lundi 30 novembre 2009

La journée de Cahouète dans les bayous de Louisiane


16h: Mes parents ont insisté pour que je pose avec le krôkrôdile.
Ils m'ont dit que ça ne craignait rien,
mais j'avoue que je ne suis pas très rassuré...



17h30: C'est encore moi qui avais raison.
En même temps, du moment que je peux toujours manger des glaces...

"Vanessa Paradis: Best of"

Me voyant hésiter vendredi après-midi devant le présentoir où voisinaient les deux versions du best of de Vanessa Paradis, une vendeuse de la Fnac s'est écriée: "Si vous l'aimez bien, prenez l'édition limitée avec le livre, il est plein de photos superbes; franchement, pour 7€ de plus, ça vaut le coup!". Comme je suis fan, je l'ai écoutée. Et comme je suis fan, je connaissais déjà par coeur toutes les photos présentes dans le fameux bouquin, sauf les deux-trois dernières. Et maintenant, je me retrouve avec un objet qui ne rentre pas dans ma CDthèque. Grrrr. Ma maman m'avait pourtant dit de ne jamais faire confiance aux inconnus.

Au-delà de cette petite déconvenue, je ne regrette pas mon achat. Si le premier CD, sans surprise, se contente de compiler les singles de Vanessa, le second contient des "raretés" très intéressantes, comme une reprise de "I love Paris" et une autre de "Emmenez-moi" en live, ainsi que des duos avec M, Jane Birkin et Alain Souchon. Un bon moyen d'étoffer le répertoire limité de la demoiselle - 5 albums à peine en 23 ans de carrière. Et bien sûr, on y retrouve l'inédit "Il y a", délicieuse ode au bonheur tranquille servie par un très joli clip signé Johnny Depp. Qui ne devrait pas tarder à grimper très vite au classement de mes morceaux les plus écoutés sur iTunes.

dimanche 29 novembre 2009

Mais abattez-moi tous ces gens et qu'on n'en parle plus!

Notre bon gouvernement ne cesse de prendre des mesures qui me font hululer d'indignation, ce n'est pas nouveau. A ce titre, la dernière en date pourrait sembler presque anodine par rapport aux expulsions massives de sans-papier: Luc Chatel, ministre de l'Education, se propose de rendre optionnels les cours d'histoire-géographie pour les terminales scientifiques.

Anecdotique? Que nenni. Car vu la propension moyenne d'un djeûns de 18 ans à s'encombrer de travail non-obligatoire pour le simple plaisir d'apprendre quelque chose, les bancs d'HEC, de Sciences-Po et des écoles d'ingénieurs seront bientôt remplis d'étudiants qui ignoreront tout de... ce qui s'est passé au XXème siècle. Soit, voyons, des bagatelles comme la montée du nazisme en Allemagne, du fascisme en Italie, du communisme en URSS et la deuxième guerre mondiale qui en découla. Du coup, les futures élites de la nation seront sans doute moins susceptibles de réagir quand on musellera les média ou tentera d'imposer un devoir de réserve aux écrivains. Qui ignore l'histoire est voué à la répéter.

Je sais qu'en tant que femme de gauche (quoi que ça puisse signifier par les temps qui courent...), je suis censée être opposée à la peine de mort. Mais par moments, j'avoue que je rêve de peloton d'exécution pour certains de nos dirigeants.

N'oubliez pas...


Aujourd'hui, 17h20 sur PlugRTL.
Nous, on ne pourra pas voir l'émission car on n'a pas la télé.
Si jamais vous la regardez, venez nous dire ce que vous en avez pensé!

samedi 28 novembre 2009

"Un crayon dans le coeur"

Quand j'ai dit que je n'avais rien à bouquiner pendant ma retraite forcée, j'ai un tout petit peu menti. En fait, Christine m'a rendu hier une bédé que j'avais achetée et oubliée chez elle le mois dernier. Mais c'était une toute pitite bédé, que j'ai lue en une demi-heure avant de me coucher, donc on va dire que ça ne compte pas. Enfin, assez quand même pour me fournir un sujet de post :-)

Or donc, Laurel fait partie de ces dessinatrices/illustratrices qui se sont fait connaître grâce à leur blog et à qui on a proposé de publier un bouquin basé sur les meilleures planches d'icelui. Mais contrairement à une Margaux Motin ou une Pénélope Bagieu, ce n'est pas un archétype de Parisienne branchée, accro aux fringues et aux ragots entre copines. Attention: j'adore cet archétype-là; il fournit la base de gags hilarants. Mais c'est bien de lire les aventures d'un autre genre de fille, une fois de temps en temps.

Laurel a une petite Cerise qu'elle élève seule, une chatte nommée Choupinette, et pas trop de chance en amour. Elle raconte sa vie avec humour, bien sûr, mais surtout avec une sincérité touchante, sans passer sous silence les moments les plus tristes. Elle ne cherche pas à se composer un personnage en faisant un tri soigneux parmi ses anecdotes personnelles: elle aborde tous les sujets, y compris ceux qui font mal. De ce fait, sa bédé ressemble plus à un journal intime illustré qu'à un recueil de gags, et on s'attache davantage à son auteur au fil des pages. La bonne nouvelle, c'est qu'après l'avoir terminée, on peut continuer à suivre les aventures de Laurel sur son blog.

vendredi 27 novembre 2009

Adieu, monde extérieur

Le frigo est plein. J'ai des bagels, du Saint-Moret, du jambon de Paris, des tomates, des cuisses de poulet, des pommes de terre et des petits pois, du pain de mie sans croûte, des Danette Crousti'choc, du fromage blanc et de la crème de marrons, des clémentines et des poires, des oranges à presser, plusieurs bouteilles de Coca light et un seul carton de lait déjà entamé (aïe). Sur mes étagères, plusieurs risottos en sachet, des chips à l'ancienne, un paquet de Thé Brun et des madeleines.

J'ai expédié cet après-midi les courses que je devais faire: me délester d'un grand sac plein de romans et de mangas chez le bouquiniste local, passer chercher mes lunettes solaires de vue chez Grand Optical où elles m'attendaient depuis mi-octobre, acheter une nouvelle carte de bus et un flacon d'eau micellaire Avène, demander à la Fnac s'ils avaient le modèle de station iPod que je guigne (réponse: non). En revanche, je n'ai pas eu le temps d'aller chez le coiffeur; mes cheveux commencent à ressembler à un balai de sorcière, mais en même temps, je ne risque de faire peur à personne. Note à moi-même: les jours qui viennent, me peigner en tournant le dos le miroir.

Le temps merveilleusement ensoleillé quand je suis arrivée mercredi a viré à la pluie et au froid la nuit dernière. Le chauffage est allumé, la couverture en polaire ressortie. Dans ma commode, j'ai une provision de boxers en microfibres propres, de chaussettes neuves dans des teintes assorties, et de diverses tenues d'intérieur douillettes à souhait. Je n'ai rien à bouquiner sinon mon livre de sac, que je garde pour tromper mon ennui dans la salle d'attente de mon généraliste, et rien à regarder car j'ai pris soin de ne pas emmener le début de la saison 3 de Gossip Girl.

Bref, je suis parée pour entamer le bouclage de ma trad actuelle. Quatre jours de forcing sans mettre le nez dehors pour finir le 11ème tome de Série Préférée. Je me souhaite bien du plaisir courage.

10 (other) things I loved this month

- Les bouquins des éditions japonaises PAUMES. Pour leurs photos merveilleuses qui donnent envie de refaire toute la déco chez soi. Et de se mettre à créer avec ses dix doigts. Et de mitrailler toutes les jolies choses qui nous entourent. Et de voyager pour aller en chercher d'autres. Le mélange de titres et de légendes en français avec des textes en kanji, donc incompréhensibles, dégage une étrange poésie. Et si ces ouvrages sont hors de prix en France (33€ pièce chez Junku!), on peut les commander directement au Japon pour des frais de port somme tout modiques. Je suis fan.

- La confiture nectarine-framboise de Gren. En voilà un mélange qu'il est bon! D'ailleurs, le pot n'a pas tenu longtemps. Et maintenant, y'en a plus jusqu'aux prochaines Utopiales. Snif.

