vendredi 9 juillet 2010

"Eat, Pray, Love" & "Committed"


Il y a très exactement quatre ans, je tentais de soigner mon coeur brisé par ma rupture avec l'Homme en lisant "Eat, Pray, Love" d'Elizabeth Gilbert. Dans ce mémoire devenu depuis lors un best-seller mondial et un film avec Julia Roberts, l'auteur raconte comment, suite à un divorce douloureux, elle décide de prendre une année sabbatique pour voyager à la recherche d'elle-même. En Italie, elle apprendra les plaisirs de la nourriture; en Inde, elle découvrira la méditation et la spiritualité; à Bali, enfin, elle retrouvera la sérénité et l'amour. A l'époque, son récit m'avait beaucoup touchée. Pas à cause de son style, ni bon ni mauvais, mais grâce à l'immense sincérité qui transpirait de chacune de ses phrases, à sa façon sans fard et pourtant jamais impudique de raconter ses tourments et ses interrogations. "Eat, Pray, Love" m'avait redonné de l'espoir à un moment où j'en avais bien besoin.

Quelques années plus tard, lors d'une visite chez Waterstone, je découvre qu'Elizabeth Gilbert a publié un nouveau mémoire appelé "Committed", et la curiosité me pousse à l'acheter pour connaître la suite de son histoire. A la fin de "Eat, Pray, Love", elle rencontrait Felipe, un Brésilien de naissance naturalisé australien et vivant en Indonésie, et tous deux entamaient une histoire transcontinentale. Oui mais voilà: un jour, les autorités américaines alertées par les allées-venues incessantes de Felipe menacent de lui interdire l'accès au pays où sont basés à la fois son amoureuse et son commerce de pierres importées. Un mariage semble le seul moyen de contourner le problème, mais obtenir les autorisations nécessaires s'annonce très long.

Alors, pendant une année de plus, Elizabeth et Felipe, virtuellement sans ressources, deviennent nomades en Asie du Sud-Est où la vie ne leur coûte presque rien. Traumatisée par son divorce précédent, l'auteur en profite pour faire des recherches sur l'institution du mariage à travers le monde et les siècles dans l'espoir d'apaiser son appréhension. Elle en tire un livre un peu bâtard, à l'intersection du mémoire, de l'étude historique et de l'essai sociologique, que j'ai eu beaucoup de mal à terminer en dépit de nombreux passages très intéressants. "Committed" soulève toute sorte de questions sur le couple occidental moderne, les notions d'amour conjugal et d'engagement. Mais pour quelqu'un qui, à la base, ne s'interroge pas particulièrement sur la chose, il est d'une lecture un peu aride. On sera néanmoins ravi d'apprendre que les ennuis de l'auteur et de son amoureux se résolvent à la fin.

"Eat, Pray, Love" est publié en français sous le titre "Mange, Prie, Aime"Committed" n'a pas encore été traduit.

3 commentaires:

funambuline a dit…

Merci pour cette critique, je m'interrogeais sur mon envie de le lire, ayant tout comme toi aimé Eat, Pray, Love mais ne m'intéressant en rien au mariage.

Tu viens d'alléger ma PAL d'un éventuel nouveau venu dont elle n'a vraiment pas besoin.

Egogramme a dit…

Je viens d'écouter une magnifique conférence d'Elizabeth Gilbert sur la génie et la créativité. Elle y parle notamment de l'angoisse de continuer à écrire après un best-seller.

http://www.ted.com/talks/lang/eng/elizabeth_gilbert_on_genius.html

Isa a dit…

Par curiosité, comme je ne l'avais pas encore lue, j'ai fouillé dans les archives du blog pour retrouver ta chronique. Je vois que Eat, Pray, Love nous a été d'un grand réconfort pour toutes les deux et j'ai très peur de m'ennuyer pendant la lecture de Committed.

En même temps, comme je me suis beaucoup interrogée sur l'institution du mariage ces trois dernières années, j'y trouverai peut-être des choses intéressantes, des débuts de réponse ou des nouvelles pistes de réflexion. Je crois bien que, s'il n'y avait pas les enfants (le problème du nom de famille) et les avantages fiscaux, je divorcerai. Pas parce que je n'aime pas mon homme et que je veux le quitter, bien au contraire. Pas parce que je veux revenir sur mon engagement, qui est plus fort que jamais. Mais juste parce que l'institution du mariage traîne derrière elle des relents de patriarcat et que ça reste un lieu où la femme perd son identité, comme en témoigne mes récents déboires avec ma banque.