mercredi 30 septembre 2009

RHAAAAAAAAAAAAAAAAAAA

Ceci, mesdames, mesdemoiselles, messieurs, est le râle de bonheur de la traductrice qui vient de passer trois mois à suer à grosses gouttes sur un bouquin dont, normalement, elle aurait dû venir à bout en la moitié de temps avec une main attachée dans le dos.

Il n'était pourtant pas difficile, ce livre. Bien au contraire. Et quand je pense au mal que j'ai eu à en venir à bout, je remercie le ciel que Maudite Série, sur le tome 7 de laquelle j'aurais normalement dû plancher à cette période, ait été arrêtée en cours. Parce que là, je n'étais pas en état de reformuler de l'anglais archaïque pétri de psychanalyse et d'allégories. Mais alors, vraiment pas.

A cause de l'état dans lequel m'ont mise les cachets que je prends depuis deux mois et demi, j'ai avancé sur ce boulot avec la lenteur d'un escargot paralytique, devant sans cesse lutter contre l'envie de regagner mon lit distant d'à peine dix mètres pour faire une petite sieste de 4 ou 5 heures. Pour la première fois depuis quinze ans que je fais ce métier, j'ai dû réclamer un délai de deux semaines par rapport à la date de remise initialement prévue, ce que j'ai trouvé absolument humiliant (et néanmoins salvateur).

Toujours aussi farceur, le destin a bien tenté de m'empêcher de boucler à temps: cet après-midi, j'ai perdu une demi-heure à tenter de fracturer, d'abord avec un couteau de cuisine, puis avec un tournevis et enfin avec une lime à ongles métallique, la porte blindée de l'éléphanteau slovène qui avait réussi à s'enfermer hors de chez lui en coinçant une paire de lacets entre le battant et le chambranle. La mauvaise nouvelle, c'est que je n'ai aucun avenir en tant qu'apprentie-serrurière. La bonne nouvelle, c'est qu'à moins d'utiliser du C4, personne ne réussira à nous cambrioler Chouchou et moi.

Peu après 20h, j'ai enfin pu envoyer mon fichier révisé à la charmante Claire. Et me récompenser de mes efforts avec une tasse d'Opium Hill et le dernier album de Pénélope Bagieu, que le facteur m'avait justement apporté ce midi. Demain, ce sera journée détente: deuxième séance avec Mme Mapsy le midi, puis balade-shopping au Châtelain et cours de hatha-yoga au Serendip Spa en début de soirée. Et vendredi, j'attaquerai la traduction du 11ème tome de Série Préférée. Youpi!

Armalite 0 - Belgian Weather 1

Si j'étais une super-héroïne Marvel, la météo bruxelloise serait ma Némésis.

Qu'il pleuve ou qu'il fasse gris 360 jours par an, je pourrais encore m'en accommoder, fût-ce en râlant un maximum: après tout, j'ai subi un stage intensif de quatre ans à Nantes dans mes jeunes années. Que la température descende dans les deux chiffres négatifs en janvier, c'est déjà un peu plus rude, mais il reste la possibilité de se faire livrer à manger et de ne pas sortir de chez soi avant les soldes jusqu'au dégel.

Par contre, que les quatre saisons se succèdent dans la même journée, voire dans la même heure, au bout de trois ans, je ne parviens toujours pas à m'y faire.

mardi 29 septembre 2009

De l'enfance

Contrairement à certaines, j'ai détesté être enfant.

Non que mes parents aient été des bourreaux - loin de là. Malgré les règles assez strictes qu'ils nous imposaient, à Soeur Cadette et à moi (enfin, surtout à moi; c'est l'inconvénient d'être l'aînée: on essuie les plâtres), ils avaient notre bien-être à coeur et prenaient toutes leurs décisions en fonction de ce qu'ils estimaient bon pour nous.

Le problème, c'est que me concernant, ils se sont souvent trompés.

J'ai eu très tôt une idée de la façon dont je voulais vivre, ou plutôt, de la façon dont je ne voulais PAS vivre. C'est-à-dire comme eux qui ne lisaient pas, n'allaient jamais au resto et rarement au ciné, passaient toutes leurs vacances chez mes grands-parents dans le Massif Central et se satisfaisaient de boulots qui me semblaient d'un ennui mortel. Je ne suis pas en train de faire leur procès: ils n'avaient pas de gros moyens et voulaient mettre leurs sous de côté pour nos études ou pour faire face à un éventuel coup dur, ce qui est tout à fait louable. Mais moi, auprès d'eux, j'étouffais. J'étais comme une plante privée d'oxygène. J'aurais voulu des parents intellos qui auraient aiguillonné ma curiosité, m'auraient conseillé des bouquins et auraient pu en discuter avec moi, m'auraient emmenée voir des expositions et visiter des pays lointains.

Cela dit, même si j'avais été la fille de Sartre et de Simone de Beauvoir, je ne crois pas que j'aurais pu obtenir ce dont j'avais soif par-dessus tout: la liberté de prendre mes propres décisions dès l'âge de 9 ou 10 ans. J'aurais voulu choisir moi-même mes horaires, les cours que je suivais ou non, ce que je mettais sur mon dos et dans mon assiette, la façon dont les meubles de ma chambre étaient arrangés et mes affaires classées, l'heure à laquelle je me levais et me couchais. J'aurais voulu passer mes vacances seule sur une île déserte avec une immense bibliothèque pour seule compagnie. Tous les enfants, j'imagine, se rebellent à un moment ou à un autre contre l'autorité parentale. Mes parents n'étaient jamais injustes, et ils ne voulaient que mon bien, mais ils ne me comprenaient pas. Je me sentais totalement étrangère à eux, brimée par leur mode de vie dépourvu de tout ce à quoi j'aspirais. De la culture. Des voyages. Et plus important que tout, je crois: de la fantaisie et de la liberté.

Et puis au-delà de ma famille, il y avait les brimades terribles que je subissais à l'école. J'étais une gamine laide, précoce et timorée: le souffre-douleur idéal pour les petites brutes de cour de récré. N'aimant pas jouer les victimes, je vais vous épargner la liste des humiliations qui m'ont été infligées; disons simplement que jusqu'à la 4ème, j'en ai franchement bavé. J'étais encore en primaire que je priais le soir dans mon lit pour ne pas me réveiller le lendemain matin. Plutôt mourir qu'affronter ça un jour de plus.

"Il existe deux sortes de gens, dit Gilbert Cesbron dans "Notre prison est un royaume": ceux qui ont une enfance à regretter, et ceux qui ont une enfance à venger." Je fais définitivement partie de la deuxième catégorie. Alors qu'aujourd'hui, ma vie est telle que je la rêvais - pleine d'art, de livres, de voyages et aussi dépourvue de contraintes que possible -, ma plus grande peur reste de me retrouver un jour dépendante des gens qui m'entourent, à la merci de leurs bonnes intentions mal placées ou de leur insupportable pitié. C'est d'ailleurs l'un des thèmes principaux sur lesquels Mme Mapsy souhaite travailler avec moi. J'ai comme l'impression qu'elle risque de se prolonger, cette thérapie.

lundi 28 septembre 2009

10 (other) things I loved this month

- Les Chuck Norris Facts. Je sais, c'est pas nouveau, mais ça me fait toujours autant marrer. Quelques-uns de mes préférés: Jésus a ressuscité parce qu'il devait de l'argent à Chuck Norris * Gandhi: "La violence ne résout rien." Chuck Norris: "C'est parce que tu ne frappes pas assez fort." * Chuck Norris a gagné le Vendée Globe avec une barque. * Chuck Norris x 0 = Chuck Norris. On n'élimine pas Chuck Norris aussi facilement. * Un jour, Chuck Norris a signé un pacte avec le diable. Depuis, l'âme du diable appartient à Chuck Norris.

- Educator: ça, par contre, c'est une découverte récente. Le blog d'un prof qui raconte des anecdotes de son quotidien dans un lycée du 93. Si les djeûns de maintenant sont tous comme ses Kévin, Jennyfer et Nono, l'humanité est foutue. Ne sachant pas s'il faut en rire ou en pleurer, on finit par en pleurer... de rire.

- Mes nouveaux escarpins de chez Mlle François. En rouge, ils étaient sexyssimes, mais il n'y avait plus que du 36 et mes pieds flottaient dedans. Heureusement, il restait une paire de 35 grises en réserve. Moins incendiaires mais plus versatiles. Et ce talon, rhââââ. Quand je pense qu'au départ, je voulais "juste jeter un coup d'oeil à la vitrine pour voir les nouveaux modèles"...

- Le Fruit & Tea de chez Exki. Un gobelet en plastique plein d'énormes fraises, de Thé au Hammam et de deux ou trois feuilles de menthe, passé au blender et servi bien frais. Délicieux et pas culpabilisant pour deux sous.

- Le nouveau masque capillaire à l'huile de tournesol de Kiehl's. Sephora ayant scandaleusement cessé la commercialisation de la marque suédoise Sachajuan qui était une petite merveille, il a bien fallu que je trouve autre chose pour hydrater ma chevelure de sorcière sirène. Le Sunflower Color Preserving Deep Recovery Pak a certes un nom imprononçable et un prix assez exorbitant (30€), mais il sent bon et il laisse le poil soyeux.

- La multiplication selon les Mayas. Un truc de dingues, et pourtant fort logique si on réfléchit bien.
Admirez le travail:



- Les pancakes Picard. Ouvrir le sachet de trois, disposer dans une assiette, passer 40 secondes au micro-ondes. Puis recouvrir de fromage blanc, de gros morceaux de fraises, et manger en poussant des grognements de bonheur.