- Ma cuillère écureuil. Conçue pour tartiner le Nutella, elle fait tout aussi bien l'affaire pour étaler la confiture susmentionnée. Et elle passe au lave-vaisselle. C'est Koziol qui la fabrique; elle existe également en rouge, en turquoise ou en fuchsia, et on la trouve pour environ 6€ dans les magasins de gadgets qui commercialisent les produits Pylônes ou Alessi.

- Etsumi, ma nouvelle Kimmidoll. Oui, je craque pour ces petites figurines japonaises possédant chacune son prénom, sa personnalité et son apparence propre. Etsumi ("Gaieté") a rejoint Seiko ("Succès") sur la corniche au-dessus de la porte de notre salle de bain. Qui sera la prochaine: Akemi, Kaori, Yuki?

- Les pots individuels de glace à la crème de marron de chez Picard. Avec des petits morceaux dedans et une mini-meringue sur le dessus. Moi qui déteste les Haagen-Dasz et autres Ben & Jerry's, je me damnerais pour celle-là. Même en plein hiver.

- My milk toof: site internet qui met en scène les aventures de deux dents de lait. Totalement craquant. J'ai même commandé le bouquin qui vient de paraître, parce que je suis sûre que je l'adorerai et parce que j'aime soutenir les gens qui font des choses originales avec talent et passion. Merci à Miss Sunalee pour cette belle découverte!

- Le site PinupGirlClothing et ses sublimes "swing dresses" rétro. Indiqué par Miss Sunalee qui, décidément, sera la mort de ma carte bleue. Ou pas, car la Rita rouge que je brigue est pour le moment en rupture de stock dans ma taille. Désespoir.

- Le prix de mes produits de beauté chéris aux Zuess. $25 le masque Kiehl's au lieu de 30€, $18 le shampoing assorti au lieu de 22€, $32 au lieu de 40€ l'huile démaquillante Shu Uemura verte et $36 au lieu de 38€ le contour des yeux Origins. Soit, au cours actuel du dollar, un bon gros - 40% de réduction pour qui dispose d'une adresse américaine où se faire livrer. Je savais bien que je finirais par trouver une utilité à l'expatriation de Soeur Cadette.

- Mon Space Invader en plastique fluo rose réfléchissant. Petit accessoire délicieusement tape-à-l'oeil et régressif, déniché pour 6€ chez Rose et aussitôt accroché à mon sac. Chaque fois que je baisse les yeux vers lui, sa vision me met en joie.

- "Les tournesols" de Marc Lavoine version live. La chanson que j'écoute en ce moment pour tenter de me réveiller le matin le midi. Et qui me fait danser avec mes tartines. Dommage, l'intégration de vidéo est désactivée sur Youtube, mais vous pouvez la voir .

jeudi 26 novembre 2009

Comment la SNCF nuit honteusement aux affaires des joailliers belges

Hier, je me suis levée de bonne heure pour ne pas devoir me préparer précipitamment au risque d'oublier quelque chose genre les clés de mon appartement ou mon permis de conduire alors que je pars aux USA faire un road trip d'un mois. J'ai pris le temps de siroter un Thé du Nil en faisant mon tour habituel sur internet, de rédiger un post, de me doucher et même de changer de sac à main car gonflée d'un livre de poche pour m'occuper dans le TGV, ma jolie besace en nubuck gris ne fermait plus - et vu l'état catastrophique de mes finances en cette fin d'année, il n'aurait plus manqué que je me fasse voler mon portefeuille par les pickpockets qui sévissent actuellement à la gare du Midi.

Je venais juste de pénétrer dans ladite gare avec trois bons quarts d'heure à tuer avant le départ de mon train quand j'ai réalisé que mes billets étaient restés dans la poche du milieu de la jolie besace en nubuck gris, celle qui ferme avec un zip et qui est tellement discrète que je n'ai rien senti en passant la main dans le fond des poches avant et arrière pour m'assurer que je n'y abandonnais rien.

Un instant, j'ai failli ressortir en courant pour choper un taxi et faire un aller-retour express à la maison. Puis je me suis souvenue d'un incident survenu il y a une vingtaine d'années, du temps où j'étais étudiante et faisais les aller-retour Toulouse-Monpatelin presque tous les week-ends. Une fois que j'avais oublié mon billet, le contrôleur m'avait dit: "Ce n'est pas grave; je vais vous donner une amende, mais vous n'aurez qu'à vous présenter au service clientèle avec la preuve que vous aviez un titre de transport valide, et on vous la fera sauter avant la date d'échéance de paiement". Depuis, les compagnies aériennes ont même trouvé le moyen de supprimer les billets papier; un numéro de réservation et une pièce d'identité suffisent pour avoir accès aux avions. Ayant payé mon voyage avec une carte Visa, je me disais qu'on pourrait peut-être même retrouver une trace de la transaction au guichet et me réimprimer mon billet sans que j'en sois réduite à me coltiner le patakès de l'amende à faire sauter.

Erreur. Double erreur.

Après que j'aie attendu près d'une demi-heure mon tour au Travel Centre, une employée m'a annoncé qu'il n'y avait rien à faire, que je devais racheter un billet plein tarif pour remplacer celui que j'avais oublié chez moi. Sans aucune possibilité de me le faire rembourser par la suite. Coût de l'opération: 143€.

Glups.

Je n'avais pas vraiment le choix. Je n'avais désormais plus que vingt minutes de battement avant le départ du train, et à la maison, des ouvriers étaient en train de carreler la salle de bain, la rendant inutilisable pour plusieurs jours. Or, si Chouchou peut se doucher à la salle de sport de son boulot, je ne me voyais pas me laver au gant devant l'évier de la cuisine plusieurs jours d'affilée - et encore moins me retenir d'aller aux toilettes durant le même laps de temps.

La mort dans l'âme, j'ai racheté un billet. En pestant contre mon étourderie, contre la prudence qui m'avait fait changer de sac, mais aussi un peu contre la SNCF et son système informatique d'un autre âge. Je vais déposer une réclamation au service clientèle avec mes deux billets et une lettre mi-larmoyante, mi-"mécontente à juste titre", mais j'ai peu d'espoir qu'elle aboutisse. Ainsi, c'est l'un des trois anneaux de ma bague Christa Reniers qui vient de s'envoler. Mais ce n'est pas fini, car si le billet retour que Chouchou va m'envoyer par la Poste ne me parvient pas avant mercredi prochain, je devrai laisser un deuxième anneau à la SNCF pour pouvoir regagner Bruxelles.

A ce compte-là, je crois que je pourrai renoncer à ma bague et, histoire de positiver, me dire que j'ai économisé le prix du troisième et dernier anneau.

mercredi 25 novembre 2009

"Lorsque nous vivions ensemble" Vol. 1

Intriguée par l'épaisseur de ce manga et par la petite étiquette "Coup de coeur" qu'y avait collée un des employés de Brüsel, je l'ai feuilleté peu de temps après sa parution. Et trouvant le dessin franchement daté (pour cause: l'édition originale date de 1972!), je l'ai reposé aussitôt.
Quelques semaines ou quelques mois plus tard, j'ai vu Miss Sunalee acheter le volume 2. "Tu trouves ça bien?" ai-je demandé, intriguée. Elle a acquiescé avec enthousiasme, et le week-end suivant, à l'occasion de mon passage chez Cook&Book avec Kris et Céline, j'ai fini par faire l'acquisition du premier volume.

"Lorsque nous vivions ensemble" raconte l'histoire de Jirô et Kyoko, un couple de jeunes gens qui, bien que non mariés, partagent un studio ensemble à Tokyo. Je m'attendais à un récit léger, fait de petites choses du quotidien narrées sur le ton de la comédie. Je n'aurais pas pu être davantage à côté de la plaque. Dès les premiers chapitres s'installe une atmosphère lourde, très lourde. Tout n'est pas rose au royaume de la cohabitation mal tolérée dans un Japon où la libération des moeurs reste encore embryonnaire. Et surtout, un tas de personnages secondaires inquiétants ou juste tragiques gravite autour des deux héros: ici, un prêtre mutilé se masturbe devant un tableau de Mona Lisa; là, un jeune garçon incestueux conserve précieusement le cadavre pourrissant de sa soeur; ailleurs, une fillette massacre des animaux domestiques.

