lundi 18 janvier 2010

Où mon inconscient mérite des beignes

Cette nuit, j'ai encore rêvé de l'Homme.

Dans un appartement étranger, où un jeune demi-frère qui n'existe pas dans la vie réelle squattait la chambre du fond, il me rejouait la scène douloureusement familière du "non, je ne t'aime plus". Celle où il avait un mouvement de recul chaque fois que je m'approchais de lui, celle où il ne me répondait plus que par monosyllabes et ne faisait pourtant rien pour me quitter, attendant que la décision et sa concrétisation matérielle viennent de moi. Il me plantait là pour partir avec tout un car de supporters de foot - substitut onirique des aïkidokas - à un match très important, beaucoup plus en tout cas que moi et mon coeur brisé en un million de petits morceaux. Espérant sans doute qu'avant son retour, j'aurais eu le bon goût de dégager sans faire d'histoires ni laisser la moindre trace de ma présence dans sa vie pendant des années.

Je me suis réveillée ce matin la gorge nouée, et je sais que je vais traîner un malaise diffus pendant toute la journée. Je sais que ça va m'empêcher de bosser ou de faire quoi que ce soit de productif parce que chaque fois que je tenterai de me concentrer sur autre chose, je reverrai son visage figé dans le masque de l'indifférence froide qui, à l'époque, sapait toute mon estime de moi et mon envie de vivre.

Ce que j'ignore par contre, c'est pourquoi je continue à rêver de lui - et à en souffrir autant - alors que nous sommes séparés depuis presque quatre ans maintenant et qu'éveillée, je ne ressens plus rien d'autre vis-à-vis de lui qu'une rancune tenace. Samedi, j'ai passé une bonne partie de la soirée à regarder des photos de la fête d'anniversaire de Christine, sur lesquelles il figurait ça et là. Tout ce que ça m'a inspiré sur le coup, c'est: "Tiens, il a grossi lui aussi" (rictus satisfait); "Habillé tout en noir? Il vient d'enterrer quelqu'un?"; et "Une chemise Burberry? Sa blondasse lui achetait vraiment n'importe quoi". Oui, j'ai eu un un petit pincement au coeur en revoyant ensuite des photos de l'époque où nous étions ensemble, mais globalement, j'étais plus intéressée par la géométrie variable de ma coiffure au fil des saisons, le renflement quasi-inexistant de mes cuisses le jour où nous avons fêté les 2 ans de Choupie, et un mystérieux top orange assez sexy dont j'avais totalement oublié l'existence.

C'était sans compter mon incompréhensible inconscient et sa réaction à retardement. Franchement, il y a des jours où je lui mettrais volontiers des beignes.

6 commentaires:

anneso a dit…

Quand on dit que de l'amour à la haine,il n'y a qu'un pas,ça donne à réfléchir.Je comprends que tu sois troublée car tu n'arrives pas à ressentir de l'indifférence,apparemment...
Est-ce que ton copain(...qui est charmant,enfin,bon,en photo il a l'air sympa et mignon CE QUI NE GÂTE RIEN!!! )n'en souffre pas? (oui,c'est un peu intime comme question,mais le billet l'est aussi,c'est pour ça que je me permets,hein).
En ce qui me concerne,mon ex,avec qui j'ai vécu 17 ans et dont je suis séparée( d'un commun accord mais ce n'est pas une formalité malgré tout!)depuis 2 ans(et 3 mois!),c'est vrai qu'il m'agace,je n'arrive pas à oublier certaines choses,à faire table-rase,c'est tendu encore,alors que je voudrais bien avoir réglé tout ça,CA M'ENERVE!!! (comme dirait un chanteur allemand,je ne sais plus son nom),oui,je m'auto-énerve!!!!!

Ladypops a dit…

Mmmm... en lisant tout ça, j'ai eu un sentiment de "pas fini...". Il y a des choses que tu n'as pas encore faites ou dites qui te coincent ?

Depuis des années maintenant, mes rêves sont mon exutoires. Ils mettent le doigt juste là ou ça fait mal. Avec le temps, j'arrive à réparer certaines choses pour ne plus en souffrir. J'ai longtemps rêvé d'une personne pour qui j'avais éprouvé une grande peine. Persuadée que pour moi l'histoire était réglée, je ne comprenais pas. Je me sentais mal le matin, presque coupable d'avoir encore des rêves la concernant. Et puis, par un concours de circonstance, je me suis rendue compte que non, tout n'était pas fini et qu'il fallait que je fasse quelque chose. J'ai trouvé le moyen de me faire entendre (par le biai d'une lettre à l'intéressée) et je me suis sentie soulagée. Depuis, j'ai à nouveau rêvé d'elle, mais en me levant le matin, je n'avait plus ce sentiment. J'avais réglé mon problème.

On clame trop souvent haut et fort que tout va bien, qu'on a oublié, etc... A tel point qu'on fini par ce convaincre, mais notre sub-conscient lui sait que non... ce n'est pas encore tout à fait fini...

ARMALITE a dit…

Anneso: le chanteur dont tu parles est Helmut Fritz, un authentique faux aristocrate bavarois ^^
Et, non, Chouchou ne souffre pas de ça: il sait très bien que je suis à 100% avec lui et que je ne regrette pas du tout mon ex, même si, apparemment, celui-ci a encore le pouvoir de me faire souffrir dans mes rêves...

Lady: bof, cette histoire ne sera jamais tout à fait "réglée" dans la mesure où mon ex n'a jamais voulu reconnaître qu'il m'avait trompée et prise pour une conne et où je ne comprends pas comment on peut à ce point manquer de respect envers quelqu'un avec qui on a vécu sept ans. Arrêter de l'aimer, je peux comprendre. Tomber amoureux de quelqu'un d'autre, je peux comprendre aussi. Mais piétiner l'autre à ce point, ça me dépasse et je pense que ça continuera toujours à me faire mal parce que si je ne comprends pas les raisons, ça peut très bien se reproduire sans que je le voie venir ou que je puisse l'empêcher.

Ladypops a dit…

Faut-il absolument qu'il y ait une raison à ce genre de comportement ? Tu sembles être convaincue d'avoir fait quelque chose de mal ou de faux. Alors que lorsque je te lis, j'ai plutôt l'impression qu'il est un gros méchant pas beau. Certaines personnes aiment simplement ne pas laisser les autres indemnes et les voir souffrir, mais ils n'ont pas forcément de motif particulier.

ARMALITE a dit…

Tu n'as que ma version de l'histoire... Honnêtement je ne pense pas du tout que mon ex soit quelqu'un de cruel, juste un peu autiste affectivement parlant et pas très courageux quand il s'agit d'affaires de coeur.

Anonyme a dit…

Et si ton inconscient trouvait juste vachement plus facile d'utiliser ton ex comme moyen de faire ressortir un sentiment refoulé, en ce moment, concernant un truc que tu aurais peur de louper, une crainte d'être "abandonnée" dans un projet où tu te sentirais impuissante ? ça n'a peut-être rien à voir du tout avec ton ex. (moi j'dirais même probablement, mais je n'suis pas une pro du rêve)
De toute façon, je colle une bise sur le front de ton inconscient.
Chris