- Le savon Rock Star de Lush. Parce qu'il est rose et que son odeur me rappelle celle des gommes fantaisie de mon enfance. Il paraît que c'est un des best-sellers de la marque; pour une fois que je suis d'accord avec la majorité!

- Les smoothies de chez Guapa. Cette enseigne dont les boutiques se sont mises à fleurir un peu partout dans Bruxelles dernièrement propose de délicieux mélanges de fruits frais, auxquels il est possible d'ajouter yaourt ou lait de soja. Mon préféré: le Red Secret (ananas, framboise, pomme, orange).

- "The Boy Who Knew Too Much", le nouvel album de Mika. Même recette que pour le précédent: des textes ironiques, lucides, voire assez déprimants, associés à des mélodies pop irrésistiblement sautillantes et à une voix délicieusement androgyne. Je suis fan de ce garçon et de son univers si particulier.

dimanche 27 septembre 2009

Cocktails d'anniversaire au PP Café

Hier, après que Miss Sunalee et moi ayons acheté une paire de chaussures chacune chez Mlle François, nous avons estimé plus prudent de cesser le shopping pour la journée et de nous replier dans un endroit où nous pourrions boire à la santé de diane cairn qui aura 33 ans lundi. Au PP Café qui ne se trouvait pas loin de là, par exemple. Il n'était encore que 17h et les rares clients se massaient tous en terrasse pour profiter du beau soleil automnal. Nous avons préféré nous installer à l'intérieur, passablement désert.

Niveau décor, le PP Café n'a rien d'extraordinaire. Par contre, il propose une carte de cocktails très impressionnante pour des prix raisonnables: 10€ ceux à base de champagne, 8€ les autres. A ce tarif-là, évidemment, il ne faut pas s'attendre à une présentation mirifique. Mon Flirtini (vodka, crème de mûre, jus d'ananas) est arrivé dans un verre tout simple et sans embellissements d'aucune sorte, juste une paille noire coudée. Seuls Chouchou et diane cairn ont eu droit à un bout de fruit sur le bord de leur verre. Du coup, je les ai forcés à attendre que j'aie fini de croquer leurs boissons pour les entamer.

En cadeau, diane a reçu "Les mensonges de Locke Lamorra" de Scott Lynch dont j'avais déjà parlé ici, et une boîte Mariage Frères contenant du Fuji-Yama. J'espère que ça lui plaira. Et la prochaine fois qu'on a quelque chose à fêter, je veux tester le Crystal Lounge. Je n'ai jamais trop bu de cocktails jusqu'ici, me contentant de bon vin rouge et de champagne dans les grandes occasions, mais il ne faudrait pas me pousser beaucoup pour que j'y prenne goût!

samedi 26 septembre 2009

Oops (I did it again)


...Je me suis encore acheté une paire de chaussures
(Mais j'ai pas pu résister)
(Sérieusement, elles sont sublimes non?)

Photo prise chez Mlle François,
avec la permission de l'adorable propriétaire

vendredi 25 septembre 2009

Opération Paris - réussie

Une journée à Paris, ça se prépare comme une expédition militaire.

Il faut d'abord prévoir une tenue pas trop moche mais confortable, avec des couches superposées en haut pour se couvrir dehors et s'éplucher dans les magasins (ou l'inverse, selon la saison), ainsi que des chaussures avec lesquelles on peut marcher des heures pendant des heures sans choper d'ampoules. Puis passer en revue le contenu de son sac à main, qui doit ne pas être trop lourd mais contenir quand même le nécessaire pour survivre dix heures dans les rues de la capitale - ne jamais oublier d'emporter un parapluie ET des lunettes de soleil, car sans être aussi farceuse que son homologue bruxelloise, la météo parisienne peut parfois se montrer capricieuse.

Cela fait, dresser la liste des choses à accomplir dans la journée. Relever si nécessaire les adresses et stations de métro des endroits où l'on doit se rendre. Enfin, sortir son fidèle plan publicitaire estampillé Printemps Haussman et préparer l'itinéraire le plus efficient, celui qui minimisera les distances parcourues et le temps perdu dans les transports en commun, tout en tenant compte non seulement des heures d'ouverture/fermeture des magasins et des musées, mais aussi du poids qui va s'accumuler au fil des pérégrinations shoppinguesques. Si on a un chéri compréhensif, on peut même le faire en réfléchissant à voix haute pour son plus grand amusement.

Voici donc à quoi a ressemblé ma journée de mercredi:

11h05: J'arrive à Paris Gare du Nord et m'engouffre aussitôt dans une rame de la ligne 4.

11h35: Je descends à Vavin et achète, à la Papeterie du Dôme, la recharge 2010 pour mon agenda d'une marque qui n'est ni Filofax, ni Exatime, ni Oberthur, et qui est donc distribuée par deux magasins et demi dans toute la France. La manoeuvre prend royalement 3 minutes. Puis je retraverse Paris dans l'autre sens et descends à Concorde.

11h55: J'attends l'ouverture du Jeu de Paume. Il fait un temps sublime et j'ai presque trop chaud avec ma petite veste en velours rouge.

12h: J'achète mon ticket pour visiter l'expo Martin Parr. Pendant la demi-heure d'attente jusqu'au début de la visite guidée, je fais des grimaces dans une cabine de Photomaton en noir et blanc comme on n'en trouve presque plus.

12h30: Le type chargé de la visite guidée est un cliché d'arteux, cheveux longs attachés par un élastique, barbe, lunettes, tenue uniformément noire. Il passe un quart d'heure à nous parler de l'autre expo du Jeu de Paume, celle que nous ne sommes PAS venus voir. J'étouffe un bâillement.

12h45: Nous passons enfin dans la première salle consacrée à Martin Parr, ou plutôt à sa collection de cartes postales.

12h48: Je m'éclipse discrètement du groupe avant de périr d'ennui et fais la visite on my own. Je suis un peu déçue de constater qu'il ne s'agit pas des oeuvres "classiques" de Martin Parr que j'aurais bien aimé voir en grand pour une fois, mais plutôt de ses différentes collections et de deux de ses travaux les plus récents: une série de portraits de la jet-set qui met en évidence l'obscénité de ses habitudes de consommation, et des photos de différentes villes de province réalisées pour un grand quotidien britannique. Moui bon bof. Les panneaux exposés dehors, ceux de "Small world", me parlent dix fois plus. Je frémis tout de même devant les tapis montrant deux avions en train de foncer dans le WTC: ont-ils été réalisés dans l'idée de ne pas oublier, ou de se réjouir?

13h30: Rien d'intéressant chez WHSmith; je file jusqu'à Pigalle.

13h45: Après avoir englouti un chausson aux pommes, j'arrive à la boutique MAC Abbesses. J'ai de la chance: le célèbre Christian est là! Et aussi adorable que promis par toutes celles qui l'ont déjà rencontré. Résultat, au lieu de ressortir juste avec mes Solar Bits et mon vernis kaki Beyond Jealous, je me laisse tenter par une montagne de trucs sans lesquels, bien sûr, je ne saurais vivre une minute de plus.

14h10: Je redescends vers le boulevard Haussman et mes chers, chers grands magasins. Après avoir essuyé une larme de gratitude en pensant à la mochitude absolue de l'Inno, je passe au stand Kiehl's du Printemps acheter un nouveau masque capillaire à l'huile de tournesol apparemment génial pour les cheveux colorés.

14h30: Aux Galeries Lafayette Maison, je refais le plein de thé Mariage Frères et me laisse tenter par l'Opium Hill, un thé bleu thaïlandais dont l'odeur me ravit et le prix me fait déglutir: 20€ les 100g, quand même. Il a intérêt à être bon. D'un autre côté, j'ai renoncé à prendre du Sencha Uji qui coûtait 45€ les 100g, lui. En fait je suis méga-raisonnable.

14h45: Je rentre dans le magasin principal des Galeries Lafayette, et là, je manque m'évanouir. Le vilain espace pour djeûns du sous-sol, où on ne trouvait que des T-shirts qui faisaient saigner les yeux et des jeans qui montaient maximum jusque sous le pli des fesses, et dont s'échappait toujours une musique aussi atroce qu'assourdissante, a cédé la place à... un espace chaussures de 3000m². Que, bien entendu, je me fais un devoir d'explorer jusque dans ses moindres recoins. Intégrité journalistique bloguesque, toussa toussa. Merveilleuse nouvelle: il y a un stand Annabel Winship. Epouvantable catastrophe: le 36 m'est beaucoup, beaucoup trop grand, et la marque ne fait pas de 35. Adieu, derbys rouges à talons devant lesquels je bavais depuis deux mois sur le site de Sarenza. Adieu, jolis escarpins indigo à petites étoiles bordés d'une ganse fuschia métallisée. Adieu, monde cruel!

15h30: Je jette un rapide coup d'oeil aux stands Noa Noa et Hoss Intropia: rien qui me plaise. C'est bien, mon banquier sera content.

15h45: Je monte au rayon lingerie en quête d'un serre-taille. Après avoir vainement fait le tour de l'étage, je me risque à approcher la vendeuse du stand Chantal Thomass. Qui me sort un serre-taille très beau et certainement très solide, mais... en satin fuchsia alors que bon, pour porter par-dessus mes vêtements, je préfèrerais du noir. Et qu'il ne reste plus que du 40 alors que je fais un 38 d'en haut. Déçue, je grimace. La vendeuse se méprend: "Oui, je suis d'accord, il vous faut sans doute plutôt un 42..." Salopeeeeeeeeeeeeeee. "...Mais on va l'essayer quand même." Suite à quoi, je dois me rendre à l'évidence: dans le 40, non seulement je ne peux pas respirer, mais je sens mon foie, ma rate, ma vésicule biliaire et mon pancréas remonter vers ma gorge tandis que mon utérus menace de se faire la malle par le bas. Une bonne demi-heure après avoir quitté le stand, je suis encore 1/plus éperdue d'admiration que jamais pour Dita Von Teese et autres artistes de burlesque qui s'infligent ce supplice quotidiennement 2/pleine de compassion envers tous les tubes de dentifrice de l'univers: maintenant, je sais ce qu'ils ressentent quand on les presse à fond pour en extraire les dernières gouttes 3/partagée entre l'envie de me suicider immédiatement (du 42, il me faut du 42!!!) et la stupéfaction que m'a inspiré le prix de cet engin de torture. 480€ pour avoir l'impression qu'un bulldozer vient de vous rouler sur le bide, c'est quand même chérot, non?