Jirô et Kyoko demeurent pourtant assez intouchés par tous ces drames. Ils sont trop centrés sur leur relation et sur les difficultés de celle-ci pour se préoccuper vraiment de ce qui ne les concerne pas. Illustrateur free lance, Jirô peine à gagner sa vie et à trouver la stabilité requise pour fonder un ménage. Face à lui, Kyoko tantôt clame crânement qu'elle aime leur liberté, tantôt pleure de la précarité à laquelle cette situation les condamne. Leur relation est passionnée et tumultueuse; empreinte parfois de violence, parfois d'une tendresse poignante, elle déborde en toutes occasions d'une énergie sexuelle que rien ne parvient à éroder.

Quant au dessin, j'ai très vite oublié son aspect daté pour me pâmer devant le sens de la composition de Kazuo Kamimura et sa faculté à restituer une atmosphère. Bref, malgré ma perplexité initiale, j'ai adoré ce manga et vais de ce pas faire l'emplette de la suite.

mardi 24 novembre 2009

"Les larmes de Tarzan"


Après avoir adoré "Le mec de la tombe d'à côté" de Katarina Mazetti, je ne pouvais que me laisser tenter par son nouveau roman traduit en français - d'autant que, reprenant la recette du précédent avec de nouveaux ingrédients, il promettait ce tour de force que peu d'auteurs parviennent à accomplir: refaire pareil tout en faisant différent.

La recette, donc, c'est deux êtres que tout oppose et qui pourtant vont vivre une histoire d'amour compliquée, à la fois cocasse et touchante. Dans "Le mec de la tombe d'à côté", une jeune veuve intellectuelle et citadine jusqu'au bout des ongles craquait pour un agriculteur bien enraciné dans sa campagne. Ici, une mère célibataire, professeur d'arts plastiques à temps partiel et chroniquement fauchée, entremêle presque à son insu sa vie à celle d'un jeune loup plein aux as qui roule en Lamborghini, accumule les conquêtes et déteste les enfants saboteurs de sièges en cuir.

On retrouve le principe du récit à deux voix alternées (et même quatre, car les bambins interviennent de temps à autre pour faire part de leur point de vue), les héros hautement imparfaits et l'humour un peu grinçant des situations. Mais cette histoire-là possède aussi une dimension sociale indéniable à travers le personnage de Mariana, dite "Tarzan", qui n'a pas toujours de quoi payer sa facture de téléphone ou acheter à manger à ses enfants. Elle représente une catégorie de nouveaux pauvres invisibles, ceux qui ont un toit et un métier et qui pourtant se couchent parfois le ventre vide. On aurait pitié d'elle si Katarina Mazetti n'en faisait pas une femme si pragmatique et si pleine de ressources, dont un humour féroce n'est pas la moindre. A côté d'elle, Janne l'homme d'affaires bousculé dans sa vie et ses habitudes paraît un peu terne. Mais c'est le seul reproche que je ferais à ce très chouette bouquin.

Madeleines martiennes

Cette recette me vient du Cha-Yuan.

Pour environ 20 madeleines:
2 oeufs
120g de sucre en poudre
1 cuillère à soupe de jus de citron
50g de beurre demi-sel fondu
2 cuillères à soupe de lait
3 cuillères à soupe d'huile d'olive
120g de farine
1 cuillère à café de bicarbonate alimentaire
1 cuillère à café de matcha alimentaire

Dans un grand saladier, mélanger au fouet les ingrédients dans l'ordre de la liste ci-dessus.
Laisser reposer au frigo pendant 15 minutes.
Verser dans des moules à madeleines en silicone sans les remplir complètement.
Faire cuire environ 15 minutes dans un four préchauffé à 180°.

Note 1: N'ayant pas de bicarbonate sous la main, je l'ai remplacé par une quantité équivalente de levure chimique, et mes madeleines ne semblent pas en avoir souffert.

Note 2: Les amateurs de léchage de cuillère en seront pour leurs frais: le mélange cru n'est pas du tout appétissant! C'est bien la première fois qu'un saladier dans lequel j'ai préparé des madeleines a besoin de passer au lave-vaisselle alors que Chouchou se trouve dans un rayon de moins d'un mètre.

Verdict après dégustation: Pas mauvais du tout, mais le goût de l'huile d'olive est un peu trop présent pour moi. La prochaine fois, je remplacerai sûrement une des trois cuillères par un surplus de beurre.

lundi 23 novembre 2009

La carte sybilline du jour


Je reçois à l'instant, par l'intermédiaire de Postcrossing, cette jolie carte de Taiwan qui comporte le texte suivant:

Dear Armalite,

Je suis Adeline, comment vas-tu? I finally get the id of France and hope to soon can also receive to come from postcard in handing over of France behind me and have a chace I hope I can the country for France taste délicious "médoc". Being very happy can send the card to you.


J'ai cru comprendre que la demoiselle espérait venir en France, mais est-ce pour goûter du Bordeaux rouge ou pour me piquer mon Xanax? Mystère...

dimanche 22 novembre 2009

Comment nous avons failli passer une bonne journée

Il a failli faire super beau: le soleil a brillé joyeusement jusque vers 15h30, mais pile au moment où nous sommes sortis de la maison, à15h40, le ciel s'est couvert et il a commencé à pleuvoir.

On a failli voir "New moon", mais on est partis un peu tard de la maison, le bus n'avançait pas, et le temps d'arriver au cinéma (avec tout de même un quart d'heure d'avance), la séance VOST était déjà sold out et une file monstrueuse attendait pour rafler les cent dernières places de la séance VF.

J'ai failli acheter un chouette bouquin appelé "Girly Graphics" au Bozar shop où nous nous étions arrêtés sur le chemin du retour, histoire de ne pas être sortis pour rien, mais le prix a manqué me faire tomber à la renverse. Je vais plutôt le chercher en occaze sur Amazon Marketplace.

On a failli prendre des photos d'Ernest-Raoul avec les dinosaures multicolores exposés dans la boutique, mais on l'avait oublié à la maison.

J'ai failli tester la recette de madeleines au matcha du Cha-Yuan; on s'est mêmes arrêtés au GB sur le chemin du retour pour acheter des oeufs car il n'y en avait plus dans le frigo. Arrivés chez nous, je sors aussitôt mon classeur de recettes: pas de bol, il fallait aussi du bicarbonate alimentaire.

Il y a des jours comme ça où rien ne va comme on voudrait.

Retrouvailles à Lille

J'ai rencontré Philou le 31 décembre 1990, à une mémorable murder party dans un vignoble varois doté d'une chapelle souterraine millénaire. Nous sommes sortis ensemble quelques mois tandis que je terminais mes études; j'ai même envisagé d'aller m'installer avec lui à Paris, où il bossait à l'époque, pour y chercher du boulot dans le secteur dont je venais d'être diplômée (le marketing de produits de grande consommation, donc...). Et puis j'ai réalisé que j'étais bien trop jeune pour me caser, que j'avais encore envie de sortir avec plein de mauvais garçons, etc. J'ai donc plaqué Philou assez salement. Rideau.

Quatre ans plus tard, alors que j'étais mariée depuis peu, nous nous sommes retrouvés par l'intermédiaire du copain qui nous avait présentés à l'origine. J'ai fait mon mea culpa, et nous sommes devenus les meilleurs amis du monde. Grosse complicité, grandes discussions, confidences sur nos vies amoureuses respectives, trips shopping ensemble à Paris ou à Londres: pendant une dizaine d'années, nous avons partagé énormément de choses. Philou a connu tous mes mecs, mes parents, ma soeur et David, la famille de JC et ma chère Brigitte ; c'est lui qui a conduit le J5 de mon déménagement Nantes-Monpatelin après que mon divorce ait été prononcé, à mon retour des Zuess - lui qui était avec moi le soir où j'ai rencontré Etre Exquis - lui avec qui je suis allée donner mon sang pour la première fois - lui qui m'a initiée à la dégustation de thé et fait connaître Mariage Frères.

