienne, mes sautes d'humeur me pourrissent l'existence. La volatilité de mon caractère, ma propension à changer d'avis plus vite que de chaussures et à brûler aujourd'hui ce(ux) que j'adorais hier, mon incapacité à faire des plans à long terme sont probablement parmi les traits qui me caractérisent le plus. Pas ceux dont je suis le plus fière, évidemment. Bien au contraire, j'ai lutté contre eux toute ma vie d'adulte en me disant qu'un peu plus de constance de ma part faciliterait grandement ma vie comme celle de mon entourage. Et d'un autre côté, je me disais que même si ce n'était pas une qualité, mon instabilité était constitutive de ma personnalité, une des choses qui faisaient que j'étais moi, unique et donc précieuse au même titre que chaque autre individu. Je passe suffisamment de temps à pester contre l'uniformisation (qu'elle touche les vêtements, les attitudes sociales ou même les paysages urbains) pour avoir une position assez ambiguë vis-à-vis de ce défaut.

N'empêche que c'est assez dur à vivre d'avoir le moral qui fait des sinusoïdes sans qu'aucun élément extérieur intervienne pour infléchir son cours. Je peux par exemple être assise devant mon ordinateur en train de bosser à un truc anodin, dans une humeur complètement neutre. Tout à coup, je me sens remplie d'énergie et de joie de vivre; mille idées et projets se bousculent dans ma tête. Et une minute plus tard, tout cela s'évapore pour me laisser au fond d'un trou noir, pataugeant dans la dépression et le désespoir. Des montées en flèche aussi fulgurantes et des chutes aussi vertigineuses, il m'arrive d'en vivre une bonne dizaine dans la même journée. Pas tous les jours, heureusement: la plupart du temps, les fluctuations sont moins spectaculaires. Mais elles sont constantes, et je perds une énergie dingue à lutter contre elles avec plus ou moins de succès.

Ces derniers temps, c'est comme si le plancher d'apathie en-dessous duquel je ne tombais jamais avait cédé sous moi, révélant un gouffre d'anxiété dont il m'était proprement impossible de sortir seule malgré toute ma volonté et mon obstination naturelles. Chaque fois que j'arrivais à escalader un petit bout de paroi pour remonter vers la lumière du jour, je finissais toujours par glisser et par poursuivre ma dégringolade. Aucune envie de savoir ce qui m'attendait au fond de ce gouffre. Alors, oubliant ma fierté, j'ai décidé de recourir à de l'aide extérieure. Dans un premier temps, celle-ci a pris la forme de médicaments.

Et un changement miraculeux s'est opéré. Depuis une semaine, j'ai l'impression d'être une autre personne. Pas celle que j'étais avant mes attaques de panique, mais bien celle que je n'avais jamais réussi à devenir. Calme, pondérée, mesurée. La tête froide et l'humeur égale. Pas un robot incapable de ressentir la moindre émotion, juste une personne dont le cerveau n'est pas un maelström constant de pulsions contradictoires et déchirantes. Mon agressivité, mon intolérance, ma tendance au sarcasme semblent s'être volatilisées. Et je n'arrive pas à décider si c'est une bonne chose ou pas. Parce que ça me donne envie de prendre du Xanax jusqu'à la fin de ma vie, et que je sais que ça ne sera pas possible. D'une part, ça ne doit pas être trop bon pour la santé à long terme, et d'autre part, ce n'est jamais qu'une béquille dont je suis censée apprendre à me passer.

Mais la question qui me taraude, c'est celle-là. Puisque je ne crois pas en Dieu, et donc pas au concept d'âme, je - en tant qu'individu - me définis par mon esprit, mon caractère, ma personnalité. S'il suffit de quelques minuscules cachets blancs pour l'altérer du tout au tout, je dois admettre que je ne suis qu'un ensemble de neurones, de synapses et de réactions chimiques manipulables quasiment à volonté par des éléments extérieurs. Autrement dit: "je" n'existe pas. "Je" n'est qu'un morceau de viande dodu doté d'une conscience subjective et d'un sens de soi illusoire. "Je" n'a pas de libre arbitre: les décisions qu'elle croit prendre lui sont dictées non par des valeurs personnelles ou des objectifs choisis, mais par la quantité de sérotonine ou de dopamine qui circule dans son corps à un moment donné. Je trouve ça assez effrayant.

mercredi 15 juillet 2009

Des propriétés de lobotomie métamorphose du Xanax

Le TGV du retour à Bruxelles était bondé; à cause d'un changement de train, certaines des places qui avaient été réservées n'existaient tout bonnement pas. Du coup, c'était le parcours du combattant pour atteindre la voiture-restaurant en enjambant les valises et les gens assis par terre qui bloquaient les couloirs. Ma voisine de banquette, craignant de se faire voler son sac, a refusé de le mettre dans un porte-bagages et l'a gardé à ses pieds; ses jambes se retrouvaient dans mon espace à moi et je ne pouvais plus bouger. Les enfants installés dans le carré de devant ont hurlé en continu jusqu'à Lille; après quoi, ils ont été remplacés par une autre famille dont les gamins à peine installés se sont empressés de se déchausser et de répandre dans tout le wagon une délicieuse odeur de Stilton de douze ans d'âge.