16h20: Puisque c'est comme ça, je file sur les Champs me réfugier au Virgin Café et m'enfiler un high afternoon tea. Au moins, je saurai pourquoi je rentre même pas dans du 40. J'en profite pour envoyer des textos aux VIP et pour téléphoner à mes parents histoire de donner à Père une nouvelle occasion de me réciter la liste des pièces d'euros qui lui manquent.

17h00: Pour me consoler d'être un bébé baleine, j'entreprends une razzia au rayon bouquins. Les deux derniers tomes de Death Note, l'intégrale d'"Oniisama-e" de Riyoko Ikeda, un album de Sempé, "Un homme louche" de François Beaune et "La bouquineuse" de Zoran Zivkovic. Et puis je demande un autographe à Liane Foly pour Régis.

18h15: Tiens, je n'ai toujours pas acheté une seule fringue aujourd'hui. Et si j'allais faire un tour chez Gap?

18h20: La nouvelle collection Gap est moche. A sa décharge, je ne trouve rien qui me fasse vraiment envie cette saison chez les autres marques non plus.

18h30: Je rentre chez Séphora.

18h50: Je ressors de chez Séphora les mains vides. Je dois couver la grippe H1N1. En même temps, je me suis déjà ruinée chez MAC tout à l'heure.

19h: J'arrive devant chez Editeur Préféré. Comme d'habitude, j'ai oublié le code de la porte d'entrée. Et personne ne répond au téléphone. Je croyais qu'ils bossaient jusqu'à pas d'heure là-dedans?

20h30: Après avoir longuement papopé boulot et chaussures avec la charmante Claire, puis boulot et vacances avec l'adorable César, je prends le chemin de la Gare du Nord chargée de 4 kilos de bouquins supplémentaires. Heureusement que j'ai toujours un sac de shopping en tissu plié dans mon sac à main, sinon les poignées des sacs en plastique me scieraient les doigts au bout de deux stations.

20h45: Pendant mon changement à Strasbourg-Truc, je tombe sur un accordéoniste italien en train de jouer "La noyée" de Yann Tiersen d'une façon fort entraînante. Je mets une pièce dans son étui et attends qu'il ait fini le morceau pour bavarder un peu avec lui. J'aime le panneau posé à ses pieds.

21h: Je déboule dans l'Hippopotamus de la Gare du Nord. "J'ai un train dans 50 mn, si je prends juste un plat, c'est jouable?" "Pas de problème", me répond la serveuse. Et de fait, mon entrecôte-haricots verts (du 42, il me faut du 42!!!) arrive sur la table 5 mn après que je l'aie commandée.

21h55: Départ du dernier Thalys pour Bruxelles. Je suis fourbue mais enchantée de ma journée, à un détail près. Je vous laisse deviner lequel.

Du 42, il me faut du 42!!!


Non mais quand même, quoi...

jeudi 24 septembre 2009

Comment j'ai menti à Liane Foly

Hier, sur le coup de 16h et parce que j'ai sauté le repas de midi, je vais me faire un "high afternoon tea" au Virgin Café. (Au passage, je vous recommande la formule: un thé Mariage Frères + trois mini sandwichs salés + un scone avec confiture et chantilly + un fromage blanc au miel pour 7,65€, c'est assez incroyable pour Paris en général et pour les Champs-Elysées en particulier).

Alors que je suis en train de payer, je vois une femme et un homme s'asseoir à une autre table du café presque vide pour une fois. "Tiens, elle ressemble à Liane Foly, la dame", fais-je remarquer à la serveuse. "C'est normal, c'est elle", me répond-elle sans s'émouvoir. Avoir l'air d'une pauvre provinciale facile à éblouir: ça, c'est fait. J'enrage de ne pas avoir Régis pour pouvoir demander à l'interprète d'"Au fur et à mesure" de poser avec lui.

Plus tard, je suis en train d'explorer le sous-sol en serrant contre moi une brassée de bouquins quand j'avise Liane Foly également en train de faire ses petites courses sans se presser. Le hasard veut qu'au moment où je me dirige vers la caisse, son compagnon me bouscule sans le faire exprès. Je profite de son "Oh, excusez-moi" et de mon "C'est pas grave" pour me lancer. Une seconde d'hésitation. Si je lui raconte l'histoire de Régis, de son blog et de sa fugue, non seulement ça va durer trois plombes, mais elle va me prendre pour une dingue.

Alors, je mens à Liane Foly.

"Excusez-moi mademoiselle, mon frère est super fan de vous et je me demandais si vous me laisseriez vous prendre en photo? Sinon, il ne voudra jamais croire que je vous ai rencontrée". "Pas de problème", me répond-elle. "Si vous voulez, mon ami peut même nous prendre toutes les deux." Argh. Je suis mal coiffée, pas maquillée, je vais être affreuse. Tant pis. Je confie mon appareil au monsieur, et une fois qu'il me l'a rendu, j'ajoute: "Est-ce que je peux aussi vous demander un autographe? Ca ferait vraiment plaisir à mon frère." Elle s'exécute très gentiment. "C'est à quel nom?" "Régis."

Une fois qu'elle a signé mon carnet, je la remercie et lui souhaite une bonne journée. Les caissiers qui ont assisté à la scène sont morts de rire - et complètement blasés. J'imagine que les people aussi achètent des livres et des disques, et que sur Paris, la plupart d'entre eux le font au Megastore. Mais pour moi, c'est une rencontre inattendue qui, en plus de m'avoir fourni un post pour le blog de Régis (et pour "Le rose et le noir", donc) embellit une journée déjà fort bien partie.

mardi 22 septembre 2009

Les mangas, c'est mal

Je suis fière de Chouchou. Il en a VRAIMENT chié un max sur cette planche, mais je la trouve à la fois réussie graphiquement et très très drôle. D'un autre côté, je ne suis pas la personne la plus objective du monde, d'autant qu'il dessine tout nu et que ça a comme qui dirait tendance à légèrement influencer mon jugement. N'hésitez donc pas à me dire ce que vous en pensez. Ou mieux, dites-le-lui directement dans les commentaires de son blog.

Vivement demain!

J'ai besoin de vacances.

(Oui je sais, j'en ai pris le mois dernier. Mais j'ai passé les trois quarts de mon temps à dormir à cause des cachets et le dernier quart à me liquéfier à cause de la chaleur. Donc, ça ne compte pas.)

Le problème, c'est que ces maudites histoires de médocs m'ont fait prendre beaucoup de retard. J'ai obtenu un délai de quinze jours supplémentaires pour rendre le bouquin que je traduis en ce moment, donc j'arriverai à le finir à temps en faisant des doubles journées jusqu'en milieu de semaine prochaine. Mais après, j'aurai deux semaines de moins pour bosser sur le bouquin suivant si je ne veux pas décaler tout mon planning jusqu'en 2011 - et je ne veux pas.

Chouchou et moi avions prévu un city trip mi-septembre. Qui a été annulé par ma faute. Désormais, il faut tenir jusqu'au 18 décembre. Autant vous dire que les trois mois à venir s'étendent devant moi comme un long désert dans lequel je n'aperçois que deux oasis. Fin octobre, je serai à Nantes pour les Utopiales - un week-end qui va passer beaucoup trop vite et pendant lequel je serai frustrée de ne pas pouvoir consacrer autant de temps que je l'aimerais à chacun(e) des ami(e)s que je vois si rarement.

Et demain, je me fais une journée à Paris.

Il se trouve que je suis plutôt fauchée en ce moment (ben oui, quand t'es indépendant, si tu bosses pas, t'es pas payé). Aussi ai-je dû réduire ma liste de shopping au strict minimum: des Solar Bits et peut-être du vernis à ongles Beyond Jealous chez MAC Abbesses, du Fujiyama et du Thé sur le Nil chez Mariage Frères, du masque capilaire Sachajuan chez Sephora ou Kiehl's au Printemps Haussman et des derbys rouges Annabel Winship aux Galeries Lafayette. Ah non, ça, ça va pas être possible.

En fait, l'essentiel de ma journée devrait théoriquement être consacré à des poursuites sociales et culturelles. Si si. Le but premier de mon aller-retour est de voir l'expo que le Jeu de Paume consacre actuellement au photographe Martin Parr. J'aimerais aussi voir Antonia si elle est disponible, et passer chez Editeur Préféré rapter quelques bouquins parce que ma pile d'ouvrages en attente vient de descendre sous la barre des 30 et que ça me donne l'impression de n'avoir plus rien à lire. Et puis j'ai bêtement pris un retour par le dernier Thalys en pensant dîner avec Kris, mais il n'a pas répondu à mon mail. Je suppose donc que je finirai ma journée seule devant une entrecôte saignante à l'Hippo de la gare du Nord, snif. Mais ça me permettra de décompresser avant d'attaquer la dernière ligne droite.

lundi 21 septembre 2009

Fashion diary

Inspirée par le travail de l'illustratrice Gemma Correll, je viens de commencer un nouveau projet créatif: un fashion diary dans lequel je répertorierai mes tenues au fur et à mesure. Je pense que ce sera amusant de garder une trace de ce que je porte à telle ou telle période, et si j'arrive à m'y tenir, je n'exclus pas d'en faire un journal dessiné complet où je consignerai également mes activités.


