vendredi 12 novembre 2010

Une soirée entre Roumanie et Italie


Je ne suis pas la personne la plus sociable du monde. Le temps me manque déjà pour voir les amis que j'ai; je ne vois pas l'intérêt de m'en faire d'autres. Et de toute façon, je n'ai pas grand-chose à raconter à la plupart des gens qu'on me présente. Typiquement, je traîne des pieds comme une Olivia Ruiz ravagée par l'arthrose quand il s'agit d'aller à la rencontre de personnes nouvelles.

Mais parfois, j'ai aussi de chouettes surprises.

En juin dernier, lors d'un dîner organisé au Drug Opera à l'occasion de la venue en France de Fiona McIntosh, Chouchou et moi avons ainsi fait la connaissance de Marie-Aude, une collègue traductrice française comme moi, et sa compagne Mareike, une expat' allemande. Je me souviens qu'on avait pas mal discuté de voyages pendant le repas et que je les avais trouvées sympas. En se séparant, on s'était dit: "On s'appelle pour boire un verre un de ces quatre?".

Et puis quelques mois ont passé, assez agités de mon côté pour que je n'aie pas de temps à consacrer à autre chose que l'essentiel. Après s'être ratés (par ma faute) le week-end dernier, Marie-Aude, Mareike, Chouchou et moi avions finalement convenu d'aller boire l'apéro ensemble hier soir. C'est bien, un apéro avec des gens qu'on ne connaît pas trop: si on s'aperçoit qu'on n'a pas grand-chose en commun, on peut écourter assez rapidement. La tempête du milieu d'après-midi a fait hésiter les filles, mais Chouchou et moi avons proposé de passer les chercher en voiture. Marché conclu.

Vers 18h, nous avons donc fait l'ouverture de la Belladone, une taverne est-européenne située dans le quartier du Châtelain. Nous étions les premiers clients et nous le sommes restés un moment, ce qui nous a permis d'apprécier le caractère du lieu, son plafond à caissons (dixit Marie-Aude: je n'y connais rien en architecture...) et sa pénombre épaisse trouée par quelques bougies. Le vin du jour portait le nom de "Vampire", mais était plutôt du genre léger et fruité selon le tenancier. Nous lui avons préféré un autre rouge roumain de 2007, à la fois léger et corsé, que nous avons accompagné de quelques zakouski: cornichons salés, bébés pâtissons en saumure, fromage de Géorgie et pain noir aux épices. Miam. J'adore goûter des choses que je ne connais pas.

L'heure tournant, les estomacs commençant à crier famine et la conversation ne tarissant pas, nous avons décidé d'aller manger un bout ensemble. Les filles, qui connaissent le quartier mieux que nous, nous ont entraînés à La Piola, un petit resto italien aux allures de cantine familiale, avec un menu assez sommaire mais dans lequel tout avait l'air délicieux. L'endroit était animé mais pas exagérément bruyant; le Barolo choisi par Marie-Aude descendait tout seul en râpant juste un peu comme j'aime; nous n'avons pas laissé une seule pâte égarée dans nos assiettes, et en dessert j'ai goûté de la panacotta au chocolat qui, miam again. Nous sommes ressortis vers 23h ravis de notre dîner et, en ce qui me concerne, plus ravie encore d'avoir discuté de plein de choses passionnantes et beaucoup ri. D'accord, d'accord, je vais bien trouver un peu de place dans mon agenda pour deux nouvelles amies.

La Belladone, rue Moris 17A, 1060 Bruxelles


La Piola, rue du Page 2, 1050 Bruxelles

6 commentaires:

Sun Jae a dit…

Nous avons ces deux copines en commun donc ^_^

ARMALITE a dit…

Bienvenue! Puis-je te demander comment tu es arrivée sur mon blog?

La princesse a dit…

Oh, j'irai tester la Belladone la prochaine fois que je vais faire un tour au Chatelain alors ! :)

La Garota de Sampa a dit…

Marrant comme tes 2 premières phrases ont eu le don de me faire bondir sur mon siège dans un premier temps. Personnelle, égoïste, égocentrique, pfff pas étonnant que cette fille broie du noir, fermée comme une huître à se regarder le nombril … Est-ce l’on rencontre des gens forcément dans le but de s’en faire des amis, ne peut-on pas simplement tendre la main, écouter, comprendre, s’intéresser et apprendre à travers l’autre et ses différences, faire juste preuve d’altruisme et de bonté sans rien attendre. N’est-ce pas ça finalement ce qui nous apaise, nous rend plus fort et parfois heureux ? Bon j’avais des circonstances atténuantes, je venais de chatter avec une amie qui revenait de la conférence du Dalaï Lama Et puis après une petite semaine où je fus d’une humeur imbuvable avec quasiment tout bipède inconnu osant croiser mon chemin, j’essayais de compenser mes centaines dernières envies de meurtre par un grand élan de compassion comme il peut m’en arriver de temps en temps. Et puis ce jour là on m’a présenté « truc » petit oiseau fraîchement tombé du nid dans la grande jungle de l’expatriation où la survie est impossible si tu ne sais pas sourire. Alors je lui ouvre mon cœur, je lui tape toute ma générosité sur la table et puis au bout d’une heure je me dis non, ça va pas être possible, je suis pas à plus ou moins la moitié de ma vie (dans le meilleur des cas) pour perdre mon temps avec des gens qui m’emmerdent, ne me correspondent pas, Mère Théresa ce n’est pas pour moi, ouaip je sais c’est pas bon pour mon karma, tant pis pour moi… Je ne suis vraiment pas la personne la plus sociable du monde et finalement je ne sais pas si ce n’est pas toi qui a finalement raison …

ARMALITE a dit…

Egocentrique, je le suis indubitablement.
Egoïste, par contre, je ne crois pas. Je peux donner beaucoup aux gens que j'aime. Mais du coup, je ne peux pas aimer trop de gens, sinon je m'éparpille et me dilue, ce qui me plaît pas... Je ne suis pas intéressée par les relations "casual". J'aime faire de jolies rencontres même quand je sais qu'elles n'auront pas de suite. Mais je n'aime pas fréquenter des gens pour ne partager que des bavardages sans intérêt.

Sun Jae a dit…

Je suis arrivée sur ton blog via une amie, Sylvie, qui le suit. Ce n'est pas la première fois que je laisse un commentaire cela dit ;p