En temps normal, j'aurais passé le voyage à soupirer, à grommeler, voire à lancer des remarques aigres sur l'utilité publique de la vasectomie. Là, je suis restée absolument zen. J'étais fatiguée mais pas endormie; j'entendais (et je sentais!) tout, mais j'étais pleine d'indulgence envers mes semblables. La parano de la petite dame me faisait sourire plus qu'elle ne m'agaçait; je plaignais les gens qui n'avaient pas de siège au lieu de pester qu'ils me gênaient; et je me disais que ben oui, les enfants, ça s'agite et crie - c'est la vie. Je suis une hyène râleuse et asociale; les antidépresseurs sont en train de faire de moi une larve fréquentable. Je ne sais pas quelle conclusion je dois en tirer.

mardi 14 juillet 2009

La minute de nostalgie

L'an dernier à la même date, Chouchou et moi étions à Carcassonne avec Soeur Cadette, David et Attila pour assister au feu d'artifice. Ca avait été une belle soirée et, globalement, une très chouette semaine de vacances.

Cette année, je suis enfermée chez moi, ventilateur tournant à plein régime tandis que je sue sang et eau pour terminer une trad avant de rentrer à Bruxelles demain. J'ai tout le tonus d'un spaghetti trop cuit et j'ai dû m'allonger deux heures cet après-midi tellement je me sentais faible. Des gens bien informés m'ont dit que ça passerait, et aussi qu'il valait mieux prendre le Deroxat le soir plutôt que le midi comme je l'ai fait jusqu'ici. Je vais suivre leurs conseils.

De leur côté, Soeur Cadette et David sont arrivés au Texas samedi en fin de journée. Ils m'ont appelée dimanche après-midi: "Devine où on est? Devant la boutique MAC Pro de Dallas!". Hier, nous avons skypé un peu avant qu'ils partent à la recherche de leur futur logement pour les deux ans à venir. Ca m'a fait super plaisir qu'ils pensent à moi - et donné un petit peu envie de pleurer, aussi. J'aurais grand besoin d'être près de ma famille en ce moment, et je maudis plus que jamais les distances grandissantes qui me séparent d'elle. Vivement le 7 août!

lundi 13 juillet 2009

2 de tension

Bilan après cinq jours de Deroxat/Xanax:
- Je m'endors facilement le soir - ce qui est un petit miracle vu ma propension à l'insomnie et la chaleur qui règne en ce moment dans ma chambrette sous les toits.
- J'ai très peu d'appétit - ce qui est un deuxième petit miracle, car même dans mes périodes suicidaires, je n'ai JAMAIS été foutue de sauter un repas.
- J'ai retrouvé un mode de pensée rationnel; autrement dit, je suis de nouveau capable de faire la part des choses et de ne pas flipper ma race pour un truc qui ne s'est pas encore produit et, avec un peu de chance, ne se produira jamais.
- Par contre, j'ai une force musculaire légèrement inférieure à celle d'une crevette anémiée. Si je dois marcher plus de cent mètres, mes jambes flageolent; hier j'ai failli laisser échapper une bouteille d'un litre qui n'était qu'à demi pleine; globalement, je me sens super faible et je dois lutter toute la journée contre l'envie d'aller m'allonger. Pas pour dormir, car je ne suis pas somnolente, mais juste pour me reposer. Donc bien que je n'aie pas particulièrement de difficultés de concentration, travailler m'est assez pénible.
Pour l'instant, je dirais que ça n'est pas idéal mais que je préfère ça de loin aux semaines qui ont précédé. Après-demain, je suis censée doubler ma dose de Deroxat, et j'espère que ça ne va pas m'abrutir totalement. Le premier qui ricane "Ca nous fera des vacances" est prié d'aller jouer dans le mixer.

samedi 11 juillet 2009

Panique à bord

C'est assez spectaculaire, une attaque de panique.

Il suffit d'un détail insignifiant en apparence pour que les pensées noires qui tournent en tâche de fond dans votre cerveau depuis des semaines, voire des mois, échappent à tout contrôle, toute tentative de vous concentrer sur autre chose afin de maintenir une illusion de normalité. Et vous voilà happé dans une spirale infernale. Votre coeur s'emballe; un étau vous comprime la poitrine; vous suffoquez; vous êtes pris de tremblements irrépressibles et vous avez l'impression atroce que vous êtes en train de mourir.

Tout a commencé le 2 mars de l'an dernier, quand mon amie Brigitte est décédée des suites d'une longue maladie, comme on dit pudiquement. Et que j'ai soudain pris conscience de ma propre mortalité. Jusque là, je me sentais passablement invulnérable. J'avais une attitude assez désinvolte envers les questions de santé, persuadée que de nos jours la médecine venait à bout de tout ou presque. Ma seule vraie inquiétude, c'était au contraire de vivre trop vieille et de traîner lamentablement la fin de mon existence gâteuse dans une sordide maison de retraite.

Et puis tout a basculé dans l'autre sens. Désormais, au moindre petit bobo, à la moindre sensation étrange, j'imaginais un crabe en train de me ronger de l'intérieur. Je me voyais déjà sur un lit d'hôpital, réduite à l'état de pauvre loque incapable de subvenir seule aux plus basiques de mes besoins, entièrement dépendante de la bonne volonté d'autrui, n'ayant plus aucun contrôle sur ma propre vie. Le soir dans mon lit, alors que le sommeil tardait à venir, je mettais en scène mon enterrement et je pleurais en silence pour ne pas réveiller Chouchou.

Ca a duré un an, avec des périodes très difficiles et d'autres où j'avais l'impression de reprendre le dessus. Puis en avril, lors de ma visite de contrôle annuelle, j'ai interrogé ma gynéco sur les conséquences potentielles de mon endométriose. Elle m'a dit que cette maladie augmentait mes risques de développer un cancer des ovaires ou de l'endomètre. J'ai demandé comment on pouvait dépister ceux-ci. "On ne peut pas avant de commencer à ressentir de violentes douleurs abdominales dans le cas du premier, ou d'avoir des saignements anormaux dans le cas du second. A ce stade-là, il est souvent déjà trop tard, et le taux de survie à 5 ans est de moins de 20%". (Sa réponse était moins brutale; je résume.)