Et puis il y a cinq ans environ, alors que je vivais avec l'Homme et étais en plein phase dépressive, les coups de fil se sont espacés et j'ai cessé d'organiser des rencontres entre nous sur Paris où il retournait assez souvent, bien qu'ayant déménagé à Lille. Je crois qu'il n'a jamais compris pourquoi et qu'il en a été un peu blessé. Nous avons continué à échanger quelques cartes postales ou de voeux par-ci par-là mais rien de plus jusqu'à ce qu'il se crée un compte Facebook il y a quelques mois. Très vite, je me suis dit que Lille n'était pas bien loin de Bruxelles et que ce serait chouette de se revoir. Mais j'appréhendais un peu que le courant ne passe plus: si j'étais à peu près certaine de le retrouver tel que je l'avais laissé (quelques années d'expérience en plus, of course), je savais aussi que de mon côté j'avais beaucoup changé et ne recherchais plus les mêmes qualités chez les autres.

Hier à 11h46, Chouchou et moi débarquions donc du TGV à Lille-Europe. A 19h28, nous avons repris le train en sens inverse. Entre-temps, nous avions dégusté un excellent boeuf mariné au sésame et des macarons au chocolat maison dans le joli duplex rouge-noir-blanc de Philou, exploré une librairie de manga où j'ai pratiquement forcé notre hôte à acheter "Le gourmet solitaire" pour découvrir Taniguchi, écumé les rayons du Furet du Nord où je lui ai d'autorité fourré "La Voleuse de livres" entre les mains, marché dans le Vieux Lille jusqu'à ce que je meure des pieds dans mes jolies bottines Chie Mihara, goûté au Cha Yuan local où j'ai fait l'emplette de matcha culinaire pour tester la recette des madeleines au thé vert, et découvert une très chouette papeterie fantaisie nommée "L'atelier de la sorcière verte". Et j'avais énuméré à Philou tous les endroits où je l'emmènerais quand il nous rendrait visite à Bruxelles. Car je le savais en remontant dans le TGV: nous nous reverrons.

samedi 21 novembre 2009

De l'écroulement potentiel de la civilisation à cause du travail des femmes

Je voudrais revenir sur les propos de David Douillet que j'ai rapportés l'autre jour et, plus généralement, sur le problème des gens qui pensent que toute évolution d'une structure sociale établie au Moyen-Age menace notre société d'écroulement. Ceux qui estiment que le travail des femmes compromet l'équilibre du foyer et le bon développement des enfants, mais aussi ceux qui s'offusquent qu'on puisse laisser des homosexuels se marier ou adopter des enfants. Les deux attitudes me choquent autant l'une que l'autre et témoignent selon moi d'une même faille de raisonnement.

Oui, il fut un temps où il était normal que la personne la plus costaud aille chasser le mammouth et que la personne dotée de seins reste dans la caverne pour allaiter bébé Krômignon. Mais quelques centaines de millénaires se sont écoulés depuis. Aujourd'hui, le mammouth (ou ses descendants...) s'achète sous emballage plastique chez Carrefour, et une merveilleuse invention appelée biberon permet même à un être doté d'un pénis de nourrir son rejeton. Le progrès technique a mis la plupart des tâches à la portée de tout adulte doté de trois neurones connectés entre eux ce qui visiblement exclut certains sportifs de haut niveau. Partant de là, la division sexuée des fonctions parentales n'est plus nécessaire. Et il me semble que ceux qui plaident pour son maintien - essentiellement des hommes, vous l'aurez remarqué - nourrissent surtout la peur secrète que l'indépendance financière et sociale de la femme fasse perdre à son époux le pouvoir dont il se prévalait sur elle jusque là.

Je ne suis pas une sommité en matière d'éducation, mais je suis prête à parier toute ma (considérable) collection de chaussures sur une chose: pour bien grandir, un enfant n'a pas besoin d'une mère au foyer. Il a besoin de conditions matérielles décentes, d'amour et d'éducation. Toutes choses qu'il peut parfaitement recevoir d'une mère qui travaille*. Je n'irai pas jusqu'à dire que celle-ci aura plus d'argent à lui consacrer, plus de joie à passer du temps avec lui, et plus de choses à lui enseigner du fait même que son horizon n'est pas restreint aux quatre murs de son domicile, parce que ce serait aussi réducteur que l'affirmation contraire. Je suis certaine qu'une femme qui a choisi, parce qu'elle en avait profondément envie, de se consacrer toute entière à l'éducation de ses enfants et à la tenue de son foyer peut elle aussi faire un boulot génial - ou commettre quelques belles bourdes, d'ailleurs. J'aimerais juste qu'aucune femme ne se sente forcée de le faire par des conventions archaïques, et qu'aucun homme n'aille plus s'imaginer que c'est là sa place "naturelle".

Ca veut dire quoi, "naturel"? Ce qui était au commencement de l'humanité? Mais on a quand même fait un tout petit peu de chemin depuis! Au début du XXIème siècle, on est capable d'envoyer des sondes sur Mars. Ce serait quand même terrible que l'ordre social soit la seule chose qui n'ait pas évolué pendant tout ce temps - ou la seule qui ait évolué de manière négative, pour engendrer des hordes de futurs adultes déséquilibrés. Non?

Scientifiquement, il n'existe pas de gène maternant. Un homme est tout aussi capable qu'une femme de panser une écorchure et de sécher des larmes avec un bisou. De la même façon qu'une femme est tout aussi capable qu'un homme de monter une Ferrari en Lego (oui, le modèle avec 17000 pièces). Un homme peut préparer la meilleure tarte aux pommes du monde et une femme hausser la voix quand un gamin pousse le bouchon un peu loin, Maurice. En vérité, dès le moment où l'enfant est paru, je ne vois plus aucune raison justifiant que tel ou tel rôle échoie à l'un des parents plutôt qu'à l'autre. Les stéréotypes masculins et féminins n'ont plus de raison d'être.

Et il y a quand même des tas de gens qui trouvent ça très bien, Dieu merci. Des hommes qui sont contents que la survie financière du foyer ne repose plus nécessairement sur leurs seules épaules, comme ils sont contents de pouvoir pleurer au cinéma sans être considéré comme des tapettes, pour reprendre l'élégante expression de David Douillet. Des hommes assez sûrs d'eux-mêmes pour ne pas s'imaginer que si leur femme gagne son propre argent et possède son propre statut social, elle n'aura plus besoin d'eux et qu'ils deviendront obsolètes. Des hommes qui savent qu'ils ont autre chose à apporter à leur couple que le traditionnel cliché masculin de la virilité forte et silencieuse. Des hommes conscients qu'on peut les aimer non seulement malgré, mais à cause de leur sensibilité. Et de leur capacité, si nécessaire, à assumer un enfant malade sans se sentir complètement paumés parce que c'est un "travail de femme".

Je passe mon temps à pester contre le fait qu'on me met la pression pour avoir des enfants. Mais j'imagine que la position de mère qui travaille (que ce soit par choix ou par nécessité) n'est pas non plus très enviable quand certains dinosaures sous-entendent que vous volez du temps et de l'attention à vos enfants, qu'il ne faudra pas s'étonner s'ils tournent mal sans que vous ayez rien vu venir, que vous allez leur créer des carences traumatiques qu'ils traîneront toute leur vie. Vous qui êtes dans ce cas, dites-vous plutôt que vous donnez à vos filles un exemple d'indépendance et à vos fils une leçon d'égalité entre les sexes. Combiné à un nombre raisonnable de bisous et de "je t'aime", ça ne me paraît pas un si mauvais départ dans la vie.

*Ou de deux papas, pour en revenir au thème de l'homosexualité évoqué en introduction.

vendredi 20 novembre 2009

"Her fearful symmetry"


Avant de commencer ce livre, je me suis promis une chose: ne pas tenter de le comparer à "The time traveller's wife". Parce que des romans qui m'ont émue à ce point, il doit y en avoir moins d'une vingtaine sur les milliers que j'ai lus dans ma vie, et il était impossible qu'un auteur parvienne à réitérer un tel exploit. Je me disais que si je lisais "Her Fearful Symmetry" en espérant quelque chose qui ressemble à, ou au moins qui me touche autant que le précédent opus d'Audrey Niffenegger, je ne pourrai être que déçue. Donc, je l'ai abordé avec un esprit vierge de toute attente sinon celle que j'ai chaque fois que j'entame un nouveau livre: passer un bon moment.