Bon, il est clair que je ne suis pas la prochaine Frida Kahlo, mais je n'ai pas de prétentions artistiques - j'ai juste envie de poursuivre l'archivage de mon quotidien d'une manière différente et un peu plus fun que ce que j'ai fait jusque là. Et puis si je gribouille ne serait-ce que cinq minutes chaque jour, je finirai bien par faire quelques progrès! Sans compter que ça me donnera l'occasion de pratiquer mon aquarelle (Life Goal #3).

dimanche 20 septembre 2009

Où je me prends pour une gouroute dans l'art d'avoir confiance en soi

Plusieurs de mes connaissances m'ont récemment confié qu'elles manquaient de confiance en elles. Un problème qui paraît typiquement féminin: les hommes ont toujours l'air très sûrs d'eux, même quand ils enchaînent les pires conneries. Peut-être n'est-ce qu'une façade, mais j'en doute. Alors, pourquoi eux et pas nous? Pourquoi ne se jaugent-ils jamais à l'aune d'une perfection telle qu'ils sont forcés de se trouver pitoyables en comparaison? Pourquoi ne sont-ils pas durs envers eux-mêmes comme jamais ils n'oseraient l'être envers un ami? Pourquoi ne trouvent-ils pas toutes les raisons de s'accabler et aucune de se sentier fiers de ce qu'ils sont et de ce qu'ils font? N'étant ni de sexe masculin, ni télépathe, je ne m'avancerai pas à fournir une explication. En revanche, mon passé de grande complexée me qualifie pour vous donner quelques pistes de réflexion et deux ou trois conseils pratiques.

VIS-A-VIS DES AUTRES:

- Vous avez l'impression que tout le monde a les yeux fixés sur vous en permanence et vous juge négativement.
Non, le service entier ne se moque pas de vous dans votre dos parce que vos chaussures ne sont pas assorties à votre pull ou que vous avez maillé vos collants en venant au travail. Non, à moins d'être la correctrice chargée de réviser la nouvelle édition du Bescherelle, vous ne perdrez pas toute crédibilité professionnelle à vie parce que vous avez oublié d'utiliser le subjonctif après "bien que" dans un mail adressé à un client. Non, votre voisine de serviette de plage ne va pas se mettre à vomir à la vue de vos vergetures et/ou de votre culotte de cheval. Vous savez pourquoi? Parce qu'elle est trop occupée à se demander si les gens ne trouvent pas que son bide ressemble à une hideuse bouée et qu'il devrait être interdit aux baleines dans son genre de porter des maillots deux-pièces. La vérité, c'est qu'en règle générale, chacun se préoccupe avant tout de lui-même et n'a qu'une attention très fugace à accorder aux bévues des autres.

- Vous vous demandez ce qu'un mec aussi génial que le vôtre fiche avec vous et attendez avec terreur le moment où il se rendra compte de votre insondable nullité.
Accordez-lui un peu de crédit. Puisque vous le trouvez si merveilleux, j'imagine que ce garçon a un QI supérieur à celui d'une cuillère à soupe. Et donc, une assez bonne idée de vos défauts ou de vos défaillances intimes. Si vous étiez aussi inintéressante que vous le croyez, il ne serait pas avec vous. Si vous pensez que vous êtes juste hyper douée pour dissimuler votre vide intérieur, il paraît qu'il y a gras de thunes (et de popularité) à se faire dans le métier d'actrice. Je dis ça, je dis rien.

- Vous vous sentez minable à côté de votre meilleure amie (ou de votre collègue de bureau...) si jolie, si drôle et qui semble réussir tout ce qu'elle entreprend.
Personne n'est parfait. Simplement, beaucoup de gens préfèrent se présenter sous un jour agréable et valorisant pour être appréciés; ils mettent donc en avant ce qu'ils ont de mieux et évitent de parler du reste. Vous ne savez pas ce qui se passe dans leur vie quand ils ne sont pas avec vous, ni ce qu'ils ressentent profondément. Votre meilleure amie a peut-être une vie sexuelle minable quoi qu'elle en dise, ou est persuadée d'être la plus mauvaise mère du monde mais a trop honte pour l'avouer; votre collègue de bureau pourrait très bien ne pas avoir parlé à ses parents depuis cinq ans ou s'y être reprise à 17 fois avant de décrocher son permis de conduire.

VIS-A-VIS DE VOUS-MEME:

De la même façon que personne n' a jamais tout bon, personne n'a jamais tout mauvais. Petits exercices pratiques pour vous en convaincre:

- Dressez une liste des choses que vous avez réussies, les choses dont vous êtes fière. Fouillez bien dans tous les domaines de votre vie et ne négligez pas les petits accomplissements: ce sont souvent les plus appréciables au quotidien. Pas besoin d'être sortie première de Polytechnique pour avoir le droit d'être contente de soi. Préparer le meilleur clafoutis de la galaxie, être capable de monter une armoire Ikea en 90 minutes chrono, savoir réconforter un enfant qui a un gros chagrin, trouver un quart d'heure pour bavarder avec la petite mamie d'en face, écouter sans juger quelqu'un qui vous confie un secret pénible, toujours réussir son créneau ou son trait d'eyeliner du premier coup, ce n'est peut-être pas aussi glorieux que remporter un disque d'or ou un Oscar, mais ça vous rend certainement plus précieuse pour votre entourage. A ce qu'il paraît, les disque d'or sont peu comestibles, et on ne peut pas ranger grand-chose dans un Oscar.

- Si votre estime de vous est proche de la température de congélation de l'azote, vous pouvez même vous obliger à noter dans un petit carnet, chaque soir, au moins une chose faite ce jour-là et dont vous êtes fière. Au fur et à mesure qu'il se remplira, ce carnet vous servira de renforcement positif. Je m'explique: de la même façon qu'on dit que l'appétit vient en mangeant ou qu'il faut se toujours forcer à sourire même quand on n'en a pas envie, parce qu'on finit réellement par éprouver l'humeur qu'on affiche, voir grandir la liste de toutes ces choses valorisantes finira par vous rendre contente de vous pour de vrai. Essayez, vous verrez.

- Gardez dans une boîte (ou dans un dossier de votre boîte mail) tous les messages d'amour ou d'amitié que vous recevez, les dessins d'enfants ornés de coeurs difformes et de "je t'aime" bavouillants, les diplômes que vous avez peiné pour obtenir, des photos de vos plus belles réalisations culinaires ou artistiques. Quand vous doutez de vous, ouvrez-la et ressortez tout. Voyez combien de gens vous chérissent malgré vos imperfections. Voyez combien de choses vous avez accomplies et tendez à oublier dans votre tendance à l'auto-dénigrement.

- Quand vous avez commis une erreur, au lieu de vous lamenter que décidément vous n'êtes bonne à rien, imaginez que ce soit une de vos amies qui ait commis l'erreur en question et qu'elle vienne vous voir, absolument désespérée par sa propre nullité. Lui diriez-vous: "Oui, tu n'es qu'une pauvre gourdasse. Franchement, c'est bien fait pour toi ce qui t'arrive." ? Si la réponse est oui, oubliez cet article: vous êtes un cafard déguisé en être humain, et vous avez raison de ne pas avoir confiance en vous. Si la réponse est non: pourquoi vous traiteriez-vous moins bien que vous ne traitez les autres? Plus que n'importe qui, vous méritez votre propre indulgence et votre compréhension bienveillante. Je ne parle pas de complaisance crasse, hein. Mais par pitié, soyez sympa avec vous-même.

samedi 19 septembre 2009

Rouge comme...

...les fleurs en cuir sur mes jolies ballerines de chez Mlle François
...les lèvres de poupée rétro de Miss Sunalee
...la chouette veste en velours côtelée à 29,95€ que j'ai dénichée chez H&M
...la robe-chemisier de provenance et de prix identiques qui allait si bien à Miss Sunalee
...Régis que j'aurais tant aimé avoir sous la main pour photographier ses bêtises au rayon lingerie de l'Inno
...les Fruit&Tea que nous avons bus chez Exki pour nous désaltérer après l'exploration de la rue Neuve et avant de mettre à sac la boutique MAC
...le carnet que j'ai cherché en vain chez Nias pour y commencer un nouveau projet créatif
...les petits coeurs que m'inspire cet après-midi de shopping entre filles

vendredi 18 septembre 2009

Le coup du cinéma

En fin d'après-midi, Chouchou et moi partons ensemble, lui pour aller à l'UGC Toison d'Or voir le dernier Audiard, moi dans le centre pour me dégourdir les jambes, me débarrasser de bouquins qui m'encombrent et éventuellement faire un petit repérage de fringues de mi-saison.

Ma pêche s'avère semi-satisfaisante: chez Pêle-Mêle, je trouve un superbe guide touristique sur le Japon paru en juillet 2009, un Yoko Ogawa que je n'ai pas lu, "L'envoûtement de Lily Dahl" de Siri Hustvedt et le tome 11 de "Death note", tous en très bon état à l'exception du Siri Hustvedt qui est un peu abîmé et le tout pour 22 euros seulement. Bonne pioche.

Mon exploration de la rue Neuve, en revanche, tourne court car il est 18h et beaucoup de magasins commencent déjà à baisser leur rideau de fer. J'ai envie d'une grande chemise/tunique à carreaux pour porter par-dessus un col roulé noir et un jean, mais sans savoir si cette envie vient de moi ou des blogueuses mode très nombreuses à arborer ce genre de look (ce qui serait plutôt un argument "contre", car je n'aime pas être habillée comme tout le monde). Le sort décide pour moi: des deux modèles qui me plaisent, aucun n'est disponible en 38. Ca doit être un signe, oublions la chemise/tunique à carreaux.