Depuis, mon esprit s'est transformé en royaume cauchemardesque. Dans ma vision du monde totalement déformée, tout n'est qu'agression latente et catastrophe potentielle. J'entends le tic-tac d'un compte à rebours et je ne sais pas combien de temps il lui reste à égrener. La réalité m'apparaît comme une illusion trompeuse, un voile derrière lequel tous les gens que je croise sont sont des monstres hideux animés par la seule volonté de nuire, tous les objets des pièges mortels en puissance. Je ne prends plus l'avion que quand je ne peux pas faire autrement; je n'ose plus me promener seule après la tombée de la nuit; je supporte de moins en moins la foule et les espaces confinés.

Mercredi soir, quand je suis arrivée chez moi et que j'ai réalisé qu'il y avait probablement des termites dans ma charpente, j'ai aussitôt eu l'impression de voir à travers les murs et à l'intérieur des poutres un grouillement de millions d'insectes qui rongeaient ma maison, mon sanctuaire, mon exosquelette comme un cancer rongerait mon corps. J'ai traîné le matelas de mon canapé convertible dans mon bureau et je me suis recroquevillée dessus le pouls battant dans les tympans et le coeur dans la gorge. A deux heures du matin, j'ai fait une première attaque de panique. A cinq heures du matin, une autre. A cinq heures vingt, dans tous mes états, j'ai appelé Chouchou à Bruxelles pour qu'il me parle et que sa voix me ramène à la réalité. Et à neuf heures, j'ai contacté mon généraliste pour qu'il passe chez moi dans la matinée.

J'avais honte de le faire venir pour quelque chose qui me semblait aussi ridicule. Rationnellement, je sais que le cancer n'est pas une maladie contagieuse, que ce n'est pas parce qu'une de mes amies en est morte que cela va m'arriver aussi, que le cancer des ovaires spécifiquement n'est pas hyper répandu et que même en ayant plus de "chances" que la moyenne d'en développer un, les statistiques restent largement de mon côté. Tout comme je sais qu'il existe des traitements contre les xylophages, que les charpentes abîmées se réparent et que les travaux ne seraient pas à ma charge seule mais à celle de toute la copropriété. J'ai conscience aussi que l'inquiétude n'empêche pas les choses négatives de survenir et les gens d'en souffrir: elle empêche juste de profiter de la vie un maximum pendant qu'on peut. Mais ces derniers temps, et surtout la nuit quand je n'ai rien d'autre avec quoi m'occuper l'esprit, ma raison n'a plus voix au chapitre.

Je me trouve pathétique de me mettre dans des états pareils pour rien, pitoyable de ne pas réussir à contrôler mes propres pensées, moi qui aime me vanter d'avoir une volonté capable de venir à bout de tout ou presque. J'ai toujours regardé avec une certaine condescendance les gens qui recouraient aux anti-dépresseurs ou aux services d'un psy. La vie a toutes sortes de façons de vous enseigner l'humilité. Depuis mercredi matin, je suis sous Deroxat et Xanax. Et carrément détendue du shorty, pour le coup. Attendu que ces médocs ne soignent que les symptômes et pas la cause profonde, je n'ai pas l'intention de les prendre plus longtemps que nécessaire. Dès mon retour de vacances, j'entamerai une thérapie comportementale. Je n'y crois pas vraiment mais je n'ai pas d'autre solution à proposer, et je ne me sens plus la force de continuer comme ça.

vendredi 10 juillet 2009

Leonard Cohen à Bercy



Mardi soir, à Bercy, la majesté de Leonard Cohen, la voix d'ange de Sharon Robinson, la virtuosité de Javier Mas et des autres musiciens n'ont pas réussi à déchirer le voile noir sous lequel je me débats et suffoque depuis des mois.

jeudi 9 juillet 2009

Soldes d'été 2009: Oops, I did it again in Paris

Mardi, le Thalys m'a déposée gare du Nord à 11h. Le temps de déposer mes bagages à l'hôtel tout proche où j'avais réservé une chambre pour la nuit et de faire quelques stations sur la ligne 7, j'étais déjà boulevard Haussman. Où, heureuse surprise, les grands magasins étaient quasi déserts. Pour une fois, ce n'est pas au Printemps mais aux Galeries Lafayette que m'ont portée mes spartiates argentées. Je n'aime pas ce magasin que, sa sublime coupole mise à part, je trouve moche, sombre et mal agencé, mais c'est le seul qui possède un stand Hoss Intropia et où j'avais donc une chance de trouver ma fameuse jupe. Au final, ils n'avaient que le top assorti. Ce qui ne m'a pas empêchée de leur acheter une mignonne robe gris clair de mi-saison. Et d'embarquer encore une jupe en soie grise au stand Noa Noa voisin (si ça continue, je vais prendre des actions dans la société).



Après ça, j'ai fait encore quelques emplettes:
- trois gobelets en céramique pour ranger mes crayons et deux boîtes Yves Blayo (couture et gants) chez Igloo
- un nouveau tube de Washing et un flacon de lotion bleue chez Menard
- quelques comics chez mon dealer habituel et bien-aimé, Arkham
- un parapluie chez un sympathique et anonyme marchand du Bd Leclerc, pour parer à l'averse subite qui venait de ruiner mes spartiates argentées et mon brushing que je m'étais pas fait le matin
- une deuxième paire de spartiates, marron clair cette fois, chez Texto
- quelques fournitures de scrap au Temple éponyme
- un coffret à bijoux en PVC transparent et divers petits brols chez Muji.
...Rien de tout ça n'était soldé, évidemment.