Et j'ai quand même été déçue.

Le pitch était pourtant alléchant. A la mort de leur tante Elspeth, qu'elles n'ont jamais connue, les jumelles Julia et Valentina héritent d'un appartement à Londres avec l'étrange consigne de l'habiter pendant un an avant d'en disposer comme bon leur semblera. Ainsi se retrouvent-elles voisines de Martin, un homme en proie à des troubles obsessionnels compulsifs qui ont fini par avoir raison de son mariage, de Robert, l'ancien compagnon d'Elspeth absolument inconsolable depuis sa mort, et surtout du cimetière de Highgate, un lieu historique entretenu par des bénévoles. Très vite, Valentina, la plus fragile des deux soeurs, perçoit la présence d'un fantôme dans leur nouvelle demeure...

Je pensais atmosphère londonnienne gothique, je pensais tourments amoureux et romantisme échevelé, je pensais regard perspicace sur la gemellité, je pensais fin poignante qui me nouerait la gorge, voire me tirerait une petite larme. Au lieu de ça, j'ai eu deux héroïnes insipides et caricaturales, un pseudo-héros ténébreux d'une fadeur à pleurer, une histoire qui n'en finissait plus de se mettre en place, un cadre plein de potentiel très mal exploité, une décision aussi irrationnelle qu'extravagante contre laquelle il ne fut protesté que très mollement, un plan ridicule, un secret de famille qui ne tenait pas debout et un petit twist final donnant à l'ensemble un sursaut mélancolique mais bien insuffisant pour rattraper la mollesse de l'ensemble.

Moralité: si vous voulez lire une trèèèès bonne histoire de jumelles, quelque chose qui vous prendra aux tripes et vous fera vraiment vibrer, offrez-vous plutôt "26a" de Diana Evans, en français et en livre de poche chez Pocket.

Un Cha Yuan à Bruxelles

Mercredi vers 16h15, je sortais de chez Rose - où je venais de faire une razzia de petits cadeaux de Noël - avec le sentiment du devoir accompli. L'après-midi avait été productif; mon cabas La Marelle commençait à peser au bout de mon bras et sachant que Chouchou bossait jusqu'à 22h, je n'avais pas envie de rentrer tout de suite.

Au bout de la rue du Bailli, j'ai aperçu un nom familier sur une vitrine qui me semblait inconnue: Cha Yuan. Comme le salon de thé recommandé par Princesse Audrey où Chouchou et moi avions passé un délicieux moment cet été et où j'ai ensuite voulu entraîner Soeur Cadette, la faisant marcher dans la mauvaise direction pendant 20 bonnes minutes sous un soleil de plomb et avec des ampoules aux pieds.

J'ai poussé la porte et suis entrée dans une boutique décorée de façon beaucoup plus zen et épurée que celle de Toulouse. Il restait une seule petite table inoccupée près de la cascade murale, je m'y suis glissée et ai déposé avec bonheur mes paquets près de moi. Le patron s'est approché pour me donner la carte; je lui ai fait part de mon étonnement.
- Je croyais que le Cha Yuan de Toulouse était un salon de thé unique.
- Pas du tout; nous sommes quelques-uns en France. Après avoir tenu celui de Lille pendant plusieurs années, j'ai ouvert à Bruxelles il y a quelques mois.

Il m'a apporté mon Shizuoka Sencha à l'odeur de gazon fraîchement coupé dans une petite théière individuelle à filtre incorporé, une tasse japonaise, une carafe-thermos, une coupelle où reposait un mini-financier au matcha sur des lamelles de gingembre confit et un minuteur réglé sur 60 secondes "pour la première infusion; après vous voyez selon votre goût".

J'ai sorti mon carnet à dessin et je me suis mise à griffonner vite vite tout en buvant et en reremplissant ma tasse. Mon croquis terminé, j'ai goûté le petit gâteau: il était à se damner. J'ai demandé s'il existait en taille adulte, et son grand frère en forme de fleur est arrivé sur ma table encore tout tiède. Je l'ai laissé refroidir en encrant mon dessin avec un feutre-pinceau sépia (ce qui était une mauvaise idée, comme je m'en suis aperçue dès le premier trait; mais il était trop tard pour revenir en arrière).

Puis j'ai savouré mon gâteau en lisant le dernier ELLE français. A la table d'à côté, deux filles qui exerçaient visiblement le métier de traiteur soupiraient après les clients à petit budget et cassaient du sucre sur le dos de leur amie Laurence, "non mais elle est super gentille hein, mais elle a toujours des problèmes et j'ai pas tant d'affinités que ça avec elle, tu comprends". J'ai été contente quand elles sont parties et ont cessé de parasiter mon environnement auditif immédiat.

En allant payer, j'ai encore discuté un peu avec Jean-Benoît, le patron. J'ai acheté 100 grammes de Bencha Hojicha censé ne pas (trop) m'empêcher de dormir si j'en bois le soir, et une jolie petite boîte turquoise où le ranger. J'ai emporté trois des fiches-recettes au thé gracieusement offertes par la maison: cake au matcha, cookies matcha-pistache-chocolat blanc et madeleines au matcha. J'ai vu aussi qu'en plus de sa très belle carte de thés, le Cha Yuan proposait une restauration vapeur sans interruption pendant ses heures d'ouverture. Une adresse à découvrir pour tous les amateurs de thé bruxellois.

CHA YUAN
Rue du Bailli 97

1050 BRUXELLES

Tel: 02.325.95.12

Lundi 14h-19h; Mardi-Vendredi 10h-19h

jeudi 19 novembre 2009

The best cat vidéo ever

Parce que reconnaissance nonobstant, j'ai le moral au fond des babouches ce matin après une nouvelle nuit d'insomnie, voici une petite vidéo qui m'a fait mourir de rire:


Thanksgiving

Aujourd'hui Ah non merde, dans une semaine... C'est Thanksgiving dans le pays d'adoption temporaire de Soeur Cadette. Faisant fi des malheureux Indiens massacrés par les colons européens au XVIème siècle, les Américains vont se goinfrer de dinde et de tourte au potiron en rendant grâce à Dieu pour tout ce dont ils sont reconnaissants. Même si les origines de cette fête me laissent perplexe, et bien que je sois on ne peut plus athée, je trouve que recenser les choses qui méritent gratitude est une sacrément bonne idée. Alors, je me lance.

Je suis reconnaissante d'avoir rencontré cette année plein de chouettes gens qui sont devenus des copains, voire des amis: Eve, Ando, Anne, BBL, Kettch, Miss Sunalee & diane cairn... Grâce à eux, je perds un temps dingue sur Facebook, j'envisage sérieusement de me mettre à écrire, je me mets à boire des cocktails, je découvre la complicité féminine, de nouveaux auteurs et plein de bonnes adresses. Life is sweet.

Je suis reconnaissante que jusqu'ici, 2009 se soit déroulée sans la moindre dispute apocalyptique avec Chouchou. Pourvu que ça dure! On commence à assez bien maîtriser nos démons intérieurs tous les deux. Et puis on sait que le jeu en vaut la chandelle - qu'on ne peut pas, qu'on ne DOIT PAS casser ce truc miraculeux entre nous.

Je suis reconnaissante pour mon horrible crise de panique de début juillet, parce qu'elle m'a forcée à chercher une solution à un problème qui pourrissait gentiment depuis 15 mois. Aujourd'hui, tout n'est pas encore résolu, mais c'est en bonne voie. Et je pense être devenue un peu plus humaine au passage - un peu plus humble, un peu plus tolérante, un peu plus compréhensive, un peu plus zen. Ce qui ne peut pas faire de mal.

Je suis reconnaissante pour Skype qui, malgré sa qualité de son et d'image plus qu'inégale, me permet de voir et de parler régulièrement à ma famille: mes parents à Toulouse, Soeur Cadette, David et leurs schtroumpfs à Dallas. Notre éloignement qui m'attriste si fort s'en trouve quelque peu adouci.

