vendredi 3 décembre 2010

Rêve et prophétie - épisode 5: Où je terrasse le Minotaure

Immédiatement après l'exercice personnalisé qui m'a ramenée dans le grenier de mon grand-père un jour de juillet 1979, Catherine nous propose ce thème de réflexion:
"Une opportunité manquée: à quoi ressemble-t-elle?"
J'erre dans un labyrinthe souterrain et mal éclairé par de rares torches. Une porte claque derrière moi sur ma gauche. Je me dis que je ne vais jamais réussir à sortir d'ici.
Quand je dis cela, Catherine demande à chacun des participants de s'imaginer marchant dans un labyrinthe, en déroulant un fil doré et lumineux pour marquer son passage.
"Vous arrivez au centre du labyrinthe. Que trouvez-vous?"
Le Minotaure. Il est l'incarnation de toutes mes peurs et de toutes les angoisses et il m'empêche de passer.
De nouveau, Catherine me concocte instantanément un exercice sur mesure.
"Tue-le et prends son trésor."
Je ne veux pas son trésor, je veux juste être débarrassée de lui.
"Alors, tue-le."
Mais il est grand et fort, et moi je suis petite et je ne sais pas me battre.
"Sors ta grande épée de lumière et tue-le", insiste Catherine.
Je m'approche du monstre en tremblant et en tenant mon arme d'une main très mal assurée. Je commence à lui tourner autour en sautillant maladroitement. Et là, je réalise que malgré sa taille et sa puissance musculaire, il n'est ni rapide ni agile. Il n'attaque pas, se contentant de rugir et de donner des coups de pattes pour se défendre. On dirait presque que ses pieds sont cloués au sol; il peut juste pivoter sur lui-même pour suivre mes mouvements. Alors, je finis par prendre une grande inspiration et, morte de trouille, je me jette sur lui l'épée en avant. La lame s'enfonce dans son ventre. Un instant, il ne se passe rien. Puis lentement, le Minotaure bascule en arrière et tombe sur le dos. Il n'est pas tout à fait mort; sa poitrine continue à se soulever et à s'abaisser au rythme de son souffle rauque. Il se débat encore un peu avant de s'immobiliser.
Et de se dissoudre.
"Très bien. Maintenant, ressors du labyrinthe en suivant ton fil de lumière."
Oh, mais je ne veux pas ressortir par là où je suis entrée. Je veux complètement traverser le labyrinthe et ressortir de l'autre côté. Je l'ai bien mérité.
"D'accord, alors, vas-y".
Je réalise que depuis le début, je sais comment on sort d'un labyrinthe: il suffit de prendre toujours à gauche. Je marche très rapidement vers la sortie. Quand j'émerge à l'air libre, le ciel est d'un bleu violemment lumineux, plein de gros nuages qui se dissipent à toute vitesse comme après un orage. Devant moi, une pente couverte d'herbe vert vif descend jusqu'à la mer. Je regarde par-dessus mon épaule: le labyrinthe a disparu.
Assise sur ma chaise, je sens une larme couler sur ma joue.

(...A suivre)

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