Le meilleur moment de cette journée shopping aura tout de même été les 90 minutes passées chez Starbucks avec Eve-O-Lution devant un Chocolat Viennois signature et une part de cheesecake chcolat blanc/framboise pour moi, un Caramel Macchiato et un bout de carrot cake pour elle. En principe j'aime pas les gens que je connais pas (ou peu), mais pour elle je veux bien faire une exception.

Télégramme d'outre-nuit

En montant me coucher, ai réalisé que mon lit était également couvert de terre et d'insectes morts. [Stop] En y regardant de plus près, ai réalisé que la terre était plutôt de la sciure de bois et que les insectes morts ressemblaient fâcheusement à des termites. [Stop] A deux heures du matin, ai laissé message paniqué sur le répondeur du syndic pour demander qu'il m'envoie un expert AU PLUS VITE (oui, l'ai dit en majuscules). [Stop] Puis ai effectué recherches peu rassurantes sur internet: "Souvent, les signes de l'infestation ne deviennent pas visibles avant qu'il soit trop tard et que toute la structure soit irrémédiablement fragilisée". [Stop] Maintenant, n'arrive pas à dormir pour cause visions de plafond s'écroulant sur ma tête pendant mon sommeil. [Stop] Vais devoir descendre mon matelas depuis la mezzanine jusque dans mon bureau, seule pièce de l'appart qui ne soit pas directement sous les toits. [Stop] Jusqu'ici, mois de juillet craint un max. [Stop]

mercredi 8 juillet 2009

Home sweet home

Rien de tel que débarquer d'un TGV chargée comme un mulet, sous le soleil de plomb, pour voir démarrer le bus qui dessert Sonpatelin et ne passe qu'une fois par heure; rien de tel que tambouriner désespérément à sa porte pendant qu'il est arrêté à un feu rouge et voir le chauffeur secouer obstinément la tête; rien de tel que courir sur 500 m avec tous ses bagages (et un blouson en jean faisant office d'étuve) pour le rattraper à la sortie de la boucle qu'il décrit;

Rien de tel qu'arriver chez soi épuisée, trois quarts d'heure plus tard, et trouver une pluie de terre sur le dossier de son canapé, le sol de son salon jonché d'insectes morts et un début d'infiltration sous la toiture de son duplex; rien de tel qu'appeler le syndic pour qu'il s'occupe du problème et s'entendre répondre qu'il est en vacances;

Rien de tel que se dire qu'on va sans doute être obligée de prolonger son séjour et de racheter un deuxième billet de train pour Bruxelles en pleine période de pointe pour réaliser que l'angoisse qu'on se trimballe comme un linceul étouffant depuis des semaines a au moins un côté positif: elle permet de se foutre des petits soucis matériels.

Ce que j'ai consommé en une journée

Je suis en train de lire "How to be an explorer of the world". Dans ce livre, Keri Smith - une de ces "artistes du quotidien" que j'affectionne tant - propose une série d'expériences visant à approfondir et à élargir la façon dont nous appréhendons le monde qui nous entoure. La n°15, "faire une liste de tout ce que vous consommez en 24 heures", m'a particulièrement interpelée. Avant-hier lundi 6 juillet 2009, un jour de semaine ordinaire où je travaillais et ne suis pas sortie de chez moi, j'ai donc consommé les choses suivantes:

- De l'eau: l'équivalent de 8 tirages de chasse, 1 douche de 5 minutes, 3 brossages de dents, 3 lavages de mains, 1 vaisselle à la main et une à la machine
- De l'électricité: de quoi alimenter un ordinateur portable, quelques ampoules, le lave-vaisselle, le micro-ondes, la télé et le lecteur de DVD pendant 1h30, et recharger mon portable français et mon eee-PC
- 3 comprimés: zinc, vitamine C, Lutényl
- 6 chopes de thé vert (5 glacé, 1 chaud)
- 2 filtres à thé jetables
- Environ 55 feuilles de papier toilette
- 2 doses d'eau micellaire
- 3 doses de savon liquide pour les mains
- 3 doses de dentifrice
- 4 petits cotons démaquillants
- 2 doses de dissolvant
- 1 dose de masque à l'argile
- 1 dose de savon pour le corps
- 1 dose de nettoyant visage
- 1 application de déodorant
- 1 dose de soin éclaircissant
- 2 doses de crème hydratante
- 1 dose de contour des yeux
- 100 g de fromage blanc
- 10 petites fraises
- 5 crêpes au fromage surgelées
- 1 yaourt maigre au chocolat
- 1 cuillère d'huile d'olive
- 5 Croustibats
- 1/2 citron
- 1 sachet individuel de légumes vapeur surgelés
- 1/2 sachet de riz basmati
- 1 lichette de beurre
- 1 dose de parmesan
- Du poivre
- De la fleur de sel
- 3 feuilles de Sopalin
- 1 dose de liquide vaisselle
- 1 dose de poudre pour lave-vaisselle
- 2 cartes postales
- 2 timbres (un pour l'Europe, l'autre pour le reste du monde)
- 2 feuilles de carnet
- De l'encre noire de stylo Bic

J'ai trouvé cette expérience assez édifiante: la liste est loooongue, surtout pour une journée où je n'ai pratiquement rien fait (pas de cuisine, pas de shopping, pas de ménage...). Ca tente quelqu'un d'autre?

mardi 7 juillet 2009

"L'ombre du vent"


Il est des livres qui vous happent dès les premières lignes, qui vous emportent très loin dans le temps et la distance pour ne plus vous lâcher jusqu'au point final. Et comme pour toute histoire d'amour, vous êtes bien en peine d'expliquer pourquoi. Parce que le style est évocateur et que les phrases s'enchaînent avec une grande fluidité? Parce que l'auteur mélange avec talent des éléments disparates pour planter une atmosphère unique? Il y a de cela bien sûr, mais aussi ce petit plus qui fait les roman(ce)s inoubliables, cette alchimie mystérieuse entre un lecteur et un livre. Vous ne le dévorez pas parce qu'il évoque un thème familier qui fait écho en vous; d'ailleurs, vous seriez bien en peine de le ranger dans une catégorie quelconque. Vous le dévorez parce qu'il vous entraîne hors de votre zone de confort, vers des horizons que vous ne pensiez pas contempler un jour et qui pourtant vous ravissent.

