jeudi 7 janvier 2010

Soldes d'hiver 2010: temptation galore in Paris

Avant de décider que 2010 serait placé sous le signe de la modération shoppinguesque, j'avais pris un aller-retour en Thalys pour Paris, le premier jour des soldes d'hiver. Soit hier. J'ai envisagé plusieurs moyen de court-circuiter le danger. Aller voir une expo, par exemple. Mais Chouchou est lui aussi tenté par la seule qui m'intéressait, et je nous la réserve pour le mois de mars. Faire une promenade-photo. Oui mais euh, il caille sec en ce moment, et dans les magasins les vigiles vous sautent dessus dès que vous sortez un numérique. Je n'allais quand même pas gaspiller ces billets non remboursables. Alors, j'ai mis au point un planning en quatre temps:
- Commencer par une virée au Virgin, où je voulais déjeuner, et en cas de tentation, faire une liste de trucs à chercher plus tard chez Pêle-Mêle ou sur Amazon marketplace.
- Filer ensuite chez Junku acheter le matériel de dessin réclamé par Chouchou.
- Retrouver Antonia et sa fille et passer l'après-midi avec elles.
- Rentrer à Bruxelles les mains glorieusement vides (à l'exception des courses de Chouchou et d'un sachet de Thé sur le Nil pour renouveler mon stock dangereusement bas).

Etape numéro 1: No souçaïlle. Je ne repère même pas une malheureuse bédé que je pourrais lire vite fait en attendant ma salade italienne. Ce qui est fort dommage, car la serveuse se goure en transmettant ma commande et m'apporte une salade norvégienne, doublant mon temps de tournage de pouces. J'ai bien mon carnet de dessin dans mon sac, mais ne vois à proximité aucun sujet digne d'être immortalisé. Damned. En sortant, au lieu de tourner à droite vers La Mecque Sephora, je rebrousse résolument chemin vers le métro. So far, so good.

Etape numéro 2: Sortie à Pyramides et descente rapide au sous-sol de Junku. Je passe un quart d'heure à trouver des substitus acceptables aux Screen Tones en rupture de stock. Et en remontant, attrape deux packs de masking tape japonais qui me sera très utile dans mes travaux créatifs. Mais après mûre réflexion, j'en repose un. Le plus petit et le moins cher des deux, d'accord. Intention, compte, toussa toussa.

Je remonte ensuite vers le boulevard Haussmann, et c'est là que les choses se gâtent un peu. Pour faire une pause à mi-chemin (oui je sais, il n'y a que 400m, mais il fait vraiment froid), je rentre chez Igloo, mon fournisseur attitré de brols déco depuis quelques mois. Et j'en ressors avec quatre verres à café pour ranger mes pinceaux, un sac à chaussures pour mettre dans ma valise quand je voyage et un aimant Kimmi Doll - à défaut d'une nouvelle poupée de la gamme. Bon, il n'y en a même pas pour 30€, ça reste raisonnable.

Dans la foulée, je rentre aux Galeries Lafayette Maison pour y acheter mon thé, et réussis l'exploit de n'y acheter QUE mon thé malgré les jolies théières en fonte qui appellent mon nom au milieu de la cohue. Sisi, je les entends. Et ça me brise le coeur de les ignorer, mais je dois être comme le traiteur de la pub: intraitable.

Etape numéro 3: Aïe, je suis en avance sur l'heure prévue pour rejoindre Antonia et sa progéniture. Bon, je vais aller me rincer l'oeil au rayon chaussures du Printemps, en attendant. La foule est compacte et je me retiens de distribuer des mae giri pour me frayer un chemin au travers (traumatisée à vie par l'aïkido, je suis). Alors que je passe devant le stand Jonak - une marque qui ne me branche a priori pas plus que ça, - une adorable paire de compensées bleu marine avec de petites étoiles pousse un cri déchirant: "Adopte-moi!". Hum. 65€, je n'ai même pas de quoi me payer un aller simple pour Amsterdam avec ça. Je les essaie: ravissantes. Bon allez. "Mais c'est tout pour aujourd'hui", télépathe-je sur un ton mental sévère au reste du rayon. Mon téléphone sonne: Antonia est aux Galaf avec Junior, je peux les rejoindre tout de suite. Mouah ah ah, sauvée!


...Sauf qu'au sous-sol des Galaf, il y a ces chaussures de pute sublimes escarpins rouges Charles Krammer repérés une première fois fin octobre, puis essayés et abandonnés à regret début décembre. Je décide de vérifier qu'ils sont insuffisamment soldés ou qu'il n'y a plus ma pointure, histoire de m'assurer que l'univers me soutient dans mes bonnes résolutions. YESSSSS! De mes jolis escarpins, il ne reste plus que la version avec le bout ouvert, et je ne sors mes orteils qu'au-delà de vingt degrés. Je m'apprête à brandir un poing triomphant quand la morpionne d'Antonia s'exclame: "Là-bas!". Argh. Sur une étagère, un escarpin rouge fermé. Je m'approche avec la circonspection du chasseur confronté à un fauve gravement blessé, tends une main hésitante, soulève la chaussure du bout des doigts pour regarder la pointure sous la semelle... Re-argh: c'est la mienne. Soldée à -30%. L'univers est un salopard pervers et la fille d'Antonia mériterait de s'appeler Démonia.