Je suis reconnaissante envers la SNCF et ses tarifs démocratiques (pour les gens organisés, du moins...) qui me permettent de faire des aller-retour Bruxelles-Monpatelin une fois par mois pour 50€ seulement, ou d'aller passer la journée à Paris quand l'envie m'en prend, avec l'assurance que je pollue le moins possible et ne cours quasiment aucun risque d'accident des transports.

Je suis reconnaissante envers la météo belge qui nous a donné un vrai été ensoleillé et un très bel automne (14° hier soir vers 18h...). Si elle pouvait poursuivre l'effort en nous envoyant un hiver clément, ce serait bien urbain de sa part.

mercredi 18 novembre 2009

"New Moon", the Jennsylvania remix

L'écrivain Jen Lancaster, qui me fait rire autant qu'elle m'agace parfois, vient de poster une re-création absolument HI-LA-RANTE de "New Moon", le tome 2 de la série "Twilight" dont l'adaptation cinématographique sort cette semaine aux USA. Si vous avez lu le livre ou si vous vous fichez d'être spoilé, cliquez vite ici.

Ta gueule, David Douillet*

Dans son édition du mercredi 4 novembre, [le Canard Enchaîné] publie quelques-unes des bonnes feuilles [du livre de David Douillet], sobrement intitulé L'Ame du conquérant (Robert Laffont, 1998). Justifiant sur trois pages ce qu'il appelle sa "misogynie rationnelle", le député des Yvelines y dévoile ses projets pour la femme du XXIe siècle. "Pour moi, une femme qui se bat au judo ou dans une autre discipline, ce n'est pas quelque chose de naturel, de valorisant, explique-t-il. Pour l'équilibre des enfants, je pense que la femme est mieux au foyer."

"C'est la mère qui a dans ses gènes, dans son instinct, cette faculté originelle d'élever des enfants. Si Dieu a donné le don de procréation aux femmes, ce n'est pas par hasard", poursuit-il. "De fait, cette femme-là, quand elle a une activité professionnelle externe, pour des raisons de choix ou de nécessité, elle ne peut plus jouer ce rôle d'accompagnement essentiel. (...) Je considère que ce noyau est déstructuré. Les fondements sur lesquels étaient bâtie l'humanité, l'éducation en particulier, sont en partie ébranlés", ajoute David Douillet, aujourd'hui membre de la commission des affaires culturelles et de l'éducation à l'Assemblée nationale.

Visiblement plus porté sur les affaires "naturelles" que "culturelles", il pare aux critiques : "On dit que je suis misogyne. Mais tous les hommes le sont. Sauf les tapettes !"

Source: www.lemonde.fr

Alors, je suis extrêmement désolée d'ébranler les fondements de l'humanité avec mes petites histoires de flingues qui ne font pas de crottes. Mais tant que Chie Mihara ne donnera pas ses chaussures - et, accessoirement, que Carrefour refusera de me laisser vider ses rayons sans me réclamer des sous en échange -, j'ai peur de devoir continuer mon ignominieux travail de sape. En même temps, comme je n'ai pas daigné me reproduire, je peux sans doute adopter cette attitude hautement anti-féminine sans trop nuire à la société. Hé oui, lectrices, mes amies, mes soeurs: des enfants ou les pieds au chaud et un estomac plein, il vous faut choisir!

*Pardon pour cette grossièreté et pour cet emprunt au formidable blog C'est la gêne, mais y'a des jours où quand on lit ce qu'on lit et on voit ce qu'on voit, on se dit qu'on a bien raison de penser ce qu'on pense. J'me comprends.

mardi 17 novembre 2009

Charrette

Suis en période de bouclage pour les deux semaines à venir. STOP. Fini hier soir de bosser à 23h. STOP. Neurones ressemblent à spaghetti trop cuits. STOP. Ne résiste néanmoins pas au plaisir de vous livrer trois lignes extraites de mon boulot d'hier. STOP. "Un flingue se fiche de vos pouvoirs métaphysiques. Et il ne critique pas votre vie privée. Les chiens non plus, mais je n’ai pas besoin de ramasser les crottes de mon flingue après avoir tiré." STOP. Ai un métier formidable. STOP.

Il y a



Dieu que cette fille est belle dans sa singularité et son bonheur...
Son double Best Of sortira le 23 novembre; il sera plein d'inédits et de morceaux qui ne figuraient pas sur ses albums studios (notamment un extrait d'Atomik Circus et un autre du Soldat Rose). Il va direct se rajouter sur ma liste au Père Noël.

lundi 16 novembre 2009

"L'échappée belle"

Je ne déteste pas les bons sentiments, bien au contraire. J'adore refermer un livre ou ressortir d'une salle de cinéma le sourire aux lèvres et le coeur plus léger. Mais les jolies choses ne sont pas nécessairement les plus palpitantes. Pour capter l'attention de quelqu'un en lui parlant de choses du quotidien ou en lui racontant la vie de gens ordinaires à qui il n'arrive rien de spécial, il faut beaucoup, beaucoup de talent. Exemples d'essais transformés en littérature: "La Première Gorgée de bière et autres plaisirs minuscules" de Philippe Delerm ou "Ensemble c'est tout" d'Anna Gavalda, deux bouquins que j'ai adorés malgré l'enthousiasme quasi-unanime qu'ils ont soulevé à l'époque de leur sortie. (Oui, "malgré", car je suis une snob littéraire et me méfie du consensus public en la matière. Mais j'ai mes raisons. Trois d'entre elles se nomment Dan Brown, Marc Lévy et Guillaume Musso. Si vous voyez ce que je veux dire.)

J'avais déjà parlé ici de ma déception à la lecture du roman suivant d'Anna Gavalda, "La consolante". Son cinquième opus paru au début du mois chez Le Dilettante ne rattrape en rien cette mauvaise impression. Une histoire de frères et soeurs qui s'échappent d'un mariage à la campagne pour se payer une dernière virée dans l'enfance, ça aurait pourtant pu être sympa. Manque de chance: ça reste superficiel et franchement insipide. On ne fait pas un bon bouquin en se contentant d'accumuler des touches de dégoût facile et de nostalgie convenue. Je sais qu'Anna Gavalda a écrit "L'Echappée belle" il y a déjà huit ans, pour répondre à une commande de France Loisirs qui souhaitait offrir une oeuvre originale à ses lecteurs. Je veux bien croire qu'elle a subi des contraintes de volume qui l'ont empêchée de développer sa trame pour en faire quelque chose de plus intéressant. Mais là, la jolie couverture aux cornets de riz cache un texte pareil à une barbe à papa: trop sucré, inconsistant et franchement hors de prix pour la satisfaction qu'on en retire.

Smells like indian curry

Finalement, la journée d'hier s'est très bien passée. Je me suis levée plus tard que prévu mais sans vertiges, youhou! J'ai lancé la liste de mes 25 favoris sur iTunes, en commençant par la chanson qui ne manque jamais de me donner la pêche: "Holiday" de Green Day. Vu l'heure, j'ai décidé de reporter le ménage au lendemain et de m'occuper uniquement de la récolte de mes petits pois sur FarmVille de la cuisson de mes madeleines. En l'absence de cuillère en bois (qui se trouvait dans le lave-vaisselle en train de tourner...) à coincer dans la porte du four pour la maintenir entrouverte, elles se sont légèrement desséchées mais avaient tout de même un bel aspect. Chouchou a aimé ma tenue du jour: petite robe en laine grise Urban Outfitters portée avec des collants toile d'araignée, des babies gris clair très hautes de chez Mango et ma jolie veste en velours vert-gris One Step.

JB et Hélène, que nous ne connaissions pas mais qui étaient invités en même temps que nous chez Miss Sunalee et diane cairn, sont venus nous chercher avec nos deux guitares et manettes de Wii, mon essoreuse à salades pleine de madeleines et ma valise de maquillage pour nous conduire jusqu'à Stokkel. J'avoue que même fan des transports en commun, je ne dédaigne pas une petite balade en BMW, surtout par un jour pluvieux et en talons de 10! A l'apéro, j'ai eu droit au Mai-Tai que je réclamais à cor et à cris depuis, euh, depuis le dernier que diane m'avait préparé. Pour le déjeuner, nos hôtes avaient confectionné un repas indien avec crevettes sauce coco en entrée et curry d'agneau tendre à se damner, servi avec moult accompagnements: dal de lentilles, raïta, chutney d'ananas, tomates à la coriandre fraîche, petit mélange de légumes... Le dessert était une panacotta au gingembre et au citron dont Miss Sunalee nous a prévenus qu'elle allait se stocker directement dans nos fesses. Je me suis dit que chez moi, elle allait devoir batailler ferme pour se faire de la place...