Je file chez Waterstones qui a le bon goût de fermer à 19h. J'y embarque deux magazines anglais et "2666", énorme pavé sur lequel je lorgnais depuis un moment déjà sans trop oser me lancer car personne de mon entourage ne l'a lu et n'a pu me donner son avis dessus. Puis je prends un sencha ariake à emporter chez Exki et vais m'asseoir face à l'UGC De Brouckère pour le siroter tout en feuilletant SHE.

J'ai de jolies chaussures auxquelles je jette des coups d'oeil ravis toutes les dix secondes, et je me sens limite Carrie Bradshaw tandis que j'attends mon homme censé sortir vers 19h. Sauf que 19h15 arrive, puis 19h30, sans que j'aperçoive le moindre chauve sexy se diriger vers moi avec un grand sourire. Damned. Il commence à faire frisquet et j'ai faim. Il est bien long, ce film...

Et puis soudain, le flash. Chouchou n'est pas au De Brouckère, il est au Toison d'Or.

Je me rue dans le métro, filant des coups dans les tibias de tous les autres passagers avec mes deux sacs de bouquins et priant pour être sur la bonne ligne. Non, merde, il y a un changement. Et bien sûr, j'ai oublié mon GSM à la maison. Rhâââââââ. Décidément, je n'en rate pas une. Chouchou doit être mort d'inquiétude, m'imaginer déjà coupée en deux par un tram ou enlevée par des aliens. Je sprinte en remerciant le ciel d'avoir mis des chaussures plates et arrive devant le Toison d'Or à 19h45.

Où Chouchou m'attend tranquillement en jouant au sudoku sur son iPod nano. "Je me suis douté que tu t'étais trompée de cinéma", me dit-il en rigolant.

Pffffff. La vérité, c'est qu'il en a rien à foutre de moi, Crâne d'Oeuf.

jeudi 17 septembre 2009

He's Barack Obama!



Il paraît que le principal intéressé a bien ri en voyant cette parodie. Et moi donc...

...Et une interview

Pour ceux qui sont intéressés par le statut d'indépendant ou le métier de traducteur littéraire, j'ai récemment répondu aux questions de Ma voisine millionnaire, ici.

Un petit bonus de milieu de semaine

Comme vous avez été sages*, Chouchou vous gratifie en ce jeudi d'une nouvelle oeuvre qui vous permettra d'admirer ma modestie naturelle dans toute son ampleur. Je le disais hier à Mme Mapsy: "L'estime de soi? Non, je ne pense vraiment pas avoir de problème à ce niveau-là." :-P

* sauf toi, oui toi là, dans le fond, ne crois pas qu'on ne t'a pas vu!

La preuve en image


"Quand je serai grand, je serai terroriste,
et voilà ce que je leur ferai aux gros N'avions!"

mercredi 16 septembre 2009

Je suis venue, j'ai vu, j'ai pas mouru

J'ai toujours catégoriquement refusé d'aller voir un psy, y compris à des périodes où c'était assez bien le bordel dans ma tête et où j'avais le plus grand mal à m'y retrouver. Je n'avais aucune envie de raconter ma vie à un étranger, et puis surtout, j'aurais considéré ça comme un insupportable aveu de faiblesse. De mon point de vue, j'étais assez intelligente pour m'auto-analyser, trouver des solutions et les mettre en oeuvre toute seule. Ce qui s'est effectivement produit et n'a fait que renforcer ma conviction profonde: les psys, c'est pour les faibles d'esprit.

Puis j'ai rencontré Chouchou, en thérapie depuis de nombreuses années. Je me suis dit qu'il avait des excuses: enfance difficile, vrais gros troubles comportementaux... N'empêche qu'on s'est disputés je ne sais combien de fois à ce sujet. Sans faire de prosélytisme, il défendait l'efficacité de certaines des méthodes qu'il avait testées, et notamment de l'EMDR dont, après me l'être fait expliquer 50 fois, je n'ai toujours pas vraiment compris en quoi ça consiste ni de quelle manière ça peut fonctionner. Moi, en face, je voyais que ça lui faisait du bien, que ses problèmes s'estompaient sensiblement et qu'il semblait aller beaucoup mieux, mais c'est tout juste si je n'attribuais pas ça à une sorte d'effet placebo.

Comme le destin est farceur, il a décidé de tester les limites de mon entêtement. Et m'a donc envoyé, après plus d'un an d'angoisses sévères, deux bonnes grosses attaques de panique des familles qui m'ont réduite à l'état de larve tremblante et suffocante, persuadée qu'elle était en train de crever - d'abord dans un avion en parfait état de marche vol, puis dans un appartement douillet et cadenassé à triple tour. Mon généraliste a temporairement limité la casse en me filant des médocs. Je me suis dit qu'au pire, je pourrais toujours continuer à les prendre jusqu'à la fin des temps. Sauf qu'il est très vite apparu que le cocktail Deroxat/Xanax me faisait dormir entre 12 et 15h par jour et me transformait en zombie le reste du temps. Pas bon pour les affaires d'une travailleuse indépendante, ça.

A partir de là, je n'avais plus le choix. Bon gré mal gré, si je voulais résoudre le problème, il fallait que je me décide à "voir quelqu'un", comme on dit pudiquement. Mon bon sens et mon désir de sérénité ont eu raison de mon orgueil. J'ai demandé une recommandation à la psy de Chouchou, et après avoir repoussé le moment le plus longtemps possible sous prétexte que c'était les grandes vacances, j'ai appelé pour prendre un rendez-vous. Auquel je me suis efforcée d'aller le plus détendue possible, en laissant mes préjugés à la maison et en me disant que je pouvais très bien présenter la situation comme j'aurais énuméré les symptômes d'une grippe à un généraliste. "Après tout, si ça ne passe vraiment pas, rien ne m'oblige à y retourner, raisonnais-je. Et raconter ma vie à des inconnus, j'en ai pris l'habitude depuis plus de 5 ans que je blogue. Parler de moi pendant une heure sera toujours moins pénible que de me faire arracher une dent."

De fait, ça n'a pas été pénible du tout. Beaucoup plus facile que je ne le pensais, même. La psy m'a fait expliquer pourquoi j'étais là et clarifier quelques points de mon contexte personnel, et je ne me suis sentie gênée à aucun moment. Pour un peu, j'aurais même trouvé ça flatteur qu'elle s'intéresse à ce point aux détails de ma vie. Par contre, elle ne pratique pas la thérapie comportementale mais plutôt la traumatologie; or, même si mes attaques de panique prennent effectivement leur source dans un événement traumatique, je pense que celui-ci a juste servi de révélateur à un problème de fond qui est la conjoncture de ma nature anxieuse et de mon système de croyances un peu fumeux (je suis la première à le reconnaître). Donc il me semble que c'est ce problème de fond qu'il faudrait traiter.

Néanmoins, les pistes de travail qu'elle m'a proposées m'ont plu, tout comme son attitude générale. J'ai donc repris rendez-vous dans quinze jours. Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis...

mardi 15 septembre 2009

"Gossip girl" saison 2

Beaucoup de séries télé populaires sont affligées par ce que les Américains appellent le "sophomore slump" (littéralement: "affaissement de 2ème année"). Après une première saison enthousiasmante qui faisait feu de tout bois, elles peinent à enchaîner sur la suivante, à réussir cet exercice difficile de se renouveler et d'avancer tout en conservant les ingrédients qui ont fait son succès. "Desperate housewives", "Lost" ou "Heroes" en sont de parfaits exemples.

Fort heureusement, "Gossip girl" fait partie des exceptions à la règle. Tout au long de cette saison 2, les personnages désormais parfaitement campés et nuancés ne cessent de nous surprendre sans pour autant aller contre leur nature. Même Dan et Vanessa se révèlent capables de s'abaisser à des actes honteux si quelqu'un pousse sur leurs mauvais boutons; à l'inverse, même Blair et Chuck s'avèrent capables de générosité et de loyauté à l'occasion. Les parents ne sont pas en reste, qui se montrent souvent tout aussi faillibles que leurs rejetons. Les rebondissements s'enchaînent, ponctués par une flopée de one-liners mémorables. On rit, on compatit, on soupire, on enrage, on ne peut s'empêcher de se mettre à la place de ces gosses de riches si attachants malgré (ou peut-être à cause de) toutes leurs imperfections. Parfois, c'est vraiment bon de se sentir comme une midinette devant sa télé. Même la brute chauve qui partage ma vie vous le confirmera.

Bébé est en deuil


Autant la mort de Michael Jackson m'a laissée totalement froide, autant celle de Patrick Swayze me remplit de tristesse.
Parce que bien sûr, comme toutes les ados de ma génération, j'ai ruiné l'équivalent du stock de tout un Etam Lingerie devant Dirty Dancing et Point Break, deux des très rares films que je revois toujours avec plaisir (c'est le cas de le dire...).
Mais aussi parce que cette saloperie de maladie marque un point de plus en emportant quelqu'un qui, sans elle, aurait eu encore de belles années devant lui.

lundi 14 septembre 2009

Le risotto, c'est important

Ta-TAAAAAAAA! 5ème épisode de "La véritable histoire de M. Tout-Le-Monde". J'ai dû insister pour que mes fesses ne soient pas représentées plus grosses que ma tête. Par ailleurs, on notera que les chérubins ont l'air de biberonner de la bière depuis la nuit des temps alors que notre héros affiche une silhouette impeccablement svelte. Y'a un équivalent de la licence poétique en bédé?

dimanche 13 septembre 2009

A tous ceux qui, comme moi, en ont marre qu'on nous bassine avec le H1N1...