"Deux paires de pompes. J'ai encore adopté deux nouvelles paires de pompes", me lamente-je en mon for intérieur tandis que nous buvons des rafraîchissements pour nous remettre de nos émotions (et de la chaleur torride produite par une masse compacte de clientes excitées comme des puces). Puis, sans que je l'y pousse le moins du monde, Démonia nous conduit à la boutique "Bird on the Wire" située du côté de Bastille et dont j'avais admiré des photos il y a quelques mois sur le blog Cachemire & Soie. Je résiste vaillamment aux ravissantes merdouilles qui sautillent sur leurs tables en criant tout excitées "Moi, moi, moimoimoimoi!" comme autant de lapins crétins et n'emporte qu'un bouquin des Editions Paumes ("Le sac des Parisiennes") pour poursuivre ma collection.

Bilan? C'est moins bien que je n'espérais, mais mieux que ce que je craignais. Car j'aurais aussi pu dresser la liste de tout ce dont j'avais envie mais que je me suis retenue d'acheter: par exemple, une ravissante mini-besace bleu électrique Marc Jacobs, ou un sublime portefeuille Jérôme Dreyfuss en cuir suédé fuchsia. J'ai bien retenu la leçon: encore conditionnée par 38 ans de lourd passé shoppinguesque, je dois absolument fuir les tentations jusqu'à ce que je sois raisonnablement désintoxiquée. Sur Internet, ça va, j'arrive à me retenir, mais en live, c'est trop dur. Donc désormais, les sorties dans le centre de Bruxelles et les virées à Paris devront être limitées au strict minimium et avoir un but culturel non-consommateur tel que ciné, expo, séance photo ou sortie avec des amis. Je ne renonce pas à mes bonnes résolutions: je tire la leçon de mes erreurs, nuance.

11 commentaires:

Sylvie a dit…

Bonjour Armalite,

Sais-tu qu'on trouve le Thé sur le Nil chez Rob ? C'est là que je l'achète. Il est disponible en mousselines et en boîte.

Bonne journée !
Sylvie

Miss Sunalee a dit…

Les chaussures rouges, après avoir bavé deux fois dessus, je pense que c'était mérité !
Moi je n'ai pas de chance pour le moment, il n'y a plus de chaussures dans ma pointure. Mais je ne désespère pas (quoique si, un peu: j'en ai marre de mettre les mêmes bottes plates dont la fermeture éclair est un peu cassée pour patauger dans la neige, après m'être écorchée les pieds jusqu'au sang avec l'alternative, des Doc Martens encore trop neuves). Et puis je dois attendre jusque demain après-midi au plus tôt pour pouvoir continuer mes recherches...

Les tests de Gridou a dit…

Fais comme moi : oublie ta carte dans un distributeur de banque et sois tellement surchargée de boulot que pas moyen d'aller la rechercher. Ca marche, j'ai même pas encore fait les soldes :D

Millionnaire a dit…

C'est dur de résister à des escarpins qui t'appellent! Depuis un de tes derniers billets, moi c'est un modèle de Hush Puppies chez Sarenza qui m'appelle... Comment on fait quand on achète plein de chaussures alors qu'en réalité, je tourne toujours avec les 3 mêmes paires?

ARMALITE a dit…

Ben honnêtement, je fais plus ou moins pareil: en hiver, c'est boots de moto Free Lance datant de l'hiver 2004, et en été, une paire plate qui change tous les ans (spartiates argentées l'été dernier). Mais les chaussures ne sont pas nécessairement faites pour porter, je prépare d'ailleurs un billet là-dessus.

mmarie a dit…

Quant à moi j'ai noté hier, en passant rue des Chartreux, que AM Sweet distribue les thés Mariage Frères - même en vrac, semble-t-il. Et j'ai pensé à toi.

Malena a dit…

Mais tu as été super raisonnable!
Moi c'est par la force des choses que je ne ferai pas les soldes, je ne supporterai pas la foule avec mon gros bidon ...

noisette a dit…

Les rouges sont superbes. Je pourrais très bien les imaginer à mes pieds. Top! Trop de frustration peut nuire, alors là, cela semble le juste milieu. Les rouges sont VRAIMENT magnifiques!! Bizzz

Nou-i0rk a dit…

Ces deux paires sont très jolies ! Petite mention pour la paire rouge !

Anonyme a dit…

J'aime beaucoup Démonia comme petit nom,sur a 100% que Maman le trovuerait fort bien adapté. Paloma,sainte morveuse [ Les deux ne collant point,mais j'aime la sonorité ]

ze courlis a dit…

argh, l'appel des chaussures (et des bottes) je connais, c'est super dur de résister !
Dis voir, pourrais-tu me donner l'adresse de "Igloo boulevard Haussmann" où tu as trouvé tes broutilles ? J'irais bien y faire un tour ...
merci !