"L'ombre du vent" m'a été recommandé par Soeur Cadette lors de sa dernière venue à Bruxelles, puis il y a peu par Cécile de Brest. D'habitude, c'est plutôt moi qui conseille les autres en matière de lecture. Mais pour une fois, je suis bien contente de m'être laissée guider. Je l'ai commencé mercredi dernier, au soir d'une dure (et pas très fructueuse) journée de soldes, et n'ai réussi à le poser que vers la page 140 et une heure du matin. Si j'avais été en vacances, je crois que je l'aurais lu d'un trait. Comme je ne le suis pas, il m'a fallu cinq soirées pour en venir à bout. Ca faisait un petit moment qu'un livre ne m'avait pas autant enchantée. Pour celles qui n'en auraient pas encore entendu parler, un petit coup d'oeil à la quatrième de couv':

Dans la Barcelone de l'après-guerre civile, par un matin brumeux de 1945, un homme emmène son petit garçon dans un lieu mystérieux du quartier gothique: le Cimetière des Livres Oubliés. L'enfant est ainsi convié par son père à un étrange rituel qui se transmet de génération en génération: il doit y "adopter" un volume parmi des centaines de milliers. Là, il rencontre le livre qui va changer le cours de sa vie et l'entraîner dans un labyrinthe d'aventures et de secrets "enterrés dans l'âme de la ville": L'Ombre du Vent. Avec ce tableau historique, roman d'apprentissage évoquant les émois de l'adolescence, récit fantastique où les mystères s'emboîtent comme des poupées russes, Carlos Ruiz Zafòn mêle inextricablement la littérature et la vie.

lundi 6 juillet 2009

"Dr House" saison 1

A la base, je n'aime ni les séries policières, ni les séries médicales. Je fais pourtant une exception pour NCIS, à cause de ses personnages que j'adore. Et j'avais tellement entendu parler de l'humour sarcastique du héros de "Dr. House" que, profitant d'une promo de la Fnac, j'ai fini par acheter la première saison - pour tester. A la fin du pilote, j'étais déjà aussi accro que le personnage de Hugh Laurie à ses pilules de codéine.

"Dr House" se distingue d'"Urgences" ou de "Grey's anatomy" en ceci qu'il n'est pas centré sur sur tout un groupe de médecins et sur les rapports amoureux, amicaux ou conflictuels qu'ils entretiennent. Chaque épisode est construit à la façon d'une enquête policière. Le pré-générique montre le futur patient du jour vaquer à ses occupations, commencer à présenter des troubles et s'écrouler soudain. A partir de là, le Dr. House, qui ne s'intéresse qu'aux cas apparemment incompréhensibles, s'efforce de poser un diagnostic en utilisant des méthodes dignes de Sherlock Holmes, parfois au mépris de la loi comme de la morale. Il procède par tâtonnements et se trompe en général plusieurs fois avant de parvenir à la bonne conclusion - sur laquelle, assez souvent, il est aiguillé par les patients secondaires qu'il reçoit en consultation. Entre-temps, les traitements inappropriés ont aggravé l'état du patient principal qui frôle la mort mais finit par être sauvé in extremis, à quelques exceptions notables près.

La trame est donc assez prévisible, et j'imagine que si elle le reste, cela pourrait devenir lassant au fil des saisons. Mais le principal intérêt de la série ne réside pas dans ses péripéties médicales - surtout pour quelqu'un qui ne comprend absolument rien à l'avalanche de termes barbares utilisés par les personnages. Il est presque tout entier concentré dans son héros: un médecin sarcastique, misanthrope et accro aux calmants, qui ne doit son maintien en poste qu'à l'efficacité de ses méthodes extrêmement discutables. Les dialogues sont brillants, et le jeu d'Hugh Laurie (à mille lieues ici de ses pitreries dans "Blackadder") frôle le génie pur. Il fallait au moins ça pour convaincre une hypocondriaque comme moi de se farcir un tel catalogue d'abominations médicales.

dimanche 5 juillet 2009

Où Chouchou grève le budget familial de Soeur Cadette

Lors des dernières vacances de Noël, Chouchou a initié Attila (l'aîné de mes neveux) à Star Wars Lego sur Wii. Honte soit sur Soeur Cadette et son mari: l'enfant n'avait même jamais entendu parler de Luke Skywalker, Dark Vador et Obi-Wan Kenobi. Malgré cette impardonnable lacune dans son éducation, les cabrioles des Jedi et le bourdonnement de leurs sabres laser l'ont aussitôt conquis.