Le temps que nous sortions de table, le jour commençait déjà à décliner, et c'est à la lumière électrique que j'ai donné une leçon de "maquillage soutenu" aux filles pendant que les garçons jouaient à Guitar Hero V. J'ai proposé ensuite que nous inversions, mais curieusement, mon idée n'a pas déchaîné l'enthousiasme des foules. Je me suis donc contentée d'un petit "Smells like teen spirit" en duo avec Chouchou avant que nous prenions le chemin du retour, l'essoreuse à salade un peu plus légère mais l'estomac beaucoup plus lourd. L'avantage, c'est que nous avons pu sauter le repas du soir nous contenter d'un bol de soupe et d'une petite tartine de chutney d'oignon le soir. L'inconvénient, c'est que je ne veux plus jamais manger indien ailleurs que chez Miss Sunalee et diane cairn.

dimanche 15 novembre 2009

"The creative license"

Si les ouvrages sur les art journals des autres ne manquent pas, il est beaucoup plus difficile d'en trouver un qui motive le lecteur pour se lancer à son tour, surtout s'il ne possède aucune notion de dessin et pas la moindre idée sur la façon de procéder. J'ai longtemps cherché, et mon obstination vient enfin d'être récompensée: "The Creative License" de Danny Gregory est le manuel que j'attendais, et plus encore.

Après avoir très rapidement convaincu le lecteur que dessiner est à la portée de chacun et que cela enrichira sa vie en l'obligeant à regarder vraiment les choses qui l'entourent, l'auteur enchaîne par une série d'exercices faciles et passionnants. Chaque chapitre de son livre est un parfait mélange de conseils, d'anecdotes, de citations inspirantes et de dessins extraits de ses propres carnets. Il n'est pas une page qui ne donne des fourmis dans les doigts et une furieuse envie de lâcher tout ce qu'on est en train de faire pour se mettre à gribouiller avec un enthousiasme fiévreux. Un must pour tous les aspirants carnettistes. Je suis sûre que même les dessinateurs chevronnés adoreraient.

Vertigo

Mercredi, conformément aux instructions de Mme Mapsy et après une réduction très progressive de la dose que je prenais, j'ai complètement arrêté le Deroxat.

Jeudi, je me suis sentie à cran sans trop savoir pourquoi.

Vendredi, un ouvrier est venu à la maison effectuer de petits travaux que nous réclamions à la propriétaire depuis des mois. Pendant plus de deux heures, il a fait des allées et venues, sonné à l'interphone et joué de la perceuse. A peine était-il parti qu'une alarme de voiture stridente s'est déclenchée dans la rue. J'ai peiné comme une malade pour traduire dix pauvres pages et répondu par monosyllabes à Chouchou chaque fois qu'il a tenté de m'adresser la parole ce soir-là.

Dans la nuit de vendredi à samedi, impossible de trouver le sommeil. Je me suis relevée vers 1h30 pour bouquiner jusqu'à 4h. C'est Chouchou qui m'a réveillée le lendemain matin vers 11h30. J'ai passé tout le début de la journée en proie à des vertiges terribles qui m'ont jetée à terre trois fois, et j'ai dû me concentrer de toutes mes forces pour ne pas tourner de l'oeil dans ma baignoire, puis pendant que je me séchais les cheveux et tentais de me donner une apparence vaguement humaine dans ma salle de bain. A 15h, lassée de vaciller même dans ma chaise de bureau, je suis allée m'allonger.

Je me suis relevée à 16h30, sans avoir dormi ni attaqué la moindre des nombreuses tâches que je m'étais fixées pour ce week-end. J'ai décidé que l'arrêt des médicaments avait été trop brutal et avalé un demi Deroxat dans l'idée de continuer à en prendre un jour sur deux pendant encore quinze jours. Puis j'ai essayé de mettre les bouchées doubles et réussi à faire quelques trucs, mais pas le quart de ce que j'aurais voulu. J'ai skypé une heure avec Soeur Cadette, ce qui m'a un peu remonté le moral. Et j'ai bien fait attention à ne pas boire de thé passé 19h pour ne pas aggraver mon cas. Mais là, il est 2h30, Chouchou ronfle quelle que soit la position dans laquelle je le pousse, et je me fracasserais volontiers la tête contre un mur pour dormir enfin.

Demain, je dois être debout à 9h pour faire le ménage et préparer une double fournée de madeleines au chocolat avant d'aller déjeuner chez des amis. Là tout de suite, ça me paraît une épreuve absolument insurmontable.

samedi 14 novembre 2009

Le monde est fou

Ce matin (enfin ce midi, au sortir d'une très mauvaise nuit: j'ai arrêté le Deroxat mercredi et suis de nouveau en proie à des insomnies carabinées), j'apprends deux nouvelles totalement indépendantes qui me font bondir.
- Le secrétaire des général des Nations Unies vient d'entamer une grève de la faim par solidarité envers les populations du tiers monde.
- On a trouvé de l'eau sur la lune, ce qui permet d'envisager une colonisation à plus ou moins long terme.
Avec tout le fric qu'on dépense pour la conquête spatiale en vue, j'imagine, de pouvoir s'établir ailleurs un jour, ne serait-il pas plus logique (et plus humain!) de nourrir les gens qui souffrent ici et maintenant et de préserver la planète pour ne pas être obligés de la quitter plus tard?
Je dis ça, je dis rien, hein.

Week-end chargé en perspective

Voyez plutôt ma "To Do list":

- Avancer sur Kadodenoëlsecré pour Soeur Cadette
Evidemment, je ne peux pas divulguer de quoi il s'agit. Sachez juste qu'il y a du boulot de tri, de test et, idéalement, de graphisme là-dessous.
-> Fait aux deux tiers d'un trait; je suis contente de moi!

- Préparer une double dose de madeleines au chocolat
...Pour emporter chez Miss Sunalee et diane cairn dimanche, avec ma mallette de maquillage qui pèse un âne mort. Pourvu que le métro ne soit pas trop bondé!

- Mettre en forme Projet Editorial n°2
Celui qui s'est imposé à moi comme une évidence absolue dans la nuit de mercredi à jeudi, vers une heure du matin, pendant que j'essayais vainement de dormir. Dans l'ordre, ça implique de:
*recenser les éditeurs susceptibles d'être intéressés, c'est-à-dire faire une visite au rayon idoine de la Fnac et relever leurs coordonnées
*rédiger un courrier d'accompagnement
*écrire deux ou trois chapitres du bouquin (le "synopsis" étant déjà prêt)
Et surtout, faire tout ça avant que mon enthousiasme retombe et que le scepticisme me gagne.

- Finir, encrer et/ou mettre en couleurs les derniers dessins de mon carnet
Soit deux tenues, les croquis faits chez Olive & Aurore le week-end dernier et la régie de Plug RTL griffonnée mardi pendant que Chouchou donnait son interview.
- > Il me reste une tenue à dessiner complètement, mais là, je n'ai pas le courage. Si ça se trouve, je vais la zapper complètement.

- Reprendre mon carnet de Portrait de Chaussures
Et y peindre à l'aquarelle mes Richelieu rouges Annabel Winship, mes nouvelles Mary-Janes roses Shellys et les escarpins vertigineux achetés lors de ma dernière visite chez Mlle François.

- Créer un classeur de Bons Plans Voyages
...Pour y ranger tous les documents et les adresses que je collecte en vue de nos pérégrinations futures.
-> Le système de classement n'est pas idéal mais il s'améliorera au fil du temps. Ce qui compte, c'est qu'il existe.

- Rattraper le retard de ma compta professionnelle
En souffrance depuis fin mai. Oui je sais, c'est mal. Mais chaque fois que j'envisage de m'y attaquer, je trouve quelque chose de plus passionnant à faire (alphabétiser mes épices ou trier mes médicaments périmés, par exemple) avec une facilité déconcertante.