...et qui pensent que les autorités montent exagérément le problème en épingle, je conseille d'aller lire cet excellent article de Martin Winckler. Un peu long, mais très clair et tellement édifiant!

"Buzz-moi"

Dans son quatrième album, Aurélia Aurita raconte le tourbillon médiatique déclenché par les deux tomes de "Fraise et chocolat", le récit érotique et tendre de sa relation avec Frédéric Boilet, et la façon dont elle l'a vécu.

Avec une candeur qui n'exclut pas un sens de l'observation très affûté, elle dévoile les coulisses des émissions télé auxquelles elle a participé ou des interviews pour la presse qu'elle a accepté de faire, constate que les journalistes posent toujours les mêmes questions racoleuses et que certains manquent de professionnalisme au point de ne pas avoir lu son livre avant de la rencontrer - voire, de lui inventer des propos qu'elle n'a jamais tenus. Au passage, quelques people en prennent pour leur grade.

Loin de la jungle des média, le brusque succès de l'auteure lui apporte aussi des moments de pur bonheur, comme des invitations dans des endroits où elle ne pensait jamais se rendre ou des rencontres avec des lecteurs particulièrement touchants lors de séances de dédicaces. Même s'il n'a pas l'originalité piquante de "Fraise et chocolat", "Buzz-Moi" confirme qu'Aurélia Aurita n'est pas une étoile filante dans le monde de la bédé et et que, de par son regard et son ton singuliers, elle y mérite tout à fait sa place.

samedi 12 septembre 2009

Western spaghetti



Bon week-end à tous...

Im-pa-ra-ble

La femme de notre ami Olive ayant accouché hier après-midi d'un petit Pablo, Chouchou et moi discutons des prénoms que nous aimons bien.
MOI: J'adore "Gabrielle". Si j'avais eu une fille, j'aurais voulu l'appeler comme ça.
CHOUCHOU (avec une vilaine grimace): Ah non, quelle horreur! Chaque fois qu'on prononce ce nom, j'entends Johnny éructer.
MOI (sur un ton sans appel): De toute façon, j'ai un principe: c'est celui qui pousse pendant seize heures qui a le dernier mot en matière de choix de prénom.
CHOUCHOU (imperturbable): Et moi j'ai un principe: c'est celui qui est en état d'aller déclarer l'enfant à la mairie qui a le dernier mot.

vendredi 11 septembre 2009

Confessions d'une hyène

Je suis une hyène.

Enfin, je ne l'ai pas toujours été. Avant ça, j'ai été un vilain petit canard qui a encaissé beaucoup, beaucoup de quolibets de la part des jeunes cygnes qui fréquentaient la même mare. Je ne vais pas vous refaire le conte; tout le monde le connaît par coeur. A ceci près qu'au lieu de me transformer en superbe oiseau arrivée à l'âge adulte, je me suis juste découvert des dispositions remarquables pour le sarcasme et un instinct très sûr pour taper là où ça fait mal. Des jambes d'1m20 et des bonnets D m'auraient été plus utiles, mais apparemment, y'avait rupture de stock sur les deux articles.

Au lieu de devenir la reine des catwalks, je suis donc devenue celle de la vanne qui tue laisse l'interlocuteur rouge de honte et sans voix. Curieusement, certains garçons trouvaient ça excitant (avant de finir par me le reprocher si d'aventure nous sortions ensemble, mais ceci est une autre histoire). D'autres de mes "victimes" étaient des fâcheux qui méritaient bien cette petite humiliation. Mais parfois aussi, pour l'amour d'un bon mot, pour le plaisir de faire rire ou d'épater la galerie, il m'est arrivé de blesser des gens qui ne le méritaient pas. Si je n'étais pas très fière de moi dans ces cas-là, je me gardais bien de le montrer. Plutôt passer pour une sans-coeur que pour une petite chose émotive, ça me semblait beaucoup moins risqué. Du coup, plus personne ne me cherchait de noises, et je faisais la sourde oreille quand on me reprochait d'un ton peiné d'y être allée un peu fort. Meilleure défense, attaque, toussa toussa.

Mais même les hyènes avancent en âge et, si elles ne sont pas trop obtuses, en sagesse. Au bout d'un moment, elles finissent par avoir assez de discernement pour ne plus s'entourer de gens agressifs ou mal intentionnés. Et elles s'aperçoivent que le sens de la répartie qu'elles prenaient pour un humour irrésistiblement décapant cause plus de dégâts à autrui qu'il ne les empêche d'en subir. Elles se demandent ce à quoi elles tiennent le plus: être une killeuse verbalement parlant, ou une personne décente que ses amis décriraient comme chaleureuse et bienveillante. Ce jour-là, les hyènes jettent courageusement leur armure de vannes au fond d'un puits et s'apprêtent à affronter le monde sans autres armes que leurs bonnes intentions. Et tant pis si on les trouve mièvres ou naïves: la bave du crapaud n'atteint pas la hyène en pagne.

Jusqu'au jour où la hyène en question (après s'être acheté des sous-vêtements dignes de ce nom chez Chantal Thomass ou Etam Lingerie, selon son budget) s'aperçoit qu'entre ses pattes maladroites, les bonnes intentions ont une fâcheuse tendance à dégénérer. Et qu'elle continue, fût-ce à l'insu de son plein gré, à taper immanquablement là où ça fait mal. D'où navritude de sa part et sentiment de trahison d'autant plus fort chez son interlocuteur que la hyène s'était présentée à lui avec un sourire benoît et en brandissant les madeleines au chocolat de l'amitié. Alors, la hyène se demande si ça vaut vraiment la peine de s'obstiner à lutter contre sa nature profonde.

Noisette, je suis désolée si je t'ai fait de la peine.

"GiG"

De James Lovegrove, j'avais adoré "Days", roman d'anticipation dont l'action se déroulait dans un grand magasin cauchemardesque. "Royaume-Désuni", en revanche, m'était tombé des mains vers la page 100. Mais lorsque Mélanie Fazi, qui était alors en train de le traduire, m'a parlé de "GiG" pendant le dernier Salon du Livre, j'ai su tout de suite que j'allais le lire et, probablement, l'adorer.

Parfois, je suis d'une clairvoyance stupéfiante.

Or donc, "Gig" est un roman un peu particulier puisqu'il se compose en réalité de deux novellas, disons, symétriques. L'une a pour héros Mik Dyer, chanteur d'un groupe de rock auquel ses fans vouent un véritable culte, et l'autre met en scène Kim Reid, une fan de Mik qui se sent investie d'une mission très particulière. Toutes deux se déroulent durant la journée précédant le concert de God Dog dans la ville d'origine de ses membres, et si chacune se suffit à elle-même, il faut attendre d'avoir lu les deux pour comprendre l'intrigue dans sa globalité.

Une des particularités de ce livre, c'est qu'il est conçu de manière à ne donner aucune indication au lecteur sur l'ordre dans lequel les novellas doivent être découvertes: les deux côtés de la couverture comportent chacun toutes les indications d'une première ET d'une quatrième de couv', de sorte qu'il n'y a pas de "début" et pas de "fin" officiels. Moi, j'ai commencé par l'histoire de Kim et je trouve que c'est plus intéressant dans ce sens, mais il semble que les lecteurs qui ont choisi la démarche inverse tiennent exactement les mêmes propos.

L'autre particularité de "Gig", c'est qu'il est construit, depuis les titres de ses chapitres jusqu'au nom de tous les personnages et lieux importants, sur une quantité phénoménale d'anacycliques: c'est-à-dire, de mots ou de phrases qu'on peut lire aussi bien à l'envers qu'à l'endroit. Loin d'être une simple coquetterie d'écriture, ces anacycliques renforcent la dualité des héros et de leurs parcours. C'est un exercice délicat dont James Lovegrove aussi bien que sa traductrice se tirent avec une virtuosité remarquable.

Pour le reste, je ne vais pas vous dévoiler l'histoire, mais faites-moi confiance: c'est de la bombe. Les amateurs de musique, en particulier, devraient adorer la satire réussie du milieu des fans et l'atmosphère fervente qui se dégage de la scène de concert finale.

De la séduction

Certaines de mes amies, et amies d'amies, se sont récemment montrées plus ou moins dénudées sur leur blog. Les photos étaient très jolies, de bon goût, et on n'y voyait pas leur visage. Pourtant, même si j'étais aussi bien foutue qu'elles, il ne me viendrait pas à l'esprit de les imiter. Pas par pudeur, un sentiment qui m'est passablement étranger. Simplement parce que (et c'est un peu un choc pour moi de m'en rendre compte) j'ai cessé depuis un petit moment de jouer la carte de la séduction dans mes rapports avec les autres.

La faute en incombe sans doute partiellement au traitement hormonal qui flingue ma libido depuis deux ans et demi. Mais je sais qu'il n'y a pas que ça. La séduction, c'est l'arme que j'utilisais pour me valoriser quand j'avais l'impression de ne pas avoir grand-chose d'autre à offrir, de ne pas être assez aimable au sens étymologique du mot pour susciter un intérêt - et à plus forte raison un intérêt durable. Sur le coup, je prenais ça pour un plaisir narcissique, ce qui me semblait très sain; en vieillissant, j'ai réalisé que ça n'était qu'un piège et que je donnais de moi une image fâcheusement tronquée, voire carrément faussée. Le fait d'être en couple durable m'a sûrement bien calmée aussi: je sais que mon amoureux me trouve désirable, et cela suffit à ma vanité.