Cet après-midi, j'appelle ma famille à Toulouse pour souhaiter un bon anniversaire à Attila, qui aura 8 ans demain.
MOI: Qu'est-ce que tu as eu de beau comme cadeaux? Raconte.
ATTILA (enthousiaste): Alors j'ai eu un déguisement de clone, le vaisseau de Luke Skywalker en Lego, et deux figurines: Obi-Wan Kenobi et Darth Maul.
Immense éclat de rire de Chouchou.
MOI: Et ben dis donc, t'es à fond dans Star Wars!
ATTILA: Oui, depuis que MTLM m'a fait découvrir, j'adore!
MOI: Tu as vu les films?
ATTILA: Ouais, j'ai même les DVD du Ivé, du Vé et du Véhi.
Nouvel éclat de rire de Chouchou. Soeur Cadette dit quelque chose que la médiocrité de la liaison Skype ne nous permet pas de capter.
ATTILA (très vite): ...Enfin, du 4, du 5 et du 6.
MOI: C'est super mon loulou. Je te fais un gros bisou. Tu me passes maman?
SOEUR CADETTE: Oui?
MOI (hilare): A ce que je vois, Chouchou t'a coûté cher!
SOEUR CADETTE (résignée): M'en parle pas! Ca fait six mois qu'Attila me réclame des Legos Star Wars par-ci, des figurines par-là; c'est jamais terminé!
MOI: La prochaine fois, je lui dirai d'initier plutôt tes gamins à des trucs qui n'ont pas généré des millions de produits dérivés. Si ça existe encore.

Soldes d'été 2009: back with a bang in Brussels

Hier après-midi. J'entraîne Chouchou dans le centre de Bruxelles avec une seule idée en tête: passer chez Make Up For Ever pour voir s'ils n'ont pas de liner crème gris foncé, car mon Smudge Pot Stila est tout sec et il n'existe pas d'équivalent chez MAC. Je vous jure, monsieur le juge, c'est tout ce que j'avais l'intention d'acheter: un petit pot contenant quelques malheureux grammes de fard et coûtant dans les 20€. Une misère.

Oui, mais. Juste à côté de Make Up For Ever, me signale Chouchou, il y a une boutique Noa Noa, cette marque scandinave repérée lors de notre séjour à Copenhague et Malmö en septembre dernier. En principe, je ne fais pas dans le style bobo romantique; mes goûts me portent plutôt vers les fringues rock ou rétro. Mais je ne sais pas pourquoi, Noa Noa me fait craquer - et pas seulement parce que leur S me va parfaitement alors que je dois prendre du M dans toutes les autres marques. La quasi-totalité du magasin est soldée à -50%; alors je craque pour deux tops (un gris et un noir), ainsi qu'une magnifique robe en soie dans les tons bleu marine accompagnée d'une sous-robe indigo et pouvant se laver en machine, halléluiah!




Et puis juste à côté de Noa Noa, il y a Les belles chaussures de Mlle François que je vous ai présenté dans mon post d'hier. Voici les deux paires avec lesquelles je suis ressortie du magasin. Chou, n'est-ce pas?



Arrivée enfin chez Make Up For Ever, déception: pas de liner crème gris foncé! Damned. Foiled again. Je me rabats sur un petit gloss cerise. Puis Chouchou et moi passons au Body Shop où je dois faire une course pour Christine. Le baume après-rasage de son homme se trouve dans le coin des soldes, à 6€ au lieu de 18. Il voisine avec tout un tas de produits de maquillage à prix ridicules: 3€ les ombres à paupières au lieu de 10, 7€ le blush coeur de rose au lieu de 14,50, 7€ la poudre compacte au lieu de 18, et par-dessus tout ça, la caisse me fait encore 5€ de ristourne pour un motif inconnu. Je m'en tire donc pour 19€ à peine, et sans même une pensée pour ma caisse à outils Spehora qui menace d'imploser un de ces quatre. Pas grave: j'aime vivre dangereusement. Un trait de caractère qui m'évitera peut-être de m'évanouir la prochaine fois que je ferai mes comptes...

samedi 4 juillet 2009

Les belles chaussures de Mlle François

C'est le blog de Miss Sunalee qui a attiré mon attention sur cette boutique de chaussures de pin-up, mi-glam mi-fetish. J'y suis allée plus par curiosité que pour acheter quelque chose, et j'ai failli en ressortir avec pas moins de trois nouvelles paires - mais, au prix d'un effort héroïque, me suis finalement limitée aux deux qui étaient portables en rue.

Il faut dire que tout est enchanteur chez Mlle François: le décor de boudoir avec ses sièges en velours rose capitonnés et ses jambes gainées de bas couture qui sortent du mur, les vendeuses ultra-lookées et adorables, et bien entendu les chaussures elles-mêmes, des modèles artisanaux italiens qui donnent juste envie d'enfiler une jupe-crayon, de se sangler dans un corset, de lisser sa frange, de se faire un trait d'eyeliner bien épais et de mettre un rouge à lèvres cerise pour aguicher son homme. En plus, les prix sont tout à fait honnêtes: les deux paires que j'ai achetées étaient soldées à moins de 80€ (et en coûtaient à la base un peu moins de 120).

Les chaussures de Mlle François vient de remporter le Commerce design Brussels Award; c'est bien mérité, et je souhaite très longue vie à cette sympathique boutique à laquelle je ferai sûrement de fréquentes visites.

Les belles chaussures de Mlle François
11 rue des Teinturiers

1000 Bruxelles

Tel: 02 511 08 40

Le facteur engagement

Je réalise que je ne me souviens même plus si je m'étais mariée un 2 ou un 4 juillet. Si je n'avais pas divorcé, ça aurait fait quinze ans cette semaine. L'un de nous serait probablement six pieds sous terre et l'autre en prison pour crime passionnel. Trop immatures, trop incompatibles: les raisons ne manquaient pas pour que notre couple tourne court. Nous aurions pu nous obstiner afin de respecter nos voeux, mais cela n'aurait servi qu'à nous faire davantage de mal. Cette relation m'aura au moins appris une chose, c'est que l'amour ne suffit pas (et la compatibilité sexuelle non plus, pendant qu'on y est). Sans un minimum de valeurs et de goûts partagés, on finit tôt ou tard dans un mur.

