samedi 4 décembre 2010

Rêve et prophétie - épisode 6: Où j'hérite d'un encombrant compagnon

Avant la pause-déjeuner, nous avons encore le temps pour un exercice:

"Une opportunité se présente. Le temps frappe à votre porte. Que ressentez-vous?"
Je vois un grand portail blanc et doré. Je me dis qu'il devrait être noir, gothique et en fer forgé. Mais on dirait plutôt l'entrée de Versailles. De l'autre côté se massent des milliers de réveille-matin de toutes les tailles et de toutes les formes. Ils ont des bras et l'un d'eux est en train de tendre un index vers la sonnette. Je vois au travers de leur vitre; chacun d'eux porte en lui une brume de couleur différente dans laquelle s'agitent des formes que je ne parviens pas à distinguer. Je suis excitée par les possibilités.
...Ouh ben oui, en effet, le changement est radical.

Le midi, j'entraîne l'Irlandaise et le couple de Lettoniens à l'Exki d'en face. J'ai déjeuné seule les jours précédents, mais là je me sens d'humeur sociable. Nous bavardons avec excitation pendant tout le repas et c'est un moment très agréable.

Nous attaquons le dernier après-midi par une introduction au Life Plan qui met en regard les instincts humains (souffle, mouvement, recherche de confort, nutrition, sommeil...) et les réactions négatives qui se produisent quand ces instincts ne peuvent être assouvis. La colère et la peur sont les deux plus importantes, des "énergies prisonnières du corps qui n'ont nulle part où aller dans une société civilisée". Du coup, pour les soulager, on développe tout un tas de mauvaises habitudes qui aboutissent à la création d'un cercle vicieux. Catherine nous donne des pistes pour désamorcer ce processus en dirigeant ailleurs les énergies prisonnières. Le sujet mériterait d'être approfondi, mais nous n'avons plus beaucoup de temps.

Nous faisons une dernière série d'exercices de visualisation, et c'est dingue comme les images qui me parviennent sont différentes de celles que j'avais jusqu'à ce matin. Par exemple:

"Vous êtes pris dans un épais brouillard noir. Comment vous en sortez-vous?"
Hier encore, je crois que je me serais sentie désorientée et suffocante, que je serais restée paralysée sur place à attendre que le brouillard se dissipe ou que j'aurais avancé à tâtons avec les mains tendues devant moi. Là, je ne suis pas du tout inquiète et que continue à marcher droit devant moi avec confiance. C'est pas un pov'brouillard qui va me faire peur maintenant que j'ai buté un Minotaure, nonmého!

Et puis, une demi-heure peut-être avant la fin...

"Exhalez tous vos sentiments négatifs sous la forme d'un triangle de fumée noire. Continuez à l'alimenter jusqu'à ce qu'il ne sorte plus que de l'air transparent de votre bouche. Puis exhalez une fois pour briser le triangle, une deuxième fois pour éparpiller ses morceaux et une troisième fois pour les dissiper. Que voyez-vous alors?"
Je ne me rappelle plus bien ce que les autres ont répondu. "Le soleil", "le visage de mon partenaire". Moi?
L'hippopotame mauve est de retour.
Il attend là, placidement. Catherine me dit d'aller lui parler. Je lui demande son nom. Il s'appelle Llewellyn. Georges-Arthur Llewelyn. Euh, OK. Je lui demande qui il est. Il me répond qu'il est mon totem, le symbole de ma résilience intérieure. Je lui demande ce qu'il veut. Il n'est pas content parce que je ne le laisse pas prendre sa place en moi. Il voudrait habiter à l'intérieur de mon corps. Je lui fais remarquer qu'il est un peu gros pour ça. A la place, je lui propose de marcher avec moi sur ma droite. Il est d'accord.
(Dans le tout dernier exercice de la journée, quand nous devrons nous imaginer nous élevant le long d'une ligne verticale pour nous arracher à la linéarité du temps, Georges-Arthur resté à terre me regardera tristement tandis que je léviterai à dix mètres du sol.)

Inutile de vous dire l'état de perplexité et d'embarras dans lequel m'a mis cette vision. J'habite dans 55 mètres carrés, moi. Où je vais caser un hippopotame? Et j'imagine déjà mes prochaines virées shopping dans le centre de Bruxelles flanquée de Georges-Arthur. Je vais sûrement avoir beaucoup de succès...

1 commentaire:

cafeineuh a dit…

J'ai suivi ton "aventure" intérieure avec beaucoup de curiosité et d'intérêt.
Je regrette maintenant de ne pas habiter Bruxelles où se trouve ce Serendip Spa.
Si tu connais un équivalent d'une telle qualité à Paris, ou que tes lectrices (et surement quelques lecteurs) ont une adresse à conseiller je suis preneuse.
Merci de partager tout ça avec nous Armalite. Vraiment.