Les autres gens que je rencontre, je ne cherche plus à les charmer. J'essaie d'être moi-même, de montrer que j'ai de l'humour, de la culture et de la compassion. Si mes plaisanteries ne font pas rire mon interlocuteur, si nous n'avons pas de références communes, si ma bienveillance lui paraît mièvre, il n'est de toute façon pas utile que nous développions une relation. Et mon ego se passe très bien de la certitude que si je voulais, je serais capable de lui donner une érection. Dans les bons jours, j'aime y voir une forme de sagesse. Dans les mauvais jours, je songe avec une pointe de nostalgie que flirter avec des gens sans avoir nécessairement l'intention d'aller plus loin était tout de même bien agréable.

NB: Il va sans dire que tout ce qui précède ne concerne que moi, et que je ne présume absolument pas des motivations personnelles des amies ou amies d'amies évoquées en début d'article ^^

jeudi 10 septembre 2009

"Quelque chose en lui de Bartleby"

C'est portée par le souvenir délicieux de "La Première Gorgée de bière et autres plaisirs minuscules" et oubliant, d'une part ma déception à la lecture des bouquins suivants de Philippe Delerm, d'autre part ma résolution de ne plus acheter de grands ou de moyens formats, que je me suis laissée influencer par une bonne critique d'un magazine quelconque et ai investi 14,50€ dans "Quelque chose en lui de Bartleby".

Une heure et demie après l'avoir ouvert, j'arrivais à la fin et le plaçais directement sur la pile des ouvrages en partance pour le bouquiniste, jurant mais un peu tard qu'on ne m'y prendrait plus.

La quarantaine passée, employé de la Poste et célibataire sans enfants, Arnold Spitzweg est un éternel spectateur de la vie, et cela lui convient très bien. Un jour, il crée un blog pour y consigner ses observations. www.antiaction.com connaît un succès fulgurant et... Euh, et c'est tout. Et c'est un peu maigre. D'autant que si on prend plaisir à lire les flâneries du héros dans Paris l'été, la partie consacrée au blog, qui aurait pu être intéressante, occupe trop peu de place et manque cruellement de crédibilité. Bref, un petit roman pas désagréable mais assez inconsistant. A la place, achetez plutôt deux bons gros livres de poche.

Second chance

Vous êtes folle de fringues. Hélas! C'est la crise, et vous avez décidé de consacrer le peu de sous qui reste sur votre compte après que le Trésor Public et la Sécu se soient (grassement) servis à un projet excitant et néanmoins ruineux comme, au hasard, la préparation de deux grands voyages pour l'année 2010.
Que faire pour ne pas sombrer dans la dépression vestimentaire?

...Du shopping dans vos propres placards!

Allons, avouez. Combien de tops datant de la saison automne-hiver 2006 dorment encore munis de leur étiquette au fond de votre penderie? Combien de paires de chaussures achetées en frétillant des orteils par anticipation n'ont jamais eu l'occasion de fouler le trottoir d'une avenue commerçante? Combien de sacs à main mâchonnent tristement leur petit sachet de billes de silicone anti-humidité en attendant d'avoir l'honneur de paraître en public à votre bras?
Je sais, on a toutes des étagères remplies de monumentales erreurs d'achat: un pantalon trop petit dans lequel il faut choisir entre s'asseoir et respirer, mais qui était censé mouler parfaitement notre séant dès qu'on aurait perdu nos 3 kilos de trop (qui se sont depuis transformés en 5). Ou un pull d'une couleur qui, loin des néons du magasin, s'avère plus digne de figurer sur le poncho d'un Péruvien que sur le dos d'une Occidentale désireuse d'éviter les saignements oculaires à son entourage proche.
Je ne vous parle pas de ces fringues importables dont le destin est de terminer à l'Armée du Salut (ou sur le postérieur d'une copine mieux gaulée, la garce). Non, je vous parle de celles que vous avez oubliées sitôt achetées parce qu'en fin de compte, vous aviez déjà une veste en velours presque identique, la flemme de "faire" ces nouveaux escarpins au talon vertigineux ou aucun top susceptible d'aller avec cette jupe brodée.
Exhumez ces pauvrettes. Donnez-leur une seconde chance.

Par exemple, hier, j'ai sorti de leur hibernation ces ravissantes ballerines r.a.s en feutrine rouge qui venaient de passer au bas mot 5 ans à roupiller sur le rayon inférieur de mon porte-chaussures. Je les avais achetées parce que je les trouvais über-cute, et jamais portées parce que quand on mesure 1,54m et qu'on a une silhouette de Culbuto, il est vital de se rehausser avec des talons d'au moins 4 cm. Et puis mon regard s'est posé sur elles. Je les ai saisies délicatement. Elles sentaient toujours cette exquise odeur de fraise qui m'avait charmée au Bon Marché. Je les ai enfilées, juste pour voir. Elles étaient aussi confortables que des pantoufles.




Alors j'ai pensé que les règles étaient faites pour être enfreintes bordel. J'ai mis un jean, un T-shirt gris agréablement mou, une veste en tweed, et j'ai empoigné mon Mathilde pour sortir en me félicitant de mon comportement digne de la meilleure recessionista.

mercredi 9 septembre 2009

Le monde est cruel pour Cahouète

Le lundi 24 août, Cahouète, 2 ans, 11 mois et 9 jours, amateur immodéré de chocolat et grand exhibitionniste devant l'Eternel, faisait sa première rentrée scolaire à l'Ecole Internationale de Dallas. Fidèle à son tempérament de barbare, il n'a pas versé la moindre larme quand sa mère l'a laissé aux bons soins d'une Texane inconnue avec une quinzaine d'autres gamins, et le soir, il a déclaré que tout s'était bien passé. Soulagement intense de Soeur Cadette.
Le mardi 25 août, Cahouète, 2 ans, 11 mois et 10 jours, a décrété qu'il avait déjà été à l'école hier et que tout bien considéré, il préférait la piscine.
Je n'aurais pas aimé être celle qui lui a annoncé qu'il venait d'en prendre pour quinze ans minimum.

Ci-dessus: Atterré, notre Conan miniature tente de se consoler avec un rhum-Coca.

mardi 8 septembre 2009

De l'amitié féminine

Dans toute ma vie, j'ai dû avoir moins d'amies que de partenaires.

Non, je ne peux pas rivaliser avec Madonna ni même avec le personnage d'Andie McDowell dans "Quatre mariages et un enterrement". C'est juste que, si j'ai un peu plus roulé ma bosse que la moyenne en matière amoureuse, je suis toujours restée excessivement circonspecte dans le domaine des amitiés féminines. A l'adolescence, les filles que je côtoyais étaient toutes beaucoup plus jolies et beaucoup plus bêtes que moi; le mélange de jalousie et de mépris qu'elles m'inspiraient ne risquait pas de motiver un rapprochement. De toute façon, j'étais en pleine période "poétesse maudite", et seul mon journal intime me paraissait digne de recueillir mes confidences. Les rares fois où j'ai tenté de copiner avec quelqu'une se sont soldées par des déceptions retentissantes, généralement parce que ma soi-disant amie finissait par me piquer le mec sur lequel je bavais et dont je lui avais formellement interdit de s'approcher s'avérait n'être qu'une cruche qui suicidait mes neurones par paquets d'un million à chacune de nos conversations.

Arrivée à l'âge adulte, le fossé qui me séparait de mes semblables s'est encore élargi. Pendant que la plupart d'entre elles rêvaient d'un mariage en blanc, des 2,1 enfants règlementaires et si possible d'un CDI, je divorçais, tentais de me faire ligaturer les trompes et m'installais en indépendante. Je semblais vouée à ne jamais avoir le moindre point commun avec le reste de la gent féminine. J'avais des tas de copains avec qui je partageais des parties de jeux de rôle épiques ainsi qu'un goût certain pour la bande dessinée et la musique qui fait du bruit, et même quelques-uns avec qui il était possible de discuter politique, littérature ET rapports humains. Ils suffisaient à combler un besoin relationnel qui a toujours été modeste chez moi.

Ma première vraie amie, celle que j'ai eu instantanément l'impression de connaître comme le fond de ma poche et à qui je n'ai pas hésité à dévoiler mes pensées les plus honteuses, c'était Gren. Nous n'avons habité la même ville que quatre ans; depuis, des centaines voire des milliers de kilomètres nous ont toujours séparées, et nous avons rarement eu l'occasion de nous revoir. (Je bénis d'ailleurs internet qui permet si bien de rester en contact à distance.)

Et puis, et puis... Il y a eu, il y a toujours, des jeunes femmes que j'apprécie énormément, sur qui je sais que je peux compter et avec qui je suis ravie de passer quelques heures quand nos emplois du temps respectifs le permettent. Mais je n'ai pas avec elles cet espèce de lien gémellaire que des tas de filles entretiennent avec leur "meilleure amie". Et malgré ces quelques relations qui se sont développées tout doucement au fil des années, je m'estime toujours très novice en matière d'amitié féminine.

Résultat, quand je rencontre une fille qui me plaît, une qui me donne envie de la bombarder de questions et de lui raconter toute ma vie, de pouffer ensemble devant un chocolat viennois et une gauffre chantilly un thé vert sans sucre et une salade de fruits, d'écumer aussi bien les librairies que les magasins de fringues en poussant des couinements ravis à la vue d'un bel artbook ou d'une paire d'escarpins rétro, de s'échanger des trucs de maquillage et des souvenirs de globe-trotteuses, je suis encore plus émue et fébrile que face à un homme que j'envisage de culbuter sauvagement séduire avec la distinction et la retenue qui me caractérisent. Quand je sais que je vais la voir, je prends un soin tout particulier à choisir ma tenue. Quand nous discutons, ma crainte de parler trop fort, trop vite et en faisant trop de gestes le dispute à mon envie de montrer que je suis, moi aussi, une personne intéressante qui a des choses à raconter.