J'admire beaucoup ces gens qui réussissent à rester ensemble jusqu'à ce que la mort les sépare, selon la formule consacrée. A rester ensemble et raisonnablement heureux, s'entend: si c'est juste pour les convenances, pour les enfants ou que sais-je d'autre, ça me semble un peu triste de foutre sa vie en l'air. Des trop rares exemples de couples longue durée qui m'entourent, j'ai appris une chose. Le choix du partenaire compte, bien sûr; ces gens avaient à la base le même projet de vie et des affinités allant au-delà de l'éblouissement physique ou d'un simple coup de coeur. Mais un élément déterminant semble être aussi la présence, chez les deux personnes, de ce que j'appelle le "facteur engagement". La conviction tranquille que leur place est là et pas ailleurs, que l'herbe ne sera jamais plus verte de l'autre côté de la barrière (même si je ne doute pas que les tentations et les moments de doute ne les épargnent pas davantage que le reste des mortels). La volonté de faire tout ce qu'il faudra pour que ça fonctionne et que ça dure malgré les inévitables passages à vide; la capacité à ne pas se projeter dans l'avenir autrement qu'avec le partenaire et dans le foyer qu'ils ont construit ensemble; la tolérance nécessaire pour accepter les failles de l'autre et composer avec.

Toutes qualités que, pour être franche, je ne possède pas. Mon souci premier n'est pas de bâtir quelque chose de durable: c'est d'être heureuse. Si je suis mal dans une relation, bien entendu, je ne vais pas jeter l'éponge à la première dispute; je vais chercher des moyens d'aplanir les tensions et de créer plus d'harmonie. Avec l'Homme, je me suis entêtée sept ans avant de partir, mon estime de moi en miettes. Comme dans le cas de mon ex-mari, j'estime avoir pris la bonne décision. Et je me console en me disant que si ça n'a pas marché, c'est parce que je les avais mal choisis, en n'écoutant que mes hormones hurlantes me basant sur des critères peu judicieux. Mais je continue à me demander si toutes mes relations n'auraient pas été vouées à l'échec de toute façon, à cause de ma foutue indépendance ou de mon faible seuil de tolérance à la douleur. Je sais que je suis capable de vivre seule et cette perspective ne m'effraie absolument pas. En théorie, c'est sans doute une force. En pratique, ça veut juste dire que je n'ai pas de raison de m'accrocher obstinément lorsque les choses dérapent.

vendredi 3 juillet 2009

Life goal #11: "apprendre à faire les madeleines" (suite et fin)


Yessssssssssssssss!
Mes présssssssieuses!
Ni trop sucrées, ni trop grasses, juste parfaites.
Je remercie chaleureusement Pierre Hermé et Cécile de Brest pour la recette,
que vous pourrez trouver dans les commentaires du post précédent.

PS: après une nuit passée au frigo, la pâte crue pourrait presque être mangée
telle quelle, comme une crème.

jeudi 2 juillet 2009

Si vous avez encore la nostalgie de Buffy et de son sens de la répartie délicieusement sarcastique...

...Si en outre vous avez trouvé "Twilight" insupportablement mièvre; si enfin vous comprenez l'anglais parlé, cette vidéo est pour vous!

Soldes d'été 2009: l'affaire de la jupe disparue à Bruxelles

Hier matin, donc, j'ai fait l'ouverture de mon chouchou Graphie Sud, le magasin mode-déco-bobo à mort dans lequel je voudrais vivre ou, à défaut, dont je voudrais rapporter chez moi un bon quart du stock. Malheureusement (ou heureusement pour mon porte-monnaie), les stylistes ne créent pas leurs fringues sur des babas russes, si bien qu'il est assez rare que ces jolis chiffons ruineux seyent à ma silhouette, disons, quelque peu en dehors de la norme. Mais j'avais repéré une belle jupe rayée multicolore, avec des couleurs qui claquaient, beaucoup de personnalité et une coupe évasée qui serait, subodorais-je, du plus bel effet sur moi. Tous les vêtements étaient soldés à - 30% et, tout au bout du premier portant à droite, "ma" jupe me tendait les bras l'ourlet. Une taille 40 en plus, merveilleux! La journée commençait bien.

...Sauf que le 40 était beaucoup trop grand et qu'il ne restait pas plus petit. C'était bien la première fois que j'étais déçue de flotter dans une fringue. J'ai regardé l'étiquette: Hoss Intropia. Connais pas.

Malgré l'emplette d'une jolie robe Claudie Pierlot un peu rétro (en taille 1, qui plus est) et d'un bouquin conceptuel d'Anu Tuominen, je suis ressortie de là les épaules voûtées par le désespoir et le pas traînant. Même mon passage chez le Typographe et l'achat de deux nouveaux carnets qui vont venir s'entasser sur une étagère à côté des dizaines d'autres que je n'utilise pas n'a pas réussi à me réconforter. Pas plus que ma visite chez MAC où, ayant tout à fait perdu le goût de vivre, je me suis contentée d'un pauvre blush minéral; mon petit tour chez Equiform où j'avais la mission de choisir des vernis Mavala pour Christine et d'en ajouter un à ma propre collection histoire de rentabiliser le déplacement ou encore l'immense file d'attente à la caisse d'IKKS pour un malheureux T-shirt tellement froissé qu'on dirait qu'il a déjà été porté par douze personnes. Chez Gérard Darel, tous les trucs qui me plaisaient restaient hors de prix même soldés, et en soie donc "dry cleaning only" - vade retro! Chez Boccacci, les Chie Mihara de cette saison étaient juste moches, et rien d'autre ne me tentait: aurais-je atteint mon seuil de saturation en matière de chaussures? Chez Rose, le dernier exemplaire du sac en daim violet Petite Mendigote repéré il y a des mois était bien évidemment vendu depuis longtemps; c'est tout juste si j'ai pu me consoler avec une petite pochette vert anis rehaussée de dentelle gris clair et un foulard rose vif parsemé d'étoiles qui, d'accord, déchire sa race.