- Commencer un budget prévisionnel 2010
Ouais, j'ai gardé le plus sympa pour la fin. Ce serait vraiment ballot que je n'arrive pas au bout de ma liste...
Justifier

vendredi 13 novembre 2009

La surprise du jour

Dans la bande de potes écrivains, traducteurs ou lecteurs assidus que je retrouve pour foutre le dawa manger un bout ensemble dans un resto italien ou une crêperie lors des grands salons et festivals de fantasy et de SF, il y a un grand garçon un peu taciturne qui s'appelle Karim. Etant donnée la taille de nos tablées, ainsi que le débit et le volume sonore auxquels s'expriment certains d'entre nous pendant le repas (Anne, Jeanne, moi-même, c'est de vous que je cause...), nous n'avons pas encore vraiment eu l'occasion de discuter ensemble. En fait, tout ce que je savais de lui jusqu'à ce matin, c'est qu'il avait écrit une novella passablement loufoque appelée "La porte" que j'ai lue pendant les vacances de Noël l'an dernier, et qu'il m'avait très gentiment autorisée à lui piquer une photo de copine Anne pour illustrer le post que je lui ai consacré après les Utopiales.

Et puis soudain, cette vidéo des Ludwig von 88 relayée par Daelf sur Facebook:



Là, sur scène, derrière le micro: Karim. Avec des cheveux et sans lunettes. Mais sinon, le même que je trouve toujours si timide et réservé, limite un peu ours.

Hier encore, j'écoutais "Houlala II, la Mission" en repensant avec une pointe de nostalgie à l'été de mes 17 ans. Les vacances à la Rochelle avec les frères Z., ma première (et dernière) expérience de voile, la découverte que j'étais abominablement sujette au mal de mer, quinze jours passés à vomir par-dessus le bastingage dans la journée et, le soir, à éviter les tentatives de drague de David tout en essayant de me rapprocher d'Olivier. Mais aussi les délicieuses crêpes de Noirmoutier, l'unique Guinness de ma vie dans un pub où les autres ont piqué un verre à irish coffee, les joints fumés le soir en déambulant dans les rues pavées de ce port breton dont j'ai oublié le nom, le sublime kouign aman de la boulangerie de Pornic... et les chansons des Ludwig qu'en pleine nuit, on braillait à tue-tête dans le carré au risque de réveiller les occupants de tous les autres bateaux. Cet album, vingt ans plus tard, je le connais encore par coeur. Je m'amuse même à faire les voix sur l'intro.
- Charles-Henri, comme ce lion a de grandes dents!
- N'ayez crainte Ophélie, n'ayez craaaaaaaAAAAAH!

Parfois la vie réserve de jolies coïncidences.

Note à moi-même: la prochaine fois que je verrai Karim, tenter de conserver un minimum de dignité. Ne surtout pas me mettre à claironner "Pinponpinponpin, pinponpinponpin, Oui-Oui's not deaaaad" comme une pauvre fan de base.

Cher Papa Noël

Depuis des années, on ne se fait plus de cadeaux entre adultes dans ma famille. Sur mon initiative. Ben oui, je trouvais ça bête de se demander mutuellement ce qu'on voulait pour être sûrs de faire plaisir, de s'indiquer des cadeaux de même valeur approximative par souci d'équité et de gaspiller du papier pour les emballer alors qu'il aurait suffi que chacun s'achète ce qu'il voulait à un moment où les magasins étaient moins encombrés.

De la même façon, Chouchou et moi nous sommes contentés jusqu'ici d'investir ensemble dans quelque chose qui nous servirait à tous les deux: une Wii, par exemple. Et cette année, ce sera dans nos deux grands voyages de 2010 (le Japon au printemps et le Texas à la rentrée), donc nous n'aurons même pas quelque chose de tangible à mettre au pied du sapin.

Honnêtement, je m'en fiche: Noël ne signifie rien d'autre pour moi qu'une occasion de me goinfrer de foie gras et de boire beaucoup trop de champagne de passer du temps avec ma famille. Ce qui ne signifie pas que, si un gros barbu habillé de rouge tenait à me gâter parce que j'ai été admirablement sage pendant douze mois, je déclinerais poliment son offre en disant: "Merci, mais je n'ai besoin de rien". Besoin, c'est sûr. Envie? J'ai TOUJOURS envie de quelque chose. Et même de tout un paquet de choses, tiens:

- ma fameuse bague Christa Reniers
- le pendentif chauve-souris Dodo pour Pomellato
- le pendentif araignée créé par Aurélie Bidermann
- des Lillian de Louboutin (en rose pâle, noir mat ou rouge vernis)
- ces Hush Puppies grises
- la robe Origami de Manoush
- un petit pull en cachemire framboise Sud Express, à col rond et boutons décalés sur le côté
- un Sony ICF-CD3IP pour utiliser mon iPod comme réveil
- Lapins crétins - La grosse aventure pour Wii
- Wii Fit Plus (histoire de dépoussiérer la Balance Board)
- une poupée Blythe 12": la Taylor Gibson, la Cloud 9 Bow ou la Night Flower
- un shampoing et un masque capillaire de la gamme Sunflower de Kiehl's
- un contour des yeux au thé blanc Origins
- un grand flacon d'huile démaquillante Shu Uemura verte ou orange, décoré par Anno Moyoco
- une deuxième paire de lunettes de vue avec la monture Anne & Valentin ci-dessus, ou la Tom Ford qui lui ressemble fortement
- deux aller-retour pour Copenhague, Barcelone, Lisbonne ou Tallinn
- le dernier album de Regina Spektor, "Far"
- un album d'Arcade Fire, pour découvrir depuis le temps que j'en entends parler en bien
- un des 5 Thés Verts Nouveaux (grands crus) que Mariage Frères vient de sortir en pochette sous vide
- une boîte de Kusmi Tea "Vert Troïka"
- des bouquins: "Le voyage à Bordeaux" de Yoko Tawada, "Le remède et le poison" de Dick Wittenborn, "L'impatiente" de Céline Lis ou le tome 2 de Kushiel, "L'élue"

PS: Bien entendu, si Hugh Jackman est seul le soir du réveillon (ou tout autre soir de l'année d'ailleurs), je me ferai un plaisir de l'abriter et de le réchauffer, hin hin hin.

jeudi 12 novembre 2009

Filigranes a 21 ans

Je vous ai souvent parlé de Filigranes, cette mythique librairie bruxelloise qui se targue d'être la plus grande du monde et qui reste ouverte 365 jours par an. Hier, elle avait convié sa clientèle à fêter son 21ème anniversaire en présence de quelques célébrités locales (parmi lesquelles le chocolatier Pierre Marcolini). Photographe professionnel tirant le portrait des nouveaux arrivants; fritkot installé sur le trottoir; champagne, vin et cocktails servis dans l'espace bar; gâteau réalisé par un grand pâtissier qui avait réussi à se tromper et à indiquer le chiffre 25 en pâte d'amande; karaoké auquel se sont essayés même le maître des lieux, sa mère et sa fille: rien ne manquait au bonheur des invités à part peut-être des boules Quiès.


La foule étant essentiellement agglutinée du côté du bar et le personnel occupé à festoyer lui aussi, les rayons périphériques se trouvaient étrangement déserts pour une fois, ce qui nous a permis d'y flâner tout à notre aise. Il y avait fort longtemps que je n'avais pas feuilleté autant de beaux livres de photos. Bien entendu, quelques malheureux employés avaient tout de même hérité de la corvée de caisse, ce qui m'a permis de ne pas repartir les mains vides mais avec le butin suivant:
- "Les larmes de Tarzan", de Katarina Mazetti dont j'ai adoré "Le mec de la tombe d'à côté" il y a peu
- "L'Echappée belle" d'Anna Gavalda, que j'ai beaucoup hésité à prendre mais dont le format et la jolie couverture m'ont finalement fait craquer
- "Les choses" de Georges Pérec dans une nouvelle et très belle édition de chez Pocket (nous l'avons déjà à la maison, mais en poche vilain)
- "L'art de l'essentiel" de Dominique Loreau, dont j'avais déjà beaucoup apprécié "L'art de la simplicité" et "L'art des listes"