Je pense maîtriser assez bien le mode d'emploi relationnel des hommes. Mais vis-à-vis des femmes, j'ai encore peur de me montrer maladroite et mal aimable.

lundi 7 septembre 2009

"Francis rate sa vie"

Je suis assez mauvais public pour tout ce qui relève du comique. C'est très difficile de me faire rire, a fortiori de me faire rire aux éclats une douzaine de fois en l'espace de quelques minutes. Pourtant, ce petit bouquin de rien du tout y est parvenu.

J'ai fait l'acquisition du 5ème opus des aventures de Francis, le blaireau farceur, parce qu'un de mes contacts Facebook en avait dit beaucoup de bien, parce que la queue à la caisse de Cook&Book s'éternisait et qu'il y en avait une pile juste devant moi. Un rapide coup d'oeil et j'étais suffisamment emballée pour l'acheter en même temps que le Cartoville de Tokyo amoureusement serré sur mon coeur.

Or donc, chaque strip de cette hilarante petite bédé est construit de la même façon. Dans la première case, notre bondissant héros se promène dans la campagne. Dans la seconde, "soudain" il se produit quelque chose qui n'a absolument rien à voir avec la choucroute/le waterzooi (rayez la mention inutile selon votre nationalité). Et la sixième conclut son aventure de manière systématiquement catastrophique, parfois totalement absurde, parfois étrangement pertinente et parfois les deux en même temps. Un petit bijou de satire socio-économique et d'humour grinçant. A découvrir d'urgence, ainsi que les 4 autres volumes de la série!

dimanche 6 septembre 2009

Maquillage n°13: Fumée verte et blanc pas basique!



En temps normal, mes photos de maquillage sont toujours moches.
Aujourd'hui, elles sont extra-moches. En effet, nous avions rendez-vous au Cook&Book à 12h30 pour bruncher avec Miss Sunalee et diane cairn. A 11h45, j'enfile les vêtements préparés depuis la veille: catastrophe, le pantalon anthracite à fines rayures blanches que j'ai vaillamment traqué en 38 dans tous les Pimkie de France et de Belgique pendant les dernières soldes d'hiver, et que je viens seulement de me décider à faire raccourcir, est encore 10 bons centimètres trop grand! Même avec mes bottines Ash noires à talons hauts, je marche dessus. Et toute ma tenue du jour était construite autour de lui, grrrr. Tant pis, pas le temps de me changer intégralement; je me contente d'enfiler un bête jean à la place du pantalon maudit. Du coup, nous avons raté le bus, et c'est en attendant le suivant que Chouchou prend mon maquillage en photo dans la rue.
Lorsque nous rentrons à la maison à 17h et que je visionne le résultat, c'est la cata: la lumière naturelle a bouffé toute la couleur de mes fards, on dirait que mes paupières sont nues. Je demande à Chouchou de les refaire en intérieur avant que la nuit tombe. Mais évidemment, mon maquillage est défraîchi puisque je le porte depuis plus de cinq heures. Et je n'ai pas pensé à me peigner les sourcils. Damned.
(J'ai vraiment de gros soucis dans la vie, n'est-ce pas?)
Bon, tout ça pour dire que mon nouveau Greensmoke adoré ne rend absolument rien en photo; en vrai c'est un kaki légèrement doré beau à mourir, bien plus intense qu'il n'en a l'air ici.

Halo sur paupière supérieure: Greensmoke (MAC)
Au-dessus du halo: Half-Baked (Urban Decay)
Coin interne de l'oeil: Unbasic White (MAC)
Liner: Aqua Eyes 10 (Make Up For Ever)
Mascara: Colossal noir (Gemey Maybelline)

samedi 5 septembre 2009

Finally whole!

Voilà, vous pouvez enfin me découvrir en entier dans le nouvel épisode de "La véritable histoire de Monsieur Tout-Le-Monde".

Si vous aimez, n'hésitez pas à le dire à l'auteur en lui laissant un petit commentaire. Ca lui fera très plaisir, car il a beaucoup peiné sur cette planche!

(Et maintenant qu'il a terminé, nous pouvons partir en ville dépenser des sous que nous n'avons pas ^^)

"Ni d'Eve ni d'Adam"

Au début des années 90, j'ai découvert "Hygiène de l'assassin", et comme beaucoup de gens, j'ai été soufflée qu'un roman aussi atypique et cruel soit l'oeuvre d'une fille de 23 ans à peine.

Longtemps, j'ai continué à lire les romans qu'Amélie Nothomb sortait avec une belle régularité à chaque rentrée des classes. Mais à part "Péplum", les seuls que j'ai vraiment aimés sont les récits autobiographiques où l'auteure parle de son enfance au Japon et des deux ans durant lesquels elle y séjourna en tant que jeune adulte: "Stupeur et tremblements", "Métaphysique des tubes" et "Biographie de la faim". Les autres, constatai-je au bout d'une dizaine d'années, ressassaient toujours les mêmes thèmes d'une manière un peu pédante qui finit par me lasser à la longue. Aussi cessai-je de suivre l'abondante production littéraire de ce personnage singulier qui m'agaçait autant que je l'enviais, tout au fond de moi.

Mais cette semaine, je cherchais de quoi m'occuper pendant mon retour en TGV à Bruxelles, et j'ai pensé que "Ni d'Eve ni d'Adam" ferait parfaitement l'affaire. Amélie Nothomb y raconte avec beaucoup de sincérité et d'humour le couple improbable qu'elle forma, deux années durant, avec un Japonais absolument parfait qu'elle ne réussit cependant pas à aimer et dont les demandes en mariage répétées finirent par lui faire fuir l'Empire du Soleil Levant. Malgré le lyrisme teinté de mégalomanie qu'elle ne parvient pas à réprimer totalement, elle livre là une oeuvre touchante, peut-être sa plus personnelle à ce jour.

vendredi 4 septembre 2009

Dumbo is back

Le voisin du 3ème est rentré de sa Slovénie natale. Non, je ne l'ai pas croisé dans l'escalier avec un énorme sac de voyage dégueulant son linge sale des deux derniers mois. Mais depuis ce matin, il marche au-dessus de ma tête en faisant autant de boucan que s'il pesait 517 kilos. Je m'attends à ce que, d'un instant à l'autre, il passe au travers du plafond et atterrisse sur mes genoux dans une pluie de gravats. Le bruit ne me gêne pas plus que ça; je me demande juste comment il arrive à en faire autant. Les natifs d'Europe de l'Est ont peut-être une densité supérieure à la nôtre? A moins que ce jeune chevelu dont je n'ai jamais réussi à voir le visage soit en réalité un golem de plomb. Ce qui ne me poserait aucun problème si ce n'était pas un golem de plomb avec des aspirations musicales mais aucune oreille du même nom. Depuis une demi-heure, il s'est remis à torturer amoureusement l'instrument mystérieux dont il tire des sons impossibles à identifier. Je suis à deux doigts de lui offrir une Wii et Guitar Hero: là au moins, quand il loupera des notes, on n'entendra que le silence.

Edit du 5/9/09 à 23h19: Chouchou vient de monter pour demander au voisin du dessus s'il pouvait faire un peu moins de boucan. Dumbo lui a ouvert la porte avec des béquilles et un pied dans le plâtre. Il habite un duplex au 3ème étage de notre immeuble qui n'a pas d'ascenseur. Au final, c'est Chouchou qui s'est excusé.

Chill out yoga au Serendip Spa

Après le Full Moon Club, la réflexologie plantaire et le massage aborigène, hier, ce sont les cours de yoga en groupe que j'ai testés dans ce haut-lieu du bien-être qu'est le Serendip Spa. Le professeur prévu étant malade, il a été remplacé à la dernière minute par la maîtresse du lieu, la charmante Claudia. Au risque de me répéter, je trouve cette femme époustouflante. Tout en elle respire l'harmonie, physiquement comme moralement. Il émane d'elle quelque chose de très apaisant, et c'est toujours un bonheur de la côtoyer.

La séance était orientée "relaxation" - j'aurais préféré tester la "tonifiante", mais les horaires ne cadraient pas avec mon emploi du temps. Peut-être était-ce mieux ainsi, car les postures que Claudia nous a fait enchaîner à un rythme doux mais sans mollesse ont eu un effet très positif sur le stress que je trimballe depuis des mois. La salle, bien que petite et ne pouvant contenir qu'un nombre limité de pratiquants, est jolie et bien éclairée, munie d'un vestiaire contigu. Contre une donation d'1€ allant à l'association caritative fondée par Claudia au Sri-Lanka, il est possible d'emprunter un tapis de sol pour la séance si on n'en possède pas ou qu'on a oublié le sien.

Ca fait des années que je souhaite me mettre à la pratique régulière du yoga (c'est même mon Life Goal #33) et que je suis rebutée par les formules proposées: un paiement au cours absolument ruineux, ou un abonnement au mois que je suis souvent amenée à "gaspiller" en partie à cause de mes nombreux déplacements. Mais le Serendip Spa propose un système de carte pré-payée de 10 séances qui sera idéal pour moi. Cette fois, c'est décidé, je me lance! En plus, ça ne pourra que m'aider dans ma lutte contre l'angoisse chronique (Life Goal #35!). Déjà, Claudia m'a indiqué deux postures-clés: une à faire pour relancer la circulation de l'énergie le matin avant de se lever, et une autre pour recharger ses accus dans la journée en cas de coup de barre. J'ai bien l'intention d'en user et d'en abuser.

A l'occasion du lancement de la nouvelle saison, le Serendip Spa organise, le mardi 15 septembre de 16h à 19h, une fête ouverte à tous durant laquelle on pourra déguster de la nourriture ayurvédique et écouter des musiciens indiens. Si la curiosité vous y amène, vous m'y croiserez sûrement.