Quant au centre-ville, je l'ai sillonné dans tous les sens à la recherche de la boutique Make Up For Ever que je n'ai JAMAIS trouvée. Je suis pourtant passée devant plein de fois en bus, et je m'étais dit qu'il me suffirait de descendre du 95 dès que je l'apercevrais. Evidemment, ce jour-là, le 95 était dévié de sa route habituelle pour cause de maudits travaux. J'ai tourné deux heures sous le soleil pour rien, réussissant tout juste à repérer la boutique Lush qui a ouvert fin mai rue des Fripiers.

Une fois rentrée à la maison, je me suis jetée sur internet pour voir s'il n'y aurait pas moyen de retrouver "ma" jupe sur un site de vente en ligne. Apparemment, non. J'ai juste dégoté une adresse de boutique sur Paris qui référence la marque; j'y passerai mardi prochain, mais je ne me fais guère d'illusions. Il y en a également une à Toulouse; cependant, je me vois mal demander à Soeur Cadette (qui, je le rappelle, déménage sur un autre continent dans dix jours) de prendre une demi-journée de congé pour aller faire mes petites courses. Il ne me reste que mes yeux astigmates pour pleurer en regardant, sur le site de Hoss Intropia, la vidéo "Summer 09" au début de laquelle le modèle porte mon ex-future jupe.

Thé des Alizés glacé

J'ai chaud.
A Bruxelles.
Comme quoi, tout arrive.
Apparemment, je ne suis pas la seule: les Parisiens et les gens de mon Sud ont l'air de souffrir assez fort eux aussi.
A ceux qui n'auraient pas la chance d'avoir la climatisation au boulot et chez eux, je me permets de suggérer une petite astuce anti-canicule: le thé vert glacé. A préparer comme ceci:
- Mettre au frigo une carafe (ou une bouteille Ikea à large goulot, comme sur ma photo) d'un litre, pleine presque jusqu'à ras bord.
- Quand l'eau est bien froide, y faire infuser quatre mousselines toutes prêtes ou l'équivalent de quatre cuillères à café de thé pendant une demi-heure. Ici, j'ai utilisé du Thé des Alizés du Palais des Thés, que je trouve hyper rafraîchissant avec ses arômes de pêche blanche, de kiwi et de pastèque.
- Ne pas sucrer sous peine d'être maudit par les dieux du thé. Mais si vous vous fichez de votre salut éternel, allez-y, faites-vous plaisir.
- Tout engloutir en cinq minutes Siroter délicatement tout au long de la journée.
Ca marche aussi avec du thé noir pour ceux qui aiment; il faut juste laisser infuser 20 minutes au lieu de 30.

mercredi 1 juillet 2009

"Portrait de Famille"

Un mois que j'ai envie d'une bonne entrecôte-frites arrosée d'un verre de Bordeaux. Alors hier vers 19h, comme il faisait très beau et que j'avais passé la fin de l'après-midi à me balader en ville, j'ai appelé Chouchou: "J'ai envie de profiter de la soirée. Ca te dirait qu'on se rejoigne au resto de viande dont tu m'as parlé la dernière fois?". Je ne prenais pas beaucoup de risques: il y avait peu de chances qu'il refuse.

Nous avons donc dîné dehors - une grande première pour moi à Bruxelles -, plus exactement sur le trottoir du Portrait de Famille. Entrecôte sauce au poivre pour moi (c'est à peine si j'ai jeté un coup d'oeil au reste de la carte) et Bintje à la Bruxelloise pour Chouchou. Ma viande était délicieuse bien qu'un poil trop cuite à mon goût. Ca fait plusieurs fois que je constate cet étrange phénomène: apparemment, de la même façon qu'un 38 français correspond à un 40 italien, une cuisson saignante en Gelbique correspond à une cuisson à point en France. La prochaine fois, je réclamerai mon entrecôte bleue: je veux l'entendre meugler quand je plante ma fourchette dedans! Sauce au poivre nickel; frites grosses comme j'aime bien qu'un peu trop cuites elles aussi; Bordeaux tanniné à point.

Chouchou aussi a eu l'air de se régaler avec son plat et son dessert: une énorme glace aux speculoos. De mon côté, vu qu'il n'y avait aucun risque que je pitte dans sa coupe, j'ai opté pour le duo de mousses à la Donatien. J'aurais dû écouter ma maman qui m'a toujours dit de me méfier des inconnus: le Donatien, il avait collé au moins autant de café que de chocolat dans la plus foncée des deux mousses. Du coup, je n'ai mangé que celle au chocolat blanc et c'était déjà bien assez pour mon estomac. Addition: 56,50€, soit le haut de ce que je considère comme la fourchette acceptable pour ce genre de repas. Je reviendrai sans doute la prochaine fois que je ferai une crise de carnivorisme aigu.

Portrait de Famille
165a rue Franz Merjay
1050 BRUXELLES

Ouvert 7 jours/7
Tel: 02. 344. 37. 12