lundi 5 juillet 2010

Visite parentale: le bilan

Mes parents viennent juste de partir. Il était temps: une journée de plus et je finissais orpheline en prison.

Mon père a passé les 90 dernières heures à se plaindre de la chaleur en boucle.

Ma mère a passé les 90 dernières heures à se plaindre d'absolument tout. De mon canapé-lit qui "tangue" quand on y dort à deux, des voitures qui roulent trop vite dans l'avenue la nuit, des tourterelles qui chantent trop fort le matin, de l'absence de Ricorée, d'olives noires et de fer à repasser dans mon appartement. Elle a tenu des propos super désobligeants envers les infirmières de la maison de retraite de ma grand-mère ("elles font ça parce qu'elles ne peuvent rien faire d'autre"), alors que lesdites infirmières, des professionnelles dévouées qui auraient certainement pu choisir un environnement de travail plus riant, se tenaient un mètre derrière elle. Quand mon père et moi lui avons fait les gros yeux et reproché cette réflexion aussi stupide qu'injuste, elle a prétendu qu'elle n'avait jamais dit ça, qu'on déformait tout ou que d'accord, elle l'avait dit mais elle ne le pensait pas. Elle a déniché les seuls biscuits au chocolat de la maison, que j'avais pourtant planqués au-dessus du frigo derrière ma boîte à cookies en forme de vache, et globalement mangé autant que mon père et moi réunis, avec la même détermination féroce que si une famine mondiale était annoncée pour la semaine prochaine. Quand elle voulait de l'eau à table, elle me tendait son verre vide sans un mot au lieu de se lever et d'aller la chercher elle-même. Moi qui ne suis pas d'une nature extrêmement patiente, j'ai dû prendre sur moi pour ne pas exploser que ma maison n'était pas un hôtel et que cette cohabitation m'était aussi inconfortable qu'à elle.

Malgré ça, j'étais contente de voir mes parents. Je suppose que c'est le propre des familles: on se tape sur les nerfs, voire on s'engueule, mais on s'aime quand même. J'ai pu récupérér toutes les choses que j'avais fait livrer à Leurpatelin ces derniers mois, dont mes deux pulls TrendyWorkshop (vraiment superbes), ma nouvelle robe Style Shake en soie sauvage rose (un peu cartonnée...) et mes Chie Mihara Célia (beaucoup plus vertes que bleues en vrai). J'ai profité de la Mégane parentale pour aller faire de grosses courses d'épicerie et racheter une valise au centre commercial voisin. J'ai eu une sorte de révélation pendant la visite à ma grand-mère - j'en reparlerai sans doute un peu plus tard dans un autre post. Mon père m'a aidée à déblayer mon balcon, notamment à descendre à la poubelle l'encombrante niche en plomb bois qui était jadis la résidence de Scarlett et Copernique.

Et puis surtout, ça m'a vraiment fait plaisir de dîner hier dans un resto de bord de mer avec mes parents, mon oncle, ma tante, Tomm, sa copine et leur fils de quatre mois. D'accord, le service était lamentable et je me suis fait bouffer les mollets par les moustiques. Mais Tomm était en voie de rétablissement et semblait beaucoup plus responsable que par le passé; son fils est sans doute le bébé le plus adorable du monde, hyper calme et plein de risettes; sa copine qui a la réputation d'être assez asociale a papoté gentiment avec moi toute la soirée; mon oncle et ma tante étaient égaux à eux-mêmes: taiseux et ironique pour le premier, volubile et généreuse pour la seconde. A la tombée de la nuit, la plage a pris des allures tropicales, une brise légère s'est mise à souffler et c'était juste bien d'être là en famille à bavarder de tout et de rien. C'est sur cette impression-là que je choisis de rester.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Et tu as bien raison dans ce que tu dis sur la famille ! Je suis tout à fait d'accord avec toi.

je suis contente que ton cousin aille mieux, aussi.

Et tes démêlés avec tes parents (impayable, le coup de la sonnette, entre autres) m'ont bien fait rire, comme quoi y'a toujours un bon côté aux choses.

C'était Zorro au bout du blogger