jeudi 22 avril 2010

La tête dans les nuages

Si Chouchou n'avait pas insisté, jamais je ne serais allée voir le Mont Fuji. Près de trois heures de train avec deux correspondances et autant pour le retour le soir, merci bien. Sans compter que la montagne, ça ne me gagne pas franchement. L'intérêt de contempler de plus près un cône volcanique dont je connais déjà la silhouette par coeur pour l'avoir vue sur un million de cartes postales et autres représentations m'échappait passablement. Mais Chouchou en rêvait, et on ne refuse rien à un homme qui aura 40 ans dans trois jours, surtout quand on l'aime tendrement.

Nous avons donc pris le Limited Express de la Chuo Line depuis Shinjuku jusqu'à Otsuki. De là, un tortillard rigolo nous a poussivement emmenés vers les hauteurs, en traversant de la vraie campagne japonaise reculée - et j'avoue que c'était bien beau et très dépaysant. A notre arrivée à Kawaguchi, nous sommes descendus à pied vers l'un des cinq lacs qui entourent le pied du Mont Fuji. Sa berge est bordée de commerces qui font boutique de souvenirs au rez-de-chaussée et restaurant au premier étage. Après un déjeuner rapide et sans chichis, nous avons pris le funiculaire (appelé "ropeway") qui nous a hissés jusqu'à un très joli point d'observation. Chouchou a enfin pu découvrir le Mont Fuji... qui, en grand timide, cachait sa tête dans de gros nuages. Impossible de faire une photo de carte postale. Mais cela ne nous a pas découragés; nous avons sorti nos carnets pour tenter de dessiner le géant drapé dans la brume. Avant de redescendre, et comme indiqué sur le dépliant, nous avons sonné la jolie cloche de Tenjo en regardant le Mont Fuji et en faisant un voeu: "SVP, laissez-nous rentrer dimanche!".

Nous avons enchaîné avec une croisière sur le "pleasure boat" qui fait le tour du lac. Il n'y avait qu'un seul autre couple avec nous, des Japonais d'âge mûr qui ont préféré rester à l'intérieur. C'est donc sur le pont désert que je me suis frileusement blottie contre la poitrine virile de Chouchou pour regarder le Mont Fuji passer lentement derrière les cerisiers en fleurs. Et j'ai bien dû admettre que c'était un Moment, un de ces instants parfaits qui resteront gravés dans la mémoire et auquel on se raccrochera pour traverser des temps plus sombres. Un point pour Chouchou.

Après ça, j'ai entraîné Chouchou au Cheesecake Factory local manger un gâteau qui n'avait de cheesecake que le nom, mais qui était quand même bien bon - ouf! Puis nous avons acheté chacun un mini-Mont Fuji en peluche bleu et blanc avant de prendre le chemin du retour, un peu soûlés par l'altitude mais profondément heureux.

4 commentaires:

Sylvie a dit…

Merci de nous faire partager de si beaux moments...

Les tests de Gridou a dit…

J'AIME !!!

ARMALITE a dit…

Sylvie: tout le plaisir est pour moi!
Ingrid: tu te crois sur Facebook? ^^

Anonyme a dit…

Chère Armalite je ne te remercie pas ;-) !!! Je suis aussi allée au Japon il y a 2 ans et je n'ai qu'une envie, c'est d'y retourner et tes photos et tes posts me donnent encore plus envie !!! Nous aussi on avait galéré pour aller au fuji en train et on s'était vraiment pelé (on y est allé fin mars - début avril et en novice on ne pensait pas qu'il ferait si froid !) mais faut croire que le fujisan a eu pitié de nous car il a daigné se montrer quand on est monté dans le train du retour !! Comme tu dis, ce sont vraiment des Moments et "arigato" à toi de nous les faire partager.